Fiche de révision : Principes et enjeux de la biodiversité

Plan du Cours

  1. Principe de précaution et risques environnementaux
  2. Évolution des idées sur la biodiversité
  3. Stratégies internationales pour la biodiversité
  4. Niveaux de diversité et définition des espèces
  5. Dérèglement climatique et mécanismes écologiques
  6. Sixième extinction et intégrité de la biodiversité
  7. Services écosystémiques et conséquences sur le vivant
  8. Protéger, restaurer et gérer la biodiversité
  9. Gaz à effet de serre et effets observés
  10. GIEC, scénarios RCP et impacts climatiques
  11. Adaptation et réduction des émissions
  12. COP et mobilisation internationale pour le climat

1. Principe de précaution et risques environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Principe de précaution : Principe juridique selon lequel l’incertitude scientifique ne doit pas empêcher des mesures proportionnées pour prévenir des dommages graves et irréversibles à l’environnement.
  • Loi Barnier : Loi du 2 février 1995 qui inscrit le principe de précaution dans le droit interne français.
  • Code de l’environnement art. L110-1 : Article du Code de l’environnement qui formule le principe de précaution et ses conditions d’application.
  • Société du risque : Idée selon laquelle les sociétés doivent gérer des risques issus du progrès et de la technique, avec une logique de prévention.
  • Anthropocène : Notion qui désigne l’époque où les activités humaines modifient durablement les systèmes terrestres, avec des impacts sur les écosystèmes.

Points essentiels

  • La loi Barnier du 2 février 1995 intègre le principe de précaution dans le droit interne français.
  • Le principe de précaution vise des mesures effectives et proportionnées quand un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement est en jeu.
  • L’absence de certitudes scientifiques et techniques ne doit pas retarder l’action si le coût des mesures reste économiquement acceptable.
  • Dans la majorité des cas, la situation est mal connue et l’impact peut être inconnu ou mal connu, ce qui conduit à raisonner en prévention.
  • Le principe de précaution s’applique surtout quand le risque est élevé et irréversible, alors que l’inaction peut être retenue si le risque n’est pas justifié.
  • Le sens du terme « précaution » s’est élargi à des changements multiples des écosystèmes liés à l’anthropisation (climat, biodiversité, sols, eau, ressources, santé).

Astuce mémo

Barnier = « pas de certitude ≠ pas d’action » : risque grave + irréversible + coût acceptable → mesures proportionnées.

2. Évolution des idées sur la biodiversité

Notions clés & Définitions

  • Sélection naturelle de Darwin : Théorie darwinienne où les variations de survie et de reproduction font évoluer les populations, avec des espèces qui peuvent devenir majoritaires puis disparaître.
  • Darwinisme social : Idée qui transpose à l’humain les mécanismes de la nature, en affirmant que le plus fort doit gagner.
  • Rachel Carson : Biologiste marine devenue journaliste, connue pour avoir alerté sur les effets des produits agricoles sur les oiseaux et les insectes.
  • National Forum on BioDiversity 21-24 septembre 1986 : Rencontre américaine qui a contribué à faire reconnaître la gravité de l’érosion de la diversité biologique auprès des décideurs.
  • Convention sur la biodiversité : Accord international adopté en 1992 lors du Forum de la Terre à Rio, structurant l’action mondiale sur la biodiversité.

Points essentiels

  • Chez Darwin, l’équilibre résulte de dynamiques de populations : une espèce peut augmenter puis décliner, tandis qu’une autre devient majoritaire selon le contexte.
  • Exemple des papillons en Amérique du Nord : sur des surfaces blanches, les blancs étaient avantagés car moins visibles, puis la pollution a favorisé les gris en réduisant leur visibilité.
  • Le darwinisme social applique abusivement une lecture “naturelle” à l’humain en valorisant la victoire du plus fort, ce qui est distinct de la sélection naturelle.
  • Dès la fin du XIXe siècle, des alertes apparaissent, puis dans les années 1950 les scientifiques documentent des extinctions et la dégradation des écosystèmes.
  • Rachel Carson relie la baisse des oiseaux à l’usage de produits phytosanitaires qui empoisonnent des insectes, donc la chaîne alimentaire.
  • La notion de biodiversité émerge fin des années 1970 et est mise à l’agenda politique lors du National Forum on BioDiversity (21-24 septembre 1986 à Washington).

