📋 Plan du Cours
- Concurrence parfaite : cadre et hypothèses
- Élasticité-prix de la demande
- Surplus économique et taxation
- Monopole : cadre, pouvoir et tarification
- Inefficacité économique du monopole
- Oligopole : interactions et modèles
- Monopole naturel : définition et régulation
- Marchés contestables : mécanisme et conditions
- Transformation des secteurs : concurrence et exemples
- Politique de la concurrence : remèdes et cas
- Séparation propriété et contrôle
- Financiarisation : gouvernement d’entreprise et acteurs
📖 1. Concurrence parfaite : cadre et hypothèses
🔑 Notions clés & Définitions
- Preneur de prix : Un agent en concurrence parfaite accepte le prix du marché comme donné et n’influence pas le niveau de prix par ses décisions.
- Atomicité des agents : L’atomicité décrit la présence de nombreux agents si petits qu’aucun ne peut modifier le prix ou le résultat du marché.
- Homogénéité des produits : L’homogénéité signifie que les biens offerts par les entreprises sont identiques du point de vue des acheteurs.
- Libre entrée et libre sortie : La libre entrée et la libre sortie permettent aux entreprises d’entrer ou de quitter le marché sans blocage durable.
- Information parfaite : L’information parfaite suppose que les agents connaissent correctement les données nécessaires à leurs décisions (prix, caractéristiques, etc.).
📝 Points essentiels
- En concurrence parfaite, les transactions se font après identification de l’équilibre du marché, ce qui formalise l’idée de coordination via le prix.
- Le marché est centralisé par un commissaire-priseur ou un secrétaire de marché dans l’illustration institutionnelle du cours.
- Le producteur choisit sa production en combinant efficacité technique (output à partir des intrants) et efficacité économique (coûts selon la quantité).
- La maximisation du profit π=Rq−C(q) donne la condition RM=CM, et comme RM=p en concurrence parfaite on obtient RM=p=CM.
- Les hypothèses usuelles incluent aussi l’absence de coûts de transaction, la libre circulation des facteurs et l’absence d’externalités (mentionnées comme compléments).
- Le pouvoir de marché est nul en concurrence parfaite : le prix ne dépend pas des choix individuels de l’entreprise.
💡 Astuce mémo
CP = Prix fixé par le marché (price-taker) + Entreprises minuscules (atomicité) + Biens identiques + Entrée/sortie libres + Info complète.
📖 2. Élasticité-prix de la demande
🔑 Notions clés & Définitions
- Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix mesure la variation de la demande quand le prix change, et sert à prévoir la réaction des consommateurs.
- Pouvoir de marché : Le pouvoir de marché désigne la capacité d’une entreprise à influencer le prix plutôt que de le subir.
- Coût marginal : Le coût marginal est le coût supplémentaire lié à produire une unité de plus, utilisé comme référence pour fixer certains prix de marché.
- Coûts fixes : Les coûts fixes sont des dépenses qui ne varient pas avec la quantité produite à court terme.
- Contestabilité des prix : La contestabilité des prix renvoie à l’idée que des prix élevés peuvent être contestés par l’entrée ou la concurrence, ce qui limite le pouvoir de marché.
📝 Points essentiels
- Sur un marché, plus la demande est peu élastique (réagit peu au prix), plus les profits moyens peuvent être élevés via le lien avec l’élasticité-prix.
- Le profit moyen du secteur est inversement proportionnel à l’élasticité-prix de la demande, ce qui relie directement élasticité et pouvoir de marché.
- Le profit moyen du secteur est aussi proportionnel à la concentration mesurée par l’HHI, reliant structure de marché et résultats.
- À élasticité-prix donnée, limiter la concentration aide à limiter le pouvoir de marché des entreprises, donc à limiter les profits excessifs.
- Dans le secteur de l’électricité, la rémunération au coût marginal est mise en tension avec la prépondérance des coûts fixes du secteur, ce qui peut réduire l’incitation à développer de nouvelles capacités.
