QCM : Concurrence et pouvoir de marché — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle démarche permet à Philippon d’étudier l’évolution de la concurrence américaine avec prudence ?

Partir des données, comparer plusieurs hypothèses et croiser les indicateurs
Observer les prix avant d’extrapoler les résultats aux autres dimensions économiques
Comparer les entreprises les plus grandes sans mobiliser d’autres informations économiques
Retenir l’hypothèse dominante puis vérifier un indicateur particulièrement révélateur

Partir des données, comparer plusieurs hypothèses et croiser les indicateurs

Explication

Philippon adopte une démarche empirique fondée sur les données, la confrontation de plusieurs hypothèses et le croisement des indicateurs. Se limiter à un indicateur risquerait de conduire à une conclusion trop rapide.

2. Quel enchaînement résume le mieux la thèse générale de Philippon sur le recul de la concurrence américaine ?

Prix plus élevés, entrée facilitée, investissement accru, puis amélioration de la productivité et diminution des inégalités
Pouvoir de marché accru, prix plus élevés, moindre entrée et investissement, puis ralentissement de la productivité et de la croissance
Concentration accrue, prix plus faibles, investissement renforcé, puis progression de la productivité et réduction des inégalités
Pouvoir de marché réduit, rentes plus faibles, innovation accrue, puis hausse des salaires et accélération de la croissance

Pouvoir de marché accru, prix plus élevés, moindre entrée et investissement, puis ralentissement de la productivité et de la croissance

Explication

Pour Philippon, le recul de la concurrence accroît le pouvoir de marché et les rentes, ce qui pèse sur les prix, l’entrée, l’investissement et l’innovation, avant de freiner la productivité, les salaires et la croissance. La concentration ne produit donc pas automatiquement les effets favorables décrits par le deuxième choix.

3. Quels effets une concurrence accrue exerce-t-elle généralement sur les entreprises et les consommateurs ?

Elle incite les entreprises à réduire leur production, différer l’innovation et restreindre l’accès au marché
Elle permet aux entreprises d’augmenter leurs prix, réduire leur choix et limiter l’innovation
Elle conduit les entreprises à préserver leurs marges, diminuer la qualité et ralentir l’investissement
Elle pousse les entreprises à réduire leurs prix, améliorer l’offre et investir davantage

Elle pousse les entreprises à réduire leurs prix, améliorer l’offre et investir davantage

Explication

La pression concurrentielle oblige les entreprises à attirer les clients par des prix plus faibles, une meilleure qualité et un choix plus large, tout en stimulant l’investissement et l’innovation. Une hausse des prix et une réduction du choix correspondent plutôt à une concurrence affaiblie.

4. Quel effet l’arrivée de Free Mobile en 2011 a-t-elle eu sur le prix payé par les ménages français ?

Elle a maintenu les prix autour de 45 à 65 € en proposant une offre proche de 20 €
Elle a entraîné une baisse d’environ 40 % en six mois grâce à une offre proche de 20 €
Elle a entraîné une baisse d’environ 20 % en six mois grâce à une offre proche de 45 €
Elle a entraîné une hausse d’environ 40 % en six mois malgré une offre proche de 20 €

Elle a entraîné une baisse d’environ 40 % en six mois grâce à une offre proche de 20 €

Explication

Free Mobile proposait une offre d’environ 20 €, alors que les forfaits historiques coûtaient environ 45 à 65 €, ce qui a fait baisser d’environ 40 % le prix payé en six mois. La confusion fréquente consiste à oublier que les anciens forfaits étaient nettement plus chers.

5. Pourquoi une forte concentration du marché ne suffit-elle pas à démontrer une baisse de la concurrence ?

Parce qu’un marché concentré comporte généralement davantage de nouveaux entrants et d’innovations
Parce qu’une entreprise dominante doit nécessairement pratiquer des prix plus élevés que ses rivales
Parce qu’une entreprise efficace ne peut pas accroître sa part de marché lorsque ses marges diminuent
Parce qu’une entreprise peut devenir dominante grâce à une efficacité supérieure plutôt qu’à une rente croissante

Parce qu’une entreprise peut devenir dominante grâce à une efficacité supérieure plutôt qu’à une rente croissante

Explication

Une entreprise peut gagner une grande part de marché en étant plus efficace, sans exploiter une position de rente. Des prix plus bas ou des marges réduites peuvent alors accompagner la concentration, contrairement à l’idée qu’une domination traduit forcément une concurrence moindre.

