Le développement moteur et cognitif repose sur l’interaction entre capacités innées et environnement. L’inné désigne les capacités héritées génétiquement, tandis que l’acquis résulte de transformations ou d’apprentissages. Le développement de l’individu est influencé par cette interaction, où l’inné fournit un socle de capacités, et l’acquis permet leur enrichissement et adaptation. Les réflexes primaires du bébé, tels que la marche automatique ou l’agrippement, sont des indicateurs du système nerveux et constituent un répertoire comportemental spontané. La corticalisation de l’activité psychomotrice, qui contrôle ces réflexes, constitue la base des comportements acquis.
Le comportement humain résulte d’une interaction dynamique entre capacités innées, qui servent de fondement, et apprentissages acquis, qui permettent d’adapter et d’enrichir ces capacités tout au long de la vie.
Maturation
Approche maturationniste
AUTEUR (1945) : conception selon laquelle le développement de l’enfant est principalement guidé par des processus biologiques internes, la maturation, qui conditionne la capacité d’apprentissage et la réponse à la stimulation.
Capacité d’apprentissage subordonnée à l’état interne
Le développement de l’enfant dépend d’un état interne, lié à la maturation, qui doit être atteint pour que l’apprentissage soit possible.
Effet de l’exercice sur le développement
L’exercice ou la stimulation précoce ont un impact limité sur le développement avant un certain stade de maturation. Leur influence devient significative uniquement lorsque le système nerveux a atteint un niveau de maturité suffisant.
Corticalisation
Processus par lequel le cortex cérébral se développe et devient fonctionnel, essentiel pour le contrôle des comportements moteurs et cognitifs acquis.
La maturation désigne un processus physiologique génétiquement programmé, propre à chaque espèce, permettant à un organe ou une cellule d’atteindre son développement complet dans des conditions environnementales normales. Elle constitue un facteur clé du développement de l’enfant.
L’approche maturationniste, illustrée par Gesell et Amatruda (1945), insiste sur le rôle central de la maturation dans le développement, en particulier dans la période précoce. Selon cette approche, l’expérience ou l’exercice ont un effet limité avant un certain stade de maturation. Par exemple, des expériences en milieu enrichi ou appauvri montrent que durant la première année, les progrès du développement sont peu modifiés par la stimulation ou l’exercice.
Il existe un moment optimal où la stimulation est efficace : avant ce stade, l’organisme n’est pas prêt à bénéficier de l’exercice, et après, les acquisitions peuvent être compromises. La capacité d’apprentissage dépend donc d’un état interne, lié à la maturation, qui doit être atteint pour que la stimulation ait un effet significatif.
L’interaction entre la maturation du système nerveux et la sollicitation de l’environnement est permanente, surtout dans les premières étapes du développement, conditionnant la construction du répertoire moteur et cognitif.
Le développement optimal dépend d’une maturation biologique préalable qui conditionne la capacité d’apprentissage et la réponse à la stimulation. La stimulation est efficace uniquement lorsque la maturation le permet, soulignant l’importance d’un développement biologique préalable pour un apprentissage réussi.
Période sensible : Fenêtre temporelle durant laquelle un stimulus ou une stimulation spécifique peut influencer durablement le développement comportemental. La capacité d’apprentissage est favorisée, mais pas exclusivement limitée à cette période.
Période critique : Sous-ensemble de la période sensible, caractérisée par une fenêtre temporelle limitée où l’acquisition de certains comportements est essentielle et doit se produire pour que l’apprentissage soit possible ou optimal. Au-delà, l’acquisition devient plus difficile ou impossible.
Empreinte (imprégnation) : En éthologie, mise en place définitive d’un lien entre un déclencheur extérieur et un comportement instinctif, souvent irréversible. Elle survient durant une période critique.
Déterminisme biologique et circonstances : La maturation biologique détermine en partie le développement, mais l’environnement et les circonstances jouent un rôle crucial dans la réalisation de ce potentiel. L’apprentissage dépend d’un état interne et des stimulations extérieures.
Cas de Victor l’enfant sauvage : Exemple illustrant l’importance des périodes critiques. Victor, trouvé à 9 ans, n’a pas bénéficié de stimulations durant une période critique, ce qui a limité ses capacités d’apprentissage, notamment linguistique, malgré les efforts de réinsertion.
Certaines acquisitions comportementales ne peuvent se faire que durant des fenêtres temporelles limitées appelées périodes critiques. Ces périodes déterminent des moments où des stimuli spécifiques ont un effet durable et souvent irréversible sur le développement.
L’empreinte est un exemple d’apprentissage irréversible qui se produit durant une période critique, illustrant l’importance de cette fenêtre pour certains comportements.
