Fiche de révision : Réformes et stabilité macroéconomique

📋 Plan du Cours

  1. Réformes régulation bancaire
  2. Stabilité macroéconomique
  3. Modèles de taux de change
  4. Approche dynamique du taux
  5. Déterminants fondamentaux
  6. Effet Balassa-Samuelson
  7. Productivité sectorielle
  8. Taux de change réel
  9. Déterminants monétaires
  10. Soutenabilité du déficit
  11. Équilibre de long terme

📖 1. Réformes régulation bancaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Réglementation prudentielle : Ensemble des règles visant à assurer la solidité et la stabilité du secteur bancaire, notamment par la fixation de seuils de fonds propres, de ratios de liquidité et de gestion des risques, afin de prévenir les crises financières.
  • Supervision bancaire : Processus de contrôle et de surveillance exercé par les autorités réglementaires pour garantir la conformité des banques aux normes prudentielles, détecter les accrocs bancaires et prévenir leur propagation.
  • Traitement des accrocs bancaires : Approche visant à gérer efficacement les défaillances ou difficultés financières des banques, en privilégiant des mesures de résolution adaptées pour limiter l’impact systémique, telles que la recapitalisation ou la résolution ordonnée.
  • Cadres de stabilité macroéconomique : Ensemble de politiques et de régulations coordonnées pour maintenir la stabilité économique globale, en accompagnant les actions des banques centrales, notamment par la régulation prudentielle et la gestion des risques systémiques.
  • Prévision des chocs externes : Méthodes et outils permettant d’anticiper et d’évaluer l’impact des événements internationaux ou exogènes (crises financières, fluctuations des marchés mondiaux) sur la stabilité du système bancaire national.
  • Régimes de taux de change et méthodes de détermination sous contrôle du FIT : Systèmes permettant de fixer ou d’ajuster le taux de change en utilisant des méthodes contrôlées par le Fonds Monétaire International (FMI), telles que les régimes de taux fixes ou flottants avec interventions ciblées, pour assurer des points d’équilibre et surveiller la stabilité des prix.

📝 Points essentiels

  • La crise de 2008 a accéléré la réflexion sur la nécessité de renforcer la régulation prudentielle et la supervision bancaire pour prévenir de nouvelles crises systémiques.
  • Les réformes ont notamment porté sur l’amélioration des exigences de fonds propres, la gestion des risques et la surveillance renforcée des banques, afin d’assurer leur résilience face aux chocs.
  • La gestion des accrocs bancaires implique des stratégies de résolution adaptées, telles que la recapitalisation ou la liquidation ordonnée, pour limiter l’impact sur l’économie.
  • Les cadres de stabilité macroéconomique accompagnent ces réformes en intégrant la régulation financière dans une politique globale visant à maintenir la croissance et la stabilité des prix.
  • La prévision des chocs externes permet d’anticiper les risques liés aux marchés internationaux et d’adapter les politiques en conséquence.
  • Les régimes de taux de change contrôlés par le FMI utilisent des méthodes de détermination du taux sous surveillance pour garantir un point d’équilibre, notamment par des interventions ciblées et des marges de fluctuation.

💡 À retenir

Les réformes de la réglementation prudentielle et de supervision bancaire, renforcées après 2008, visent à assurer la stabilité du système financier en anticipant et en gérant efficacement les accrocs bancaires, tout en intégrant la stabilité macroéconomique et la gestion des chocs externes sous contrôle des régimes de taux de change régulés par le FMI.

📖 2. Stabilité macroéconomique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Stabilité macroéconomique : Situation où l’économie maintient un équilibre interne (plein emploi, maîtrise de l’inflation) et externe (déficit de la balance des paiements soutenable, financé par flux externes) après la crise de 2008, grâce à des réformes post-crise visant à renforcer la régulation et la supervision économique (voir page 5-6).

  • Équilibre interne : Situation où l’économie atteint le plein emploi tout en contrôlant les tensions inflationnistes, assurant une croissance soutenable sans surchauffe ni déflation (voir page 6).

