📋 Plan du Cours
- Désindustrialisation mondiale et française
- Facteurs du recul industriel
- Crise sanitaire et tensions énergétiques
- Industrie, croissance et revenus
- Fondements de la politique industrielle
- Renouveau mondial et industrie 4.0
- Tradition colbertiste et État actionnaire
- Soutiens horizontaux à l’industrie
- Politique verticale et souveraineté
- Politique industrielle européenne
📖 1. Désindustrialisation mondiale et française
🔑 Notions clés & Définitions
- Désindustrialisation : La désindustrialisation correspond à la baisse du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée totale et dans l’emploi.
- Déversement sectoriel : Le déversement sectoriel désigne le fait que l’activité économique se déplace progressivement vers d’autres secteurs que l’industrie.
- Financiarisation des entreprises : La financiarisation est la tendance à privilégier des objectifs financiers pour les actionnaires, au détriment de l’investissement productif.
- Désindustrialisation précoce : La désindustrialisation précoce décrit le fait que le pic d’industrialisation intervient à un niveau de PIB par habitant plus faible qu’autrefois.
📝 Points essentiels
- La part mondiale de l’industrie manufacturière passe de 19 % en 1927 à 17 % en 2021.
- Entre 2005 et 2021, la part de l’industrie manufacturière chinoise baisse de 32 % à 27 %.
- En France, la part manufacturière recule de 16,6 % à 10,4 % sur la période 1925-2022.
- La balance commerciale française de biens manufacturés passe d’un excédent supérieur à 10 Md€ au début des années 2000 à un déficit de 78,5 Md€ en 2022.
- La part de marché mondiale de la France pour les biens chute de 5 % en 2000 à 2,4 % en 2022.
- Sur la gouvernance, les dividendes passent de 12 % des profits avant les années 1980 à plus de 25 % après 2008.
💡 Astuce mémo
Pic d’industrie plus bas = désindustrialisation précoce (on atteint le sommet “trop tôt”).
📖 2. Facteurs du recul industriel
🔑 Notions clés & Définitions
- Gains de productivité manufacturière : Les gains de productivité dans la fabrication permettent de produire autant avec moins de travailleurs, ce qui réduit l’emploi industriel.
- Externalisation vers les services : L’externalisation de fonctions industrielles vers des services et la hausse de la demande de services déplacent une partie de l’activité hors du secteur manufacturier.
- Compétitivité-prix et hors prix : La compétitivité se joue sur les coûts et le change (prix) ainsi que sur l’innovation et la montée en gamme (hors-prix), influençant la capacité à conserver des parts de marché.
📝 Points essentiels
- Entre 2000 et 2012, les coûts salariaux unitaires ont augmenté d’environ 10% en France alors qu’ils ont diminué d’environ 6% en Allemagne, sans pouvoir compenser via des ajustements monétaires dans la zone euro.
- Les intrants (notamment intermédiaires) représentent environ 60% de la valeur de la production industrielle française, ce qui renforce le poids des coûts hors travail sur la compétitivité.
- Une dépréciation de 10% de l’euro augmenterait les exportations d’environ 6%, avec un effet surtout concentré la première année, et un effet symétrique en cas d’appréciation.
- En 2020, la densité de robots est de 194 robots pour 10 000 salariés en France contre 371 en Allemagne, signalant un retard de numérisation et d’automatisation.
- D’après l’enquête CIS 2018-2020, la France est au-dessus de la moyenne UE pour l’innovation de procédés et/ou produits mais reste largement en retrait par rapport à l’Allemagne ou à la Belgique.
- Selon le CEPII en 2022, une relance peut accroître la désindustrialisation si la demande renforce les importations de biens manufacturés, ce qui déplace l’économie vers les services.
💡 Astuce mémo
CSU + change + capacités : coûts qui montent, euro qui bouge, innovations et robots qui accusent un retard.
