Fiche de révision : Élasticités et choix économiques

Plan du Cours

  1. Fondements de l’analyse économique
  2. Entreprises et classifications économiques
  3. Marchés et modèles économiques
  4. Offre, demande et équilibre
  5. Élasticités et marchés agricoles
  6. Offre agricole et recettes
  7. Élasticités croisées et revenu
  8. Rationalité et choix du consommateur
  9. Préférences et courbes d’indifférence
  10. Budget et optimum du consommateur
  11. Production et rendements
  12. Choix des facteurs et coûts
  13. L’optimum de production
  14. Imperfections et structures de marché
  15. Monopole et concurrences imparfaites
  16. Biens collectifs et externalités
  17. Asymétrie d’information
  18. Marchés agricoles et agroalimentaires

1. Fondements de l’analyse économique

Notions clés & Définitions

  • Économie : Pour E. Malinvaud, l’économie étudie comment des ressources rares sont employées pour satisfaire les besoins humains en société, notamment par la production, la distribution et la consommation des biens, ainsi que par les institutions qui facilitent ces opérations.
  • Ressource : Une ressource est la quantité d’un bien disponible au début de l’analyse.
  • Marché : Un marché est le lieu où s’effectuent, pour un bien donné et à une date donnée, les échanges entre agents économiques.
  • Concurrence parfaite : La concurrence parfaite désigne un marché où tous les échanges se font au même prix.

Points essentiels

📌 La microéconomie étudie les agents économiques individuellement et les biens spécifiques, tandis que la macroéconomie étudie les agrégats d’agents et de biens.

Astuce mémo

Micro : agents et biens particuliers ; macro : agrégats.

2. Entreprises et classifications économiques

Notions clés & Définitions

  • Entreprise : Selon l’INSEE, une entreprise est une unité organisationnelle de production de biens et de services disposant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour affecter ses ressources courantes.
  • Entreprise : Pour Bressy et Konkuyt (2000), une entreprise est une unité économique autonome qui combine des moyens humains et matériels pour produire des biens et services destinés à la vente.

★ À maîtriser

  • La classification de Colin Clark distingue trois secteurs :
    • primaire : agriculture, pêche, extraction et sylviculture
    • secondaire : industrie
    • tertiaire : services

📌 Un secteur regroupe les entreprises ayant la même activité principale, tandis qu’une branche regroupe les entreprises et établissements ayant la même activité à titre principal ou secondaire.

  • Les classes d’effectif salarié sont :
    • microentreprise : 0 à 9 salariés
    • petite entreprise : 10 à 49 salariés
    • moyenne entreprise : 50 à 249 salariés
    • entreprise de taille intermédiaire : 250 à 4 999 salariés
    • grande entreprise : 5 000 salariés ou plus

Compléments

📌 Une entreprise produit des biens ou services marchands, contrairement à une administration qui fournit des services non marchands.

📌 Une entreprise se distingue d’une association par son objectif de bénéfice, et d’un établissement parce qu’une même entreprise peut regrouper des établissements situés en différents lieux.

  • La taille d’une entreprise est relative et s’apprécie notamment par comparaison avec la taille moyenne de son secteur ; cette classification aide à adapter les politiques économiques et stratégiques.

3. Marchés et modèles économiques

Notions clés & Définitions

  • Marché : Samuelson et Nordhaus, 2000 - Un marché, réel ou virtuel, est le mécanisme où acheteurs et vendeurs interagissent pour déterminer le prix et la quantité échangée d’un bien ou service.
  • Modèle économique : Un modèle économique est une représentation simplifiée d’un phénomène réel, construite à partir d’hypothèses et souvent formulée mathématiquement pour comprendre, expliquer ou prédire des comportements ou des évolutions.

★ À maîtriser

  • Le prix résulte de la confrontation de l’offre et de la demande à un moment donné.

📌 Dans une économie dirigée ou planifiée, l’État prend les décisions de production et de consommation ; dans une économie de marché libérale, le marché fonctionne sans intervention étatique ; une économie mixte combine marché et intervention publique.

