Fiche de révision : Principes et enjeux de la politique économique

📋 Plan du Cours

  1. Origines et fondements du modèle IS-LM
  2. Objectifs économiques et sociaux en politique économique
  3. Le carré magique et les contradictions des objectifs macroéconomiques
  4. Le triangle d’incompatibilité de Mundell et choix de politique monétaire
  5. La politique sociale et la redistribution
  6. L’économie mixte et les courants idéologiques en économie
  7. L’efficacité des politiques économiques en économie ouverte
  8. Les règles d’arbitrage entre instruments et objectifs de politique économique
  9. La courbe de Laffer et ses implications fiscales
  10. Les limites et critiques de la procédure du déficit excessif
  11. Théories et formes du chômage
  12. Classification et rôle des prestations sociales

📖 1. Origines et fondements du modèle IS-LM

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèle IS-LM : Modèle d’économie ouverte inspiré des travaux de Mundell et Fleming, qui met en évidence l’impossibilité, pour une économie ouverte, de poursuivre simultanément la stabilité du taux de change, l’autonomie de la politique monétaire et la libre circulation des capitaux.

📝 Points essentiels

  • La courbe LM représente les combinaisons de revenu et de taux d’intérêt qui assurent l’équilibre sur le marché monétaire.
  • Graphique 5 Inflation et compétitivité Un exemple contemporain illustrant la contradiction entre les objectifs économiques est celui du triangle d’incompatibilité (aussi appelé trinité impossible ou dilemme de Padoa-Schioppa). Inspiré des travaux de Mundell et Fleming, ce modèle met en évidence l’impossibilité, pour une économie ouverte, de poursuivre simultanément trois objectifs majeurs : la stabilité du taux de change, l’autonomie de la politique monétaire, et la libre circulation des capitaux. Chacun des sommets du triangle représente l’un de ces objectifs, mais seuls deux peuvent être atteints en même temps — le troisième devant être sacrifié. Ainsi, les gouvernements se trouvent face à trois combinaisons possibles : 1. Choix des changes fixes et de l’autonomie monétaire : cela impose un contrôle des mouvements de capitaux, car la libre circulation menacerait en permanence la stabilité du taux de change. 2. Choix de la libre circulation des capitaux et de l’autonomie monétaire : cela suppose l’abandon des changes fixes et l’adoption d’un régime de taux de change flottants, pour permettre aux marchés de s’ajuster librement. 21 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales Ce dilemme a notamment été utilisé pour justifier le passage à une monnaie unique en Europe : en intégrant leurs politiques monétaires, les États membres ont levé l’incompatibilité entre stabilité

💡 À retenir

Le modèle IS-LM doit être compris comme un cadre d’interdépendance entre le marché des biens et le marché de la monnaie. Dans le prolongement des travaux de Mundell et Fleming, l’analyse met aussi en évidence des contraintes fortes d’arbitrage en économie ouverte.

📖 2. Objectifs économiques et sociaux en politique économique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Objectifs économiques : Finalités portant sur les fondamentaux de l’activité économique, notamment la lutte contre l’inflation, la réduction du sous-emploi et le respect des grands équilibres macroéconomiques.
  • Stabilité des prix : L’absence d’inflation ou la stabilité des prix n’est pas neutre.
  • Croissance économique : La croissance économique, et donc l’emploi, dépendent de facteurs réels, expliquant

📝 Points essentiels

  • Les objectifs économiques portent sur les fondamentaux de l’activité économique.
  • Les objectifs économiques et sociaux de la politique économique combinent performance macroéconomique et cohésion sociale.
  • Les objectifs sociaux relèvent de la politique sociale et couvrent l’accès aux soins de santé et la démocratisation de l’éducation.
  • 24 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales 2 Les instruments de la politique économique 2A Les politiques conjoncturelles (politiques de court terme) Les tableaux suivants présentent les politiques conjoncturelles, leurs instruments privilégiés et les principaux objectifs qu’elles se proposent d’atteindre dans deux cas: Elles régulent la conjoncture en rétablissant les grands équilibres, encore appelés les fondamentaux de l’économie, de façon à atteindre les quatre objectifs du carré magique de l’économiste hongrois Nicholas Kaldor : croissance, emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur.

