Fiche de révision : Relations internationales

Plan du Cours

  1. Relations internationales et droit international
  2. Histoire des relations interétatiques
  3. ONU et système onusien
  4. Puissance et réalisme
  5. Libéralisme et paix démocratique
  6. Constructivisme et approches critiques
  7. Guerre et armes de destruction massive
  8. Les nouvelles guerres
  9. Théories de la paix
  10. Opérations de paix et reconnaissance
  11. Lawfare et droit des conflits
  12. Conflit russo-ukrainien

1. Relations internationales et droit international

Notions clés & Définitions

  • International : Terme créé par Jeremy Bentham en 1789 pour distinguer le droit applicable dans la sphère externe, au-delà du droit interne.
  • Nation : Groupe d’individus partageant une origine commune, puis notion centrale de la souveraineté dans la modernité politique et sociale.
  • Système international : Ensemble d’acteurs dont les interactions sont suffisamment régulières pour que l’action de chacun dépende de celle des autres.
  • Droit international public : Corps de règles qui encadre la conduite des relations internationales et devient obligatoire quand il est produit par des voies reconnues de formation et de mise en œuvre.
  • Reconnaissance d’État : Acte par lequel un État admet qu’une entité déterminée réunit les éléments nécessaires pour posséder la personnalité juridique dans l’ordre international.

Points essentiels

  • En 1789, Jeremy Bentham forge le terme international pour établir la distinction entre le droit en interne et le droit en externe, lié à la notion de jurisprudence internationale.
  • Les relations internationales se distinguent des relations internes notamment par l’absence d’autorité supérieure aux États, ce qui mène à une logique d’anarchie théorique entre États égaux.
  • Le droit international public se fonde sur des règles considérées comme obligatoires une fois produites par les procédures admises de formation et de mise en œuvre.
  • En 1923, la CPJI affirme qu’un État n’est tenu par une obligation que s’il a consenti à la règle, et l’idée est reprise dans l’affaire du Lotus en 1927.
  • La compétence de sa compétence signifie que l’État détermine lui-même son champ d’action et définit aussi la compétence des autres acteurs de l’ordre international.

Astuce mémo

Anarchie sans “État mondial” → chaque État agit comme s’il était égal, donc le droit international dépend du consentement.

2. Histoire des relations interétatiques

Notions clés & Définitions

  • Société interétatique : Ensemble des relations entre États qui se développent avec l’émergence de l’État moderne et l’apparition d’un cadre durable de coexistence.
  • État moderne : Forme politique consolidée à partir du 16è siècle puis stabilisée au 17è, où le pouvoir se structure en dehors de la féodalité et du religieux.
  • Occupation des territoires sans maîtres : Doctrine du 18è siècle permettant d’affirmer une appropriation sur un territoire supposé ne relever de personne, utilisée historiquement dans des conquêtes coloniales.
  • Traité sur l’Antarctique : Accord de 1959 régissant le statut de l’Antarctique en empêchant toute appropriation et en réservant le territoire à la paix et aux activités scientifiques.
  • Théorie du doux commerce : Théorie du 18è siècle selon laquelle le commerce rend la guerre moins probable entre nations liées par des intérêts communs.

Points essentiels

  • Les relations interétatiques deviennent un cadre durable avec l’État moderne, dont la figure se consolide au 17è siècle par les traités de Westphalie signés en 1648.
  • Au 19è siècle, des organisations internationales techniques sont créées pour coordonner des intérêts pragmatiques, comme la Commission centrale pour la navigation du Rhin (1815).
  • Le Traité sur l’Antarctique est adopté en 1959 et entre en vigueur en 1961, imposant l’absence d’appropriation du continent.
  • Après la Première guerre mondiale, la Société des Nations est instaurée par le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 et elle entre en fonction le 10 janvier 1920.
  • Après la Seconde guerre mondiale, l’ONU est créée par la charte de San Francisco adoptée le 26 juin 1945 et en vigueur le 24 octobre, avec 51 États membres à l’origine.
  • Le système d’organisations s’élargit ensuite fortement : on compte environ 300 organisations internationales au XXIè siècle, et la France est membre de 190 organisations internationales et de 215 forums internationaux.

Astuce mémo

Paix + commerce → moins de guerre : doux commerce.

