Fiche de révision : Les fondamentaux de la croissance et du commerce

Plan du Cours

  1. Croissance économique
  2. Commerce international
  3. Structure sociale
  4. École et mobilité sociale
  5. Lutter contre le chômage
  6. Politiques économiques européennes
  7. Mobilité sociale
  8. Engagement politique
  9. Crises financières
  10. Travail, emploi et chômage
  11. Justice sociale et inégalités
  12. Action publique pour l’environnement

1. Croissance économique

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : La croissance économique correspond à l’augmentation durable et soutenue de la production réalisée par une économie.
  • PIB : Le PIB est la somme des valeurs ajoutées des unités de production résidentes sur un territoire pendant une période, généralement une année.
  • Croissance extensive : La croissance extensive repose sur l’augmentation des quantités des facteurs de production mobilisés, comme le travail ou le capital.
  • Productivité globale des facteurs : La PGF mesure l’efficacité de l’ensemble des facteurs de production en reliant la production obtenue aux facteurs utilisés.
  • Externalités négatives : Les externalités négatives surviennent quand l’activité d’un agent dégrade le bien-être d’autres agents sans compensation financière.

Points essentiels

  • La croissance se calcule à partir du taux de croissance du PIB, lui-même mesuré par la variation du PIB sur une période donnée.
  • La croissance extensive augmente la quantité de travail (population active, durée du travail) et/ou la quantité de capital via l’investissement de capacité.
  • La PGF correspond à la partie de la croissance qui n’est pas expliquée par la variation des quantités de travail et de capital, ce qui la rend assimilable à un « résidu » de croissance.
  • Les droits de propriété structurent le marché : sans règles garantissant l’usage et la disposition des biens, l’offre et la demande peinent à émerger.
  • La tragédie des biens communs apparaît quand des ressources non rémunérées par un prix sont surexploitées car l’intérêt individuel diverge de l’intérêt collectif.
  • La croissance génère aussi des externalités négatives (pollution, réchauffement) non intégrées au calcul du PIB, ce qui menace sa durabilité.

Astuce mémo

Extensive = plus de Facteurs ; Intensive = plus d’Efficacité (PGF) ; Externalités = coûts pour les autres sans paiement.

2. Commerce international

Notions clés & Définitions

  • Avantages comparatifs : Théorie selon laquelle les pays gagnent à se spécialiser dans la production pour laquelle leur coût d’opportunité est le plus faible, puis à échanger avec les autres.
  • Commerce intrabranche : Commerce portant sur des produits issus de la même branche d’activité, souvent expliqué par la différenciation des produits (qualité ou variété).
  • Économies d’échelle : Mécanisme où le coût unitaire moyen diminue quand la production augmente, car des coûts fixes sont répartis sur un volume plus grand.
  • Fragmentation de la chaîne de valeur : Organisation de la production où différentes étapes (conception, fabrication, commercialisation) sont réalisées dans plusieurs pays, ce qui favorise le commerce de produits semi-finis.

Points essentiels

  • Après 1945, le commerce international progresse avec les accords du GATT (1947) qui réduisent les droits de douane et la création de l’OMC (1995) qui vise aussi le recul des barrières non tarifaires.
  • Le commerce entre pays différents est expliqué par les avantages absolus (Adam Smith) puis par les avantages comparatifs (David Ricardo), même sans avantage absolu.
  • Le commerce intrabranche s’explique par la différenciation des produits, qui permet des économies d’échelle et donc des gains à l’échange.
  • La compétitivité-prix repose sur des prix plus faibles (salaries plus bas via délocalisations/filiales/sous-traitance), tandis que la compétitivité hors-prix repose sur la qualité, l’image, le service ou les délais.
  • L’internationalisation de la production passe par la fragmentation (DIPP/chaînes de valeur mondiales) : aujourd’hui, plus de la moitié des échanges mondiaux en sont une conséquence.
  • Sur 50 ans, les exportations augmentent 2,5 fois plus vite que le PIB mondial, conséquence notamment de la fragmentation et du commerce intra-firme.

