QCM : Morphologie et syntaxe espagnoles classiques (22 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans un comparatif dont les deux termes sont éloignés, quelle préposition tendait à introduire le complément ?

Que no
Que
De
A

Que no

Explication

Que no tendait à s’employer lorsque les deux termes du comparatif étaient éloignés, tandis que de convenait davantage à des termes proches et souvent à más seul. Employer de pour les termes éloignés inverse cette tendance.

2. Au Moyen Âge, comment le placement du pronom complément variait-il selon l’ouverture de la proposition ?

Il était toujours enclitique à l’initiale et après un élément introducteur
Il était proclitique si le verbe ouvrait la proposition et enclitique si un autre élément l’ouvrait
Il était toujours proclitique à l’initiale et après un élément introducteur
Il était enclitique si le verbe ouvrait la proposition et proclitique si un autre élément l’ouvrait

Il était enclitique si le verbe ouvrait la proposition et proclitique si un autre élément l’ouvrait

Explication

Le pronom était enclitique lorsque le verbe était à l’initiale, mais proclitique lorsqu’un autre élément ouvrait la proposition. L’inversion de ces deux contextes attribue les placements aux mauvaises structures.

3. Au XVIe siècle, quelle répartition pouvait-on observer entre les formes esdrújulas et llanas de la deuxième personne du pluriel ?

Les formes esdrújulas avaient déjà toutes disparu, tandis que les formes llanas maintenaient les anciennes terminaisons.
Les formes esdrújulas conservaient souvent « -ades/-edes », tandis que les formes llanas employaient les terminaisons modernes.
Les deux types de formes conservaient généralement « -ades/-edes » jusqu’à la fin du XVIIe siècle.
Les formes llanas conservaient souvent « -ades/-edes », tandis que les formes esdrújulas employaient les terminaisons modernes.

Les formes esdrújulas conservaient souvent « -ades/-edes », tandis que les formes llanas employaient les terminaisons modernes.

Explication

Les formes esdrújulas conservaient généralement les terminaisons anciennes « -ades/-edes », alors que les formes llanas utilisaient déjà les terminaisons modernes. Inverser cette répartition constitue la confusion entre les deux types de formes.

4. Quelle analyse décrit correctement « cantar he » et « dezirlo has » dans l’espagnol ancien ?

Ce sont des passés composés correspondant respectivement à « he cantado » et « has dicho ».
Ce sont des formes conditionnelles correspondant respectivement à « cantaría » et « se lo dirías ».
Ce sont des présents périphrastiques correspondant respectivement à « voy a cantar » et « se lo vas a decir ».
Ce sont des futurs analytiques correspondant respectivement à « cantaré » et « lo dirás ».

Ce sont des futurs analytiques correspondant respectivement à « cantaré » et « lo dirás ».

Explication

Le futur analytique associait l’infinitif à une forme de « haber » : « cantar he » équivaut à « cantaré » et « dezirlo has » à « lo dirás ». Ces exemples ne sont pas des passés composés, qui utilisent un participe passé.

5. Dans quelle situation vos suivi de la deuxième personne du pluriel pouvait-il être employé ?

Entre amis aristocrates de rang égal ou légèrement inférieur, ou d’un fils à son père
Par un serviteur s’adressant à son maître, pour signaler une condition très basse
Entre interlocuteurs de rang très inégal, lorsque l’inférieur veut exprimer son mépris
Entre un noble titré et un inconnu de rang nettement inférieur, pour marquer la distance

Entre amis aristocrates de rang égal ou légèrement inférieur, ou d’un fils à son père

Explication

Vos pouvait s’adresser à quelqu’un de rang égal ou légèrement inférieur, notamment entre amis aristocrates ou d’un fils à son père. Un traitement marqué par une grande inégalité de rang ne correspond pas à cet emploi caractéristique.

6. Dans un passage où que introduit une relation de cause ou de conséquence, quelle valeur peut-il prendre ?

Il marque une opposition, au sens de « mais » ou « cependant », entre deux propositions.
Il exprime une condition, au sens de « à moins que » ou « pourvu que », entre deux propositions.
Il peut introduire une cause, au sens de « car » ou « parce que », ou marquer une conséquence.
Il introduit un but, au sens de « afin que », ou une comparaison entre deux propositions.

Il peut introduire une cause, au sens de « car » ou « parce que », ou marquer une conséquence.

Explication

Que pouvait exprimer un rapport causal, traduisible par « car », « en effet » ou « parce que », ou un rapport consécutif. L’idée de but est une confusion possible avec « pour que », valeur associée à porque suivi du subjonctif.