Astuce mémo

Darwin = “majoritaire puis minoritaire” ; Carson = “moins d’oiseaux car insectes empoisonnés”.

3. Stratégies internationales pour la biodiversité

Notions clés & Définitions

  • Sélection naturelle : Processus évolutif où les individus mieux adaptés au milieu survivent et se reproduisent davantage, ce qui modifie la population au fil du temps.
  • Réservoir d’adaptation : Notion d’évolution à long terme où la diversité génétique accumule des capacités d’ajustement, facilitant l’émergence de nouvelles formes ou espèces.
  • Écosystème : Ensemble d’organismes vivants en interaction entre eux et avec un environnement physique (biotope) comme le sol, l’eau ou l’air.
  • Habitat : Lieu de vie d’une espèce, correspondant à l’espace où elle peut vivre et accomplir ses fonctions.
  • Niche écologique : Rôle et position d’une espèce dans un écosystème, déterminés par les conditions nécessaires à sa survie, ses ressources et ses relations avec les autres espèces.

Points essentiels

  • La dynamique génétique d’une population repose sur l’adaptation au milieu via la sélection naturelle, la limitation des effets d’allèles défectueux, et l’accumulation d’un réservoir d’adaptation.
  • Les allèles sont des versions variables d’un même gène, et la diversité allélique aide à réduire l’impact des versions défectueuses.
  • À long terme, la diversité génétique constitue une base d’évolution vers de nouvelles espèces plutôt qu’un simple maintien à court terme.
  • Un écosystème associe biocénose (organismes) et biotope (milieu physique), avec des interactions entre les deux niveaux.
  • La niche écologique inclut des paramètres abiotiques (ex. température, type de sol) et des ressources, mais aussi les relations biotiques (ex. prédateurs et proies) et les modifications de l’habitat induites par les co-â
  • L’habitat décrit le lieu, tandis que la niche décrit la place fonctionnelle et les conditions d’existence de l’espèce dans l’écosystème.

Astuce mémo

Écosystème = Biocénose + Biotope ; Habitat = lieu ; Niche = rôle + conditions + relations.

4. Niveaux de diversité et définition des espèces

Notions clés & Définitions

  • Diversité génétique : La diversité génétique correspond à la variété des gènes au sein des populations d’une espèce.
  • Diversité spécifique : La diversité spécifique désigne la variété des espèces présentes dans un milieu ou sur une zone donnée.
  • Diversité des écosystèmes : La diversité des écosystèmes regroupe la variété de milieux et de systèmes écologiques qui abritent des espèces et des interactions.
  • Espèce : Une espèce est une unité biologique regroupant des organismes suffisamment proches pour former une population distincte.

Points essentiels

  • Les effectifs de plus de 20 000 populations de mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons ont chuté d’environ 2/3.
  • Le couvert forestier a perdu 12 millions de km², soit 20 % de sa superficie.
  • La perte de diversité génétique est liée à la chasse, à la destruction des habitats, à l’isolement par fragmentation et à des populations devenant peu abondantes.
  • La réduction des espèces et variétés cultivées s’accompagne d’une forte dépendance à des monocultures industrielles.
  • Les humains consomment environ 7 000 espèces de plantes, mais seulement 3 céréales (riz, blé, maïs) fournissent 60 % des calories et 56 % des protéines.
  • Une race traditionnelle de bétail s’éteint chaque semaine, ce qui illustre l’érosion de la diversité domestique.

Astuce mémo

Gènes–Espèces–Milieux : 3 niveaux, 3 pertes possibles.

