📋 Plan du Cours
- Constitution et État de droit
- Organisation des pouvoirs publics
- Justice et décentralisation
- Histoire et révisions constitutionnelles
- Président de la République
- Gouvernement et responsabilité politique
- Parlement et Congrès
- Assemblée nationale et Sénat
- Loi et contrôle parlementaire
- Conseil constitutionnel
- Conseil d’État
- Conseil économique, social et environnemental
📖 1. Constitution et État de droit
🔑 Notions clés & Définitions
- Constitution : La Constitution est un ensemble de textes qui définit les institutions de l’État et organise leurs relations.
- État de droit : Un État de droit est un régime où le pouvoir est encadré par des règles juridiques, avec une Constitution supérieure aux autres normes.
- Hiérarchie des normes : La hiérarchie des normes place la Constitution au sommet, de sorte que lois, traités et règlements ne peuvent pas la contredire.
- Protection contre l’arbitraire : La Constitution protège les citoyens en garantissant des droits fondamentaux et en limitant les décisions possibles du pouvoir exécutif.
- Bloc de constitutionnalité : Le bloc de constitutionnalité regroupe les textes de valeur constitutionnelle identifiés par le Conseil constitutionnel pour contrôler d’autres normes.
📝 Points essentiels
- Dans un État de droit, la Constitution s’impose à toutes les autres normes juridiques, ce qui interdit aux lois ou règlements de contenir des dispositions contraires à la Constitution.
- La Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen associe l’existence d’une constitution à la garantie des droits et à la séparation des pouvoirs.
- La Constitution garantit des droits comme l’égalité devant la loi, la source du pouvoir politique via le suffrage universel et la possibilité de faire respecter ses droits devant un tribunal indépendant.
- La séparation des pouvoirs organisée par la Constitution vise un équilibre en permettant aux pouvoirs de se contrôler mutuellement.
- Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité des autres textes à la Constitution.
- Pour la Ve République, le bloc de constitutionnalité inclut la Constitution du 4 octobre 1958, son Préambule, et les textes auxquels il renvoie dont la DDHC de 1789 et la Charte de l’environnement de 2004.
💡 Astuce mémo
Constitution = sommet : le Conseil constitutionnel vérifie que tout le reste lui obéit.
📖 2. Organisation des pouvoirs publics
🔑 Notions clés & Définitions
- Séparation des pouvoirs : La séparation des pouvoirs consiste à répartir les fonctions de l’État entre législatif, exécutif et judiciaire afin de favoriser l’équilibre et le contrôle mutuel.
- Pouvoir législatif : Le pouvoir législatif rédige et adopte les lois, et assure aussi le contrôle de l’action de l’exécutif.
- Pouvoir exécutif : Le pouvoir exécutif met en œuvre les lois, conduit la politique nationale et peut édicter des règlements pris sous forme de décrets ou d’arrêtés.
- État unitaire : L’État unitaire repose sur une souveraineté exercée au niveau national, avec en parallèle des organisations possibles localement en déconcentration et décentralisation.
- Décentralisation territoriale : La décentralisation territoriale transfère des compétences administratives de l’État vers des collectivités locales distinctes, qui s’administrent par des conseils élus.
📝 Points essentiels
- La Constitution répartit les pouvoirs publics en législatif, exécutif et judiciaire afin de permettre un équilibre entre organes, avec des mécanismes de contrôle réciproque.
- Le pouvoir législatif adopte les lois et contrôle l’exécutif, tandis que l’exécutif met en œuvre les lois et conduit la politique nationale.
- L’exécutif dispose de l’administration et de la force armée et peut édicter des règlements, généralement par décrets ou arrêtés.
- La décentralisation est un transfert de compétences administratives de l’État vers des entités locales distinctes, prévues par la Constitution.
- Les collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire limité, exercé dans le cadre de la loi et sous contrôle de l’État.
- Aucune tutelle d’une collectivité sur une autre n’est admise et les actes des collectivités font l’objet d’un contrôle de légalité a posteriori par le juge administratif, saisi par le préfet.
💡 Astuce mémo
Législatif = écrit et contrôle ; Exécutif = agit et règle ; Justice = fait respecter et sanctionne.