3. ONU et système onusien

Notions clés & Définitions

  • Organisation des Nations unies : Organisation internationale universelle composée d’États, créée pour organiser la paix et coopérer sur des enjeux mondiaux.
  • Système onusien : Ensemble des organes, programmes et institutions liés à l’ONU qui mettent en œuvre ses missions à différents niveaux.
  • Charte de San Francisco : Traité fondateur qui établit l’ONU, fixe ses organes et encadre leurs compétences.
  • Cour internationale de Justice : Juridiction principale de l’ONU chargée de régler des différends entre États et de rendre des avis consultatifs.
  • Conseil de sécurité : Organe de l’ONU chargé de la sécurité internationale, pouvant adopter des résolutions contraignantes.

Points essentiels

  • L’ONU est créée par la charte de San Francisco adoptée le 26 juin 1945 et entrée en vigueur le 24 octobre 1945 avec 51 États, puis 193 États membres.
  • Le Conseil de sécurité compte 15 membres dont 5 permanents (Chine, États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie) et 10 non permanents élus pour 2 ans par l’Assemblée générale.
  • Une résolution du Conseil de sécurité peut être bloquée par le droit de veto quand un membre l’exerce, empêchant l’adoption de la décision.
  • La résolution 377 (5) « Union pour le maintien de la paix » permet à l’Assemblée générale de traiter la question quand le Conseil de sécurité est paralysé par le veto, pouvant aller jusqu’à recommander des mesures armées.
  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est en poste depuis 2017 pour un mandat de 5 ans, et l’élection du prochain a été lancée le 25 novembre 2025 avec demande de candidatures féminines.

Astuce mémo

SDN→ONU : après 1945, on garde la logique de sécurité collective, mais avec un Conseil de sécurité doté du veto et une CIJ à La Haye.

4. Puissance et réalisme

Notions clés & Définitions

  • Puissance relationnelle : La puissance relationnelle décrit la capacité d’un acteur à faire triompher sa volonté dans une relation, même face à des résistances.
  • Puissance capacitaire : La puissance capacitaire traite la puissance comme un stock de capacités détenues par l’acteur, qui n’exige pas que l’effet sur l’autre soit déjà observé.
  • Puissance potentielle : La puissance potentielle correspond aux ressources pouvant servir à constituer une force (comme la richesse et la population) sans garantir encore l’armement réel.
  • Puissance réelle : La puissance réelle correspond à la puissance militaire concrétisée, dépendant de la transformation des ressources en capacités effectives.
  • Réaliste offensif : Le réalisme offensif soutient que les États cherchent une puissance militaire suffisante pour créer un écart maximal, afin de rendre l’adversaire difficile à compenser.

Points essentiels

  • Raymond Aron distingue le pouvoir pour la sphère interne et la puissance pour la sphère externe, tandis qu’en anglais power désigne tout.
  • Le réalisme part d’un système international anarchique où aucune autorité supérieure ne garantit la sécurité, ce qui pousse au self-help.
  • Pour évaluer la puissance militaire réelle, on regarde le nombre de soldats, la qualité des soldats, le nombre d’armes, la qualité des armes, et la qualité de l’organisation et de la préparation.
  • John Mearsheimer distingue puissance potentielle et puissance réelle et vise l’optimisation d’un écart de puissance le plus large possible entre États.
  • Selon Mearsheimer, une hégémonie majeure est difficile à atteindre dans un système instable, donc les États se tournent vers une hégémonie régionale.
  • Le réalisme défensif de Kenneth Waltz, aussi appelé réalisme structuraliste, part de l’anarchie et explique la politique égoïste de recherche de puissance par la logique sécuritaire.

Astuce mémo

Offensif = écart max; Défensif = sécurité sous anarchie. (Écart vs Anarchie)

5. Libéralisme et paix démocratique

Notions clés & Définitions

  • Paix démocratique : La paix démocratique est l’idée que les démocraties se font nettement moins la guerre entre elles que d’autres types de régimes.
  • Effet dyadique : L’effet dyadique décrit un pacifisme sélectif, où les démocraties évitent surtout de combattre d’autres démocraties et combattent plutôt les régimes non démocratiques.
  • Effet monadique : L’effet monadique affirme que les démocraties sont globalement plus pacifiques, quel que soit le type de régime adverse.
  • Constitution républicaine : La constitution républicaine, dans la perspective de Kant, suppose une constitution civile républicaine avec une représentation et une séparation des pouvoirs.
  • Explication normative culturelle : L’explication normative et culturelle relie la paix à la diffusion internationale de normes issues d’un régime démocratique libéral.