Compléments

  • L’analyse des marchés examine trois questions : que produire, comment produire, pour qui produire

  • Les interventions publiques peuvent prendre la forme de :

    • prix encadrés
    • subventions
    • taxes
    • quotas

📌 Un modèle microéconomique étudie les comportements individuels, tandis qu’un modèle macroéconomique étudie les agrégats économiques.

  • Pour modéliser la demande de voyages dans le métro londonien, la quantité demandée dépend du tarif du métro, des tarifs du taxi et de l’autobus ainsi que du prix du pétrole, et les recettes tarifaires sont égales au tarif du métro multiplié par la quantité demandée.

📌 Un modèle théorique sert à identifier et comprendre des mécanismes économiques, tandis qu’un modèle économétrique utilise des données collectées pour vérifier les prédictions et mesurer l’intensité des mécanismes.

4. Offre, demande et équilibre

Notions clés & Définitions

  • Offre individuelle : L’offre individuelle est la quantité d’un bien qu’un vendeur ou producteur propose pour un prix donné.
  • Demande individuelle : La demande individuelle est la quantité d’un bien qu’un acheteur ou consommateur souhaite acquérir pour un prix donné.
  • Équilibre du marché : L’équilibre du marché est atteint au point où les courbes d’offre et de demande se croisent ; ses coordonnées sont le prix d’équilibre P* et la quantité d’équilibre Q*.

★ À maîtriser

  • L’offre d’un bien est une fonction croissante du prix de vente, car un prix plus élevé rend l’échange plus attractif et augmente les perspectives de profit et l’incitation à entrer sur le marché.

  • La demande de biens est généralement une fonction décroissante du prix : un prix plus élevé rend l’achat moins attractif, réduit le pouvoir d’achat à revenu donné et conduit les consommateurs à rechercher des substituts moins chers.

  • En cas d’excès de demande, les offreurs augmentent les prix, ce qui freine la demande et stimule l’offre jusqu’à l’équilibre ; en cas d’excès d’offre, ils baissent les prix, ce qui stimule la demande et freine l’offre jusqu’à l’équilibre.

Compléments

  • La courbe de demande du marché est la somme des courbes de demande de tous les individus qui participent au marché.

  • À l’équilibre du marché, aucun agent n’a intérêt à modifier ses décisions, et les échanges sont volontaires et mutuellement avantageux.

  • La demande se déplace notamment sous l’effet des prix des biens substituables ou complémentaires, du revenu et des goûts ; l’offre se déplace notamment avec la technologie, les coûts de production et la réglementation.

  • En 1966, le pape Paul VI autorise les catholiques à manger de la viande le vendredi, ce qui entraîne une baisse de la demande de poisson et déplace la courbe de demande vers la gauche.

Astuce mémo

Excès d’offre → baisse des prix ; excès de demande → hausse des prix.

5. Élasticités et marchés agricoles

Notions clés & Définitions

  • Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix et correspond au rapport entre la variation en pourcentage de la quantité demandée et celle du prix : εprix=ΔQ/QΔP/P\varepsilon_{prix}=\frac{\Delta Q/Q}{\Delta P/P}.
  • Élasticité-prix de l’offre : L’élasticité-prix de l’offre mesure la sensibilité de la quantité offerte à une variation du prix et correspond au rapport entre la variation en pourcentage de la quantité offerte et celle du prix : εprix=ΔQ/QΔP/P\varepsilon_{prix}=\frac{\Delta Q/Q}{\Delta P/P}.

★ À maîtriser

  • L’élasticité-prix de la demande est généralement négative, car la quantité demandée diminue lorsque le prix augmente.
  • La demande est inélastique lorsque la valeur absolue de son élasticité est inférieure à 1, parfaitement inélastique lorsque l’élasticité vaut 0, élastique lorsque sa valeur absolue est supérieure à 1, parfaitement élastique lorsque sa valeur absolue est infinie et à élasticité unitaire lorsque sa valeur absolue vaut 1.
  • La demande de produits agricoles est relativement inélastique par rapport au prix, car les produits alimentaires de base sont des biens de première nécessité ; la loi de King désigne le fait que la variation du prix entraîne une variation moindre des quantités demandées.

