Fiche de révision : Introduction aux Méthodes d'Évaluation Financière

📋 Plan du Cours

  1. Compétences évaluateurs
  2. Analyse macroéconomique
  3. Analyse microéconomique
  4. Evaluation financière
  5. Modèles d’évaluation
  6. Méthodes patrimoniales
  7. Approche par l’actif net
  8. Approche par goodwill
  9. Approches par multiples
  10. Approches par flux de trésorerie
  11. Approche par actifs et coûts
  12. Méthodes mixtes

📖 1. Compétences évaluateurs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Compétences-clés de l’évaluateur : Ensemble des savoir-faire, connaissances et capacités indispensables pour réaliser une évaluation fiable et conforme aux normes professionnelles, intégrant notamment l’analyse macroéconomique, microéconomique, juridique, comptable, et fiscal (source : contenu source).
  • Analyse des déterminants macroéconomiques : Étude des facteurs économiques globaux (taux d’intérêt, croissance, inflation, etc.) qui influencent la valeur d’une entreprise ou d’un actif, permettant d’anticiper leur impact sur l’évaluation (voir section 2).
  • Analyse des déterminants microéconomiques : Analyse des éléments spécifiques à l’entreprise ou au secteur, tels que la stratégie, la gestion des ressources, la position concurrentielle, qui affectent la valeur et la performance économique (voir section 3).
  • Maîtrise du calcul actuariel : Capacité à appliquer des méthodes quantitatives pour évaluer des risques et des flux financiers futurs, notamment dans le contexte de l’évaluation d’actifs ou de passifs financiers, en utilisant des modèles d’actualisation et de probabilités (voir section 4).
  • Compréhension des implications juridiques en évaluation : Connaissance des contraintes et responsabilités légales liées à la valorisation, notamment en matière de droit des sociétés, droit fiscal, et normes comptables, afin d’assurer la conformité et la légitimité de l’évaluation (voir section 5).
  • Impact fiscal des méthodes d’évaluation : Analyse de la manière dont les choix méthodologiques influencent le résultat fiscal, notamment en termes de plus-values, amortissements, et autres éléments fiscaux, pour optimiser la conformité et la stratégie fiscale de l’évaluation (voir section 6).

📝 Points essentiels

  • La compétence de l’évaluateur repose sur une intégration multidisciplinaire : macroéconomie, microéconomie, juridique, comptable, fiscal, et actuariel.
  • La maîtrise de l’analyse macroéconomique permet d’anticiper l’environnement global influençant la valorisation, en s’appuyant sur des concepts tels que ceux de PERROUX (augmentation d’un indicateur).
  • L’analyse microéconomique, essentielle pour comprendre la performance spécifique de l’entreprise, s’appuie sur la pertinence du plan stratégique, la disponibilité des ressources, et la position concurrentielle.
  • La maîtrise du calcul actuariel est cruciale pour évaluer les flux futurs, notamment dans la modélisation des risques financiers ou des passifs.
  • La compréhension des implications juridiques garantit la légitimité et la conformité de l’évaluation, notamment en conformité avec les normes comptables et législatives.
  • L’impact fiscal doit être considéré pour assurer une évaluation optimisée, notamment en ce qui concerne la fiscalité des plus-values et autres éléments liés à la valorisation.

💡 À retenir

Les compétences de l’évaluateur combinent une expertise multidisciplinaire, essentielle pour réaliser une évaluation fiable, conforme et stratégique, en intégrant notamment l’analyse macroéconomique, microéconomique, juridique, fiscal et actuarielle.

📖 2. Analyse macroéconomique

🔑 Notions clés & Définitions

Analyse des tendances du marché : Étude des évolutions et des dynamiques globales ou sectorielles influençant la performance et la stratégie des entreprises, permettant d’anticiper les opportunités et risques futurs.

Pression concurrentielle : Force exercée par les concurrents sur un marché, qui influence la fixation des prix, l’innovation, et la part de marché, conformément à la théorie de PORTER (1980).

Croissance organique et acquisitions : La croissance organique désigne l’augmentation du chiffre d’affaires par le développement interne de l’entreprise, tandis que les acquisitions impliquent l’achat d’autres sociétés pour accélérer cette croissance.

Ressources humaines et industrielles : Ensemble des compétences, du personnel, et des capacités industrielles mobilisées par l’entreprise pour assurer sa production, son innovation, et sa compétitivité.

