Fiche de révision : Introduction à la criminologie et ses enjeux

Plan du Cours

  1. Naissance de la criminologie au XIXe siècle
  2. Criminologie, définitions et périmètre
  3. Criminologie versus droit pénal
  4. Criminologie versus criminalistique
  5. Criminologie versus sociologie pénale
  6. École de cartographie et statistiques criminelles
  7. Théorie du criminel né de Lombroso
  8. Écoles sociologiques de Tarde Durkheim Ferri
  9. Criminologie du XXe siècle : causes du crime
  10. Criminalité organisée : identification et activités
  11. Suivi d’enquête et police technique scientifique
  12. Fiabilité du témoin et méthode d’audition

1. Naissance de la criminologie au XIXe siècle

Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est une discipline qui étudie le phénomène criminel pour comprendre ses causes et ses mécanismes, au-delà de la seule réponse judiciaire.
  • André-Michel Guerry : André-Michel Guerry est un auteur français associé aux premières démarches statistiques appliquées au crime au XIXe siècle.
  • Adolphe Quetelet : Adolphe Quetelet est un auteur belge lié aux travaux quantitatifs qui ont contribué à l’émergence d’une approche scientifique du crime.
  • École de la cartographie : L’école de la cartographie regroupe les premiers travaux qui utilisent la localisation géographique pour analyser la répartition du crime.
  • Enrico Ferri : Enrico Ferri est un criminologue italien qui emploie le terme de criminologie pour la première fois en 1881.

Points essentiels

  • Le terme « criminologie » n’existait pas encore au départ et apparaît dans les années 1830.
  • Entre 1833 et 1835, deux auteurs (Guerry et Quetelet) sont présentés comme centraux dans la naissance de la matière.
  • La naissance est reliée à l’insuffisance des connaissances sur le crime et à un rejet culturel initial envers l’étude de la criminalité.
  • La fin du XIXe siècle est marquée par une crise de la justice pénale, décrite comme un système incapable d’assurer une répression efficace.
  • Un choix se pose alors entre continuer à appliquer des peines jugées inefficaces ou chercher à comprendre le phénomène criminel par des connaissances nouvelles.
  • Les « pères fondateurs » cités sont italiens de Turin (fin du XIXe) : Lombroso, Garofalo et Ferri, avec Ferri comme premier à utiliser le terme « criminologie » en 1881.

Astuce mémo

Guerry-Quetelet (1833-1835) = cartes du crime ; Ferri (1881) = mot « criminologie ».

2. Criminologie, définitions et périmètre

Notions clés & Définitions

  • Criminologie : La criminologie est une discipline qui étudie le phénomène criminel et la manière dont la société le traite, afin de mieux prévenir la récidive.
  • Anthropologie criminelle : L’anthropologie criminelle désigne les recherches centrées sur l’homme et ses caractéristiques, qui ont contribué à l’émergence des études criminologiques.
  • Étiologie criminelle : L’étiologie criminelle correspond à l’étude des causes de la criminalité, utilisée pour comprendre pourquoi les actes criminels surviennent.
  • Criminalistique : La criminalistique regroupe des techniques scientifiques destinées à prouver une infraction et à relier des traces à un auteur.
  • Sociologie pénale : La sociologie pénale étudie surtout la réaction sociale face à la délinquance, avec une approche plus centrée sur le contexte social.

Points essentiels

  • Le terme criminologie s’est diffusé à la suite des travaux sur le phénomène criminel, notamment après les études d’anthropologie criminelle.
  • La naissance de la criminologie est liée à l’insuffisance des connaissances sur le crime et à la crise de la justice pénale à la fin du XIXe siècle.
  • La criminologie a d’abord eu un périmètre très large, proche des « sciences criminelles » incluant droit pénal et politique criminelle.
  • Une évolution en Amérique du Nord (fin des années 1960, autour de 1969-1970) a mis davantage l’accent sur la réaction sociale face à la délinquance.
  • La criminologie combine aujourd’hui deux dimensions : comprendre le phénomène criminel (causes) et analyser la réponse sociale et le traitement du délinquant.
  • Le but final mis en avant est la prévention, notamment pour éviter la récidive.

