Fiche de révision : Introduction au droit comparé et systèmes de common law

Plan du Cours

  1. Introduction au droit comparé
  2. Ordres juridiques common law
  3. Histoire du droit anglais
  4. Formation de la common law
  5. Rivalité avec l'equity
  6. Réformes du droit anglais
  7. Souveraineté parlementaire
  8. Justice constitutionnelle
  9. Ordre juridique aux USA
  10. Philosophie constitutionnelle américaine
  11. Méthodes d'interprétation
  12. Cour suprême et contrôle

1. Introduction au droit comparé

Notions clés & Définitions

Introduction au droit comparé
Étude des différences et similitudes entre divers systèmes juridiques, permettant de mieux comprendre la diversité des ordres juridiques et leurs méthodes d’interprétation (Nikolaos Karmis).

Ordres juridiques de tradition de la common law
Systèmes juridiques fondés sur une tradition jurisprudentielle, où la jurisprudence et les précédents jouent un rôle central dans la formation du droit, distincts des droits codifiés ou statutaires.

Méthodes d’interprétation
Approches utilisées par les juges pour donner du sens aux textes juridiques, notamment dans le contexte de l’interprétation constitutionnelle ou législative, en tenant compte du texte, du contexte, et des principes sous-jacents (voir section 11).

Points essentiels

  • L’histoire du droit anglais montre que la formation du droit s’est faite de manière autonome, sans rupture décisive, notamment après la conquête normande de 1066, qui a permis le développement d’un pouvoir judiciaire centralisé, à l’origine de la common law.
  • La common law s’est construite à partir des cours royales de Westminster, initialement limitées à certains types de litiges, puis étendues par la création de nouvelles formes d’action (writs), formant un droit commun à toute l’Angleterre.
  • La rivalité historique entre la common law et l’equity a conduit à une dualité jurisprudentielle, avec une justice formelle et une justice équitable, administrée séparément jusqu’à leur fusion progressive.
  • La modernisation du droit anglais, notamment par les Judicature Acts de 1873-1875, a permis la création d’un ordre juridictionnel unique, rationalisant la procédure et intégrant les anciennes hautes cours.
  • La tradition de la common law repose sur la stabilité des précédents, la continuité historique, et une conception du droit comme découvert par le juge, opposée aux théories positivistes.
  • La souveraineté du Parlement, dans le cadre de la constitution anglaise, est absolue, et ses lois (statutes) peuvent abroger ou modifier la common law.
  • La dualité entre le droit de nature et la loi de nature, selon Hobbes, illustre la distinction entre la liberté naturelle et les règles rationnelles découvertes par la raison pour préserver la vie.

À retenir

L’introduction au droit comparé met en lumière la spécificité des ordres juridiques de tradition de la common law, caractérisés par leur origine historique, leur méthode d’interprétation fondée sur la jurisprudence, et leur relation particulière avec la souveraineté parlementaire.

2. Ordres juridiques common law

Notions clés & Définitions

Common law
Nikolaos Karmis (université Grenoble-Alpes) : Droit commun développé par les Cours royales de justice en Angleterre, basé sur la jurisprudence et la doctrine des précédents, qui constitue un droit propre et homogène à l’échelle du royaume.

Formation de la common law
Nikolaos Karmis : Processus historique par lequel, après la conquête normande de 1066, un pouvoir judiciaire centralisé s’est constitué en Angleterre, à partir des Cours royales de Westminster, créant un droit commun à toute l’Angleterre, distinct des coutumes locales et féodales.

Rivalité avec l'equity
Nikolaos Karmis : Conflit historique entre la justice de droit commun (common law) et la justice d’équité (equity), où cette dernière, administrée par la Cour de Chancellerie, intervient pour pallier les insuffisances et formalismes du common law, en rendant une justice plus souple et adaptée aux cas particuliers.

Justice de droit commun
Nikolaos Karmis : Justice appliquée par les Cours royales de justice, fondée sur des règles générales, la jurisprudence et la doctrine des précédents, visant à fournir des solutions cohérentes et prévisibles aux litiges, sans recours systématique à l’équité.

