Fiche de révision : Introduction à la gestion du corps et des normes sociales

Plan du Cours

  1. Vulnérabilité et autonomie
  2. Littératie physique
  3. Pratiques sportives et activités physiques
  4. Déviance et normes sociales
  5. Stigmatisation et déviance sociale
  6. Responsabilisation santé et prévention
  7. Injonctions sanitaristes et normes corporelles
  8. Conversion des corps et inégalités sociales
  9. Carrière de pratique physique
  10. Modèles de changement de comportement

1. Vulnérabilité et autonomie

Notions clés & Définitions

Vulnérabilité : Situation d’une personne qui risque d’être blessée ou de subir un préjudice, notamment lorsqu’elle ne possède pas toutes les ressources nécessaires pour être autonome (CM Approche sociologique des pratiques adaptées). En EPS, la vulnérabilité concerne principalement les enfants qui ne sont pas encore autonomes car ils n’ont pas pleinement développé leurs capacités physiques.

Autonomie physique : Capacité d’un individu à réaliser seul les actes de la vie quotidienne ou à utiliser son corps de manière efficace, sans dépendance excessive. En EPS, cela renvoie à la maîtrise de ses capacités physiques pour agir dans diverses situations.

Capacités physiques en EPS : Ensemble des ressources corporelles (force, endurance, souplesse, coordination, etc.) que l’individu doit mobiliser et développer pour participer efficacement aux activités physiques. Leur développement est essentiel pour réduire la vulnérabilité et favoriser l’autonomie.

Points essentiels

  • La vulnérabilité désigne une fragilité liée à un déficit de ressources ou de capacités, empêchant une personne d’être pleinement autonome (CM Approche sociologique des pratiques adaptées).
  • En EPS, les enfants ne sont pas encore autonomes car leurs capacités physiques ne sont pas totalement développées.
  • La littératie physique correspond à une connaissance fine de son corps permettant une utilisation optimale dans la vie quotidienne et dans la pratique sportive.
  • La dimension sociale doit être prise en compte dans la vulnérabilité et l’autonomie, notamment dans l’approche des pratiques adaptées.
  • Le développement des capacités physiques en EPS contribue à diminuer la vulnérabilité en permettant une meilleure maîtrise du corps et une autonomie accrue.

À retenir

La vulnérabilité reflète une fragilité liée au manque de ressources ou de capacités, tandis que l’autonomie physique désigne la capacité à agir seul grâce à un développement suffisant de ses capacités corporelles, essentiel en EPS pour favoriser l’indépendance et la maîtrise de soi.

2. Littératie physique

Notions clés & Définitions

  • Littératie physique : connaissance suffisamment fine de son corps pour l’utiliser au mieux dans sa vie, intégrant une dimension sociale. Elle dépasse la simple pratique d’activités physiques ou sportives, en impliquant une compréhension approfondie du corps et de ses capacités (source : contenu source).

  • Connaissance du corps : capacité à percevoir, comprendre et maîtriser ses propres ressources corporelles, permettant une utilisation optimale dans diverses situations de la vie quotidienne ou sportive. Elle inclut aussi la conscience de ses limites et potentialités.

  • Utilisation optimale du corps : emploi efficace et adapté des ressources corporelles en fonction des contextes, en évitant la vulnérabilité et en favorisant la performance, la sécurité et le bien-être. Elle suppose une maîtrise fine et une conscience de ses capacités physiques et sociales.

Points essentiels

  • La littératie physique ne se limite pas à la pratique sportive, mais englobe la connaissance fine du corps pour une utilisation adaptée dans la vie quotidienne et sociale. Elle implique une dimension sociale, notamment la prise en compte du regard des autres et des normes sociales.

  • La connaissance du corps permet d’éviter la vulnérabilité, notamment chez les enfants en développement, qui ne sont pas encore autonomes physiquement.

  • La distinction entre activité physique, sport et activité quotidienne est essentielle : l’activité physique désigne toute situation mettant en jeu le corps avec dépense énergétique, sans nécessairement être codifiée ou compétitive ; le sport est une activité codifiée, régie par des règles et souvent compétitive ; l’activité quotidienne inclut des gestes simples (monter des escaliers, porter des sacs).

  • La maîtrise du corps, dans une perspective sociologique, inclut aussi la conscience de ses ressources pour réduire la dépense d’énergie et optimiser la thermorégulation (ex : bipédie, endurance).