- Les tarifs « de marché » dépendent du prix de marché de l’électricité, et le tarif réglementé dépend aussi d’une simulation d’achat sur le marché, ce qui augmente la volatilité et la hausse des tarifs.
💡 Astuce mémo
Élasticité faible → demande “accrochée” → profits plus élevés (et concentration renforce encore).
📖 3. Surplus économique et taxation
🔑 Notions clés & Définitions
- Surplus économique : Le surplus économique désigne le gain total de bien-être créé par les échanges, mesuré par la somme des surplus des agents.
- Taxation : La taxation correspond à l’imposition d’un prélèvement sur une activité ou un bien, qui modifie les prix et les décisions des agents.
- Incidence de la taxe : L’incidence de la taxe décrit qui supporte effectivement le coût de la taxation, même si la taxe est prélevée auprès d’un autre agent.
- Distorsion : Une distorsion est une modification des comportements due à la taxe, qui peut réduire les échanges par rapport à l’équilibre sans taxe.
📝 Points essentiels
- Le prélèvement fiscal modifie le prix payé et/ou reçu par les agents, ce qui entraîne une variation des quantités échangées.
- La taxation peut créer une perte d’efficacité : une partie du surplus économique disparaît car les échanges ne se font plus au même niveau qu’en absence de taxe.
- L’incidence de la taxe dépend des élasticités-prix de l’offre et de la demande : plus une face est inélastique, plus elle supporte la taxe.
- La perte de surplus est d’autant plus forte que la taxe réduit fortement les quantités, donc lorsque la demande et/ou l’offre sont sensibles aux prix.
- Même si la taxe est collectée auprès d’un vendeur ou d’un acheteur, le coût réel se répartit entre eux via l’ajustement des prix et des quantités.
💡 Astuce mémo
Taxe = Prix qui bouge → Quantité qui baisse → Surplus qui fond (incidence guidée par l’élasticité).
📖 4. Monopole : cadre, pouvoir et tarification
🔑 Notions clés & Définitions
- Concurrence pure et parfaite : Modèle de référence où de nombreuses hypothèses rendent le prix indépendant des décisions individuelles des firmes.
- Élasticité-prix de la demande : Mesure la sensibilité de la quantité demandée aux variations du prix, via un rapport de variations en pourcentage.
- Monopole : Situation de marché où une seule entreprise offre le bien, ce qui lui donne un pouvoir sur le prix et la quantité.
- Rente du monopole : Excédent de profits réalisé par un monopole lorsque le prix est fixé au-dessus du niveau qui prévaudrait en concurrence parfaite.
- Surplus économique : Mesure l’intérêt collectif via la somme des surplus du consommateur et du producteur sur le marché.
📝 Points essentiels
- En concurrence pure et parfaite, l’hypothèse centrale est que chaque firme est trop petite pour influencer le prix de marché.
- Les néoclassiques interprètent cette hypothèse centrale comme l’idée que le prix est une donnée et que les firmes s’ajustent sans pouvoir de marché.
- L’élasticité-prix de la demande se calcule comme le rapport (variation de la quantité en %) / (variation du prix en %).
- Une demande très élastique correspond à une forte variation de la quantité quand le prix bouge peu, et la courbe est peu pentue.
- Une demande peu élastique correspond à une faible variation de la quantité quand le prix bouge beaucoup, et la courbe est très pentue.
- En monopole, l’entreprise choisit la tarification en tenant compte de l’effet de sa décision sur la demande et donc sur le prix obtenu.
💡 Astuce mémo
Pouvoir du monopole = choix du prix qui déplace la demande : plus la demande est peu élastique, plus le prix peut être élevé sans trop perdre de quantité.
📖 5. Inefficacité économique du monopole
🔑 Notions clés & Définitions
- Monopole naturel : Un monopole naturel est une situation où les économies d’échelle font qu’une seule entreprise produit à un coût unitaire plus faible que plusieurs firmes.
