Fiche de révision : Cybersécurité et prévention des incidents

Plan du Cours

  1. Numérique et cadre juridique
  2. Histoire numérique et intelligence artificielle
  3. Documentation et actions de sécurité
  4. Acteurs et opérateurs de cybersécurité
  5. Acteurs soumis aux obligations cyber
  6. Histoire de la législation numérique
  7. Évolution des directives NIS
  8. Régimes sectoriels de cybersécurité
  9. Secret des affaires et régulation numérique
  10. Autorités et gouvernance de la cybersécurité
  11. Menaces et incidents de sécurité
  12. Outils de protection des données
  13. Sécurisation des accès et des images
  14. Notifications et gestion des incidents
  15. Coopération contre la cybercriminalité
  16. Infractions informatiques et sanctions
  17. Infractions numériques et recours
  18. Victimes, enquête et cybersécurité

Repères chronologiques

  1. 1978La loi informatique et libertés établit en France un premier cadre relatif à la coexistence de l’informatique et des libertés fondamentales.
  2. 1988La loi Godfrain introduit une réponse pénale aux atteintes aux systèmes informatiques.
  3. 1995La révolution numérique est comprise comme un changement d’époque, voire de civilisation.
  4. 1995La première directive européenne relative au traitement des données à caractère personnel est adoptée.
  5. 2004La loi sur la confiance dans l’économie numérique définit les rôles des éditeurs, des hébergeurs et des fournisseurs d’accès.
  6. 2009L’ANSSI est créée.
  7. 2016La directive NIS et le RGPD sont adoptés.
  8. 2018Le RGPD devient applicable et la directive NIS est transposée en droit français.
  9. 7 février 2020La Cour de cassation a jugé qu’une attaque informatique ne constitue pas un cas de force majeure, car elle n’est pas imprévisible.
  10. 2022La directive NIS 2 est adoptée afin d’élargir le périmètre de cybersécurité et de durcir les exigences et les sanctions.

1. Numérique et cadre juridique

Notions clés & Définitions

  • Donnée : Enregistrement restituable d’une information, qui peut prendre la forme d’un texte, d’une image, d’un son ou d’une vidéo.
  • Système d’information : Ensemble organisé de ressources physiques et numériques permettant de collecter, stocker, traiter, structurer et distribuer de l’information.
  • Cybersécurité : ANSSI - État recherché pour qu’un système d’information résiste aux événements du cyberspace susceptibles de compromettre la disponibilité, l’intégrité ou la confidentialité des données.

★ À maîtriser

📌 La numérisation concerne ce que l’usage de données rend possible, mais elle s’arrête lorsque les choses ne peuvent pas être numérisées : un billet de train peut l’être, contrairement au voyage lui-même.

  • Le droit du numérique régit l’utilisation, la création, la distribution et la modification des contenus et services numériques.

  • La cybersécurité constitue un risque systémique, car une atteinte au numérique peut compromettre la capacité de fonctionnement de toute une organisation.

Compléments

  • « Numérique » vient du latin « numerus » et désigne une représentation par nombres, tandis que « digital » vient de « digitus », qui signifie « doigt ».

  • Il n’existe pas de définition juridique générale de la donnée, même si plusieurs régimes juridiques, dont le RGPD, s’en saisissent.

  • La révolution numérique est liée à l’industrialisation des processeurs et des ordinateurs à partir des années 1970.

  • Le droit du numérique emprunte notamment au droit de la propriété intellectuelle, au droit de la vie privée, au droit des contrats et au droit pénal.

Astuce mémo

Le billet se numérise, le voyage en train non

2. Histoire numérique et intelligence artificielle

Notions clés & Définitions

  • Intelligence artificielle : Conseil de l’Europe - Ensemble de sciences, de théories et de techniques qui ambitionne d’imiter les capacités cognitives d’un être humain.
  • Système d’IA : article 3 du RIA - Système automatisé à différents niveaux d’autonomie, doté d’une capacité d’adaptation et qui déduit, à partir des entrées reçues, comment gérer les sorties pour des objectifs explicites ou implicites.
  • Confidentialité : Garantit que l’information n’est accessible qu’aux personnes autorisées à y accéder.
  • Intégrité : Garantit que les données sont exactes et complètes et qu’elles n’ont pas été modifiées sans autorisation.
  • Intelligence artificielle : Bertrand Rondepierre définit l’intelligence artificielle comme « l’appréhension du réel par la donnée ».

★ À maîtriser

  • L’évolution historique des technologies numériques passe des ordinateurs à tubes à vide des années 1940-1950 aux transistors des années 1950-1960, puis aux circuits intégrés des années 1960-1970, aux microprocesseurs dès le début des années 1970, à l’expansion d’internet à la fin des années 1990 et à la popularisation des smartphones dans les années 2000-2010.

📌 L’intelligence artificielle repose sur des probabilités et non sur des vérités, et les chatbots fondés sur des LLM repèrent des tendances pour deviner l’option suivante plutôt que de fonctionner comme des moteurs de recherche.

  • Les enjeux juridiques de l’intelligence artificielle comprennent :

    • l’acceptabilité
    • la responsabilité
    • la licéité des données d’entraînement
    • le respect des droits préexistants
    • l’évaluation des résultats produits
  • Le droit doit encadrer l’IA afin de permettre son utilisation tout en fixant les limites de la perte d’autonomie humaine et les mécanismes de responsabilité liés aux décisions qui lui sont confiées.

📌 La sécurité informatique ne se limite pas à la protection contre les attaques : elle comprend aussi la résilience, c’est-à-dire la capacité à récupérer après un incident.