  • La dimension sociale de la littératie physique est essentielle : elle concerne aussi la capacité à agir dans un cadre social, à respecter des normes, à comprendre et à s’adapter aux attentes sociales liées à l’utilisation du corps.

À retenir

La littératie physique consiste en une connaissance fine et une maîtrise du corps permettant une utilisation adaptée et optimale dans divers contextes, intégrant à la fois des dimensions biologiques, sociales et culturelles.

3. Pratiques sportives et activités physiques

Notions clés & Définitions

Pratiques sportives : Activités codifiées, régies par des règles, souvent associées à la compétition. Elles impliquent une organisation structurée et une dimension de performance.
Activités physiques : Situations de la vie quotidienne mettant en jeu le corps, telles que le jardinage, monter les escaliers ou porter des sacs, avec une dépense énergétique. Elles ne nécessitent pas forcément une organisation spécifique ou une dimension compétitive.
Sport : Ensemble d’activités physiques codifiées, régies par des règles, avec une dimension de compétition. Il s’agit d’une pratique structurée qui dépasse l’activité physique quotidienne.
Activité physique : Toute situation mettant en jeu le corps, engendrant une dépense énergétique, pouvant inclure le sport mais aussi des actions de la vie courante. Elle est plus globale que le sport, qui en constitue une dimension spécifique.

Points essentiels

  • La distinction entre activité physique et sport : le sport est une pratique codifiée, compétitive, avec des règles, alors que l’activité physique englobe toute utilisation du corps dans la vie quotidienne ou dans un cadre non compétitif.
  • La pratique sportive est souvent associée à une dimension sociale, normative, et à des enjeux de compétition.
  • L’activité physique est essentielle dans la vie quotidienne et peut contribuer à la santé sans nécessiter une organisation spécifique.
  • La dimension sociale et la dépense énergétique sont des éléments clés pour différencier ces notions.
  • La pratique sportive et l’activité physique participent à la santé, à l’intégration sociale, et à la construction de normes corporelles.
  • La pratique sportive peut aussi être une réponse à des enjeux sociétaux, comme la prévention ou la socialisation.

À retenir

La pratique sportive est une activité codifiée et compétitive, tandis que l’activité physique désigne toute utilisation du corps dans la vie quotidienne, avec une dépense énergétique, sans nécessairement impliquer une organisation ou une compétition.

4. Déviance et normes sociales

Notions clés & Définitions

Déviance : La déviance correspond à la transgression d’une norme, c’est-à-dire un comportement qui s’écarte d’une référence commune que l’on respecte. Elle implique un jugement social selon lequel un acte ou une conduite est considéré comme non conforme aux attentes sociales (voir aussi "transgression d’une norme").

Normes sociales : Ce sont des comportements attendus qui découlent des valeurs partagées dans une société. Elles sont le prolongement des valeurs, incarnant ces dernières dans des comportements concrets et obligatoires, souvent rappelés par la présence d’autrui ou par le regard social.

Transgression d’une norme : C’est l’action de s’écarter volontairement ou involontairement d’une norme sociale. La transgression peut conduire à la déviance si elle est perçue comme une violation des règles sociales établies.

Points essentiels

  • La norme est une valeur en acte, incarnée dans des comportements attendus, et leur non-respect peut entraîner une déviance.
  • La déviance n’est pas une caractéristique intrinsèque d’un comportement, mais une production sociale, dépendant du regard et du jugement des autres.
  • La déviance peut être positive ou négative selon le contexte : comportements pacifiques ou criminalité.
  • La déviance est relative au contexte, au statut, au rôle, et à l’époque ou la culture, ce qui explique sa variabilité.
  • La déviance sociale peut évoluer avec le temps : certains comportements étaient déviants autrefois, ne le sont plus aujourd’hui.
  • La délinquance est une forme de déviance juridiquement sanctionnée, relevant d’un contrôle social formel.
  • La déviance dépend du contexte social, historique et culturel, et de la perception collective.
  • La déviance peut être motivée (vol, transgresseurs) ou non motivée (troubles du comportement, personnes en situation de handicap).
  • La déviance est une construction sociale, façonnée par le regard social et les jugements portés par les individus ou institutions.

À retenir

La déviance n’est pas une qualité intrinsèque d’un comportement, mais une construction sociale qui dépend du contexte, du regard social, et des normes en vigueur. Elle peut évoluer avec le temps et les sociétés.