- Rente de monopole : Une rente de monopole est un profit supplémentaire dégagé par une firme dominante grâce à un prix supérieur à celui qui résulterait d’une concurrence.
- Surplus collectif : Le surplus collectif est le gain total pour l’économie, combinant quantité et prix, qui sert de critère d’efficacité quand l’État gère un monopole naturel.
- Dissociation verticale : La dissociation verticale est la séparation des activités d’une industrie en plusieurs strates afin de distinguer ce qui relève d’un monopole naturel de ce qui peut être concurrentiel.
- Économie des réseaux : L’économie des réseaux est l’approche qui analyse une industrie en couches d’activités et d’équipements, pour déterminer où la concurrence est efficace et où elle ne l’est pas.
📝 Points essentiels
- Dans un monopole naturel, la concurrence tend à favoriser l’entreprise la plus efficiente en coûts, puis le processus aboutit à une situation de monopole.
- Une fois le monopole établi, la firme choisit un volume qui maximise son profit, ce qui réduit la quantité offerte par rapport à la concurrence.
- Le prix de monopole est supérieur au prix de concurrence, et l’équilibre permet au monopole de dégager une rente de monopole.
- Le dilemme économique oppose efficience productive (liée aux économies d’échelle et à la concentration) et efficience en répartition/satisfaction de la demande.
- La solution proposée est de conserver le monopole naturel mais de le gérer par l’État, qui vise le surplus collectif plutôt que le profit maximum.
- Dans une industrie de réseau, seule l’infrastructure relève d’un monopole naturel car dupliquer le réseau est non économique, alors que les autres strates peuvent être concurrentielles.
💡 Astuce mémo
Monopole naturel = 1 seul réseau rentable : l’État optimise le surplus, pas le profit.
📖 6. Oligopole : interactions et modèles
🔑 Notions clés & Définitions
- Fournisseurs alternatifs : Les fournisseurs alternatifs sont des entreprises autres qu’EDF qui peuvent vendre de l’électricité aux clients finals en France.
- RTE : RTE est le gestionnaire du réseau de transport chargé d’assurer le transit et la sécurité du réseau électrique.
- Responsables d’équilibres : Les responsables d’équilibres sont des acteurs qui s’engagent à moduler injections et soutirages pour maintenir l’équilibre du réseau.
- Marché de gros OTC : Le marché de gros OTC est un marché où des transactions bilatérales sont conclues de gré à gré, avec un prix fixé entre parties.
- Concurrence pure et parfaite : La concurrence pure et parfaite est une structure où de nombreux offreurs n’ont aucun pouvoir individuel sur le prix.
📝 Points essentiels
- Depuis la fin du monopole historique, tout offreur peut approvisionner un client final qui en fait la demande.
- En pratique, 23 fournisseurs alternatifs concurrencent EDF et les historiques comme offreurs d’électricité aux consommateurs français.
- L’électricité produite ou importée transite ensuite sur le réseau de transport géré par RTE, qui doit assurer l’équilibre instantané injections/soutirages.
- Comme l’électricité n’est pas stockable, l’équilibre devient plus difficile à maintenir quand le nombre d’acteurs augmente.
- RTE fait appel à 80 responsables d’équilibres, qui modulent offre ou soutirages selon les besoins du réseau.
- La distribution passe par 22 GRD, et les sept plus grands assurent 98% des flux, dont EDF-RD (79%).
💡 Astuce mémo
OTC = Offreur-Transaction-Client : bilatéral « par-dessus le comptoir ».
📖 7. Monopole naturel : définition et régulation
🔑 Notions clés & Définitions
- Monopole naturel : Un monopole naturel est une situation où une seule entreprise peut produire à un coût plus faible que plusieurs, ce qui rend la concurrence difficile à soutenir durablement.
- Régulation par engagements : La régulation par engagements consiste à autoriser une opération ou encadrer un comportement sous réserve de mesures prises par les entreprises pour restaurer la concurrence.
