Fiche de révision : Inégalités sociales et économiques

📋 Plan du Cours

  1. Population mondiale et revenu par habitant
  2. Espérance de vie et mortalité infantile
  3. Concentration de la propriété en France
  4. Répartition de la propriété des 50 % pauvres
  5. Composition des patrimoines selon le revenu
  6. Inégalités de revenus travail et capital
  7. Impôt progressif sur revenus et successions
  8. Actifs privés et revenu national
  9. Lien entre impôt supérieur et croissance
  10. Concentration de la propriété Europe et États-Unis
  11. Accès à l’enseignement supérieur selon le revenu
  12. Discriminations et inégalités de genre

📖 1. Population mondiale et revenu par habitant

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tendance de long terme : Notion décrivant une évolution sur une très longue période, qui peut masquer des variations à court terme.
  • Inégalités non linéaires : Notion selon laquelle l’évolution des inégalités n’est pas régulière, mais faite de phases alternées.
  • Contre-tendance récente : Notion désignant une période où l’évolution observée s’écarte de la tendance de long terme.
  • Revenu par habitant : Indicateur de niveau de vie qui rapporte le revenu à la population, utile pour comparer des situations entre pays ou périodes.

📝 Points essentiels

  • Depuis un peu plus de deux siècles, les inégalités tendraient globalement à diminuer plutôt qu’à augmenter.
  • L’idée d’une hausse continue des inégalités est contre-intuitive car elle ne décrit pas l’ensemble de la dynamique historique.
  • L’évolution des inégalités n’est pas linéaire : elle passe par des crises, des périodes de croissance, d’apaisement et de révoltes.
  • La complexité des trajectoires humaines rend l’évolution difficile à résumer par une seule cause ou un seul mécanisme.
  • Les mobilisations collectives (y compris conflictuelles) et les dispositifs institutionnels influencent la trajectoire des inégalités.
  • La comparaison des revenus sert à comprendre l’accès social : un écart modéré est plus “visible” et fréquent qu’un écart extrême.

💡 Astuce mémo

Long terme = baisse ; court terme = bosses (crises/apaisements/révoltes) ; donc pas de ligne droite.

📖 2. Espérance de vie et mortalité infantile

🔑 Notions clés & Définitions

  • Espérance de vie à la naissance : Indicateur démographique qui estime l’âge moyen atteint par une génération si les conditions de mortalité observées restent constantes.
  • Mortalité infantile : Mesure de la mortalité durant la petite enfance, dont l’intensité se reflète par l’écart entre deux espérances de vie.
  • Espérance de vie à partir d’un an : Indicateur d’espérance de vie calculé en excluant la période de la naissance à un an, pour isoler l’effet de la mortalité infantile.
  • Taux d’alphabétisation : Pourcentage de la population capable de lire et écrire, utilisé comme proxy des connaissances et de l’accès à l’information.

📝 Points essentiels

  • L’amélioration du niveau de vie sur le long terme se lit aussi dans la hausse de la durée de vie et la baisse de la mortalité infantile.
  • Entre 1820 et aujourd’hui, l’espérance de vie à la naissance passe d’environ 25 ans à plus de 70 ans.
  • L’écart entre l’espérance de vie à la naissance et l’espérance de vie à partir d’un an reflète l’importance de la mortalité infantile.
  • La mortalité infantile diminue fortement, même si elle n’a pas disparu.
  • Le taux d’alphabétisation passe d’à peine plus de 10 % en 1820 à environ 85 % en 2020.
  • L’évolution du taux d’alphabétisation est moins régulière que celle de l’espérance de vie, avec une baisse repérée dans les années 1940.

💡 Astuce mémo

Écart bleu/rouge = mortalité infantile ; vert (alphabétisation) monte moins régulièrement que bleu (vie plus longue).

