QCM : Ancien Régime et absolutisme royal (68 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une règle sociale est conçue pour continuer d’organiser la vie des personnes après la disparition de ses créateurs. Comment la qualifier ?

Une coutume familiale
Un État de droit
Une administration publique
Une institution

Une institution

Explication

Une institution est une forme d’organisation sociale destinée à durer au-delà de la vie de ses créateurs ou de ses destinataires, y compris dans la sphère privée. L’État de droit désigne un régime politique soumis au droit, l’administration publique est une structure de l’État, et la transmission héréditaire n’est pas le critère donné.

2. Dans un régime, le gouvernement doit respecter des règles de procédure, la séparation des pouvoirs et les droits individuels. De quel type de régime s’agit-il ?

Un État de droit
Une monarchie absolue
Un régime parlementaire
Un État centralisé

Un État de droit

Explication

L’État de droit soumet l’État et le pouvoir politique au droit, notamment par les procédures, la séparation des pouvoirs et la garantie des droits individuels. Un État centralisé concerne l’organisation territoriale du pouvoir, tandis que les deux autres notions ne définissent pas ce principe général.

3. Quelle période correspond à l’Ancien Régime étudié et à la transformation de la monarchie française en un État centralisé ?

De 1789 au XIXe siècle
Du XVIe siècle à 1789
Du XIIIe siècle à 1792
Du Xe siècle au XVIe siècle

Du XVIe siècle à 1789

Explication

La période étudiée s’étend du XVIe siècle à 1789 et se caractérise par la transformation de la monarchie en un État centralisé autour d’un gouvernement, d’un territoire et d’une population. Le Xe siècle renvoie à l’héritage médiéval de la société d’ordres, et les dates postérieures à 1789 dépassent la période indiquée.

4. Quelles composantes forment les trois ordres de la société d’Ancien Régime ?

Le clergé, la noblesse et le tiers état
La noblesse, les marchands et les officiers royaux
Le clergé, les seigneurs et le pouvoir royal
Ceux qui prient, ceux qui combattent et les magistrats

Le clergé, la noblesse et le tiers état

Explication

La société d’Ancien Régime est divisée en clergé, noblesse et tiers état, une structure héritée du Moyen Âge. Le pouvoir royal et les seigneurs ne remplacent pas l’un des trois ordres, et les fonctions ne sont pas les noms des groupes sociaux.

5. Dans une communauté d’Ancien Régime, un groupe assure le ministère religieux, un autre défend le royaume par les armes et le troisième produit les biens. Quelle répartition des fonctions correspond à la tripartition ?

Le clergé travaille, la noblesse prie et le tiers état combat
Le clergé prie, la noblesse travaille et le tiers état combat
Le clergé combat, la noblesse travaille et le tiers état prie
Le clergé prie, la noblesse combat et le tiers état travaille

Le clergé prie, la noblesse combat et le tiers état travaille

Explication

La tripartition est fonctionnelle : le clergé prie, la noblesse combat, tandis que le tiers état travaille et produit. Les autres répartitions déplacent les fonctions entre les ordres.

6. Un religieux vit dans un monastère selon une règle et se consacre notamment à la contemplation. À quelle catégorie du clergé appartient-il ?

À la noblesse religieuse
Au tiers état consacré
Au clergé régulier
Au clergé séculier

Au clergé régulier

Explication

Le clergé régulier vit selon une règle monastique et se consacre notamment à la contemplation. Le clergé séculier vit dans le siècle et assure le ministère religieux auprès de la population ; les deux autres catégories ne correspondent pas à cette distinction.

7. Une femme devient noble par son mariage, tandis qu’un homme est anobli par des lettres royales. Quel principe d’accès à la noblesse ces deux cas illustrent-ils ?

La noblesse s’acquiert par l’achat d’un office dans ces deux cas
La noblesse s’acquiert par naissance dans les deux cas
La noblesse s’acquiert par l’entrée dans le clergé
La noblesse peut s’acquérir par mariage ou anoblissement royal

La noblesse peut s’acquérir par mariage ou anoblissement royal

Explication

La noblesse s’acquiert principalement par naissance, mais elle peut aussi être obtenue par mariage pour les femmes ou par anoblissement royal au moyen de lettres. L’achat d’un office anoblissant constitue une autre voie, mais ne décrit pas les cas présentés.

8. Sous l’Ancien Régime, que désigne un privilège juridique ?

Une règle générale accordant les mêmes droits à tous
Une obligation particulière imposée à un groupe
Un impôt particulier prélevé sur une catégorie
Une loi particulière accordant des droits spécifiques à certains

Une loi particulière accordant des droits spécifiques à certains

Explication

Un privilège est une loi particulière qui accorde des droits spécifiques à une personne ou à un groupe, contrairement à une règle générale. La règle commune confond le privilège avec une loi générale, l’obligation inverse la nature du droit accordé, et l’impôt réduit à tort le privilège au domaine fiscal.

