QCM : Introduction à la science politique (49 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle discipline analyse les formes de pouvoir, les institutions, les gouvernants, les citoyens et leurs rapports d’influence ?

La sociologie des organisations
La science politique
L’économie publique comparative
La théorie générale du droit

La science politique

Explication

La science politique étudie les rapports de pouvoir, les institutions et les acteurs qui participent à leur fonctionnement. La théorie générale du droit analyse prioritairement les normes, ce qui correspond à une autre perspective.

2. Quelle relation entre le droit et le régime politique décrit correctement leur influence réciproque ?

Le droit encadre le pouvoir, tandis que le régime politique façonne l’organisation du droit.
Le droit décrit les rapports sociaux, tandis que le régime politique contrôle les tribunaux.
Le droit dépend des citoyens, tandis que le régime politique concerne les administrations locales.
Le droit remplace les institutions, tandis que le régime politique applique des normes inchangées.

Le droit encadre le pouvoir, tandis que le régime politique façonne l’organisation du droit.

Explication

Le droit sert à exercer et à encadrer le pouvoir, alors que le régime politique influence en retour le contenu et l’organisation des règles juridiques. Les autres réponses séparent artificiellement deux phénomènes qui s’influencent mutuellement.

3. Pourquoi le droit matériel complète-t-il l’étude du droit formel lorsqu’il s’agit de comprendre le pouvoir réel ?

Parce qu’il prend en compte les pratiques concrètes et les règles tacites qui organisent effectivement le pouvoir.
Parce qu’il remplace les constitutions écrites par des décisions rendues par les tribunaux.
Parce qu’il désigne les principes généraux qui s’imposent aux institutions sans pratique sociale.
Parce qu’il rassemble les textes électoraux adoptés par les assemblées après chaque scrutin.

Parce qu’il prend en compte les pratiques concrètes et les règles tacites qui organisent effectivement le pouvoir.

Explication

Le droit matériel inclut les pratiques concrètes et les règles tacites qui structurent effectivement le pouvoir, au-delà des textes écrits. Le droit formel correspond plutôt aux règles écrites, notamment constitutionnelles, et ne suffit donc pas à décrire toute la réalité du pouvoir.

4. Quel élément distingue une démocratie d’un régime qui affirme simplement représenter le peuple ?

Une direction politique durable présentée comme l’expression constante de la volonté populaire.
Une constitution écrite qui proclame la souveraineté du peuple sans organiser de concurrence électorale.
Une compétition réelle, des choix périodiques et une alternance pacifique contrôlée par les citoyens.
Une participation civique limitée aux consultations organisées par les institutions dirigeantes.

Une compétition réelle, des choix périodiques et une alternance pacifique contrôlée par les citoyens.

Explication

La démocratie repose sur un pouvoir populaire institutionnalisé, une compétition réelle, des choix périodiques, l’alternance sans violence et le contrôle du pouvoir représentatif. L’affirmation de représenter le peuple ne suffit pas à établir ces mécanismes.

5. Quelle caractéristique la Constitution chinoise présente-t-elle comme déterminante du socialisme aux caractéristiques chinoises ?

La séparation concurrentielle des partis politiques
L’élection directe du gouvernement national
La neutralité politique des institutions publiques
La direction du Parti communiste chinois

La direction du Parti communiste chinois

Explication

La Constitution chinoise affirme que la direction du Parti communiste chinois constitue une caractéristique déterminante du socialisme aux caractéristiques chinoises. La présence d’une Constitution écrite ne signifie pas que le régime fonctionne selon les mécanismes d’une démocratie libérale.

6. Que désigne la politique dans son sens fondamental, et quelle est l’origine du terme ?

L’activité organisée autour du pouvoir, issue du grec polis et liée à l’organisation de la cité.
La gestion économique des ressources, issue du latin res publica et liée aux échanges commerciaux.
L’ensemble des règles juridiques, issu du grec nomos et lié à la production des lois.
La discipline scientifique qui étudie les institutions, issue du latin civitas et liée aux administrations.

L’activité organisée autour du pouvoir, issue du grec polis et liée à l’organisation de la cité.

Explication

La politique désigne l’activité concrète organisée autour du pouvoir et renvoie au grec polis, associé à la cité et à la participation des citoyens. La science politique est plutôt la discipline qui étudie cette activité.

