★ À maîtriser
La prononciation du Siècle d’Or était probablement proche de l’espagnol actuel, mais comportait une affriquée alvéolaire sourde /z/ réalisée [ts] et ne possédait pas encore la jota vélaire sourde.
Les graphies anciennes z, ç, s, ss, j, g et x conservaient des oppositions de prononciation médiévales qui s’étaient effacées au Siècle d’Or, ce qui provoquait des hésitations comme viniesse/viniese et cabeça/cabeza.
Compléments
Au Siècle d’Or, cabeza se prononçait cabetsa et Don Quijote se prononçait Don Quisote, avec une fricative palatale sourde [s] correspondant au « ch » français.
Dans l’orthographe ancienne, u et v pouvaient désigner indifféremment voyelle ou consonne, v étant employé à l’initiale et u à l’intérieur des mots, tandis que y remplaçait souvent i à l’initiale, dans les diphtongues ou sous l’accent.
L’accentuation ancienne était moins systématique qu’aujourd’hui, et les textes classiques sont généralement publiés en orthographe modernisée, bien que certaines éditions gardent les graphies anciennes.
Les graphies médiévales persistent alors que les sons changent au Siècle d’Or.
★ À maîtriser
Compléments
📌 En traduction, une virgule espagnole ancienne peut correspondre à une virgule française, tandis qu’un point-virgule espagnol peut se rendre par un point-virgule ou un point, et deux-points espagnols par un point-virgule, un point ou deux-points.
Les deux-points anciens marquent une pause proche du point, pas de la ponctuation moderne.
★ À maîtriser
Au XVIe siècle, l’article el peut précéder un nom féminin commençant par une voyelle atone, surtout a, comme dans el espada, el esperanza, el onestad et el aldea.
Au XVIe siècle, les terminaisons -ades et -edes de la deuxième personne du pluriel se maintenaient généralement dans les formes esdrújulas, tandis que les formes llanas employaient déjà les terminaisons modernes ; ces formes anciennes disparurent progressivement à partir de la seconde moitié du XVIe siècle.
Au XVIe siècle, le futur analytique est fréquent et il subsiste plus rarement au XVIIe siècle, comme dans cantar he pour cantaré et dezirlo has pour lo dirás ; une formation par métathèse peut donner terné pour tendré ou porné pour pondré.
Compléments
Au XVIe siècle, on rencontre aussi una ansia et la hambre, tandis qu’au XVIIe siècle l’usage moderne se généralise sans éliminer totalement l’ancien usage.
Le paradigme médiéval de hablar comprend :
Dans les formes verbales classiques, la deuxième personne du pluriel de l’impératif omet souvent le -d final, le subjonctif présent peut présenter vala, caya, oya ou traya à la place de valga, caiga, oiga ou traiga, et la deuxième personne du pluriel du prétérit peut être simplifiée comme dans distes pour disteis.
★ À maîtriser
Les quatre traitements principaux étaient :
Vuestra Merced s’employait pour un hidalgo, caballero ou escudero, ainsi que pour un inconnu sauf s’il était de condition visiblement inférieure, et se traduit par un vouvoiement simple plutôt que par « Votre Grâce ».
Vos suivi de la deuxième personne du pluriel s’adressait à un interlocuteur de rang égal ou légèrement inférieur, notamment entre amis aristocrates, d’une épouse à son mari ou d’un fils à son père, et peut se traduire par « vous » tout en correspondant parfois à un « tu » actuel.
Tu s’employait envers un interlocuteur de rang nettement inférieur ou de basse condition, dans l’intimité familiale, et parfois comme tutoiement de majesté envers Dieu ou le roi ; passer de Vuestra Merced à vos ou de vos à tu était méprisant, tandis que le mouvement inverse marquait la considération.
Compléments
Vuestra Señoría s’adressait à un noble titré, tandis que Vuestra Excelencia, d’abord réservée aux Grands d’Espagne, tendait à s’employer pour un simple titré.
Les pronoms enclitiques pouvaient subir une métathèse, comme haceldo pour hacedlo et dandos pour dadnos, ou une assimilation, comme decillo pour decirlo et cantallas pour cantarlas ; l’assimilation était très à la mode sous Charles Quint et se maintenait au XVIIe siècle, surtout à la campagne et en poésie.
Tu marque l’infériorité ou l’intimité ; Vuestra Merced marque la considération.