- Remèdes structurels : Les remèdes structurels sont des mesures qui modifient la structure du marché, par exemple via la cession d’actifs à des tiers.
- Remèdes comportementaux : Les remèdes comportementaux sont des mesures qui encadrent les pratiques des entreprises, par exemple en imposant des règles d’accès ou en limitant des discriminations.
- Marché pertinent : Le marché pertinent est le périmètre de produits et de zone géographique sur lequel on évalue l’impact d’une opération sur la concurrence.
📝 Points essentiels
- La régulation vise à traiter les effets sur la concurrence quand une opération ou une situation peut créer ou renforcer un pouvoir de marché.
- Les autorités peuvent rendre trois types de décisions : autorisation sans condition, interdiction, ou autorisation sous réserve d’engagements.
- Les engagements (remèdes) peuvent être structurels ou comportementaux, avec l’idée de restaurer l’intensité concurrentielle.
- Les remèdes structurels sont souvent préférés car ils limitent le besoin de surveillance ex post, mais peuvent poser des problèmes de valeur des actifs et de capacité réelle des repreneurs.
- Pour éviter la sélection d’un acquéreur inefficace, l’autorisation peut exiger l’agrément préalable du repreneur par l’autorité (procédure upfront buyer).
- Pour limiter la dépréciation volontaire des actifs à céder, l’autorité peut imposer des délais stricts de cession et augmenter le périmètre si le délai n’est pas respecté (procédure crown jewels).
💡 Astuce mémo
Monopole naturel = un seul producteur “moins cher” → la régulation compense : structure (céder) ou comportement (changer les pratiques).
📖 8. Marchés contestables : mécanisme et conditions
🔑 Notions clés & Définitions
- Marché contestable : Un marché contestable est un marché où l’entrée de nouveaux concurrents peut discipliner les firmes en place, même sans concurrence effective durable.
- Entrée potentielle : L’entrée potentielle désigne la possibilité crédible pour de nouveaux entrants d’entrer rapidement et d’exercer une pression concurrentielle sur les firmes existantes.
- Coûts irrécupérables : Les coûts irrécupérables sont des dépenses d’entrée qui ne peuvent pas être récupérées en cas de sortie, ce qui rend l’entrée moins crédible.
- Sortie sans perte : La sortie sans perte correspond à la capacité de quitter le marché en récupérant l’essentiel des coûts engagés, ce qui rend l’entrée plus menaçante.
📝 Points essentiels
- La discipline concurrentielle vient de la menace d’entrée, pas seulement de la présence d’entrants déjà installés.
- Un marché est d’autant plus contestable que les entrants peuvent entrer et sortir rapidement.
- La crédibilité de l’entrée dépend fortement de l’existence de coûts irrécupérables : plus ils sont élevés, moins l’entrée est menaçante.
- Si les coûts d’entrée sont récupérables à la sortie, les firmes en place anticipent une concurrence immédiate et ajustent leurs prix et comportements.
- La contestabilité est renforcée quand les entrants n’ont pas besoin d’investissements spécifiques au marché qui seraient perdus en cas d’échec.
- Le mécanisme repose sur l’anticipation : les firmes en place se comportent comme si l’entrée pouvait survenir à tout moment.
💡 Astuce mémo
Contestable = Entrer vite, Sortir sans perdre : donc la menace suffit à discipliner.
🔑 Notions clés & Définitions
- Concentration des sociétés : La concentration des sociétés désigne la montée de la part de marché et des résultats détenus par les plus grandes entreprises au détriment des autres.
- Rendements d’échelle croissants : Les rendements d’échelle croissants décrivent une situation où produire plus permet de réduire les coûts unitaires, favorisant les grandes firmes.
- Économies d’échelle : Les économies d’échelle sont des gains de coût liés à l’augmentation de la taille de production, qui avantagent les entreprises capables de produire à grande échelle.
- Pyramidage : Le pyramidage est un mécanisme de contrôle où une société détient la majorité des actions d’une autre, elle-même majoritaire dans une troisième, etc.