5. Dérèglement climatique et mécanismes écologiques

Notions clés & Définitions

  • Intégrité de la biodiversité : Notion désignant le maintien global de la biodiversité, considérée comme une limite planétaire dépassée dans le contexte actuel.
  • Limites planétaires : Cadre qui regroupe des seuils environnementaux, dont le dépassement signale une entrée dans une zone d’incertitude écologique.
  • Services écosystémiques : Bénéfices tirés des écosystèmes par les humains, liés à des interactions entre milieux naturels et activités humaines.
  • Fonctions écologiques : Processus naturels qui assurent le fonctionnement et la persistance des écosystèmes, à la base des services écosystémiques.
  • Restauration écologique : Processus consistant à aider la régénération d’écosystèmes dégradés, endommagés ou détruits pour reconstruire leur fonctionnement.

Points essentiels

  • La perte de biodiversité entraîne la perte des bénéfices associés aux services écosystémiques.
  • Les services écosystémiques reposent sur des fonctions écologiques, c’est-à-dire des processus naturels de maintien des écosystèmes.
  • Les services d’approvisionnement regroupent des ressources matérielles comme nourriture, eau, fibres et bois.
  • Les services culturels correspondent à des bénéfices non matériels comme loisirs en milieu naturel et bien-être.
  • Les services de régulation incluent des mécanismes comme la séquestration du carbone et la pollinisation des cultures.
  • Les services de soutien sont nécessaires à la production des autres services et sont souvent peu pris en compte, par exemple en zone littorale.

Astuce mémo

Biodiversité → Fonctions écologiques → Services écosystémiques (approvisionnement, culturels, régulation, soutien).

6. Sixième extinction et intégrité de la biodiversité

Notions clés & Définitions

  • Restauration écologique : La restauration écologique est un ensemble d’actions visant à aider la régénération d’écosystèmes dégradés, endommagés ou détruits jusqu’à retrouver une fonctionnalité.
  • Restauration adaptative : La restauration adaptative est une démarche progressive qui ajuste le projet en fonction des réactions observées chez l’écosystème et les acteurs humains.
  • Laisser-faire total : Le laisser-faire total consiste à laisser évoluer sans intervention des milieux, comme des forêts primaires, pour observer leur dynamique naturelle.
  • Cadre ERC : Le cadre ERC est une logique d’action qui hiérarchise les réponses aux impacts d’un projet : éviter, réduire puis compenser.
  • Compensation écologique : La compensation écologique est la réparation des pertes de fonctions ou de services écologiques causées par un projet, en remplaçant ou restaurant ailleurs.

Points essentiels

  • La restauration écologique peut inclure la remise en eau de zones humides asséchées, la suppression de digues ou drains et la replantation de végétaux locaux.
  • La restauration adaptative suit une séquence action → observation des réactions socio-économiques → ajustement du projet si nécessaire.
  • Les expérimentations de laisser-faire total s’appuient sur l’idée que certains milieux peuvent se réorganiser sans intervention humaine directe.
  • Dans le cadre ERC, la compensation n’intervient que lorsque les impacts ne peuvent ni être évités ni suffisamment réduits.
  • La compensation peut être in situ (même zone géographique) ou ex situ (ailleurs), et elle peut passer par restauration, création d’habitats ou réintroduction d’espèces.
  • Les ressources financières peuvent être mobilisées via des financements publics, des PSE et des banques de compensation via des crédits écologiques.

Astuce mémo

ERC = Éviter → Réduire → Compenser ; restauration adaptative = Action → Observation (humains + écosystème) → Ajustement.

7. Services écosystémiques et conséquences sur le vivant

Notions clés & Définitions

  • Changement climatique : Le changement climatique désigne des modifications du climat attribuées directement ou indirectement à l’activité humaine, qui s’ajoutent à la variabilité naturelle et altèrent la composition de l’atmosphère.
  • Effet de serre : L’effet de serre correspond à la présence de gaz dans l’atmosphère qui retiennent une partie du rayonnement, rendant la température moyenne compatible avec la vie.
  • Albédo : L’albédo est la fraction du rayonnement solaire réfléchie par une surface ou un objet, variable selon la nature du sol (neige, végétation, océans).
  • Gaz à effet de serre : Les gaz à effet de serre sont des composés atmosphériques (comme CO2, H2O, CH4, O3, N2O, CFC) qui contribuent à l’effet de serre.
  • Acidification des océans : L’acidification des océans est la baisse du pH des eaux superficielles liée à l’absorption du CO2 par les océans, avec des effets sur les organismes marins.