Points essentiels

  • Le fait empirique central est la quasi-absence de guerres entre démocraties observée dans l’analyse libérale de la période moderne.
  • La variante dyadique (pacifisme sélectif) dit que les démocraties se défendent de se combattre entre elles mais peuvent combattre des non-démocraties.
  • La variante monadique dit que la paix vient de la démocratie elle-même, indépendamment du régime adverse.
  • La lecture dominante aujourd’hui conclut que l’effet de régime est faible sur la guerre globale, tandis que l’évitement entre démocraties (dyadique) est déterminant.
  • Pour Kant, une constitution républicaine freine la guerre car les citoyens, qui supportent le coût (destruction, prélèvements, pertes), hésitent à lancer une guerre décidée au sommet.

6. Constructivisme et approches critiques

Notions clés & Définitions

  • Constructivisme : Le constructivisme est une approche qui explique la réalité des relations internationales par des significations construites socialement par les acteurs.
  • Approches critiques : Les approches critiques regroupent des démarches qui interrogent la fabrication sociale des cadres explicatifs, notamment via la connaissance.
  • Alexander Wendt : Alexander Wendt est un auteur associé au constructivisme, dont l’idée centrale relie l’action des acteurs au sens que les objets ont pour eux.
  • Nicholas Onuf : Nicholas Onuf est un auteur associé au constructivisme, identifié dans le texte avec Alexander Wendt pour éclairer cette perspective.

Points essentiels

  • Le constructivisme est d’abord lié aux approches critiques avant de devenir une approche plus largement dominante.
  • Le constructivisme part de la construction sociale de la réalité, contrairement à d’autres approches critiques qui mettent l’accent sur la construction sociale de la connaissance.
  • Dans le constructivisme, les éléments matériels n’ont pas de significations naturelles : ce sont les acteurs qui leur donnent un sens.

Astuce mémo

Wendt : sans sens (que les acteurs donnent aux objets), pas d’action.

7. Guerre et armes de destruction massive

8. Les nouvelles guerres

Notions clés & Définitions

  • Nouvelles guerres : Approche distinguant des conflits marqués par des acteurs multiples, des objectifs identitaires, et une violence visant surtout les populations civiles plutôt que le seul territoire.
  • Mary Kaldor : Chercheuse associée à la théorie des nouvelles guerres, formulée dans un ouvrage publié en 1999.
  • Barbarisation : Caractéristique des nouvelles guerres où la violence contre les civils devient plus fréquente, renversant le ratio habituel entre victimes civiles et combattants.
  • Guerre urbaine : Modalité des nouvelles guerres où l’enjeu devient le contrôle de la population dans les centres urbains, via intimidation et peur.

Points essentiels

  • La théorie des nouvelles guerres est associée à Mary Kaldor et formulée en 1999 avec l’idée qu’il existe une différence avec les anciennes guerres.
  • Les nouvelles guerres impliquent des acteurs multiples, souvent privés, et brouillent la frontière entre civils et militaires.
  • Les objectifs affichés deviennent identitaires après les années 1990, contrairement aux anciennes guerres motivées par des configurations idéologiques ou géopolitiques.
  • Les méthodes reposent moins sur des combats conventionnels avec lignes de front et davantage sur le contrôle de la population, notamment en centres urbains, pour provoquer peur et intimidation.
  • Le financement passe d’une économie centralisée à une économie décentralisée, avec commerce illicite, pillages et demandes de rançon.
  • La barbarisation inverse l’ordre des victimes: dans les nouvelles guerres on peut avoir environ 1 combattant tué pour 9 civils.

Astuce mémo

KALDOR 5D: Acteurs multiples, Objectifs identitaires, Contrôle de la population (urbain), Financement décentralisé illicite, Barbarisation (civils).