Points essentiels

  • La common law s’est développée après la conquête normande de 1066, en conservant et en organisant les coutumes préexistantes, sous l’autorité centrale du roi.
  • La formation de la common law a été facilitée par la centralisation judiciaire, notamment via les Cours de Westminster, qui ont créé un droit commun à toute l’Angleterre, distinct des droits locaux ou féodaux.
  • La common law se concentre sur la recherche d’un remedy (remède) pour le litige, plutôt que sur la définition de droits subjectifs, qui en sont une conséquence procédurale.
  • La rivalité avec l’equity naît du fait que la common law, formaliste, ne pouvait répondre à certains besoins, ce qui a conduit à la création de la Cour de Chancellerie, appliquant une justice basée sur l’équité, plus souple et adaptée aux cas particuliers.
  • La séparation entre common law et equity a duré plusieurs siècles, obligeant les justiciables à saisir deux juridictions distinctes pour faire valoir leurs prétentions.
  • La modernisation du droit anglais, notamment avec les Judicature Acts de 1873-1875, a permis l’intégration des deux systèmes dans une justice unifiée, la Supreme Court of Judicature.
  • La common law repose sur la doctrine du précédent (stare decisis), assurant la continuité et la stabilité du droit, tout en étant un adversaire du positivisme juridique, en privilégiant la découverte du droit par le juge plutôt que la loi posée par le législateur.

À retenir

La common law, développée par les juges anglais à partir du Moyen Âge, constitue un droit basé sur la jurisprudence et la tradition, qui a su s’adapter aux besoins tout en maintenant une continuité historique, en opposition au positivisme juridique. La rivalité avec l’equity a permis de compléter cette justice formaliste par une justice plus souple et équitable.

3. Histoire du droit anglais

Notions clés & Définitions

Conquête normande de 1066 : Événement majeur qui marque l’arrivée de Guillaume le Conquérant en Angleterre, entraînant une réorganisation de l’État et la formation progressive d’un pouvoir judiciaire centralisé, à partir duquel se développe la common law.

Période anglo-saxonne : Avant 1066, période durant laquelle le droit est peu connu, principalement écrit en langue anglo-saxonne, et repose sur des lois locales et coutumières, notamment après la conversion au christianisme en 596.

Développement de la common law : Processus de formation d’un droit commun, unifié et jurisprudentiel, issu des cours royales de justice (Cour de Westminster) à partir de la période normande, qui s’est consolidé entre 1066 et 1485, en s’appuyant sur la jurisprudence et la doctrine du précédent (stare decisis).

Points essentiels

  • La conquête normande en 1066 est l’événement central qui permet à l’Angleterre de développer un droit original, distinct des droits européens continentaux, en conservant les coutumes préexistantes tout en centralisant la justice.
  • Avant 1066, le droit anglo-saxon est peu documenté, écrit en langue anglo-saxonne, et appliqué localement.
  • Guillaume le Conquérant maintient le droit anglo-saxon tout en établissant un pouvoir centralisé, notamment par la création des Cours royales de justice (Cour de Westminster), qui deviennent le berceau de la common law.
  • La common law se forme à partir des décisions des Cours royales, initialement limitées à trois types de litiges : finances royales, propriété foncière, affaires criminelles.
  • La procédure repose sur le système de writs, formes d’action permettant d’accéder à la justice royale, et sur la jurisprudence, qui privilégie la règle du précédent.
  • La rivalité avec l’equity naît du besoin de justice plus souple, administrée par la Cour de Chancellerie à partir de 1400, qui intervient lorsque la common law est insuffisante.
  • La modernisation du droit anglais commence en 1832 avec des réformes législatives majeures, notamment la création d’un ordre juridictionnel unique, la Supreme Court of Judicature, pour rationaliser la justice.

À retenir

L’histoire du droit anglais, marquée par la conquête normande, a permis l’émergence d’un droit commun unifié, fondé sur la jurisprudence et la tradition, qui a résisté aux ruptures et a façonné la constitution orale et évolutive de l’Angleterre.