Points essentiels

  • Sans effet de serre, la Terre aurait une température moyenne d’environ -19°C au lieu de 15°C, ce qui rend la vie impossible.
  • La part réfléchie dépend de l’albédo : neige (albédo élevé) renvoie plus que végétation et océans (albédo faible).
  • Le CO2 provient notamment de la déforestation et de la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole, etc.).
  • Le CH4 (méthane) est présenté comme le plus dangereux et est associé notamment aux ruminants.
  • Les océans absorbent environ 30% du CO2 émis, ce qui fait baisser le pH de l’eau de mer.
  • D’après le GIEC (rapport 2014), l’élévation du niveau marin s’accélère : environ 3,2 mm/an sur 1993-2010 et au minimum +0,8 m vers 2100.

Astuce mémo

Effet de serre = température (15°C) ; albédo = réflexion (neige haut, océans bas) ; CO2 = océans absorbent → pH baisse.

8. Protéger, restaurer et gérer la biodiversité

Notions clés & Définitions

  • Époque préindustrielle : Période située avant 1750, utilisée comme repère historique dans les séries climatiques.
  • Moyenne glissante 20 ans : Méthode de calcul qui associe une période de 20 ans à une valeur de référence (ex. pour Kyoto ou 2050/2100).
  • Effet de serre : Phénomène découvert en 1787, expliquant comment certains gaz retiennent une partie de l’énergie renvoyée par la Terre.
  • GIEC : Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, créé en 1988 pour évaluer l’état des connaissances sur le climat.
  • RCP : Scénarios du GIEC (Representative Concentration Pathways) reliant un niveau de pollution au résultat climatique final.

Points essentiels

  • Les observations fiables démarrent surtout vers 1850-1900, après une période préindustrielle avant 1750.
  • La référence pour Kyoto correspond à la moyenne glissante 1986-2005.
  • Le scénario 2050 correspond à la moyenne glissante 2046-2065, et 2100 à la moyenne glissante 2081-2100.
  • 1787 : l’effet de serre est découvert, puis 1896 Svante Arrhenius estime que le CO2 atmosphérique doublé entraîne ~4°C de hausse.
  • 1982 : un rapport des pétroliers (resté secret) conclut que l’augmentation du CO2 due au pétrole et au gaz réchauffe la planète et que les impacts peuvent être importants.
  • 1987 : le rapport Brundtland introduit le concept de développement durable, et 1988 : création du GIEC pour des évaluations scientifiques et socio-économiques; 1995 : 1ère COP; 1997 : protocole de Kyoto avec engagements

Astuce mémo

Repères en chaîne : 1787 (effet de serre) → 1896 (Arrhenius, CO2×2 ≈ +4°C) → 1982 (rapport pétroliers) → 1987 (Brundtland) → 1988 (GIEC) → 1995 (COP) → 1997 (Kyoto).

9. Gaz à effet de serre et effets observés

Notions clés & Définitions

  • Bilan radiatif : Le bilan radiatif correspond à la différence entre l’énergie solaire reçue et l’énergie renvoyée par la Terre vers l’espace.
  • Forçage radiatif : Le forçage radiatif mesure l’effet des facteurs (dont les GES) sur l’équilibre énergétique de la Terre, exprimé en W/m².
  • RCP2.6 : Le scénario RCP2.6 est le plus optimiste du GIEC et suppose une forte réduction des émissions de GES.
  • RCP8.5 : Le scénario RCP8.5 est le plus pessimiste du GIEC et correspond à une poursuite des émissions avec forte demande d’énergie et fortes émissions de GES.
  • SSP : Les SSP (Shared socioeconomic pathways) sont des trajectoires de développement de la société qui conditionnent les émissions de GES et donc l’évolution du climat.

