QCM : Genèse de l’État-providence — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond le mieux à l’État-providence ?

L’organisation administrative chargée de contrôler les échanges commerciaux nationaux
Le système fiscal destiné à financer les infrastructures et les services municipaux
L’ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale de la population
L’ensemble des assurances privées couvrant les dommages subis par les ménages

L’ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale de la population

Explication

L’État-providence regroupe les interventions publiques qui visent à assurer la sécurité économique et sociale de la population. La Sécurité sociale n’en représente qu’une composante, et non l’ensemble du dispositif.

2. Quelle distinction décrit correctement le rapport entre protection sociale et Sécurité sociale française ?

La protection sociale englobe plusieurs mécanismes collectifs, dont la Sécurité sociale constitue une partie
La Sécurité sociale finance les risques sociaux, tandis que la protection sociale organise les contrats de travail
La protection sociale concerne les salariés, tandis que la Sécurité sociale concerne les personnes sans emploi
La Sécurité sociale englobe plusieurs mécanismes collectifs, dont la protection sociale constitue une partie

La protection sociale englobe plusieurs mécanismes collectifs, dont la Sécurité sociale constitue une partie

Explication

La protection sociale est l’ensemble plus large des mécanismes collectifs de protection contre les risques sociaux. La Sécurité sociale française en constitue une partie, aux côtés notamment de l’assurance chômage, de l’aide sociale et de dispositifs complémentaires.

3. Quelle transformation caractérise la protection sociale après 1945 ?

Elle devient principalement facultative et repose sur des contrats individuels conclus avec des assureurs
Elle se limite aux salariés industriels et abandonne progressivement les dispositifs d’assistance publique
Elle se généralise, se codifie et s’institutionnalise grâce à des ressources permanentes et au droit
Elle se privatise, se décentralise et dépend davantage de financements ponctuels des associations

Elle se généralise, se codifie et s’institutionnalise grâce à des ressources permanentes et au droit

Explication

Après 1945, la protection sociale s’étend à la population, s’inscrit dans des règles juridiques et se stabilise grâce à des ressources permanentes. Cette évolution ne correspond donc pas à une privatisation ou à une organisation principalement facultative.

4. Comment définir un risque social ?

Une difficulté économique touchant les entreprises sans modifier la situation des ménages
Une dépense privée engagée par un individu pour améliorer son niveau de vie
Une décision publique visant à redistribuer les revenus entre différentes catégories sociales
Un événement pouvant réduire le revenu d’un ménage ou accroître ses dépenses

Un événement pouvant réduire le revenu d’un ménage ou accroître ses dépenses

Explication

Un risque social peut diminuer les ressources d’un ménage ou augmenter ses charges, comme la maladie, le chômage ou la vieillesse. La vieillesse illustre un risque social prévisible, et non un événement nécessairement aléatoire.

5. Quelles sont les trois fonctions économiques de l’intervention publique selon Richard Musgrave ?

Financer les retraites, contrôler les prix et développer les exportations
Protéger les entreprises, réduire les impôts et accroître l’épargne des ménages
Produire des biens privés, réglementer les salaires et équilibrer les échanges extérieurs
Allouer des biens collectifs, redistribuer les revenus et stabiliser l’activité

Allouer des biens collectifs, redistribuer les revenus et stabiliser l’activité

Explication

Richard Musgrave distingue l’allocation des biens et services collectifs, la redistribution des revenus et la stabilisation de l’activité économique. Les autres réponses citent des politiques particulières qui ne forment pas cette triple classification.

6. Quel enchaînement correspond aux assurances sociales instaurées par Otto von Bismarck en Allemagne ?

Accidents du travail en 1883, maladie en 1884, chômage et famille en 1889
Vieillesse en 1883, invalidité en 1884, maladie et maternité en 1889
Chômage en 1883, vieillesse en 1884, accidents du travail et maladie en 1889
Maladie en 1883, accidents du travail en 1884, vieillesse et invalidité en 1889

Maladie en 1883, accidents du travail en 1884, vieillesse et invalidité en 1889

Explication

Bismarck instaure l’assurance maladie en 1883, celle contre les accidents du travail en 1884, puis l’assurance vieillesse et invalidité en 1889. Cette chronologie fonde le modèle assurantiel allemand de la fin du XIXe siècle.