📖 3. Concentration de la propriété en France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Concentration de la propriété : La concentration de la propriété désigne le fait que la richesse patrimoniale est détenue par une petite fraction de la population plutôt que répartie uniformément.
  • Revenus : Les revenus sont des ressources perçues régulièrement, correspondant à un flux d’argent gagné ou reçu.
  • Patrimoine : Le patrimoine est un stock de richesses détenues, constitué par l’accumulation des revenus au fil du temps.
  • Indice de Gini : L’indice de Gini est un indicateur d’inégalités compris entre 0 et 1, mesurant le degré d’écart entre les niveaux de richesse.
  • Courbe de Lorenz : La courbe de Lorenz représente la répartition de la richesse et permet d’inférer l’intensité des inégalités selon sa forme.

📝 Points essentiels

  • Les inégalités portent sur de multiples dimensions, mais la section met l’accent sur la richesse via revenus et patrimoine.
  • Les écarts de revenus sont importants, mais les écarts de patrimoine sont encore plus marqués car le patrimoine correspond à du revenu accumulé.
  • La courbe de Lorenz est d’autant plus « tournée vers le bas » que les inégalités sont fortes.
  • L’indice de Gini vaut 0 pour une société entièrement égalitaire et 1 pour une société complètement inégalitaire.
  • La section utilise des déciles et des centiles plutôt que des mesures trop abstraites pour mieux saisir la concentration.
  • La propriété est présentée comme extrêmement concentrée en France entre 1780 et 2020, avec des courbes distinguant riches et pauvres et des comparaisons France/Paris.

💡 Astuce mémo

Patrimoine = revenus accumulés : plus on accumule, plus l’écart grandit.

📖 4. Répartition de la propriété des 50 % pauvres

🔑 Notions clés & Définitions

  • 1 % les plus riches : Groupe des ménages les plus aisés, dont la part de propriété concentre une fraction très élevée du patrimoine national.
  • 50 % les plus pauvres : Moitié la plus pauvre de la population, dont la part de propriété est très faible sur la longue période.
  • Part de propriété : Indicateur qui mesure la fraction du patrimoine national détenue par un groupe donné de la population.
  • Classe bourgeoise propriétaire : Catégorie sociale associée aux propriétaires et aux plus hauts patrimoines, dont la part de propriété domine au XIXe siècle.
  • Classe moyenne : Groupe intermédiaire qui a fortement accru sa part de propriété à partir des années 1980, notamment via l’accès à la propriété.

📝 Points essentiels

  • En France, la concentration de la propriété est très forte : les 1 % les plus riches détiennent environ la moitié du patrimoine national à plusieurs périodes.
  • Vers 1780, la part des 1 % les plus riches est un peu au-dessus de 50 %, puis elle tombe à environ 43 % en 1800.
  • Entre 1789 et 1800, des événements en France entraînent une redistribution partielle de la propriété, avec une perte de propriété de la noblesse au profit de la bourgeoisie.
  • En 1800, la bourgeoisie-propriétaire (assimilée aux 1 % les plus riches) détient 45 % de la propriété, puis atteint 50 % en 1840 et dépasse 50 % en 1910.
  • Entre 1780 et 1900, les 50 % les plus pauvres ne détiennent qu’environ 2 % de la propriété, soit des inégalités qualifiées d’abyssales.
  • À partir de la Première Guerre mondiale, la part de propriété des plus riches baisse fortement jusqu’à 1914-1980, avec environ 16-17 % pour les 1 % au milieu des années 1980.

💡 Astuce mémo

Repère la bascule : 1780-1900 = 50% pauvres ≈ 2% ; 1914-1980 = riches ≈ 16-17% ; depuis 1980 = retour des riches (≈ 25% en 2020).

📖 5. Composition des patrimoines selon le revenu

🔑 Notions clés & Définitions

  • Patrimoine médian : Le patrimoine médian est la valeur qui partage la population adulte en deux groupes, la moitié ayant un patrimoine inférieur et l’autre moitié un patrimoine supérieur.
  • Patrimoine moyen : Le patrimoine moyen est la moyenne du patrimoine, obtenue en divisant le patrimoine total par le nombre d’adultes.
  • Liquidités : Les liquidités sont des avoirs détenus sous forme d’argent liquide, notamment via des comptes bancaires.
  • Actifs immobiliers : Les actifs immobiliers sont des biens liés à l’immobilier, comme le logement détenu et éventuellement loué.
  • Actifs financiers : Les actifs financiers regroupent des placements comme actions et obligations, concentrés chez les ménages les plus riches.