7. Quelle distinction oppose correctement la vie politique au politique ?

La vie politique désigne les rapports sociaux généraux, tandis que le politique concerne les campagnes menées par les élus.
La vie politique analyse les théories du pouvoir, tandis que le politique rassemble les professionnels engagés dans les institutions.
La vie politique concerne les acteurs et les institutions en activité, tandis que le politique désigne le champ social étudié par les politistes.
La vie politique correspond aux normes constitutionnelles, tandis que le politique désigne les décisions prises par les administrations.

La vie politique concerne les acteurs et les institutions en activité, tandis que le politique désigne le champ social étudié par les politistes.

Explication

La vie politique renvoie à l’action des professionnels de la politique et à l’activité des institutions. Le politique désigne plus largement le champ social que la science politique prend pour objet d’étude.

8. Selon Max Weber, quelle définition correspond à l’État ?

Une communauté culturelle qui partage une langue et délègue ses décisions aux autorités religieuses.
Une administration économique qui organise les échanges et redistribue les richesses entre les citoyens.
Une institution qui revendique et impose le monopole de la violence légitime sur un territoire donné.
Une association politique qui garantit la sécurité en laissant chaque groupe exercer sa propre contrainte.

Une institution qui revendique et impose le monopole de la violence légitime sur un territoire donné.

Explication

Pour Max Weber, l’État revendique et impose, sur un territoire donné, le monopole de la violence légitime afin de maintenir la sécurité et de faire respecter les lois. Une association où plusieurs groupes conservent leur propre pouvoir de contrainte ne correspond donc pas à cette définition.

9. Quelle transformation caractérise la contribution des Grecs à la pensée politique ?

Ils ont soumis la politique à une discussion rationnelle sur la cité et ses régimes.
Ils ont fondé la politique sur une révélation religieuse réservée aux prêtres.
Ils ont remplacé la citoyenneté par une hiérarchie fondée sur la richesse familiale.
Ils ont réduit la politique à l’administration militaire des territoires conquis.

Ils ont soumis la politique à une discussion rationnelle sur la cité et ses régimes.

Explication

Les Grecs ont fait de la politique un objet de réflexion rationnelle portant notamment sur la cité, la loi, la citoyenneté et les formes de gouvernement. La politique grecque ne se réduit donc ni à la religion ni à la gestion militaire.

10. Sur quel fondement la pensée théologico-politique établit-elle la légitimité du pouvoir ?

Sur l’accord provisoire entre des citoyens réunis pour administrer la cité.
Sur un ordre religieux supérieur qui relie autorité politique et autorité religieuse.
Sur la compétence technique d’administrateurs choisis pour gérer les institutions.
Sur la supériorité militaire d’un dirigeant capable de soumettre ses adversaires.

Sur un ordre religieux supérieur qui relie autorité politique et autorité religieuse.

Explication

La pensée théologico-politique articule l’autorité politique à l’autorité religieuse et rattache la légitimité du pouvoir à un ordre religieux supérieur. Elle ne fonde donc pas cette légitimité sur la seule force ou sur une compétence administrative.

11. Pourquoi Thomas d’Aquin défend-il un régime mixte ?

Parce que les élites doivent gouverner en écartant l’autorité du prince et des citoyens.
Parce que le peuple doit exercer l’ensemble du pouvoir sans médiation institutionnelle.
Parce qu’un régime stable repose sur la concentration du pouvoir entre les mains du prince.
Parce que l’équilibre entre prince, élites et peuple favorise la stabilité politique.

Parce que l’équilibre entre prince, élites et peuple favorise la stabilité politique.

Explication

Thomas d’Aquin associe l’unité du prince, la compétence des élites et la participation du peuple afin de rechercher un équilibre entre plusieurs pouvoirs. Cette conception s’oppose à la concentration complète du pouvoir dans une seule composante.

12. Dans la pensée de Machiavel, quelle distinction oppose la virtù à la fortuna ?

La virtù désigne la chance favorable, tandis que la fortuna correspond à la compétence politique.
La virtù désigne la stabilité des institutions, tandis que la fortuna correspond à leur organisation juridique.
La virtù désigne l’action maîtrisée du dirigeant, tandis que la fortuna renvoie à l’incertitude.
La virtù désigne la fidélité religieuse, tandis que la fortuna correspond à l’obéissance des citoyens.

La virtù désigne l’action maîtrisée du dirigeant, tandis que la fortuna renvoie à l’incertitude.