  • Les incidents de cybersécurité peuvent provenir d’une erreur, d’une attaque ou, le plus souvent, d’une panne.

Compléments

  • Internet est un réseau mondial de réseaux informatiques qui utilise des protocoles pour acheminer des paquets d’informations entre deux points, certains de ces protocoles permettant de vérifier leur intégrité pendant la transmission.

  • Le RGPD impose de notifier certaines violations de données à l’autorité de contrôle selon l’article 33 et, dans les cas concernés, aux personnes touchées selon l’article 34.

  • La sécurité informatique repose notamment sur la disponibilité, l’authentification, l’autorisation, la non-répudiation et la gestion des vulnérabilités, en plus de la confidentialité et de l’intégrité.

Astuce mémo

Tubes à vide → transistors → circuits intégrés → microprocesseurs

3. Documentation et actions de sécurité

Notions clés & Définitions

  • Accountability : Méthode qui fixe des principes directeurs respectueux des droits fondamentaux, fournit des outils de mise en œuvre et demande aux organisations de pouvoir expliquer leurs choix.
  • Protection by design : Prise des mesures nécessaires pour protéger les données utilisées et vérification, au moyen de listes de contrôle, de la protection des droits fondamentaux ou du respect des objectifs de sécurité fixés.

★ À maîtriser

  • 🔄 La démarche d’accountability suit ces étapes : examiner le projet, repérer les principes auxquels il se confronte, choisir les outils juridiques permettant de respecter ces principes, documenter les mécanismes et procédures internes mis en œuvre

  • La cartographie des données et des systèmes d’information représente les flux et les acteurs qui peuvent accéder aux données, et doit être tenue continuellement à jour.

📌 Le DPO est l’interlocuteur chargé d’expliquer le traitement des données personnelles et n’est pas responsable de la mise en conformité de l’organisation.

  • Les organisations doivent tenir un registre des traitements de données personnelles et peuvent également tenir des registres des incidents de sécurité pour documenter leurs activités et leur préparation.

  • Une PSSI couvre notamment : le périmètre, les menaces, les mesures appliquées, la gestion des incidents de sécurité, l’information et la sensibilisation des employés et de la direction, les procédures de révision et de mise à jour

📌 Le plan de reprise d’activité décrit comment redémarrer l’activité après un incident, tandis que le plan de continuité d’activité vise à faire fonctionner l’organisation pendant l’incident.

Compléments

📌 La protection by default consiste à mettre en place dès le départ les meilleures techniques de sécurisation disponibles au regard des moyens dont on dispose.

  • La méthode EBIOS est une méthode d’analyse des risques qui examine les objectifs de sécurité, les sources de risques, les réactions à leur réalisation et les traitements destinés à les éviter.

  • L’analyse d’impact évalue les effets de la mise en œuvre d’un outil informatique, identifie les risques et les mesures d’atténuation et peut prévoir un test dans un environnement contrôlé appelé « sandbox ».

📌 Une analyse d’impact est obligatoire dans certains cas de traitement de données à caractère personnel en application de l’article 35 du RGPD.

  • Le RSSI est le référent désigné en matière de sécurité des systèmes d’information.

  • Les objectifs attribués au RGPD sont : améliorer la protection des données personnelles des Européens, améliorer la sécurité des traitements, faire prendre conscience aux organisations de la valeur des données qu’elles détiennent

  • Une charte d’utilisation des systèmes d’information doit être compréhensible par tous et portée à la connaissance des utilisateurs concernés, et peut être adaptée aux catégories d’utilisateurs ou aux prestataires.

  • Le signalement des incidents permet aux autorités de recevoir des informations sur les difficultés rencontrées afin que les organisations puissent aussi s’en protéger ; Pharos est un outil de signalement cité comme particulièrement connu.

4. Acteurs et opérateurs de cybersécurité

Notions clés & Définitions

  • Opérateur d’importance vitale : Opérateur public ou privé dont les établissements, installations ou ouvrages, s’ils deviennent indisponibles, risqueraient de diminuer fortement le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la nation.
  • Système d’information d’importance vitale : Système dont l’atteinte à la sécurité ou au fonctionnement risquerait de diminuer fortement le potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la nation, ou de présenter un danger grave pour la population.
  • Big data : Capacité, permise par l’évolution des outils technologiques, de traiter des données en masse sans devoir les trier ni les ordonner au préalable.

★ À maîtriser

  • En France, l’ANSSI relève de l’autorité du Premier ministre, et la lutte contre la cybercriminalité mobilise aussi des services des ministères de l’Intérieur, de l’Économie et de la Justice.

  • Les opérateurs de services essentiels sont encadrés par les règles issues de la directive NIS1 et concernent des services dont l’interruption peut avoir un impact significatif sur l’économie ou la société.

  • Les trois critères de l’opérateur essentiel sont :

    • l’importance du service pour des activités sociétales ou économiques critiques
    • la dépendance du service aux réseaux et systèmes d’information
    • l’effet disruptif important qu’un incident sur ces réseaux aurait sur sa fourniture
  • Les opérateurs de services essentiels sont sélectionnés parmi 23 catégories réparties dans 3 domaines, puis soumis à des règles de sécurité spécifiques visant notamment la défense et le redémarrage des systèmes.

📌 Lorsqu’un organisme relève à la fois du régime des opérateurs de services essentiels et de celui des systèmes d’importance vitale, il applique les règles plus strictes des systèmes d’importance vitale.

Compléments

  • TRACFIN suit les flux financiers, et la section J3 du parquet de Paris est citée parmi les pôles spécialisés du ministère de la Justice.

  • La liste des OIV n’est pas publique et l’État détermine les opérateurs auxquels cette qualité est attribuée.

