QCM : Droit au juge et justice judiciaire — 14 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne une instance en vocabulaire juridique ?

Une contestation réglée directement entre particuliers
Une procédure engagée devant une juridiction
Un recours formé devant la Cour de cassation
Une décision rendue par une cour d’appel

Une procédure engagée devant une juridiction

Explication

Une instance correspond à une procédure portée devant une juridiction afin qu’elle examine une affaire. Une décision désigne l’acte par lequel le juge tranche le litige, et non la procédure elle-même.

2. Que signifie l’expression « débouter une partie » ?

Suspendre l’examen de son affaire
Transmettre sa demande à une autre juridiction
Rejeter sa demande en justice
Lui accorder une indemnisation partielle

Rejeter sa demande en justice

Explication

Débouter une partie signifie rejeter la demande qu’elle a présentée en justice. La suspension de l’affaire ne constitue pas un rejet de la demande sur le fond.

3. Quelle distinction décrit correctement les termes « décision », « jugement » et « arrêt » ?

La décision suspend une instance, le jugement ouvre un recours et l’arrêt exécute une sanction
La décision vient d’une cour, le jugement de la Cour de cassation et l’arrêt d’un tribunal de première instance
La décision concerne les particuliers, le jugement concerne l’État et l’arrêt concerne les juridictions européennes
La décision est le terme général, le jugement vient d’un tribunal de première instance et l’arrêt d’une cour

La décision est le terme général, le jugement vient d’un tribunal de première instance et l’arrêt d’une cour

Explication

La décision est le terme général désignant l’acte par lequel un juge tranche un litige ; le jugement est rendu par un tribunal de première instance et l’arrêt par une cour. Les trois termes ne correspondent donc pas à des fonctions procédurales distinctes comme la suspension ou l’exécution.

4. Que garantit le droit au juge ?

La faculté de régler soi-même un différend sans intervention judiciaire
La possibilité de faire trancher une affaire par une personne sans statut judiciaire
Le droit de choisir directement la sanction imposée à son adversaire
La possibilité d’obtenir le règlement juridictionnel d’un différend par l’État

La possibilité d’obtenir le règlement juridictionnel d’un différend par l’État

Explication

Le droit au juge garantit au justiciable l’accès à une juridiction pour obtenir un règlement juridictionnel de son différend et un jugement de l’État. Se faire justice soi-même relève de la justice privée, qui se distingue de ce droit.

5. Quelle obligation caractérise un État de droit en matière de règlement des litiges ?

Laisser les parties régler leurs différends selon leurs propres rapports de force
Mettre en place des organes chargés de trancher les litiges soumis par les citoyens
Réserver le règlement des litiges aux associations privées constituées par les citoyens
Confier chaque litige à une autorité choisie par la partie la plus puissante

Mettre en place des organes chargés de trancher les litiges soumis par les citoyens

Explication

Un État de droit organise des organes institués pour trancher les litiges soumis par les citoyens. Le recours aux rapports de force ou à des autorités privées ne garantit pas un règlement juridictionnel impartial.

6. Pourquoi un État de droit doit-il exclure l’anarchie et la justice privée ?

Pour permettre à chaque partie d’imposer elle-même sa solution
Pour assurer la réalisation de la valeur de justice dans la société
Pour éviter que les citoyens saisissent les organes chargés de juger
Pour remplacer les juridictions par des accords entre groupes sociaux

Pour assurer la réalisation de la valeur de justice dans la société

Explication

L’exclusion de l’anarchie et de la justice privée permet à l’État de droit d’assurer la réalisation de la valeur de justice dans la société. La justice privée ferait dépendre la solution du rapport de force plutôt que d’un règlement institutionnel.

7. Quelle différence permet de distinguer un conflit d’un litige ?

Le conflit est réglé par un juge, tandis que le litige se résout par l’action directe d’une partie
Le conflit est un affrontement général, tandis que le litige est soumis au droit et réglé par un tiers impartial
Le conflit oppose un particulier à l’État, tandis que le litige oppose nécessairement deux juridictions
Le conflit est une décision judiciaire, tandis que le litige est une opposition sans portée juridique

Le conflit est un affrontement général, tandis que le litige est soumis au droit et réglé par un tiers impartial

Explication

Un conflit désigne largement un affrontement entre personnes ou groupes, alors qu’un litige est un conflit confié au droit pour être tranché par un tiers impartial. La saisine d’un juge ou d’un tiers impartial caractérise donc le litige.