9. Un roi accorde à une corporation le droit d’exercer un métier et à une commune des prérogatives particulières. Quelle conclusion correspond à ces exemples ?

Des privilèges peuvent aussi bénéficier à des corporations et à des communes
Les prérogatives locales valent comme droits communs à tous
Les privilèges concernent les personnes mais pas les collectivités
Les privilèges restent réservés au clergé et à la noblesse

Des privilèges peuvent aussi bénéficier à des corporations et à des communes

Explication

Sous l’Ancien Régime, des privilèges peuvent être accordés au clergé et à la noblesse, mais aussi à des personnes, des communes ou des corporations. Réserver ces droits aux deux ordres néglige les autres bénéficiaires, exclure les collectivités écarte les communes et les corporations, et un privilège n’est pas un droit général commun à tous.

10. Dans une seigneurie héritée de la féodalité, quelle relation caractérise le seigneur et les terres de son fief ?

Le seigneur cède la terre en pleine propriété sans conserver de prérogative
Le seigneur détient des droits sur le fief et peut concéder la terre à des exploitants
Le seigneur exploite lui-même chaque terre sans autre droit associé
Le seigneur possède une terre dépourvue de droits fiscaux ou judiciaires

Le seigneur détient des droits sur le fief et peut concéder la terre à des exploitants

Explication

La seigneurie est une structure féodale où le seigneur détient des droits sur le fief, notamment fiscaux et judiciaires, et peut concéder la terre à des exploitants. L’exploitant simple confond les rôles, la propriété sans prérogatives omet les droits seigneuriaux, et la cession sans réserve nie le maintien de ces droits.

11. Un exploitant cultive une terre seigneuriale et en récolte les fruits, tandis que le seigneur conserve un droit supérieur sur cette terre. Comment qualifier ces deux droits ?

L’exploitant détient les fruits et le seigneur un droit de pâturage commun
L’exploitant détient la propriété utile et le seigneur la propriété éminente
L’exploitant détient un droit de justice et le seigneur un droit d’usage
L’exploitant détient la propriété éminente et le seigneur la propriété utile

L’exploitant détient la propriété utile et le seigneur la propriété éminente

Explication

La propriété utile est le droit de l’exploitant d’utiliser la terre et d’en recueillir les fruits ; la propriété éminente est le droit supérieur du seigneur. Inverser les deux notions attribue le droit supérieur à l’exploitant, tandis que la justice et le pâturage commun sont des notions distinctes.

12. Les habitants d’un village peuvent faire paître gratuitement leurs animaux sur une terre commune. De quel type de bien s’agit-il ?

Un communal accessible à l’usage des habitants
Une propriété individuelle partagée entre les habitants
Une terre privée réservée au seigneur
Une tenure roturière exploitée contre redevance

Un communal accessible à l’usage des habitants

Explication

Les communaux sont des terres ou des biens dont les habitants d’une ville ou d’un village peuvent faire usage gratuitement, notamment pour le pâturage. La tenure roturière implique une redevance, la terre privée réservée au seigneur ne relève pas de l’usage collectif, et un droit d’usage ne signifie pas que les habitants possèdent individuellement le bien.

13. À combien d’habitants environ la population française passe-t-elle entre la fin du XVIIe et la fin du XVIIIe siècle ?

D’environ 19 millions à 30 ou 31 millions
D’environ 19 millions à 25 ou 26 millions
D’environ 25 ou 26 millions à 19 millions
D’environ 15 millions à 25 ou 26 millions

D’environ 19 millions à 25 ou 26 millions

Explication

La population française passe d’environ 19 millions d’habitants à la fin du XVIIe siècle à 25 ou 26 millions à la fin du XVIIIe. L’inversion des chiffres confond les périodes, 30 ou 31 millions surestime l’effectif final, et 15 millions sous-estime l’effectif initial.

14. Quel changement caractérise l’économie française au XVIIIe siècle ?

Les richesses progressent, les manufactures se développent et des techniques financières venues notamment des Provinces-Unies et d’Angleterre se diffusent
Les richesses stagnent, les manufactures se développent et des techniques financières venues notamment des Provinces-Unies et d’Angleterre se diffusent
Les richesses progressent, les manufactures reculent et des techniques financières venues notamment des Provinces-Unies et d’Angleterre se diffusent
Les richesses progressent, les manufactures se développent et des techniques financières venues notamment d’Espagne et du Portugal se diffusent

Les richesses progressent, les manufactures se développent et des techniques financières venues notamment des Provinces-Unies et d’Angleterre se diffusent

Explication

Au XVIIIe siècle, la production de richesses et les manufactures progressent, tandis que se diffusent des techniques financières notamment venues des Provinces-Unies et d’Angleterre. Le recul des manufactures inverse la tendance, l’Espagne et le Portugal remplacent les régions citées, et la stagnation contredit la progression des richesses.