- Tissu productif français : Le tissu productif français regroupe les entreprises classées par taille et leurs contributions à l’emploi et à la valeur ajoutée.
📝 Points essentiels
- La grande entreprise influence les prix et peut orienter les décisions des petites entreprises via leurs relations d’achat-vente, même sans être proche du monopole.
- La concentration est illustrée par le fait qu’environ 2 000 individus sur 125 millions peuvent contrôler et diriger la moitié de l’industrie.
- Entre 1918 et 2018, la concentration augmente durablement aux États-Unis, avec une consolidation plus rapide dans l’industrie et le minier avant les années 1970 puis dans les services et le commerce après 1970.
- Depuis le début des années 1930, la part des actifs du top 1 % passe de 70 % à 97 % (+27 points) et celle du top 0,1 % de 47 % à 88 % (+40 points).
- Au niveau sectoriel, l’industrie et le minier se concentrent surtout avant 1970, tandis que les services, le commerce de détail et le commerce de gros se concentrent davantage après 1970.
- La concentration est associée à l’intensité technologique : la part du top 1 % évolue avec l’intensité des investissements en R&D et en technologies de l’information, et les brevets liés aux technologies influentes compt
💡 Astuce mémo
Technologie + coûts fixes → top 1% grandit ; avant 1970 : industrie/minier ; après 1970 : services/commerce.
📖 10. Politique de la concurrence : remèdes et cas
🔑 Notions clés & Définitions
- Contrôle minoritaire : Le contrôle minoritaire désigne une situation où un individu ou un petit groupe détient une part de capital suffisante pour dominer une société via sa participation.
- Contrôle effectif : Le contrôle effectif correspond au cas où aucune autre participation n’est assez importante pour former une majorité des voix autour d’un autre groupe.
- Contrôle managérial : Le contrôle managérial désigne une situation où la propriété est si dispersée qu’aucun actionnaire ne peut dominer par ses seules actions, ce qui laisse le management contrôler.
- Séparation propriété-contrôle : La séparation propriété-contrôle désigne l’écart entre la détention des actions et la capacité réelle à décider, notamment quand le management conserve le contrôle.
📝 Points essentiels
- Le contrôle minoritaire existe quand un groupe détient une participation assez grande pour dominer, sans qu’un autre bloc d’actions puisse rassembler une majorité des voix.
- Le contrôle minoritaire est plus difficile à maintenir dans les petites sociétés, car un rival peut acheter une majorité ou une minorité assez forte pour obtenir le contrôle.
- Le contrôle minoritaire peut être fragilisé par une direction hostile, surtout en période de crise ou en cas de conflit d’intérêts entre le groupe de contrôle et les dirigeants.
- Le contrôle managérial apparaît quand la plus grande participation individuelle est très faible (ex. autour de 1% dans de grandes sociétés), rendant impossible une pression significative via les seules actions.
- Dans les grandes sociétés étudiées, le contrôle ultime se répartit entre contrôle managérial, contrôle par dispositif juridique, contrôle minoritaire et formes de propriété majoritaire ou privée, avec une forte part pour
- Le texte indique que 65% des sociétés et 80% de leur richesse combinée sont contrôlés soit par la direction (contrôle managérial) soit par un dispositif juridique impliquant une faible propriété des actions.
💡 Astuce mémo
Minoritaire = petit bloc qui tient, mais peut être renversé; Managérial = actionnariat dispersé, donc la direction se perpétue.
📖 11. Séparation propriété et contrôle
🔑 Notions clés & Définitions
- Corporate governance : La corporate governance désigne l’architecture juridico-politique qui rend l’entreprise perméable aux exigences de la valeur actionnariale.
- Valeur actionnariale : La valeur actionnariale est un mode de pilotage visant à maximiser le bénéfice distribué aux actionnaires plutôt qu’autres objectifs de l’entreprise.
- Rachat d’actions : Le rachat d’actions est une opération par laquelle une entreprise cotée acquiert ses propres actions pour ensuite les retirer du marché.