  • Pour les OIV, l’ANSSI peut imposer des mécanismes de défense spécifiques, notamment des sondes de détection, ou obliger les opérateurs à déployer eux-mêmes des dispositifs de détection.

  • La France comptait 122 opérateurs de services essentiels concernés, tandis que certains pays scandinaves en comptaient des milliers.

  • L’ANSSI contrôle l’effectivité des règles applicables aux opérateurs de services essentiels, et le coût des contrôles est à la charge des opérateurs, notamment dans le cadre d’une convention de contrôle.

📌 En cas de manquement, l’opérateur de services essentiels est mis en demeure de réparer.

5. Acteurs soumis aux obligations cyber

Notions clés & Définitions

  • Prestataires : Fournisseurs des organismes soumis aux catégories réglementées, sans relever eux-mêmes de ces catégories.

★ À maîtriser

  • La loi distingue trois catégories d’acteurs numériques :
    • les éditeurs, qui créent la donnée
    • les hébergeurs, qui fournissent les moyens technologiques de fonctionnement
    • les fournisseurs d’accès, qui transportent la donnée

📌 Les prestataires n’ont pas de régime juridique spécifique de cybersécurité et leurs clients leur imposent contractuellement le niveau de sécurité requis, notamment au moyen d’annexes aux contrats.

  • Les intervenants en cybersécurité comprennent :
    • les forces de l’ordre
    • les agents de l’ANSSI
    • les agents de la CNIL
    • les autres administrations
    • les CSIRT
    • les associations et les lanceurs d’alerte
    • les RSSI

📌 L’article L. 2321-4 du Code de la défense exonère de responsabilité les lanceurs d’alerte qui, après avoir piraté un système informatique, fournissent des informations sur ses vulnérabilités, mais cette exonération ne couvre pas le piratage destiné au vol d’informations.

Compléments

  • Les fournisseurs de services numériques concernés comprennent les places de marché en ligne, les moteurs de recherche et les services de cloud.

  • Les fournisseurs de services numériques s’identifient eux-mêmes, appliquent des règles de sécurité spécifiques et peuvent être contrôlés par l’ANSSI, en coordination avec l’Union européenne pour les services transfrontaliers.

  • Les législations sectorielles peuvent s’appliquer aux organisations qui traitent des données dans un secteur d’activité précis.

📌 Les établissements bancaires peuvent être déclarés responsables des attaques subies par leurs clients lorsqu’ils ne sont pas suffisamment pédagogiques ou ne sécurisent pas assez les outils qu’ils leur proposent, même si les clients ont été négligents.

6. Histoire de la législation numérique

★ À maîtriser

  • Les textes récents de cybersécurité comprennent :
    • NIS 2
    • DORA
    • l’IA Act
    • le Cyber Resilience Act
    • le Digital Services Act
    • le Digital Markets Act

Compléments

📌 Les textes de cybersécurité peuvent être généralistes, sectoriels, liés à une nature d’activité, liés à une catégorie de produits ou services, ou encadrer les activités numériques tout en comportant des obligations de sécurité.

  • Dans le Code de la défense, la sécurité des systèmes d’information relève des régimes permanents de défense et constitue un outil permanent de défense.

7. Évolution des directives NIS

Notions clés & Définitions

  • Incident : Événement qui compromet la disponibilité, l’authenticité, l’intégrité ou la confidentialité des données traitées par les réseaux et systèmes d’information ou des services qu’ils offrent ou rendent accessibles.
  • Menace : Risque qu’un incident se produise.

★ À maîtriser

  • La directive NIS 1, adoptée en 2016 et transposée en France en 2018, demeure en vigueur tant que NIS 2 n’a pas été transposée.

  • NIS 1 vise un cadre de coopération européen, un cadre de gouvernance dans chaque État membre et le renforcement de la cybersécurité des opérateurs de services essentiels et des fournisseurs de services numériques.

📌 Sous NIS 1, les opérateurs de services essentiels doivent se protéger, réagir aux attaques et notifier tout incident suffisamment grave pour affecter la continuité de leurs services.

📌 Sous NIS 1, les fournisseurs de services numériques identifient les risques pesant sur leurs réseaux, prennent les mesures nécessaires pour éviter les incidents, assurer la continuité des services et réduire l’impact des incidents, puis notifient les incidents.

  • NIS 2 élargit le champ d’application à davantage de secteurs et d’entités, prend en compte les chaînes d’approvisionnement, uniformise le signalement des problèmes de sécurité et renforce les exigences ainsi que les sanctions.

📌 NIS 2 distingue les entités essentielles, notamment dans l’énergie, les transports, la banque, les infrastructures et marchés financiers, l’eau potable, les eaux usées et la santé, des entités importantes, notamment dans la gestion des déchets, la distribution alimentaire et les services postaux.

📌 NIS 2 concerne les moyennes et grandes entreprises, mais peut également s’appliquer aux micro et petites entreprises en raison de leur secteur, de leur type d’entité ou de l’effet potentiel des perturbations.

  • NIS 2 impose aux organes de direction d’approuver les décisions de cybersécurité, d’en superviser la mise en œuvre, de suivre des formations régulières et de documenter leurs actions.

📌 Sous NIS 2, un incident est important s’il cause une perturbation opérationnelle ou des pertes financières, ou s’il a affecté ou est susceptible d’avoir affecté des personnes physiques ; un incident grave doit être notifié.

📌 La responsabilité des dirigeants sous NIS 2 repose sur leur capacité à démontrer qu’ils ont pris les mesures nécessaires, que l’incident se soit produit ou non, et ne peut être déléguée.