📖 3. Justice et décentralisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Autorité judiciaire : L’autorité judiciaire est l’ensemble des juridictions chargées de trancher les litiges, avec une indépendance garantie notamment par le rôle du Président de la République.
- Juridictions administratives : Les juridictions administratives règlent les litiges entre les citoyens et les pouvoirs publics et comprennent tribunaux administratifs et cours administratives d’appel.
- Cour de cassation : La Cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, chargée d’examiner les recours en droit contre les arrêts des cours d’appel.
- Conseil d’État : Le Conseil d’État est l’instance suprême de l’ordre administratif pour juger en dernier recours la légalité des actes administratifs.
📝 Points essentiels
- La France distingue juridictions judiciaires pour les litiges entre personnes et juridictions administratives pour les litiges entre citoyens et pouvoirs publics.
- Les magistrats du siège rendent des décisions en disant le droit, tandis que les magistrats du parquet requièrent l’application de la loi, surtout en matière pénale.
- Les magistrats du siège bénéficient de l’inamovibilité, ce qui interdit toute affectation nouvelle sans leur consentement même en cas d’avancement.
- Le contrôle de légalité des actes des collectivités est un contrôle a posteriori portant uniquement sur la légalité, exercé par le juge administratif saisi par le préfet.
- Le référendum local permet, à l’initiative de la collectivité, de soumettre des projets d’acte relevant de sa compétence à la décision des électeurs de cette collectivité.
- Le Défenseur des droits est une autorité administrative indépendante instituée par la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, nommée pour 6 ans après audition parlementaire et saisissable gratuitement par simple lettre.
📖 4. Histoire et révisions constitutionnelles
🔑 Notions clés & Définitions
- Parlementarisme rationalisé : Ensemble des mécanismes de la Constitution de 1958 qui réduisent les moyens du Parlement pour stabiliser la durée du Gouvernement.
- Régime semi-présidentiel : Organisation de la Vème République où le Président exerce des pouvoirs importants et où la majorité présidentielle structure souvent le fonctionnement gouvernemental.
- Cohabitation : Configuration institutionnelle de la Vème République où Président et Premier ministre appartiennent à des camps politiques opposés, ce qui inverse la logique de légitimité.
- Quinquennat : Mandat présidentiel de 5 ans institué pour réduire les risques de cohabitation et aligner la durée du Président sur celle des députés.
- Procédure de révision constitutionnelle : Ensemble des règles qui encadrent la modification de la Constitution, avec vote identique des deux chambres puis, selon l’initiative, validation par référendum ou par Congrès.
📝 Points essentiels
- La Constitution de la Vème République est promulguée le 4 octobre 1958, après un référendum adopté le 28 septembre par 79% des suffrages exprimés.
- Le 21 décembre 1958, l’élection du Président de la République se fait par un collège électoral d’environ 80 000 personnes avant l’instauration du suffrage universel direct.
- Le 2 octobre 2000, la révision introduit le quinquennat (mandat présidentiel de 5 ans) pour aligner la durée du Président sur celle des députés.
- En 1962, le référendum valide l’élection du Président au suffrage universel à 62%, et les législatives de novembre donnent une majorité absolue aux gaullistes.
- Pour réviser la Constitution, le texte doit être voté en termes identiques par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis être approuvé selon l’initiative (référendum pour certaines propositions ou voie du Congrès à la majorité des 3/5e quand elle est possible).
- La révision de 2008 encadre l’usage de l’article 49.3 en limitant, hors projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale, l’engagement de la responsabilité à un seul texte par session parlementaire.
💡 Astuce mémo
Repère la chaîne 1958-1962-2000-2008 : origine (promulgation), suffrage présidentiel (1962), quinquennat (2000), encadrement 49.3 (2008).
📖 5. Président de la République
🔑 Notions clés & Définitions
- Clé de voûte du régime : Positionnement constitutionnel du Président comme figure centrale assurant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’État.
- Majorité présidentielle : Situation apparue avec le semi-présidentialisme où la majorité à l’Assemblée nationale correspond généralement au camp du Président, renforçant son rôle politique effectif.