📖 3. Crise sanitaire et tensions énergétiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage partiel : Dispositif public qui compense une partie de la perte de revenu des salariés pendant la crise sanitaire afin de préserver l’emploi.
- Prêts Garantis par l’État PGE : Garantie de l’État destinée à faciliter le financement des entreprises pendant la crise, afin de soutenir la trésorerie et les investissements à court terme.
- Plan France Relance : Plan de soutien doté de 100 milliards d’euros qui comporte un volet industriel et des mesures pour relancer et protéger certains secteurs.
- Chocs énergétiques : Perturbations des prix de l’énergie en Europe qui se transmettent aux coûts de production et donc à la compétitivité industrielle.
📝 Points essentiels
- La France a utilisé le chômage partiel, les fonds de solidarité et des PGE, dont 145 milliards d’euros ont bénéficié à plus de 700 000 entreprises.
- Entre janvier et septembre 2020, l’endettement brut des entreprises augmente de 7 points de PIB, soit plus de 170 milliards d’euros, dont 120 milliards liés aux PGE.
- En 2022, les chocs de prix ont porté sur le pétrole (+22 % entre janvier–février 2022 et fin février–fin avril) et sur le gaz (prix multiplié par cinq entre avril 2022 et avril 2021).
- Si les prix de l’énergie restent durablement au double, une hausse des coûts menace 117 000 emplois industriels en France selon un rapport de 2023.
💡 Astuce mémo
COVID = soutien liquidité (chômage partiel + PGE), ÉNERGIE = coûts qui explosent (pétrole +22 %, gaz ×5) puis emplois menacés.
📖 4. Industrie, croissance et revenus
🔑 Notions clés & Définitions
- Effet d’entraînement industriel : L’industrie stimule l’ensemble de l’économie via ses consommations intermédiaires, ce qui renforce la croissance et la valeur ajoutée globale.
- Multiplicateur de valeur ajoutée : Le multiplicateur de valeur ajoutée mesure, pour un secteur, la contribution totale à la croissance de la valeur ajoutée en incluant les liens avec les autres activités.
- Gains de productivité industriels : Les gains de productivité correspondent à l’augmentation annuelle de l’efficacité de production, qui peut être plus forte dans l’industrie que dans les services ou la construction.
- Répartition des revenus par l’industrie : L’industrie influence la répartition des revenus en créant des emplois plus stables et en soutenant la formation d’une classe moyenne, tout en structurant les territoires.
📝 Points essentiels
- En France, le multiplicateur de valeur ajoutée est de 4,8 pour l’aéronautique contre 1,5 pour le commerce et les services.
- En 2011, les secteurs industriels représentent 76,5 % des dépenses intérieures en R&D, ce qui alimente des gains de productivité et la croissance de long terme.
- Entre 1978 et 2008, la productivité de l’industrie manufacturière progresse en moyenne de 2,4 % par an, contre +0,8 % pour les services marchands et -1,1 % pour la construction.
- Dans les économies avancées, un secteur industriel dynamique favorise des emplois stables et l’émergence d’une classe moyenne, avec un rôle possible de la politique industrielle pour réduire les inégalités.
- La spécialisation territoriale influence la distribution des revenus : l’Ouest et l’Occitanie bénéficient de l’aéronautique et du naval, tandis que l’Est et le Nord, orientés vers l’extraction de matières premières, ont plus de difficultés à se diversifier.
💡 Astuce mémo
Aéronautique x4,8 contre services x1,5 : l’industrie amplifie la valeur ajoutée partout autour d’elle.
📖 5. Fondements de la politique industrielle
🔑 Notions clés & Définitions
- Secteur industriel dynamique : Un secteur industriel en bonne santé crée des effets d’entraînement qui renforcent la croissance potentielle et influencent la répartition des revenus entre agents et territoires.
- Politique industrielle horizontale : Une politique horizontale vise l’ensemble de l’économie pour corriger des défaillances de marché comme les externalités, les asymétries d’information et le sous-financement du crédit.