📝 Points essentiels

  • Entre P0 et P10, les 10 % les plus pauvres détiennent surtout des liquidités, avec une part de richesse presque entièrement sous forme d’argent liquide.
  • Les 10 % les plus pauvres ont environ 80 % de leur richesse en liquidités, ce qui signifie qu’ils sont très peu propriétaires d’autres types d’actifs.
  • Le patrimoine médian est un peu au-dessus de 100 000 €, donc la moitié de la population adulte a un patrimoine inférieur à ce seuil.
  • Le patrimoine moyen est d’environ 240 000 €, car une minorité détient des patrimoines extrêmement élevés qui tirent la moyenne vers le haut.
  • Le plus riche des 0,1 % a un patrimoine d’environ 15 650 000 €, illustrant la forte concentration des patrimoines élevés.
  • La composition varie fortement par déciles : les plus pauvres sont dominés par les liquidités, le milieu par l’immobilier, et les plus riches par les actifs financiers.

💡 Astuce mémo

Pauvres = Liquide, Milieu = Logement, Riches = Titres (actions/obligations).

📖 6. Inégalités de revenus travail et capital

🔑 Notions clés & Définitions

  • Grande redistribution : Période 1914-1980 marquée par une forte réduction des inégalités dans de nombreux pays, notamment occidentaux.
  • État social : Forme d’État où les dépenses publiques servent largement à protéger les individus via des politiques sociales plutôt que seulement à garantir l’ordre.
  • Sécurité sociale : Dispositif français de protection sociale créé en 1945, qui finance notamment santé, retraites et prestations et contribue à la redistribution.
  • Impôt progressif : Système fiscal où le taux augmente avec le revenu, développé au XXᵉ siècle et utilisé pour financer la redistribution.
  • Dépenses régaliennes : Dépenses publiques liées à l’armée, la police et la justice, historiquement dominantes dans le financement de l’État avant le XXᵉ siècle.

📝 Points essentiels

  • Entre 1914 et 1980, la réduction des inégalités s’observe en France et aussi dans plusieurs pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Suède) et au-delà (Japon, Chine, Russie).
  • La guerre provoque des destructions et une réduction du capital et de la propriété, ce qui contribue mécaniquement à la baisse des inégalités.
  • L’État social se développe avec des dépenses sociales financées par l’impôt, ce qui modifie la structure des revenus et des inégalités.
  • Jusqu’en 1910, les recettes fiscales sont inférieures à 10% du revenu national et servent surtout à financer des dépenses régaliennes.
  • Vers 2020, les dépenses publiques atteignent environ 47% du revenu national, contre environ 10% avant 1910.
  • Dès le début des années 1950, les dépenses sociales absorbent environ les deux tiers des dépenses publiques et concernent notamment santé, retraites, famille et éducation.

💡 Astuce mémo

Guerres cassent le capital + État social finance la protection via impôt progressif = grande redistribution (1914-1980).

📖 7. Impôt progressif sur revenus et successions

🔑 Notions clés & Définitions

  • Impôt progressif : Impôt où les revenus plus élevés subissent un taux marginal plus important que les revenus les plus faibles.
  • Taux marginal de l’impôt sur le revenu : Taux appliqué à la partie supérieure des revenus les plus élevés, c’est-à-dire la tranche la plus haute.
  • Taux marginal de l’impôt sur les successions : Taux appliqué à la partie supérieure des héritages, mesuré comme taux marginal sur les successions.
  • URCA : Référence interne aux « Leçons TEDS » utilisée dans le support pour situer le passage et les pages.