L’absence de stimulation durant ces périodes peut entraîner des déficits irréversibles, comme le montre le cas de Victor, enfant sauvage trouvé à 9 ans, qui n’a pas pu développer certaines compétences, notamment linguistiques, malgré ses efforts ultérieurs.
Les périodes sensibles et critiques définissent des fenêtres temporelles où l’environnement influence durablement le développement comportemental. Leur respect ou leur absence peut avoir des conséquences irréversibles sur l’apprentissage et le comportement.
Hérédité
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Environnement
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Interaction gène-environnement
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Plasticité comportementale
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Sélection génétique chez les rats
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L’hérédité influence fortement les capacités, comme le montre l’étude de Tryon (1934) sur la reproduction de rats selon leur performance dans un labyrinthe. Après 21 générations, une séparation nette apparaît entre les groupes de rats surdoués et cancres, soulignant l’impact de l’hérédité sur le comportement et l’intelligence.
L’environnement module l’expression de ces capacités. Dans la même étude, Tyron a sélectionné différents groupes de rats performants ou non, puis les a fait évoluer dans des conditions variées, illustrant que l’environnement peut influencer le comportement, mais que l’héritage génétique joue un rôle déterminant.
La plasticité comportementale dépend de cette interaction dynamique entre patrimoine génétique et milieu, permettant aux comportements de s’adapter ou de se fixer en fonction des circonstances.
L’expérience sur les canetons Lorenz (1967) montre que la mise en place d’un lien entre un déclencheur extérieur et un comportement instinctif (empreinte) dépend à la fois de facteurs intrinsèques (maturation) et extrinsèques (stimulation externe), soulignant la complexité de l’interaction gène-environnement.
Le comportement résulte d’une interaction complexe entre héritage génétique et influences environnementales modulatrices, où l’hérédité détermine fortement les potentialités, mais l’environnement influence leur développement et leur expression.
Neurogénèse
Milieu enrichi
Environnement qui offre une variété de stimulations physiques, sensorielles et sociales, favorisant la plasticité cérébrale. Dans les modèles animaux, il inclut des objets, des activités et des interactions sociales variées.
Activité physique volontaire
Type d’exercice où l’animal choisit librement de réaliser une activité motrice, comme courir sur une roue ou nager, contrairement à une activité imposée ou forcée.
Plasticité cérébrale
Capacité du cerveau à modifier sa structure et ses fonctions en réponse à l’environnement, à l’apprentissage ou à l’expérience.
Expérience piscine de Morris
Test expérimental où un animal doit apprendre à localiser une plateforme dans une piscine d’eau, utilisé pour étudier l’apprentissage, la mémoire et la neurogénèse dans l’hippocampe.
Les modèles animaux montrent que l’enrichissement environnemental et l’activité physique volontaire augmentent la neurogénèse dans l’hippocampe. En effet, dans une expérience, seuls les animaux engagés dans une activité physique volontaire ou évoluant dans un milieu enrichi présentent une augmentation du nombre de nouvelles cellules nerveuses. Les modèles démontrent également que la plasticité cérébrale est influencée par les conditions de vie et l’exercice, ce qui modifie la capacité du cerveau à se remodeler. Seuls certains types d’activités physiques, notamment celles réalisées volontairement, stimulent significativement la production de nouvelles cellules nerveuses, soulignant l’impact spécifique de l’engagement volontaire dans cette neurogénèse.
Les modèles animaux illustrent comment l’environnement et le comportement, en particulier l’activité physique volontaire, modulant la plasticité cérébrale, agissent via la neurogénèse dans l’hippocampe.
Modification de l’expression génique : processus par lequel l’activité d’un gène est modifiée, sans altération de la séquence d’ADN, souvent par des mécanismes épigénétiques.
Modèle animal de séparation maternelle : expérience où la séparation quotidienne des ratons de leur mère, très tôt après la naissance, induit des modifications épigénétiques affectant la gestion du stress.
Hérédité épigénétique intergénérationnelle : transmission de modifications épigénétiques pouvant affecter la descendance sur une ou deux générations, souvent liée à un facteur de stress environnemental chez la femme enceinte.
Hérédité épigénétique transgénérationnelle : transmission de modifications épigénétiques sur plusieurs générations, comme chez les descendants de victimes de la Shoah, impactant durablement l’expression génétique.
L’épigénétique modifie l’expression des gènes sans changer la séquence d’ADN, ce qui influence durablement le comportement. La séparation maternelle chez les rats, en modifiant l’expression des gènes responsables de la gestion du stress, induit des changements physiologiques et comportementaux de longue durée. Ces effets sont visibles principalement dans les 8 premiers jours, après quoi ils disparaissent. Certaines modifications épigénétiques peuvent se transmettre sur une ou deux générations (hérédité épigénétique intergénérationnelle), notamment en réponse à un stress environnemental chez la femme enceinte. D’autres, plus durables, traversent plusieurs générations (hérédité épigénétique transgénérationnelle), comme chez les descendants de victimes de la Shoah.