Points essentiels

  • Quand le bilan radiatif est plus élevé, la planète se réchauffe davantage, et le forçage radiatif s’exprime en W/m².
  • Plus le forçage radiatif est grand, plus le réchauffement attendu est important.
  • Les scénarios du GIEC incluent RCP2.6 (forte réduction), RCP4.5 et RCP6.0 (réductions partielles) et RCP8.5 (poursuite des émissions).
  • RCP4.5 et RCP6.0 mènent à un réchauffement modéré mais réel, car les réductions restent partielles.
  • RCP8.5 implique une forte augmentation de la température à long terme car il correspond à la prolongation des émissions actuelles.
  • Selon le rapport 2014 du GIEC, en suivant la tendance actuelle, la hausse atteint environ 2°C dès 2030 et plus de 4°C dès 2100, et seule une réduction immédiate et ambitieuse limite les conséquences au-delà de 2°C.

Astuce mémo

W/m² = Watt par mètre carré : plus le chiffre monte, plus la Terre chauffe.

10. GIEC, scénarios RCP et impacts climatiques

Notions clés & Définitions

  • RCP : Scénarios climatiques utilisés pour projeter l’évolution future du réchauffement et des impacts associés selon des trajectoires d’émissions.
  • Phénologie : Branche de la biologie qui étudie l’apparition d’événements périodiques du vivant, souvent annuels, pilotés par le climat.
  • Désynchronisation phénologique : Décalage entre les dates d’événements saisonniers (ex. floraison) qui perturbe les relations entre espèces et activités dépendantes du calendrier.
  • Écosystèmes marins et côtiers : Milieux littoraux et marins fournissant biodiversité et services écosystémiques essentiels aux moyens de subsistance, notamment des pêcheurs.
  • Écosystèmes terrestres et eaux intérieures : Milieux terrestres et d’eaux douces qui abritent une biodiversité et rendent des services écosystémiques liés à l’alimentation et aux ressources.

Points essentiels

  • Les impacts climatiques incluent des changements de précipitations, y compris des événements extrêmes, avec des effets marqués sur les populations pauvres urbaines et rurales.
  • La baisse de l’accès à l’eau potable et à l’eau d’irrigation réduit les revenus et moyens de subsistance en zones rurales, surtout en régions semi-arides.
  • La diminution de la productivité agricole touche particulièrement les agriculteurs et éleveurs disposant de moyens limités.
  • Le réchauffement modifie la répartition des espèces terrestres et aquatiques, entraînant déplacements géographiques et changements de trajectoires de migration.
  • En France, pour +1 °C, on observe une remontée d’environ 150 m en altitude et un déplacement de 50 à 300 km vers le nord en latitude.
  • Le risque d’extinction augmente quand les espèces ne peuvent pas suivre une évolution trop rapide, notamment à cause de la fragmentation des milieux et des modifications environnementales.

Astuce mémo

RCP → Réchauffement → Répartition → Rupture des saisons (phénologie) → Ressources en baisse.

11. Adaptation et réduction des émissions

Notions clés & Définitions

  • Adaptation climatique : L’adaptation climatique regroupe des actions pour ajuster les sociétés aux impacts climatiques déjà observés ou anticipés, afin de réduire les dommages ou de saisir des opportunités.
  • Écosystèmes en bon état : Les écosystèmes en bon état (comme les zones humides ou les coraux) limitent les risques et facilitent des mesures d’adaptation efficaces.
  • Écosystèmes dégradés : Les écosystèmes dégradés aggravent les risques climatiques et rendent l’adaptation plus difficile et coûteuse.
  • COP : Une COP est une conférence des parties où les États négocient des positions en coalitions et discutent des enjeux climatiques majeurs.
  • Accord de Paris : L’Accord de Paris fixe un cadre international pour l’action climatique, avec des engagements et des mécanismes de révision.