📝 Points essentiels

  • Jusqu’au début du XXᵉ siècle, la plupart des systèmes fiscaux étaient plutôt peu importants et souvent régressifs.
  • L’impôt progressif s’impose surtout à partir du début du XXᵉ siècle, et davantage après la Première Guerre mondiale.
  • La Première Guerre mondiale explique en partie la hausse de la progressivité : il faut financer la guerre et trouver l’argent chez les plus riches.
  • En 1917, la révolution russe modifie les rapports de force et alimente la « peur du rouge », poussant à des concessions sociales.
  • Les taux progressifs suivent une trajectoire : faibles au début du XXᵉ, élevés au milieu du XXᵉ, puis en baisse à la fin du XXᵉ et au début du XXIᵉ.
  • Exemple de taux supérieur : au Royaume-Uni, le taux marginal sur le revenu atteint environ 98 % au début des années 1950 puis à nouveau dans la seconde moitié des années 1970.

💡 Astuce mémo

Guerre + peur du rouge = impôt progressif qui monte, puis baisse quand la période se calme.

📖 8. Actifs privés et revenu national

🔑 Notions clés & Définitions

  • Actifs privés : Les actifs privés désignent la richesse détenue par les ménages et les acteurs privés, notamment sous forme de capital et de patrimoine.
  • Revenu national : Le revenu national mesure la production et/ou les revenus générés par une économie sur une période donnée.
  • Progressivité de l’impôt : La progressivité de l’impôt correspond à l’augmentation du taux d’imposition quand le revenu ou la base imposable s’élève.
  • Taux marginal supérieur : Le taux marginal supérieur est le taux appliqué aux revenus les plus élevés (ou aux plus hauts niveaux d’assiette) dans le barème.
  • Théorie du ruissellement : La théorie du ruissellement affirme que l’enrichissement des plus riches finit par profiter aux plus pauvres.

📝 Points essentiels

  • Jusqu’au début du XXᵉ siècle, la propriété et le capital représentent environ 6 à 8 fois le niveau du revenu, avant 1910.
  • Dans les années 1950-1960, le ratio propriété/capital sur revenu chute fortement, atteignant à peine le double du revenu en Allemagne, ce qui signale une rupture.
  • Cette rupture s’explique à la fois par des pertes de propriété liées aux guerres et par une réduction de la richesse via une forte progressivité de l’impôt.
  • À partir des années 1960-1970, la part de la propriété par rapport aux revenus remonte en parallèle avec une baisse de la progressivité de l’impôt, ce qui s’accompagne d’une hausse des inégalités de revenus et de patrimô
  • Le graphique de croissance et de taux d’imposition montre une trajectoire similaire entre impôt supérieur et croissance : ~1,8% avec impôt quasi nul (1870), ~2,1% avec taux marginal ~55% (1900-1950), ~2,2% avec taux >70%
  • Quand le taux supérieur baisse à ~35% aux États-Unis, la croissance tombe à ~1,1%, et l’auteur insiste sur l’absence de preuve d’un lien simple “impôt élevé → croissance faible”.

💡 Astuce mémo

Capital ≈ Revenu : 6–8× avant 1910, chute après guerres + impôt progressif, puis remontée dès 1960s avec baisse de progressivité.

📖 9. Lien entre impôt supérieur et croissance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Concentration des inégalités : La concentration des inégalités désigne la part de la richesse ou du revenu détenue par les groupes les plus riches.
  • Impôt sur le revenu (taux supérieur) : Le taux supérieur de l’impôt sur le revenu est la tranche la plus élevée, appliquée aux revenus les plus hauts.
  • New public management : Le New public management est une doctrine de gestion publique qui adapte l’action de l’État aux logiques de marché.
  • Néolibéralisme : Le néolibéralisme regroupe des politiques visant à réduire le rôle direct de l’État au profit du marché et du capital.
  • Optimisation fiscale : L’optimisation fiscale regroupe les techniques légales permettant de diminuer l’impôt effectivement payé.