Explication

La virtù désigne la capacité d’action, l’intelligence et l’adaptation du dirigeant face aux situations. La fortuna représente au contraire l’incertitude et les circonstances qui échappent à son contrôle.

13. Quelle stratégie Machiavel associe-t-il à la conservation du pouvoir ?

Confier la stabilité du pouvoir à des institutions indépendantes du comportement du dirigeant.
Multiplier les violences publiques afin d’impressionner durablement les gouvernés.
Combiner la force et la compréhension des perceptions collectives sans provoquer la haine.
Fonder l’autorité sur la douceur politique et écarter toute forme de contrainte physique.

Combiner la force et la compréhension des perceptions collectives sans provoquer la haine.

Explication

Pour Machiavel, conserver le pouvoir suppose de savoir employer la force tout en comprenant les perceptions collectives, notamment le risque de susciter la haine. Une violence qui provoque cette haine devient politiquement contre-productive.

14. Quel enchaînement décrit la formation du pouvoir souverain chez Hobbes ?

La prospérité créée par le commerce conduit à une convention puis à la suppression de toute autorité commune.
La confiance spontanée entre individus conduit à une convention puis au maintien de sociétés sans souverain.
L’insécurité née de l’absence de puissance commune conduit à une convention puis à la reconnaissance d’un souverain.
La domination militaire d’un chef conduit à une guerre civile puis à la dispersion des fonctions politiques.

L’insécurité née de l’absence de puissance commune conduit à une convention puis à la reconnaissance d’un souverain.

Explication

Chez Hobbes, l’absence de puissance commune engendre l’insécurité, ce qui pousse les individus à conclure une convention et à reconnaître un souverain chargé de maintenir la paix. L’état politique n’est donc pas présenté comme le résultat d’une confiance spontanée.

15. Comment Hobbes définit-il l’état de nature ?

Comme une société religieuse où une autorité supérieure garantit la sécurité des personnes.
Comme une situation sans puissance commune, marquée par la compétition, la méfiance et la guerre.
Comme une communauté paisible où des règles communes sont respectées par tous les individus.
Comme un régime monarchique dans lequel le souverain organise la concurrence entre les citoyens.

Comme une situation sans puissance commune, marquée par la compétition, la méfiance et la guerre.

Explication

L’état de nature est une expérience de pensée caractérisée par l’absence de puissance commune, qui rend possibles la compétition, la méfiance et la guerre de tous contre tous. Il ne correspond donc pas à une société déjà dotée d’un souverain ou de règles communes.

16. Que signifie le dominium reconnu par Francisco de Vitoria aux sociétés non chrétiennes ?

La soumission de leurs institutions à une autorité religieuse étrangère chargée de les administrer.
La reconnaissance d’une supériorité politique fondée sur la victoire militaire de leurs adversaires.
Le droit pour les puissances chrétiennes de confisquer leurs biens après une conquête militaire.
La capacité de posséder leurs biens et de se gouverner malgré leur non-christianisme.

La capacité de posséder leurs biens et de se gouverner malgré leur non-christianisme.

Explication

Pour Vitoria, le dominium signifie que les sociétés non chrétiennes disposent d’une capacité légitime à posséder leurs biens et à se gouverner. La seule supériorité militaire d’un conquérant ne suffit pas à créer un droit sur elles.

17. Quels droits Locke considère-t-il comme antérieurs à la formation de l’État ?

Les droits exclusivement liés à la citoyenneté attribuée par une constitution politique.
Les droits définis par les lois positives adoptées après la création des institutions politiques.
Les droits à la vie, à la liberté et aux biens, qui appartiennent naturellement aux individus.
Les privilèges accordés par le souverain aux groupes participant à l’administration de l’État.

Les droits à la vie, à la liberté et aux biens, qui appartiennent naturellement aux individus.

Explication

Locke affirme que les individus possèdent avant l’État des droits naturels, notamment la vie, la liberté et les biens. Les droits établis par une loi positive dépendent au contraire de l’ordre politique.

18. Dans quelle situation Locke justifie-t-il la possibilité d’un droit de résistance ?

Lorsque les représentants remplacent une politique économique par une autre dans le cadre légal.
Lorsque les citoyens contestent une décision publique sans que leurs droits fondamentaux soient menacés.
Lorsque le gouvernement modifie l’organisation administrative pour répartir les compétences institutionnelles.
Lorsque le gouvernement détruit les droits qu’il devait protéger et rompt ainsi la confiance politique.