Astuce mémo

Avantages comparatifs = on se spécialise là où le coût d’opportunité est le plus faible, donc échange gagnant même sans être le meilleur partout.

3. Structure sociale

Notions clés & Définitions

  • Stratification sociale : La stratification sociale désigne la hiérarchisation des groupes dans une société selon l’accès inégal à des ressources valorisées.
  • PCS : Les PCS sont des catégories de l’INSEE qui classent la population active selon des critères socio-professionnels homogènes.
  • Classe sociale : Une classe sociale regroupe des individus placés dans des conditions comparables, ce qui peut créer des intérêts communs.
  • Capital culturel : Le capital culturel correspond aux ressources culturelles d’un individu qui peuvent influencer sa position et ses chances sociales.

Points essentiels

  • Les PCS de l’INSEE sont au nombre de 8, et elles sont aussi regroupées en catégories populaires, moyennes et supérieures.
  • Chez Marx, une classe nécessite d’abord la formation d’une classe en soi (conditions objectives communes) puis d’une classe pour soi (conscience de classe et mobilisation).
  • La moyennisation (Mendras) décrit un rapprochement relatif des classes depuis les 1960’s, avec des distances inter-classes qui s’atténuent et une classe moyenne qui s’élargit.
  • Bourdieu explique la position sociale par le volume et la composition du stock de capital, avec capital économique, capital culturel et capital social.
  • Dans l’approche de Weber, la structure sociale est multidimensionnelle : classes (dimension économique), statuts (dimension sociale) et pouvoir via les partis (dimension politique).
  • L’intersectionnalité propose d’articuler les facteurs de hiérarchisation (classe sociale, genre, âge, lieu de résidence) sans réduire l’analyse à un seul critère.

Astuce mémo

Marx : En soi = mêmes conditions ; Pour soi = conscience + mobilisation.

4. École et mobilité sociale

Notions clés & Définitions

  • Capital culturel institutionnalisé : Forme du capital culturel validée par l’école sous forme de diplômes, qui sert de preuve officielle de la valeur scolaire.
  • Capital culturel incorporé : Forme du capital culturel liée à la familiarité avec les codes culturels, comme l’aisance linguistique et la culture générale.
  • Investissements familiaux : Actions intentionnelles des familles pour développer et transmettre des ressources culturelles, afin d’augmenter les chances scolaires des enfants.

Points essentiels

  • Pour Bourdieu et Passeron, l’école sanctionne par des notes des élèves inégalement préparés par leur culture familiale, ce qui transforme des héritages culturels en résultats présentés comme du mérite.
  • La réussite scolaire est liée au capital culturel incorporé et aux diplômes des parents, car l’école traite comme égaux en droits des élèves inégaux en fait pour assimiler le message pédagogique.
  • Les investissements familiaux sont un facteur prédictif de la destinée scolaire, y compris pour des trajectoires jugées statistiquement improbables.
  • La méritocratie correspond à l’idée que l’accès aux positions valorisées (diplôme, statut, revenus) devrait dépendre du parcours scolaire et non de l’origine sociale ou d’autres caractéristiques.
  • La massification scolaire relève de la démocratisation quantitative, tandis que l’égalité réelle de réussite relève d’une démocratisation qualitative.
  • Quand la démocratisation quantitative progresse sans égalisation des chances, on parle de démocratisation scolaire inachevée.

Astuce mémo

Mérite = diplômes, mais diplôme sélectionne du capital culturel : plus de codes incorporés = meilleures notes, donc mobilité limitée sans égalisation des ressources.

5. Lutter contre le chômage

Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Le chômage conjoncturel est la part du chômage qui fluctue avec la conjoncture, en particulier quand la demande globale ralentit ou accélère.
  • Chômage structurel : Le chômage structurel est la part du chômage qui persiste même quand la conjoncture s’améliore, à cause de déséquilibres ou blocages du marché du travail.
  • Trappe à chômage : La trappe à chômage est une situation où l’écart entre les allocations chômage et les salaires est trop faible, ce qui incite à rester au chômage.