15. Entre 1771 et 1789, une famille constate que le coût de la vie a augmenté de 45 %. À quelle période correspond cette hausse ?

À la période 1785-1789
À l’ensemble de la période 1771-1789
À la hausse de 85 % du prix du bois
À la hausse de 66 % du prix du blé

À l’ensemble de la période 1771-1789

Explication

La hausse de 45 % concerne le coût de la vie entre 1771 et 1789. La hausse de 62 % du coût de la vie et celles des prix du bois et du blé se rapportent à la période plus courte de 1785 à 1789.

16. Dans un ménage populaire, quelle part du budget est consacrée au pain en 1789 ?

85 %
62 %
58 %
88 %

88 %

Explication

En 1789, le pain représente 88 % du budget d’un ménage populaire. La proportion de 58 % correspond à la veille de la Révolution, tandis que 62 % est la hausse du coût de la vie entre 1785 et 1789 et 85 % celle du prix du bois.

17. Face à l’ascension de la bourgeoisie à la fin du XVIIIe siècle, quelle attitude adopte la noblesse dans le cadre de la réaction nobiliaire ?

Elle se replie sur ses privilèges et cherche à limiter les voies d’élévation sociale
Elle égalise les conditions d’accès aux fonctions entre les ordres
Elle ouvre ses positions et facilite l’élévation sociale des bourgeois
Elle réaffirme les droits seigneuriaux sur les terres et les biens communaux

Elle se replie sur ses privilèges et cherche à limiter les voies d’élévation sociale

Explication

La réaction nobiliaire consiste à défendre les privilèges de la noblesse et à restreindre les possibilités d’ascension sociale face à la bourgeoisie. L’ouverture des positions et l’égalisation inversent cette logique, tandis que la réaffirmation des droits seigneuriaux relève de la réaction seigneuriale.

18. Un bourgeois veut acheter un office anoblissant, mais on lui demande de prouver que quatre générations de sa famille étaient nobles. Quelle exigence lui est imposée ?

Justifier de quatre quartiers de noblesse
Justifier d’un titre militaire royal
Justifier de deux quartiers de noblesse
Justifier d’une appartenance au haut clergé

Justifier de quatre quartiers de noblesse

Explication

Les quatre quartiers de noblesse désignent la preuve de quatre générations nobles, exigée dans certains cas pour accéder à un office anoblissant. Deux quartiers réduisent cette exigence, un titre militaire concerne une autre condition, et l’appartenance au haut clergé ne correspond pas à cette preuve généalogique.

19. En 1781, un candidat souhaite accéder à un office militaire. Quelle condition l’édit de Ségur lui impose-t-il ?

Être placé dans une haute fonction ecclésiastique
Prouver deux quartiers de noblesse
Acheter un office anoblissant
Prouver quatre quartiers de noblesse

Prouver quatre quartiers de noblesse

Explication

L’édit de Ségur, en 1781, impose de justifier de quatre quartiers de noblesse pour accéder aux offices militaires. Deux quartiers abaissent le seuil, l’achat d’un office concerne une autre voie d’accès, et le placement ecclésiastique relève d’une autre manifestation de la réaction nobiliaire.

20. Un seigneur rachète des terres communales et remet en vigueur des droits seigneuriaux tombés en désuétude. Comment qualifier cette démarche ?

Un droit d’usage communal
Une réaction nobiliaire
Une réaction seigneuriale
Une mise en commun des terres

Une réaction seigneuriale

Explication

La réaction seigneuriale réaffirme les droits seigneuriaux, notamment par le rachat de biens communaux et la remise en vigueur de droits délaissés. La réaction nobiliaire vise plutôt la défense des privilèges et l’accès aux fonctions, tandis que le droit d’usage communal désigne l’utilisation collective des biens.

21. Sous l’Ancien Régime, quelle source régit principalement le droit privé, largement soustrait à la législation monarchique ?

Les décisions des assemblées provinciales
Les coutumes
La législation monarchique
Le droit romain écrit

Les coutumes

Explication

Le droit privé échappe largement à la législation monarchique et relève principalement des coutumes. La législation monarchique est la source que le droit privé contourne largement, les assemblées provinciales relèvent de l’organisation territoriale, et le droit romain écrit caractérise surtout le sud.

22. Dans une province coutumière de l’Ancien Régime, quelle source faut-il consulter pour déterminer les règles applicables à un héritage et à un régime matrimonial ?