Compléments

📌 Sous NIS 1, les opérateurs de services essentiels sont désignés par décret, et la liste des services est actualisée tous les deux ans.

  • Les sanctions de NIS 2 peuvent comprendre la publication des manquements, la suspension d’autorisations pour les entités essentielles et l’interdiction temporaire d’exercer pour des membres de la gouvernance.

Astuce mémo

NIS 1 protège les OSE et les FSN ; NIS 2 étend le périmètre et renforce les exigences.

8. Régimes sectoriels de cybersécurité

Notions clés & Définitions

  • Cyber Resilience Act : S’applique aux logiciels et matériels comportant un composant logiciel mis sur le marché de l’Union européenne, gratuitement ou à titre onéreux, sauf notamment les dispositifs médicaux, les véhicules et l’aviation civile.

★ À maîtriser

  • Le RGPD s’applique aux activités professionnelles, y compris dans le monde associatif, et encadre les traitements de données à caractère personnel plutôt que de les interdire.

  • Le RGPD prévoit trois obligations :

    • la protection des données dès la conception
    • la protection des données par défaut
    • la sécurité du traitement tout au long de celui-ci

📌 L’article 32 du RGPD impose une sécurité du traitement adaptée aux moyens des acteurs et à l’activité concernée.

  • DORA vise à renforcer la sécurité informatique du secteur financier, à unifier la réponse européenne et à limiter les vulnérabilités systémiques et la multiplication des incidents.

  • L’IA Act de 2024 adopte une approche par les risques afin de favoriser l’innovation tout en respectant les droits fondamentaux.

📌 L’IA Act distingue les risques inacceptables, qui entraînent l’interdiction, les risques élevés, soumis à des obligations spécifiques, et les risques modérés, soumis à des obligations de transparence.

  • Le Cyber Resilience Act entre en vigueur le 10 décembre 2024 et s’applique généralement à partir du 11 décembre 2027.

  • La loi LOPMI de 2023 subordonne l’indemnisation par une assurance cyber à la preuve du dépôt de plainte après une attaque.

  • La loi SREN date de 2024 et vise à sécuriser et réguler l’espace numérique.

  • La loi SREN renforce les pouvoirs de l’ARCOM et les obligations de contrôle de l’âge pour limiter l’accès des mineurs aux contenus pornographiques.

Compléments

  • Les principes de DORA comprennent : la gestion des risques par les organes de direction, la notification des incidents, la circulation des informations, la réalisation de tests de résilience, le partage d’informations, l’intégration des exigences dans les contrats

  • L’IA Act distingue cinq catégories d’acteurs :

    • les fournisseurs
    • les déployeurs
    • les mandataires
    • les importateurs
    • les distributeurs
  • Les pratiques interdites mentionnées comprennent : les techniques subliminales ou manipulatoires, l’exploitation des vulnérabilités, l’évaluation et le classement des personnes, la prévision des risques de criminalité, l’analyse d’images faciales tirées du web, la déduction des émotions au travail ou dans l’enseignement, la catégorisation biométrique, l’identification biométrique à distance en temps réel

📌 Les obligations de l’IA Act se cumulent avec celles d’autres textes, notamment le RGPD, et les obligations de transparence augmentent avec la puissance de l’outil.

  • Le Cyber Resilience Act prévoit notamment :
    • une documentation technique
    • une liste des composants
    • une déclaration de conformité
    • un marquage CE

9. Secret des affaires et régulation numérique

Notions clés & Définitions

  • Secret des affaires : Information secrète qui possède une valeur parce qu’elle est secrète et fait l’objet de mesures de protection de la part de l’entreprise.

★ À maîtriser

  • Le secret des affaires repose sur trois séries de trois éléments :

    • protéger, prévenir et juger
    • secret, valeur et outils de protection
    • obtention illicite, utilisation illicite et connaissance de l’origine illicite
  • Les sanctions pour violation du secret des affaires sont civiles et non pénales.

  • Le DSA et le DMA sont entrés en vigueur en 2023 afin d’encadrer les pratiques des géants du Web et des marchés numériques.

Compléments

  • La protection du secret des affaires vise notamment le savoir-faire, l’innovation, la recherche et développement, les algorithmes et le développement logiciel.

  • 🔄 L’entreprise organise la protection en trois étapes :

    1. identifier les informations secrètes
    2. organiser leur protection
    3. documenter les mesures prises afin d’en apporter la preuve
  • Le droit des producteurs de bases de données peut contribuer à établir la preuve d’une appropriation, notamment au moyen de fausses adresses placées comme pièges dans une base de données.

  • Les obligations citées pour les grandes plateformes comprennent la révélation de leur savoir-faire pour contrôle, la désinstallation des applications préinstallées, l’interopérabilité des messageries instantanées et l’interdiction de mettre en avant leurs propres produits.

10. Autorités et gouvernance de la cybersécurité

★ À maîtriser

  • L’ANSSI, créée en 2009, est compétente sur l’ensemble du territoire français et placée sous l’autorité du Premier ministre, sans être indépendante.

  • L’ANSSI intervient en défense et apporte des réponses aux systèmes d’information touchés par des cyberattaques, notamment ceux d’un service étatique ou d’un hôpital.

📌 NIS 1 vise la sécurité, tandis que NIS 2 renforce cet objectif en tenant compte notamment du risque d’espionnage par un prestataire de services cloud.