4. Formation de la common law

Notions clés & Définitions

Formation de la common law
Processus historique par lequel un droit commun, uniforme et basé sur la jurisprudence des Cours royales, s’est développé en Angleterre à partir de la période normande, notamment par l’élaboration de solutions juridiques communes aux litiges.

Cour de Westminster
Cour royale créée par les Cours royales de justice, qui a joué un rôle central dans l’élaboration de la common law. Elle est à l’origine de la création de la commune ley, droit anglais commun à toute l’Angleterre, par ses décisions et ses jurisprudences.

Système de writs
Ensemble de formes d’action préétablies, sous forme de documents (writs), permettant d’engager la justice royale. Chaque writ correspondait à un type précis de litige, et leur création a permis d’étendre la compétence de la justice royale. La procédure en common law repose largement sur ces writs, qui déterminent la procédure à suivre.

Points essentiels

  • La formation de la common law s’inscrit dans une évolution historique sans rupture majeure, depuis la période anglo-saxonne jusqu’à la période normande, notamment après la conquête de 1066.
  • Guillaume le Conquérant maintient le droit anglo-saxon tout en centralisant le pouvoir judiciaire, ce qui favorise le développement d’un droit commun.
  • La commune ley, droit commun anglais, est élaborée par les Cours royales de Westminster, initialement pour trois types de litiges : finances royales, propriété foncière, affaires criminelles.
  • La justice royale se distingue de la justice féodale locale, avec une extension progressive de la compétence des Cours royales, notamment par la création de différents writs pour traiter divers litiges.
  • La procédure en common law est fortement liée aux formes d’action (writs). La délivrance d’un writ précis permet d’accéder à la justice royale, et chaque type de litige dispose d’un writ spécifique.
  • La common law se concentre sur la recherche de remedies, solutions concrètes aux litiges, plutôt que sur une théorie des droits subjectifs.
  • La jurisprudence des Cours royales, par la règle du précédent (stare decisis), a permis d’unifier et de stabiliser le droit en Angleterre.
  • La rivalité avec l’equity, créée par le tribunal de la Chancellerie, a permis de pallier les insuffisances de la common law, notamment par l’application de doctrines « équitables ».
  • La modernisation du système judiciaire, notamment par les Judicature Acts (1873-1875), a rationalisé la procédure et intégré les anciennes hautes cours dans un système unique.

À retenir

La formation de la common law résulte d’un processus historique d’élaboration jurisprudentielle par les Cours royales, utilisant un système de writs pour étendre la justice royale, ce qui a permis d’unifier et de stabiliser le droit anglais autour d’un droit commun basé sur la jurisprudence et la règle du précédent.

5. Rivalité avec l'equity

Notions clés & Définitions

  • Cour de Chancellerie (Court of Chancery) : Tribunal spécial créé à partir de 1400, où le chancelier rendait la justice en se fondant sur l'« équité du cas particulier ». Elle a été instituée pour répondre aux insuffisances du common law, notamment en matière de justice plus nuancée et flexible.
  • Justice d’équité : Justice rendue selon des principes « équitables » qui complétaient ou corrigeaient le common law, en permettant des solutions plus souples et adaptées aux cas spécifiques. Elle était administrée par le chancelier, considéré comme appliquant la loi divine ou la conscience du cas particulier.
  • Rivalité avec l’equity (1485-1832) : Conflit historique entre deux juridictions distinctes : le common law, basé sur la jurisprudence et la procédure formelle, et l’equity, fondée sur la justice naturelle et l’équité. La séparation engendrait des difficultés pour le justiciable, qui devait souvent saisir deux tribunaux différents pour faire valoir ses droits.