  • À court terme, l’offre agricole est rigide parce que la saisonnalité et le délai entre la mise en production et la récolte empêchent une adaptation rapide de la production aux signaux du marché.

Compléments

  • Pour une place de football au prix de 20 €, l’exemple calcule une élasticité de demande de -4 à partir d’une hausse du prix de 15 € à 20 € et d’une baisse de la demande de 40 000 à 20 000 billets.

  • Une élasticité-prix négative caractérise un bien ordinaire, une élasticité nulle un bien parfaitement inélastique, et une élasticité positive peut caractériser un bien de Giffen ou un bien de Veblen.

  • La possibilité de substituer un bien lorsqu’il devient plus cher influence fortement l’élasticité de sa demande ; une hausse générale des taxes sur les cigarettes laisse moins de possibilités de substitution qu’une hausse limitée à une marque.

  • À moyen terme, l’offre agricole devient plus flexible, car les producteurs peuvent modifier les assolements pour privilégier les cultures les plus rémunératrices.

  • Une augmentation de l’offre agricole provoque une chute plus que proportionnelle du prix, tandis qu’une baisse de la demande peut faire chuter le prix parce que les producteurs ne peuvent pas réduire rapidement l’offre.

Astuce mémo

Demande agricole inélastique, offre rigide à court terme.

6. Offre agricole et recettes

★ À maîtriser

  • Quand l’offre de blé augmente et que la demande est inélastique, le prix baisse et la quantité demandée augmente moins que proportionnellement, de sorte que le chiffre d’affaires diminue.

  • Quand la demande est inélastique, la recette du producteur varie en sens inverse du niveau de récolte : plus la demande est inélastique, plus la recette est faible lorsque la récolte augmente.

Compléments

  • Une demande alimentaire de base, comme celle du blé, est assez rigide parce que ces produits sont peu coûteux et ont peu de substituts.

  • Une diminution de la demande réduit le prix et la quantité d’équilibre ; l’ampleur de ces variations dépend de l’élasticité de l’offre.

Astuce mémo

Récolte accrue → prix en baisse → recette réduite si la demande est inélastique.

7. Élasticités croisées et revenu

Notions clés & Définitions

  • Élasticité-prix croisée : Rapport de la variation relative de la demande de i à la variation relative du prix de j.
  • Élasticité-revenu : Mesure la variation en pourcentage de la demande d’un bien pour une variation de 1 % du revenu, soit le rapport de la variation relative de la demande à la variation relative du revenu.

★ À maîtriser

📌 Pour deux biens substituables, l’élasticité-prix croisée est positive ; pour deux biens indépendants, elle est nulle ; pour deux biens complémentaires, elle est négative.

📌 Un bien inférieur a une élasticité-revenu négative, un bien normal a une élasticité-revenu positive, un bien nécessaire a une élasticité-revenu comprise entre 0 et 1, et un bien supérieur ou de luxe a une élasticité-revenu supérieure à 1.

Compléments

📐 Formule - L’élasticité-prix croisée vérifie εi/j=ΔQi/QiΔPj/Pj\varepsilon_{i/j}=\frac{\Delta Q_i/Q_i}{\Delta P_j/P_j}.

  • La glace et le sorbet sont des biens substituables, tandis que le sucre et le café sont des biens complémentaires.

📐 Formule - L’élasticité-revenu vérifie εrevenu=ΔQi/QiΔR/R\varepsilon_{revenu}=\frac{\Delta Q_i/Q_i}{\Delta R/R}.

  • Un bien inférieur est dit Giffen si son élasticité-prix est également positive.

Astuce mémo

Élasticité croisée : lien entre biens ; élasticité-revenu : réaction au revenu.

8. Rationalité et choix du consommateur

Notions clés & Définitions

  • Rationalité limitée : Herbert Alexander Simon, 1955 - Prise de décision dans laquelle l’individu, confronté à une information et à des capacités cognitives limitées, retient la première option qu’il juge satisfaisante plutôt que de classer toutes les options.
  • Rationalité : Choisir un comportement optimal par rapport aux buts que l’individu cherche à atteindre.
  • Utilité : Mesure du bonheur ou de la satisfaction, selon Mankiw (1998).