7. Pourquoi des variantes graphiques comme « viniesse/viniese » et « cabeça/cabeza » pouvaient-elles coexister dans les textes du Siècle d’Or ?

Les variantes distinguaient des formes grammaticales qui s’employaient dans des contextes différents.
Les graphies reflétaient une réforme qui avait créé de nouveaux sons distincts au Siècle d’Or.
Les graphies anciennes conservaient des oppositions médiévales que la prononciation avait déjà effacées.
Les variantes indiquaient des différences régionales de vocabulaire sans lien avec la prononciation.

Les graphies anciennes conservaient des oppositions médiévales que la prononciation avait déjà effacées.

Explication

Les lettres anciennes pouvaient maintenir visuellement des distinctions de prononciation médiévales qui s’étaient effacées au Siècle d’Or, d’où les hésitations graphiques. Il ne s’agissait pas nécessairement de différences régionales de vocabulaire.

8. Quelle différence caractérisait notamment la prononciation du Siècle d’Or par rapport à l’espagnol actuel ?

Elle prononçait la jota comme une affriquée alvéolaire sonore et ne possédait pas de fricatives sourdes.
Elle comportait déjà la jota vélaire sourde, mais avait perdu l’affriquée alvéolaire réalisée [ts].
Elle avait une prononciation très éloignée de l’espagnol actuel et conservait toutes les oppositions médiévales.
Elle comportait une affriquée alvéolaire sourde réalisée [ts] et ne possédait pas encore la jota vélaire sourde.

Elle comportait une affriquée alvéolaire sourde réalisée [ts] et ne possédait pas encore la jota vélaire sourde.

Explication

La prononciation du Siècle d’Or était probablement proche de l’espagnol actuel, mais elle comportait une affriquée sourde [ts] et pas encore la jota vélaire sourde. L’idée que toutes les oppositions médiévales subsistaient confond cette prononciation avec les anciennes graphies.

9. Comment faut-il comprendre plusieurs marques de négation dans une même phrase en espagnol classique ?

Elles s’annulent pour former une affirmation, comme dans « Jamás tan avariento ni mesquino hombre no vi. »
Elles signalent une conséquence logique, comme dans « Jamás tan avariento ni mesquino hombre no vi. »
Elles peuvent se cumuler sans s’annuler, comme dans « Jamás tan avariento ni mesquino hombre no vi. »
Elles créent une opposition entre deux propositions, comme dans « Jamás tan avariento ni mesquino hombre no vi. »

Elles peuvent se cumuler sans s’annuler, comme dans « Jamás tan avariento ni mesquino hombre no vi. »

Explication

En espagnol classique, plusieurs négations pouvaient renforcer la négation sans s’annuler, comme dans l’exemple donné. Les interpréter comme une affirmation applique à tort la logique de la double négation dans certains autres contextes linguistiques.

10. Après quels types de verbes une négation redondante apparaissait-elle couramment en espagnol classique ?

Après des verbes exprimant le mouvement, la localisation, l’arrivée ou le départ.
Après des verbes exprimant la joie, la certitude, l’approbation ou l’abondance.
Après des verbes exprimant la comparaison, la mesure, la ressemblance ou la différence.
Après des verbes exprimant la crainte, le doute, la négation ou la privation.

Après des verbes exprimant la crainte, le doute, la négation ou la privation.

Explication

La négation redondante apparaissait couramment après des verbes de crainte, de doute, de négation ou de privation. Les verbes de certitude et d’approbation constituent un distracteur plausible, mais ils ne correspondent pas aux catégories indiquées.

11. Quel emploi de le est attesté dans l’espagnol classique ?

Il remplaçait la comme objet indirect féminin et ne pouvait pas être objet direct
Il était l’objet direct usuel pour une personne, tandis que lo était écarté dans ce cas
Il pouvait désigner une personne comme objet direct et aussi une chose comme objet direct neutre
Il servait d’objet direct pour toute chose, tandis que lo désignait les personnes

Il pouvait désigner une personne comme objet direct et aussi une chose comme objet direct neutre

Explication

Le pouvait concurrencer lo pour désigner une personne comme objet direct et pouvait aussi renvoyer à une chose comme objet direct neutre. L’idée que le soit réservé aux choses néglige son emploi pour une personne.