Points essentiels

  • La common law se concentre sur la détermination du droit positif et des solutions procédurales, tandis que l’equity, administrée par la Cour de Chancellerie, se fonde sur la justice naturelle et les principes d’équité.
  • La justice d’équité est née de la nécessité de pallier les rigidités du common law, notamment en matière de real property (biens immobiliers).
  • La séparation entre common law et equity a créé des difficultés procédurales, obligeant le justiciable à engager deux actions distinctes selon la nature de sa prétention.
  • La Cour de Chancellerie pouvait rendre des décisions « équitables » qui complétaient ou modifiaient celles du common law, souvent en matière d’injonctions ou de mesures réparatrices.
  • La modernisation à partir de 1832 a permis une fusion progressive des deux juridictions, rationalisant le système judiciaire britannique.

À retenir

La rivalité entre common law et equity a été une réponse aux limites du droit formel, permettant d’assurer une justice plus flexible, mais elle a aussi engendré des complexités procédurales qui ont été progressivement résolues par la législation.

6. Réformes du droit anglais

Notions clés & Définitions

Réformes du droit anglais
Processus de modernisation et de rationalisation du système judiciaire anglais, notamment par l’adoption de lois et la création d’institutions visant à unifier et simplifier la justice.

Judicature Acts de 1873-1875
Législation qui a intégré les anciennes hautes cours de common law (King's Bench, Common Pleas) dans un système unique, créant la Supreme Court of Judicature. Ces lois ont permis la fusion des juridictions de common law et d’equity, rationalisant ainsi le système judiciaire.

Modernisation du système judiciaire
Processus entamé à partir de 1832, comprenant la suppression du régime des writs, la réforme des règles de plaidoirie (Common Law Procedure Act de 1853), et l’établissement d’un ordre juridictionnel unifié avec la création de la Supreme Court of Judicature. Elle a aussi impliqué la rationalisation des procédures et la simplification des recours.

Création de la Supreme Court of Judicature
Institution instaurée par les Judicature Acts (1873-1875), regroupant les anciennes hautes cours et instituant un système à deux degrés (Court of Appeal et High Court). Elle a permis la centralisation et la simplification de la justice, évitant aux justiciables de choisir entre différentes juridictions.

Points essentiels

  • La période de 1832 marque le début de la modernisation avec la suppression du régime des writs, la réforme des règles de plaidoirie, et la rationalisation des procédures.
  • Les Judicature Acts de 1873-1875 ont constitué le point d’orgue de cette modernisation, en intégrant les hautes cours de common law dans une structure unifiée, la Supreme Court of Judicature.
  • La création de cette cour a permis de rationaliser la justice en supprimant la nécessité pour les justiciables de choisir leurs actions selon leur nature, en instaurant un ordre juridictionnel unique.
  • La Supreme Court of Judicature comprenait plusieurs divisions, notamment le Court of Appeal et le High Court of Justice, avec une organisation en plusieurs divisions selon les types de contentieux.
  • La réforme a également permis aux juges royaux d’étendre la compétence des Cours de common law en créant de nouvelles formes d’action (writs), et en permettant la révision des jugements des juridictions seigneuriales.
  • La justice royale a évolué d’une justice d’exception vers une justice générale, avec une uniformisation du droit commun à toute l’Angleterre, le common law.
  • La législation de 1873 a rationalisé la justice, en supprimant notamment le régime des writs, et en facilitant la procédure par la codification et la simplification des règles.

À retenir

Les réformes du XIXe siècle, culminant avec les Judicature Acts, ont permis la création d’un système judiciaire unifié et modernisé, favorisant la sécurité juridique et la simplification des recours, tout en intégrant la common law et l’equity dans une seule institution.

7. Souveraineté parlementaire

Notions clés & Définitions

Souveraineté du Parlement : Principe selon lequel aucune règle de droit ne peut être opposée à un Act ou à un Statute du Parlement anglais si celui-ci a été adopté dans des formes valides. Elle s’impose notamment aux tribunaux, qui peuvent abroger les règles du Common law par un Statute (Nikolaos Karmis). La souveraineté est absolue dans la mesure où le Parlement peut modifier, abroger ou créer des lois sans restriction formelle.

Pouvoir législatif du Parlement : Capacité du Parlement à adopter, modifier ou abroger des lois, en particulier par l’adoption de Statutes. Ce pouvoir est considéré comme suprême et sans limite, puisqu’il peut modifier la Common law et les autres règles juridiques (Nikolaos Karmis).

