QCM : Histoire de la pensée économique — 19 questions

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie la dépendance au sentier appliquée à l’histoire de la pensée économique ?

Le savoir actuel résulte de bifurcations antérieures, de choix irréversibles et de faux départs
Le savoir actuel progresse par accumulation régulière de théories toujours plus précises
Le savoir actuel se construit en écartant les débats anciens devenus sans portée analytique
Le savoir actuel dépend principalement des innovations techniques apparues dans les économies modernes

Le savoir actuel résulte de bifurcations antérieures, de choix irréversibles et de faux départs

Explication

La dépendance au sentier souligne que les connaissances économiques contemporaines sont façonnées par des bifurcations passées, des décisions irréversibles et des erreurs. L’idée d’une accumulation régulière correspond plutôt à une lecture progressiste de l’histoire.

2. Quelle opposition distingue le mieux les visions progressiste et réflexive de l’histoire de la pensée économique ?

La vision progressiste recherche un savoir cumulatif, tandis que la vision réflexive révèle les limites et les impasses de nos raisonnements
La vision progressiste étudie les faits économiques, tandis que la vision réflexive se concentre sur les institutions politiques
La vision progressiste privilégie les auteurs anciens, tandis que la vision réflexive privilégie les modèles économiques contemporains
La vision progressiste critique les théories dominantes, tandis que la vision réflexive affirme leur validité générale

La vision progressiste recherche un savoir cumulatif, tandis que la vision réflexive révèle les limites et les impasses de nos raisonnements

Explication

La vision progressiste présente l’histoire comme une marche vers un savoir supérieur, alors que la vision réflexive s’en sert pour examiner les limites de notre pensée. L’étude des auteurs anciens ou contemporains ne constitue pas le critère décisif de cette distinction.

3. Quelle caractéristique distingue l’économie naturelle athénienne de l’économie marchande ?

L’économie naturelle repose sur le capitalisme commercial, tandis que l’économie marchande limite la circulation monétaire
L’économie naturelle privilégie les importations maritimes, tandis que l’économie marchande repose sur une agriculture autosuffisante
L’économie naturelle privilégie l’autarcie agricole, tandis que l’économie marchande repose sur la monnaie et les échanges maritimes
L’économie naturelle est dirigée par les marchands, tandis que l’économie marchande est dominée par l’aristocratie foncière

L’économie naturelle privilégie l’autarcie agricole, tandis que l’économie marchande repose sur la monnaie et les échanges maritimes

Explication

L’économie naturelle athénienne est associée à l’aristocratie foncière, à l’agriculture et à l’autarcie, tandis que l’économie marchande implique la monétarisation et le commerce maritime. Les autres réponses inversent ces caractéristiques ou attribuent aux deux économies des traits incompatibles.

4. Quelle conséquence accompagne la mutation marchande d’Athènes ?

Elle favorise le travail servile, accroît les importations et fait émerger des marchands riches sans droits politiques de citoyen
Elle maintient l’autarcie agricole, limite les échanges maritimes et élargit la citoyenneté aux négociants prospères
Elle réduit le travail servile, diminue les importations et renforce le pouvoir politique des aristocrates fonciers
Elle supprime les écarts de richesse, ralentit la circulation commerciale et confie le pouvoir aux artisans urbains

Elle favorise le travail servile, accroît les importations et fait émerger des marchands riches sans droits politiques de citoyen

Explication

La transformation marchande athénienne s’accompagne d’une forte expansion du travail servile, d’importations croissantes et de l’apparition de marchands enrichis mais exclus de la citoyenneté politique. Les autres propositions décrivent une réduction des échanges ou une intégration politique qui ne correspondent pas à cette mutation.

5. Comment la justice est-elle définie dans la cité platonicienne ?

Elle consiste à attribuer à chacun sa place dans une cité orientée vers le salut des âmes
Elle consiste à garantir la même fonction sociale à tous les membres de la cité
Elle consiste à répartir les biens selon la quantité produite par chaque citoyen
Elle consiste à permettre aux plus riches de gouverner selon leurs intérêts matériels

Elle consiste à attribuer à chacun sa place dans une cité orientée vers le salut des âmes

Explication

Pour Platon, la justice repose sur l’attribution à chacun de la place qui lui revient dans une cité ordonnée vers le salut des âmes. La quantité produite relève d’une autre logique, et la richesse ne fonde pas la justice platonicienne.

6. Pourquoi Platon veut-il abolir la monnaie et la propriété privée chez les gardiens et les guerriers ?

Pour empêcher les métaux précieux de les convertir en oligarchies rapaces
Pour favoriser l’accumulation individuelle nécessaire au financement des guerres
Pour permettre aux producteurs agricoles de contrôler les institutions politiques
Pour stimuler leur participation aux échanges commerciaux et maritimes

Pour empêcher les métaux précieux de les convertir en oligarchies rapaces

Explication

Platon veut soustraire les gardiens et les guerriers à la monnaie et à la propriété privée afin que les métaux précieux ne les transforment pas en oligarchies rapaces. Cette mesure vise donc à protéger l’ordre politique contre la corruption par la richesse, et non à développer l’accumulation individuelle.