12. Quelle distinction de sens dépend du mode employé après porque ?

Avec l’indicatif, porque signifie « parce que » ; avec le subjonctif, il signifie « pour que » et concurrence para que.
Avec l’indicatif, porque signifie « pour que » ; avec le subjonctif, il signifie « parce que » et concurrence para que.
Avec l’indicatif, porque signifie « comme » ; avec le subjonctif, il signifie « quand » et concurrence que.
Avec l’indicatif, porque signifie « toutefois » ; avec le subjonctif, il signifie « cependant » et concurrence pero.

Avec l’indicatif, porque signifie « parce que » ; avec le subjonctif, il signifie « pour que » et concurrence para que.

Explication

Le mode distingue les deux valeurs : l’indicatif accompagne le sens causal « parce que », tandis que le subjonctif donne le sens final « pour que », en concurrence avec para que. L’inversion de ces sens est une confusion fréquente, mais elle attribue à chaque mode la valeur de l’autre.

13. Un éditeur modernise la ponctuation d’un texte classique, mais certains passages restent difficiles à comprendre. Quelle explication convient ?

La ponctuation classique doit rester inchangée, car sa modernisation empêche généralement de comprendre le texte.
La modernisation est fréquente, mais elle n’est pas systématique et peut rendre certains passages peu clairs.
La difficulté vient du fait que les éditeurs modernisent les mots, mais conservent toujours la ponctuation ancienne.
La modernisation remplace les signes anciens par des marques qui modifient nécessairement le sens des mots.

La modernisation est fréquente, mais elle n’est pas systématique et peut rendre certains passages peu clairs.

Explication

Les éditeurs modernisent généralement la ponctuation, sans le faire systématiquement, et leurs choix peuvent rendre la lecture difficile ou peu claire. La ponctuation ancienne n’est donc pas toujours conservée telle quelle.

14. Une action préparatoire doit être achevée avant l’apparition du résultat visé : quelle préposition convient dans cette distinction ?

Para, car elle présente l’action comme simultanée au résultat
Por, car elle indique que le résultat précède l’action préparatoire
Para, car elle présente l’action comme achevée avant le résultat
Por, car elle présente l’action comme pouvant coïncider avec le résultat

Para, car elle présente l’action comme achevée avant le résultat

Explication

Para convient lorsque l’action préparatoire doit être terminée avant que le résultat apparaisse. Por correspond plutôt au cas où l’action et le résultat peuvent être simultanés, même si le point de vue du locuteur intervient aussi.

15. Dans quelle situation l’article ancien « el » pouvait-il précéder un nom féminin au XVIe siècle ?

Devant un nom féminin commençant par une voyelle atone, comme dans « el espada ».
Devant tout nom féminin, quelle que soit sa voyelle initiale, comme dans « el mujer ».
Devant un nom féminin commençant par une consonne, comme dans « el casa ».
Devant un nom féminin commençant par une voyelle accentuée, comme dans « el águila ».

Devant un nom féminin commençant par une voyelle atone, comme dans « el espada ».

Explication

Au XVIe siècle, « el » pouvait précéder un nom féminin commençant par une voyelle atone, surtout « a », comme dans « el espada ». Cette forme n’était pas une règle générale applicable à tous les noms féminins.

16. De quoi dépendait le choix entre tú, vos, vuestra merced et vuestra señoría dans l’espagnol classique ?

De l’âge, de la région d’origine et du métier des interlocuteurs
Du rang, de la différence de condition et des sentiments entre les interlocuteurs
Du temps verbal, du genre grammatical et du nombre des interlocuteurs
Du degré de formalité du sujet et de la longueur de la phrase

Du rang, de la différence de condition et des sentiments entre les interlocuteurs

Explication

Le choix des quatre traitements reflétait le rang, la condition relative et les sentiments entre interlocuteurs, et leurs variations pouvaient avoir une signification. L’âge ou la région ne sont pas les critères établis ici.

17. Dans « tu miedo », quelle ambiguïté pouvait exister au Siècle d’Or ?

La peur pouvait être ressentie par le possesseur ou être la peur qu’il inspire
La peur pouvait être attribuée à une personne ou à un objet inanimé
La peur pouvait être une émotion privée ou une règle imposée par autrui
La peur pouvait désigner une crainte future ou une crainte déjà disparue

La peur pouvait être ressentie par le possesseur ou être la peur qu’il inspire

Explication

Le possessif tu pouvait relier la peur au possesseur comme personne qui la ressent, ou comme personne qui l’inspire. L’opposition entre peur future et passée ne correspond pas à l’ambiguïté décrite.