★ À maîtriser
Dans l’espagnol classique, lo est usuel comme objet direct et le concurrence lo pour désigner une personne ; la peut remplacer le au féminin comme objet indirect, et le peut désigner une chose comme objet direct neutre.
Au Moyen Âge, le pronom complément ne pouvait pas apparaître immédiatement après une pause : il était enclitique lorsque le verbe était à l’initiale et proclitique lorsqu’un autre élément ouvrait la proposition, comme dans Díjome estas palabras mais estas palabras me dijo.
Aux XVIe et XVIIe siècles, la langue passe progressivement au système moderne : il n’y a pas de proclise en début de phrase, mais des proclises aujourd’hui inhabituelles subsistent avec le gérondif, l’infinitif et l’impératif, tandis que des enclitiques après un participe passé restent possibles au XVIIe siècle, quoique rares.
Au Siècle d’Or, un possessif comme tu miedo pouvait désigner soit la peur ressentie par le possesseur, soit la peur qu’il inspire.
Dans les relatives avec préposition, celle-ci pouvait précéder l’antécédent, être répétée ou omise, et le sujet de la relative pouvait formellement être traité comme objet de la principale.
Compléments
Quien pouvait avoir une valeur neutre et rester invariable au singulier comme au pluriel, qu’il soit relatif ou interrogatif, même si quienes tend progressivement à s’imposer au pluriel.
Cuyo pouvait s’employer avec la valeur interrogative de de quien ou aquel(la) de quien, et plus fréquemment comme relatif de liaison, usage encore existant mais souvent réprouvé au profit du démonstratif ou de el cual.
★ À maîtriser
📌 Pour une action envisagée en vue d’un résultat, por s’emploie lorsque l’action préparatoire et le résultat peuvent être simultanés, tandis que para s’emploie lorsque l’action préparatoire doit être achevée avant que le résultat apparaisse ; cette distinction dépend aussi du point de vue du locuteur.
Compléments
Dans un comparatif exprimant identité ou similitude, un terme comme mismo ou igual pouvait être sous-entendu.
L’emploi de a comme accusatif prépositionnel était moins systématique en espagnol classique qu’en espagnol actuel.
Des verbes de perception, de réflexion ou d’appréhension intellectuelle pouvaient se construire avec en lorsque l’activité du sujet était très intense, comme dans contemplar en et considerar en.
Con pouvait avoir plus fréquemment qu’aujourd’hui une valeur concessive, notamment dans con todo ou con todo eso, au sens de « malgré tout » ou « pourtant ».
POR accompagne des actions simultanées ; PARA, un résultat ultérieur.
★ À maîtriser
Mas et pero étaient en concurrence directe, pero et todavía pouvaient signifier « toutefois » ou « cependant », et sino n’avait pas encore triomphé dans son emploi moderne.
Que pouvait fonctionner comme simple liaison, parfois traduite par « et » ou par deux-points, ou exprimer un rapport causal ou consécutif, traduisible respectivement par « car », « en effet », « parce que » ou par une conséquence.
📌 Porque suivi de l’indicatif signifiait « parce que », tandis que seguido du subjonctif il signifiait « pour que » et concurrençait para que.
Compléments
La conjonction y pouvait prendre le sens de « mais » lorsqu’elle reliait deux membres de phrase nettement adversatifs.
Como pouvait se construire avec l’indicatif ou le subjonctif sans différence de sens apparente, signifier « quand » ou « comme », et s’employer à la place de que.
Les conjonctions temporelles pouvaient prendre les sens suivants :
Outre aunque, les concessives comprenaient maguer et si bien ; au XVIIe siècle, puesto que et ya que hésitaient entre le sens ancien « bien que » et le sens nouveau « puisque », le sens « bien que » étant le plus fréquent.
★ À maîtriser
Compléments
La négation redondante suivait couramment les verbes exprimant :
Une négation redondante pouvait également introduire le complément du comparatif.
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1. Dans un comparatif dont les deux termes sont éloignés, quelle préposition tendait à introduire le complément ?
2. Au Moyen Âge, comment le placement du pronom complément variait-il selon l’ouverture de la proposition ?
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Quelle consonne affriquée caractérisait probablement la prononciation du Siècle d’Or ?
Une affriquée alvéolaire sourde réalisée [ts].
Quelle jota la prononciation du Siècle d’Or ne possédait-elle pas encore ?
La jota vélaire sourde.
Quelles oppositions les graphies anciennes conservaient-elles ?
Des oppositions de prononciation médiévales effacées au Siècle d’Or.
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