Points essentiels

  • La réduction forte des émissions dans les pays riches est nécessaire pour compenser le rattrapage des pays en développement.
  • Les stratégies d’adaptation peuvent être individuelles ou collectives et mobilisent de nombreuses parties prenantes à différents niveaux.
  • L’adaptation dépend de l’état des milieux : des écosystèmes fonctionnels favorisent la protection, tandis que la dégradation augmente la vulnérabilité.
  • Les coalitions en COP portent notamment sur la responsabilité des émissions historiques, le financement et les transferts de technologie.
  • Les négociations portent aussi sur l’exploitation des ressources fossiles et la dépendance des pays, ainsi que sur la vulnérabilité (ex. petits États insulaires).
  • La COP 21 prévoit un délai de 5 ans pour agir, mais l’accord est non-contraignant et les engagements sont jugés insuffisants pour viser +2°C voire +1,5°C.

Astuce mémo

Adaptation = s’ajuster au choc ; Réduction = éviter le choc (sinon l’adaptation ne suffit pas).

12. COP et mobilisation internationale pour le climat

Notions clés & Définitions

  • COP : Réunion annuelle des parties à la Convention Climat, utilisée pour faire avancer la coopération internationale sur le climat.
  • CCNUCC : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, cadre multilatéral où s’inscrivent les décisions des COP.
  • Accord de Paris : Traité international organisant l’action climatique et la progression des engagements via des mécanismes de suivi comme le Bilan mondial.
  • Fonds pertes et dommages : Mécanisme financier créé pour aider les pays en développement particulièrement vulnérables à faire face aux dégâts irréversibles liés au réchauffement.
  • Bilan mondial : Mécanisme de l’Accord de Paris qui évalue collectivement les progrès et alimente la dynamique de mise en œuvre.

Points essentiels

  • Les COP servent à concentrer le processus multilatéral sur l’objectif de 1,5°C et à le maintenir « vivant » par des appels à des plans plus solides l’année suivante.
  • Les COP renforcent la pression sur les transitions hors des énergies fossiles et visent aussi à consolider des règles multilatérales dans le cadre de la CCNUCC.
  • Les COP offrent une plateforme à des initiatives pilotes de coopération internationale pour accélérer des réponses concrètes.
  • La COP 27 (Charm El-Cheikh, 6-20 novembre 2022) crée un fonds pour les pertes et dommages afin d’aider les pays particulièrement vulnérables.
  • La COP 27 n’apporte pas d’avancée sur l’accélération de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et échoue à traiter les énergies fossiles.
  • La COP 28 (Dubaï, 30 novembre-12 décembre 2023) répond aux attentes de la COP 27 en créant un nouveau Fonds avec une capitalisation initiale de plus de 700 millions de dollars pour les pertes et dommages.

Astuce mémo

COP = 1,5°C + pression fossiles + fonds pertes et dommages (COP27 puis COP28).

Repères chronologiques

DateÉvénement
2 février 1995Loi Barnier : inscription du principe de précaution dans le droit interne
21 au 24 septembre 1986National Forum on BioDiversity à Washington : mise à l’agenda politique de la gravité de l’érosion de la biodiversité
1992Convention sur la biodiversité adoptée lors du Forum de la Terre à Rio
1787Découverte de l’effet de serre
1896Arrhenius estime que le CO2 atmosphérique doublé entraîne ~4°C de hausse
1982Rapport des pétroliers (resté secret) : connaissance du réchauffement lié au CO2 et impacts potentiels
1987Rapport Brundtland : naissance du concept de développement durable
1988Création du GIEC
19951ère COP
1997Protocole de Kyoto : engagements

Tableaux de synthèse

Niveaux de diversité

NiveauTermeCe que ça décrit
Gènediversité génétiquevariété des gènes au sein des populations
Espècediversité spécifiquevariété des espèces présentes dans un milieu ou une zone
Écosystèmediversité écosystémiquevariété des milieux et systèmes écologiques