Points essentiels

  • Le chômage conjoncturel vient d’une demande globale insuffisante sur le marché des biens et services, via des anticipations pessimistes qui freinent production et embauches.
  • Le chômage structurel peut venir d’un coût du travail trop élevé (salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre) ou de rigidités/inadéquations sur le marché du travail.
  • Les politiques de relance budgétaire et monétaire expansionniste visent à empêcher l’hystérèse, en évitant qu’un chômage d’abord conjoncturel ne devienne durable.
  • En France, le SMIC est à 1 353 € net par mois pour 35 h par semaine et les cotisations peuvent être dégressives jusqu’à 1,6 SMIC.
  • Les politiques de formation et d’accompagnement réduisent les chômages frictionnel et d’inadéquation en améliorant l’appariement et la reconversion, mais la causalité exacte avec le retour à l’emploi reste difficile à prouver.

Astuce mémo

Conjoncturel = “demande qui baisse” (biens & services) ; structurel = “marché du travail bloqué” (coût, rigidités, appariement).

6. Politiques économiques européennes

Notions clés & Définitions

  • Policy mix européen : Le policy mix européen désigne l’articulation entre la politique monétaire unique et les politiques budgétaires nationales pour agir sur la conjoncture.
  • Pacte de stabilité et de croissance : Le Pacte de stabilité et de croissance impose des limites chiffrées aux déficits et à la dette publics des États de la zone euro.
  • Taux d’intérêt nominal : Le taux d’intérêt nominal est le taux annoncé lors d’un emprunt ou d’un prêt, utilisé sans tenir compte de l’inflation.
  • Taux d’intérêt réel : Le taux d’intérêt réel mesure le coût (ou le rendement) de l’intérêt une fois corrigé de l’inflation, via ir=inπi_r=i_n-\pi.

Points essentiels

  • Le marché unique supprime les obstacles aux échanges, ce qui stimule la spécialisation, les économies d’échelle et donc la croissance dans l’UE.
  • La politique européenne de la concurrence est menée par la Commission européenne pour préserver une concurrence suffisante via contrôle des concentrations, lutte contre l’abus de position dominante et contre les ententes illicites.
  • Le budget européen est limité à environ 1% du PIB européen et ne remplace pas la souveraineté budgétaire des États membres, qui gardent la relance ou la rigueur selon leur situation.
  • Depuis 1997, le Pacte de stabilité et de croissance impose un déficit public < 3% du PIB et une dette publique < 60% du PIB.
  • La politique monétaire unique agit par un même taux directeur pour tous, mais ses effets diffèrent car le taux réel dépend de l’inflation propre à chaque pays.
  • En cas de choc asymétrique, la monnaie unique ne s’ajuste pas et le PSC limite la relance budgétaire, ce qui a été illustré par la crise des dettes souveraines de 2009 à 2012.

Astuce mémo

Nominal = étiquette du taux ; Réel = valeur après inflation, donc même ini_n n’a pas le même effet partout.

7. Mobilité sociale

Notions clés & Définitions

  • Tables de mobilité : Les tables de mobilité croisent la PCS des individus et celle de leurs parents pour décrire leur devenir social.
  • Reproduct° sociale : La reproduct° sociale correspond à l’absence de changement de position sociale entre parents et enfants, visible sur la diagonale des tables.
  • Mobilité observée : La mobilité observée mesure les changements de position sociale entre générations, sans distinguer la part due aux transformations des emplois.
  • Fluidité sociale : La fluidité sociale mesure l’égalité des chances entre origines sociales, via la probabilité d’atteindre une même position sociale.