Astuce mémo

Criminologie = Causes + Réaction sociale (pour prévenir la récidive).

3. Criminologie versus droit pénal

Notions clés & Définitions

  • Positivisme criminologique : Approche criminologique fondée sur l’observation et la recherche empirique pour expliquer le passage à l’acte.
  • Typologie criminelle : Classement des criminels en types à partir de caractéristiques supposées, afin d’établir des profils associés à des infractions.
  • Criminel né : Catégorie de délinquant présentée comme issue de facteurs internes, décrite comme une prédisposition à la criminalité.
  • Loi de l’imitation : Principe explicatif selon lequel les comportements se propagent entre individus par influence et reproduction sociale.
  • Fait social : Notion sociologique selon laquelle certains phénomènes (comme le suicide) dépendent aussi de la société, pas seulement des choix individuels.

Points essentiels

  • La démarche positiviste vise une explication « scientifique » du crime par des données observables plutôt que par un modèle abstrait du criminel.
  • LOMBROSO construit une typologie à partir d’observations anatomiques et biologiques, en décrivant des « types » associés à des formes de criminalité.
  • LOMBROSO affirme une dimension héréditaire et un déterminisme, en présentant le criminel comme porteur d’une anomalie ou d’une tare transmise.
  • LOMBROSO examine des crânes provenant notamment de champs de bataille via son emploi de médecin militaire et documente des autopsies pour établir ses types.
  • La théorie de LOMBROSO est aujourd’hui désavouée : absence d’échantillonnage/comparaison suffisants et lien cause→effet non démontré, avec un taux de correspondance annoncé de 23%.
  • TARDE s’oppose au déterminisme biologique : la criminalité varie selon les lieux et les époques, ce qui contredit l’idée d’une définition génétique immuable du crime.

Astuce mémo

Positivisme = « crâne et type » ; TARDE = « imitation » ; DURKHEIM = « société fait le fait ».

4. Criminologie versus criminalistique

Notions clés & Définitions

  • Criminologie appliquée : La criminologie appliquée étudie le phénomène criminel pour proposer des réponses sociales adaptées aux profils et aux contextes.
  • Responsabilité sociale : La responsabilité sociale désigne l’idée que la société doit se défendre et que le délinquant doit comprendre le tort causé au collectif.
  • Tendance écologiste : La tendance écologiste explique le crime par l’organisation de l’espace urbain et les conditions sociales locales.
  • École de Chicago : L’École de Chicago est un courant des années 1920 qui traite la ville comme un terrain d’observation des causes du crime.
  • Théorie des conflits de cultures : La théorie des conflits de cultures explique la délinquance par des normes concurrentes entre groupes sociaux dominants et dominés.

Points essentiels

  • FERRI traite le crime dans sa globalité et cherche des solutions à plusieurs niveaux plutôt qu’une explication unique.
  • FERRI classe les délinquants en catégories selon des facteurs plus ou moins déterminants, en s’éloignant d’un fatalisme strict.
  • FERRI propose une réponse sociale combinant prévention, réparation et volet répressif avec des sanctions adaptées à l’individu.
  • La criminologie fondée sur les causes du crime considère la criminalité comme multifactorielle, mais elle est critiquée pour ses bases surtout corrélationnelles plutôt que causales.
  • Les théories écologiques relient la criminalité à la structure urbaine, notamment aux zones de transition avec désorganisation sociale et moins de contrôle.
  • L’École de Chicago découpe la ville en cinq espaces et associe la criminalité à la zone de transition, car elle concentre passages et croisements sociaux.

Astuce mémo

Cause→Crime : individu (FERRI) + société (écologie, conflits de normes) = réponses à plusieurs niveaux.

5. Criminologie versus sociologie pénale

Notions clés & Définitions

  • Cultures délinquantes : Notion désignant l’idée que certains groupes développent des normes propres qui peuvent entrer en conflit avec les normes dominantes.
  • Thorsten Sellin : Auteur associé à la théorie des cultures délinquantes, qui explique la criminalité par des conflits de normes entre groupes sociaux.
  • Théorie de l’étiquetage : Approche selon laquelle la criminalité résulte d’un processus social qui désigne certains comportements ou personnes comme déviants.
  • Louk Hulsman : Penseur lié à la perspective abolitionniste, qui considère la criminalité comme une construction sociale et défend la décriminalisation.
  • Approche économique du crime : Perspective qui analyse le passage à l’acte comme un calcul coût-avantage influençant la décision de commettre une infraction.