5. Stigmatisation et déviance sociale

Notions clés & Définitions

Stigmatisation : Processus d’étiquetage social négatif d’un individu ou d’un groupe considéré comme différent de la norme majoritaire, entraînant une exclusion ou une marginalisation (Loretti, 2020). Elle repose sur la production sociale de la différence et peut conduire à une dévalorisation de la personne stigmatisée.

Déviance sociale : Comportement qui s’écarte d’une norme collective, considéré comme problématique ou inacceptable par la société. La déviance est une production sociale, dépendant du regard social et du contexte, et n’est pas une caractéristique intrinsèque du comportement (voir déviance, norme sociale).

Mise à l’écart : Conséquence de la stigmatisation ou de la déviance, elle désigne l’exclusion ou la marginalisation d’un individu ou d’un groupe du tissu social, souvent en raison de leur différence perçue ou de leur comportement déviant. La mise à l’écart est une forme de sanction sociale non mesurable directement, mais observable à travers le rejet ou l’ostracisme.

Points essentiels

  • La déviance n’est pas une réalité objective mais une construction sociale, dépendant du regard des autres et du contexte (relativité). Elle peut être positive ou négative selon la perception sociale.
  • La norme est une valeur en acte, incarnée dans des comportements attendus, et leur transgression constitue une déviance (voir déviance, norme sociale).
  • La déviance peut évoluer dans le temps et selon les cultures ou les contextes historiques, comme le travail des enfants ou la consommation de drogues.
  • La déviance est souvent liée à une stigmatisation, qui peut entraîner une mise à l’écart, renforçant ainsi la marginalisation.
  • La déviance motivée (vol, transgression consciente) diffère de la déviance non motivée (troubles du comportement, handicap), cette dernière étant involontaire et souvent liée à une altération du lien social.
  • La déviance biologique, selon Freidson (1984), considère que la maladie est une déviance par rapport à des normes biologiques construites socialement, et non seulement une réalité biologique.
  • La stigmatisation et la mise à l’écart peuvent aggraver la situation des personnes déviantes ou différentes, contribuant à leur exclusion sociale.

À retenir

La déviance et la stigmatisation sont des processus sociaux relatifs, dépendant du contexte et du regard collectif, et peuvent conduire à l’exclusion ou à la marginalisation des individus perçus comme déviants.

6. Responsabilisation santé et prévention

Notions clés & Définitions

Responsabilisation santé : Processus par lequel les individus sont encouragés ou incités à prendre en charge leur propre santé, notamment par l’adoption de comportements préventifs et de modes de vie sains, dans une logique d’autonomie morale et physique (voir section 7).

Prévention : Ensemble des actions visant à éviter l’apparition ou la aggravation des maladies ou des troubles de santé, souvent par des campagnes d’information, des recommandations de comportements ou des programmes éducatifs. Elle implique une responsabilisation des individus pour réduire les risques (voir section 7).

Injonctions sanitaristes : Normes et messages émis par les autorités sanitaires ou médicales pour encourager la responsabilisation individuelle, notamment par des campagnes de prévention, visant à modifier les comportements à risque. Ces injonctions participent à la construction d’une norme sociale de santé et à la responsabilisation collective (voir section 7).

Points essentiels

  • La responsabilisation santé repose sur l’idée que chaque individu doit devenir acteur de sa santé, en adoptant des comportements favorables à la prévention et à la gestion de sa maladie.
  • La prévention s’inscrit dans une logique d’émancipation des malades, en leur fournissant des connaissances et des compétences pour gérer leur santé, notamment via l’éducation thérapeutique du patient (ETP).
  • Les injonctions sanitaristes se traduisent par des campagnes de communication qui valorisent la responsabilité individuelle, en insistant sur la nécessité de changer ses habitudes (ex : arrêter de fumer, manger équilibré, faire de l’exercice).
  • La responsabilisation s’accompagne d’un changement de regard sur la maladie, passant d’une vision paternaliste à une approche où le patient doit être autonome, en partie grâce à la déléguation de responsabilités médicales.
  • La responsabilisation peut aussi entraîner une stigmatisation des personnes en situation de non-respect des normes de santé, renforçant la production de normes sociales et la mise à l’écart de certains groupes.
  • La mise en œuvre de programmes comme l’ETP montre une évolution vers une responsabilisation partagée, où le patient devient co-acteur de son parcours de soins, sous contrôle médical.
  • La responsabilisation santé et la prévention participent à une gestion collective des enjeux de santé publique, notamment face aux défis liés à l’allongement de la durée de vie et à la saturation des systèmes de soins.