- Saisine du Conseil constitutionnel : Prérogative permettant au Président de demander au Conseil constitutionnel de vérifier la conformité d’une loi ou d’un traité à la Constitution.
📝 Points essentiels
- L’élection présidentielle requiert des signatures d’au moins 500 élus provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, avec un maximum d’un dixième par territoire.
- La campagne présidentielle est financée par un dispositif public, avec dons de personnes morales interdits et dons des particuliers limités à 4600 euros par personne.
- Le Président est élu au premier tour à la majorité absolue des suffrages exprimés, sinon un second tour (ballottage) oppose les deux meilleurs candidats.
- Le mandat présidentiel est limité à deux mandats consécutifs, même si l’un ou les deux prennent fin de manière anticipée.
- Le Président nomme le Premier ministre et peut adresser messages aux assemblées ; il peut aussi dissoudre l’Assemblée nationale sauf dans l’année suivant une précédente dissolution, pendant l’application de l’article 16 et pendant un intérim.
- Le Président nomme 3 des 9 membres du Conseil constitutionnel dont son président (art. 56), mais un refus des commissions compétentes est possible par un vote des 3/5e des suffrages exprimés.
💡 Astuce mémo
500-30-4600 : 500 parrainages, au moins 30 territoires, et 4600 € max de don par personne.
📖 6. Gouvernement et responsabilité politique
🔑 Notions clés & Définitions
- Responsabilité du Premier ministre : La responsabilité politique du Premier ministre dépend du contexte, et pendant la cohabitation il n’est plus responsable devant le Président.
- Motion de censure : La motion de censure est un mécanisme permettant à l’Assemblée nationale de renverser un Gouvernement.
- Majorité absolue : La majorité absolue est le seuil nécessaire à l’Assemblée nationale pour disposer d’une majorité stable, fixée à 289 députés au minimum dans la source.
📝 Points essentiels
- En cas de désaveu du Président aux élections législatives, s’il ne démissionne pas, il doit nommer un Premier ministre issu de la majorité parlementaire opposée à sa majorité électorale.
- Pendant la cohabitation, le Président perd sa fonction de chef de l’exécutif et la responsabilité politique du Premier ministre n’est plus engagée devant le Président mais devant l’Assemblée nationale.
- Le quinquennat (mandat présidentiel de 5 ans) diminue les risques de cohabitation en alignant la durée du mandat présidentiel sur celle des députés, sans l’exclure en cas de démission, décès ou dissolution de l’Assemblée nationale.
- Depuis les législatives de juillet 2024, aucun groupe n’atteint 289 députés, ce qui affaiblit le Gouvernement car il peut être renversé à tout moment, avec notamment une censure contre Barnier en décembre 2024 puis contre Bayrou en septembre 2025.
💡 Astuce mémo
Cohabitation = Président “côté public”, Assemblée “côté volant” : le Premier ministre dépend d’elle.
📖 7. Parlement et Congrès
🔑 Notions clés & Définitions
- Congrès : Réunion du Parlement (députés et sénateurs) en un lieu unique à Versailles pour permettre au Président de prendre la parole depuis 2008.
- Dissolution de l’Assemblée nationale : Acte par lequel le Président met fin au mandat de l’Assemblée nationale, entraînant de nouvelles élections législatives dans un calendrier encadré.
- Message au Parlement : Communication du Président à l’Assemblée nationale ou au Sénat, lue par le président de chaque assemblée.
- Élections législatives anticipées : Élections organisées après une dissolution, avec un délai compris entre 20 et 40 jours.
📝 Points essentiels
- Depuis 2008, le Président peut prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
- Le Président peut dissoudre l’Assemblée nationale, mais la dissolution est impossible dans l’année suivant une première dissolution.
- La dissolution est aussi interdite quand l’article 16 est appliqué et pendant les périodes d’intérim de la présidence.
- Après une dissolution, les élections législatives doivent être organisées dans un délai de 20 à 40 jours.
- La dissolution de 2024 (9 juin 2024) a été suivie d’élections des 30 juin et 7 juillet 2024 sans majorité absolue à l’Assemblée nationale.
💡 Astuce mémo
Congrès = Versailles (députés + sénateurs) depuis 2008 ; dissolution = pas d’année+pas d’article 16+pas d’intérim, puis 20-40 jours d’élections.