Loi du Parlement : Act ou Statute adopté par le Parlement dans des formes valides, qui a la priorité sur la Common law. Elle peut abroger, modifier ou compléter le droit antérieur, notamment la Common law, et s’impose aux tribunaux (Nikolaos Karmis).

Relation entre législation et common law : La législation (Loi du Parlement) prime sur la Common law, qui est considérée comme un droit commun découvert par le juge. La souveraineté du Parlement permet d’abroger ou de modifier la Common law par des Statutes, affirmant ainsi la supériorité de la législation (Nikolaos Karmis). La Common law, quant à elle, se fonde sur la tradition jurisprudentielle et coutumière, mais reste subordonnée à la législation du Parlement.

Points essentiels

  • La souveraineté du Parlement est absolue, ce qui signifie qu’aucune règle de droit ne peut s’opposer à un Act ou un Statute adopté dans des formes valides.
  • Le Parlement peut modifier ou abroger la Common law par des Statutes, qui ont une autorité supérieure.
  • La relation entre législation et common law est hiérarchique : la loi du Parlement prévaut, et la Common law est une construction jurisprudentielle qui peut être modifiée par la législation.
  • La législation est considérée comme la source ultime du droit, capable de transformer ou de supprimer la Common law.

À retenir

La souveraineté parlementaire établit la primauté absolue du Parlement dans la création et la modification des règles de droit, faisant du Statute law la source suprême, capable d’abroger la Common law.

8. Justice constitutionnelle

Notions clés & Définitions

Contrôle de constitutionnalité : Vérification par une juridiction, notamment la Cour suprême, de la conformité d'une loi ou d'un acte à la Constitution. Selon la source, cette fonction peut être exercée dans le cadre de la révision judiciaire ou de la justice constitutionnelle (Nikolaos Karmis).

Révision judiciaire : Processus par lequel une juridiction, généralement la Cour suprême, examine la constitutionnalité d'une loi ou d'un acte législatif ou administratif. La révision judiciaire permet d'assurer la conformité des normes à la Constitution (Nikolaos Karmis).

Cour suprême : Organisation judiciaire suprême chargée notamment du contrôle de constitutionnalité, de la révision judiciaire et de la justice constitutionnelle. Elle joue un rôle central dans la protection de la Constitution et dans l'organisation du contrôle de la conformité des lois (Nikolaos Karmis).

Justice constitutionnelle : Ensemble des mécanismes et institutions, notamment la Cour suprême, chargés d'assurer la conformité des lois et actes à la Constitution, notamment par le contrôle de constitutionnalité et la révision judiciaire (Nikolaos Karmis).

Points essentiels

  • La justice constitutionnelle inclut le contrôle de constitutionnalité exercé par la Cour suprême.
  • La révision judiciaire est une procédure permettant à la Cour suprême d'examiner la conformité des lois à la Constitution.
  • La Cour suprême occupe une position centrale dans l'organisation de la justice constitutionnelle, en particulier dans la protection des principes constitutionnels.
  • La distinction entre contrôle de constitutionnalité et révision judiciaire peut varier selon les systèmes, mais tous visent à garantir la primauté de la Constitution.
  • La fonction de justice constitutionnelle est essentielle pour assurer la cohérence et la hiérarchie des normes juridiques.

À retenir

La justice constitutionnelle, exercée principalement par la Cour suprême, garantit la conformité des lois à la Constitution à travers le contrôle de constitutionnalité et la révision judiciaire, assurant ainsi la primauté de la Constitution dans l'ordre juridique.

9. Ordre juridique aux USA

Notions clés & Définitions

Ordre juridique aux USA
Système juridique fondé sur une Constitution adoptée en 1787, intégrant des considérations philosophiques, une tradition de la common law, des méthodes d’interprétation spécifiques, une Cour suprême exerçant la judicial review, et la garantie du due process (procès équitable). La Constitution américaine constitue la base de l’organisation et du fonctionnement de l’État, ainsi que la référence pour la protection des droits fondamentaux.