Lorsque le gouvernement détruit les droits qu’il devait protéger et rompt ainsi la confiance politique.

Explication

Pour Locke, le gouvernement reçoit sa légitimité de la protection des droits ; s’il les détruit, il rompt la confiance et rend possible la résistance. Une simple contestation d’une décision publique ne suffit pas à caractériser cette rupture.

19. Quel principe Montesquieu propose-t-il pour prévenir l’abus de pouvoir ?

Réunir les fonctions politiques autour d’une autorité centrale capable d’agir sans contrepoids.
Confier la surveillance du gouvernement à une autorité religieuse indépendante des institutions civiles.
Remplacer les institutions représentatives par une participation directe à chaque décision publique.
Organiser les institutions afin que le pouvoir puisse arrêter le pouvoir et éviter sa concentration.

Organiser les institutions afin que le pouvoir puisse arrêter le pouvoir et éviter sa concentration.

Explication

Montesquieu propose une organisation institutionnelle dans laquelle les pouvoirs se limitent mutuellement, afin d’empêcher leur concentration et leur abus. Cette logique de contrepoids ne consiste pas à réunir toutes les fonctions dans une autorité centrale.

20. Selon l’utilitarisme de Bentham, comment faut-il évaluer une règle ou une institution ?

En fonction de ses effets sur le bien-être humain
En fonction de son origine dans la volonté du souverain
En fonction de sa conformité à une tradition juridique
En fonction de la protection accordée à chaque droit individuel

En fonction de ses effets sur le bien-être humain

Explication

Bentham juge les règles et les institutions d’après leurs conséquences sur le bien-être humain. Cette approche peut entrer en tension avec la protection de droits individuels lorsqu’elle ne maximise pas le bien-être collectif.

21. Quelle solution Kant propose-t-il pour institutionnaliser la paix entre les États ?

Une alliance commerciale réunissant les régimes républicains
Une fédération d’États libres fondée sur le droit des peuples
Un État mondial doté d’un gouvernement central unique
Un équilibre militaire garanti par les grandes puissances

Une fédération d’États libres fondée sur le droit des peuples

Explication

Kant envisage une paix institutionnalisée par des constitutions républicaines, un droit des peuples et une fédération d’États libres. Il ne propose donc pas la création d’un État mondial unique.

22. Que désigne la lutte des classes chez Marx ?

La concurrence entre des institutions politiques aux fonctions différentes
L’opposition entre des positions sociales aux intérêts contradictoires
Le désaccord entre citoyens sur le choix des dirigeants publics
La rivalité entre nations pour contrôler les échanges commerciaux

L’opposition entre des positions sociales aux intérêts contradictoires

Explication

Chez Marx, la lutte des classes oppose des groupes sociaux définis par leur position dans les rapports de production, notamment la bourgeoisie et le prolétariat. Elle ne se limite pas à un conflit entre institutions politiques.

23. Dans quelle conception de Tocqueville la démocratie renvoie-t-elle à un état social ?

Dans la procédure électorale servant à choisir les gouvernants
Dans l’alternance régulière des partis au gouvernement
Dans la séparation juridique des pouvoirs constitués
Dans la progression de l’égalité des conditions entre les individus

Dans la progression de l’égalité des conditions entre les individus

Explication

Tocqueville décrit la démocratie comme un état social marqué par la progression de l’égalité des conditions. La démocratie électorale concerne plutôt le mécanisme de sélection des gouvernants.

24. Quelle différence distingue principalement l’approche du droit de celle de la science politique ?

Le droit analyse les normes, tandis que la science politique étudie leurs usages dans les rapports de pouvoir
Le droit étudie les stratégies, tandis que la science politique détermine la validité des règles
Le droit observe les électeurs, tandis que la science politique interprète la hiérarchie des normes
Le droit décrit les rapports de force, tandis que la science politique produit les textes juridiques

Le droit analyse les normes, tandis que la science politique étudie leurs usages dans les rapports de pouvoir

Explication

Le droit porte principalement sur la production, l’interprétation et la hiérarchie des normes, tandis que la science politique examine leur fonctionnement concret. Cette dernière s’intéresse notamment aux usages, aux stratégies et aux rapports de force qui entourent les règles.