★ À maîtriser

  • Le consommateur cherche à obtenir le maximum de satisfaction sous la contrainte de ne pas dépenser plus que son revenu.

  • Les choix du consommateur dépendent de son revenu, des prix des biens et de ses préférences.

Compléments

  • Max Weber distingue quatre formes de rationalité :
    • calculée ou ciblée
    • affective
    • liée à la foi
    • traditionnelle

9. Préférences et courbes d’indifférence

Notions clés & Définitions

  • Courbe d’indifférence : Rassemble les paniers de biens qui procurent le même niveau de satisfaction au consommateur.

★ À maîtriser

📌 Les préférences du consommateur sont supposées satisfaire la complétude, la transitivité, la non-saturation et l’asymétrie de la préférence stricte.

  • Dans le cas présenté, les courbes d’indifférence sont décroissantes et convexes, ne se coupent pas et une courbe située plus haut correspond à une utilité plus élevée.

Compléments

  • Les courbes d’indifférence peuvent représenter des biens substituables, des biens parfaitement complémentaires ou des biens parfaitement substituables, ainsi que des situations avec un bien normal et un bien neutre ou indésirable.

10. Budget et optimum du consommateur

Notions clés & Définitions

  • Taux marginal de substitution : Quantité supplémentaire de bien 2 nécessaire pour compenser la réduction de la quantité de bien 1 à utilité constante.
  • Contrainte budgétaire : Ensemble des paniers accessibles au consommateur avec son revenu R.

★ À maîtriser

📐 Formule - La contrainte budgétaire de deux biens vérifie pAQA+pBQB≤Rp_AQ_A+p_BQ_B\leq R.

  • L’optimum du consommateur est le panier qui maximise l’utilité sous la contrainte budgétaire et correspond au point de tangence entre la droite de budget et une courbe d’indifférence.

Compléments

📐 Formule - La droite de budget s’écrit pAQA+pBQB=Rp_AQ_A+p_BQ_B=R, ou QB=−pApBQA+RpBQ_B=-\frac{p_A}{p_B}Q_A+\frac{R}{p_B}.

  • Une hausse du revenu déplace la droite de budget vers l’extérieur, tandis qu’une variation du prix d’un bien en modifie la pente et fait pivoter la droite.

📐 Formule - À l’optimum intérieur, le taux marginal de substitution en valeur absolue est égal au rapport des prix, soit TMS=pApBTMS=\frac{p_A}{p_B}.

📌 Une variation du prix d’un bien entraîne un effet de substitution, car le bien devient relativement moins attractif, et un effet de revenu, car le pouvoir d’achat change.

11. Production et rendements

Notions clés & Définitions

  • Fonction de production : Décrit les relations techniques entre facteurs et produits et indique le niveau maximal de produit obtenu pour chaque combinaison de facteurs.

★ À maîtriser

📌 À court terme, si un facteur augmente tandis que les autres restent constants, la production augmente d’abord, puis son accroissement supplémentaire diminue : c’est la loi des rendements décroissants.

📌 Les rendements d’échelle croissants, constants ou décroissants décrivent respectivement une hausse de la production plus que proportionnelle, proportionnelle ou moins que proportionnelle lorsque tous les facteurs augmentent proportionnellement.

Compléments

📐 Formule - La production s’écrit Q=f(K,L,T,…)Q=f(K,L,T,\ldots) en fonction des facteurs de production.

📐 Formule - Quand k est fixe et x variable dans Q=Q(k,x)Q=Q(k,x), la productivité moyenne de x est PM=Q/xPM=Q/x et sa productivité marginale est Pm=ΔQ/ΔxPm=\Delta Q/\Delta x.