Points essentiels

  • La sociologie pénale et la criminologie peuvent diverger sur le rôle des normes sociales, de l’individu et des méthodes d’explication du crime.
  • Chez Sellin, la société définit le crime via un conflit entre normes portées par des groupes dominants et dominés.
  • Le groupe dominant édicte des normes pour lui-même et pour le groupe dominé, mais le groupe dominé peut suivre ses propres règles, parfois en contradiction.
  • Un comportement peut être conforme aux normes du groupe dominé tout en étant qualifié de transgression par le groupe dominant, donc traité comme criminalité.
  • La théorie est reliée à une logique de lutte entre groupes (dominants/dominés) et peut être rapprochée d’une lecture inspirée de la lutte des classes.
  • Dans l’analyse liée à l’immigration, les dominants sont associés aux nationaux et les dominés aux personnes immigrées, avec une attention portée aux enfants de la 2e génération pour situer la criminalité.

Astuce mémo

Conflit de normes = crime : dominant impose, dominé suit, l’écart devient transgression.

6. École de cartographie et statistiques criminelles

Notions clés & Définitions

  • Criminalité organisée : La criminalité organisée désigne un ensemble criminel structuré autour d’un projet criminel, étudié en criminologie même si le droit ne la définit pas comme une infraction unique.
  • Association de malfaiteurs : L’association de malfaiteurs est une qualification juridique utilisée quand des infractions sont commises dans un cadre collectif, proche de l’idée de criminalité organisée.
  • Bande organisée : La bande organisée correspond à un contexte de commission en groupe structuré, qui entraîne une aggravation de la répression.
  • Crime organisé (définition criminologique) : Le crime organisé, au sens criminologique, suppose un groupement de plusieurs individus structuré et organisé autour d’un projet criminel.
  • Syndicat du crime : Le syndicat du crime est une notion utilisée pour décrire des organisations criminelles structurées et durables, parfois associées à l’idée de mafia.

Points essentiels

  • Sur le plan juridique, il n’existe pas d’infraction unique appelée « crime organisé » ; on retrouve plutôt des notions comme l’association de malfaiteurs et la bande organisée.
  • La bande organisée agit comme une circonstance aggravante : la répression est renforcée quand des infractions sont commises dans ce contexte.
  • La définition criminologique insiste sur l’existence d’un groupement de plus de deux individus, structuré et organisé autour d’un projet criminel.
  • Le groupement doit être organisé (structure hiérarchique) et pas seulement une addition d’individus ; les membres suivent une organisation.
  • La théorie criminologique est critiquée car elle se focalise sur le collectif et peut conduire à une déresponsabilisation des individus, en ne voyant plus que les conséquences de leurs actes.
  • Dans les années 90, un retour vers plus de réalisme est présenté, et l’idéologie abolitionniste est écartée/rejetée dans ce cadre.

Astuce mémo

Collectif d’abord, droit ensuite : pas d’infraction « crime organisé », mais association de malfaiteurs + bande organisée (aggravation).

7. Théorie du criminel né de Lombroso

Notions clés & Définitions

  • Criminel né : Notion issue de la théorie lombrosienne selon laquelle certains individus seraient prédisposés à commettre des crimes par nature.
  • Immunité pénale : Mécanisme social où des acteurs criminels obtiennent une forme de protection contre les poursuites grâce à des relations avec des autorités.
  • Chantage : Procédé par lequel un groupe criminel tire avantage de l’existence d’informations compromettantes pour obtenir des protections.
  • Organisation pyramidale : Structure hiérarchique où un chef dirige des membres subordonnés, avec une logique d’autorité et de loyauté.
  • Code d’honneur yakuza : Ensemble de règles internes propres aux yakuza, associé à des signes distinctifs et à des pratiques rituelles.