📝 Points essentiels

  • Au début du XXᵉ siècle, la concentration des richesses est plus forte en Europe qu’aux États-Unis, puis elle se rééquilibre au fil du temps.
  • Jusqu’au milieu des années 1980, les inégalités diminuent, puis elles remontent à partir des années 1980, plus vite aux États-Unis qu’en Europe.
  • En Europe, les 10 % les plus riches passent d’environ 50 % (milieu des années 1980) à 55 % aujourd’hui, tandis qu’aux États-Unis ils passent d’un peu plus de 60 % à environ 72 %.
  • La baisse des inégalités a surtout touché les plus pauvres en Europe (50 % du bas : ~10 % en 1990 vers ~7 % en 2020), alors qu’aux États-Unis c’est davantage le milieu qui perd.
  • Les 10 % les plus riches aux États-Unis atteignent environ 45 % du revenu en 2020, proche du début du XXᵉ siècle, après une baisse vers ~35 % au cours des années 1970-début 1980.
  • La remontée des inégalités est attribuée à un changement des rapports de force : davantage favorable au capital depuis les années 1980 qu’au travail auparavant (années 1960-1970).

💡 Astuce mémo

1980 = rupture : baisse des inégalités jusqu’au milieu des années 1980, puis remontée plus rapide aux États-Unis.

📖 10. Concentration de la propriété Europe et États-Unis

🔑 Notions clés & Définitions

  • Justice éducative : Notion désignant l’idée que l’école peut réduire les inégalités, mais que ce seul levier ne suffit pas à garantir une égalité réelle.
  • Alphabétisation : Notion correspondant à la capacité à lire et écrire, dont la hausse est présentée comme concomitante d’une amélioration du niveau de vie.
  • École URCA : Notion désignant un établissement gratuit, laïque et ouvert à tous, présenté comme un progrès mais insuffisant pour résoudre tous les écarts.
  • Supérieur de masse : Notion désignant l’université, où l’accès est plus large que dans les grandes écoles, qualifiées d’élite.
  • Grandes écoles : Notion désignant le supérieur d’élite, avec un financement par étudiant présenté comme nettement plus élevé que dans les universités.

📝 Points essentiels

  • La diffusion des connaissances est décrite comme un outil central de lutte contre les inégalités, et l’école comme un moyen décisif d’améliorer le niveau de vie.
  • L’école peut contribuer à la reproduction sociale, mais l’enseignement généralisé au primaire et au secondaire n’empêche pas un tri social persistant.
  • Dans le supérieur, l’accès n’est pas identique partout : universités comme supérieur de masse et grandes écoles comme supérieur d’élite.
  • Le financement par étudiant dans les grandes écoles est présenté comme trois fois plus élevé que dans les universités.
  • En France, même à l’université (licence-master), les plus pauvres (36 %) ne représentent que 20 % des effectifs contre 47 % pour les plus riches (23 %).
  • À Sciences Po, les plus pauvres sont 8 % contre 73 % pour les plus riches, et à l’ENS-Ulm 7 % contre 75 % ; à HEC 3 % contre 89 % ; à Polytechnique 0 % contre 92 %.

💡 Astuce mémo

Concentration en France : 36% pauvres → 20% à l’université, puis 8% Sciences Po, 7% ENS-Ulm, 3% HEC, 0% Polytechnique ; aux États-Unis, l’accès suit presque le revenu parental.

📖 11. Accès à l’enseignement supérieur selon le revenu

🔑 Notions clés & Définitions

  • Universités privées américaines : Les universités privées américaines peuvent être largement financées par des fonds privés, ce qui facilite l’accès des étudiants dont les familles disposent de ressources.
  • Opacité des conditions d’inscription : L’opacité des règles d’inscription dans certaines universités américaines rend difficile l’identification des critères réels d’admission.
  • Testing par CV identiques : Le testing consiste à envoyer des CV et lettres de motivation identiques à des employeurs, en ne changeant que le nom pour mesurer des effets discriminatoires.
  • Discriminations raciales : Les discriminations raciales regroupent des traitements défavorables liés à l’origine perçue, visibles dans l’accès à l’emploi et dans les écarts de revenus.