Points essentiels

  • Une table de destinée lit le devenir des fils/ filles issus d’une PCS (lecture en colonne), tandis qu’une table de recrutement décrit l’origine sociale des fils/ filles (lecture en ligne.
  • Sur les tables, la diagonale indique la reproduct° sociale, et la mobilité correspond aux trajectoires hors diagonale (en France, 2017, la mobilité des hommes est d’environ 64% de l’effectif).
  • La mobilité observée = mobilité structurelle + mobilité nette, la structure venant des transformations de l’emploi entre générations tandis que le reste renvoie à d’autres mécanismes.
  • La fluidité se mesure par des rapports de chances (odds ratio) : plus l’écart de chances entre origines sociales est faible, plus la société est fluide.
  • Les tables de mobilité sont limitées par l’usage des PCS (catégories hétérogènes, précarité et chômage mal représentés) et par le choix du nombre de catégories et de l’âge observé.
  • Le diplôme pèse fortement : plus le niveau de diplôme augmente, plus la probabilité d’atteindre une position sociale élevée augmente, mais le paradoxe d’Anderson montre que des diplômes plus élevés ne garantissent pas toujours une position plus élevée.

Astuce mémo

Diagonale = même destin : sur les tables, tout ce qui reste sur la diagonale reproduit la position sociale.

8. Engagement politique

Notions clés & Définitions

  • Engagement politique : L’engagement politique regroupe les actions individuelles ou collectives des citoyens visant à influencer le fonctionnement du système politique.
  • Formes conventionnelles : Les formes conventionnelles regroupent les actions qui s’inscrivent dans le cadre légal et renforcent la légitimité du système démocratique.
  • Formes non conventionnelles : Les formes non conventionnelles regroupent des actions protestataires qui peuvent contester la légitimité du système politique, parfois en dehors du cadre légal.
  • Paradoxe de l’action collective : Le paradoxe de l’action collective décrit le fait que des individus peuvent renoncer à agir alors qu’ils partagent un intérêt commun, car chacun peut compter sur l’action des autres.
  • Socialisation politique : La socialisation politique est le processus d’acquisition de normes et de valeurs qui façonne l’identité et les attitudes politiques des individus.

Points essentiels

  • Les formes conventionnelles couvrent notamment voter, se présenter, assister à un meeting ou militer dans un parti politique.
  • Les formes non conventionnelles peuvent être illégales (occupations, actions violentes, prises d’otage) ou légales (manifestations, engagement associatif ou syndical, pétitions, grèves).
  • Le paradoxe de l’action collective vient du calcul coûts-bénéfices : l’action a un coût individuel tandis que les gains sont collectifs, ce qui favorise le « passager clandestin ».
  • Les mobilisations restent possibles grâce aux incitations sélectives, à la taille du groupe (la non-participation devient plus visible quand le groupe est petit) et aux rétributions symboliques.
  • En France, l’adhésion aux partis politiques diminue fortement (environ 1% de la population en 2013) et la syndicalisation recule aussi (environ 25% dans les années 1950 à 8% aujourd’hui).

Astuce mémo

Passager clandestin = je paie le coût, mais je profite du bien collectif quand même : donc je n’agis pas… sauf si des incitations ou des récompenses me poussent à participer.

9. Crises financières

Notions clés & Définitions

  • Marché financier : Le marché financier est un lieu d’échange fictif de titres entre agents ayant un besoin ou une capacité de financement, via actions et obligations.
  • Crise financière : Une crise financière correspond à une chute brutale de la valeur des titres, avec souvent des répercussions sur l’économie réelle.
  • Bulle spéculative : Une bulle spéculative est une hausse des prix des titres qui s’écarte durablement de leur valeur fondamentale avant un retournement brutal.
  • Risque systémique : Le risque systémique est la probabilité qu’un choc sur une partie du système financier déclenche une série de faillites et perturbe l’ensemble du système.

Points essentiels

  • Une crise financière se déclenche souvent quand la confiance se retourne et qu’une bulle spéculative éclate, les cours passant de hausse à baisse.
  • La déflation par la dette forme une spirale : la baisse des cours incite à vendre pour limiter les pertes, ce qui fait encore baisser les cours et aggrave l’insolvabilité.
  • Quand la crainte des faillites bancaires se propage, une panique bancaire peut apparaître avec retraits massifs de monnaie, provoquant une crise de liquidité et des faillites en chaîne.
  • Le credit crunch réduit l’offre de crédit (banques plus prudentes ou liquidités insuffisantes), ce qui diminue la demande d’investissement et de consommation et ralentit la croissance.
  • La crise de 1929 combine krach boursier et faillites avec une dépression plus longue et intense, alors que la crise de 2008 part de la crise immobilière et transmet d’abord via le système bancaire à l’économie réelle.