📖 8. Assemblée nationale et Sénat
🔑 Notions clés & Définitions
- Assemblée nationale : Chambre du Parlement composée de députés élus directement par les citoyens, siégeant au Palais Bourbon.
- Sénat : Chambre du Parlement composée de sénateurs élus au suffrage indirect, siégeant au Palais du Luxembourg.
- Mandat national du député : Mandat exercé par le député pour représenter la Nation entière, même s’il est élu dans une circonscription.
- Suffrage universel indirect : Mode de désignation des sénateurs reposant sur un collège de grands électeurs plutôt que sur un vote des citoyens.
📝 Points essentiels
- L’Assemblée nationale compte 577 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct, tandis que le Sénat compte 348 sénateurs élus pour 6 ans au suffrage universel indirect.
- Le Sénat se renouvelle par moitié tous les 3 ans, alors que l’Assemblée nationale est renouvelée en totalité sauf dissolution.
- Pour être député : être Français, avoir 18 ans, jouir de ses droits civils et politiques, et être éligible, sans incompatibilité avec des fonctions exécutives locales.
- Pour être sénateur : être Français, avoir 24 ans, jouir de ses droits civils et politiques, et être éligible, avec les mêmes exclusions liées à l’incapacité par la loi.
- L’Assemblée nationale a plus de pouvoirs que le Sénat : elle seule peut mettre en cause la responsabilité du Gouvernement et elle seule peut être dissoute, et elle dispose du dernier mot en cas de désaccord sauf pour les lois constitutionnelles et les lois organiques relatives au Sénat.
- Au second tour, seuls restent en lice les candidats ayant au moins 12,5% des inscrits, ce qui peut conduire à une triangulaire ou à une quadrangulaire.
💡 Astuce mémo
AN = 577 députés / 5 ans ; Sénat = 348 sénateurs / 6 ans, renouvellement par moitié tous les 3 ans ; dernier mot à l’AN en cas de désaccord (sauf lois constitutionnelles et organiques Sénat).
📖 9. Loi et contrôle parlementaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Question de confiance : Mécanisme par lequel le Premier ministre engage la responsabilité de son programme devant l’Assemblée nationale afin d’obtenir l’accord de celle-ci.
- Article 49-1 : Dispositif constitutionnel encadrant l’engagement de responsabilité du Premier ministre sur son programme devant l’Assemblée nationale.
- Article 49 alinéa 3 : Mécanisme constitutionnel permettant au Gouvernement d’adopter un texte sans vote, sous réserve d’une censure adoptée.
- Responsabilité politique : Principe selon lequel la responsabilité du Gouvernement ne peut être mise en cause que devant l’Assemblée nationale.
📝 Points essentiels
- La question de confiance oblige le Premier ministre à obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés à l’Assemblée nationale.
- Une motion de censure ne peut être adoptée qu’à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale, ce qui la rend difficile à faire passer.
- En application de l’article 49 alinéa 3, le texte est adopté sans vote sauf si une motion de censure est votée à la majorité absolue des membres de l’Assemblée.
- La responsabilité politique du Gouvernement existe uniquement à l’égard de l’Assemblée nationale, qui est aussi seule susceptible d’être dissoute.
💡 Astuce mémo
Confiance et censure : même exigence de majorité absolue, mais pas le même “compteur” (suffrages exprimés pour la confiance, membres composant l’Assemblée pour la censure).
📖 10. Conseil constitutionnel
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrôle de constitutionnalité : Institution chargée de vérifier la conformité des lois (et certains actes) à la Constitution.
- Question prioritaire de constitutionnalité : Mécanisme permettant, après renvoi, de faire contrôler a posteriori une disposition législative à l’occasion d’un procès.
- Saisine a priori : Contrôle effectué avant promulgation, déclenché par des autorités prévues pour certaines catégories de textes.
- Saisine automatique : Saisine déclenchée sans initiative extérieure, notamment pour certaines lois organiques et propositions de lois référendaires.
📝 Points essentiels
- Le Conseil constitutionnel est composé de 9 membres, nommés à parts égales par le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale.