7. Quel principe caractérise le modèle bismarckien de protection sociale ?

Une assurance obligatoire liée au travail, financée par des cotisations et donnant souvent des prestations liées au salaire antérieur
Une assistance réservée aux ménages pauvres, financée par des dons et accordée après enquête sociale
Une protection uniforme de tous les résidents, financée principalement par l’impôt et indépendante de l’activité professionnelle
Une couverture volontaire proposée aux salariés, financée par des primes privées et sans référence aux revenus antérieurs

Une assurance obligatoire liée au travail, financée par des cotisations et donnant souvent des prestations liées au salaire antérieur

Explication

Le modèle bismarckien rattache les droits sociaux au travail et aux cotisations salariales et patronales, avec des prestations souvent proportionnelles au salaire antérieur. La protection uniforme de tous les résidents correspond plutôt à la logique beveridgienne.

8. Quel objectif caractérise le rapport publié par William Beveridge en novembre 1942 ?

Financer les retraites par des caisses professionnelles autonomes
Combattre cinq fléaux sociaux, dont la maladie et le chômage
Organiser l’aide sociale selon le niveau de patrimoine familial
Réserver la protection sociale aux salariés cotisants

Combattre cinq fléaux sociaux, dont la maladie et le chômage

Explication

Le rapport de 1942 propose de combattre la misère, la maladie, l’ignorance, l’insalubrité et le chômage. La protection réservée aux salariés cotisants correspond davantage à la logique bismarckienne fondée sur le statut professionnel.

9. Une personne sans emploi, sans antécédent de cotisation, peut-elle relever du modèle beveridgien ?

Non, car l’accès suppose une affiliation à une caisse liée au métier
Oui, car ce modèle protège la personne comme membre de la communauté nationale
Non, car les prestations dépendent d’abord des cotisations professionnelles versées
Oui, mais seulement si elle possède un revenu professionnel antérieur

Oui, car ce modèle protège la personne comme membre de la communauté nationale

Explication

Le modèle beveridgien repose sur l’universalité et protège la personne en tant que membre de la communauté nationale. L’exigence d’une carrière contributive ou d’une affiliation professionnelle renvoie plutôt au modèle bismarckien.

10. Quelle combinaison associe correctement les trois formes de protection sociale ?

Cotisation pour l’assurance, ressources pour l’assistance, résidence ou citoyenneté pour l’universalité
Résidence pour l’assurance, cotisation pour l’assistance, patrimoine pour l’universalité
Emploi pour l’assurance, patrimoine pour l’assistance, métier pour l’universalité
Ressources pour l’assurance, citoyenneté pour l’assistance, cotisation pour l’universalité

Cotisation pour l’assurance, ressources pour l’assistance, résidence ou citoyenneté pour l’universalité

Explication

L’assurance ouvre des droits grâce aux cotisations antérieures, l’assistance dépend généralement des ressources et la protection universelle repose sur la résidence ou la citoyenneté. Les autres combinaisons attribuent à chaque mécanisme une condition qui relève d’un autre dispositif.

11. Une prestation accordée à toute personne résidant légalement sur un territoire, sans examen de ses cotisations ni de ses ressources, relève de quelle logique ?

La protection universelle fondée sur la résidence
L’assurance sociale fondée sur les cotisations
La couverture professionnelle liée au statut d’emploi
L’assistance sociale soumise à une condition de ressources

La protection universelle fondée sur la résidence

Explication

Une prestation attribuée en raison de la résidence relève de la protection universelle, qui garantit un service ou une prestation selon la résidence ou la citoyenneté. L’assurance suppose des cotisations antérieures, tandis que l’assistance dépend généralement des ressources.

