QCM : Décider sous incertitude — 26 questions

Questions et réponses du QCM

1. À quelle date la navette spatiale Challenger s’est-elle désintégrée 73 secondes après son décollage lors de la mission STS-51-L ?

Le 12 avril 1981
Le 20 juillet 1969
Le 4 octobre 1957
Le 28 janvier 1986

Le 28 janvier 1986

Explication

L’accident de Challenger a eu lieu le 28 janvier 1986, 73 secondes après le décollage, causant la mort des sept membres d’équipage. La date du 12 avril 1981 correspond au premier vol de la navette Columbia, et non à l’accident de Challenger.

2. Quelle fonction les joints toriques du propulseur de Challenger devaient-ils assurer ?

Stabiliser mécaniquement les ailes pendant la séparation
Empêcher les gaz chauds de combustion de s’échapper entre les segments
Maintenir la trajectoire de la navette pendant la montée
Réguler la température du carburant dans le réservoir externe

Empêcher les gaz chauds de combustion de s’échapper entre les segments

Explication

Les joints toriques étaient conçus pour assurer l’étanchéité entre les segments du propulseur et retenir les gaz chauds de combustion. Leur perte d’élasticité par temps froid constituait le défaut technique, et non leur fonction d’étanchéité.

3. Pourquoi les conditions thermiques prévues rendaient-elles le lancement de Challenger déconseillé ?

La température prévue de 2 °C dépassait un seuil minimal fixé à –2 °C, avec 12 °C au niveau du joint
La température prévue de –2 °C restait supérieure au seuil d’environ 12 °C, avec 2 °C au niveau du joint
La température prévue de 2 °C était inférieure au seuil d’environ 12 °C, avec environ –2 °C au niveau du joint
La température prévue de 12 °C dépassait un seuil opérationnel fixé à 2 °C, avec 0 °C au niveau du joint

La température prévue de 2 °C était inférieure au seuil d’environ 12 °C, avec environ –2 °C au niveau du joint

Explication

Le lancement était déconseillé sous environ 12 °C, alors que 2 °C étaient prévus au décollage et environ –2 °C au niveau du joint. Les autres propositions inversent les valeurs ou le sens du seuil thermique.

4. Quel double diagnostic la commission Rogers a-t-elle établi concernant l’accident de Challenger ?

Une défaillance météorologique accompagnée d’une erreur de pilotage
Une rupture structurelle accompagnée d’une défaillance du ravitaillement
Une erreur de navigation accompagnée d’une panne du système informatique
Une défaillance technique accompagnée d’une défaillance de communication

Une défaillance technique accompagnée d’une défaillance de communication

Explication

La commission Rogers a identifié à la fois une défaillance technique et une défaillance de communication. Le diagnostic ne se limitait donc pas à une panne matérielle, même si le problème des joints constituait un élément technique central.

5. Comment Frank Knight distingue-t-il le risque de l’incertitude dans son ouvrage de 1921 ?

Le risque repose sur des probabilités connues ou calculables, tandis que l’incertitude renvoie à des phénomènes non quantifiables
Le risque désigne des phénomènes non quantifiables, tandis que l’incertitude repose sur des probabilités calculables
Le risque concerne les décisions collectives, tandis que l’incertitude concerne les décisions prises par un entrepreneur
Le risque porte sur les conséquences favorables, tandis que l’incertitude porte sur les conséquences défavorables

Le risque repose sur des probabilités connues ou calculables, tandis que l’incertitude renvoie à des phénomènes non quantifiables

Explication

Pour Knight, le risque peut être décrit par des probabilités connues ou calculables, contrairement à l’incertitude véritable, qui n’est pas quantifiable de cette manière. La deuxième proposition inverse précisément les deux notions.

6. Dans la théorie de Knight, pourquoi l’entrepreneur reçoit-il un profit ?

Parce qu’il évite toute conséquence incertaine en choisissant une stratégie sans exposition
Parce qu’il obtient une rémunération liée aux fréquences observées dans les jeux de hasard
Parce qu’il prend en charge une incertitude véritable qui ne peut pas être assurée ou diversifiée
Parce qu’il transforme un risque calculable en une probabilité suffisamment stable pour l’assurer

Parce qu’il prend en charge une incertitude véritable qui ne peut pas être assurée ou diversifiée

Explication

Le profit rémunère la prise en charge d’une incertitude véritable, contrairement au risque pur qui peut être assuré ou diversifié. Une probabilité calculable relève donc du risque, et non de l’incertitude véritable génératrice de profit.