Tradition de la common law
Présente aux États-Unis, cette tradition juridique repose sur la jurisprudence, la doctrine du précédent (stare decisis), et une conception du droit comme solution aux litiges plutôt que comme un corpus de droits subjectifs. Elle s’est intégrée dans le système américain tout en étant soumise à la souveraineté du Parlement (ou du Congress) par le biais des statutes.

Constitution américaine
Acte fondamental de 1787, elle établit l’organisation des pouvoirs, garantit les droits fondamentaux, et prévoit des méthodes d’interprétation. Elle constitue la norme suprême à laquelle toutes les autres règles juridiques doivent se conformer. La Cour suprême exerce la judicial review pour contrôler la conformité des lois et des actes aux principes constitutionnels.

Système judiciaire américain
Organisation judiciaire comprenant notamment la Cour suprême, qui détient le pouvoir de révision judiciaire (judicial review). Elle interprète la Constitution, veille à la conformité des lois et des actes administratifs, et garantit le respect du due process. La jurisprudence joue un rôle central dans la formation du droit américain, en complément des lois adoptées par le législateur.

Points essentiels

  • La Constitution de 1787 est au cœur de l’ordre juridique américain, intégrant des considérations philosophiques et garantissant la séparation des pouvoirs.
  • La tradition de la common law, bien que présente, est soumise à la souveraineté du Parlement (Congress), qui peut légiférer par statutes.
  • La Cour suprême exerce la judicial review, permettant de contrôler la conformité des lois et des actes à la Constitution.
  • Le due process garantit un procès équitable et la protection des droits fondamentaux.
  • Les méthodes d’interprétation de la Constitution incluent diverses approches, permettant à la Cour de s’adapter aux évolutions sociales et politiques.
  • La jurisprudence, notamment celle de la Cour suprême, contribue à l’évolution et à l’unification du droit américain.

À retenir

L’ordre juridique aux USA repose sur une Constitution fondamentale, une tradition de la common law adaptée, et une Cour suprême dotée du pouvoir de contrôle, garantissant la primauté du droit constitutionnel dans l’organisation et le fonctionnement de l’État.

10. Philosophie constitutionnelle américaine

Notions clés & Définitions

Philosophie constitutionnelle américaine
Nikolaos Karmis (université Grenoble-Alpes) : Considérations philosophiques autour de la Constitution de 1787, intégrant la tradition de la common law, la méthode d’interprétation, la Cour suprême et la judicial review, ainsi que le due process.

Principes fondamentaux de la Constitution
Ce sont les bases essentielles qui structurent l’organisation politique et juridique des États-Unis, notamment la séparation des pouvoirs, la souveraineté du Parlement (ou du King in Parliament), et la primauté de la Constitution comme norme suprême.

Droits et libertés
Droits subjectifs, souvent issus de la coutume ou reconnus par la Constitution ou des Statutes, opposables à l’autorité politique. Ils traduisent l’opposition entre le pouvoir de l’État et les sujets, et sont protégés par la justice constitutionnelle.

Équilibre des pouvoirs
Principe selon lequel les différents pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) doivent se contrôler mutuellement pour éviter la concentration ou l’abus de pouvoir, notamment par la judicial review exercée par la Cour suprême.

Points essentiels

  • La philosophie de la Constitution de 1787 s’inscrit dans une tradition de la common law, où la justice et la législation sont liées à la pratique judiciaire et à la coutume, tout en étant soumises à une méthode d’interprétation spécifique.
  • La Cour suprême joue un rôle central dans le contrôle de constitutionnalité (judicial review), permettant de vérifier la conformité des lois avec la Constitution.
  • La doctrine du due process garantit que toute procédure légale respecte des principes fondamentaux, protégeant ainsi les droits individuels contre l’arbitraire de l’État.
  • La souveraineté du Parlement (ou du King in Parliament) est absolue, mais la Constitution limite cette souveraineté par la reconnaissance de droits fondamentaux et de la primauté de la norme constitutionnelle.
  • La tradition de la common law influence la conception des droits, qui sont souvent considérés comme des droits subjectifs opposables à l’autorité politique, tout en étant protégés par la justice constitutionnelle.
  • La méthode d’interprétation de la Constitution repose sur une lecture qui privilégie la continuité historique, la raison et l’esprit public, tout en intégrant la pratique jurisprudentielle.