6. Quel changement caractérise le cas de Walmart entre les deux périodes considérées ?

Sa part de marché et sa marge bénéficiaire ont augmenté avec une forte hausse des prix
Sa part de marché est restée stable tandis que sa marge bénéficiaire a diminué légèrement
Sa part de marché a diminué tandis que sa marge bénéficiaire et ses prix ont augmenté
Sa part de marché a fortement augmenté tandis que sa marge bénéficiaire et ses prix ont diminué

Sa part de marché a fortement augmenté tandis que sa marge bénéficiaire et ses prix ont diminué

Explication

Walmart est passé de moins de 5 % à presque 60 % du marché, alors que sa marge est descendue d’environ 6–7 % à 4–5 % et que ses prix ont fortement baissé. Ce cas illustre une réussite fondée sur l’efficacité plutôt qu’une rente croissante.

7. Quelle évolution a été observée dans la part des profits des entreprises américaines réinvestie entre les deux périodes étudiées ?

Elle est passée d’environ 20 centimes à environ 10 centimes par dollar de profit
Elle est passée d’environ 10 centimes à environ 20 centimes par dollar de profit
Elle est passée d’environ 30 centimes à environ 10 centimes par dollar de profit
Elle est passée d’environ 20 centimes à environ 30 centimes par dollar de profit

Elle est passée d’environ 20 centimes à environ 10 centimes par dollar de profit

Explication

La part réinvestie a diminué, passant d’environ 20 centimes par dollar de profit entre 1962 et 2001 à environ 10 centimes entre 2002 et 2015. Cette évolution indique qu’une fraction plus faible des profits était consacrée au réinvestissement dans la seconde période.

8. Quelle évolution des introductions en bourse américaines est associée à la période postérieure à 2000 ?

Elles sont restées proches de 700 par an dans les années 1990 comme après 2000
Elles ont progressé d’environ 100 à environ 300 par an après 2000
Elles sont passées d’environ 700 par an dans les années 1990 à généralement moins de 100 par an
Elles sont passées d’environ 100 par an dans les années 1990 à près de 700 par an après 2000

Elles sont passées d’environ 700 par an dans les années 1990 à généralement moins de 100 par an

Explication

Les introductions en bourse sont passées d’environ 700 par an dans les années 1990 à généralement moins de 100 par an après 2000. L’évolution décrite est donc une forte diminution, et non une stabilité ou une progression.

9. Que montre la comparaison entre les États-Unis et l’Europe concernant l’évolution de la concurrence après 2000 ?

La mondialisation entraîne une évolution similaire de la concurrence dans les deux régions
Des contextes proches peuvent produire des trajectoires divergentes de concurrence
Des niveaux technologiques différents imposent des trajectoires identiques de concurrence
Les écarts de consommation expliquent entièrement le recul européen de la concurrence

Des contextes proches peuvent produire des trajectoires divergentes de concurrence

Explication

La comparaison montre que des économies proches par leur développement, leur technologie et leurs consommateurs peuvent suivre des trajectoires différentes. Elle contredit donc l’idée que la technologie ou la mondialisation détermineraient à elles seules une évolution semblable.

10. Comment la marge d’exploitation a-t-elle évolué entre 1997-1999 et 2013-2015 aux États-Unis et dans l’Union européenne ?

Elle est passée de 8 % à 13 % aux États-Unis et de 9 % à 7 % dans l’Union européenne
Elle est passée de 13 % à 9 % aux États-Unis et de 7 % à 8 % dans l’Union européenne
Elle est passée de 7 % à 9 % aux États-Unis et de 13 % à 8 % dans l’Union européenne
Elle est passée de 9 % à 13 % aux États-Unis et de 8 % à 7 % dans l’Union européenne

Elle est passée de 9 % à 13 % aux États-Unis et de 8 % à 7 % dans l’Union européenne

Explication

La marge d’exploitation américaine a augmenté de 9 % à 13 %, tandis qu’elle a diminué de 8 % à 7 % dans l’Union européenne. Les autres évolutions inversent ou déplacent les valeurs observées.

11. Quelle interprétation Philippon donne-t-il à l’écart entre la hausse des prix et celle des salaires aux États-Unis par rapport à l’Europe ?

Les prix américains augmentent moins que les prix européens, mais les salaires progressent davantage
La concentration réduit les prix américains malgré une progression plus rapide des salaires
L’écart provient principalement d’une hausse des salaires américains supérieure à celle des prix
Une partie importante de l’écart provient de majorations de prix liées à la concentration

Une partie importante de l’écart provient de majorations de prix liées à la concentration

Explication

Les prix américains ont augmenté d’environ 15 % de plus que les prix européens, alors que les salaires n’ont progressé que de 7 % de plus ; Philippon attribue environ la moitié de l’écart aux majorations de prix. La concentration aurait ainsi entraîné au moins 8 % de hausse excessive des prix américains sur 17 ans.