  • Les rendements d’échelle croissants peuvent provenir de : la meilleure spécialisation des tâches, l’apprentissage des salariés avec l’augmentation de la taille, l’indivisibilité des équipements, la répartition des frais généraux fixes sur une production plus importante

  • Les rendements d’échelle décroissants peuvent provenir des inefficacités bureaucratiques et des difficultés de coordination lorsque la taille de l’entreprise devient trop grande.

Astuce mémo

Un facteur varie : rendements décroissants ; tous varient : rendements d’échelle.

12. Choix des facteurs et coûts

Notions clés & Définitions

  • Isoquante : Rassemble les combinaisons de deux facteurs de production qui permettent d’obtenir le même niveau de production.
  • Taux marginal de substitution technique : Indique la quantité de capital qui compense la réduction de terre à niveau de production constant.
  • Droite d’isocoût : Pour deux facteurs T et K, rassemble les combinaisons de facteurs qui coûtent le même montant, selon la relation C=pTT+pKKC=p_TT+p_KK.
  • Économies d’échelle : Diminution du coût moyen de long terme lorsque la production augmente.
  • Déséconomies d’échelle : Augmentation du coût moyen de long terme lorsque la production augmente.
  • Courbe des possibilités de production : Représente les combinaisons de produits accessibles étant donné un niveau de facteurs de production.

★ À maîtriser

  • L’entreprise choisit la combinaison de facteurs qui permet d’atteindre le niveau de production visé au moindre coût, au point où le taux marginal de substitution technique correspond au rapport des prix des facteurs.

📌 Les coûts fixes sont indépendants de la quantité produite, tandis que les coûts variables évoluent avec le volume de production ; le coût total est CT(Q)=CF+CV(Q)CT(Q)=CF+CV(Q).

📐 Formule - Pour un revenu fixé à R0R_0, la droite d’isorevenu s’écrit Y2=R0p2−p1p2Y1Y_2 = \frac{R_0}{p_2} - \frac{p_1}{p_2}Y_1.

📐 Formule - À l’optimum de combinaison des produits, le taux marginal de transformation vérifie TMT=−dY2dY1=p1p2TMT = -\frac{dY_2}{dY_1} = \frac{p_1}{p_2}.

Compléments

📌 Les facteurs substituables peuvent être remplacés les uns par les autres, tandis que les facteurs complémentaires doivent être combinés dans des proportions fixes ; les hommes et les machines illustrent le premier cas, et l’engrais et l’arrosage le second.

  • Les isoquantes sont décroissantes, ne se croisent pas et celles qui sont plus éloignées de l’origine correspondent à un niveau de production plus élevé.

  • Dans l’exemple présenté, le taux marginal de substitution technique est décroissant : au point B, il est inférieur à celui du point A.

📐 Formule - La pente de la droite d’isocoût est −pTpK-\frac{p_T}{p_K}.

📐 Formule - À la combinaison optimale, TMST(K,T)=pTpKTMST(K,T)=\frac{p_T}{p_K}.

  • La taille minimale d’efficience est atteinte lorsque les économies d’échelle deviennent insignifiantes et que le coût moyen de long terme est minimal.

13. L’optimum de production

Notions clés & Définitions

  • Profit : Le profit est égal à la recette totale moins le coût total.

★ À maîtriser

  • Les hypothèses du modèle sont : l’entreprise maximise son profit, elle choisit ses facteurs et sa quantité produite sans coûts d’ajustement, elle considère les prix des facteurs et de vente comme exogènes, toute sa production est vendue au prix du marché

📐 Formule - La recette marginale est Rm=ΔRΔQ=pRm = \frac{\Delta R}{\Delta Q} = p, le coût marginal est Cm=ΔCTΔQCm = \frac{\Delta CT}{\Delta Q} et le profit marginal est πm=Rm−Cm\pi_m = Rm - Cm.

📌 Si Rm>CmRm > Cm, l’entreprise augmente sa production ; si Rm<CmRm < Cm, elle la diminue ; lorsque Rm=CmRm = Cm, elle atteint son optimum de production.

📌 Le seuil de rentabilité est le prix au-dessus duquel l’entreprise réalise un profit positif, tandis que le seuil de fermeture est le prix en dessous duquel elle cesse de produire à court terme pour limiter ses pertes.