- Les membres du Conseil sont nommés pour 9 ans et l’institution est renouvelée par tiers tous les 3 ans, ce qui assure sa continuité.
- La saisine est automatique pour les lois organiques et pour les propositions de lois référendaires avant leur soumission.
- Pour les lois ordinaires et les traités internationaux, le contrôle est facultatif et peut être lancé a priori par le président de la République, le Premier ministre, 60 députés ou 60 sénateurs.
- La QPC permet un contrôle a posteriori lorsqu’un citoyen, via sa procédure, obtient un renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation au Conseil constitutionnel.
- Le Conseil constitutionnel veille aussi à la régularité de l’élection du président de la République, examine les réclamations et proclame les résultats, avec notamment la collecte des parrainages.
💡 Astuce mémo
9/9/3 : 9 membres, mandat de 9 ans, renouvellement par tiers tous les 3 ans.
📖 11. Conseil d’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Juge administratif suprême : Fonction du Conseil d’État consistant à trancher des litiges mettant en cause une administration, après les tribunaux administratifs et cours administratives d’appel.
- Recours en excès de pouvoir : Recours permettant à un administré de demander l’annulation d’un acte administratif (décret, arrêté, décision, nomination) au nom de la légalité.
- Recours de plein contentieux : Recours devant le Conseil d’État visant, en plus de la légalité, la réparation d’un dommage causé par un acte ou un agissement de l’administration.
- Juge des référés : Mission du Conseil d’État qui permet d’ordonner des mesures d’urgence pour protéger les droits des administrés dans un délai court.
- Consultation des projets de textes : Rôle du Conseil d’État qui examine des projets avant délibération en Conseil des ministres ou avant publication quand il n’y a pas délibération, pour éclairer leur contenu.
📝 Points essentiels
- Un administré conteste d’abord devant le Tribunal administratif, puis saisit la Cour administrative d’appel, et le Conseil d’État intervient le plus souvent comme juge de cassation.
- Le Conseil d’État vérifie la légalité de l’acte contesté et peut l’annuler ou le modifier, et il peut engager la responsabilité de l’administration en cas de dommage.
- Le dommage retenu en plein contentieux peut résulter d’une faute (erreurs, retards, carences) et une indemnisation peut aussi être possible sans faute.
- En référé, le Conseil d’État peut prendre des mesures d’urgence dans un délai variant de 48 heures à un mois.
- La consultation est obligatoire pour les projets de loi et d’ordonnances, ainsi que pour certains décrets, et facultative à la demande du gouvernement pour tout projet de texte.
💡 Astuce mémo
Juge + conseil : « Légalité d’abord, urgence ensuite » (excès de pouvoir / plein contentieux / référés), puis « avis avant publication ».
📖 12. Conseil économique, social et environnemental
🔑 Notions clés & Définitions
- CESE : Le Conseil économique, social et environnemental est la troisième assemblée de la République, chargée d’éclairer les politiques économiques, sociales et environnementales sans pouvoir de décision.
- Mandat de 5 ans : Le CESE est formé de membres nommés pour un mandat de 5 ans.
- Sept commissions : Le CESE travaille au sein de sept commissions thématiques qui préparent avis et études.
- Consultation du public : Le CESE peut organiser une consultation du public, avec possibilité de tirage au sort pour déterminer les participants.
📝 Points essentiels
- Le CESE compte 175 membres nommés pour 5 ans : 52 représentants des salariés, 52 représentants des entreprises, 45 pour la cohésion sociale et territoriale et la vie associative, et 26 pour la protection de la nature et de l’environnement.
- Le CESE a sept commissions : affaires européennes et internationales, affaires sociales et santé, économie et finances, éducation-culture-communication, environnement, territoires-agriculture-alimentation, travail-emploi.
- L’assemblée plénière du CESE se réunit deux fois par mois et les avis ou études sont publiés au Journal officiel.
- Le CESE n’a pas de pouvoir de décision, mais il peut être consulté par le Gouvernement et le Parlement, ou s’auto-saisir, et depuis 2008 être saisi par pétition.
- À son initiative ou à la demande du Premier ministre, du président de l’Assemblée nationale ou du président du Sénat, le CESE peut consulter le public et recourir à un tirage au sort pour choisir des participants.