💡 À retenir

Les objectifs économiques portent sur les fondamentaux de l’activité économique.

📖 3. Le carré magique et les contradictions des objectifs macroéconomiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Solde extérieur : 15 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales 1A1B Le solde de la balance commerciale, c’est-à-dire la différence entre les exportations et les importations de marchandises, est donné en pourcentage du PIB Le recours à cet indicateur se justifie par l’impact direct du solde extérieur sur les autres composantes de la balance des paiements.

📝 Points essentiels

  • Le carré magique regroupe quatre objectifs macroéconomiques : croissance, emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur.
  • Un ralentissement de la croissance réduit l’inflation mais augmente le chômage.
  • La représentation en carré illustre l’impossibilité d’atteindre simultanément des performances maximales sur les quatre dimensions.
  • 1A Les objectifs des politiques économiques conjoncturelles et leur caractère contradictoire La politique conjoncturelle poursuit quatre objectifs principaux : stimuler la croissance économique, réduire le chômage, maîtriser l’inflation et assurer l’équilibre extérieur.

💡 À retenir

Le carré magique sert à visualiser des objectifs macroéconomiques en tension permanente. Il montre que l’amélioration d’un objectif peut détériorer un autre et impose des arbitrages.

📖 4. Le triangle d’incompatibilité de Mundell et choix de politique monétaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Libre circulation des capitaux : Situation de mobilité des capitaux qui constitue l’un des trois objectifs du triangle d’incompatibilité et oblige, avec les deux autres, à sacrifier le troisième.
  • Autonomie monétaire : En outre, il fallait préserver l’autonomie monétaire des pays endettés, notamment l’Angleterre.
  • Politique monétaire : le régime des changes flexibles : politique monétaire efficace (voir le triangle d’incompatibilités de Mundell).

📝 Points essentiels

  • Le triangle d’incompatibilité montre qu’une économie ouverte ne peut pas cumuler simultanément taux de change fixe, libre circulation des capitaux et autonomie de la politique monétaire.
  • Le choix de politique monétaire dépend du degré d’ouverture financière et du régime de change.
  • Le triangle d’incompatibilité impose un arbitrage institutionnel entre stabilité externe et marge de manœuvre interne.
  • Graphique 5 Inflation et compétitivité Un exemple contemporain illustrant la contradiction entre les objectifs économiques est celui du triangle d’incompatibilité (aussi appelé trinité impossible ou dilemme de Padoa-Schioppa). Inspiré des travaux de Mundell et Fleming, ce modèle met en évidence l’impossibilité, pour une économie ouverte, de poursuivre simultanément trois objectifs majeurs : la stabilité du taux de change, l’autonomie de la politique monétaire, et la libre circulation des capitaux. Chacun des sommets du triangle représente l’un de ces objectifs, mais seuls deux peuvent être atteints en même temps — le troisième devant être sacrifié. Ainsi, les gouvernements se trouvent face à trois combinaisons possibles : 1. Choix des changes fixes et de l’autonomie monétaire : cela impose un contrôle des mouvements de capitaux, car la libre circulation menacerait en permanence la stabilité du taux de change. 2. Choix de la libre circulation des capitaux et de l’autonomie monétaire : cela suppose l’abandon des changes fixes et l’adoption d’un régime de taux de change flottants, pour permettre aux marchés de s’ajuster librement. 21 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales Ce dilemme a notamment été utilisé pour justifier le passage à une monnaie unique en Europe : en intégrant leurs politiques monétaires, les États membres ont levé l’incompatibilité entre stabilité