Impact des facteurs macroéconomiques sur l’entreprise : Effets des variables économiques globales (taux d’intérêt, inflation, croissance économique, taux de change) sur la performance et la stratégie de l’entreprise, comme souligné par PERROUX (date).

📝 Points essentiels

  • L’analyse des tendances du marché permet d’identifier les cycles économiques, innovations technologiques, et évolutions réglementaires qui peuvent impacter la demande et l’offre.
  • La pression concurrentielle, selon PORTER (1980), se manifeste par l’intensité de la rivalité, la menace des nouveaux entrants, le pouvoir de négociation des fournisseurs et des clients, et la menace des produits de substitution.
  • La croissance organique est souvent privilégiée pour sa stabilité, mais les acquisitions peuvent offrir un levier de croissance rapide, avec des risques liés à l’intégration.
  • La gestion efficace des ressources humaines et industrielles est cruciale pour maintenir la compétitivité, notamment par la formation, l’innovation, et l’optimisation des processus.
  • Les facteurs macroéconomiques, tels que la variation des taux d’intérêt ou la fluctuation des devises, peuvent influencer la rentabilité, la structure financière, et la stratégie globale de l’entreprise.

💡 À retenir

L’analyse macroéconomique consiste à évaluer l’environnement global et sectoriel pour anticiper ses impacts sur l’entreprise, en intégrant notamment les tendances du marché, la pression concurrentielle, la croissance, et les facteurs macroéconomiques.

📖 3. Analyse microéconomique

🔑 Notions clés & Définitions

Analyse des ressources commerciales et financières : Évaluation de la capacité d’une entreprise à mobiliser, utiliser et optimiser ses ressources pour atteindre ses objectifs stratégiques, en intégrant à la fois ses actifs tangibles et intangibles, ainsi que ses ressources financières (voir notions de ressources disponibles et adéquation).

Pertinence du plan stratégique à moyen et long terme : Degré d’adéquation entre les orientations stratégiques définies par l’entreprise et ses capacités internes, ses ressources disponibles, ainsi que ses perspectives de développement, permettant d’assurer la pérennité et la croissance (voir disponibilité et adéquation des ressources).

Analyse des critères microéconomiques spécifiques à l’entreprise : Étude des éléments propres à l’entreprise tels que la structure de coûts, la rentabilité, la position concurrentielle, et la capacité d’adaptation, pour comprendre ses forces et faiblesses dans son environnement microéconomique.

Disponibilité et adéquation des ressources : Vérification que les ressources (humaines, industrielles, financières, commerciales) sont non seulement disponibles en quantité suffisante mais aussi adaptées aux besoins stratégiques et opérationnels de l’entreprise, pour soutenir sa croissance et sa compétitivité.

📝 Points essentiels

  • L’analyse des ressources commerciales et financières permet d’évaluer la capacité de l’entreprise à soutenir ses stratégies à moyen et long terme, en intégrant la disponibilité et l’adéquation des ressources (voir ressources disponibles et adéquation).
  • La pertinence du plan stratégique dépend de l’analyse précise des ressources internes et de leur alignement avec les objectifs fixés, ce qui conditionne la capacité à réaliser la croissance prévue.
  • L’analyse des critères microéconomiques spécifiques à l’entreprise inclut l’étude de la structure de coûts, de la rentabilité, et de la position concurrentielle, éléments essentiels pour anticiper la performance future.
  • La disponibilité des ressources doit être vérifiée en termes quantitatifs et qualitatifs, tandis que leur adéquation implique une compatibilité avec les besoins stratégiques et opérationnels.

💡 À retenir

L’évaluation de la capacité stratégique d’une entreprise repose sur l’analyse fine de ses ressources internes et de leur adéquation avec ses objectifs, afin d’assurer sa pérennité et sa croissance à moyen et long terme.

📖 4. Evaluation financière

🔑 Notions clés & Définitions

Coût moyen pondéré du capital (WACC) : AUTEUR (date) : taux moyen de financement d'une entreprise, pondéré par la proportion de chaque source de financement (dette et capitaux propres), intégrant le coût de chaque composante. Il sert à actualiser les flux futurs pour évaluer la valeur de l'entreprise.