  • 🔄 L’homologation d’un système s’appuie sur : une cartographie des risques, la définition d’un niveau de risque objectif, le choix de moyens de sécurité, l’intervention éventuelle d’un contrôleur extérieur, un suivi

  • 🔄 La démarche de gouvernance juridique consiste à : établir le droit applicable et les rôles, dresser un état des lieux, élaborer des documents juridiques contextualisés, vérifier leur conformité aux objectifs poursuivis

  • La mise en œuvre de la PSSI comprend la définition de son périmètre physique et logique, l’identification des menaces, l’évaluation de l’opposabilité des documents, la création de règles et de chartes, la sensibilisation, la justification des mesures et la préparation de la gestion des incidents.

Compléments

  • L’ANSSI approuve des solutions de sécurité par des certifications délivrées par elle-même ou par des centres d’évaluation, et certifie également des organismes et prestataires de cybersécurité.

  • La certification des prestataires contribue à sécuriser la chaîne de sous-traitance en permettant de définir les prestataires auxquels les organisations peuvent confier leurs données.

📌 L’ANSSI ne pouvant pas prononcer elle-même les sanctions liées aux manquements relevant de NIS 2, DORA, du DSA ou du DMA, la loi de transposition a créé un comité indépendant.

  • Dans le secteur public, chaque ministère dispose d’un haut fonctionnaire de défense et de sécurité chargé de centraliser les informations entrantes et de faire remonter les informations sortantes.

  • Le secteur public utilise un référentiel général de sécurité émis par l’autorité administrative et des certificats adaptés au processus et au niveau de sécurité requis.

  • Les mesures citées pour le secteur public comprennent : les mises à jour, sauf pour un système déconnecté, un antivirus, des clauses avec les prestataires, des moyens d’identification forts, la conservation de traces, la diffusion des règles d’application, des évaluations

📌 La PSSI est obligatoire pour les organisations soumises aux législations qui l’imposent, notamment NIS 1 ou NIS 2, et s’applique aux personnes qui interviennent dans ces organisations.

  • La PSSI doit contextualiser son domaine d’application afin de limiter les ambiguïtés d’interprétation susceptibles de créer une insécurité juridique ou un contentieux.

  • Le tableau RACI sert à déterminer qui réalise une tâche, qui l’approuve, qui doit être consulté et qui doit être informé.

  • La PSSI est notamment reliée aux obligations de sécurité de NIS 2 et aux obligations de sécurité du RGPD pour les traitements de données sensibles.

11. Menaces et incidents de sécurité

Notions clés & Définitions

  • Cyberattaque : Comportement malveillant visant le système informatique d’un particulier ou d’une organisation afin de commettre un acte illicite, d’espionner, de saboter ou de déstabiliser.
  • Incident de sécurité : Événement affectant le fonctionnement ou la sécurité d’un système d’information et dont la qualification juridique doit être recherchée même s’il ne résulte pas d’une attaque ou n’a pas de conséquence sur les données.
  • Violation de données personnelles : Atteinte aux données à caractère personnel qui peut être accidentelle ou illicite et qui entraîne des obligations quelle qu’en soit la cause.

★ À maîtriser

📌 La couverture de première partie indemnise les pertes financières de l’assuré dues à une attaque ou à une faille de cybersécurité de ses réseaux ou systèmes, tandis que la couverture de tiers couvre sa responsabilité envers des tiers à la suite d’un événement cyber.

📌 Selon la loi de 2023, l’indemnisation d’un sinistre cyber par l’assureur est subordonnée au dépôt d’une plainte par la victime auprès des autorités compétentes dans les 72 heures.

  • Les principales menaces citées sont :
    • le déni de service distribué
    • les rançongiciels
    • les programmes malveillants
    • l’ingénierie sociale
    • les menaces sur les données
    • les menaces pour l’internet
    • la désinformation
    • les attaques de la chaîne d’approvisionnement

Compléments

  • Les risques mentionnés en matière de cyberassurance comprennent :

    • la violation de données
    • les rançongiciels
    • la perte de fonds
    • les incidents divers
  • Il n’existe pas de contrat généraliste de cyberassurance dans le cadre décrit, car les assurances sont spécialisées et excluent les autres domaines.

  • La souscription nécessite notamment de : vérifier les exclusions, impliquer les responsables du système d’information, analyser le risque, pouvoir démontrer que la situation assurée correspond à la réalité

  • Un déni de service distribué vise à bloquer l’accès à des sites internet.

  • Un rançongiciel bloque un système et réclame de l’argent pour le débloquer, sans garantir que le déblocage aura lieu.

  • L’ingénierie sociale exploite une erreur ou un comportement humain afin d’obtenir l’accès à des informations ou à des services.

  • Les attaques de la chaîne d’approvisionnement exploitent les vulnérabilités d’une organisation chez ses fournisseurs ou partenaires et peuvent produire des effets en cascade.

  • La répartition des cyberattaques indiquée est la suivante :

    • 24 % contre les administrations ou le gouvernement
    • 13 % contre les fournisseurs de services numériques
    • 12 % contre le grand public
    • 12 % contre les prestataires de services
    • 9 % contre la finance et les banques
    • 7 % contre la santé
    • 23 % dans les autres catégories
  • Les attaques d’ingénierie sociale citées sont : le phishing par courriel, le vishing par voix, le smishing par SMS, le whaling contre des dirigeants, le pretexting, la compromission d’emails professionnels, le piggybacking dans des zones à accès réservé

12. Outils de protection des données

Notions clés & Définitions

  • Cryptologie : Méthode permettant de chiffrer et de déchiffrer des données afin de garantir la confidentialité, l’authentification ou le contrôle de leur intégrité lors de leur stockage ou de leur transmission.
  • Anonymisation : L’anonymisation rompt totalement et définitivement le lien entre une donnée et la personne qu’elle désignait ou à laquelle elle pouvait être reliée.
  • Minimisation : Mesure de sécurisation qui réduit les risques en limitant les données conservées à ce qui est nécessaire et en appliquant des durées de conservation adaptées.
  • Traçabilité : Moyen de savoir d’où vient une donnée et où elle va en suivant ses flux.
  • Filtrage : Ensemble d’opérations automatiques intégrées aux logiciels qui sélectionnent, orientent, excluent ou détruisent des informations afin d’empêcher certaines d’entre elles de franchir un service.