💡 À retenir

Graphique 5 Inflation et compétitivité Un exemple contemporain illustrant la contradiction entre les objectifs économiques est celui du triangle d’incompatibilité (aussi appelé trinité impossible ou dilemme de Padoa-Schioppa). Inspiré des travaux de Mundell et Fleming, ce modèle met en évidence l’impossibilité, pour une économie ouverte, de poursuivre simultanément trois objectifs majeurs : la stabilité du taux de change, l’autonomie de la politique monétaire, et la libre circulation des capitaux. Chacun des sommets du triangle représente l’un de ces objectifs, mais seuls deux peuvent être atteints en même temps — le troisième devant être sacrifié. Ainsi, les gouvernements se trouvent face à trois combinaisons possibles : 1. Choix des changes fixes et de l’autonomie monétaire : cela impose un contrôle des mouvements de capitaux, car la libre circulation menacerait en permanence la stabilité du taux de change. 2. Choix de la libre circulation des capitaux et de l’autonomie monétaire : cela suppose l’abandon des changes fixes et l’adoption d’un régime de taux de change flottants, pour permettre aux marchés de s’ajuster librement. 21 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales Ce dilemme a notamment été utilisé pour justifier le passage à une monnaie unique en Europe : en intégrant leurs politiques monétaires, les États membres ont levé l’incompatibilité entre stabilité

📖 5. La politique sociale et la redistribution

🔑 Notions clés & Définitions

  • Inégalités : Différences économiques et sociales qui touchent un ensemble hétérogène de personnes, des actifs occupés aux chômeurs en passant par les retraités et les inactifs.
  • Protection sociale : La contre-productivité du système de protection sociale est également mise en avant.

📝 Points essentiels

  • Les prestations sociales constituent un instrument central du système de prélèvements et de transferts sociaux.
  • La politique sociale vise à corriger les inégalités de revenus et de conditions de vie.
  • Cned 2. Les autres dispositifs de lutte contre les inégalités Pour qu’une politique de réduction des inégalités soit efficace, il ne suffit pas de « prendre aux riches pour donner aux pauvres ». Autrement dit, si la mise en œuvre de politiques de redistribution peut être considérée comme un moyen pour corriger les inégalités économiques du marché, les gouvernements doivent aussi chercher à agir en amont pour prévenir leur apparition et éviter les coûts sociaux qui en 115 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales 2 Les autres dispositifs de lutte contre les inégalités Pour qu’une politique de réduction des inégalités soit efficace, il ne suffit pas de « prendre aux riches pour donner aux pauvres ». Autrement dit, si la mise en œuvre de politiques de redistribution peut être considérée comme un moyen pour corriger les inégalités économiques du marché, les gouvernements doivent aussi chercher à agir en amont pour prévenir leur apparition et éviter les coûts sociaux qui en résultent. Ainsi, pour reprendre un vocable propre aux politiques de l’emploi, l’État doit s’efforcer d’élaborer une « politique active » de lutte contre les inégalités de revenu plutôt que de limiter son action à la mise en œuvre de « mesures passives » de réduction des inégalités dont le seul effet notable est de rendre plus tolérable l’inégale répartition primaire des revenus opérée par le marché.
  • Objectifs sociaux Les objectifs sociaux relèvent de la politique sociale, qui regroupe l’ensemble des interventions des administrations publiques dans les domaines suivants : – L’accès aux soins de santé – La démocratisation de l’éducation 14 / 134Cned / Cours / Politiques économiques et sociales – La lutte contre la pauvreté et l’exclusion – La réduction des inégalités sociales En France, la création de la Sécurité sociale par l’ordonnance du 4 octobre 1945 a permis de traiter certaines dimensions de la pauvreté, mais souvent de manière indirecte.

💡 À retenir

La redistribution est présentée comme un mécanisme de correction des inégalités de revenus et comme un outil de protection contre les risques sociaux. Elle s’inscrit dans une politique sociale qui vise aussi à prévenir les inégalités plutôt qu’à seulement en atténuer les effets.

📖 6. L’économie mixte et les courants idéologiques en économie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Simple : Hypothèse d’un modèle où la production élevée entraîne une demande globale importante, ce qui conduit à un équilibre durable entre l’offre et la demande par autorégulation de l’économie.
  • Économie mixte : Conception où l’État se charge essentiellement du long terme et de l’ensemble de la politique sociale.

📝 Points essentiels

  • Le virage libéral des années 1980 a mis l’accent sur la nécessité d’un État minimal, tandis que les années 1990 ont ravivé la nécessité de l’intervention de l’État face à la mondialisation, à l’exclusion et à d’autres phénomènes sociaux.
  • L’économie mixte combine l’initiative privée et l’action publique.