8. Le règlement judiciaire d’un litige produit-il nécessairement la disparition du conflit entre les personnes ?

Oui, le jugement remplace les relations conflictuelles par une entente entre les parties
Oui, une décision judiciaire supprime nécessairement les désaccords personnels entre les parties
Non, le droit met fin au litige soumis au juge sans faire nécessairement disparaître tout le conflit
Non, le juge transforme toujours le litige en une nouvelle procédure entre les mêmes personnes

Non, le droit met fin au litige soumis au juge sans faire nécessairement disparaître tout le conflit

Explication

La décision judiciaire met fin au litige juridique soumis au juge, mais elle ne fait pas nécessairement disparaître l’ensemble du conflit entre les personnes. Un désaccord relationnel ou personnel peut donc subsister après le jugement.

9. Quelle situation constitue un litige vertical ?

Deux particuliers s’opposent au sujet du remboursement d’un prêt
Deux voisins se disputent la limite de leurs propriétés
Deux sociétés réclament l’exécution d’un contrat commercial
Un particulier conteste une décision prise par l’administration

Un particulier conteste une décision prise par l’administration

Explication

Un litige vertical concerne les rapports entre un particulier et l’État, notamment lorsqu’une personne conteste une décision administrative. Les oppositions entre particuliers relèvent des litiges horizontaux.

10. Quel ensemble de garanties caractérise notamment un procès équitable ?

Un juge spécialisé dans l’affaire, avec une procédure entièrement secrète
Un juge indépendant et impartial, avec une procédure publique et raisonnablement rapide
Un juge rattaché à une partie, avec une procédure écrite et confidentielle
Un juge choisi par les parties, avec une procédure prolongée jusqu’au jugement

Un juge indépendant et impartial, avec une procédure publique et raisonnablement rapide

Explication

Le procès équitable exige notamment l’indépendance et l’impartialité du juge, ainsi qu’une procédure publique et raisonnablement rapide. Un juge lié à une partie ne satisfait pas à l’exigence d’impartialité.

11. Quelle combinaison situe correctement les fondements juridiques de l’obligation de procès équitable ?

L’article 16 de la DDHC et surtout l’article 6 § 1 de la Convention EDH
L’article 6 de la DDHC et surtout l’article 16 de la Convention EDH
L’article 16 de la Convention EDH et surtout l’article 6 de la DDHC
L’article 16 du Code civil et surtout l’article 6 du Code pénal

L’article 16 de la DDHC et surtout l’article 6 § 1 de la Convention EDH

Explication

L’obligation découle notamment de l’article 16 de la DDHC et surtout de l’article 6 § 1 de la Convention EDH. La DDHC appartient au bloc de constitutionnalité, tandis que la Convention EDH est une convention internationale.

12. Comment un justiciable français peut-il faire valoir les dispositions de la Convention européenne des droits de l’Homme ?

Il doit attendre une loi française qui en précise chaque disposition
Il peut les invoquer devant le juge national après une autorisation administrative
Il peut les invoquer directement devant le juge national
Il doit saisir d’abord la Cour européenne avant tout juge français

Il peut les invoquer directement devant le juge national

Explication

Les dispositions de la Convention EDH sont directement invocables par le justiciable français devant le juge national. Une autorisation administrative ou une décision préalable de la Cour européenne n’est donc pas requise.

13. Dans quelles conditions le public peut-il assister à une audience ?

Il y est admis, sauf en cas de huis clos au pénal ou de chambre du conseil au civil
Il y est admis, sauf en cas de huis clos au civil ou de chambre du conseil au pénal
Il y est admis après accord des parties, quelle que soit la nature de l’affaire
Il y est admis lorsque l’affaire est pénale, mais pas lorsqu’elle est civile

Il y est admis, sauf en cas de huis clos au pénal ou de chambre du conseil au civil

Explication

La publicité des audiences permet l’accès du public, sous réserve du huis clos au pénal et de la chambre du conseil au civil. La confusion entre ces deux régimes consiste à les attribuer à la matière opposée.

14. Quelle pratique est compatible avec les règles applicables à la publicité des audiences ?

Les spectateurs peuvent enregistrer les débats si aucune partie ne s’y oppose pendant l’audience
La presse peut rendre compte des débats sans photographier ni enregistrer directement l’audience
La presse peut diffuser les images prises dans la salle lorsque le procès est ouvert au public
Les journalistes peuvent photographier l’audience dès lors qu’ils publient ensuite un compte rendu fidèle

La presse peut rendre compte des débats sans photographier ni enregistrer directement l’audience

Explication

Les débats peuvent en principe être rapportés librement dans la presse, mais la photographie et l’enregistrement directs de l’audience sont interdits aux journalistes comme aux spectateurs. Le caractère public de l’audience n’autorise donc pas sa captation.

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Qu'est-ce qu'une instance en droit ?

Une procédure devant une juridiction.

Que signifie débouter en justice ?

Rejeter la demande en justice de quelqu’un.

Qu'appelle-t-on une décision en droit ?

Un acte par lequel un juge tranche un litige.

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