  • Soutenabilité de l’éq externe : Capacité d’un pays à maintenir un déficit de la balance des paiements qui peut être financé durablement par des flux externes, évitant ainsi une crise de change ou de dette (voir page 6).

  • Réformes post-crise 2008 : Ensemble de mesures adoptées pour améliorer la stabilité macroéconomique, notamment la régulation prudentielle, la supervision bancaire, la prévision des chocs externes, et la détermination contrôlée des taux de change (voir page 5-6).

  • Modèle FEER (Fundamental Equilibrium Exchange Rate) : Approche intégrant à la fois les déterminants fondamentaux à court terme (PPA, PTI) et structurels à long terme (écarts de productivité, effets Balassa-Samuelson) pour définir la valeur d’équilibre du taux de change, assurant la stabilité macroéconomique (voir page 7-9).

📝 Points essentiels

  • La crise de 2008 a incité les décideurs à repenser la régulation macroéconomique, notamment en renforçant la supervision bancaire et en ajustant les régimes de taux de change pour garantir la stabilité (page 5-6).

  • La stabilité macroéconomique repose sur un équilibre interne, où le plein emploi doit être compatible avec la maîtrise de l’inflation, et sur un équilibre externe, où le déficit de la balance des paiements doit être soutenable, c’est-à-dire finançable par des flux externes sans provoquer de crises (page 6).

  • Les modèles de taux de change comme FEER intègrent des déterminants fondamentaux et structurels, notamment l’effet Balassa-Samuelson, qui relie la productivité sectorielle à la valeur réelle du taux de change, permettant d’évaluer la soutenabilité du déficit externe (page 7-9).

  • La nouvelle approche dynamique du taux de change considère la mobilité imparfaite des capitaux, la prime de risque liée aux réserves de change, et la nécessité d’un sentier d’ajustement vers la valeur d’équilibre, garantissant la stabilité macroéconomique (page 6-9).

💡 À retenir

La stabilité macroéconomique post-2008 repose sur un équilibre interne durable, avec un plein emploi maîtrisé et une inflation contrôlée, ainsi qu’un équilibre externe soutenable, assuré par des réformes renforçant la régulation et la détermination contrôlée des taux de change via des modèles intégrant à la fois fondamentaux et productivité sectorielle.

📖 3. Modèles de taux de change

🔑 Notions clés & Définitions

  • NATREX : Modèle du taux de change d’équilibre basé sur la notion d’un taux naturel, qui reflète la valeur du taux de change compatible avec l’équilibre macroéconomique à long terme, notamment en intégrant les déterminants structurels tels que la productivité (voir section 11).
  • FEER (Fundamental Equilibrium Exchange Rate) : Modèle du taux de change d’équilibre fondamental, construit à partir des déterminants fondamentaux à long terme, notamment la parité des pouvoirs d’achat (PPA), la parité des taux d’intérêt (PTI), et les écarts de productivité (effet Balassa-Samuelson).
  • Construction du modèle FEER : Il combine les déterminants structurels (productivité, PPA, PTI) et monétaires, en intégrant la soutenabilité du déficit de la balance des paiements, pour déterminer une valeur de taux de change compatible avec l’équilibre interne et externe à long terme (voir section 11).
  • Différence entre déterminants à court terme et structurels : Les déterminants à court terme incluent la demande de monnaie, la mobilité des capitaux, et les chocs macroéconomiques, tandis que les déterminants structurels concernent la productivité, la compétitivité, et les écarts de développement économique, qui influencent le taux de change d’équilibre à long terme (voir section 6).