Astuce mémo

Bulle→Baisse→Vente→Déflation (dette) ; Banque panique→liquidité→effet domino (risque systémique).

10. Travail, emploi et chômage

Notions clés & Définitions

  • Travail : Le travail est une activité humaine qui crée des richesses, qu’elle soit rémunérée (emploi) ou non (domestique ou bénévole).
  • Emploi : L’emploi est un travail rémunéré, déclaré et assorti de droits sociaux, qui donne aussi un statut social lié aux revenus.
  • Chômage BIT : Le chômage, au sens du BIT, concerne des personnes sans emploi, disponibles rapidement et recherchant activement un travail.
  • Emploi atypique : Un emploi atypique est un emploi qui ne correspond pas à l’emploi typique, souvent associé à une plus grande précarité.

Points essentiels

  • La population active regroupe les personnes en emploi (occupée) et les chômeurs (inoccupée), tandis que la population inactive n’exerce pas et ne recherche pas.
  • Selon le BIT, une personne est chômeuse si elle a au moins 15 ans, n’a pas d’emploi, est disponible sous 15 jours et recherche activement un emploi.
  • Le taux de chômage se calcule comme le nombre de chômeurs divisé par la population active, alors que le taux d’emploi rapporte les actifs occupés à la population totale.
  • Vers 2019, le cours indique environ 8% de taux de chômage fin 2019 et environ 65% de taux d’emploi fin 2019.
  • Le sous-emploi (comme le chômage partiel ou le temps partiel subi) rend la frontière emploi/chômage plus floue car il n’apparaît pas forcément dans le taux de chômage du BIT.
  • Le « halo du chômage » regroupe des personnes proches du chômage mais non comptabilisées comme chômeuses BIT car elles ne font pas de démarches réelles ou ne sont pas disponibles immédiatement.

Astuce mémo

BIT = Sans emploi, Disponible (15 jours), Impliqué (recherche active) : donc 15-jours-3 mots pour compter correctement le chômage.

11. Justice sociale et inégalités

Notions clés & Définitions

  • Inégalité : Une inégalité correspond à une différence d’accès à une ressource valorisée socialement, créant des avantages et des désavantages hiérarchisés entre individus.
  • Justice sociale : La justice sociale désigne un ensemble de principes pour juger si la répartition des richesses et des positions sociales est juste ou injuste.
  • Inégalités cumulatives : Des inégalités cumulatives s’enchaînent et se renforcent car les privilèges d’un domaine augmentent les chances de privilégier d’autres domaines.
  • Fiscalité progressive : Une fiscalité progressive fait augmenter la part du revenu prélevée quand le revenu augmente, avec un taux plus élevé pour les ménages aisés.

Points essentiels

  • Les inégalités peuvent être économiques (revenu, patrimoine) ou sociales (non économiques) et elles forment un système car privilèges et handicaps se reproduisent aux extrémités de l’échelle sociale.
  • Pour Thomas Piketty, le début du XXe siècle est présenté comme une « société de rentiers » où une partie importante des hauts revenus provient du patrimoine.
  • La justice sociale peut être pensée différemment : utilitarisme maximise le total de bien-être, libertarisme légitime les inégalités si les droits sont respectés, et Rawls encadre les inégalités avec le « voile d’ignorance » et le « principe de différence ».
  • L’égalité selon Rawls suppose que les règles soient choisies sans connaître sa position future et que les inégalités améliorent le sort des plus désavantagés.
  • Les outils statiques de mesure incluent le coefficient de Gini, la courbe de Lorenz et la part du top 1% (revenu ou patrimoine), tandis que la mobilité sociale se lit via la corrélation revenus parents-enfants.
  • En France, un enfant issu d’une famille pauvre aurait besoin de 6 générations pour atteindre le revenu moyen de son pays.