9. Théories de la paix

Notions clés & Définitions

  • Construction sociale de la menace : Perspective selon laquelle la dangerosité d’un objet dépend du sens que les acteurs lui attribuent dans leurs interactions.
  • Signal interprétation réponse : Séquence proposée pour expliquer comment un acteur lit des indices, construit une signification puis ajuste sa conduite face aux autres.
  • Théorie critique : Approche qui considère que le savoir est politique et vise une transformation normative des pratiques pour l’émancipation.
  • Post-modernisme : Approche qui affirme que le savoir et les discours sont situés et liés aux rapports de pouvoir, produisant surtout une déconstruction des théories.
  • Intersectionnalité féministe : Courant qui analyse l’articulation du genre avec d’autres rapports d’oppression afin de comprendre la société à partir de plusieurs positions sociales.

Points essentiels

  • La signification d’un élément est contextuelle : un même objet peut être perçu comme menace ou non selon les interactions et les attentes construites.
  • Le processus décrit suit un enchaînement signal puis interprétation puis réponse, avec une mise à jour progressive de l’évaluation via des signes accumulés.
  • Pour ces approches, l’anarchie n’est pas une cause matérielle unique : ce sont les représentations des États qui rendent l’anarchie dangereuse, créant un cercle de perception réciproque.
  • La théorie critique défend un projet progressiste et normatif d’émancipation, en traitant la connaissance comme un acte de politique intellectuelle.
  • Le post-modernisme soutient qu’il n’existe que des interprétations situées et que tout discours porte du pouvoir, ce qui oriente vers des recherches déconstructives.
  • Le féminisme intersectionnel (Crenshaw, 1989) impose de combiner genre et autres hiérarchies pour analyser l’interaction entre divisions sociales et leurs effets cumulatifs.

Astuce mémo

SIR : Signal → Interprétation → Réponse (la menace se construit en contexte).

10. Opérations de paix et reconnaissance

Notions clés & Définitions

  • Opérations de maintien de la paix : Dispositifs onusiens développés sur le terrain pour gérer des conflits et encadrer le passage de la guerre à une paix durable, avec des mandats variables selon les périodes.
  • Diplomatie préventive : Volet d’opération mené au titre du chapitre 6 de la charte pour empêcher l’escalade avant l’ouverture du conflit, notamment via médiation et démilitarisation.
  • Consolidation de la paix : Volet post-conflit visant à rendre la paix durable par des actions d’aide et d’appui, par exemple l’organisation d’élections.
  • Reconnaissance juridique : Reconnaissance centrée sur l’acquisition du statut d’État en droit international public, étape où l’égalité juridique sert de point de départ au processus global.
  • Déni de reconnaissance : Situation où un acteur a la conscience de ne pas être reconnu selon sa propre compréhension de lui-même, avec des effets symboliques et matériels.

Points essentiels

  • Les opérations de maintien de la paix ne sont pas prévues explicitement dans la charte de l’ONU et ont été construites progressivement sur le terrain, notamment au chapitre 6 puis avec des mesures relevant du chapitre 7.
  • Au titre du chapitre 6, les mandats incluent la diplomatie préventive, le rétablissement de la paix, et l’interposition pour observer le cessez-le-feu avec des dispositifs de surveillance.
  • Au titre du chapitre 7, l’ONU peut recourir à des mesures coercitives comme les embargos et sanctions économiques, et l’usage de la force armée est lié au conseil de sécurité.
  • L’article 42 prévoit que le conseil de sécurité peut utiliser la force armée si le maintien de la paix n’est pas respecté.
  • Les 5 types d’OMP classés dans l’Agenda pour la paix de 1992 structurent les mandats de la prévention à la consolidation, et les casques bleus ne sont pas une armée pouvant recourir à la force armée.

Astuce mémo

Chapitre 6 = prévention et arrêt du conflit ; Chapitre 7 = sanctions et force (art. 42).

11. Lawfare et droit des conflits

Notions clés & Définitions

  • Lawfare : Le lawfare désigne l’usage du droit comme levier stratégique pour servir un objectif (militaire, politique ou juridique) contre un adversaire.
  • Guerre hybride : La guerre hybride regroupe l’idée d’une combinaison d’actions, et fait débat sur la façon de qualifier précisément ces pratiques, notamment par l’image d’une « auberge espagnole stratégique ».
  • Charles Dunlap : Charles Dunlap est l’auteur associé à la définition du lawfare, formulée notamment à la suite des attentats du 11 septembre 2001.
  • Grille de l’OTAN (3 I) : La grille de l’OTAN évalue le lawfare à partir de critères liés à l’intention, à l’usage de normes devant une juridiction et à l’impact mesurable.
  • Legops : Legops est le terme utilisé par l’OTAN pour remplacer le mot lawfare, jugé trop péjoratif, en gardant une logique d’évaluation comparable.