Flux de trésorerie disponibles (FCFF) : AUTEUR (date) : flux de trésorerie généré par l'entreprise après impôts, disponible pour tous les fournisseurs de capitaux (actionnaires et créanciers), utilisé pour l’évaluation de la valeur de marché par actualisation.

Actif net : AUTEUR (date) : différence entre la valeur de l’actif économique de l’entreprise et ses dettes, représentant la valeur des fonds propres selon une approche patrimoniale.

Dette nette : AUTEUR (date) : différence entre la dette financière brute (dettes financières à court et long terme) et la trésorerie disponible, indiquant la position de levier financier nette de l'entreprise.

Estimation de la valeur de marché des capitaux propres par actualisation : AUTEUR (date) : méthode consistant à actualiser les FCFF ou autres flux futurs à l’aide du WACC pour déterminer la valeur présente des fonds propres de l'entreprise.

Marge opérationnelle brute et nette : AUTEUR (date) : indicateurs de rentabilité, respectivement, rapport entre le résultat brut d’exploitation et le chiffre d’affaires, et entre le résultat net et le chiffre d’affaires, permettant d’évaluer la performance opérationnelle.

📝 Points essentiels

  • Le WACC est calculé en intégrant le coût de la dette (taux d’intérêt après impôt) et le coût des fonds propres (modèle du CAPM, avec prime de risque de marché, taux sans risque, et bêta). La formule est :
    WACC=(E/V)×Ke+(D/V)×Kd×(1T)WACC = (E / V) \times Ke + (D / V) \times Kd \times (1 - T)
    EE = capitaux propres, DD = dette, VV = valeur totale, KeKe = coût des fonds propres, KdKd = coût de la dette, TT = taux d’imposition.

  • Les FCFF sont calculés en partant du résultat opérationnel (EBIT), ajusté des impôts, des investissements et de la variation du besoin en fonds de roulement (BFR). Ils représentent la capacité de l’entreprise à générer des flux pour tous ses financeurs.

  • La valeur de marché des capitaux propres est obtenue en actualisant les FCFF futurs, en intégrant une croissance stable à l’infini si nécessaire, pour obtenir la valeur présente.

  • La dette nette permet d’évaluer la position financière nette de l’entreprise, en tenant compte des liquidités disponibles.

  • La marge opérationnelle brute (ou marge brute) et la marge nette sont des indicateurs clés pour analyser la rentabilité opérationnelle et la profitabilité globale.

💡 À retenir

Le WACC sert de taux d’actualisation pour estimer la valeur de l’entreprise via les flux de trésorerie disponibles, tandis que la dette nette et l’actif net permettent d’évaluer la structure financière et la valeur patrimoniale de l’entreprise.

📖 5. Modèles d’évaluation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèles classiques d’évaluation : Ensemble de méthodes basées sur des approches financières traditionnelles, telles que MEDAF, APT, et l’évaluation d’options, visant à déterminer la valeur d’un actif ou d’une entreprise en utilisant des modèles mathématiques et statistiques.
  • Modèle des dividendes actualisés (DDM) : Méthode d’évaluation qui consiste à actualiser la série des dividendes futurs attendus d’une société pour en déduire la valeur actuelle de ses actions, selon la formule proposée par Gordon (1959).
  • Modèle des flux de trésorerie actualisés (DCF) : Approche qui estime la valeur d’une entreprise en actualisant ses flux de trésorerie futurs disponibles pour tous les investisseurs, en utilisant un taux d’actualisation correspondant au coût moyen pondéré du capital (WACC).
  • Modèle de la rente du goodwill (RIM) : Méthode qui mesure la survaleur générée par une entreprise en actualisant la rente ou le revenu résiduel (résidu d’exploitation) après déduction du coût du capital, selon Ohlson (1995).
  • Modèles mixtes (EVA®, MVA®, CFROI) : Approches combinant des fondamentaux économiques et financiers pour mesurer la création de valeur, telles que l’EVA® (Economic Value Added), la MVA® (Market Value Added), et le CFROI (Cash Flow Return On Investment), qui intègrent la performance économique et la rentabilité à long terme.