📝 Points essentiels

  • Le modèle NATREX repose sur la notion d’un taux naturel, qui est celui permettant d’assurer l’équilibre macroéconomique à long terme, en tenant compte notamment de la productivité relative et des écarts de développement. Il sert de référence pour juger si le taux de change actuel est surévalué ou sous-évalué (voir section 11).
  • Le modèle FEER est construit en combinant deux types de déterminants : ceux à court terme, liés à la demande de monnaie et aux flux financiers, et ceux à long terme, liés à la productivité, la PPA, et la PTI. La construction consiste à identifier un taux de change qui équilibre la soutenabilité du déficit courant et la stabilité macroéconomique (voir section 1).
  • La construction du FEER implique une analyse dynamique intégrant le sentier d’ajustement du taux de change vers sa valeur d’équilibre, en tenant compte des contraintes de soutenabilité du déficit de la balance des paiements et des écarts de productivité. La valeur d’échange est déterminée par la relation entre productivité sectorielle et prix relatifs, notamment via l’effet Balassa-Samuelson (voir section 9).
  • La différence essentielle entre déterminants à court terme et structurels réside dans leur horizon d’action : les premiers influencent la valeur du taux de change dans l’immédiat, tandis que les seconds déterminent la valeur d’échange à long terme, en assurant la soutenabilité et la stabilité macroéconomique (voir section 11).

💡 À retenir

Les modèles NATREX et FEER permettent d’évaluer la valeur d’équilibre du taux de change en intégrant à la fois des déterminants à court terme liés à la demande et à la mobilité des capitaux, et des déterminants structurels à long terme, notamment la productivité et la soutenabilité du déficit de la balance des paiements.

📖 4. Approche dynamique du taux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Sentier d’ajustement du taux de change : trajectoire par laquelle le taux de change évolue de sa valeur courante vers sa valeur d’équilibre à long terme, intégrant à la fois les dynamiques à court et long terme (source : contenu source).
  • Mobilité parfaite et imparfaite des capitaux : distinction entre une mobilité parfaite, où les capitaux circulent librement sans restrictions, et une mobilité imparfaite, où les contrôles de change limitent ces flux, introduisant une prime de risque liée aux réserves de change (source : contenu source).
  • Prime de risque liée aux réserves de change : rémunération supplémentaire exigée par les agents économiques en raison des restrictions ou contrôles de change, dépendant du stock de réserves détenues par la Banque centrale (source : contenu source).
  • Contrôles de change : mesures restrictives imposées par une banque centrale pour limiter ou réguler la mobilité des capitaux entrants ou sortants, affectant la dynamique du taux de change (source : contenu source).
  • Approche intégrée court et long terme : analyse qui combine les déterminants immédiats (court terme) et structurels (long terme) du taux de change, en tenant compte des écarts de productivité, des réserves de change, et des politiques de contrôle (source : contenu source).

📝 Points essentiels

  • La crise de 2008 a incité les décideurs à repenser la régulation financière et monétaire, notamment en intégrant une approche dynamique du taux de change (source : contenu source).
  • Contrairement aux modèles classiques, cette approche considère le sentier d’ajustement du taux de change vers sa valeur d’équilibre, en intégrant à la fois les déterminants à court terme (mobilité des capitaux, prime de risque) et à long terme (écarts de productivité, équilibre interne et externe).
  • La mobilité des capitaux n’est pas toujours parfaite : les contrôles de change introduisent une prime de risque, dépendant du stock de réserves de change, qui influence la valeur du taux de change.
  • La dynamique du taux de change repose aussi sur la soutenabilité de l’équilibre interne (plein emploi, maîtrise de l’inflation) et externe (déficit soutenable de la balance des paiements).
  • La modélisation intègre des concepts comme la prime de risque liée aux réserves de change et l’impact des contrôles de change, permettant une meilleure compréhension des ajustements du taux de change dans un contexte de chocs économiques.

💡 À retenir

L’approche dynamique du taux de change combine les déterminants à court et long terme, en intégrant la mobilité partielle des capitaux, la prime de risque liée aux réserves de change, et le sentier d’ajustement vers l’équilibre, pour mieux refléter les réalités économiques et les politiques de régulation.

📖 5. Déterminants fondamentaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Parité des Pouvoirs d'Achat (PPA) : AUTEUR (date) : principe selon lequel, à long terme, le taux de change entre deux monnaies s'ajuste pour égaliser le pouvoir d'achat dans chaque pays, c’est-à-dire que le prix d’un panier de biens identique doit être le même dans les deux devises.
  • Parité des Taux d'Intérêt (PTI) : AUTEUR (date) : concept selon lequel, en absence de risque et de restrictions, le différentiel de taux d’intérêt entre deux pays doit être égal au taux de dépréciation ou d’appréciation attendu de leur taux de change, assurant ainsi l’équilibre des rendements.
  • Effet Balassa-Samuelson : AUTEUR (date) : phénomène selon lequel l’écart de productivité entre secteurs échangeables et non échangeables influence le taux de change réel, une augmentation de la productivité dans le secteur échangeable entraîne une appréciation du taux de change réel.
  • Cygnes de productivité : Concept désignant des chocs imprévus et durables dans la productivité sectorielle, qui provoquent des ajustements du taux de change réel en modifiant la relation entre productivité et parité.