Compléments

📌 En concurrence pure et parfaite, la maximisation du profit conduit à p=Rm=Cmp = Rm = Cm ; la courbe de coût marginal décrit alors l’offre de l’entreprise.

📐 Formule - Le profit est positif lorsque p>CMp > CM ; en concurrence pure et parfaite, le maximum de profit vérifie la condition du second ordre R′′(Q∗)−C′′(Q∗)<0R''(Q^*) - C''(Q^*) < 0, satisfaite si la recette marginale décroît et le coût marginal croît.

  • Avec un prix de 670 €, une production de 7 unités et un coût total de 3 010 €, le profit est de 1 680 € ; à long terme, avec un prix de 390 € et une production de 6 unités, le profit est nul.

14. Imperfections et structures de marché

Notions clés & Définitions

  • Imperfection de marché : Une imperfection de marché est un écart aux conditions de la concurrence pure et parfaite qui peut entraîner une mauvaise fixation des prix ou une mauvaise allocation des ressources.
  • Défaillance de marché : Une défaillance de marché est une situation où la régulation par le marché ne permet pas une allocation ou une distribution optimale de certaines richesses.

★ À maîtriser

  • Les imperfections de marché comprennent :
    • le petit nombre d’offreurs ou de demandeurs
    • le pouvoir de marché
    • l’asymétrie d’information
    • les barrières à l’entrée
    • les produits non homogènes

Compléments

  • Les défaillances de marché comprennent : la sélection adverse et l’aléa moral liés à l’asymétrie d’information, les biens collectifs et les biens communs, les externalités, l’irrationalité des agents

15. Monopole et concurrences imparfaites

★ À maîtriser

📌 En concurrence pure et parfaite, les entreprises sont preneuses de prix et RT=pQRT = pQ ainsi que Rm=pRm = p ; en monopole, le producteur influence le prix par la quantité et RT=p(Q)QRT = p(Q)Q.

📌 En concurrence monopolistique, plusieurs entreprises proposent des produits différenciés et l’entrée de nouvelles firmes réduit à long terme la demande adressée à chaque entreprise et ses profits ; le monopole conserve des surprofits à long terme faute de nouvelle entrée.

  • En oligopole, quelques offreurs ont un poids significatif et leurs décisions de prix, de production ou de publicité dépendent des réactions attendues des concurrents.

Compléments

📐 Formule - En monopole, la recette marginale est la variation de la recette totale RT=p(Q)QRT = p(Q)Q lorsque la quantité produite augmente.

  • Avec la demande p=20−2Qp = 20 - 2Q et le coût marginal Cm=2QCm = 2Q, l’équilibre concurrentiel est Q∗=5Q^* = 5 et p∗=10p^* = 10, tandis que l’équilibre de monopole est Q∗=10/3Q^* = 10/3 et p∗=40/3p^* = 40/3.

  • Le monopole peut résulter de brevets ou du contrôle d’une ressource rare, d’une exploitation accordée ou protégée par l’État, d’économies d’échelle ou d’un marché trop petit, ainsi que de barrières stratégiques, de capitaux nécessaires, de coûts de transfert, du contrôle de la distribution ou de la différenciation du produit.

📌 La concurrence monopolistique compte beaucoup d’entreprises, un pouvoir de marché limité et des barrières faibles à moyennes, tandis que l’oligopole compte peu d’entreprises, des barrières élevées et une forte interdépendance stratégique.

Astuce mémo

En monopole, l’entrée est bloquée ; en concurrence monopolistique, de nouvelles firmes entrent à long terme.

16. Biens collectifs et externalités

Notions clés & Définitions

  • Externalité : Une externalité est un effet secondaire d’une activité de production ou de consommation qui affecte un tiers sans compensation financière.

★ À maîtriser

📌 Les biens collectifs sont non rivaux et non exclusifs, les biens communs sont rivaux et non exclusifs, les biens de club sont non rivaux et exclusifs, et les biens privés sont rivaux et exclusifs.

📌 Les externalités de production sont liées au processus de production, tandis que les externalités de consommation sont liées à l’usage ou à la consommation d’un bien ; elles peuvent être positives ou négatives.