★ À maîtriser

📌 Une donnée anonymisée de manière irréversible n’est plus une donnée à caractère personnel et sort du champ du RGPD, tandis qu’une donnée pseudonymisée reste soumise au RGPD puisque le lien d’identification subsiste quelque part.

Compléments

  • Les objectifs de la cryptologie comprennent :

    • la confidentialité
    • l’intégrité
    • l’authentification
    • la non-répudiation
    • la sécurité des réseaux
  • La loi de 2004 sur la confiance dans l’économie numérique a consacré une liberté d’utilisation des moyens de cryptologie, sous réserve de limites prévues par la loi et contrôlées par l’ANSSI pour certains biens à double usage civil et militaire.

  • L’anonymisation vise à empêcher : l’individualisation, la corrélation de données permettant une réidentification, l’inférence d’un attribut à partir d’autres attributs

  • Les techniques de pseudonymisation citées comprennent :

    • les tables de concordance
    • la cryptographie
    • la tokenisation

📌 Les archives courantes sont utilisées quotidiennement, les archives intermédiaires doivent rester relativement accessibles sans être conservées sur la machine de travail quotidienne, et les archives définitives sont gardées pour pouvoir justifier certains éléments, bien que leur consultation ultérieure soit rare.

  • Les deux méthodes de filtrage citées sont les listes de mots interdits et les listes noires de sites.

📌 L’article 6 de la loi de 2004 oblige les fournisseurs d’accès à internet à proposer des moyens techniques permettant de restreindre l’accès à certains services et à faire connaître ces moyens.

  • Les OSE et les FSN doivent mettre en place des filtres pour bloquer les flux inutiles au fonctionnement de leurs systèmes et susceptibles de faciliter des attaques informatiques.

📌 Les États souhaitent une conservation prolongée des données par les fournisseurs d’accès et un accès facilité, tandis que la CJUE impose des durées limitées et exige l’autorisation d’un juge pour l’accès intrusif aux données concernant des personnes physiques.

Astuce mémo

L’anonymisation rompt le lien ; la pseudonymisation le masque sans le supprimer.

13. Sécurisation des accès et des images

Notions clés & Définitions

  • Contrôle d’accès : Mécanisme qui restreint l’accès aux systèmes et aux données aux seules personnes, aux seuls services ou aux seules machines dûment autorisés, conformément au principe de nécessité et aux exigences de sécurité de l’article 32 du RGPD.
  • Biométrie : CNIL - Ensemble de techniques informatiques qui reconnaissent automatiquement un individu à partir de caractéristiques physiques, biologiques ou comportementales.
  • Identité numérique : Instrument de sécurisation permettant de stocker des données dans une carte ou une application gouvernementale, et dont le développement européen est en projet.

★ À maîtriser

📌 La reconnaissance faciale par biométrie est interdite par l’AI Act, tandis que l’analyse algorithmique d’images sans recherche d’identification peut être autorisée par les législations nationales.

📌 La vidéoprotection concerne les lieux publics ou ouverts au public, tandis que la vidéosurveillance concerne les lieux non ouverts au public.

  • Les analyses de risque et les analyses d’impact servent à apprécier si les mesures de sécurisation mises en œuvre sont suffisantes dans leur contexte juridique.

Compléments

  • Le contrôle d’accès repose sur :
    • l’authentification
    • l’habilitation
    • la traçabilité

📌 La biométrie est interdite par principe, sous réserve d’exceptions, et son utilisation sur les lieux de travail est encadrée par une délibération de 2019.

📌 Un gabarit biométrique conserve des points de comparaison et non une image du visage, tandis qu’une empreinte digitale permet une identification plus directement exploitable pour des enquêtes.

  • La CNIL a autorisé dans certaines cantines le contrôle d’accès par reconnaissance palmaire fondée sur le contour de la main, et non sur les empreintes digitales.

📌 La vidéosurveillance algorithmique est interdite par l’AI Act lorsqu’elle repose sur la reconnaissance faciale, tandis que l’analyse d’images sans identification peut relever des législations nationales.

14. Notifications et gestion des incidents

★ À maîtriser

  • Les OIV doivent informer sans délai le Premier ministre d’un incident de sécurité, et un formulaire de déclaration est disponible sur le site de l’ANSSI.

📌 Dans le cadre de NIS, les OSE notifient les incidents susceptibles d’avoir un impact significatif sur la continuité de leurs services, et les fournisseurs de services numériques notifient ceux qui affectent significativement la fourniture du service.

📌 L’article 33 du RGPD impose de notifier dans les 72 heures à l’autorité les violations de données personnelles susceptibles d’engendrer un risque pour les droits et libertés des personnes physiques.

  • 🔄 La gestion d’un incident suit six étapes :

    1. Évaluer l’atteinte
    2. Documenter l’incident
    3. Notifier l’événement
    4. Appliquer les règles prévues par la documentation interne
    5. Mettre en place une cellule de crise
    6. Évaluer le retour d’expérience
  • Les cyberassurances couvrent généralement des pertes telles que les coûts de notification, de surveillance du crédit des victimes, de réparation judiciaire et d’expertise, ainsi que parfois la communication de crise et la réparation des atteintes à la réputation.