- Politique industrielle verticale : Une politique verticale cible des secteurs ou activités spécifiques, et peut être efficace quand l’environnement concurrentiel et l’information sur les entreprises sont suffisamment maîtrisés.
📝 Points essentiels
- Dans les économies avancées, l’industrie soutient la croissance via ses consommations intermédiaires et son effet d’entraînement sur la valeur ajoutée globale, malgré son recul.
- Le multiplicateur de valeur ajoutée de l’aéronautique est de 4,8 contre 1,5 pour le commerce et les services, ce qui illustre le rôle industriel dans l’économie.
- En matière d’emploi, l’automatisation menace environ 9 % des emplois à court terme selon l’OCDE, avec des estimations plus élevées chez d’autres auteurs.
- Une politique industrielle horizontale s’appuie notamment sur des externalités positives et sur des asymétries d’information entre prêteurs et emprunteurs (risque de rationnement du crédit) et entre producteurs et consommateurs (frein à l’internationalisation).
💡 Astuce mémo
Hori = “tout le monde” (défaillances générales), Verti = “secteur” (ciblage), et l’industrie tire la croissance via l’effet d’entraînement.
📖 6. Renouveau mondial et industrie 4.0
🔑 Notions clés & Définitions
- Industrie 4.0 : Technologies et méthodes industrielles visant des procédés plus flexibles, intégrés et productifs grâce à la donnée et à la connectivité.
- Inflation Reduction Act 2022 : Loi américaine de 2022 mobilisant un budget massif pour soutenir l’industrie tout en conditionnant certaines aides à une production assemblée en Amérique du Nord.
- Made in China 2025 : Programme chinois orienté vers la modernisation industrielle, notamment par l’automatisation et la robotisation des chaînes de production.
- Value Manufacturing : Stratégie britannique pour améliorer la compétitivité industrielle sur des filières comme la pharmacie, la chimie, la marine et l’aérospatiale.
📝 Points essentiels
- Aux États-Unis, une aide fédérale de 80 milliards USD en 2008 a été accordée à General Motors et Chrysler pour éviter des pertes massives et permettre une restructuration à partir de 2009 avec 420 000 emplois créés.
- En 2011, le National Network for Manufacturing Innovation finance la recherche industrielle liée à l’industrie 4.0 et, avec les politiques de soutien, conduit à 850 000 emplois créés et un retour de la production au niveau d’avant crise en 2014.
- Avec l’Inflation Reduction Act de 2022 (369 Md USD), les subventions pour l’achat de véhicules sont conditionnées à une assemblage uniquement en Amérique du Nord.
- Pour l’Europe, l’industrie 4.0 s’appuie notamment sur des robots collaboratifs, l’impression 3D, le Big Data, la réalité augmentée, le cloud, la smart production et l’Internet des objets.
- Le Royaume-Uni met en place Value Manufacturing via un programme Catapulte regroupant 7 centres de recherche appliquée et l’Industrial Strategy retient 4 secteurs clés : IA, silver economy, croissance propre et mobilités du futur.
- En Italie, le plan Industrie 4.0 mobilise 13 milliards de fonds publics, avec 21,3 milliards de fonds privés attirés entre 2017 et 2020 pour moderniser l’appareil productif.
💡 Astuce mémo
Industrie 4.0 = 4C : Connectivité (IoT) + Cloud + Données (Big Data) + Collaboration (robots collaboratifs).
📖 7. Tradition colbertiste et État actionnaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Colbertisme : Approche de politique industrielle où l’État oriente le développement économique via des interventions ciblées et la construction de capacités productives.
- Chasseurs nationaux : Stratégie de politique industrielle consistant à soutenir des entreprises choisies pour qu’elles deviennent des acteurs de dimension internationale.
- État actionnaire : Rôle de l’État via ses prises de participation, permettant d’influencer les choix stratégiques des entreprises et de percevoir des dividendes.
- Agence des participations de l’État APE : Institution qui gère les participations de l’État dans des entreprises, avec un pilotage orienté vers la stratégie, le service public et les situations difficiles.