L’épigénétique montre que l’environnement peut modifier durablement l’expression des gènes, et que ces modifications peuvent être transmises au-delà de la génétique classique, affectant ainsi plusieurs générations.
Tutelle (étayage) : Concept développé par Jérôme Bruner, il désigne l’aide apportée par un adulte ou un pair plus compétent pour soutenir l’enfant dans l’acquisition de nouvelles compétences. L’étayage comprend plusieurs fonctions, telles que l’enrôlement, la réduction des degrés de liberté, le maintien de l’orientation, la signalisation des caractéristiques déterminantes, le contrôle des frustrations et la démonstration, permettant à l’enfant de progresser dans ses activités.
Zone proximale de développement : Concept introduit par Jérôme Bruner, il correspond à l’écart entre ce que l’enfant peut réaliser seul et ce qu’il peut accomplir avec une aide ou une collaboration. Elle définit le potentiel de développement cognitif à exploiter lors des interactions sociales.
Co-construction : Mécanisme selon Doise et Mugny, il implique une mise en commun des compétences et des idées entre partenaires ayant des niveaux de compétence symétriques, dans un but partagé. La co-construction peut se faire par conflit ou coopération, favorisant l’apprentissage par échange et partage.
Imitation : Selon Bandura (1925), l’imitation n’est pas un processus passif mais une activité cognitive complexe. Elle nécessite quatre processus : l’attention, la rétention, la reproduction motrice et la motivation. Elle peut être consciente ou inconsciente, selon que le modèle est perçu ou non.
Théorie de l’apprentissage social : Théorie de Bandura qui explique que l’apprentissage résulte d’une interaction entre l’inné et l’acquis, par l’observation et l’imitation de modèles, sous l’effet de processus cognitifs actifs.
L’apprentissage social repose sur l’interaction avec autrui, notamment via la tutelle et l’étayage. La tutelle, ou étayage, désigne l’aide apportée par un adulte ou un pair plus compétent pour accompagner l’enfant dans ses activités, en réduisant ses difficultés et en maintenant son attention. Elle comprend six fonctions clés : l’enrôlement, la réduction des degrés de liberté, le maintien de l’orientation, la signalisation des caractéristiques déterminantes, le contrôle des frustrations et la démonstration.
La zone proximale de développement définit l’écart entre ce que l’enfant peut faire seul et avec aide. Elle sert de repère pour cibler les interactions sociales qui favorisent le progrès cognitif.
La co-construction, selon Doise et Mugny, consiste en une mise en commun des compétences dans un but partagé, permettant aux partenaires d’échanger et de construire ensemble des connaissances, que ce soit par conflit ou coopération.
L’imitation, selon Bandura, est un processus actif impliquant attention, rétention, reproduction motrice et motivation. Elle peut se faire consciemment ou inconsciemment, et constitue un mécanisme d’apprentissage essentiel dans le cadre social.
Les apprentissages sociaux s’appuient sur des interactions dynamiques où l’aide, la collaboration et l’imitation jouent un rôle central pour optimiser le développement cognitif de l’enfant.
(aucune date explicitement mentionnée dans le contenu fourni, donc cette section est omise)
| Aspect | Inné | Acquis | Auteur | Points clés |
|---|---|---|---|---|
| Définition | Capacité ou trait hérité, présent dès la naissance | Résultat de transformations ou d’apprentissage, développement au cours de la vie | — | Interaction entre capacités innées et développement par l’environnement |
| Répertoire comportemental | Comportements innés, réflexes primaires | Comportements modifiés ou acquis par apprentissage | — | Répertoire spontané, contrôlé par la corticalisation |
| Développement moteur et cognitif | Basé sur l’interaction inné/acquis | Enrichi par apprentissage et environnement | — | Le développement résulte d’une interaction dynamique |
| Approche / Concept | Maturation | Maturationniste (Gesell, Amatruda, 1945) | Points clés |
|---|---|---|---|
| Définition | Processus physiologique génétiquement programmé permettant le développement complet d’un organe ou d’une cellule | Le développement est principalement guidé par la maturation, peu influencé par l’exercice avant un certain stade | La stimulation est efficace seulement après un seuil de maturation |
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1. Quelle est la relation causale entre l’inné et l’acquis dans le développement du comportement humain ?
2. Quelle est la principale caractéristique de la maturation dans le développement biologique ?
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Innate — définition ?
Capacité hérité, présente dès la naissance.
Acquis — définition ?
Résultat de l’apprentissage ou transformation au cours de la vie.
Développement moteur — interaction ?
Résulte de l’interaction entre capacités innées et environnement.
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