12. Lors d’un ralentissement économique, pourquoi les prestations sociales peuvent-elles limiter la baisse de la demande ?

Elles augmentent automatiquement l’investissement privé des entreprises
Elles réduisent les cotisations afin d’accroître directement les exportations
Elles financent une nouvelle infrastructure avant chaque versement social
Elles remplacent une partie du revenu perdu et soutiennent la consommation

Elles remplacent une partie du revenu perdu et soutiennent la consommation

Explication

Les prestations remplacent une partie du revenu perdu, ce qui soutient la consommation et limite automatiquement la contraction de la demande. Une relance de l’investissement ou des infrastructures suppose plutôt une décision publique spécifique.

13. Quelle orientation les analyses de John Maynard Keynes ont-elles légitimée après la crise de 1929 ?

Une intervention publique pour soutenir l’investissement, la demande et l’emploi
Une réduction de l’action publique afin de laisser les marchés rétablir l’emploi
Une politique centrée sur la reconstruction européenne face au communisme
Une protection sociale limitée au remboursement des cotisations professionnelles

Une intervention publique pour soutenir l’investissement, la demande et l’emploi

Explication

Les analyses keynésiennes légitiment une intervention publique destinée à soutenir l’investissement, la demande et l’emploi. La reconstruction européenne et la consolidation politique des démocraties relèvent plutôt du rôle du plan Marshall.

14. Que met en place le Social Security Act adopté aux États-Unis en 1935 ?

Un régime général réunissant les assurances professionnelles dans une caisse nationale unique
Un système de protection fondé sur des caisses paritaires administrées par les employeurs et les salariés
Un service national de santé financé principalement par l’impôt et ouvert à toute la population
Un régime fédéral de retraite, une assurance chômage coordonnée avec les États et des mécanismes d’assistance

Un régime fédéral de retraite, une assurance chômage coordonnée avec les États et des mécanismes d’assistance

Explication

Le Social Security Act de 1935 associe une retraite fédérale, une assurance chômage organisée avec les États et plusieurs formes d’assistance. Le service national de santé financé par l’impôt correspond plutôt à l’expérience britannique du NHS.

15. Quelle caractéristique distingue principalement le National Health Service britannique mis en fonctionnement en 1948 d’une assurance sociale professionnelle ?

Il organise l’assistance à partir de caisses professionnelles séparées
Il finance les retraites par des contributions versées par les employeurs
Il réserve les soins aux travailleurs ayant versé des cotisations régulières
Il garantit un accès universel aux soins principalement financé par l’impôt

Il garantit un accès universel aux soins principalement financé par l’impôt

Explication

Le NHS repose sur un accès universel aux soins et sur un financement principalement fiscal. L’assurance sociale professionnelle, au contraire, lie davantage la protection au statut de travailleur cotisant.

16. Dans une économie ordolibérale, quel rôle revient principalement à l’État ?

Diriger les entreprises publiques et déterminer directement les volumes de production
Limiter l’action publique à la redistribution sans intervenir dans les règles économiques
Remplacer les mécanismes de marché par une planification détaillée des activités
Fixer des règles stables, préserver la concurrence et garantir la stabilité monétaire

Fixer des règles stables, préserver la concurrence et garantir la stabilité monétaire

Explication

Selon l’ordolibéralisme associé notamment à Walter Eucken, l’État établit le cadre concurrentiel et monétaire sans diriger directement la production. La direction directe de la production relève plutôt d’une logique dirigiste.

17. À quelle date le programme du Conseil national de la Résistance a-t-il été adopté ?

Le 31 décembre 1958
Le 22 mai 1946
Le 4 octobre 1945
Le 15 mars 1944

Le 15 mars 1944

Explication

Le programme du CNR est adopté le 15 mars 1944 et prévoit un plan complet de Sécurité sociale. Les autres dates renvoient à des étapes ultérieures de l’organisation ou de l’assurance chômage.