À retenir

La philosophie constitutionnelle américaine repose sur une tradition de la common law, où la séparation des pouvoirs, la protection des droits et la judicial review assurent un équilibre visant à limiter l’abus de pouvoir et à garantir la primauté de la Constitution.

11. Méthodes d'interprétation

Notions clés & Définitions

Interprétation constitutionnelle
Nikolaos Karmis (université Grenoble-Alpes) : Approche visant à comprendre et appliquer la Constitution en tenant compte de ses principes fondamentaux, de son contexte historique et de ses valeurs, pour assurer la conformité des textes juridiques avec l’esprit de la Constitution.

Textes juridiques
Nikolaos Karmis (université Grenoble-Alpes) : Ensemble des normes écrites, telles que lois, règlements, constitutions, qui constituent la source principale du droit et servent de référence pour l’interprétation.

Approches herméneutiques
Nikolaos Karmis (université Grenoble-Alpes) : Méthodes d’interprétation visant à déchiffrer le sens des textes juridiques en tenant compte de leur contexte, de leur histoire, et de leur finalité, afin de restituer leur signification véritable.

Points essentiels

  • La méthode d’interprétation doit prendre en compte l’histoire du droit, notamment dans le contexte de l’ordre juridique anglais, où la tradition du précédent et la continuité historique jouent un rôle central.
  • L’interprétation constitutionnelle implique une lecture du texte en lien avec ses principes fondamentaux, ses valeurs et son contexte historique, pour assurer la conformité avec l’esprit de la Constitution.
  • Les textes juridiques, en tant que sources écrites, nécessitent une lecture attentive pour en dégager le sens précis, en tenant compte des termes, du contexte et des intentions.
  • Les approches herméneutiques insistent sur la nécessité de comprendre le texte dans son contexte global, en utilisant des méthodes telles que l’analyse historique, la logique interne, et la finalité du texte.
  • La règle de la « common law » privilégie la solution issue du précédent, ce qui influence la méthode d’interprétation en favorisant la cohérence et la stabilité du droit.

À retenir

Les méthodes d’interprétation, notamment dans le cadre de l’interprétation constitutionnelle et herméneutique, visent à donner un sens cohérent et fidèle aux textes juridiques en tenant compte de leur contexte historique, de leurs principes fondamentaux et de leur finalité.

12. Cour suprême et contrôle

Notions clés & Définitions

Contrôle de constitutionnalité : Processus par lequel une juridiction, notamment la Cour suprême, vérifie si une norme législative ou une acte administratif est conforme à la Constitution (Nikolaos Karmis).

Judicial review : Vérification par la Cour suprême ou une juridiction équivalente de la conformité d'une norme ou d'une décision à la Constitution ou à une norme supérieure, permettant d'annuler ou de modifier les actes non conformes (Nikolaos Karmis).

Organisation de la Cour suprême : Structure et fonctionnement de la Cour suprême, comprenant ses compétences, ses membres, ses procédures et ses relations avec d’autres institutions, notamment dans le cadre du contrôle de constitutionnalité (Nikolaos Karmis).

Cour suprême : La plus haute juridiction d’un ordre juridique, chargée notamment de la dernière instance en matière de contrôle de constitutionnalité et de judicial review, jouant un rôle central dans la hiérarchie des normes et la protection des droits constitutionnels (Nikolaos Karmis).

Points essentiels

  • La Cour suprême détient un rôle crucial dans le contrôle de constitutionnalité, notamment par le biais du judicial review, en vérifiant la conformité des lois et actes à la Constitution.
  • La structure et le fonctionnement de la Cour suprême ont été façonnés par l’histoire et la tradition juridique, notamment par la centralisation du pouvoir judiciaire dans cette institution.
  • La légitimité de la Cour suprême repose sur son organisation, ses compétences et sa capacité à assurer la primauté de la Constitution dans l’ordre juridique.
  • La relation entre la Cour suprême et le pouvoir législatif ou exécutif est essentielle pour maintenir l’équilibre des pouvoirs et garantir la conformité des normes.