📝 Points essentiels

  • Les modèles classiques d’évaluation (MEDAF, APT, options) utilisent des formules mathématiques pour estimer la valeur d’un actif en fonction de ses risques et de ses rendements attendus, notamment dans la gestion de portefeuille et la finance d’option.
  • La méthode DDM repose sur la théorie de Gordon (1959), qui suppose une croissance stable et perpétuelle des dividendes, adaptée aux sociétés à dividendes réguliers.
  • La méthode DCF est la plus répandue en évaluation d’entreprise, car elle intègre la valeur actualisée des flux futurs, en tenant compte du coût du capital, et permet d’évaluer la valeur intrinsèque.
  • La rente du goodwill (RIM), développée par Ohlson (1995), mesure la valeur créée par l’entreprise en actualisant la rente résiduelle, c’est-à-dire la différence entre le résultat économique et le coût du capital.
  • Les modèles mixtes (EVA®, MVA®, CFROI) permettent d’évaluer la création de valeur en combinant la performance économique (EVA®), la valeur de marché (MVA®), et la rentabilité des investissements (CFROI).

💡 À retenir

Les modèles d’évaluation combinent des approches financières et économiques pour fournir une estimation précise de la valeur, en intégrant à la fois la rentabilité, la création de valeur et le risque associé à l’actif ou à l’entreprise.

📖 6. Méthodes patrimoniales

🔑 Notions clés & Définitions

Vision patrimoniale de l’entreprise : Approche qui considère la valeur de l’entreprise comme étant essentiellement la somme de ses actifs, en se concentrant sur leur valeur économique retraitée des non-valeurs comptables, afin d’évaluer la valeur réelle de l’entreprise (voir approche par l’actif net).

Valeur économique des actifs retraités : Estimation de la valeur des actifs d’une entreprise en tenant compte de leur valeur de marché ou de leur valeur d’usage, en excluant les non-valeurs comptables et en intégrant les réévaluations nécessaires pour refléter leur véritable valeur.

Non-valeurs comptables : Actifs ou éléments de patrimoine qui ne figurent pas ou peu dans les comptes comptables, tels que certains actifs incorporels ou la survaleur générée par l’entreprise, souvent mesurés par la méthode du goodwill ou d’autres approches patrimoniales.

Méthodes directes et indirectes dans l’approche patrimoniale :

  • Méthodes directes : Estiment directement la valeur des fonds propres en se basant sur la valeur des actifs réévalués (ex. actif net réévalué, ANR).
  • Méthodes indirectes : Évaluent la valeur de l’entreprise en se basant sur la valeur d’entreprise, en intégrant la valeur des dettes et autres éléments financiers (ex. approche par la rente du goodwill).

Valeur des actifs réévalués : Valorisation des actifs de l’entreprise à leur juste valeur ou à leur valeur de marché, permettant d’obtenir une estimation plus fidèle que la valeur comptable, notamment dans le cadre de l’approche patrimoniale.

📝 Points essentiels

  • La vision patrimoniale repose sur la valeur économique retraitée des non-valeurs comptables, permettant une évaluation plus précise de la richesse réelle de l’entreprise.
  • La méthode par l’actif net réévalué (ANR) consiste à ajuster la valeur comptable des actifs pour refléter leur valeur de marché ou leur valeur d’usage réelle.
  • La méthode du goodwill cherche à mesurer la survaleur générée par l’entreprise, en tenant compte des actifs incorporels non comptabilisés, via un modèle d’actualisation.
  • Les méthodes directes (ex. ANR) donnent la valeur des fonds propres, tandis que les méthodes indirectes (ex. approche par la rente du goodwill) évaluent la valeur d’entreprise en intégrant la dette et autres passifs.

💡 À retenir

Les méthodes patrimoniales évaluent la valeur d’une entreprise principalement à partir de ses actifs réévalués, en distinguant la valeur des fonds propres (méthodes directes) de celle de l’ensemble de l’entreprise (méthodes indirectes), notamment par la prise en compte de la survaleur non comptabilisée.

📖 7. Approche par l’actif net

🔑 Notions clés & Définitions

  • Actif net réévalué (ANR) : La valeur de l’actif de l’entreprise après réévaluation à sa juste valeur, en tenant compte des ajustements comptables et des valeurs de marché. Selon PERROUX (date), il s’agit de la valeur actualisée des actifs retraités des non-valeurs comptables, permettant une évaluation plus fidèle de la richesse réelle de l’entreprise.
  • Calcul de la valeur économique de l’actif net : La somme de la valeur des actifs réévalués diminuée de la valeur des dettes financières, représentant la richesse économique réelle de l’entreprise. Elle se distingue de la valeur comptable en intégrant la valeur de marché des actifs, comme précisé par PERROUX (date).
  • Valeur des capitaux propres par approche patrimoniale : La différence entre la valeur économique de l’actif net et la valeur des dettes, correspondant à la valeur des fonds propres selon l’approche patrimoniale, qui privilégie la valeur réelle des actifs retraités.
  • Différence entre actif net comptable et actif net économique : L’actif net comptable repose sur les valeurs comptables historiques, tandis que l’actif net économique intègre la valeur de marché des actifs, permettant une évaluation plus précise de la richesse réelle de l’entreprise (voir section 6).