📝 Points essentiels

  • Les étudiants pauvres peuvent accéder à des universités privées ou payantes via des prêts, mais cela crée de grandes difficultés financières.
  • Les enfants de familles riches vont davantage dans les universités privées, car leur financement dépend fortement du privé et les parents peuvent contribuer directement.
  • L’opacité des conditions d’inscription peut permettre, sans preuve directe, de soupçonner qu’un chèque familial facilite l’admission.
  • Les discriminations persistent malgré l’égalité formelle et l’égalité des chances, notamment pour l’accès à la formation et à l’emploi.
  • Le testing sur 1500 offres compare deux CV identiques (Fabrice Martin vs Mouloud Barkaoui) en ne changeant que la consonance du nom.
  • Les résultats rapportent 33 % de rappels pour le nom à consonance française contre 22,8 % pour le nom à consonance maghrébine, avec davantage de refus et de non-réponses pour ce dernier.

💡 Astuce mémo

Opacité + chèque = accès favorisé ; Testing = même CV, seul le nom change → réponses différentes.

📖 12. Discriminations et inégalités de genre

🔑 Notions clés & Définitions

  • Patriarcat : Système social où l’autorité et les ressources sont majoritairement détenues par les hommes, ce qui favorise des préjugés de genre.
  • Écart de rémunération entre les sexes : Différence de revenus salariaux observée entre hommes et femmes, qui persiste même quand les droits sont formellement égaux.
  • Temps partiel contraint : Forme de travail à temps partiel subie en grande partie, car les tâches familiales sont plus souvent attribuées aux femmes qu’aux hommes.
  • Inégalités de revenus par centiles : Répartition des revenus selon des niveaux (par exemple 1 %, 0,1 %) où la part des femmes diminue quand le revenu augmente.

📝 Points essentiels

  • En France et ailleurs, l’égalité juridique homme-femme existe formellement, mais des inégalités de revenus et de rôles persistent.
  • Les sociétés sont décrites comme majoritairement patriarcales, avec des préjugés de genre parfois codifiés ou généralisés.
  • Les femmes réalisent environ les deux tiers des tâches ménagères dans les couples hétérosexuels et ne perçoivent qu’un peu plus de 36 % des revenus.
  • L’écart de rémunération est d’environ 14 % pour l’ensemble des postes, et d’environ 4 % pour un même poste avec une même durée de travail.
  • La différence de durée de travail s’explique notamment par un temps partiel plus fréquent chez les femmes, largement contraint par l’attribution des tâches familiales.
  • Dans les plus hauts revenus, la présence des femmes baisse avec le niveau : 19 % dans le 1 % le mieux payé, 44 % dans le 50 % le plus élevé, 15 % dans le 0,1 % le plus élevé.

💡 Astuce mémo

Patriarcat → rôles domestiques → temps partiel → moins de revenus, puis “plus haut = moins de femmes” (1 % : 19 %).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1820Espérance de vie à la naissance ~25 ans et taux d’alphabétisation à peine au-dessus de 10 %
1914Début de la période de grande redistribution (guerres) et montée de l’impôt progressif
1945Création de la Sécurité sociale (France) et développement de l’État social
1980Retour en force des inégalités : remontée de la part des 1 % les plus riches
2020Taux d’alphabétisation ~85 % et 1 % les plus riches à près de 25 % de la propriété

📊 Tableaux de synthèse

Revenus : part des 10 % les plus riches

Période10 % les plus riches50 % les plus pauvres
191050 % des revenus~15 % des revenus
Aujourd’hui~33-34 % des revenus~22-23 % des revenus

Propriété en France : 1 % les plus riches vs 50 % les plus pauvres

Période1 % les plus riches50 % les plus pauvres
1780un peu au-dessus de 50 %~2 %
1800~43 %(ordre de grandeur : ~2 % sur 1780-1900)
Milieu des années 1980~16-17 %~10 %