📝 Points essentiels

  • La PPA sert de référence à long terme pour le taux de change, en assurant que le pouvoir d’achat est équivalent dans les pays, ce qui influence la valeur fondamentale du taux de change.
  • La PTI établit que le différentiel de taux d’intérêt entre deux pays doit refléter la variation anticipée du taux de change, permettant d’éviter des arbitrages de rendement.
  • Les écarts de productivité entre secteurs échangeables et non échangeables, notamment via l’effet Balassa-Samuelson, expliquent la sous-évaluation ou la surévaluation des taux de change réels dans les pays en développement ou moins avancés.
  • La notion de cygnes de productivité souligne que des chocs sectoriels imprévus peuvent entraîner des ajustements durables du taux de change réel, en modifiant la relation entre productivité et parité.
  • Ces déterminants fondamentaux sont intégrés dans des modèles dynamiques qui prennent en compte à la fois les aspects à court terme (mobilité des capitaux, primes de risque) et à long terme (productivité, parités).

💡 À retenir

Les déterminants fondamentaux du taux de change, notamment la PPA, la PTI et les écarts de productivité, expliquent l’ajustement du taux de change vers sa valeur d’équilibre à long terme, en intégrant aussi les chocs sectoriels imprévus appelés 'cygnes de productivité'.

📖 6. Effet Balassa-Samuelson

🔑 Notions clés & Définitions

  • Effet Balassa-Samuelson : phénomène selon lequel les écarts de productivité entre secteurs échangeables et non échangeables influencent le taux de change réel, entraînant une appréciation ou dépréciation en fonction de la croissance de la productivité sectorielle (voir aussi "relation entre productivité dans les biens échangeables et non échangeables").
  • Productivité sectorielle (πt, πnt) : mesure de la capacité à produire des biens dans chaque secteur, généralement représentée par la PGF (productivité globale des facteurs). La croissance de cette productivité dans le secteur échangeable entraîne une appréciation du taux de change réel.
  • Taux de change réel (e) : rapport entre le prix des biens domestiques et étrangers, ajusté par les prix relatifs et la productivité, défini par e = (Pt / Pnt) / (Mt / Mnt). Il reflète la valeur relative de la monnaie en termes de pouvoir d’achat international.
  • Sous-évaluation des taux de change réels : situation typique des pays moins développés où la productivité dans le secteur non échangeable est plus élevée, ce qui entraîne une dépréciation réelle du taux de change, rendant leur monnaie sous-évaluée par rapport à leur niveau d’échange.
  • Relation entre productivité et taux de change (équation 5) : e = πnt / πt, indiquant que l’appréciation ou dépréciation du taux de change réel dépend de l’écart de productivité entre les secteurs non échangeables et échangeables.
  • Cygnes de productivité : concept selon lequel les écarts de productivité sectorielle, notamment dans le cadre de l’effet Balassa-Samuelson, déterminent la dynamique du taux de change réel à long terme, en lien avec la croissance économique (voir "écarts de dev entre les pays").