7. Quels éléments un arbre de décision associe-t-il pour représenter un problème de décision ?

Des nœuds de décision, des nœuds aléatoires et des branches représentant les choix et scénarios
Des acteurs, des ressources et des calendriers décrivant l’évolution d’un projet
Des objectifs, des contraintes budgétaires et des tableaux décrivant les résultats financiers
Des probabilités, des préférences et des calculs de profit sans représentation des actions

Des nœuds de décision, des nœuds aléatoires et des branches représentant les choix et scénarios

Explication

Un arbre de décision représente visuellement les choix et les scénarios au moyen de nœuds de décision, de nœuds aléatoires et de branches. Les autres éléments peuvent intervenir dans une analyse, mais ils ne définissent pas la structure fondamentale de l’arbre.

8. Quels éléments faut-il identifier pour formaliser correctement une décision ?

Les décisions possibles, les états de la nature, les conséquences et les relations entre ces éléments
Les préférences du décideur, le budget disponible, le calendrier et la hiérarchie de l’organisation
Les résultats passés, les opinions des experts, les concurrents et les ressources matérielles
Les objectifs généraux, les contraintes juridiques, les coûts fixes et les indicateurs comptables

Les décisions possibles, les états de la nature, les conséquences et les relations entre ces éléments

Explication

La formalisation exige d’identifier les actions possibles, les événements ou états de la nature, les conséquences et les relations qui les relient. Les états de la nature décrivent les scénarios, tandis que les décisions correspondent aux actions choisies.

9. Comment calcule-t-on la valeur espérée d’une option comportant plusieurs scénarios possibles ?

En additionnant les gains sans tenir compte de leurs probabilités
En additionnant les produits de chaque probabilité par le gain associé
En divisant le gain total par le nombre de scénarios possibles
En retenant le gain maximal parmi les scénarios envisageables

En additionnant les produits de chaque probabilité par le gain associé

Explication

La valeur espérée pondère chaque gain par la probabilité du scénario correspondant, puis additionne les résultats. Le gain certain, en revanche, ne dépend pas d’une réalisation aléatoire.

10. Une personne compare une option qui rapporte certainement 100 € à une option qui rapporte 250 € avec une probabilité de 50 % et 0 € sinon ; quelle option le critère de valeur espérée recommande-t-il ?

L’option rapportant 250 € avec une probabilité de 50 %
L’option rapportant certainement 100 €
Les deux options, car leurs valeurs espérées sont identiques
Aucune option, car une probabilité de 50 % empêche le calcul

L’option rapportant 250 € avec une probabilité de 50 %

Explication

La première option a une valeur espérée de 100 €, tandis que la seconde atteint 125 € grâce au produit de 250 € par 50 %. L’option certaine maximise le gain garanti, mais pas la valeur espérée.

11. Que remplace l’utilité espérée dans l’analyse d’une décision risquée ?

Le risque financier par le montant du gain le plus élevé
La probabilité de chaque scénario par une estimation subjective
Le choix individuel par une règle fondée sur le consensus
Le gain monétaire par une fonction représentant les préférences

Le gain monétaire par une fonction représentant les préférences

Explication

L’utilité espérée transforme les gains monétaires en niveaux d’utilité afin de formaliser les préférences face au risque. Elle ne supprime pas les probabilités et ne se réduit pas au gain maximal.

12. Quelle forme de fonction d’utilité traduit une aversion au risque ?

Une fonction concave
Une fonction convexe
Une fonction discontinue
Une fonction linéaire

Une fonction concave

Explication

Une fonction d’utilité concave représente une aversion au risque, car l’utilité augmente à un rythme décroissant avec le gain. Une fonction linéaire traduit la neutralité au risque et une fonction convexe la recherche du risque.

13. Comment définir une heuristique en psychologie de la décision ?

Une méthode statistique qui élimine l’influence des informations trompeuses
Une préférence stable qui compare les gains sans utiliser de jugement rapide
Un raccourci mental utile mais susceptible de produire des erreurs systématiques
Une règle formelle garantissant une décision correcte dans chaque situation

Un raccourci mental utile mais susceptible de produire des erreurs systématiques

Explication

Une heuristique simplifie le raisonnement et peut être efficace, mais elle demeure faillible et peut engendrer des biais systématiques. Elle ne garantit donc pas une décision exacte dans toutes les situations.