Compléments

  • La tragédie des communs peut être combattue par la nationalisation, la privatisation ou la gestion collective par les communautés locales ; ces solutions visent à internaliser les coûts et bénéfices pour assurer la pérennité de la ressource.

  • Une externalité est un effet secondaire inattendu ou non souhaité sans contrepartie marchande, et l’optimum social diffère de l’optimum de marché.

Astuce mémo

Exclusion et rivalité distinguent biens collectifs, biens communs, biens de club et biens privés.

17. Asymétrie d’information

Notions clés & Définitions

  • Sélection adverse : La sélection adverse est une asymétrie d’information portant sur le bien ou le service proposé, une partie disposant d’une information cachée à l’autre, par exemple sur la qualité du produit.
  • Aléa moral : L’aléa moral est une modification du comportement d’un agent après la signature d’un contrat, souvent non contrôlable ou prévisible.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle des voitures d’occasion, le prix moyen anticipé par les acheteurs est de 2 000 € ; les voitures de bonne qualité quittent alors progressivement le marché, ce qui dégrade la qualité globale et laisse à terme les seules voitures de mauvaise qualité vendues 1 000 €. - Akerlof

Compléments

  • Dans l’exemple d’Akerlof sur les voitures d’occasion, les voitures de bonne qualité valent 3 000 € et celles de mauvaise qualité 1 000 €, avec autant de voitures de chaque qualité et des vendeurs seuls informés de la qualité. - G. Akerlof, The Market for lemons, 1970

  • La réduction de l’asymétrie d’information peut passer par la signalisation, le filtrage ou la réputation des vendeurs.

Astuce mémo

Sélection adverse avant le contrat ; aléa moral après sa signature.

18. Marchés agricoles et agroalimentaires

★ À maîtriser

  • Les limites du marché agricole sont :

    • l’atomicité non respectée
    • l’homogénéité discutable
    • la transparence limitée
    • la libre entrée et sortie entravée
    • la rigidité de l’offre à court terme
  • Dans le modèle de Cobweb d’Ezekiel, le retard d’ajustement de l’offre et de la demande fait fluctuer les prix et les quantités ; ces fluctuations sont plus importantes lorsque l’offre et la demande sont plus inélastiques au prix.

Compléments

  • Selon Boussard (2010), l’accumulation du capital, les formes des courbes d’offre et de demande et la réduction des risques par les producteurs et les banques empêchent le modèle de Cobweb d’atteindre des valeurs extrêmes. - Pourquoi l’instabilité est-elle une caractéristique structurelle des marchés agricoles ?
  • Les facteurs exogènes de volatilité comprennent : les perturbations climatiques, les maladies des plantes et des animaux, la perte de confiance des consommateurs après des crises sanitaires, l’évolution du régime alimentaire, le renchérissement du prix du pétrole, le démantèlement progressif des mécanismes de régulation de la PAC depuis les années 2000, les comportements des spéculateurs

  • Sur le marché agroalimentaire, l’atomicité n’est pas respectée, les produits sont différenciés, les barrières à l’entrée sont importantes et certains industriels ou distributeurs disposent d’un pouvoir de marché, contrairement aux producteurs agricoles qui ont souvent peu de pouvoir de négociation.

Astuce mémo

Offre agricole rigide → ajustement retardé → fluctuations de prix.

Teste tes connaissances

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1. Quelle conception de l’économie E. Malinvaud propose-t-il ?

2. Une équipe étudie d’abord les décisions d’achat d’un ménage pour un produit précis, puis l’évolution de la production totale d’un pays. Comment classer ces deux analyses ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Élasticités et choix économiques avec 89 flashcards interactives.

Quelle définition de l’économie E. Malinvaud propose-t-il ?

L’étude de l’emploi des ressources rares pour satisfaire les besoins humains en société.

Qui a proposé cette définition de l’économie ?

E. Malinvaud.

Que distingue la microéconomie dans l’analyse économique ?

Les agents économiques individuellement et les biens spécifiques.

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