📝 Points essentiels
- La politique colbertiste française passe par des « champions nationaux » et des programmes d’équipement, avec des exemples comme EDF, GDF, Areva et Airbus.
- La création d’Airbus a contribué à l’excédent commercial de l’aéronautique de 23,5 Md€ en 2022, mais certains projets ont échoué comme Bull.
- L’État intervient aussi pour sauver des entreprises en difficulté via des prises de participation et des plans validés par la Commission européenne, comme pour Alstom, PSA, Areva ou Air France-KLM.
- L’État n’agit pas de façon automatique : la tentative de sauver Creusot-Loire dans la mécanique lourde a été abandonnée.
- L’APE regroupe 83 entités et 1,66 million de salariés (2021-2022) autour de trois axes : entreprises stratégiques, entreprises de service public et entreprises en difficulté.
- La loi Pacte de 2018 a permis des cessions (dont EDF et Thalès) pour financer le FII doté de 10 Md€ avec un rendement prévu de 250 M€/an.
💡 Astuce mémo
Colbertisme = État qui « monte des champions » et détient des actions via l’APE (stratégique, service public, difficulté).
📖 8. Soutiens horizontaux à l’industrie
🔑 Notions clés & Définitions
- BPI France : Etablissement public qui finance et accompagne des projets et des entreprises industrielles, avec un appui à la croissance et à l’internationalisation via un réseau régional.
- Crédit d’impôt recherche : Dispositif fiscal qui encourage les entreprises à investir en recherche-développement en leur apportant un soutien public lié à leurs dépenses de R&D.
- Incitations fiscales à l’innovation : Mécanismes qui orientent des dépenses privées vers des secteurs innovants grâce à des avantages fiscaux liés à l’effort d’innovation.
📝 Points essentiels
- La réforme du CIR par la loi de finances de 2008 fait passer le soutien public de 1,6 milliard à 5,3 milliards d’euros en 2014.
- Les effets macroéconomiques attendus après la réforme incluent une hausse de 0,6 point de PIB sur 15 ans.
- Des études montrent que le CIR stimule les dépenses de R&D des entreprises bénéficiaires.
- France Stratégie (2021) estime que l’impact du CIR sur la valeur ajoutée, l’investissement et l’emploi liés à l’innovation reste limité.
- BPI France agit via des financements de projets et d’entreprises, et accompagne les PME-ETI pour leur croissance ainsi que le soutien à l’exportation et à l’internationalisation.
- La politique d’innovation mobilise aussi la commande publique et des incitations fiscales pour orienter les efforts vers les projets R&D.
💡 Astuce mémo
CIR : de 1,6 à 5,3 Md€ en 2014, pour pousser la R&D (mais effet emploi et valeur ajoutée discuté).
📖 9. Politique verticale et souveraineté
🔑 Notions clés & Définitions
- Autorisation préalable des IDE : Mécanisme imposant une validation en amont des investissements étrangers lorsque les activités concernées sont jugées stratégiques pour la souveraineté française.
- Secteurs stratégiques : Catégories d’activités considérées comme sensibles, liées à la sécurité publique, à la défense et à des domaines industriels jugés critiques pour l’État.
- Projets d’intérêt européen commun : Programmes soutenus au niveau de l’Union qui mobilisent des aides publiques pour des objectifs stratégiques, avec un assouplissement encadré des règles de concurrence.
- Alliance européenne sur les batteries : Exemple de projet financé comme projet d’intérêt européen commun visant à structurer une filière stratégique de production de batteries.
📝 Points essentiels
- Le décret du 14 mai 2014 met en place une autorisation préalable pour les investissements étrangers dans des secteurs stratégiques en France.
- Le dispositif a été étendu depuis 2018 à certains secteurs technologiques.
- Au niveau de l’UE, l’approche industrielle est contrainte par la concurrence, les aides d’État étant encadrées par les articles 106 et 107 du TFUE et contrôlées par la Commission via l’article 108.