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre principe de précaution et principe d’inaction : ici, l’absence de certitudes ne doit pas retarder des mesures effectives et proportionnées.
  2. Mélanger darwinisme social et sélection naturelle : le premier applique abusivement “le plus fort gagne” à l’humain, distinct du mécanisme darwinien.
  3. Croire que “biodiversité” = seulement le nombre d’espèces : le cours insiste sur trois niveaux (gènes, espèces, écosystèmes).
  4. Confondre habitat et niche écologique : l’habitat est le lieu de vie, la niche est la place fonctionnelle et les conditions/relations.
  5. Penser que la compensation ERC remplace toujours l’évitement : dans le cadre ERC, elle n’intervient que si les impacts ne peuvent ni être évités ni suffisamment réduits.
  6. Réduire les gaz à effet de serre au seul CO2 : le cours cite aussi CH4, N2O, O3, CFC et rappelle que CH4 est présenté comme le plus dangereux.
  7. Oublier que les scénarios RCP sont basés sur le forçage radiatif (W/m²) : plus le forçage est élevé, plus le réchauffement attendu est important.

Checklist Examen

  1. Expliquer le principe de précaution (Barnier + Code de l’environnement art. L110-1) et les conditions : absence de certitudes, risque de dommages graves et irréversibles, coût économiquement acceptable.
  2. Décrire la logique “prévention” dans la situation mal connue (cas majoritaires) et distinguer quand l’action est justifiée ou non selon le niveau de risque et l’irréversibilité.
  3. Présenter l’évolution des idées sur la biodiversité : vision fixiste (Platon, Aristote) puis vision évolutive (Lamarck/Darwin) et le rôle du hasard dans la sélection naturelle.
  4. Expliquer la différence entre sélection naturelle (majoritaire/minoritaire selon le contexte) et darwinisme social (application à l’humain, “le plus fort gagne”).
  5. Raconter le rôle de Rachel Carson dans l’alerte (baisse des oiseaux liée aux produits phytosanitaires et à l’empoisonnement des insectes).
  6. Citer l’émergence politique de la biodiversité : notion fin 1970s, National Forum on BioDiversity (21-24 septembre 1986) puis Convention sur la biodiversité (1992) et étapes suivantes (Plan 2011-2020, IPBES 2012).
  7. Définir les niveaux de diversité (gène/espèce/écosystème) et relier la diversité génétique à trois propriétés : adaptation, minimisation des allèles défectueux, réservoir d’adaptation.
  8. Définir écosystème, habitat et niche écologique, en précisant les éléments abiotiques/biotiques de la niche et la spécialisation (température, type de sol, ressources, relations).
  9. Exposer les constats et causes de l’érosion : chiffres IPBES 2019 et Le Monde 2019, puis les cinq menaces anthropiques (habitats, surexploitation, pollutions, espèces exotiques, dérèglement climatique).
  10. Présenter la “sixième extinction” : idée d’effondrement du nombre d’individus, dette d’extinction, et lien avec l’intégrité de la biodiversité comme limite planétaire dépassée.
  11. Décrire les services écosystémiques : définition, lien fonctions écologiques → services, et les quatre catégories (approvisionnement, culturels, régulation, soutien).
  12. Expliquer les réponses : protection, restauration (incluant restauration adaptative et laisser-faire total), et mécanismes de compensation via le cadre ERC (éviter/réduire/compenser) avec in situ/ex situ et exemples.
  13. Définir changement climatique et effet de serre, puis relier albédo, principaux GES (CO2, CH4, etc.) et effets observés (niveau marin, pH, événements extrêmes) tels que rapportés par le GIEC 2014.
  14. Maîtriser les repères de mise sur agenda (1787, 1896, 1982, 1987, 1988, 1995, 1997) et expliquer pourquoi les dates de référence utilisent des moyennes glissantes (Kyoto, 2050, 2100).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Principes et enjeux de la biodiversité avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel énoncé décrit le mieux le principe de précaution en matière environnementale ?

2. Quelle évolution des idées sur la biodiversité correspond à la pensée de Darwin ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Principes et enjeux de la biodiversité avec 24 flashcards interactives.

Principe de précaution — définition ?

Mesures pour prévenir dommages graves malgré incertitudes.

Loi Barnier — date ?

2 février 1995.

Code environnement art. L110-1 — rôle ?

Formule le principe de précaution.

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