12. Quelle combinaison de mesures l’Union européenne a-t-elle utilisée pour renforcer la concurrence ?

La concentration des entreprises, la déréglementation des aides d’État et la fermeture des marchés
Le marché unique, la réduction des barrières à l’entrée et un antitrust plus actif
La limitation du marché unique, la hausse des barrières à l’entrée et un contrôle antitrust réduit
La protection des entreprises établies, l’augmentation des aides d’État et des barrières réglementaires

Le marché unique, la réduction des barrières à l’entrée et un antitrust plus actif

Explication

L’Union européenne a renforcé la concurrence grâce au marché unique, à la réduction des barrières à l’entrée, à la déréglementation, au contrôle des aides d’État et à une politique antitrust plus active. Les autres réponses décrivent des mécanismes qui peuvent protéger les rentes plutôt que les limiter.

13. Comment définir le lobbying exercé par des entreprises dans le domaine économique et politique ?

Une action publique destinée à préserver la concurrence entre les entreprises d’un même marché
Une procédure judiciaire visant à sanctionner les entreprises qui abusent de leur position
Une recherche d’avantages particuliers ou d’un évitement réglementaire pour protéger des rentes
Une négociation collective destinée à augmenter les salaires dans les secteurs concentrés

Une recherche d’avantages particuliers ou d’un évitement réglementaire pour protéger des rentes

Explication

Le lobbying désigne la recherche d’avantages particuliers ou l’évitement d’une réglementation afin de protéger des rentes, ce qui peut accroître les barrières à l’entrée. L’antitrust, en revanche, vise à préserver la concurrence et ne se confond pas avec cette démarche.

14. Quels résultats C. Mahoney observe-t-il concernant l’efficacité des groupes de pression aux États-Unis et dans l’Union européenne ?

Aux États-Unis, les entreprises réussissent dans 61 % des cas contre 56 % pour les groupes citoyens ; dans l’Union européenne, elles atteignent 89 % contre 40 %
Aux États-Unis, les entreprises réussissent dans 89 % des cas contre 40 % pour les groupes citoyens ; dans l’Union européenne, elles atteignent 61 % contre 56 %
Aux États-Unis, les entreprises réussissent dans 40 % des cas contre 89 % pour les groupes citoyens ; dans l’Union européenne, elles atteignent 56 % contre 61 %
Aux États-Unis, les entreprises réussissent dans 56 % des cas contre 61 % pour les groupes citoyens ; dans l’Union européenne, elles atteignent 40 % contre 89 %

Aux États-Unis, les entreprises réussissent dans 89 % des cas contre 40 % pour les groupes citoyens ; dans l’Union européenne, elles atteignent 61 % contre 56 %

Explication

L’étude de C. Mahoney, menée auprès de 150 lobbyistes et 47 politiques, indique un avantage beaucoup plus marqué des entreprises aux États-Unis : 89 % contre 40 %. Dans l’Union européenne, l’écart est plus faible, avec 61 % contre 56 %.

15. Par quel mécanisme le financement politique peut-il donner aux entreprises une influence durable sur l’antitrust américain ?

Le financement des campagnes réduit les contacts entre élus et entreprises, ce qui renforce l’autonomie de l’antitrust
Les campagnes peu coûteuses permettent aux élus de refuser les fonds privés et de renforcer les sanctions
Les contributions remplacent les procédures antitrust et transfèrent directement les décisions aux électeurs
Le coût des campagnes pousse les élus à rechercher des fonds, ce qui procure aux contributeurs un accès durable aux décideurs

Le coût des campagnes pousse les élus à rechercher des fonds, ce qui procure aux contributeurs un accès durable aux décideurs

Explication

Le coût élevé des campagnes conduit les élus à solliciter des entreprises et des contributeurs, qui obtiennent en retour un accès durable aux responsables politiques. Cet accès peut influencer les décisions publiques et l’application de l’antitrust, contrairement à l’idée d’une autonomie renforcée.

16. Quelle relation Philippon et G. Gutiérrez constatent-ils entre les contributions électorales et les affaires antitrust dans les États américains ?

Une hausse des contributions électorales est suivie d’une baisse du nombre d’affaires antitrust
Une hausse des contributions électorales ne s’accompagne d’aucune évolution des affaires antitrust
Une hausse des contributions électorales est suivie d’une hausse du nombre d’affaires antitrust
Une baisse des contributions électorales est suivie d’une baisse du nombre d’affaires antitrust

Une hausse des contributions électorales est suivie d’une baisse du nombre d’affaires antitrust

Explication

Philippon et G. Gutiérrez observent qu’une augmentation des contributions électorales est suivie d’une diminution des affaires antitrust au niveau des États américains. Cette relation va dans le sens d’une influence politique susceptible de réduire l’application de la concurrence.