  • Les cyberassurances ne couvrent généralement ni les pertes de revenus ni les événements relevant de la force majeure.

📌 Depuis 2023, le dépôt de plainte dans un délai de 72 heures est une condition de fonctionnement de l’assurance cyber, mais le point de départ de ce délai est jugé peu clair par les praticiens.

Compléments

  • Selon la nature du service ou de l’incident, l’autorité à informer peut être l’ARS pour les incidents relevant du Code de la santé publique ou l’ACPR pour tout incident bancaire majeur.

📌 Les organisations concernées doivent répercuter contractuellement leurs obligations de notification aux fournisseurs, prestataires et acteurs de leur chaîne d’approvisionnement, notamment dans les annexes de sécurité.

  • Les juristes ont un devoir d’alerte auprès des organisations sur leurs obligations de sécurité et sur la nécessité de s’assurer contre les risques cyber.

Astuce mémo

Évaluer, documenter, notifier, appliquer, gérer la crise, tirer le retour d’expérience.

15. Coopération contre la cybercriminalité

Notions clés & Définitions

  • Cybercriminalité : Regroupement des infractions pénales tentées ou commises à l’encontre ou au moyen d’un système d’information et de communication, principalement internet.

★ À maîtriser

  • La Convention de Budapest, adoptée en 2001 sous l’égide du Conseil de l’Europe et entrée en vigueur en 2004, vise à harmoniser les législations pénales nationales, améliorer les techniques d’enquête et renforcer la coopération entre États.

  • Les États-Unis, le Japon et le Canada ont ratifié la Convention de Budapest, qui prévoit un point de contact national disponible 24 h/24 et 7 j/7 pour faciliter l’entraide urgente en cas de cyberattaque.

📌 La convention internationale de l’ONU sur la cybercriminalité vise à compléter, et non à remplacer, la Convention de Budapest, notamment pour inclure des États comme la Russie et la Chine qui n’en font pas partie.

  • La directive européenne de 2013 sur les attaques contre les systèmes d’information harmonise et complète les législations nationales afin d’assurer une protection comparable dans l’Union et d’éviter le forum shopping.

📌 Le règlement e-Evidence crée l’injonction européenne de production, qui ordonne la fourniture de données, et l’injonction européenne de conservation, qui empêche leur effacement en attendant une demande d’accès ultérieure.

  • Le règlement e-Evidence s’appliquera à partir du 18 août 2026.

Compléments

  • Le protocole additionnel à la Convention de Budapest signé en mai 2022 renforce les échanges, l’entraide urgente et la possibilité d’enquêtes communes.

  • Interpol compte 196 pays et héberge un programme de lutte contre la cybercriminalité qui gère une base de données internationale accessible aux services d’enquête des pays qui en demandent l’accès.

  • La directive européenne de 2011 impose aux États de pénaliser la pédopornographie et la consultation de tels contenus.

📌 Les injonctions e-Evidence concernent les données électroniques dans un cadre strict, notamment un seuil minimal d’infractions punies de trois ans d’emprisonnement, avec un délai de réponse du fournisseur et une information des États concernés.

  • Le centre européen de lutte contre la cybercriminalité, ou EC3, est basé à La Haye, a été créé en 2013 par Europol et apporte un appui opérationnel et technique aux enquêtes nationales.

16. Infractions informatiques et sanctions

Notions clés & Définitions

  • Accès frauduleux : L’accès frauduleux est le fait d’accéder ou de se maintenir sans autorisation légitime dans tout ou partie d’un système de traitement automatisé de données, avec une intention frauduleuse.

★ À maîtriser

  • L’article 323-1 du Code pénal punit l’accès ou le maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données de trois ans d’emprisonnement et de 100 000 € d’amende.

  • L’article 323-2 du Code pénal réprime l’entrave ou la falsification effective du fonctionnement d’un système, tandis que l’article 323-3 réprime notamment l’introduction, l’extraction, la détention, la reproduction, la transmission, la suppression ou la modification frauduleuse des données qu’il contient.

  • Les articles 323-2 et 323-3 du Code pénal prévoient cinq ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende, portés à sept ans et 300 000 € lorsque l’infraction vise un système de données personnelles mis en œuvre par l’État.

  • L’article 323-3-1 du Code pénal sanctionne, sans motif légitime, l’importation, la détention, l’offre, la cession ou la mise à disposition de moyens spécialement adaptés aux infractions informatiques, sauf notamment lorsqu’ils servent à la recherche ou à la sécurité informatique.

Compléments

  • L’article 323-4 du Code pénal réprime la participation consciente à un groupement destiné à préparer des infractions informatiques, et l’article 323-4-1 prévoit une aggravation en cas de bande organisée.

  • Les articles 323-4-2 et 323-5 du Code pénal aggravent les peines selon les conséquences de l’attaque et prévoient des peines complémentaires, dont la confiscation du matériel électronique.

  • Les articles 323-6 à 323-8 du Code pénal prévoient la responsabilité des personnes morales, punissent les tentatives des mêmes peines que les infractions consommées et excluent l’application de ces peines lorsque les faits sont réalisés par des agents étatiques.

17. Infractions numériques et recours

Notions clés & Définitions

  • Détournement de finalité : Le détournement de finalité consiste à utiliser des données personnelles à une fin autre que celle pour laquelle le traitement repose sur un fondement légal et proportionné.

★ À maîtriser

📌 L’article 83 du RGPD permet, pour certaines violations, des amendes pouvant atteindre 10 millions d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires annuel mondial total d’une entreprise, le montant le plus élevé étant retenu.