📖 8. Approche par goodwill

🔑 Notions clés & Définitions

  • Goodwill et survaleur : La survaleur, ou goodwill, représente la différence entre le prix d’acquisition d’une entreprise et la valeur de ses actifs nets identifiables. Selon Aubert (2004), le goodwill est une valeur immatérielle liée à la réputation, à la clientèle ou à d’autres avantages économiques futurs, non identifiables séparément. La survaleur est souvent considérée comme la composante du goodwill qui dépasse la valeur comptable des actifs identifiés.

  • Actifs incorporels non comptabilisés au bilan : Ce sont des actifs immatériels qui ne figurent pas dans le bilan, tels que la réputation, la clientèle ou le savoir-faire, mais qui génèrent une valeur économique pour l’entreprise. Leur absence de comptabilisation peut conduire à une sous-estimation de la valeur réelle de l’entreprise.

  • Modèles d’actualisation du goodwill : Méthodes permettant de mesurer la valeur du goodwill en actualisant ses flux futurs attendus. RIM (Residual Income Model), par exemple, repose sur la capitalisation des revenus résiduels générés par l’entreprise, en actualisant ces flux pour obtenir une valeur présente.

  • Mesure de la survaleur par actualisation : Approche consistant à estimer la valeur du goodwill en actualisant les flux futurs qu’il génère, ou la différence entre la valeur de marché et la valeur comptable des actifs identifiables. Elle permet d’évaluer la contribution économique du goodwill à partir de modèles financiers.

  • Approche par la rente du goodwill (RIM) : Méthode qui valorise le goodwill en se basant sur la capacité de l’entreprise à générer une rente résiduelle ou un surplus de rentabilité par rapport au coût du capital, en actualisant ces flux futurs (voir RIM).

📝 Points essentiels

  • La survaleur ou goodwill apparaît lors d’une acquisition lorsque le prix payé dépasse la valeur comptable des actifs nets identifiés, intégrant notamment des actifs incorporels non comptabilisés (voir actifs incorporels non comptabilisés au bilan).

  • La mesure du goodwill peut être réalisée par des modèles d’actualisation, notamment le RIM, qui actualise la rente résiduelle générée par l’entreprise, permettant d’estimer la survaleur liée à la réputation, à la clientèle ou à d’autres actifs immatériels.

  • La valorisation du goodwill repose sur la capacité de l’entreprise à générer des flux futurs supérieurs à ceux attendus d’actifs identifiables, en tenant compte de la rentabilité résiduelle (voir approche par la rente du goodwill).

  • La difficulté principale réside dans l’estimation précise des flux futurs et du taux d’actualisation, ainsi que dans la reconnaissance des actifs incorporels non comptabilisés, qui peuvent fortement influencer la valeur du goodwill.

  • La méthode d’actualisation permet de mesurer la survaleur en intégrant la rentabilité future attendue, ce qui justifie l’utilisation de modèles financiers sophistiqués pour une évaluation fiable.

💡 À retenir

La valeur du goodwill, ou survaleur, se mesure par l’actualisation des flux futurs qu’il génère, notamment via l’approche par la rente du goodwill (RIM), en tenant compte des actifs incorporels non comptabilisés, afin de refléter la véritable valeur économique de l’entreprise.

📖 9. Approches par multiples

🔑 Notions clés & Définitions

  • Approche analogique par multiples : Méthode d’évaluation qui consiste à comparer une entreprise à des sociétés similaires en utilisant des ratios financiers (multiples) observés sur le marché, afin d’estimer sa valeur. Selon PERROUX (date), cette approche repose sur le principe que des entreprises comparables doivent présenter des ratios financiers proches.

  • Multiples de capitaux propres (ex : PER, PCF, PBR) : Ratios qui mettent en relation la valeur des fonds propres avec un agrégat financier spécifique.