À retenir

La responsabilisation santé, renforcée par les injonctions sanitaristes, vise à faire de chaque individu un acteur autonome de sa santé, dans un contexte où la prévention devient un enjeu collectif pour réduire les coûts et améliorer la gestion des maladies chroniques.

7. Injonctions sanitaristes et normes corporelles

Notions clés & Définitions

Injonctions médicales : Consignes ou recommandations données par les professionnels de santé visant à orienter les comportements des patients pour préserver ou restaurer leur santé, souvent dans une logique de responsabilisation (voir section 6). Elles participent à la construction de normes corporelles et à la mise en place d’un devoir de performance chez les malades.

Responsabilisation des malades : Processus par lequel les patients sont incités à prendre en charge leur santé en respectant les recommandations médicales, en devenant acteurs de leur parcours de soins. Ce concept implique une délégation de responsabilité du professionnel vers le patient, dans une logique d’autonomie morale (voir section 3).

Autonomie morale : Capacité du sujet à agir selon ses propres principes et valeurs, notamment dans la gestion de sa santé, en dehors de la dépendance à l’autorité médicale. Elle se construit à travers l’apprentissage, la responsabilisation et la conformité aux injonctions sanitaristes, tout en étant encadrée par des normes sociales et médicales.

Points essentiels

  • Les injonctions médicales visent à faire adopter aux patients des comportements conformes aux normes de santé, en insistant sur la responsabilisation et l’autonomie morale.
  • La responsabilisation des malades s’inscrit dans une évolution où le patient devient acteur de sa santé, notamment via l’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP), avec une influence croissante du médical sur la vie quotidienne.
  • L’autonomie morale est valorisée comme une compétence à développer chez les patients, permettant leur émancipation face à la dépendance médicale, tout en étant encadrée par des normes et des attentes sociales.
  • La responsabilisation et l’autonomie morale participent à la normalisation des comportements liés à la santé, en créant une norme sociale de “devoir de santé” et en valorisant l’auto-prise en charge.
  • La construction de ces normes s’accompagne d’une stigmatisation des “récalcitrants” ou des personnes ne respectant pas ces injonctions, renforçant la production d’une déviance sociale légitime (voir section 4).

À retenir

Les injonctions sanitaristes cherchent à faire des individus des acteurs responsables de leur santé, en développant leur autonomie morale, dans un contexte où la responsabilisation est devenue une norme sociale essentielle pour faire face aux enjeux économiques et sanitaires.

8. Conversion des corps et inégalités sociales

Notions clés & Définitions

Conversion des corps : Processus par lequel les normes corporelles sont imposées, mesurées, et intégrées socialement, souvent à travers des évaluations, des mesures et des pratiques visant à normaliser ou à transformer le corps selon des standards sociaux ou médicaux. Elle implique la production de mesures, leur utilisation dans un contexte social, et la légitimation de ces normes par des acteurs comme les professionnels de santé ou les influenceurs (voir aussi "influenceurs" et "entrepreneurs de morale").

Inégalités sociales : Disparités dans l’accès, la reconnaissance ou la valorisation des corps selon leur position sociale, économique ou culturelle. Ces inégalités se manifestent dans la manière dont certains corps sont valorisés ou stigmatisés, notamment par la production et la légitimation de normes corporelles différentes selon les groupes sociaux.

Inégalités sociales liées au corps : Disparités spécifiques dans la perception, le traitement ou la valorisation des corps en fonction de leur conformité ou non-conformité aux normes sociales ou médicales. Ces inégalités peuvent conduire à la stigmatisation, à la marginalisation ou à la production de normes différenciées selon les groupes sociaux, renforçant ainsi les inégalités sociales globales.