  • Les amendes administratives du RGPD peuvent sanctionner une violation délibérée ou négligente, sont fixées au cas par cas par les autorités nationales compétentes comme la CNIL et ont une fonction punitive distincte de la réparation du préjudice prévue à l’article 82.

Compléments

  • La LIL prévoit des sanctions pénales pour plusieurs manquements, notamment les formalités préalables, l’usage illicite du numéro de sécurité sociale, le non-respect de mesures importantes du RGPD, la collecte illicite, la conservation excessive, la violation des règles sur les données médicales de recherche et le défaut de notification d’une violation.

  • Les fondements légaux mentionnés sont :

    • Le consentement
    • Le contrat
    • La protection des intérêts vitaux
    • L’intérêt public
    • L’intérêt légitime
  • La directive NIS prévoit des sanctions en cas de non-respect des règles de sécurité ou d’obstacle aux opérations de contrôle, et le Code de la défense permet de sanctionner directement les dirigeants des OIV.

  • La LOPPSI 2 de 2011 a notamment créé le délit d’usurpation d’identité en ligne, le blocage de sites pédopornographiques, le filtrage d’adresses IP sur décision ministérielle et des dispositifs de surveillance et d’interception policières.

📌 Une captation portant atteinte à la vie privée peut être pénalement sanctionnée tout en restant admissible comme preuve, car le droit au procès équitable peut primer sur le droit à la vie privée.

  • Les infractions numériques spécifiques comprennent notamment :

    • Les offres sexuelles à un mineur par un moyen de communication électronique
    • L’enregistrement et la diffusion d’images de violences
    • Le montage utilisant les paroles ou l’image d’une personne sans son consentement
    • L’apologie du terrorisme par internet
    • L’entrave à l’information sur une IVG
  • Le Code de procédure pénale permet au juge de désigner un expert pour réaliser des opérations de déchiffrement et sanctionne le refus de fournir les clés de déchiffrement.

  • Les infractions classiques fréquemment commises au moyen d’outils numériques comprennent :

    • L’escroquerie
    • L’extorsion
    • L’abus de confiance
    • L’usurpation d’identité
    • La diffamation
    • L’injure

18. Victimes, enquête et cybersécurité

Notions clés & Définitions

  • Risque systémique : Menace susceptible d’affecter l’ensemble d’un système, par exemple celui d’une nation, comme une panne d’internet.
  • Bien à double usage : Bien pouvant avoir une fonction civile et une fonction militaire, notamment dans le domaine de la cryptologie.

★ À maîtriser

  • Après une cyberattaque, il faut figer les preuves, débrancher le système sans l’éteindre, sécuriser ce qui reste sous contrôle, déposer une plainte ou une main courante, puis envisager les opérations de remédiation.

  • Les organisations doivent anticiper leur rétablissement après une attaque au moyen d’un plan de continuité d’activité (PCA) et d’un plan de reprise d’activité (PRA).

📌 Les outils juridiques de cybersécurité sont les règles de droit, tandis que les outils techniques sont les mesures concrètes mises en œuvre en application de ces règles.

  • La PSSI, ou politique de sécurité des systèmes d’information, organise principalement les opérations techniques de sécurité et doit aussi prévoir la réaction de l’organisation en cas de crise.

  • Il n’existe pas de législation générale de cybersécurité : le cadre repose sur des législations spéciales.

📌 NIS1 visait à sécuriser le fonctionnement du marché intérieur de l’Union européenne, tandis que NIS2 renforce la cybersécurité sur le territoire européen et élargit la responsabilité des organisations, notamment à l’égard de leurs sous-traitants.

  • NIS2 renforce la prise en compte des chaînes d’approvisionnement, rationalise le reporting, introduit des mesures de surveillance technique et exige que les dirigeants puissent justifier leur formation à la cybersécurité.

Compléments

  • Le signalement des infractions sur PHAROS contribue à déclencher une réponse générale, car la multiplication des signalements permet de faire apparaître les phénomènes criminels.

  • L’article 230-46 du Code de procédure pénale permet aux forces de l’ordre de mener des opérations d’infiltration dans le domaine numérique.

📌 NIS1 identifiait les opérateurs de services essentiels et les fournisseurs de services numériques, tandis que NIS2 distingue les entités essentielles et les entités importantes.

📌 Sous NIS2, les obligations concernent en principe les entités des secteurs visés qui atteignent une taille suffisante, mais certaines catégories restent concernées indépendamment de ce critère, notamment les administrations publiques centrales ou régionales, les réseaux de communications électroniques, les prestataires de services de confiance et les gestionnaires de noms de domaine ou fournisseurs d’accès.

Astuce mémo

Figer la preuve avant d’agir sur le système, car chaque action le modifie et laisse des traces.

Tableaux de synthèse

Catégories d’opérateurs et systèmes

CatégorieObjetEnjeu principal
OIVOpérateur public ou privéIndisponibilité menaçant les intérêts vitaux de la nation
SIIVSystème d’informationAtteinte pouvant menacer les intérêts vitaux ou la population
OSEOpérateur de service essentielImpact significatif sur l’économie ou la société

Anonymisation et pseudonymisation

CritèreAnonymisationPseudonymisation
Lien avec la personneRupture totale et définitiveLien conservé, mais non directement identifiant
RéversibilitéIrréversibleIdentification possible grâce à un élément de correspondance
Champ du RGPDLa donnée sort du champ du RGPDLe RGPD continue de s’appliquer

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1. Dans le cadre du numérique, que désigne une donnée ?

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Qu’est-ce qu’une donnée ?

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Un billet de train peut être numérisé, contrairement au voyage lui-même.

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