25. Face à une cour constitutionnelle, quel objet relève principalement de l’analyse politiste ?

La formulation des textes examinés et leur place dans la hiérarchie des normes
La nomination des membres, leurs trajectoires et la réception des décisions
Les normes appliquées, la saisine et la portée juridique des décisions
Les compétences de la cour et la conformité procédurale de sa saisine

La nomination des membres, leurs trajectoires et la réception des décisions

Explication

Le politiste étudie les acteurs, leurs trajectoires, les stratégies de saisine et les usages effectifs des décisions de la cour. L’analyse des normes appliquées, des compétences et des procédures relève davantage du juriste.

26. Quelle condition complète l’existence de textes proclamant des libertés pour caractériser un État de droit ?

Un catalogue de droits, une police nationale et une procédure législative ordonnée
Des tribunaux indépendants, un accès effectif à la justice et des décisions exécutées
Des libertés publiques, une majorité parlementaire stable et une justice spécialisée
Une constitution détaillée, des élections régulières et une administration centralisée

Des tribunaux indépendants, un accès effectif à la justice et des décisions exécutées

Explication

L’État de droit exige que les libertés soient garanties par des tribunaux indépendants, un accès réel à la justice et l’exécution des décisions rendues. La simple proclamation de droits dans des textes ne suffit pas à assurer leur effectivité.

27. Comment Durkheim définit-il un fait social ?

Une manière d’agir, de penser ou de sentir extérieure aux individus et susceptible de les contraindre
Une croyance privée qui reste indépendante des habitudes et attentes du groupe
Une règle juridique adoptée par les institutions pour organiser les relations sociales
Une décision personnelle résultant d’un calcul conscient des avantages et des coûts

Une manière d’agir, de penser ou de sentir extérieure aux individus et susceptible de les contraindre

Explication

Pour Durkheim, le fait social est extérieur aux individus, les imprègne et peut exercer sur eux une contrainte. Il ne se réduit donc ni à une décision personnelle ni à une règle juridique formellement adoptée.

28. Quelle condition supplémentaire est indispensable à un véritable État de droit au-delà de l’existence de textes juridiques protecteurs ?

Un ensemble de libertés proclamées sans recours judiciaire
Des tribunaux indépendants et un accès effectif à la justice
Des institutions administratives contrôlées par le gouvernement
Une constitution détaillée sans mécanisme juridictionnel

Des tribunaux indépendants et un accès effectif à la justice

Explication

L’État de droit exige que les citoyens puissent saisir une justice indépendante et que les décisions rendues soient effectivement appliquées. La simple proclamation de libertés dans des textes ne garantit pas, à elle seule, cette protection concrète.

29. Dans quel cas peut-on considérer que l’État de droit est effectivement mis en œuvre ?

Lorsque le pouvoir politique adopte plusieurs textes sur les libertés publiques
Lorsque les citoyens connaissent les règles sans pouvoir saisir un juge
Lorsque les décisions des tribunaux indépendants sont accessibles et exécutées
Lorsque les institutions prévoient des contrôles dépourvus d’effet pratique

Lorsque les décisions des tribunaux indépendants sont accessibles et exécutées

Explication

L’application effective de l’État de droit suppose une justice indépendante, accessible et capable de faire respecter ses décisions. Des textes ou des contrôles formels peuvent exister sans produire cette garantie réelle.

30. Comment la socialisation politique influence-t-elle les attitudes des individus envers la politique ?

Elle détermine les opinions par la seule appartenance familiale
Elle produit les comportements électoraux sans lien avec les institutions
Elle transmet des préférences politiques indépendamment des interactions sociales
Elle façonne ces attitudes par les expériences et les milieux fréquentés

Elle façonne ces attitudes par les expériences et les milieux fréquentés

Explication

La socialisation politique structure les rapports à l’autorité, au vote et aux institutions sous l’influence de plusieurs milieux et expériences de vie. La famille joue un rôle, mais elle n’est qu’un facteur parmi d’autres, comme l’école, les médias ou la profession.

31. Quelle distinction caractérise la domination charismatique et la domination légale-rationnelle chez Max Weber ?

La première repose sur des coutumes, la seconde sur des qualités personnelles attribuées au dirigeant
La première s’appuie sur des lois écrites, la seconde sur l’adhésion émotionnelle des gouvernés
La première repose sur un individu jugé exceptionnel, la seconde sur des règles impersonnelles
La première dépend d’une administration organisée, la seconde de traditions transmises

La première repose sur un individu jugé exceptionnel, la seconde sur des règles impersonnelles

Explication

La domination charismatique tient aux qualités extraordinaires attribuées à une personne, tandis que la domination légale-rationnelle repose sur l’obéissance à des règles impersonnelles. Les coutumes définissent plutôt la domination traditionnelle.