18. Quel objectif central le programme du Conseil national de la Résistance assigne-t-il à la Sécurité sociale ?

Organiser une assurance chômage séparée gérée par l’Unédic
Garantir des moyens d’existence aux personnes qui ne peuvent les obtenir par leur travail
Réserver une couverture aux salariés financée par leurs cotisations professionnelles
Financer un service national de santé principalement par l’impôt

Garantir des moyens d’existence aux personnes qui ne peuvent les obtenir par leur travail

Explication

Le programme du CNR vise à garantir des moyens d’existence aux personnes privées de la possibilité de les obtenir par le travail. Cette ambition de protection dépasse le cadre d’une assurance professionnelle fondée sur les cotisations.

19. Que font les ordonnances françaises des 4 et 19 octobre 1945 ?

Elles organisent la Sécurité sociale autour d’un régime général coordonnant les assurances existantes
Elles instaurent le NHS avec un accès universel aux soins financé par l’impôt
Elles créent l’assurance chômage paritaire administrée autour de l’Unédic
Elles remplacent les cotisations professionnelles par un financement fiscal intégral

Elles organisent la Sécurité sociale autour d’un régime général coordonnant les assurances existantes

Explication

Les ordonnances d’octobre 1945 structurent la Sécurité sociale française autour d’un régime général qui rassemble et coordonne les assurances existantes. L’assurance chômage demeure alors institutionnellement distincte et n’est créée qu’en 1958.

20. Pourquoi peut-on qualifier le système français de protection sociale d’hybride ?

Il combine une assistance financée par l’impôt avec une administration directe de toute la production
Il repose sur un service national de santé fiscal et des assurances réservées aux fonctionnaires
Il associe une logique bismarckienne liée au travail et aux cotisations à une ambition universaliste
Il privilégie les caisses professionnelles tout en excluant une extension générale de la protection

Il associe une logique bismarckienne liée au travail et aux cotisations à une ambition universaliste

Explication

Le modèle français conserve une forte inspiration bismarckienne par le rôle du travail, des cotisations et des caisses, tout en poursuivant une ambition universaliste proche de Beveridge. Il ne se réduit donc ni à l’assurance professionnelle ni à un système entièrement fiscal.

21. Quelle fonction Pierre Laroque exerce-t-il dans la fondation de la Sécurité sociale française ?

Il organise le NHS britannique et supervise son financement fiscal
Il conduit matériellement la création des caisses en tant que ministre du Travail
Il négocie la convention d’assurance chômage et dirige ensuite l’Unédic
Il conçoit l’architecture administrative du système et devient son premier directeur général

Il conçoit l’architecture administrative du système et devient son premier directeur général

Explication

Pierre Laroque conçoit l’architecture administrative de la Sécurité sociale française et en devient le premier directeur général. La conduite concrète des caisses et la défense de la généralisation sont surtout associées à Ambroise Croizat.

22. Quel rôle Ambroise Croizat joue-t-il dans la mise en place de la Sécurité sociale française ?

Il conduit la création concrète des caisses et défend l’objectif de généralisation en 1946
Il fixe les règles de concurrence et la stabilité monétaire dans une perspective ordolibérale
Il crée l’assurance chômage paritaire autour de l’Unédic en 1958
Il élabore principalement l’architecture administrative et devient le premier directeur général

Il conduit la création concrète des caisses et défend l’objectif de généralisation en 1946

Explication

Ambroise Croizat, ministre du Travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947, conduit la mise en œuvre concrète des caisses et défend la loi du 22 mai 1946. La conception de l’architecture administrative relève principalement de Pierre Laroque.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 54 flashcards sur Genèse de l’État-providence.

Qu'est-ce que désigne l'État-providence ?

L'ensemble des interventions publiques garantissant la sécurité économique et sociale.

Que regroupe la protection sociale ?

Les mécanismes collectifs protégeant contre les risques sociaux.

La Sécurité sociale française inclut-elle l'assurance chômage ?

Oui, elle en constitue une partie avec d'autres dispositifs.

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