    • PER (Price Earnings Ratio) : Rapport entre la capitalisation boursière et le résultat net.
    • PCF (Price to CashFlow) : Rapport entre la capitalisation boursière et le flux de trésorerie d’exploitation.
    • PBR (Price to Book Ratio) : Rapport entre la valeur de marché des fonds propres et la valeur comptable des fonds propres.
  • Multiples de valeur d’entreprise (ex : Ve/CA, Ve/EBE, Ve/REX, Ve/FCF) : Ratios qui comparent la valeur d’entreprise (Ve) à ses agrégats d’exploitation, permettant d’évaluer la société indépendamment de sa structure financière.

    • Ve/CA : Valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires.
    • Ve/EBE : Valeur d’entreprise sur excédent brut d’exploitation.
    • Ve/FCF : Valeur d’entreprise sur flux de trésorerie disponible.
  • Méthodes directes et indirectes par multiples :

    • Méthodes directes : Estiment directement la valeur des fonds propres ou de l’entreprise à partir des multiples (ex : PER, Ve/EBE).
    • Méthodes indirectes : Passent par l’estimation préalable de la valeur d’actifs ou de la valeur d’entreprise, puis déduisent la valeur des fonds propres.
  • Utilisation des comparables boursiers : Technique consistant à appliquer les multiples observés sur des sociétés cotées ou des transactions comparables pour évaluer une entreprise cible, en supposant que le marché valorise de façon cohérente des sociétés similaires (voir aussi "approche par multiples de sociétés comparables").

📖 10. Approches par flux de trésorerie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Approche par les flux ou revenus (income approach) : Méthode d’évaluation qui repose sur la valeur actuelle des flux de trésorerie futurs générés par l’entreprise, en utilisant des techniques d’actualisation. Elle considère que la valeur d’un actif est égale à la somme actualisée de ses revenus futurs (voir aussi modèle DCF).
  • Actualisation des dividendes futurs (DDM) : Méthode d’évaluation basée sur la projection et l’actualisation des dividendes que l’entreprise versera à ses actionnaires, selon **Gordon (1959) : la croissance stable à l’infini des dividendes permet de calculer la valeur intrinsèque de l’action.
  • Actualisation des flux de trésorerie futurs (DCF) : Technique qui consiste à actualiser les flux de trésorerie disponibles (FCFF ou FCFE) attendus dans le futur, en utilisant un taux d’actualisation correspondant au coût moyen pondéré du capital (WACC). Elle permet d’évaluer la valeur de l’entreprise ou de ses capitaux propres.
  • Différence entre méthodes directes et indirectes par flux :
    • Méthodes directes : Estiment directement la valeur des fonds propres ou de l’actif, en actualisant les flux liés à ces fonds (ex : DDM pour les dividendes).
    • Méthodes indirectes : Passent par l’estimation de la valeur d’entreprise (valeur totale de l’actif économique) puis en déduisant la dette pour obtenir la valeur des fonds propres (ex : DCF).
  • Croissance stable à l’infini dans les modèles DCF : Hypothèse selon laquelle, après une période de prévision explicite, les flux de trésorerie croissent à un taux constant (souvent inférieur au taux de croissance économique), permettant de calculer la valeur terminale en utilisant la formule de Gordon (1959).

📝 Points essentiels

  • L’approche par flux ou revenus repose sur le principe que la valeur d’un actif est la somme actualisée de ses flux futurs, selon **Gordon (1959).
  • La méthode DDM actualise les dividendes futurs, adaptée aux sociétés avec politique de dividendes stable ou prévisible.
  • La méthode DCF peut utiliser différents flux (FCFF ou FCFE) et nécessite de déterminer un taux d’actualisation (WACC) conforme à la structure financière de l’entreprise.
  • La croissance stable à l’infini dans les modèles DCF permet de simplifier la valorisation après la période de prévision explicite, en utilisant la formule de Gordon.
  • La distinction entre méthodes directes et indirectes est essentielle pour choisir la technique adaptée à la situation et à la nature des flux disponibles.
  • La croissance à l’infini doit être inférieure au taux de croissance économique à long terme pour assurer la cohérence du modèle.

💡 À retenir

L’approche par flux ou revenus, notamment via le modèle DCF, est une méthode fondamentale d’évaluation qui repose sur l’actualisation des flux futurs, en intégrant une hypothèse de croissance stable à l’infini pour simplifier la valorisation après la période de prévision.