Points essentiels

  • La conversion des corps s’appuie sur des mesures, des évaluations et des pratiques qui normalisent ou transforment le corps selon des normes sociales ou médicales, souvent en lien avec des enjeux de santé ou d’image sociale.
  • Les acteurs tels que les professionnels de santé ou les influenceurs jouent un rôle d’"entrepreneurs de morale", en définissant et en diffusant des normes corporelles, ce qui peut renforcer ou reproduire des inégalités sociales.
  • La production de mesures et leur utilisation dans le cadre de l’évaluation corporelle participe à la légitimation de certaines normes, souvent en valorisant certains corps et en stigmatisant d’autres.
  • Les inégalités sociales liées au corps se traduisent par des différences dans la reconnaissance sociale, la légitimité ou la valorisation des corps, selon leur conformité aux normes imposées.
  • La relativité de ces normes, dépendant du contexte social, historique ou culturel, influence la perception et le traitement des corps, renforçant parfois des inégalités sociales.
  • La légitimité des normes est souvent construite socialement par des acteurs qui cherchent à imposer leurs visions du corps, contribuant à la reproduction des inégalités sociales.

À retenir

La conversion des corps, à travers la production et la légitimation de normes corporelles, contribue à renforcer ou à reproduire les inégalités sociales en valorisant certains corps au détriment d’autres, selon leur conformité aux standards sociaux ou médicaux.

9. Carrière de pratique physique

Notions clés & Définitions

Carrière de pratique physique : Parcours individuel d’une personne dans la pratique d’activités physiques ou sportives, marqué par des étapes, des expériences, et une progression dans la pratique (source implicite). Elle reflète l’évolution de l’engagement, des compétences et de l’expérience sportive au fil du temps.

Progression dans la pratique : Processus d’amélioration et d’accroissement des compétences, des capacités physiques ou techniques d’un pratiquant au cours de sa carrière sportive ou d’activité physique. Elle peut être volontaire ou naturelle, liée à l’expérience et à l’apprentissage.

Expérience sportive : Ensemble des vécus, des situations, et des apprentissages acquis par un individu lors de sa pratique sportive ou physique. Elle inclut la dimension sociale, la connaissance fine de son corps, et l’engagement dans différentes activités ou compétitions.

Points essentiels

  • La carrière de pratique physique englobe l’ensemble des étapes de l’engagement d’un individu dans ses activités physiques, depuis l’initiation jusqu’à la maîtrise ou la cessation.
  • La progression dans la pratique est un processus dynamique, influencé par la connaissance du corps (littératie physique), la dimension sociale, et l’expérience accumulée.
  • L’expérience sportive ne se limite pas à la performance, elle inclut aussi la connaissance fine de son corps, la gestion des risques, et la socialisation liée à la pratique.
  • La pratique sportive est codifiée, régie par des règles, et souvent liée à la compétition, contrairement à l’activité physique qui est plus globale et quotidienne.
  • La progression et l’expérience contribuent à la construction de l’identité du pratiquant et à sa trajectoire dans la carrière sportive ou de pratique physique.

À retenir

La carrière de pratique physique est un parcours évolutif marqué par la progression et l’accumulation d’expériences, qui façonnent l’engagement et la maîtrise de l’individu dans ses activités corporelles.

10. Modèles de changement de comportement

Notions clés & Définitions

Modèles de changement de comportement : Approches théoriques ou pratiques visant à influencer, modifier ou améliorer les comportements des individus ou groupes, notamment par des interventions éducatives ou des stratégies spécifiques.

Changement de comportement : Processus par lequel un individu modifie ses habitudes, attitudes ou pratiques, souvent dans un but de santé, de prévention ou d’adaptation sociale, en réponse à des interventions ou à une évolution personnelle.

Interventions éducatives : Actions structurées visant à transmettre des connaissances, compétences ou attitudes pour favoriser le changement de comportement, en utilisant des méthodes pédagogiques adaptées à la situation et au public.

Points essentiels

  • Les modèles de changement de comportement s’appuient sur des approches sociologiques et éducatives, intégrant la dimension sociale, cognitive et émotionnelle.
  • La vulnérabilité, notamment chez les enfants ou personnes en situation de dépendance, influence la capacité à changer et nécessite des interventions adaptées.
  • La littératie physique, en tant que connaissance fine du corps, joue un rôle dans la capacité à adopter des comportements sains ou adaptés.
  • La dimension sociale et la perception des normes, valeurs, règles et déviances influencent la mise en œuvre et la réussite des changements.
  • Les interventions éducatives doivent prendre en compte la relativité des normes sociales et culturelles, ainsi que la construction sociale des comportements considérés comme déviants ou normaux.
  • La responsabilisation, notamment dans le cadre de l’autonomie morale ou physique, est un levier pour encourager le changement, mais doit éviter la stigmatisation ou la culpabilisation.
  • La participation active des individus, par des démarches d’auto-évaluation ou de production de mesures, favorise l’appropriation du changement.
  • La notion d’entrepreneurs de morale (médecins, influenceurs) montre que la production de normes et la diffusion de comportements "bons" ou "mauvais" sont socialement construites et influencent le processus de changement.