18. Comment les deux-points et la virgule pouvaient-ils fonctionner dans les textes espagnols anciens ?

Les deux-points marquaient une pause proche d’un point, et la virgule évitait de séparer le verbe de son sujet.
Les deux-points signalaient une pause proche d’un point, et la virgule pouvait séparer le sujet du verbe.
Les deux-points introduisaient une citation, et la virgule séparait les propositions de même niveau.
Les deux-points indiquaient une pause brève, et la virgule reliait généralement le sujet à son verbe.

Les deux-points signalaient une pause proche d’un point, et la virgule pouvait séparer le sujet du verbe.

Explication

Dans ces textes, les deux-points pouvaient marquer une pause beaucoup plus longue qu’aujourd’hui, proche d’un point, tandis qu’une virgule pouvait séparer le sujet du verbe. L’usage de la virgule ne suivait donc pas nécessairement la convention moderne qui évite cette séparation.

19. Comment Vuestra Merced s’adressait-il à un inconnu de condition non inférieure dans l’espagnol classique ?

Avec un titre réservé aux nobles titrés, plutôt qu’avec un vouvoiement
Avec un tutoiement familier, plutôt qu’avec le titre « Votre Grâce »
Avec un vouvoiement simple, plutôt qu’avec le titre « Votre Grâce »
Avec un traitement destiné aux interlocuteurs de rang inférieur

Avec un vouvoiement simple, plutôt qu’avec le titre « Votre Grâce »

Explication

Vuestra Merced pouvait s’employer envers un inconnu sauf s’il était visiblement de condition inférieure, et correspondait à un vouvoiement simple. Le titre « Votre Grâce » n’est pas la traduction retenue pour ce traitement.

20. Quel changement de traitement pouvait exprimer une considération accrue envers l’interlocuteur ?

Passer de tu à Vuestra Merced, puis revenir à tu
Passer de Vuestra Merced à vos, ou de vos à tu
Passer de vos à tu, puis revenir à Vuestra Merced
Passer de tu à vos, ou de vos à Vuestra Merced

Passer de tu à vos, ou de vos à Vuestra Merced

Explication

Le mouvement vers un traitement plus élevé, de tu à vos ou de vos à Vuestra Merced, marquait la considération. Le changement inverse était méprisant, et non une marque de respect.

21. Quelle évolution caractérise le placement des pronoms compléments aux XVIe et XVIIe siècles ?

La langue généralise la proclise en début de phrase et supprime les enclitiques après le participe passé
La langue conserve l’enclise à chaque début de phrase et interdit la proclise avec le gérondif
La langue adopte le système moderne d’un seul coup et abandonne les placements anciens
La langue évolue vers le système moderne, tout en conservant certaines proclises inhabituelles et de rares enclitiques après un participe passé

La langue évolue vers le système moderne, tout en conservant certaines proclises inhabituelles et de rares enclitiques après un participe passé

Explication

La transition vers le système moderne est progressive, avec des proclises inhabituelles liées au gérondif, à l’infinitif et à l’impératif, ainsi que de rares enclitiques après un participe passé au XVIIe siècle. Une adoption immédiate du système moderne ne rend pas compte de ces survivances.

22. Quelle description rend compte de la concurrence entre les conjonctions adversatives en espagnol classique ?

Pero et todavía étaient en concurrence, tandis que mas exprimait « toutefois », avant le triomphe moderne de sino.
Mas et pero étaient en concurrence, tandis que pero et todavía pouvaient exprimer « toutefois » ou « cependant », avant le triomphe moderne de sino.
Mas et sino étaient en concurrence, tandis que todavía exprimait « parce que », avant le triomphe moderne de pero.
Sino et todavía étaient en concurrence, tandis que mas exprimait « cependant », avant le triomphe moderne de pero.

Mas et pero étaient en concurrence, tandis que pero et todavía pouvaient exprimer « toutefois » ou « cependant », avant le triomphe moderne de sino.

Explication

Mas et pero se concurrençaient, et pero comme todavía pouvait avoir le sens de « toutefois » ou « cependant » ; sino n’avait pas encore triomphé dans son emploi moderne. La confusion la plus plausible consiste à attribuer à mas le sens « toutefois », qui est rapporté ici pour pero et todavía.

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Quelle consonne affriquée caractérisait probablement la prononciation du Siècle d’Or ?

Une affriquée alvéolaire sourde réalisée [ts].

Quelle jota la prononciation du Siècle d’Or ne possédait-elle pas encore ?

La jota vélaire sourde.

Quelles oppositions les graphies anciennes conservaient-elles ?

Des oppositions de prononciation médiévales effacées au Siècle d’Or.

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