Points essentiels

  • La théorie du « criminel né » attribue la criminalité à une prédisposition intrinsèque plutôt qu’à un simple contexte social.
  • Le texte décrit un fonctionnement d’« immunité » où des hommes politiques laissent agir des yakuza en échange d’avantages et de protections.
  • Le chantage est présenté comme la logique qui relie les yakuza aux hommes politiques via des informations détenues par les yakuza.
  • Les yakuza sont décrits comme organisés en pyramide, avec un chef dirigeant des « kobun » dans une logique familiale et hiérarchique.
  • Le code d’honneur yakuza est associé à des marqueurs précis, notamment le tatouage, et à des rituels incluant l’automutilation d’une phalange.
  • Le texte évoque une politique pénale anti-yakuza en 1992, qui aurait contribué à diminuer le nombre de yakuza, estimé à 180 000 dans les années 1960.

Astuce mémo

Criminel né = « prédisposition » ; Immunité = « chantage » ; Yakuza = « pyramide + code ».

8. Écoles sociologiques de Tarde Durkheim Ferri

Notions clés & Définitions

  • École de Tarde : Approche sociologique centrée sur l’imitation et la diffusion des comportements, qui explique comment des conduites se propagent dans la société.
  • École de Durkheim : Approche sociologique qui met l’accent sur le rôle des faits sociaux et des normes collectives dans la cohésion et le fonctionnement social.
  • École de Ferri : Approche sociologique et criminologique qui relie le crime à des facteurs sociaux et biologiques, en cherchant des causes plutôt qu’une simple faute morale.
  • Faits sociaux : Notions collectives qui s’imposent aux individus et structurent les comportements à l’échelle d’un groupe ou d’une société.
  • Imitation : Mécanisme social par lequel des individus adoptent des conduites observées chez d’autres, favorisant la diffusion des pratiques.

Points essentiels

  • Les trois écoles sont souvent mobilisées pour expliquer des comportements collectifs, mais elles n’emploient pas les mêmes “moteurs” explicatifs.
  • Tarde insiste sur la propagation des conduites via l’imitation et la diffusion sociale, ce qui rend compte des phénomènes qui se répètent et s’étendent.
  • Durkheim explique les comportements par l’influence des normes et des structures collectives, en traitant la société comme une réalité qui agit sur les individus.
  • Ferri cherche des causes du crime en combinant facteurs sociaux et facteurs individuels, plutôt qu’en réduisant l’explication à la seule intention.
  • Dans l’analyse de la criminalité contemporaine, les approches centrées sur la société et la diffusion des pratiques aident à comprendre la variété des formes et leur renouvellement.

Astuce mémo

Tarde = Transmission par imitation ; Durkheim = Droit des faits sociaux ; Ferri = Causes multiples (social + individu).

9. Criminologie du XXe siècle : causes du crime

Notions clés & Définitions

  • Biais d’expertise : L’expertise est susceptible d’être influencée par le contexte, ce qui peut dégrader la qualité des conclusions même chez des spécialistes.
  • Difficulté de comparaison d’empreintes : La comparaison d’empreintes varie selon la similarité et la qualité des traces, ce qui modifie le risque d’erreur.
  • Facteur émotionnel : L’état émotionnel et la charge affective peuvent perturber le traitement de l’information et favoriser des erreurs de jugement.
  • Mécanismes bottom-up : Les mécanismes bottom-up font dépendre la réponse des caractéristiques directement traitées de l’information reçue.
  • Mécanismes top-down : Les mécanismes top-down font dépendre la décision des attentes, de l’expertise et du cadre d’interprétation du décideur.

Points essentiels

  • Des experts indépendants peuvent aboutir à la même conclusion erronée, et des éléments extérieurs peuvent ensuite être utilisés pour soutenir l’innocence.
  • Ericson cherche à expliquer pourquoi des experts se trompent en testant l’effet de la difficulté de comparaison d’empreintes et d’un facteur émotionnel.
  • Quand les empreintes sont faciles à comparer, les erreurs sont rares, mais le taux d’erreur augmente quand le contexte est émotionnel et que la comparaison est difficile.
  • Quand l’information est facile à traiter, la réponse est davantage guidée par des mécanismes bottom-up, tandis que quand elle est difficile, l’expertise active des mécanismes top-down.
  • Dans les situations de comparaison difficile avec stress, charge émotionnelle et pression extérieure, des biais peuvent influencer la prise de décision.
  • L’expertise n’est pas toujours synonyme de meilleure performance, par exemple pour la détection du mensonge.