7. Quel objectif caractérise l’oikonomia selon Aristote ?

Développer les échanges lointains en recherchant des excédents commerciaux
Accumuler de l’argent afin d’accroître indéfiniment la richesse personnelle
Satisfaire les besoins en gérant le domaine et en produisant une valeur d’usage
Transformer les prêts monétaires en revenus réguliers pour le prêteur

Satisfaire les besoins en gérant le domaine et en produisant une valeur d’usage

Explication

L’oikonomia désigne la gestion naturelle et légitime du domaine en vue de satisfaire les besoins et de produire une valeur d’usage. L’accumulation de l’argent pour lui-même relève de la chrématistique, et non de l’oikonomia.

8. Pourquoi Aristote juge-t-il la chrématistique dangereuse lorsqu’elle n’est soumise à aucune limite ?

Parce qu’elle oblige les producteurs à vendre leurs biens à un prix commun
Parce qu’elle empêche la division du travail dans les communautés domestiques
Parce qu’elle réduit la monnaie à un simple instrument des échanges locaux
Parce qu’elle fait de l’accumulation monétaire une fin indépendante des besoins

Parce qu’elle fait de l’accumulation monétaire une fin indépendante des besoins

Explication

La chrématistique devient dangereuse lorsqu’elle recherche l’argent pour lui-même, sans rapport avec la satisfaction des besoins. La réduction de la monnaie à un instrument limité correspond davantage à l’usage encadré qu’Aristote lui reconnaît.

9. Quel raisonnement explique la condamnation aristotélicienne de l’usure ?

Elle réserve les échanges monétaires aux corporations urbaines et aux grands marchands
Elle transforme injustement la monnaie, faite pour échanger, en source d’accumulation
Elle diminue les recettes publiques nécessaires au financement des armées royales
Elle empêche les ménages de produire une valeur d’usage dans leur domaine

Elle transforme injustement la monnaie, faite pour échanger, en source d’accumulation

Explication

Aristote condamne l’usure parce qu’elle exige une monnaie née d’une monnaie et détourne ainsi l’usage de la monnaie vers l’accumulation. Les corporations urbaines et le financement des armées appartiennent à d’autres cadres historiques.

10. À quelle finalité la pensée économique médiévale subordonne-t-elle l’économie ?

À la théologie et au droit, dans une perspective liée au salut
À la recherche privée du profit, dans une perspective d’expansion marchande
À des lois naturelles, dans une perspective d’ordre spontané de la production
À la puissance de l’État-nation, dans une perspective de rivalité commerciale

À la théologie et au droit, dans une perspective liée au salut

Explication

La pensée médiévale inscrit l’économie dans la théologie et le droit, avec une préoccupation centrale pour le salut. La puissance étatique caractérise le mercantilisme, tandis que les lois naturelles sont associées aux physiocrates.

11. Dans quel cas une majoration du prix peut-elle être considérée comme légitime dans la conception médiévale du juste prix ?

Lorsque le produit est vendu dans une ville où les échanges sont nombreux
Lorsque le vendeur profite d’une demande élevée sans subir de préjudice
Lorsque l’acheteur accepte spontanément une hausse proposée par le vendeur
Lorsque le vendeur compense une perte réelle liée à la vente

Lorsque le vendeur compense une perte réelle liée à la vente

Explication

Le juste prix peut inclure une majoration lorsque le vendeur subit une perte réelle, car celle-ci compense un préjudice effectivement éprouvé. Une hausse fondée sur la seule demande ou sur l’accord de l’acheteur ne suffit pas à la rendre légitime.

12. Pourquoi la pensée médiévale condamne-t-elle l’usure ?

Parce qu’elle rattache les prix aux lois naturelles plutôt qu’à l’estimation commune
Parce qu’elle renforce la concurrence entre les marchands et réduit les monopoles urbains
Parce qu’elle détourne les surplus agricoles vers les corporations des villes artisanales
Parce qu’elle fait payer l’usage d’une chose qui se détériore ou vend un temps appartenant à Dieu

Parce qu’elle fait payer l’usage d’une chose qui se détériore ou vend un temps appartenant à Dieu

Explication

L’usure est condamnée car elle fait payer l’usage d’une chose qui se détruit par l’usage ou prétend vendre le temps, considéré comme appartenant à Dieu. Le déplacement des surplus agricoles concerne le circuit économique médiéval, non la justification morale de cette condamnation.

13. Comment le mercantilisme conçoit-il le commerce international dans un monde où la richesse est considérée comme fixe ?