💡 À retenir

L’économie mixte apparaît comme une conception où l’État prend en charge le long terme et la politique sociale, dans un paysage doctrinal opposant intervention publique et limitation du rôle de l’État. Les courants idéologiques divergent sur le degré souhaitable de régulation économique.

📖 7. L’efficacité des politiques économiques en économie ouverte

🔑 Notions clés & Définitions

  • Contrainte d’offre : Limitation qui apparaît lorsqu’une augmentation sensible du coût de production diminue l’offre en raison d’une baisse de la profitabilité des entreprises, avec hausse possible des prix et du chômage à demande globale inchangée.
  • Économie ouverte : Le modèle de MUNDELL applique le modèle IS-LM à une économie ouverte : Relance de la demande →↗ des importations ;
  • Contrainte externe : 3A La contrainte externe La mondialisation réduit l’autonomie des politiques économiques et modifie la nature des objectifs.

📝 Points essentiels

  • Les 20 pays membres de l’Union Économique et Monétaire (l’UEM) ne disposent plus de marge manœuvre en matière monétaire puisque la politique monétaire est élaborée par la Banque Centrale Européenne (la BCE) au sein du Système Européen des Banques Centrales (le SEBC). Qui plus est pour les pays les plus fragilisés (la France et les pays ibériques), la mise en place de politiques contracycliques est difficile voire impossible si ceux-ci respectent les critères du Pacte de Stabilité et de Croissance (Le PSC) et le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG). 1 L’efficacité des politiques économiques en économie ouverte En économie ouverte, la plus ou moins grande mobilité des facteurs de production et des capitaux financiers, le degré d’ouverture du pays aux échanges internationaux et le régime de changes, fixes ou flexibles, permettent de dire si les politiques monétaire et budgétaire sont plus ou moins efficaces. Premier cas La politique monétaire est totalement inefficace pour rétablir les équilibres internes. Un accroissement de l’offre de monnaie et une baisse des taux d’intérêt relancent l’activité qui déséquilibre la balance des échanges commerciaux et provoque une fuite des capitaux. Cned / Cours / Politiques économiques et sociales 33 / 145 des instruments et des objectifs de la politique économique Un objectif peut être atteint de diverses
  • En économie ouverte, la mondialisation réduit l’autonomie des politiques économiques.

💡 À retenir

Les 20 pays membres de l’Union Économique et Monétaire (l’UEM) ne disposent plus de marge manœuvre en matière monétaire puisque la politique monétaire est élaborée par la Banque Centrale Européenne (la BCE) au sein du Système Européen des Banques Centrales (le SEBC). Qui plus est pour les pays les plus fragilisés (la France et les pays ibériques), la mise en place de politiques contracycliques est difficile voire impossible si ceux-ci respectent les critères du Pacte de Stabilité et de Croissance (Le PSC) et le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG). 1 L’efficacité des politiques économiques en économie ouverte En économie ouverte, la plus ou moins grande mobilité des facteurs de production et des capitaux financiers, le degré d’ouverture du pays aux échanges internationaux et le régime de changes, fixes ou flexibles, permettent de dire si les politiques monétaire et budgétaire sont plus ou moins efficaces. Premier cas La politique monétaire est totalement inefficace pour rétablir les équilibres internes. Un accroissement de l’offre de monnaie et une baisse des taux d’intérêt relancent l’activité qui déséquilibre la balance des échanges commerciaux et provoque une fuite des capitaux. Cned / Cours / Politiques économiques et sociales 33 / 145 des instruments et des objectifs de la politique économique Un objectif peut être atteint de diverses

📖 8. Les règles d’arbitrage entre instruments et objectifs de politique économique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Objectifs de politique économique : Finalités poursuivies par l’action publique économique, dont la réalisation peut être limitée par la complexité des relations entre variables-instruments et variables-objectifs.