Astuce mémo

Comparaison facile = moins d’erreurs ; comparaison difficile + émotion/stress/pression = biais (top-down).

10. Criminalité organisée : identification et activités

Notions clés & Définitions

  • Entretien cognitif : Technique d’audition structurée visant à améliorer la récupération de souvenirs en mobilisant plusieurs rappels et la réintégration du contexte.
  • Fisher et Gieselman 1992 : Référence fondatrice décrivant la logique cognitive de l’entretien cognitif et sa structure en phases pour soutenir la mémoire du témoin.
  • Entretien cognitif pour mineurs : Adaptation de l’entretien cognitif conduite dans des structures spécialisées afin de respecter les besoins et la cognition des enfants.
  • Garde à vue : Mesure de contrainte permettant de retenir un suspect au maximum 24 h, décidée par l’officier de police judiciaire sous contrôle de l’autorité judiciaire.
  • Modèle REID : Méthode d’interrogatoire en 9 étapes conçue pour obtenir des aveux en s’appuyant sur une logique de prise de décision et de pression psychologique.

Points essentiels

  • L’entretien cognitif vise une récupération multiple et variée, avec réintégration du contexte et minimisation des suppositions et des rappels constructifs.
  • La structure comprend intro, narration ouverte, exploration guidée, révision et conclusion, avec une phase de préparation avant l’introduction pour cadrer l’affaire.
  • En narration ouverte, le témoin raconte sans guidage, l’enquêteur encourage via gestes, reformulations, répétition de mots-clés et silences.
  • En exploration guidée, on élargit la période et on relance par des rappels différenciés en gardant des questions ouvertes, parfois en changeant de point de vue selon le contexte.
  • En révision, le témoin redonne les informations déjà fournies sans interruption, puis la séance se termine par remerciement et renforcement positif.
  • Après l’audition, un débriefing sert à évaluer les éléments pour le dossier et la qualité de la conduite de l’audition, et la durée annoncée est d’environ 1 h 30.

Astuce mémo

Narration → Exploration → Révision : on laisse d’abord parler, puis on élargit, puis on redit sans couper.

11. Suivi d’enquête et police technique scientifique

Notions clés & Définitions

  • Méthode REID : Méthode d’interrogatoire centrée sur l’obtention d’aveux, structurée en étapes successives et appuyée sur des techniques d’entretien.
  • Modèle PEACE : Modèle d’audition structuré en cinq phases, visant un entretien respectueux avec planification, explication, recueil, clôture et évaluation.
  • Entretien cognitif : Technique d’entretien visant à améliorer le rappel du témoin ou du suspect en s’appuyant sur des stratégies de récupération de mémoire.
  • Gestion de conversation : Technique d’entretien qui organise l’échange pour maintenir un déroulement cohérent et orienter l’interaction vers un recueil d’informations.
  • Confrontation directe positive : Technique d’audition où l’enquêteur présente au suspect des éléments contre lui pour rendre la culpabilité plus évidente et pousser à la confession.

Points essentiels

  • Le succès de l’audition dépend des capacités de l’enquêteur à repérer et exploiter les vulnérabilités du mis en cause.
  • La méthode REID est décrite comme accusatoire et orientée vers l’obtention d’aveux, avec des questions confirmatoires.
  • La méthode REID comporte 9 étapes : confrontation directe, développement de thèmes, gestion des dénégations, contrer les objections, focaliser l’attention, gérer l’humeur passive, questions alternatives, détails du récit
  • La méthode REID vise à transformer un aveu oral en aveux écrits, présentés comme plus solides devant le tribunal.
  • Le modèle PEACE suit P-E-A-C-E : Prepare & plan, Engage & explain, Account, Closure, Evaluate.
  • Le modèle PEACE insiste sur l’entretien plutôt que l’interrogatoire, en respectant les besoins fondamentaux et juridiques du suspect pendant la phase Engage & explain.