📖 7. Productivité sectorielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Productivité globale des facteurs (PGF) : Mesure de l'efficacité avec laquelle l'ensemble des facteurs de production (travail, capital) est utilisé pour produire des biens et services dans un secteur. Elle reflète la croissance de la production indépendamment de l'augmentation des facteurs (source : contexte général).
  • Productivité des biens échangeables (πt) : Indicateur de la PGF dans le secteur des biens soumis à la concurrence internationale, déterminant leur capacité à produire plus avec la même quantité de facteurs.
  • Productivité des biens non échangeables (πnt) : PGF dans le secteur des biens et services non soumis à la concurrence internationale, souvent moins dynamique que celle des biens échangeables.
  • Effet Balassa-Samuelson : Concept selon lequel une augmentation de la productivité dans le secteur des biens échangeables entraîne une appréciation du taux de change réel, en raison de l'écart de croissance entre secteurs échangeables et non échangeables (source : Balassa (1964), Samuelson (1964)).
  • Relation mathématique entre productivité sectorielle et taux de change réel : e=πntπte = \frac{\pi_{nt}}{\pi_t}, où ee est le taux de change réel, illustrant que la différence de productivité entre secteurs influence la valeur du taux de change (source : équation (5)).

📝 Points essentiels

  • La PGF est une mesure clé pour évaluer la performance sectorielle et son impact sur la compétitivité internationale.
  • La différenciation entre la productivité des biens échangeables (πt\pi_t) et non échangeables (πnt\pi_{nt}) permet d'analyser la dynamique du taux de change réel.
  • Selon Balassa (1964) et Samuelson (1964), une hausse de la productivité dans le secteur des biens échangeables (πt\pi_t) entraîne une appréciation du taux de change réel, phénomène appelé effet Balassa-Samuelson.
  • La relation mathématique fondamentale : e=πntπte = \frac{\pi_{nt}}{\pi_t}, indique que si la productivité dans le secteur échangeable augmente plus rapidement que dans le non échangeable, le taux de change réel s'apprécie.
  • La dynamique du taux de change réel dépend donc de l'écart de croissance de la PGF entre secteurs, ce qui explique la sous-évaluation des monnaies dans les pays moins développés où la productivité dans le secteur non échangeable est souvent plus forte.

💡 À retenir

La productivité sectorielle, notamment la différenciation entre biens échangeables et non échangeables, joue un rôle central dans la détermination du taux de change réel, avec l'effet Balassa-Samuelson comme mécanisme clé d'appréciation ou de dépréciation.

📖 8. Taux de change réel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Taux de change réel (e) : C’est le rapport entre le prix des biens échangeables domestiques (Pt) et étrangers (Pnt), ajusté par le rapport des prix des biens échangeables (Mt / Mnt). Il se formule :
    e = (Pt / Pnt) / (Mt / Mnt), ou encore e = (Pt / Pnt) * (Mnt / Mt).
    Il mesure la compétitivité relative d’une économie par rapport à une autre.

  • Loi du prix unique (PPA) : Théorie selon laquelle, à long terme, le prix d’un bien échangeable est identique dans tous les pays, ajusté par le taux de change. Elle s’applique uniquement aux biens échangeables, ce qui implique que :
    Pt = D * Pnt (avec D une constante).

  • Formule liant prix, salaires nominaux et productivité sectorielle :
    Les prix des biens échangeables et non échangeables dépendent des salaires nominaux (w) et de la productivité sectorielle (πt, πnt) :
    Pt = w / πt et Pnt = w / πnt.
    En combinant avec la PPA, cela conduit à :
    e = πnt / πt, ce qui relie le taux de change réel à la productivité sectorielle.

  • Dynamique et volatilité du taux de change réel : Elle est principalement liée aux écarts de productivité entre secteurs échangeables (πt) et non échangeables (πnt). L’écart de productivité, appelé effet Balassa-Samuelson, explique que :
    log(e) = log(πnt) - log(πt), ou encore ė = πnt - πt.
    Une augmentation de la productivité dans le secteur échangeable entraîne une appréciation du taux de change réel.

  • Effet Balassa-Samuelson : Phénomène selon lequel une hausse de la productivité dans le secteur des biens échangeables, par rapport à celui des biens non échangeables, provoque une appréciation du taux de change réel. À l’inverse, une sous-productivité relative entraîne une dépréciation.

📝 Points essentiels

  • Le taux de change réel e mesure la compétitivité relative entre deux pays, en tenant compte des prix et des niveaux de productivité.
  • La formule e = (Pt / Pnt) / (Mt / Mnt) montre que le taux de change réel est une combinaison du taux de change nominal et des prix relatifs.
  • La loi du prix unique appliquée aux biens échangeables implique que, à long terme, les prix des biens échangeables tendent à s’égaliser entre pays, ajustés par le taux de change.
  • La relation e = πnt / πt indique que l’écart de productivité sectorielle est un déterminant fondamental du taux de change réel.
  • La volatilité du taux de change réel est influencée par les écarts de productivité, ce qui explique la dynamique observée dans les marchés des changes.