- L’UE prévoit d’assouplir, sous conditions, les règles d’aides d’État pour des projets d’intérêt européen commun (PIIEC).
- L’Alliance européenne sur les batteries (2019) prévoit 3,2 milliards € d’aide pour un consortium de 17 entreprises et vise une filière majoritairement dominée par des acteurs asiatiques (85%).
- Le projet Recherche et Innovation sur les batteries (2021) prévoit 2,9 milliards € d’aide pour 42 entreprises et vise l’installation d’environ 30 gigafactories en Europe.
💡 Astuce mémo
Souveraineté = IDE sous autorisation, et Europe = champions via PIIEC (ex. batteries).
📖 10. Politique industrielle européenne
🔑 Notions clés & Définitions
- Projets d’intérêt européen commun PIIEC : Les PIIEC sont des projets européens majeurs dont l’appui peut être facilité par un assouplissement des règles d’aides d’État pour répondre à des enjeux stratégiques.
- Green Deal Industrial Plan : Le Green Deal Industrial Plan est le plan industriel présenté par la Commission pour renforcer l’industrie verte via des mesures réglementaires, financières, de compétences et de coopération.
- Net Zero Industry Act NZIA : Le NZIA est un cadre européen visant à renforcer la capacité de production de technologies clés pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, intégré au Pacte vert.
- Chips Act : Le Chips Act est le dispositif européen qui finance jusqu’en 2030 des investissements dans les semi-conducteurs afin de sécuriser la chaîne d’approvisionnement.
- Conseil européen de l’innovation CEI : Le CEI est une instance européenne dont l’évolution est proposée pour jouer un rôle inspiré de la DARPA, avec budget accru et soutien à des projets de rupture.
📝 Points essentiels
- La Commission prévoit d’assouplir le contrôle des aides d’État pour soutenir des PIIEC, afin d’accélérer des projets stratégiques face aux concurrents protectionnistes.
- L’Alliance Européenne sur les Batteries (2019) reçoit 3,2 Md€ pour 17 entreprises, visant une filière de batteries dont 85% de la domination proviendrait d’acteurs chinois, japonais et coréens.
- Le Green Deal Industrial Plan (janvier 2023) s’appuie sur 4 piliers : simplification réglementaire, accélération des financements PIIEC, usage facilité des fonds existants, et amélioration des compétences et coopération pour la sécurité des approvisionnements.
- Pour le NZIA, un besoin additionnel d’environ 92 Md€ jusqu’en 2030 est évalué, dont au moins 16 à 18 Md€ de fonds publics, alors que les ressources propres UE restent insuffisantes.
- Le Chips Act adopté en juillet 2023 prévoit 42 Md€ d’investissement dans les semi-conducteurs jusqu’en 2030, montant inférieur aux investissements prévus en Corée du Sud (450 Md USD).
- En 2019, Bruegel propose de transformer le CEI en organisme type DARPA, d’augmenter ses moyens (Fonds de l’innovation) et d’harmoniser la commande publique au niveau européen.
💡 Astuce mémo
PIIEC Batteries = 3,2 Md€ / 17 entreprises / domination 85% (Chine-Japon-Corée).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1927 | Diminution de la part de l’industrie manufacturière mondiale (19% en 1927) |
| 2021 | Baisse de la part de l’industrie manufacturière mondiale (17% en 2021) |
| 2005 | Début de la baisse de la part manufacturière chinoise (32% à partir de 2005) |
| 2021 | Fin de la baisse de la part manufacturière chinoise (27% entre 2005 et 2021) |
| 1925 | Déclin de la part manufacturière française (16,6% à 10,4% entre 1925 et 2022) |
| 2022 | Green Deal Industrial Plan (janvier 2023) concerne aussi les besoins NZIA évalués jusqu’en 2030 |
📊 Tableaux de synthèse
Politique industrielle : horizontale vs verticale
| Type | Objectif | Ciblage |
|---|
| Horizontale | Améliorer l’ensemble de l’économie en corrigeant des défaillances de marché | Ensemble de l’économie (externalités positives, asymétries d’information) |
| Verticale | Soutenir/structurer des secteurs pour des filières et objectifs stratégiques | Secteurs ou activités spécifiques (champ sectoriel) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre désindustrialisation (baisse de la part industrie/emploi) et simple modernisation/automatisation (changement des tâches, effets variables sur l’emploi).