- Rémunération fondée sur les actions : La rémunération fondée sur les actions regroupe des formes de paiement (actions, stock-options) dont la valeur dépend du cours boursier.
- OPA hostile : Une OPA hostile est une prise de contrôle menée contre la volonté des dirigeants, souvent justifiée par l’idée d’une insuffisante maximisation des rendements pour les actionnaires.
📝 Points essentiels
- La financiarisation n’est pas seulement un effet du marché : elle résulte aussi d’interventions étatiques et de rapports de force entre groupes sociaux aux intérêts distincts.
- La séparation propriété et contrôle se traduit par une gouvernance orientée vers l’actionnaire, via la corporate governance, qui organise la soumission de l’entreprise au discours de la valeur.
- La valeur actionnariale pousse des stratégies de restructuration (externalisation/délocalisation, réduction des coûts et des emplois) et l’usage de la trésorerie pour des placements financiers.
- Le rachat d’actions réduit le nombre d’actions en circulation, ce qui augmente mécaniquement la part détenue par les actionnaires restants et peut soutenir le cours et les dividendes par action.
- Les rachats d’actions servent aussi à protéger la société contre un rachat hostile, en rendant l’entreprise moins attractive pour un acquéreur potentiel.
- Entre 2003 et 2012, 449 entreprises du S&P 500 ont consacré 54 % de leurs bénéfices aux rachats d’actions, et 37 % supplémentaires aux dividendes, laissant peu pour investir ou augmenter les revenus des salariés.
💡 Astuce mémo
Propriété = actionnaires ; Contrôle = dirigeants : la corporate governance et la rémunération en actions “alignent” le contrôle sur le cours.
📖 12. Financiarisation : gouvernement d’entreprise et acteurs
🔑 Notions clés & Définitions
- Marché du talent : Le marché du talent est une explication où la rémunération des DG dépend surtout de la demande de compétences, plutôt que du pouvoir managérial ou de la captation de rentes.
- Pouvoir managérial : Le pouvoir managérial désigne l’idée que les DG peuvent influencer les décisions des conseils d’administration et obtenir une hausse durable de leur rémunération.
- Valeur actionnariale : La valeur actionnariale est une conception de contrôle qui fixe l’objectif principal de l’entreprise comme la création de valeur pour les actionnaires.
- Conception de contrôle financière : La conception de contrôle financière est une manière d’organiser les objectifs et la gestion de l’entreprise pour privilégier la logique actionnariale.
- Rémunération incitative : La rémunération incitative regroupe des dispositifs (notamment stock-options et actions) conçus pour aligner l’intérêt des dirigeants avec la hausse du cours des actions.
📝 Points essentiels
- Kaplan (2012a, 2012b) utilise un ratio DG / top 0,1 % stable pour soutenir que le pouvoir de marché ne s’exerce pas spécifiquement sur les DG.
- Bebchuk et Fried (2004) et Clifford (2017) expliquent au contraire la hausse durable par le pouvoir managérial des DG.
- Bivens et Mishel (2013) soutiennent que la hausse reflète des concessions obtenues par les DG auprès des conseils, pas un marché concurrentiel du talent.
- Le ratio DG / top 0,1 % vaut 9,4 en 2022, contre une moyenne historique de 2,6 sur 1965-1978, soit un écart de 6,8 points.
- Entre 1978 et 2022, les revenus annuels du top 0,1 % augmentent de 377,7 % tandis que la rémunération réalisée des DG progresse de 1 370,4 %.
- La croissance plus rapide des DG que celle du top 0,1 % est interprétée comme un indice de rentes, donc de revenus supérieurs à la contribution productive.