À retenir

La Cour suprême joue un rôle essentiel dans la protection de la Constitution par le biais du contrôle de constitutionnalité et du judicial review, en assurant la hiérarchie des normes et la conformité des lois à la norme fondamentale.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1066Conquête normande de Guillaume le Conquérant
1400Création de la Cour de Chancellerie (équité)
1832Réformes législatives majeures, création de la Supreme Court of Judicature

Tableaux de Synthèse

CritèreCommon LawEquityAuteur / Source
OrigineCours royales de Westminster, après 1066Cour de Chancellerie, à partir de 1400Nikolaos Karmis
FondementJurisprudence, précédent (stare decisis)Justice basée sur l’équité, souplesseNikolaos Karmis
MéthodeRecherche de remède, application de règles généralesJustice discrétionnaire, équitableNikolaos Karmis
SéparationJuridictions distinctes jusqu’en 1873-75Juridictions séparées jusqu’en 1873-75Nikolaos Karmis
FusionLoi des Judicature Acts (1873-1875)Loi des Judicature Acts (1873-1875)Nikolaos Karmis
Caractéristique principaleFormalisme, stabilité, jurisprudenceFlexibilité, justice naturelleNikolaos Karmis

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la common law (jurisprudence, précédent) avec la loi écrite ou codifiée.
  2. Croire que la common law est uniquement basée sur la législation, alors qu’elle repose principalement sur la jurisprudence.
  3. Confondre la justice de droit commun et la justice d’équité, en pensant qu’elles sont identiques.
  4. Oublier que la dualité entre common law et equity a été officiellement fusionnée par la loi des Judicature Acts.
  5. Confondre la centralisation judiciaire de la période normande avec une absence de coutumes locales.
  6. Penser que la common law est figée ; elle évolue par la jurisprudence et la doctrine.
  7. Confondre la souveraineté parlementaire avec une limitation de la législation, alors qu’elle est absolue dans le cadre de la constitution anglaise.

Checklist Examen

  1. Connaître la définition de Nikolaos Karmis sur la common law et ses caractéristiques fondamentales.
  2. Expliquer la formation historique de la common law après la conquête normande de 1066.
  3. Identifier les différences principales entre la common law et l’equity, en précisant leur origine et leur rôle.
  4. Décrire la rivalité historique entre la common law et l’equity, ainsi que leur fusion par la loi des Judicature Acts.
  5. Connaître les événements clés de l’histoire du droit anglais, notamment la conquête normande et la création de la Cour de Chancellerie.
  6. Comprendre le rôle des Cours royales de Westminster dans le développement de la common law.
  7. Maîtriser le concept de stare decisis et son importance dans la stabilité du droit anglais.
  8. Identifier les principales réformes législatives du XIXe siècle, notamment la création de la Supreme Court of Judicature.
  9. Connaître la distinction entre le droit de la common law et la justice d’équité.
  10. Savoir que la souveraineté parlementaire est absolue dans le cadre de la constitution anglaise.
  11. Comprendre la méthode d’interprétation du droit, notamment dans le contexte de la common law.
  12. Connaître la philosophie de la justice constitutionnelle américaine et ses différences avec le système anglais.

Teste tes connaissances

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1. Quand a eu lieu la conquête normande qui a marqué un tournant dans la développement du droit anglais ?

2. En quoi la nature de la common law diffère-t-elle fondamentalement d’un système juridique basé uniquement sur des lois écrites et codifiées ?

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Introduction au droit comparé — définition ?

Étude des différences et similitudes entre systèmes juridiques.

Ordres juridiques de common law — rôle ?

Basés sur la jurisprudence et les précédents.

Histoire du droit anglais — événement clé ?

La conquête normande de 1066.

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