Astuce mémo

REID = 9 étapes vers l’aveu ; PEACE = 5 étapes vers un entretien structuré (P-E-A-C-E).

12. Fiabilité du témoin et méthode d’audition

Notions clés & Définitions

  • Polygraphe : Le polygraphe est un dispositif qui enregistre plusieurs paramètres physiologiques pendant une audition pour repérer des réactions associées au mensonge.
  • Fausse communication : La fausse communication est une information présentée comme vraie alors que l’émetteur pense qu’elle est fausse, ce qui rompt la fidélité et la sincérité attendues.
  • Zone d’ombre : La zone d’ombre désigne l’intervalle entre vérité et mensonge, où l’on ne peut pas classer clairement une déclaration.
  • Mensonges purs : Les mensonges purs sont des déclarations dont le contenu est entièrement différent de la vérité.
  • Exagérations : Les exagérations sont des mensonges où les faits sont surévalués ou sous-évalués plutôt que totalement inversés.

Points essentiels

  • Les méthodes traditionnelles de détection reposent sur des réactions corporelles supposées liées au stress (ex. œuf d’autruche, cuillère chauffée, épreuve dans l’eau).
  • Le polygraphe mesure notamment le rythme cardiaque, le rythme respiratoire et la pression artérielle pour inférer une éventuelle dissimulation.
  • La définition du mensonge varie selon les domaines, et la prise en charge psychologique du sujet s’intensifie surtout à partir des années 1950.
  • Dire la vérité correspond à communiquer avec fidélité d’informations que l’expéditeur croit exactes, tandis que la fausse communication vise une croyance erronée chez autrui.
  • Le mensonge implique une intention liée à la connaissance de la fausseté, mais des cas comme les faux souvenirs ne sont pas classés comme mensonges.
  • La fréquence rapportée des interactions mensongères se situe autour de 30% à 38% selon les études citées (étudiants et adultes).

Astuce mémo

Polygraphe = P-C-R : pression, cœur, respiration.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1833-1835Guerry et Quetelet présentés comme centraux dans la naissance de la criminologie (cartographie/statistiques)
1881Enrico Ferri emploie pour la première fois le terme « criminologie »
1969-70Évolution en Amérique du Nord : accent sur la réaction sociale face à la délinquance
1890Tarde publie « lois de l’imitation » (et « philosophie pénale » est aussi mentionnée dans le cours)
1895Durkheim : « Crime et santé sociale » (crime comme fait normal)
1929Étude de Zorbaugh et Cottrell : observation de « truands » et lien avec la zone de transition
1992Politique pénale anti-yakuza ; et Fisher & Gieselman 1992 pour l’entretien cognitif
1990Mise en place d’un logiciel d’identification de « hot spots » à New York
2005Exemple de garde à vue/ADN négatif dans l’illustration du travail d’enquête
2014Étude finlandaise sur des gènes d’impulsivité dans une population carcérale

Tableaux de synthèse

Criminologie vs droit pénal

CritèreDroit pénalCriminologie
ObjetCe qui est interdit (construction de la société)Décrire le phénomène criminel et ses causes/mécanismes + la réaction sociale
RôleDétermine la qualification et la répressionÉtudie pour comprendre et prévenir (éviter la récidive)
LienS’appuie sur la criminologieS’intéresse aussi au droit comme réaction sociale

REID vs PEACE

ModèleLogiqueStructure
REIDAccusatoire, orientée vers l’obtention d’aveux9 étapes : confrontation directe, développement de thème, gérer dénégations, contrer objections, focaliser attention, gérer humeur passive, question alternative, détails du suspect, signature des aveux
PEACEEntretien structuré, plutôt respectueux, centré sur l’entretien5 phases : Prepare & plan, Engage & explain, Account, Closure, Evaluate