📖 11. Approche par actifs et coûts

🔑 Notions clés & Définitions

  • Approche par l’actif net (voir section 7) : Méthode d’évaluation basée sur la valeur économique des actifs retraités des passifs, en utilisant la valeur réévaluée des actifs pour déterminer la valeur des capitaux propres. Elle repose sur l’idée que la valeur de l’entreprise correspond à la différence entre la valeur des actifs et celle des dettes.

  • Approche par la somme des parties (SOP) (voir section 12) : Technique d’évaluation qui consiste à estimer séparément la valeur de chaque activité ou division d’un groupe, puis à additionner ces valeurs pour obtenir celle de l’ensemble. Elle est particulièrement adaptée aux groupes diversifiés.

  • Méthode de la valeur de la performance par EVA® (Economic Value Added) (voir section 12) : Approche qui mesure la création de valeur en soustrayant le coût du capital investi du résultat opérationnel après impôts, permettant d’évaluer la rentabilité économique réelle de l’entreprise.

  • Approche mixte (voir section 12) : Combinaison de différentes méthodes d’évaluation, notamment celles basées sur la création de valeur (EVA®, MVA®, CFROI) et celles par la somme des parties, pour une estimation plus précise et complète de la valeur d’une entreprise.

  • Approche statique de la valeur des actifs réévalués (voir section 7) : Méthode d’évaluation qui consiste à actualiser la valeur des actifs à leur valeur de marché ou à leur valeur réévaluée, sans prendre en compte la dynamique future de l’entreprise, en se concentrant sur une photographie à un instant donné.

📝 Points essentiels

  • L’approche par actifs ou coûts se concentre sur la valeur des actifs de l’entreprise, en utilisant des méthodes telles que l’actif net réévalué ou la somme des parties pour refléter la valeur économique réelle, notamment lorsque la société possède des actifs importants ou peu de rentabilité future.

  • La méthode de la somme des parties (SOP) est particulièrement utile pour les groupes diversifiés, permettant de valoriser séparément chaque activité ou division, puis de les agréger pour obtenir la valeur globale.

  • Les approches mixtes, intégrant la création de valeur (EVA®, MVA®, CFROI), permettent d’évaluer la performance économique en mesurant la capacité de l’entreprise à générer une rentabilité supérieure au coût du capital, en complément des méthodes patrimoniales.

  • La mesure de la performance par EVA® (voir section 12) consiste à calculer la différence entre le résultat opérationnel après impôts et le coût du capital investi, offrant une vision précise de la création de valeur réelle.

  • L’approche statique privilégie une évaluation à un instant T, en utilisant la valeur réévaluée des actifs, sans intégrer explicitement la dynamique future ou la croissance anticipée.

💡 À retenir

L’approche par actifs et coûts, notamment via la méthode de la somme des parties et l’évaluation par la valeur de la performance (EVA®), permet d’estimer la valeur d’une entreprise en se concentrant sur ses actifs réévalués et sa capacité à créer de la valeur, en complément des approches basées sur les flux ou la rentabilité future.

📖 12. Méthodes mixtes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Méthodes mixtes combinant fondamentaux et multiples : Approches d’évaluation qui intègrent à la fois l’analyse des fondamentaux économiques et financiers de l’entreprise (ex. EVA®) et la comparaison par multiples (ex. PER, PBR), permettant une vision globale et complémentaire de la valeur.
  • Utilisation de l’EVA® dans les méthodes mixtes : Application de l’EVA® (Economic Value Added, AUBERT (1986)) comme indicateur de création de valeur, intégrant la rentabilité économique et le coût du capital, dans une démarche combinée avec d’autres méthodes pour affiner l’évaluation.
  • Application des multiples dans les méthodes mixtes : Emploi de multiples boursiers ou de transactions comparables (ex. PER, Ve/EBITDA) pour estimer la valeur de l’entreprise ou de ses composantes, souvent en complément d’approches patrimoniales ou par flux, afin d’obtenir une estimation plus robuste.
  • Approche par la somme des parties comme méthode composite : Technique consistant à décomposer une entreprise en ses différentes activités ou divisions, chacune évaluée séparément par la méthode la plus appropriée, puis à agréger ces valeurs pour obtenir la valeur globale (voir section 11).
  • Différenciation entre méthodes mixtes et autres approches : Les méthodes mixtes se distinguent par leur capacité à combiner plusieurs approches (fondamentale, patrimoniale, par multiples, par flux) pour pallier les limites de chaque méthode isolée, contrairement aux approches monolithiques.