32. Comment Max Weber définit-il l’État moderne ?

Comme l’organisation revendiquant le monopole de la violence physique légitime sur un territoire
Comme l’administration chargée de produire les règles économiques et sociales communes
Comme le groupe dirigeant qui obtient l’obéissance grâce à ses qualités personnelles
Comme l’institution garantissant la participation politique de tous les citoyens d’un pays

Comme l’organisation revendiquant le monopole de la violence physique légitime sur un territoire

Explication

Pour Weber, l’État moderne se définit par sa revendication réussie du monopole de la violence physique légitime sur un territoire donné. La participation citoyenne ou les qualités personnelles des dirigeants ne constituent pas le critère central de cette définition.

33. Quelle méthode correspond le mieux à l’approche béhavioraliste apparue après 1945 ?

Observer les comportements politiques à l’aide de sondages et d’analyses statistiques
Analyser les normes sociales sans recueillir de données sur les opinions individuelles
Interpréter les régimes politiques principalement à partir de leur évolution historique
Étudier les institutions en les séparant des pratiques observables des citoyens

Observer les comportements politiques à l’aide de sondages et d’analyses statistiques

Explication

Le béhavioralisme privilégie l’observation systématique des comportements individuels au moyen d’outils comme les sondages, les questionnaires et les analyses statistiques. Une approche centrée principalement sur les institutions ou l’histoire correspond à une autre orientation.

34. Pourquoi une décision initiale peut-elle rendre une réforme institutionnelle ultérieure plus difficile ?

Parce qu’elle supprime les conflits entre les groupes sociaux concernés
Parce qu’elle crée des habitudes, des institutions et des intérêts organisés
Parce qu’elle garantit que les institutions conserveront leur forme juridique d’origine
Parce qu’elle empêche les citoyens de modifier leurs préférences politiques

Parce qu’elle crée des habitudes, des institutions et des intérêts organisés

Explication

La dépendance au sentier décrit la manière dont une décision initiale produit des arrangements et des intérêts qui renforcent la continuité et compliquent le changement. Elle ne supprime pas les conflits et ne rend pas toute transformation impossible.

35. Quelle association entre une approche des relations internationales et son objet central est correcte ?

Le libéralisme explique les relations par la concurrence, tandis que le réalisme étudie les identités
Le réalisme met l’accent sur la puissance, tandis que le libéralisme insiste sur la coopération institutionnelle
Le constructivisme centre son analyse sur la puissance, tandis que le libéralisme privilégie les représentations
Le réalisme privilégie les normes, tandis que le constructivisme analyse surtout la sécurité militaire

Le réalisme met l’accent sur la puissance, tandis que le libéralisme insiste sur la coopération institutionnelle

Explication

Le réalisme analyse prioritairement la puissance, la sécurité et la concurrence entre États, alors que le libéralisme souligne le rôle des institutions et de la coopération. Les normes, les représentations et les identités caractérisent davantage l’approche constructiviste.

36. Quel événement marque la création par Émile Boutmy d’un établissement destiné à étudier systématiquement les institutions, les sociétés étrangères et les grands enjeux contemporains ?

La fondation de l’École libre des sciences politiques en 1872
La création de l’Association française de science politique en 1949
La réorganisation de l’Institut d’études politiques de Paris en 1945
La création de la Revue française de science politique en 1951

La fondation de l’École libre des sciences politiques en 1872

Explication

Émile Boutmy crée l’École libre des sciences politiques en 1872 afin de développer une connaissance systématique des institutions et des sociétés. La réorganisation de 1945 concerne une étape ultérieure, liée à l’Institut d’études politiques de Paris et à la Fondation nationale des sciences politiques.

37. Quelle réorganisation institutionnelle intervient en 1945 dans l’histoire de la science politique française ?

Une association professionnelle crée une revue consacrée aux recherches empiriques
Une école nouvelle est fondée pour étudier les sociétés étrangères
Une revue scientifique remplace l’établissement consacré à l’étude des institutions
L’ancienne École libre des sciences politiques est réorganisée autour de deux nouvelles institutions

L’ancienne École libre des sciences politiques est réorganisée autour de deux nouvelles institutions

Explication

En 1945, l’ancienne École libre des sciences politiques est réorganisée autour de l’Institut d’études politiques de Paris et de la Fondation nationale des sciences politiques. La création d’une revue correspond à 1951, tandis que l’association professionnelle est créée en 1949.