À retenir

Les modèles de changement de comportement combinent des stratégies éducatives et sociales pour accompagner la transformation des pratiques, en tenant compte des normes, valeurs et représentations sociales, tout en évitant la stigmatisation.

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésDéfinitionPoints importantsAuteur / Source
Vulnérabilité et autonomieVulnérabilitéFragilité liée à un déficit de ressources ou capacitésLa vulnérabilité concerne surtout les enfants en développementCM Approche sociologique des pratiques adaptées
Autonomie physiqueCapacité à réaliser seul des actes de la vie quotidienneDéveloppement des capacités physiques pour réduire la vulnérabilitéCM Approche sociologique des pratiques adaptées
Littératie physiqueLittératie physiqueConnaissance fine du corps pour une utilisation optimaleInclut la conscience de ses limites et la maîtrise du corpsContenu source
Connaissance du corpsPerception, compréhension et maîtrise des ressources corporellesPermet d’éviter vulnérabilité et de réduire la dépense d’énergieContenu source
Pratiques sportives et activités physiquesPratique sportiveActivité codifiée, régie par des règles, souvent compétitiveImplique organisation et performanceContenu source
Activité physiqueToute utilisation du corps avec dépense énergétique, non nécessairement codifiéeInclut gestes quotidiens, activités non compétitivesContenu source
Déviance et normes socialesDévianceTransgression d’une norme, comportement considéré comme non conformeDépend du regard social, produit social de la normeContenu source
Normes socialesComportements attendus issus des valeurs partagéesLeur non-respect peut entraîner la dévianceContenu source

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre vulnérabilité et autonomie : la vulnérabilité concerne la fragilité, l’autonomie la capacité d’agir seul.
  2. Limiter la littératie physique à la pratique sportive : elle inclut aussi la connaissance fine du corps dans la vie quotidienne.
  3. Confondre activité physique et sport : le sport est codifié et compétitif, l’activité physique ne l’est pas forcément.
  4. Croire que la déviance est une caractéristique intrinsèque d’un comportement : elle dépend du regard social et du contexte.
  5. Omettre la dimension sociale dans la littératie physique : elle est essentielle pour agir dans un cadre social.
  6. Confondre normes sociales et règles : les normes sont des attentes sociales, les règles sont formelles et codifiées.
  7. Penser que la transgression est toujours déviante : elle peut être simplement une violation de norme sans jugement négatif.
  8. Négliger l’importance de la maîtrise des capacités physiques pour réduire la vulnérabilité.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de la vulnérabilité selon l’approche sociologique des pratiques adaptées.
  2. Expliquer la différence entre vulnérabilité et autonomie physique.
  3. Définir la littératie physique et ses composantes principales.
  4. Identifier les distinctions entre activité physique, sport et activité quotidienne.
  5. Définir la déviance et expliquer son lien avec la transgression des normes sociales.
  6. Citer les éléments qui composent une norme sociale.
  7. Connaître les principales capacités physiques mobilisées en EPS (force, endurance, souplesse, coordination).
  8. Expliquer comment le développement des capacités physiques contribue à réduire la vulnérabilité.
  9. Maîtriser la distinction entre pratique sportive et activité physique.
  10. Comprendre le rôle de la dimension sociale dans la maîtrise du corps et la littératie physique.
  11. Identifier les enjeux liés aux injonctions sanitaristes et normes corporelles dans la société.
  12. Connaître le concept de conversion des corps et ses implications sociales et inégalitaires.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la gestion du corps et des normes sociales avec 8 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle est la conséquence du développement des capacités physiques sur la vulnérabilité chez l’enfant en EPS ?

2. Quelle est la définition de la vulnérabilité selon l'approche sociologique des pratiques adaptées ?

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Vulnérabilité — définition ?

Fragilité liée à un déficit de ressources ou capacités

Vulnérabilité — définition?

Fragilité liée au manque de ressources ou capacités.

Autonomie physique — rôle ?

Capacité à agir seul grâce au développement des capacités corporelles

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