📝 Points essentiels

  • Les règles d’arbitrage consistent à choisir les instruments les plus adaptés aux objectifs poursuivis.
  • Un même instrument peut produire des effets différents selon le contexte macroéconomique.
  • L’arbitrage suppose de hiérarchiser les objectifs lorsque tous ne peuvent pas être atteints simultanément.
  • La cohérence des politiques exige d’éviter des instruments contradictoires entre eux.
  • CHAPITRE 2 Les principaux objectifs et instruments des politiques économiques Au cours des vingt dernières années, le rôle de l’État a profondément évolué, suscitant une réflexion sur l’efficacité des instruments à sa disposition pour atteindre les objectifs économiques dans un contexte de mutation constante. La classification des objectifs, des instruments et des relations qui les unissent demeure une tâche complexe. Toutefois, la distinction entre les caractères exogène et endogène des variables constitue un critère pertinent pour les appréhender. À partir de cette distinction, quatre grandes catégories de variables impliquées dans la politique économique peuvent être identifiées : – Les données, dont les valeurs sont fixées à l’avance et considérées comme exogènes. – Les variables secondaires, généralement de nature institutionnelle, qui définissent le cadre d’application de la politique économique. – Les objectifs, qu’ils soient finals ou intermédiaires, représentés par des variables endogènes et constituant la priorité des pouvoirs publics. – Les instruments de la politique économique, considérés comme des variables exogènes que les décideurs publics peuvent, en théorie, maîtriser. 1 Les objectifs de la politique économique Traditionnellement, les politiques économiques visent à atteindre un ensemble d’objectifs, que l’on peut regrouper en deux grandes catégories : les
  • Graphique 5 Inflation et compétitivité Un exemple contemporain illustrant la contradiction entre les objectifs économiques est celui du triangle d’incompatibilité (aussi appelé trinité impossible ou dilemme de Padoa-Schioppa). Inspiré des travaux de Mundell et Fleming, ce modèle met en évidence l’impossibilité, pour une économie ouverte, de poursuivre simultanément trois objectifs majeurs : la stabilité du taux de change, l’autonomie de la politique monétaire, et la libre circulation des capitaux. Chacun des sommets du triangle représente l’un de ces objectifs, mais seuls deux peuvent être atteints en même temps — le troisième devant être sacrifié. Ainsi, les gouvernements se trouvent face à trois combinaisons possibles : 1. Choix des changes fixes et de l’autonomie monétaire : cela impose un contrôle des mouvements de capitaux, car la libre circulation menacerait en permanence la stabilité du taux de change. 2. Choix de la libre circulation des capitaux et de l’autonomie monétaire : cela suppose l’abandon des changes fixes et l’adoption d’un régime de taux de change flottants, pour permettre aux marchés de s’ajuster librement. 3. Choix des changes fixes et de la libre circulation des capitaux : dans ce cas, les pays doivent renoncer à l’autonomie de leur politique monétaire, celle-ci devant être coordonnée au niveau supranational afin d’éviter les déséquilibres liés aux flux

💡 À retenir

Les règles d’arbitrage reposent sur une logique de choix entre instruments et objectifs, et non sur une solution unique. Elles imposent de hiérarchiser les objectifs et d’affecter chaque instrument à l’objectif où son efficacité relative est la plus forte.

📖 9. La courbe de Laffer et ses implications fiscales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Pression fiscale : en d’autres termes, la pression fiscale réduit l’assiette imposable.
  • Réponse de Laffer Keynes préconise : La réponse de Laffer Keynes préconise l’augmentation des dépenses publiques voire l’arme du déficit budgétaire pour lutter contre le chômage en situation de sous-emploi.

📝 Points essentiels

  • Jusqu’à un certain stade d’imposition, l’accroissement de la production entraîne une augmentation des recettes fiscales qui peut financer une partie de l’investissement public et des dépenses de fonctionnement des administrations.
  • La courbe de Laffer relie le niveau de taux d’imposition au montant des recettes fiscales.

💡 À retenir

La courbe de Laffer montre qu’une hausse de l’impôt ne garantit pas une hausse des recettes. Au-delà d’un certain seuil, la pression fiscale peut réduire l’activité, l’assiette imposable et donc les recettes de l’État.

📖 10. Les limites et critiques de la procédure du déficit excessif

🔑 Notions clés & Définitions

  • Procédure du déficit excessif : Procédure qui vise à encadrer les finances publiques des États membres.
  • Déficit public : Le déficit public et sa gestion concernent à la fois les générations actuelle et future.