38. À quelle date l’Association française de science politique est-elle officiellement créée ?

Le 1er janvier 1951
Le 14 juillet 1872
Le 14 juillet 1945
Le 14 juillet 1949

Le 14 juillet 1949

Explication

L’Association française de science politique est officiellement créée le 14 juillet 1949 pour favoriser la recherche et les échanges dans la discipline. La date de 1945 renvoie à la réorganisation institutionnelle de l’ancienne École libre des sciences politiques.

39. Pourquoi les données numériques ne constituent-elles pas une photographie neutre du monde social ?

Parce que les administrations produisent des données dépourvues de choix politiques
Parce que les algorithmes empêchent toute interprétation des comportements observés
Parce que les données numériques décrivent directement toutes les pratiques sociales
Parce que des acteurs sélectionnent ce qui est enregistré, classé et mesuré

Parce que des acteurs sélectionnent ce qui est enregistré, classé et mesuré

Explication

Les plateformes, les administrations et les algorithmes contribuent à déterminer ce qui est enregistré, classé, mis en avant et mesuré. Les données résultent donc de choix et de dispositifs de sélection, plutôt que d’une reproduction immédiate et complète du monde social.

40. Quel problème classique de recherche en sciences sociales demeure malgré l’utilisation de données massives ?

La transformation des corrélations en explications établies
La représentativité des observations sélectionnées
La disparition des biais liés à la sélection des observations
La suppression des difficultés d’interprétation causale

La représentativité des observations sélectionnées

Explication

Les données massives ne suppriment pas les problèmes de représentativité, de sélection, de causalité et d’interprétation. Leur volume peut donner une impression de précision, mais il ne garantit pas que les observations représentent correctement la population étudiée.

41. Lorsqu’une intelligence artificielle oriente une décision administrative, quelle exigence démocratique faut-il respecter ?

Confier la décision à l’algorithme sans rechercher l’origine d’une erreur
Accepter la décision parce que le calcul automatisé paraît plus objectif
Pouvoir examiner les critères, contester la décision et identifier un responsable
Remplacer toute procédure de recours par une vérification technique interne

Pouvoir examiner les critères, contester la décision et identifier un responsable

Explication

L’usage d’une intelligence artificielle doit permettre d’interroger ses critères, de contester la décision et de déterminer le responsable d’une erreur. L’automatisation ne fait pas disparaître la responsabilité, contrairement à l’idée qu’une décision algorithmique n’aurait pas de responsable identifiable.

42. Comment J.L Kermon définit-il un régime politique ?

La succession des gouvernements résultant des élections nationales
La manière relativement stable dont le pouvoir est organisé et exercé dans un État
L’ensemble des interactions sociales qui dépassent les institutions de l’État
La forme juridique d’une constitution indépendamment de son application

La manière relativement stable dont le pouvoir est organisé et exercé dans un État

Explication

Pour J.L Kermon, le régime politique désigne la manière relativement stable dont le pouvoir est organisé et exercé dans un État. Cette définition se distingue de celle du système politique, qui élargit l’analyse aux interactions sociales.

43. Que montre l’exemple de la constitution de Staline sur la classification des régimes politiques ?

Les procès politiques empêchent toute constitution de définir des institutions
La nature d’un régime se déduit directement de ses principes constitutionnels
Une constitution proclamant des libertés garantit une pratique politique libérale
Un texte constitutionnel libéral peut coexister avec une pratique tyrannique

Un texte constitutionnel libéral peut coexister avec une pratique tyrannique

Explication

La constitution de Staline proclamait des libertés alors qu’elle avait été élaborée pendant les procès de Moscou, ce qui illustre l’écart possible entre le texte et la pratique du pouvoir. Une classification pertinente doit donc examiner le fonctionnement concret du régime, et pas seulement ses déclarations constitutionnelles.