17. Quelle évolution caractérise simultanément le secteur financier et le coût de son intermédiation depuis plus d’un siècle ?

Le coût passe à près de 8 % des sommes gérées, tandis que le poids du secteur reste autour de 2 % du PIB
Le coût reste proche de 2 % des sommes gérées, tandis que le poids du secteur demeure autour de 2 % du PIB
Le coût reste proche de 2 % des sommes gérées, tandis que le poids du secteur passe d’environ 2 % à près de 8 % du PIB
Le coût tombe sous 1 % des sommes gérées, tandis que le poids du secteur recule d’environ 8 % à près de 2 % du PIB

Le coût reste proche de 2 % des sommes gérées, tandis que le poids du secteur passe d’environ 2 % à près de 8 % du PIB

Explication

Malgré l’informatique et les innovations financières, le coût de l’intermédiation reste proche de 2 % des sommes gérées, alors que le secteur financier passe d’environ 2 % du PIB en 1880 à près de 8 % vers 2010. L’expansion du secteur n’a donc pas réduit ce coût dans les proportions attendues.

18. Que révèle la comparaison entre la couverture familiale par l’employeur aux États-Unis et la mortalité infantile en 2018 ?

Une couverture d’environ 3 700 dollars par an coexiste avec une mortalité infantile de 5,9 ‰, contre 20 ‰ en France
Une couverture d’environ 20 000 dollars par an coexiste avec une mortalité infantile de 5,9 ‰, contre 3,7 ‰ en France
Une couverture d’environ 20 000 dollars par an coexiste avec une mortalité infantile de 3,7 ‰, contre 5,9 ‰ en France
Une couverture d’environ 5 900 dollars par an coexiste avec une mortalité infantile de 20 ‰, contre 3,7 ‰ en France

Une couverture d’environ 20 000 dollars par an coexiste avec une mortalité infantile de 5,9 ‰, contre 3,7 ‰ en France

Explication

Aux États-Unis, la couverture familiale coûtait environ 20 000 dollars par an et la mortalité infantile atteignait 5,9 ‰, contre 3,7 ‰ en France. La comparaison montre donc qu’une dépense de santé plus élevée ne s’accompagne pas ici d’une mortalité infantile plus faible.

19. Quelle situation correspond à un monopsone sur le marché du travail ?

Plusieurs employeurs se concurrencent pour attirer les salariés et font progresser les rémunérations
Un employeur dispose d’un pouvoir de marché et peut proposer des salaires inférieurs à ceux d’un marché concurrentiel
Un salarié dispose d’un pouvoir de marché et fixe le prix auquel l’entreprise vend ses produits
Un vendeur dispose d’un pouvoir de marché et peut imposer des prix supérieurs à ceux d’un marché concurrentiel

Un employeur dispose d’un pouvoir de marché et peut proposer des salaires inférieurs à ceux d’un marché concurrentiel

Explication

Le monopsone correspond au pouvoir de marché d’un employeur sur les salariés, qui lui permet de réduire les salaires par rapport à une situation concurrentielle. Le pouvoir d’un vendeur sur les prix relève plutôt du monopole.

20. Quelles mesures Philippon propose-t-il pour faciliter le changement de plateforme numérique et préserver la concurrence ?

La limitation des échanges de données afin de renforcer les positions établies
La portabilité des données et l’interopérabilité entre les plateformes
La protection des données par leur conservation auprès d’une seule plateforme
La fusion des plateformes afin de réduire les coûts de changement pour les utilisateurs

La portabilité des données et l’interopérabilité entre les plateformes

Explication

La portabilité des données permet aux utilisateurs de récupérer leurs informations, tandis que l’interopérabilité facilite leur utilisation entre services différents. Ces mesures réduisent les barrières au changement de plateforme et soutiennent la concurrence.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 39 flashcards sur Concurrence et pouvoir de marché.

Qui est Thomas Philippon et quelles sont ses spécialités ?

Thomas Philippon est un économiste français spécialiste de la concurrence, finance et macroéconomie.

Quelle est la démarche empirique de Philippon ?

Elle consiste à partir des données, confronter plusieurs hypothèses et éviter un seul indicateur.

Que décrit la thèse générale de Philippon sur la concurrence américaine depuis 1990-2000 ?

Le recul de la concurrence accroît le pouvoir de marché et les rentes.

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