📝 Points essentiels

  • La dette courante est égale à la valeur actualisée des excédents budgétaires primaires actualisés, avant le paiement du service de la dette.
  • La limite pour un horizon très long de l’anticipation de la valeur actualisée de la dette à tout instant est nulle.
  • La procédure du déficit excessif est critiquée lorsqu’elle devient trop rigide face aux situations de crise ou de dépression économique.
  • Ce constant amène à s’interroger sur la soutenabilité de la dette publique et la politique budgétaire.

💡 À retenir

La dette courante est égale à la valeur actualisée des excédents budgétaires primaires actualisés, avant le paiement du service de la dette.

📖 11. Théories et formes du chômage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Chômage volontaire : Situation de non-emploi compatible avec l’analyse néoclassique, dans laquelle seul ce type de chômage est possible.

📝 Points essentiels

  • Le chômage néoclassique s’explique par un salaire réel trop élevé.
  • Pour tendre vers le plein-emploi, le chômage néoclassique suppose une flexibilité des salaires.
  • La définition du chômage de longue durée correspond aux DEFM inscrites au Pôle emploi depuis plus d’un an.

💡 À retenir

Le chômage peut être expliqué soit par un salaire réel trop élevé et des ajustements de marché, soit par une insuffisance de demande effective et des salaires nominaux rigides. Dans la réalité, ces deux formes de chômage coexistent.

📖 12. Classification et rôle des prestations sociales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Second niveau de classification : Classement administratif des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C, D et E, qui remplacent les précédentes catégories pour les classer selon leur disponibilité et leur activité réduite.
  • Prestations sociales : Dispositifs sociaux sous condition de ressources qui visent les individus ayant les revenus les plus faibles.
  • Définition du chômage du BIT : Définition statistique plus restrictive que celle de Pôle emploi, car toute personne ayant travaillé même une heure au cours de la semaine de référence n’est pas comptabilisée.

📝 Points essentiels

  • La définition du chômage du BIT exclut toute personne ayant travaillé même une heure au cours de la semaine de référence.
  • Les catégories A, B, C, D et E de Pôle emploi servent à classer les demandeurs d’emploi selon leur disponibilité et leur activité réduite.

💡 À retenir

La définition du chômage du BIT exclut toute personne ayant travaillé même une heure au cours de la semaine de référence.

🧩 Compléments de couverture

  1. La courbe de Phillips est jugée sans pertinence en France en 2021, car les salariés ne peuvent plus négocier des hausses de salaires.
  2. Le gel du point d’indice de la fonction publique depuis 2009 est présenté comme un élément central de la stagnation salariale.
  3. Une hausse de 1 % du point d’indice a eu lieu en 2016-2017, puis a été rattrapée par une augmentation des cotisations.
  4. Les économistes libéraux associent l’indexation salaires-prix à une hausse des coûts de production puis des prix.
  5. Raymond Soubie et J. Hervé Lorenzi sont cités parmi les défenseurs de l’idée d’un lien salaires-inflation.
  6. Thomas Piketty et les économistes atterrés contestent l’idée d’une liaison mécanique entre salaires et inflation.
  7. Milton Friedman inverse la relation de Phillips en reliant la baisse du chômage à une baisse des salaires réels.
  8. Pour Friedman, l’anticipation du salaire réel est l’explication principale du comportement des agents sur le marché du travail.
  9. La soutenabilité de la dette publique renvoie à la contrainte budgétaire intertemporelle de l’État.
  10. À l’infini, la valeur actualisée anticipée de la dette doit tendre vers zéro.
  11. Dans la zone euro, il existe des politiques budgétaires nationales mais une seule politique monétaire.
  12. Le TSCG et le semestre européen imposent une cohérence des politiques budgétaires nationales avec la stratégie européenne.
  13. Une relance de l’activité provoque une fuite vers les importations qui réduit le multiplicateur budgétaire.
  14. Le chômage en France reste élevé dans les comparaisons européennes, avec 7,3 % en janvier 2025.
  15. Le chômage des jeunes de 15 à 24 ans est nettement plus élevé que celui de l’ensemble de la population active.
  16. Rappels des taux d’intérêt à 10 ans sur les prêts contractés par la France Années Taux à 10 ans en % 2019 0,11 2020 0,11 Période 2009-2017 1,63 Juin 2025 3,5 Y a-t-il une limite à la dette publique ?
  17. Ensuite, Milton Friedman marque de son empreinte une période 1970-1990 caractérisée pendant plus d’une décennie par une forte inflation en raison des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979.
  18. En raison du Covid-19, a été promulguée l’ordonnance n° 2020 le 9 décembre 2020 qui permettait aux bénéficiaires de percevoir automatiquement jusqu’au 30 avril 2021 cette indemnité.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1945mise en place de la Sécurité sociale
1970période marquée par l’influence de Friedman
1973premier choc pétrolier
1979second choc pétrolier
1980virage libéral et État minimal
1990retour de la nécessité d’intervention de l’État