14. Une personne estime qu’un individu appartient probablement à une profession parce que son comportement ressemble au stéréotype associé, sans considérer la fréquence réelle de cette profession ; quel biais manifeste-t-elle ?

Le biais de représentativité
Le biais d’ancrage
Le biais de disponibilité
L’aversion aux pertes

Le biais de représentativité

Explication

La représentativité consiste à juger une probabilité à partir de la ressemblance avec un stéréotype, souvent au détriment des taux de base. La disponibilité repose plutôt sur la facilité avec laquelle un exemple vient à l’esprit.

15. Après avoir vu plusieurs reportages récents sur des accidents d’avion, une personne surestime la probabilité d’un tel accident parce que ces événements lui viennent facilement à l’esprit ; quel biais intervient ?

Le biais de représentativité
Le biais de disponibilité
Le biais d’ancrage
La neutralité face au risque

Le biais de disponibilité

Explication

Le biais de disponibilité conduit à estimer une probabilité selon la facilité de rappel, notamment lorsque les événements sont marquants ou récents. Le biais d’ancrage dépend plutôt d’une information initiale qui influence l’estimation.

16. Quel énoncé décrit le mieux l’aversion aux pertes ?

Un gain procure une satisfaction supérieure à toute perte de même montant
Une perte est généralement évaluée selon la facilité de son rappel
Une perte pèse psychologiquement davantage qu’un gain équivalent
Une perte et un gain de même montant ont une influence psychologique comparable

Une perte pèse psychologiquement davantage qu’un gain équivalent

Explication

L’aversion aux pertes signifie qu’une perte a un impact psychologique plus fort qu’un gain équivalent, dans un rapport estimé d’environ 2 à 2,5 fois. Cette notion concerne l’asymétrie entre pertes et gains, non leur simple mémorisation.

17. Que désigne la pensée de groupe dans une décision collective ?

La répartition des responsabilités entre les membres du groupe
La recherche du consensus au détriment du jugement critique
La contestation ouverte des décisions prises par la hiérarchie
La comparaison méthodique de toutes les opinions divergentes

La recherche du consensus au détriment du jugement critique

Explication

La pensée de groupe apparaît lorsque le désir de consensus affaiblit l’examen critique des solutions. Le concept a été proposé par Irving Janis en 1972, et ne désigne pas une procédure organisée de comparaison des opinions.

18. Quel comportement constitue un symptôme de la pensée de groupe ?

L’autocensure des membres qui envisagent d’exprimer un désaccord
La suspension de la décision afin d’analyser les risques résiduels
La formulation publique d’objections examinées par l’ensemble du groupe
La recherche d’informations qui contredisent la préférence dominante

L’autocensure des membres qui envisagent d’exprimer un désaccord

Explication

L’autocensure fait partie des symptômes de la pensée de groupe, avec la pression sur les voix dissidentes et l’illusion d’unanimité. La formulation publique d’objections favorise au contraire l’expression du désaccord et l’examen critique.

19. Quel phénomène décrit l’acceptation progressive d’anomalies répétées et non sanctionnées comme si elles étaient normales ?

La réévaluation ponctuelle des procédures
La gestion adaptative du risque
La normalisation de la déviance
La détection précoce des signaux faibles

La normalisation de la déviance

Explication

La normalisation de la déviance apparaît lorsque des anomalies répétées cessent d’être perçues comme exceptionnelles et deviennent des pratiques acceptées. Une alerte traitée comme exceptionnelle relève au contraire d’une réaction qui empêche cette banalisation.

20. Qu’a montré Diane Vaughan à propos des joints toriques lors des vols antérieurs de la NASA ?

Leurs érosions répétées avaient été progressivement considérées comme normales
Leurs performances s’étaient améliorées grâce aux conditions froides
Leurs anomalies avaient été attribuées à une erreur de calcul isolée
Leurs défauts avaient provoqué l’arrêt immédiat de tous les lancements

Leurs érosions répétées avaient été progressivement considérées comme normales

Explication

Diane Vaughan a montré que l’érosion répétée des joints toriques avait été progressivement acceptée comme une situation normale. Cette interprétation a contribué à la banalisation d’un signal de risque important.