💡 À retenir

Le taux de change réel, en étant lié aux écarts de productivité sectorielle, constitue un indicateur clé de la compétitivité économique et de la dynamique de dépréciation ou d’appréciation de la monnaie nationale.

📖 9. Déterminants monétaires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Théorie des choix de portefeuille : Modèle économique selon lequel les agents économiques détiennent un portefeuille d’actifs monétaires et financiers, dont la composition dépend des taux d’intérêt, du taux de change réel, et de leur capacité de détention d’actifs (voir section 9).
  • Fonction de demande de monnaie : Relation mathématique qui exprime la demande de monnaie en fonction du taux de change réel (e) et de la capacité de détention d’actifs (a), généralement notée Cf(e, a). Elle présente des propriétés mathématiques telles que ∂Cf/∂e < 0 et ∂Cf/∂a > 0 (voir page 10).
  • Capacité de détention d’actifs (a) : Quantité d’actifs liquides et financiers que les agents économiques peuvent détenir, influençant la demande de monnaie et dépendant de la composition du portefeuille (voir page 10).
  • Propriétés mathématiques de la fonction de demande : La demande de monnaie Cf(e, a) est affine, avec ∂Cf/∂e < 0 (sensibilité négative du demande de monnaie au taux de change réel) et ∂Cf/∂a > 0 (augmentation de la demande avec la capacité de détention). La relation s’écrit Cf = Cf,a * a - Cf,e * e (voir page 10).
  • Composition du portefeuille monétaire et financier : Structure des actifs détenus par agents économiques, comprenant des actifs monétaires (m) et financiers (b), dont la somme est a = m + s * b, où s est le taux de change (voir page 10).

📝 Points essentiels

  • La demande de monnaie Cf(e, a) dépend du taux de change réel et de la capacité de détention d’actifs, ce qui reflète la stratégie des agents dans la gestion de leur portefeuille d’actifs (voir page 10).
  • La fonction de demande de monnaie possède des propriétés mathématiques fondamentales : une sensibilité négative au taux de change réel (∂Cf/∂e < 0) et une sensibilité positive à la capacité de détention (∂Cf/∂a > 0). Elle est souvent modélisée sous forme affine pour simplifier l’analyse (Cf = Cf,a * a - Cf,e * e).
  • La composition du portefeuille, notamment la proportion d’actifs monétaires (m) et financiers (b), influence la demande globale et le comportement des agents face aux variations du taux de change (voir page 10).
  • La soutenabilité de l’équilibre externe implique que le déficit courant, lié à la demande de monnaie et aux flux de capitaux, doit être compatible avec la capacité d’absorption des agents économiques, notamment via la balance courante structurelle (voir pages 11).

💡 À retenir

La demande de monnaie, déterminée par la théorie des choix de portefeuille, dépend du taux de change réel et de la capacité d’actifs détenus, influençant ainsi la dynamique monétaire et le taux de change dans une optique d’équilibre macroéconomique.

📖 10. Soutenabilité du déficit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Balance courante structurelle (bc_s) : différence entre la balance courante (bc) et les dépenses publiques en biens échangeables (gt), soit bc_s = bc - gt. Elle représente le déficit ou excédent ajusté des effets conjoncturels et des politiques temporaires, permettant d’évaluer la soutenabilité du déficit courant (voir section 11).

  • Soutenabilité du déficit courant : capacité d’un pays à financer son déficit sans compromettre sa stabilité macroéconomique à long terme, notamment via des flux externes soutenables. Elle se mesure notamment par la balance courante structurelle, qui doit rester compatible avec la capacité d’absorption des flux financiers externes (voir section 11).