💡 Astuce mémo
Ratio DG/top 0,1 % : si ça grimpe plus vite que le sommet, c’est suspect de rentes (pouvoir DG).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1882 | Standard Oil Trust, créé en 1882 |
| 1890 | Sherman Act (1890) |
| 1946 | Nationalisation : loi du 8 avril 1946 (création EDF et GDF) |
📊 Tableaux de synthèse
Comparaison concurrence parfaite / monopole / oligopole
| Structure | Prix et quantité | Efficacité (surplus) |
|---|
| Concurrence parfaite | Prix = coût marginal (RM = p = CM) ; quantité d’équilibre de référence | Surplus social maximal (SC = SC consommateurs + SP producteurs) |
| Monopole | Sur-tarification : Pmonopole > Pconcurrence ; moindre quantité : Qmonopole < Qconcurrence | Surplus social plus faible : perte sèche (triangle d’Harberger) car Q diminue |
| Oligopole | Prix et profits intermédiaires : pconcurrence < poligopole < pmonopole ; qconcurrence > qoligopole > qmonopole | Intermédiaire entre monopole et concurrence parfaite (selon modèle) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre l’atomicité (beaucoup d’agents, aucun n’influence le prix) avec le simple fait qu’il y ait “plusieurs entreprises” sur le marché.
- Croire que l’élasticité-prix est “le signe” de la pente : en réalité on passe à la valeur absolue et on compare élastique (|ε|>1) / inélastique (|ε|<1).
- Penser que l’inefficacité du monopole vient seulement du transfert de surplus des consommateurs vers le producteur : la cause est la baisse des échanges (Qmonopole < Qconcurrence).
- Mélanger contestabilité et concurrence effective : la discipline vient de la menace d’entrée/sortie, pas du nombre d’entrants déjà installés.
- Confondre coûts fixes et coûts irrécupérables : en contestabilité, les coûts fixes ne bloquent pas forcément l’entrée, alors que les coûts irrécupérables oui.
- Croire que “contrôle” = “propriété” : la séparation propriété-contrôle (Berle & Means) distingue plusieurs types de contrôle (managérial, minoritaire, dispositif juridique).
- Interpréter la financiarisation comme uniquement “le marché” : le cours insiste sur des rapports sociaux et des interventions étatiques qui construisent la valeur actionnariale.
✅ Checklist Examen
- Expliquer le fonctionnement de la concurrence parfaite : preneurs de prix, atomicité, homogénéité, libre entrée/sortie, information parfaite, et rôle institutionnel (commissaire-priseur/secrétaire).
- Montrer la décision du producteur en concurrence parfaite : maximisation du profit π=Rq−C(q), condition RM=CM et RM=p donc p=CM.
- Définir et calculer l’élasticité-prix de la demande : ε = (variation de la quantité en %) / (variation du prix en %), puis interpréter ε>1, ε<1, ε=1 via la pente de la demande.
- Définir le surplus économique et relier efficacité à la concurrence parfaite : surplus consommateurs, surplus producteurs, surplus collectif maximal, et lien avec la taxation (perte sèche).
- Définir la situation de monopole (price-maker) et expliquer le comportement du monopole : maximisation du profit avec RM=CM, sur-tarification Pmonopole>Pconcurrence et moindre quantité Qmonopole<Qconcurrence.
- Expliquer le pouvoir de marché du monopole et sa dépendance à l’élasticité-prix : marge plus forte quand ε est faible (biens proches de première nécessité).
- Décrire l’inefficacité économique du monopole : surplus social plus faible, perte sèche (triangle d’Harberger) et cause réelle (diminution des échanges).
- Définir l’oligopole et les interactions stratégiques : petit nombre d’offreurs, décisions influençant les autres, modèles (Cournot, Stackelberg, Bertrand) et résultat intermédiaire entre monopole et concurrence parfaite.
- Définir le monopole naturel (sous-additivité des coûts, économies d’échelle) et expliquer pourquoi la concurrence y est difficile à soutenir durablement.
- Comparer les tarifications possibles en monopole naturel : coût marginal (max surplus collectif mais production peut être à perte), coût moyen (rentabilité mais quantité sous-optimale), et règle de Ramsey-Boiteux (compét
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