Points essentiels

  • Le lawfare apparaît comme idée « guerre par le droit » en lien avec des débats autour de la manière d’utiliser des règles et juridictions pour atteindre des objectifs face à un adversaire.
  • En 2001, Charles Dunlap définit le lawfare comme une méthode de guerre où le droit sert un objectif militaire, dans un contexte d’après-11 septembre 2001.
  • En 2015, la définition de Dunlap s’élargit avec l’idée d’utiliser le droit à la place de la force ou pour en simplifier l’accomplissement.
  • La grille de l’OTAN retient trois critères (intention, instrumentalisation juridique, impact) et vise à attribuer un score pour qualifier les actions, l’OTAN abandonnant ensuite le terme de lawfare au profit de legops.

Astuce mémo

Dunlap : Droit pour l’Objectif Militaire (puis Droit remplace la Force).

12. Conflit russo-ukrainien

Notions clés & Définitions

  • Holodomor : Terme désignant le génocide par la faim en Ukraine, mobilisé comme élément central de construction identitaire ukrainienne.
  • Anexion de la Crimée : Événement de 2014 où des contrôles en Crimée précèdent un référendum de rattachement à la Russie, utilisé ensuite dans l’argumentation russe et les disputes juridiques.
  • Passeportization : Processus présenté dans le cours où l’attribution de passeports russes augmente le nombre de citoyens liés à un territoire, servant d’appui à des revendications.
  • Ordonnance CIJ du 16 mars 2022 : Décision de la Cour internationale de Justice dans l’affaire dite des allégations de génocide, ordonnant à la Fédération de Russie de suspendre des opérations militaires sur le territoire ukrainien.

Points essentiels

  • En Crimée, les bâtiments et aéroports sont contrôlés le 28 février 2014 puis le référendum du 16 mars 2014 donne 96,77% de votes pour le rattachement à la Russie.
  • Le 24 février 2022, Vladimir Poutine lance une « opération militaire spéciale », déclenchant une extension à grande échelle de la guerre.
  • À l’ONU, un projet de résolution au Conseil de sécurité présenté par les États-Unis et l’Albanie est rejeté après le veto russe à partir du 25 février 2022.
  • Dans l’affaire CIJ relative aux allégations de génocide, l’ordonnance du 16 mars 2022 impose la suspension des opérations militaires commencées le 24 février 2022 sur le territoire ukrainien.
  • La Russie est exclue du Conseil de l’Europe, avec un processus aboutissant le 16 septembre 2022 après l’exclusion annoncée le 16 mars 2022.

Astuce mémo

Dates repères : Crimée 28/2 puis 16/3 (96,77%), guerre 24/2/2022, CIJ 16/3/2022 (suspension).

Repères chronologiques

DateÉvénement
1789Jeremy Bentham forge le terme « international » pour distinguer le droit en interne et le droit en externe
1648Traités de Westphalie : point de départ de la formation du droit international public
1815Congrès de Vienne : acte final du 9 juin 1815 re-mentionnant souveraineté et frontières
1923La CPJI affirme que l’État n’est tenu par une obligation que s’il a consenti à la règle
1927Affaire du Lotus : reprise de l’idée que les limitations de l’indépendance des États ne se présument pas
28-06-1919Traité de Versailles signé : création de la Société des Nations (pacte en annexe)
10 janvier 1920SDN entre en fonction après ratification de l’Allemagne
26 juin 1945Charte de San Francisco adoptée : création de l’ONU
24 octobre 1945ONU en vigueur et débute avec 51 États
11 septembre 2001Contexte des attentats : Charles Dunlap formule le lawfare en 2001