21. Quelle combinaison caractérisait la décision de lancer Challenger dans les conditions considérées ?

Une certitude technique, une comparaison avec des missions concurrentes, une faible contrainte temporelle et un débat ouvert
Une erreur de maintenance isolée, une absence de données antérieures, une décision locale et une opposition unanime
Une mesure précise du risque, une préférence pour les scénarios inédits, une pression budgétaire et une rotation des équipes
Une incertitude non quantifiée, un ancrage sur les vols précédents, une pression politique et temporelle, ainsi qu’une pensée de groupe

Une incertitude non quantifiée, un ancrage sur les vols précédents, une pression politique et temporelle, ainsi qu’une pensée de groupe

Explication

La décision réunissait une incertitude non quantifiée sur les joints par temps froid, l’ancrage sur les vols précédents, des pressions politique et temporelle, ainsi qu’une dynamique de pensée de groupe. Ces facteurs ont contribué à affaiblir l’évaluation critique de la situation.

22. Quelle pratique contribue à améliorer une décision organisationnelle prise sous incertitude ?

Désigner un avocat du diable chargé de rechercher les faiblesses de la décision
Écarter les signaux d’alerte lorsque les résultats antérieurs sont favorables
Renforcer le consensus du groupe afin de réduire les objections internes
Reporter l’analyse jusqu’à ce qu’une information parfaitement certaine soit disponible

Désigner un avocat du diable chargé de rechercher les faiblesses de la décision

Explication

Un avocat du diable examine les faiblesses d’une décision, tandis que les arbres, les scénarios, le prémortem et la remontée protégée des alertes structurent l’analyse de l’incertitude. Renforcer le consensus peut au contraire favoriser la pensée de groupe, qui cherche à préserver l’accord collectif.

23. Une décision comporte plusieurs gains possibles et les états sont supposés équiprobables : quel critère classe les actions selon leur gain moyen ?

Le critère de Hurwicz, qui combine le meilleur et le pire résultat
Le critère maximin, qui choisit l’action au meilleur résultat minimal
Le critère maximax, qui choisit l’action au meilleur résultat possible
Le critère de Laplace, qui choisit l’action au gain moyen le plus élevé

Le critère de Laplace, qui choisit l’action au gain moyen le plus élevé

Explication

Le critère de Laplace suppose des événements équiprobables et retient l’action dont le gain moyen est le plus élevé. Le maximax s’intéresse au meilleur résultat possible, sans calculer une moyenne entre les états.

24. Pour appliquer le critère maximax, quelle action faut-il retenir ?

Celle qui équilibre le meilleur et le pire gain selon un degré d’optimisme
Celle dont le gain maximal parmi les états possibles est le plus élevé
Celle dont la moyenne des gains est la plus élevée sous des états équiprobables
Celle dont le gain minimal parmi les états possibles est le plus élevé

Celle dont le gain maximal parmi les états possibles est le plus élevé

Explication

Le maximax sélectionne l’action dont le meilleur gain possible est supérieur aux meilleurs gains des autres actions. Le maximin adopte une logique plus prudente en comparant les gains minimaux.

25. Quelle règle de décision correspond au critère maximin, ou critère de Wald ?

Choisir l’action dont le gain maximal est le plus élevé
Choisir l’action dont le gain moyen est le plus élevé
Choisir l’action dont le gain minimal est le plus élevé
Choisir l’action dont l’écart entre gains est le plus faible

Choisir l’action dont le gain minimal est le plus élevé

Explication

Le critère maximin compare, pour chaque action, son résultat le plus défavorable puis retient celui qui est le moins mauvais parmi ces minimums. Cette prudence le distingue du maximax, qui privilégie le meilleur résultat possible.

26. Comment le critère de Hurwicz combine-t-il les résultats d’une action lorsque α représente le degré d’optimisme ?

Il retient le gain minimal puis lui applique le carré du degré d’optimisme
Il calcule la moyenne des gains en supposant les états équiprobables
Il pondère le meilleur résultat par α et le pire par 1−α1-\alpha
Il additionne le meilleur et le pire résultat sans tenir compte de α

Il pondère le meilleur résultat par α et le pire par $$1-\alpha$$

Explication

Le critère de Hurwicz combine le meilleur résultat, pondéré par α, et le pire résultat, pondéré par 1−α1-\alpha. Il se distingue du critère de Laplace, qui repose sur une moyenne fondée sur l’hypothèse d’équiprobabilité.

Révisez avec les flashcards

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Quelle date marque la désintégration de la navette Challenger ?

Le 28 janvier 1986.

Combien de temps après le décollage la Challenger s'est-elle désintégrée ?

73 secondes après le décollage.

Combien de membres d'équipage ont péri dans l'accident de Challenger ?

7 membres de l'équipage.

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