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre criminologie et criminalistique : la criminalistique vise la preuve et l’identification par techniques scientifiques, alors que la criminologie étudie le phénomène criminel et la réaction sociale.
  2. Croire que « crime organisé » est une infraction unique : en droit, on parle plutôt d’association de malfaiteurs et de bande organisée (circonstance aggravante).
  3. Mélanger Tarde et Durkheim : Tarde explique par l’imitation/diffusion entre individus, Durkheim par les faits sociaux et les normes collectives (approche holiste).
  4. Prendre la théorie du « criminel né » comme une théorie démontrée : le cours insiste sur ses critiques (échantillonnage/comparaison insuffisants, lien cause→effet non démontré).
  5. Interpréter l’entretien cognitif comme un interrogatoire directif : il repose sur narration ouverte puis exploration guidée avec questions ouvertes, et une phase de révision sans interruption.
  6. Penser que le polygraphe « prouve » le mensonge : il mesure des paramètres physiologiques pour inférer une dissimulation, et la fiabilité dépend du contexte (stress, comparaison difficile).
  7. Oublier que la garde à vue a un cadre et des droits : durée max, contrôle judiciaire, avocat, médecin, et droits d’information (article 10-2).

Checklist Examen

  1. Savoir définir la criminologie et expliquer pourquoi le terme et la matière émergent (insuffisance des connaissances + rejet initial + crise de la justice pénale fin XIXe).
  2. Citer les repères : diffusion du terme dans les années 1830, Guerry et Quetelet (1833-1835), et Ferri (1881) ; relier cartographie/statistiques à l’école de cartographie.
  3. Expliquer le périmètre initial large de la criminologie (proche des « sciences criminelles » : droit pénal et politique criminelle) puis l’évolution en Amérique du Nord (1969-70) vers la réaction sociale.
  4. Comparer criminologie et droit pénal : rôle descriptif vs normatif, influence réciproque, et but final mis en avant (prévention/éviter la récidive).
  5. Distinguer criminologie et criminalistique : finalité preuve/techniques vs objet scientifique plus large ; connaître l’idée de profilage (USA) comme instrument d’enquête.
  6. Comparer criminologie et sociologie pénale : divergence sur normes sociales/individu et sur la réaction sociale ; savoir situer l’évolution vers une discipline pluridisciplinaire.
  7. Expliquer la théorie des cultures délinquantes (Sellin) : conflit de normes dominant/dominé, transgression qualifiée par le groupe dominant, et lien avec l’immigration (2e génération).
  8. Maîtriser l’école de cartographie et la théorie du « criminel né » : démarche positiviste/empirique de Lombroso, construction d’un type, déterminisme/hérédité, et critiques (dont le taux de correspondance annoncé).
  9. Présenter les écoles sociologiques : Tarde (loi d’imitation), Durkheim (crime comme fait normal, faits sociaux), Ferri (facteurs anthropologiques/endogènes/exogènes + 5 catégories).
  10. Expliquer la criminologie du XXe siècle : causes du crime (hérédité, société/écologie, conflits de cultures) et la critique « corrélation vs causalité ».
  11. Savoir décrire la criminalité organisée : absence d’infraction unique en droit, notions juridiques (association de malfaiteurs, bande organisée), et définition criminologique (groupement structuré, projet criminel, >2).
  12. Connaître les repères sur la criminalité organisée : exemples historiques (piraterie, triades, yakuza), et repères récents (années 80 : cartels, réseaux russes/balkans).
  13. Savoir les caractéristiques des syndicats criminels (membres nombreux, sélection, hiérarchie pyramidale, violence/intimidation, silence, finalité enrichissement) et les exemples (Cosa Nostra, yakuza, triades, en France).
  14. Maîtriser les activités illégales : activités traditionnelles (violence, racket/extorsion, menace, meurtre, économie/vice) vs nouveaux marchés (adaptabilité, escroqueries, trafics, mondialisation, technologies).

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1. Quelle évolution caractérise la naissance de la criminologie au XIXe siècle ?

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Naissance de la criminologie

Au XIXe siècle, liée à l’insuffisance des connaissances et à la crise de la justice.

Criminologie — définition ?

Étude du phénomène criminel, de ses causes et mécanismes.

Guerry-Quetelet — contribution ?

Cartographie et statistiques pour analyser la répartition du crime.

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