- Croire que la dépréciation de l’euro compense toujours les pertes de compétitivité-prix : l’effet est chiffré (≈6% à -10%) et concentré la première année.
- Mélanger compétitivité-prix et compétitivité-hors prix : les deux comptent, via coûts/ change d’un côté, qualité/innovation/services de l’autre.
- Oublier que, en zone euro, des variations de coûts internes ne sont pas compensées par le change : cela rend les stratégies à la Hartz non “coopératives” à l’échelle de la zone.
- Inverser la logique des effets : l’industrie agit via consommations intermédiaires et multiplicateur de valeur ajoutée (ex. aéronautique 4,8), pas seulement via sa valeur ajoutée directe.
- Confondre politique verticale et “État actionnaire” : l’actionnariat (APE) est un instrument, tandis que la verticalité est une logique de ciblage sectoriel.
- Réduire la crise COVID à un choc d’emploi : elle inclut aussi un choc de dépendances (relocalisation) et des dispositifs de soutien (PGE, chômage partiel).
✅ Checklist Examen
- Définir la désindustrialisation et ses trois mécanismes vus au cours (déversement sectoriel, financiarisation, désindustrialisation précoce).
- Citer les indicateurs/faits demandés sur la désindustrialisation (part mondiale 19%→17% en 1927-2021, France 16,6%→10,4% 1925-2022, balance manufacturière et parts de marché).
- Expliquer pourquoi la productivité, l’externalisation vers les services et la demande de services réduisent l’emploi industriel sans être compensés par l’effet revenu.
- Présenter les déterminants de la compétitivité-prix : CSU (France +10% 2000-2012 vs Allemagne -6%), intrants ~60%, et rôle du change (dépréciation -10% ≈ +6% export).
- Expliquer la compétitivité-hors prix à partir du CIS 2018-2020 (procédés/produits au-dessus de la moyenne UE mais derrière Allemagne/Belgique).
- Décrire les mesures COVID en France et leurs montants (chômage partiel, fonds de solidarité, PGE 145 Md€ et >700 000 entreprises ; endettement +7 points PIB entre janvier et septembre 2020).
- Analyser la crise énergétique : chocs pétrole (+22% sur la fenêtre donnée) et gaz (multiplié par cinq), et la conséquence en emploi (menace 117 000 emplois si doublement durable).
- Résumer le rôle macroéconomique de l’industrie : effet d’entraînement, multiplicateur de valeur ajoutée (aéronautique 4,8 vs commerce/services 1,5) et place de la R&D (76,5% des dépenses intérieures en 2011).
- Expliquer la différence théorique pratique horizontale vs verticale (défaillances de marché vs ciblage sectoriel) et donner le “cas” où une politique verticale peut être efficace (asymétries, concurrence et information).
- Présenter le renouveau de la politique industrielle : USA (aide fédérale 80 milliards USD en 2008, emplois créés 420 000 depuis 2009, réseau innovation 2011) et le cadre protectionniste IRA 2022.
- Expliquer la tradition colbertiste française : champions nationaux, État actionnaire (APE : 83 entités, 1,66 million de salariés 2021-2022) et la loi Pacte 2018 (FII 10 Md€ et rendement prévu 250 M€/an).
- Citer les piliers européens et instruments : approche horizontale UE (compétences limitées + subordination concurrence), mécanisme MACF (octobre 2023 puis taxe 2026 ou 2027), et objectifs Green Deal Industrial Plan (janvier 2023) + Chips Act (juillet 2023).
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