44. Comment David Eaton définit-il un système politique ?

Une organisation administrative chargée d’appliquer les décisions prises par l’État
Un ensemble d’interactions qui produit des valeurs, des institutions et des pratiques du pouvoir
Une structure gouvernementale qui coordonne les services administratifs d’un territoire
Un ensemble de règles juridiques qui répartit les compétences entre les institutions publiques

Un ensemble d’interactions qui produit des valeurs, des institutions et des pratiques du pouvoir

Explication

Pour David Eaton, le système politique englobe les interactions qui produisent les valeurs du pouvoir, les institutions et son exercice. Le réduire à l’administration de l’État néglige les interactions politiques qui dépassent les institutions administratives.

45. Quel enchaînement décrit le fonctionnement d’un système politique appelé à se maintenir ?

Il impose des décisions, supprime les demandes et renforce les institutions
Il reçoit des demandes, les transforme en décisions et conserve des soutiens
Il délègue les demandes, suspend les décisions et évite les contestations
Il transmet les soutiens, limite les exigences et abandonne les décisions

Il reçoit des demandes, les transforme en décisions et conserve des soutiens

Explication

Un système politique reçoit des demandes et des exigences, les transforme en décisions, puis dépend du maintien de ses soutiens pour survivre. L’idée d’imposer les décisions en supprimant les demandes ne correspond pas à ce processus d’interaction.

46. Quelle distinction correspond à la classification des régimes proposée par Aristote ?

La polyteïa appartient aux régimes mixtes, tandis que la démocratie appartient aux régimes monarchiques
La polyteïa sert l’intérêt du peuple, tandis que la démocratie vise le bien commun
La polyteïa vise le bien commun, tandis que la démocratie sert l’intérêt du peuple lui-même
La polyteïa repose sur la crainte, tandis que la démocratie repose sur l’honneur

La polyteïa vise le bien commun, tandis que la démocratie sert l’intérêt du peuple lui-même

Explication

Aristote distingue notamment la polyteïa, orientée vers le bien commun, de la démocratie, qu’il entend péjorativement comme un gouvernement au service de l’intérêt du peuple lui-même. La démocratie n’est donc pas, dans cette classification, le régime défini par la recherche du bien commun.

47. Quels principes un régime mixte doit-il combiner selon Thomas d’Aquin ?

L’unité monarchique, la compétence des meilleurs et la participation de la communauté
La tradition dynastique, la richesse économique et l’obéissance administrative
L’autorité religieuse, la puissance militaire et la propriété des élites
La souveraineté populaire, la séparation des pouvoirs et l’élection des magistrats

L’unité monarchique, la compétence des meilleurs et la participation de la communauté

Explication

Thomas d’Aquin privilégie une combinaison de l’unité monarchique, de la compétence aristocratique des meilleurs et de la participation démocratique de la communauté humaine. Un régime fondé sur une seule forme de gouvernement ne correspond pas à cette conception mixte.

48. Quelle association entre régime et principe dirigeant correspond à la typologie de Montesquieu ?

République et richesse, monarchie et égalité, despotisme et participation
République et crainte, monarchie et force arbitraire, despotisme et honneur
République et vertu, monarchie et honneur, despotisme et crainte
République et honneur, monarchie et vertu, despotisme et consentement

République et vertu, monarchie et honneur, despotisme et crainte

Explication

Montesquieu associe la république à la vertu et à l’amour de la patrie, la monarchie à l’honneur, et le despotisme à la crainte et à la force arbitraire. L’honneur ne constitue donc pas le principe de la république dans cette typologie.

49. Comment Rousseau caractérise-t-il la république et l’organisation du gouvernement ?

Une république dépend d’un souverain élu, qui concentre la décision et l’application des lois
Tout État régi par des lois est une république, et le gouvernement peut revenir à plusieurs magistrats
Une république repose sur l’hérédité du pouvoir, et les magistrats forment une seule autorité
Une république exige un gouvernement direct exercé par l’ensemble des citoyens réunis

Tout État régi par des lois est une république, et le gouvernement peut revenir à plusieurs magistrats

Explication

Pour Rousseau, tout État gouverné par des lois est une république parce que le peuple y est souverain, tandis que le gouvernement peut être confié à un nombre variable de magistrats. La république ne se définit donc pas par une forme unique de gouvernement ou par la présence d’un souverain individuel.

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Que décrit la science politique ?

Les formes de pouvoir, institutions, gouvernants, citoyens, administrations et leurs rapports.

Quel rôle joue le droit par rapport au pouvoir ?

Il est un moyen d’exercice et d’encadrement du pouvoir.

Comment le régime politique influence-t-il le droit ?

Il façonne le contenu et l’organisation du droit.

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