📝 Points essentiels

  • Les méthodes mixtes résultent de la combinaison des fondamentaux (ex. EVA®, RIM, CFROI) et des multiples (PER, PBR, Ve/EBITDA), permettant d’intégrer la création de valeur et la comparaison de marché.
  • L’approche par la somme des parties est une méthode composite qui consiste à évaluer séparément chaque activité ou division, puis à agréger ces valeurs pour obtenir une estimation globale, en utilisant pour chaque partie la méthode la plus pertinente (voir section 11).
  • L’utilisation de l’EVA® dans ces méthodes permet de mesurer la performance économique en intégrant le coût du capital, ce qui enrichit l’analyse par la prise en compte de la création de valeur réelle.
  • La différenciation entre méthodes mixtes et autres approches repose sur leur capacité à croiser plusieurs techniques pour améliorer la précision de l’évaluation, notamment dans des groupes complexes ou diversifiés.

💡 À retenir

Les méthodes mixtes combinent l’analyse fondamentale et la comparaison par multiples, souvent en intégrant l’EVA® et la somme des parties, pour offrir une évaluation plus complète et fiable de la valeur d’une entreprise.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1980Théorie de PORTER sur la pression concurrentielle
Date non préciséeTravail de PERROUX sur la croissance économique

📊 Tableaux de Synthèse

CritèreAnalyse macroéconomiqueAnalyse microéconomique
ObjectifÉvaluer l’environnement global et sectorielÉvaluer la capacité interne de l’entreprise
Facteurs clésTaux d’intérêt, inflation, croissance, changeRessources, coûts, rentabilité, position
Principaux auteursPERROUX, PORTER-
ApprocheÉtude des tendances, pression concurrentielleAnalyse des ressources, plan stratégique
Impact sur la valorisationInfluence macroéconomique globaleCapacité interne et stratégique

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre croissance organique et acquisitions : la première est interne, la seconde externe.
  2. Négliger l’impact des facteurs macroéconomiques sur la valorisation.
  3. Confondre ressources disponibles et ressources adéquates.
  4. Sous-estimer la pression concurrentielle selon PORTER.
  5. Oublier d’intégrer l’analyse des risques liés aux modèles d’évaluation.
  6. Confondre analyse macroéconomique et microéconomique, leur objectif étant différent.
  7. Omettre de considérer l’impact fiscal lors de l’évaluation.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de PERROUX sur la croissance économique.
  • Maîtriser la théorie de PORTER sur la pression concurrentielle.
  • Savoir distinguer analyse macroéconomique et microéconomique.
  • Identifier les compétences clés de l’évaluateur selon le contenu.
  • Connaître les principaux déterminants macroéconomiques influençant la valeur.
  • Comprendre l’impact des ressources internes sur la performance.
  • Savoir appliquer la notion de pertinence du plan stratégique.
  • Maîtriser les concepts de ressources disponibles et adéquates.
  • Connaître les principales méthodes d’évaluation financière : patrimoniale, par goodwill, par multiples, par flux de trésorerie, par actifs et coûts, méthodes mixtes.
  • Savoir différencier les approches par actif net, goodwill, multiples, flux de trésorerie, actifs et coûts.
  • Connaître les enjeux juridiques et fiscaux liés à l’évaluation.
  • Maîtriser l’utilisation des modèles actuariels dans l’évaluation.
  • Vérifier la maîtrise des concepts clés et des auteurs : PERROUX, PORTER.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction aux Méthodes d'Évaluation Financière avec 12 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Les compétences évaluateurs désignent :

2. En quoi l’analyse des tendances du marché diffère-t-elle de l’évaluation de la pression concurrentielle selon PORTER ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux Méthodes d'Évaluation Financière avec 24 flashcards interactives.

Compétences évaluateurs — définition ?

Savoir-faire, connaissances et capacités pour une évaluation fiable.

Analyse macroéconomique — rôle ?

Étudier l’environnement global influençant la valeur.

Analyse microéconomique — rôle ?

Évaluer la capacité interne de l’entreprise.

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