Astuce mémo

Utilitarisme = somme, Libertarisme = droits d’abord, Rawls = Voile d’ignorance + Différence (aider les plus désavantagés).

12. Action publique pour l’environnement

Notions clés & Définitions

  • Mise à l’agenda : Processus par lequel un problème environnemental passe du privé au domaine public pour justifier l’intervention des pouvoirs publics.
  • Taxe pigouvienne : Prélèvement obligatoire visant à internaliser une externalité négative de pollution afin d’inciter les entreprises à réduire leurs émissions.
  • Subvention écologique : Somme versée par les pouvoirs publics pour internaliser une externalité positive en aidant les agents à produire des gains écologiques.
  • Marché des quotas : Marché où des entreprises échangent des droits d’émettre des polluants, ces quotas étant attribués par les autorités publiques.
  • Passager clandestin : Acteur qui espère profiter des efforts d’autres pays sans supporter le coût de la réduction de ses propres émissions.

Points essentiels

  • L’externalité négative correspond à un coût social supérieur au coût privé, et elle se traite en internalisant l’écart via une taxe pigouvienne.
  • Le principe pollueur-payeur fait que le montant d’une taxe pigouvienne doit être lié au niveau de l’externalité négative pour modifier le choix productif (polluer taxé vs polluer moins).
  • Une subvention écologique internalise une externalité positive en rémunérant le bénéfice social : la dépollution ou la réduction de pollution devient plus rentable.
  • Dans l’UE, le marché des quotas d’émission existe depuis 2005 pour réduire les GES et le prix du quota augmente si la demande en quotas excède l’offre.
  • Si trop de quotas sont distribués (cas mentionné depuis la crise de 2008 puis avec des mesures à partir de 2017 et en période Covid), le prix du CO2 baisse et l’incitation devient trop faible.
  • L’action climatique internationale est fragilisée par le passager clandestin, avec un risque de « fuites de carbone » si un pays réduit seul ses émissions (exemple cité : USA et retrait autour de l’accord de Paris).

Astuce mémo

Externalité négative : on taxe pour combler le « trou » coût social − coût privé ; externalité positive : on subventionne pour récupérer le « bonus » bénéfice social − bénéfice privé.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1945Le commerce international progresse après 1945 (accords GATT) dans le cours.
1995Création de l’OMC (recul des barrières non tarifaires).
1997Depuis 1997, le Pacte de stabilité et de croissance impose déficit < 3% du PIB et dette < 60% du PIB.
2005Dans l’UE, le marché des quotas d’émission existe depuis 2005.
2009De 2009 à 2012, la crise des dettes souveraines illustre les limites du policy mix européen (PSC contraint la relance).
2012SMIC : exemple donné d’un ‘coup de pouce’ à 0 depuis 2012 (pas d’augmentation du coût du travail non qualifié).
2017Sur les tables de mobilité (France, 2017) la mobilité des hommes est d’environ 64% de l’effectif.
2019Vers 2019, environ 8% de taux de chômage fin 2019 et environ 65% de taux d’emploi fin 2019.
2022Taux de chômage : 7,3% en 2022 (valeur du cours).

Tableaux de synthèse

Chômage conjoncturel vs structurel

TypeCauseLien à la conjoncture
ConjoncturelDemande globale insuffisante (biens & services)Fluctue avec la conjoncture : si la demande ralentit/accélère, le chômage varie
StructurelMarché du travail bloqué (coût du travail, rigidités, inadéquations, asymétries d’information)Persiste même quand la conjoncture s’améliore

Instruments climatiques : taxe/subvention vs quotas

InstrumentButLimites mises en avant
Taxe pigouvienne (taxe écologique)Internaliser une externalité négative de pollutionDifficile de fixer le niveau ; peut pénaliser les ménages pauvres ; risque de perte de compétitivité
Subvention écologiqueInternaliser une externalité positivePrix/incitation potentiellement insuffisants si mal calibrés
Marché des quotasContraindre la quantité d’émissions et faire ajuster le prix du CO2Pas efficace si trop de quotas sont distribués (incitation trop faible) ; amende jugée trop faible