Comme un mécanisme indépendant de la puissance politique et militaire des États
Comme un échange généralement bénéfique grâce à l’augmentation de la richesse mondiale
Comme une guerre d’argent où le gain d’un pays représente la perte d’un autre
Comme une activité secondaire destinée à équilibrer les productions agricoles nationales

Comme une guerre d’argent où le gain d’un pays représente la perte d’un autre

Explication

Le mercantilisme considère le commerce extérieur comme un jeu à somme nulle, comparable à une guerre d’argent entre États. L’idée d’un échange mutuellement bénéfique et d’une richesse mondiale extensible relève plutôt de l’optimisme libéral.

14. Quelle politique commerciale correspond à l’objectif mercantiliste de renforcer la puissance de l’État ?

Rechercher une balance commerciale structurellement excédentaire afin d’accroître les ressources de l’État
Limiter les interventions publiques pour laisser les échanges déterminer librement les spécialisations
Favoriser des importations supérieures aux exportations afin d’élargir la consommation intérieure
Remplacer les recettes commerciales par une organisation fondée sur les lois naturelles

Rechercher une balance commerciale structurellement excédentaire afin d’accroître les ressources de l’État

Explication

Le mercantilisme vise un excédent commercial durable afin de renforcer la puissance financière et politique de l’État. Une balance déficitaire ou une limitation de l’intervention publique contredit cette orientation étatique.

15. Selon la théorie quantitative de la monnaie associée à Jean Bodin, que se produit-il lorsque la quantité de monnaie augmente sans création correspondante de richesses réelles ?

Une stabilité des prix favorise la compétitivité extérieure
Une hausse automatique de la production accroît la richesse réelle
Une baisse générale des prix stimule durablement la consommation
Une hausse générale des prix apparaît sous forme d’inflation

Une hausse générale des prix apparaît sous forme d’inflation

Explication

Jean Bodin relie l’abondance monétaire dépourvue de richesses nouvelles à une hausse générale des prix, c’est-à-dire à l’inflation. Une augmentation de la monnaie ne garantit donc pas une production supplémentaire ni un enrichissement réel.

16. Quelle relation Jean Bodin établit-il entre la monnaie et les prix ?

La masse monétaire influence le niveau général des prix
La production réelle fixe mécaniquement la masse monétaire
La quantité d’or détermine directement la richesse réelle
Les prix diminuent lorsque la circulation monétaire augmente

La masse monétaire influence le niveau général des prix

Explication

Jean Bodin est présenté comme le premier à relier explicitement la masse monétaire au niveau général des prix. Cette relation ne signifie pas que l’or, à lui seul, assure une hausse de la richesse réelle.

17. Quelle conséquence l’Espagne connaît-elle après avoir appliqué un bullionisme strict fondé sur l’or des Amériques ?

Une inflation dévastatrice qui ruine sa compétitivité
Une croissance industrielle qui renforce ses exportations
Une déflation durable qui augmente le pouvoir d’achat
Une diversification productive qui réduit sa dépendance minière

Une inflation dévastatrice qui ruine sa compétitivité

Explication

L’afflux d’or américain et le bullionisme strict provoquent en Espagne une inflation dévastatrice, qui affaiblit sa compétitivité. La richesse métallique ne se transforme donc pas automatiquement en puissance productive durable.

18. Quelle évolution intellectuelle commence à contester l’interventionnisme étatique à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle ?

La priorité donnée aux réserves métalliques et au contrôle des importations
L’affirmation des droits naturels et la régulation spontanée du marché
Le renforcement des privilèges commerciaux accordés par l’État
La généralisation des monopoles publics dans les échanges extérieurs

L’affirmation des droits naturels et la régulation spontanée du marché

Explication

Les droits naturels et l’idée d’une régulation spontanée par le marché commencent alors à s’opposer à l’interventionnisme étatique. Les monopoles et le contrôle des échanges relèvent plutôt de la logique mercantiliste contestée.

19. Comment John Locke conçoit-il la propriété ?

Comme une institution subordonnée aux exigences du salut collectif
Comme un privilège réservé aux membres d’une communauté politique
Comme un droit naturel inaliénable de l’individu
Comme une concession révocable accordée par le souverain

Comme un droit naturel inaliénable de l’individu

Explication

John Locke présente la propriété comme un droit naturel individuel et inaliénable. Cette conception se distingue de la pensée médiévale, qui l’encadre davantage au nom du salut et de la justice.

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Qu'est-ce que la dépendance au sentier en économie ?

Le savoir économique découle de choix passés irréversibles.

Quelle différence la vision progressiste établit-elle en histoire économique ?

Elle voit l'histoire comme une progression vers un savoir supérieur.

Que fait la vision réflexive de l'histoire de la pensée économique ?

Elle sert à comprendre les limites de nos propres pensées.

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