📊 Tableaux de Synthèse

Triangle d’incompatibilité : arbitrages

Objectif 1Objectif 2Objectif sacrifié
Taux de change fixeAutonomie monétaireLibre circulation des capitaux
Libre circulation des capitauxAutonomie monétaireChanges fixes

Économie mixte et courants idéologiques

RepèrePosition sur l’ÉtatIdée clé
Virage libéral des années 1980État minimalAccent sur la limitation du rôle de l’État
Années 1990Intervention de l’État ravivéeRéponse à la mondialisation et à l’exclusion
Économie mixteAction publique et initiative privéeL’État prend en charge le long terme et la politique sociale

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre le modèle IS-LM avec le triangle d’incompatibilité : le premier relie marché des biens et marché monétaire, le second traite des choix en économie ouverte.
  2. Croire que les trois objectifs du triangle d’incompatibilité peuvent être atteints simultanément : seuls deux le sont, le troisième doit être sacrifié.
  3. Assimiler économie mixte et État minimal : l’économie mixte combine initiative privée et action publique.
  4. Prendre la redistribution pour une simple compensation des inégalités : elle sert aussi à protéger contre les risques sociaux et à prévenir les inégalités.
  5. Confondre règles d’arbitrage et objectifs : les règles servent à choisir les instruments les plus adaptés et à hiérarchiser les objectifs.
  6. Oublier que l’efficacité des politiques économiques est limitée en économie ouverte par la contrainte externe et la fuite vers les importations.
  7. Mélanger les chocs pétroliers de 1973 et 1979 avec le virage libéral des années 1980 : ce ne sont pas les mêmes repères historiques.

✅ Checklist Examen

  1. Définir le modèle IS-LM comme un cadre d’interdépendance entre marché des biens et marché de la monnaie.
  2. Expliquer la courbe LM comme l’ensemble des combinaisons revenu-taux d’intérêt d’équilibre monétaire.
  3. Énoncer les trois sommets du triangle d’incompatibilité : change fixe, autonomie monétaire, libre circulation des capitaux.
  4. Savoir qu’en économie ouverte, deux objectifs du triangle peuvent être atteints mais pas les trois.
  5. Relier le carré magique à des objectifs macroéconomiques en tension permanente.
  6. Distinguer redistribution, protection contre les risques sociaux et prévention des inégalités.
  7. Caractériser l’économie mixte comme une combinaison d’initiative privée et d’action publique.
  8. Relier le virage libéral des années 1980 à l’idée d’État minimal.
  9. Relier les années 1990 au retour de l’intervention de l’État face à la mondialisation et à l’exclusion.
  10. Expliquer que les règles d’arbitrage consistent à choisir les instruments adaptés et à hiérarchiser les objectifs.
  11. Retenir que la mondialisation réduit l’autonomie des politiques économiques en économie ouverte.
  12. Identifier les chocs pétroliers de 1973 et 1979 comme repères de la période 1970-1990 marquée par l’inflation.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Principes et enjeux de la politique économique avec 12 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Entre quels deux marchés le modèle IS-LM doit-il être compris comme un cadre d’interdépendance ?

2. En quoi les objectifs économiques et sociaux de la politique économique se distinguent-ils ?

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Modèle IS-LM — définition ?

Modèle d’interdépendance entre marché des biens et monnaie.

Courbe LM — rôle ?

Représente l’équilibre monétaire selon revenu et taux d’intérêt.

Triangle d’incompatibilité — objectifs ?

Change fixe, autonomie monétaire, circulation des capitaux.

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