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre croissance extensive (plus de facteurs) et croissance intensive via la PGF (efficacité/« résidu») ; la PGF n’est pas directement la productivité du travail mais l’efficacité de l’ensemble des facteurs.
  2. Croire que PIB mesure directement les dégâts environnementaux : le cours insiste sur le fait que le calcul du PIB ne prend pas en compte les externalités négatives.
  3. Inverser la lecture des tables : table de destinée = lecture en colonne (PCS des parents → PCS des enfants), table de recrutement = lecture en ligne (PCS d’origine → destination).
  4. Confondre mobilité observée et fluidité sociale : mobilité observée = changements de position ; fluidité sociale = égalité des chances mesurée par des rapports de chances (odds ratio).
  5. Mêler taux de chômage et taux d’emploi : le taux de chômage (BIT) ne prend pas en compte le sous-emploi ni le halo du chômage, alors que le taux d’emploi rapporte les actifs occupés à la population totale.
  6. Penser que politique monétaire unique = même effet réel partout : le cours rappelle que le taux nominal est commun mais le taux réel dépend de l’inflation nationale (effets différenciés).
  7. Confondre chômage BIT et chômage ressenti/total : une partie des personnes proches du chômage n’est pas comptée car pas de démarches réelles ou pas disponible immédiatement (halo).

Checklist Examen

  1. Expliquer ce qu’est la croissance économique, comment on la calcule avec le taux de croissance du PIB, et définir PIB.
  2. Décrire croissance extensive (travail/capital) et croissance intensive via la PGF, puis préciser ce que la PGF mesure (« résidu ») et le rôle du progrès technique (innovations).
  3. Mobiliser le rôle des institutions : droits de propriété et environnement institutionnel stable ; relier aussi éducation et R&D à la croissance via productivité/innovations.
  4. Expliquer pourquoi le PIB ne prend pas en compte les externalités négatives, et traiter tragédie des biens communs et externalités négatives (pollution/réchauffement) comme menace de durabilité.
  5. Argumenter sur croissance soutenable : innovation verte, courbe de Kuznets environnementale, limites (effet rebond et effet d’irréversibilité).
  6. Présenter l’essor du commerce international après 1945 (GATT 1947, OMC 1995) et expliquer commerce entre pays différents (avantages absolus puis comparatifs).
  7. Expliquer le commerce intrabranche (différenciation verticale/horizontale) et le lien avec économies d’échelle, puis distinguer compétitivité-prix et compétitivité hors-prix.
  8. Maîtriser la fragmentation/internationalisation de la production (DIPP/chaînes de valeur mondiales), commerce intra-firme et expliquer l’augmentation des exportations plus rapide que le PIB mondial sur 50 ans.
  9. Décrire PCS (8 catégories) et la stratification ; exposer Marx (classe en soi/en pour soi), Bourdieu (capital économique/culturel/social), Weber (multidimensionnel).
  10. Expliquer la mobilité sociale : distinguer tables de destinée vs recrutement, diagonale (reproduct° sociale), mobilité observée vs structurelle/nette, et fluidité sociale (odds ratio).
  11. Analyser l’école et la mobilité : démocratisation quantitative vs qualitative (inachevée), méritocratie, capital culturel incorporé/institutionnalisé, et rôle des stratégies familiales et des effets d’établissement/maître.
  12. Expliquer lutter contre le chômage : distinguer conjoncturel/structurel, rappeler mécanismes (demande globale, coût du travail/rigidités/appariement/asymétries, hystérèse) et les politiques (relance, formation/accompagnement, allègement coût du travail, flexibilité).
  13. Décrire le policy mix européen : marché unique, politique de concurrence, budget (~1% du PIB UE), PSC (1997), taux nominal vs taux réel, et choc asymétrique (ex. 2009-2012).
  14. Expliquer les crises financières : bulles spéculatives, retournement de confiance, déflation par la dette, panique bancaire, credit crunch, credit crunch et transmission via économie réelle, plus exemples 1929 vs 2008.

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