💡 Astuce mémo
175 membres : 52 salariés + 52 entreprises + 45 cohésion + 26 environnement.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 28 septembre | Référendum : adoption du projet de Constitution (79 % des suffrages exprimés) |
| 4 octobre 1958 | Promulgation de la Constitution de la Ve République |
| 21 décembre 1958 | Élection du Président au collège électoral (80 000 personnes) |
📊 Tableaux de synthèse
Siège vs parquet (ordre judiciaire)
| Catégorie | Rôle | Matières |
|---|
| Magistrats du siège | Dire le droit (décisions) | Litiges jugés par les juridictions, dont affaires civiles et pénales selon la juridiction |
| Magistrats du parquet | Réquérir l’application de la loi | Essentiellement les affaires pénales |
Contrôle des normes : a priori vs a posteriori
| Mécanisme | Moment | Initiative |
|---|
| Saisine a priori | Avant promulgation | Président, Premier ministre, 60 députés ou 60 sénateurs pour lois ordinaires et traités (contrôle facultatif) |
| QPC | A posteriori | Renvoi via le Conseil d’État ou la Cour de cassation, à l’occasion d’un procès |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre la hiérarchie des normes (Constitution supérieure) avec le rôle de contrôle : c’est le Conseil constitutionnel qui vérifie la conformité, pas le Parlement.
- Croire que toutes les juridictions administratives jugent comme le juge judiciaire : en réalité, elles tranchent les litiges entre citoyens et pouvoirs publics, et le Conseil d’État peut être juge de dernier recours.
- Mélanger magistrats du siège et du parquet : l’un rend les décisions (dire le droit, inamovibilité), l’autre requiert l’application de la loi (surtout en pénal).
- Penser que la décentralisation implique l’indépendance des collectivités : la libre administration ne supprime pas le contrôle de légalité de l’État (juge administratif saisi par le préfet).
- Oublier que la dissolution n’est possible que sous conditions strictes : pas dans l’année suivant une première dissolution, pas quand l’article 16 s’applique, pas pendant l’intérim.
- Assimiler question de confiance et censure sur le même seuil : elles exigent toutes deux la majorité absolue, mais la confiance porte sur des suffrages exprimés alors que la censure vise la majorité des membres composant l’Assemblée.
✅ Checklist Examen
- Définir une Constitution et expliquer son rang dans la hiérarchie des normes (Constitution au sommet) et le rôle du Conseil constitutionnel.
- Caractériser l’État de droit : protection contre l’arbitraire, droits fondamentaux, et séparation des pouvoirs.
- Décrire la répartition des pouvoirs publics entre législatif, exécutif et judiciaire, et rappeler qui édicte des règlements (décrets/arrêtés).
- Expliquer ce qu’est la décentralisation territoriale : transfert de compétences, conseils élus, pouvoir réglementaire limité, contrôle de légalité a posteriori.
- Distinguer juridictions judiciaires et juridictions administratives, et préciser la place du Conseil d’État (dernier recours en légalité).
- Expliquer la différence de rôle entre magistrats du siège et du parquet, y compris l’inamovibilité.
- Citer le bloc de constitutionnalité pour la Ve République (Constitution du 4 octobre 1958, Préambule, textes auxquels il renvoie).
- Reproduire la chronologie des révisions majeures : référendum de 1962, quinquennat (2 octobre 2000), encadrement de l’article 49.3 (révision de 2008).
- Expliquer les conditions d’élection du Président (500 signatures/30 départements ou collectivités d’outre-mer) et rappeler le mandat limité à deux consécutifs.
- Distinguer pouvoirs propres vs pouvoirs partagés du Président (contreseing), et rappeler les restrictions relatives à la dissolution et à l’article 16.
- Présenter les mécanismes de contrôle parlementaire du Gouvernement : question de confiance (49-1), censure, et 49 alinéa 3 (adoption sans vote sauf censure).
- Expliquer la structure du Conseil constitutionnel (9 membres, nomination à parts égales) et distinguer contrôle a priori, saisine automatique, et QPC ; puis décrire les recours devant le Conseil d’État (excès de pouvoir, plein contentieux, référés).
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