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre tendance de long terme et évolution récente : le cours insiste sur une baisse globale sur plusieurs siècles, puis une contre-tendance depuis les années 1980.
  2. Croire que les inégalités suivent une trajectoire linéaire : elles passent par crises, croissance, apaisement et révoltes, donc pas de “ligne droite”.
  3. Mélanger revenus et patrimoine : les écarts de patrimoine sont plus marqués car le patrimoine est du revenu accumulé.
  4. Interpréter l’écart entre espérance de vie à la naissance et espérance de vie à partir d’un an comme autre chose que la mortalité infantile.
  5. Penser que l’école suffit à elle seule : le cours parle de justice éducative, mais montre un tri social persistant dans le supérieur.
  6. Croire que l’égalité juridique suffit : le cours insiste sur la persistance des discriminations (testing, accès, emploi) malgré l’égalité formelle.
  7. Déduire un lien simple “impôt élevé → croissance faible” : le cours dit que le graphique montre plutôt une trajectoire similaire et insiste sur l’absence de preuve d’un lien simple.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi le cours oppose tendance de long terme et contre-tendance récente, et donner l’idée centrale (baisse globale puis remontée).
  2. Définir revenu par habitant, et relier l’amélioration du niveau de vie à la hausse de la population et du revenu moyen.
  3. Définir espérance de vie à la naissance et espérance de vie à partir d’un an, puis interpréter l’écart comme mortalité infantile.
  4. Définir taux d’alphabétisation et rappeler les repères 1820 (~10%+) et 2020 (~85%), ainsi que l’idée de baisse dans les années 1940.
  5. Justifier pourquoi le cours privilégie revenus et patrimoine pour parler des inégalités, en distinguant flux (revenus) et stock (patrimoine).
  6. Décrire l’indice de Gini et la courbe de Lorenz, puis expliquer le sens “courbe tournée vers le bas = inégalités fortes”.
  7. Réciter les repères de concentration de la propriété en France : 1 % au-dessus de 50 % (1780), ~43 % (1800), ~50 % (1840) et dépassement vers 1910, puis baisse jusqu’à ~16-17 % au milieu des années 1980 et retour à ~25 %
  8. Expliquer la redistribution liée à 1789-1800 (perte de propriété de la noblesse au profit de la bourgeoisie) et le fait que les paysans ne récupèrent pas la propriété.
  9. Donner les ordres de grandeur pour 50 % les plus pauvres : ~2 % entre 1780 et 1900, puis montée jusqu’à près de 10 % dans les années 1980.
  10. Décrire la composition des patrimoines par déciles : liquidités dominantes chez les plus pauvres (~80% voire quasi-totalité), immobilier au milieu, actifs financiers chez les plus riches.
  11. Expliquer la “grande redistribution” 1914-1980 : rôle des guerres (destruction/réduction du capital) et rôle de l’État social (Sécurité sociale) et de l’impôt progressif.
  12. Définir impôt progressif et taux marginal supérieur, puis rappeler la logique guerre + financement chez les riches + “peur du rouge” (1917) pour expliquer la hausse de la progressivité.
  13. Rappeler la trajectoire du taux supérieur (faible au début XXe, élevé au milieu, baisse fin XXe-début XXIe) et l’exemple du Royaume-Uni (~98% au début des années 1950 et dans les années 1970).
  14. Expliquer le lien entre propriété/capital et revenu national : ratio ~6-8 avant 1910, chute dans les années 1950-1960, puis remontée à partir des années 1960-1970 avec baisse de la progressivité de l’impôt et remontée d’

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Inégalités sociales et économiques avec 12 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Que désigne le revenu par habitant dans l’étude des inégalités mondiales ?

2. Que traduit principalement l’écart entre l’espérance de vie à la naissance et l’espérance de vie à partir d’un an ?

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Tendance de long terme

Les inégalités ont globalement diminué sur deux siècles.

Revenu par habitant

Indicateur de niveau de vie moyen d’un pays.

Espérance de vie à la naissance

Durée de vie moyenne estimée à la naissance.

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