  • Identité de la balance des paiements dans le modèle FEER : relation fondamentale où la balance des paiements (BP) est décomposée en ressources et contreparties, traduisant que le déficit ou excédent courant doit être équilibré par des flux financiers et de capitaux, notamment dans le cadre du modèle FEER (voir section 11).

  • Conditions d’évaluation de la soutenabilité par le FMI et organismes internationaux : elles reposent sur l’analyse de la balance courante structurelle (bc_s), qui doit rester dans des limites compatibles avec la capacité d’attirer des flux financiers soutenables, afin d’éviter une déstabilisation de la balance des paiements (voir section 11).

📝 Points essentiels

  • La balance courante structurelle (bc_s) est un indicateur clé pour juger de la soutenabilité du déficit courant, en isolant les effets temporaires et conjoncturels : elle doit rester compatible avec la capacité d’absorption des flux financiers, notamment les investissements étrangers et les prêts (voir section 11).

  • Selon le modèle FEER, la balance des paiements doit respecter une identité où bc_s + bk = r̃, avec bk représentant les ressources de change et la ressource externe disponible, ce qui implique que le déficit courant doit être soutenable, c’est-à-dire finançable par des flux externes stables et suffisants (voir section 11).

  • La soutenabilité implique que le déficit courant ne doit pas dépasser la capacité d’un pays à attirer des flux financiers soutenables, ce qui est évalué par la condition que bc_s reste dans une fourchette compatible avec la stabilité macroéconomique et la stabilité du système financier international (voir section 11).

  • La relation d’identité de la BP dans le modèle FEER montre que la balance courante doit être équilibrée par des flux financiers et de capitaux, ce qui implique que la soutenabilité du déficit dépend de la capacité à mobiliser ces flux sans déstabiliser la balance des paiements (voir section 11).

💡 À retenir

La soutenabilité du déficit courant repose sur la capacité d’un pays à financer son déficit via des flux externes soutenables, ce qui est évalué par la balance courante structurelle dans le cadre du modèle FEER, garantissant la stabilité macroéconomique à long terme.

📖 11. Équilibre de long terme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Équilibre interne et externe (voir section 2) : L’état où l’économie atteint simultanément le plein emploi (équilibre interne) et une soutenabilité du déficit de la balance des paiements (équilibre externe), permettant une croissance stable sans déséquilibres insoutenables.

  • Mécanismes d’ajustement du taux de change vers l’équilibre de long terme : Processus par lequel le taux de change évolue pour rétablir l’équilibre interne et externe, notamment via la dynamique du taux de change réel influencée par la productivité (effet Balassa-Samuelson) et les mouvements de capitaux (approche dynamique).

  • Évolutions historiques du système monétaire international depuis Bretton Woods : Transition du régime de change fixe (Bretton Woods, 1944) vers des régimes de change flexibles ou intermédiaires, influencée par la crise de 1971, la fin du système de parités fixes, et l’émergence de nouveaux mécanismes de régulation.

  • Avantages et inconvénients des régimes de change : Les régimes fixes offrent stabilité mais limitent la flexibilité, tandis que les régimes flottants permettent l’ajustement automatique mais peuvent entraîner volatilité et incertitudes.

  • Calcul du déficit courant structurel en présence d’évolutions des biens non échangeables : Approche intégrant la productivité sectorielle et la parité des pouvoirs d’achat (PPA), permettant d’estimer un déficit courant soutenable en ajustant pour les évolutions de la productivité dans les secteurs échangeables et non échangeables.

📝 Points essentiels

L’équilibre de long terme repose sur la convergence simultanée de l’équilibre interne (plein emploi, maîtrise de l’inflation) et de l’équilibre externe (déficit de la balance des paiements soutenable). La dynamique du taux de change réel, influencée par la productivité sectorielle (notamment via l’effet Balassa-Samuelson), joue un rôle clé dans cet ajustement. La théorie moderne intègre aussi la mobilité imparfaite des capitaux et la prime de risque liée aux réserves de change, ce qui complexifie la trajectoire d’ajustement.

Depuis Bretton Woods (1944), le système monétaire international a connu une évolution majeure : passage d’un régime de change fixe à des régimes plus flexibles ou hybrides, suite à la crise de 1971 qui a mis fin à la convertibilité du dollar en or. Les régimes actuels permettent un ajustement plus automatique mais introduisent aussi une volatilité accrue.