Tableaux de synthèse

Réalismes : offensive vs défensif

CourantObjectifVision de la sécurité
Réaliste offensif (John Mearsheimer)Optimiser un écart de puissance maximalCréer un écart difficile à compenser ; hégémonie plutôt régionale car le système est instable
Réaliste défensif (Kenneth Waltz)Rechercher la puissance nécessaire à la surviePuissance seulement pour la sécurité ; trop de puissance peut déclencher une coalition contre l’État

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre « conflit » et « guerre » : le conflit n’implique pas nécessairement la violence, alors que la guerre implique un recours réciproque à la violence.
  2. Penser que l’« anarchie » est une cause matérielle unique : dans le constructivisme/approches de la menace, c’est la représentation des acteurs qui rend l’anarchie dangereuse.
  3. Mélanger puissance potentielle et puissance réelle : la première correspond aux ressources mobilisables (richesse/population), la seconde à la capacité militaire concrète évaluée par des critères opérationnels.
  4. Croire que la CIJ rend des décisions obligatoires pour tous : le cours insiste sur le fait que l’acceptation de la compétence conditionne les effets de la décision.
  5. S’imaginer que les casques bleus sont une armée de l’ONU pouvant recourir à la force : ils ne peuvent pas recourir à la force armée.
  6. Étendre la « paix démocratique » à un pacifisme universel : la variante dyadique dit surtout l’absence de guerres entre démocraties, la monadique dit une pacificité globale.
  7. Interpréter la résolution 377 (5) comme un « remplacement » du Conseil de sécurité : le cours précise que c’est un mécanisme pour traiter la question quand le veto paralyse.

Checklist Examen

  1. Définir « international » (Bentham 1789) et distinguer relations internationales/relations internes par l’absence d’autorité supérieure (« pas d’État mondial ») et l’anarchie théorique.
  2. Expliquer ce qu’est un système international (interactions suffisamment régulières) et ce que souligne Aron avec le système inter-étatique (guerre générale possible).
  3. Présenter le droit international public : caractère obligatoire, production par voies admises, et le principe de consentement (CPJI 1923, Lotus 1927).
  4. Rappeler l’État en DIP : personnalité juridique internationale, « compétence de sa compétence », et les critères État (territoire, population, gouvernement, reconnaissance).
  5. Connaître la trajectoire historique SDN/ONU : création SDN (28-06-1919, 10 janvier 1920) et création ONU (26 juin 1945, entrée en vigueur 24 octobre), avec veto et mécanisme 377 (5).
  6. Savoir structurer la puissance réaliste : définir puissance relationnelle/capacitaire et distinguer puissance potentielle vs puissance réelle avec les 5 critères d’évaluation militaire ; comparer réalisme offensif et défensif.
  7. Expliquer la paix démocratique : faire distinguer effet dyadique et effet monadique, et rappeler le rôle de la constitution républicaine chez Kant (coût supporté par les citoyens).
  8. Décrire le constructivisme au cœur du cours : les matériels n’ont pas de significations naturelles, la menace se construit (signal → interprétation → réponse) et l’anarchie est une représentation (self-help).
  9. Citer les « nouvelles guerres » (Kaldor 1999) et maîtriser les critères/effets dont la barbarisation et l’objectif de contrôle de la population urbaine (Kaldor 5D).
  10. Exposer les opérations de paix : art. 42 et chapitres 6/7 (diplomatie préventive, rétablissement/ interposition, imposition avec sanctions/force, consolidation) et rappeler que les casques bleus ne sont pas une armée utilisable en force.
  11. Maîtriser lawfare : idée générale, définition de Dunlap (2001), élargissement (2015) et grille OTAN (3 I : intention, instrumentalisation juridique, impact) puis legops.
  12. Dans le cas russo-ukrainien, placer les repères du cours : Crimée (28 février 2014 puis 16 mars 2014, 96,77%), guerre (24 février 2022) et ordonnnace CIJ (16 mars 2022) ordonnant la suspension des opérations sur le territoire ukrainien.

Teste tes connaissances

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1. Quel terme Jeremy Bentham a-t-il forgé en 1789 pour distinguer le droit applicable dans la sphère externe du droit interne ?

2. Que désigne le terme 'relations internationales' tel que créé par Jeremy Bentham en 1789?

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International — définition ?

Droit applicable hors du droit interne.

Système international — rôle ?

Acteurs dont les interactions sont régulières.

Droit international public — obligation ?

Règles obligatoires par formation reconnue.

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