L’approche dynamique du taux de change considère que le taux de change réel doit évoluer pour assurer la soutenabilité du déficit courant, en intégrant la productivité sectorielle et la demande de monnaie. La détermination du déficit courant structurel, notamment en présence d’évolutions des biens non échangeables, repose sur la différenciation entre productivité des secteurs échangeables et non échangeables, et sur la capacité à financer ce déficit par des flux externes soutenables.

💡 À retenir

L’équilibre de long terme résulte de l’ajustement simultané du taux de change, de la productivité sectorielle et des flux de capitaux, permettant d’assurer la soutenabilité du déficit courant tout en maintenant la stabilité macroéconomique.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
2008Crise financière mondiale, renforcement des régulations prudentielles et supervision bancaire
2010Adoption du cadre de régulation post-crise (Bâle III)
2015Mise en place du modèle FEER pour l’évaluation du taux de change
2020Impact de la pandémie sur la stabilité macroéconomique et la régulation financière

📊 Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésConceptsAuteur / Référence
Réformes régulation bancaireRéglementation prudentielleNormes de fonds propres, ratios de liquiditéBâle III, Basel Committee
Supervision bancaireContrôle, détection des accrocsAutorités de régulation (ACPR, BCE)
Traitement des accrocsRésolution ordonnée, recapitalisationFMI, FSB
Stabilité macroéconomiqueÉquilibre internePlein emploi, maîtrise inflationConnaissance générale
Équilibre externeSoutenabilité déficit, flux externesPerroux (croissance)
Modèle FEERDéterminants fondamentaux, productivitéObstfeld & Rogoff (2000)
Modèles de taux de changeNATREXTaux naturel, productivité relativeGoldfajn & Valdés (1999)
FEERParité PPA, PTI, écarts de productivitéIMF, Obstfeld & Rogoff

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre taux naturel (NATREX) et taux d’équilibre à court terme.
  2. Croire que la régulation prudentielle élimine totalement le risque bancaire.
  3. Confondre régimes de taux fixes et flottants sous contrôle du FMI.
  4. Omettre la distinction entre déterminants à court terme et structurels du taux de change.
  5. Surestimer la capacité des modèles comme FEER à prévoir précisément le taux de change.
  6. Confondre stabilité macroéconomique et croissance économique.
  7. Négliger l’impact des chocs externes dans la gestion macroéconomique post-crise.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de la réglementation prudentielle selon Bâle III.
  • Maîtriser le rôle de la supervision bancaire dans la prévention des crises.
  • Expliquer la gestion des accrocs bancaires et la résolution ordonnée.
  • Comprendre l’objectif des cadres de stabilité macroéconomique post-2008.
  • Savoir ce qu’est le modèle FEER et ses déterminants fondamentaux.
  • Différencier les déterminants à court terme et structurels du taux de change.
  • Identifier les principes du modèle NATREX.
  • Connaître les principales réformes post-crise (ex : Bâle III, régulation FMI).
  • Comprendre le lien entre stabilité macroéconomique et soutenabilité du déficit.
  • Savoir comment le modèle FEER intègre la productivité sectorielle et l’effet Balassa-Samuelson.
  • Connaître les auteurs clés : Bâle III, Obstfeld & Rogoff, Goldfajn & Valdés.
  • Vérifier la maîtrise des concepts liés à la stabilité macroéconomique et à la régulation bancaire.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Réformes et stabilité macroéconomique avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Qu'est-ce que la réglementation prudentielle dans le contexte de la régulation bancaire ?

2. En quelle année la crise financière mondiale a-t-elle eu lieu, ce qui a conduit à un renforcement des régulations prudentielles et de la supervision bancaire ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Réformes et stabilité macroéconomique avec 22 flashcards interactives.

Réglementation prudentielle — définition ?

Règles assurant la solidité du secteur bancaire.

Supervision bancaire — rôle ?

Contrôler la conformité des banques aux normes.

Traitement des accrocs — objectif ?

Gérer efficacement les défaillances bancaires.

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