Les coutumes locales
Les tarifs douaniers royaux
Les seuls droits seigneuriaux
La législation monarchique

Les coutumes locales

Explication

Les coutumes régissent notamment les régimes matrimoniaux et les successions, ainsi que la propriété et les droits seigneuriaux. Les tarifs douaniers concernent les échanges, les seuls droits seigneuriaux réduisent indûment leur champ, et la législation monarchique n’est pas la source principale de ces règles privées.

23. Une affaire privée est examinée dans le sud du royaume, où les règles coutumières locales ne précisent pas clairement la solution. Quelle tradition juridique caractérise cette région ?

Le droit seigneurial, tradition propre au sud
Les coutumes, source principale du droit privé
Le droit écrit, marqué par le droit romain
Les ordonnances royales, tradition juridique dominante

Le droit écrit, marqué par le droit romain

Explication

Le sud est un pays de droit écrit marqué par le droit romain, auquel on pouvait se référer pour les cas complexes non prévus explicitement. La prépondérance des coutumes caractérise le nord, tandis que les ordonnances royales et le droit seigneurial ne définissent pas cette distinction régionale.

24. Dans une succession relevant d’un pays coutumier du nord, quelle configuration correspond le mieux aux caractéristiques familiales de cette région ?

Le chef de famille exerce une autorité plus forte et la femme dispose d’une place plus autonome
Le patrimoine immobilier relève davantage de la communauté familiale et la femme dispose d’une place plus autonome
Le chef de famille exerce une autorité plus forte et bénéficie d’une liberté testamentaire plus grande
Le patrimoine immobilier relève davantage de la communauté familiale et le chef de famille dispose d’une liberté testamentaire plus grande

Le patrimoine immobilier relève davantage de la communauté familiale et la femme dispose d’une place plus autonome

Explication

Dans les pays coutumiers du nord, le patrimoine immobilier relève davantage de la communauté familiale et la femme bénéficie d’une place plus autonome. L’autorité renforcée du chef de famille et sa plus grande liberté testamentaire caractérisent le sud; les deux autres réponses mêlent des traits des régions.

25. Dans une province anciennement rattachée à la couronne, les agents royaux appliquent directement la fiscalité royale. De quel type de pays s’agit-il ?

Un pays d’élection
Un pays d’imposition
Une province réputée étrangère
Un pays d’État

Un pays d’élection

Explication

Les pays d’élection sont anciennement rattachés à la couronne; l’autorité royale y est directe et ses agents mettent en œuvre la fiscalité. Les pays d’imposition sont récemment conquis, les pays d’État disposent d’assemblées provinciales, et le statut douanier de province réputée étrangère ne définit pas cette catégorie.

26. Une province récemment conquise est placée sous une forte présence militaire et une tutelle fiscale importante. Quelle catégorie lui correspond ?

Un pays d’élection
Un pays d’État
Une province réputée étrangère
Un pays d’imposition

Un pays d’imposition

Explication

Les pays d’imposition, récemment conquis, sont soumis à une forte autorité militaire et à une importante tutelle fiscale. Les pays d’élection sont anciennement rattachés, les pays d’État disposent d’une autonomie et d’assemblées, tandis que le statut de province réputée étrangère concerne les douanes.

27. Dans une province, une assemblée représentant les trois ordres décide d’une partie de la fiscalité et exerce des prérogatives administratives. Quelle organisation territoriale décrit cette situation ?

Un pays d’imposition
Un pays d’élection
Une province réputée étrangère
Un pays d’État

Un pays d’État

Explication

Les pays d’État disposent d’assemblées provinciales représentant les trois ordres, qui décident d’une partie de la fiscalité et exercent des prérogatives administratives. Les pays d’élection reposent sur l’action directe des agents royaux, les pays d’imposition sur une tutelle forte, et le statut douanier autonome ne suffit pas à définir un pays d’État.

28. Une marchandise passe d’une province de la zone des Cinq Grosses Fermes à la Bretagne. Quelle comparaison des règles douanières s’applique ?

Autonomie douanière dans les Cinq Grosses Fermes; tarifs fixés par le roi en Bretagne
Tarifs fixés par le roi dans les Cinq Grosses Fermes; autonomie douanière en Bretagne
Tarifs fixés par le roi dans les deux provinces
Autonomie douanière dans les deux provinces

Tarifs fixés par le roi dans les Cinq Grosses Fermes; autonomie douanière en Bretagne

Explication

Dans la province des Cinq Grosses Fermes, le roi fixe les tarifs douaniers, tandis que la Bretagne figure parmi les provinces réputées étrangères, autonomes en matière douanière. Les autres réponses inversent ces statuts ou effacent la différence entre les deux zones.

29. Au XIIe siècle, un roi affirme qu’il est le seigneur de tous les seigneurs, mais ne revendique pas encore l’indépendance de son pouvoir à l’égard du pape et des grands seigneurs. Quelle notion exprime cette affirmation ?

L’État monarchique
L’absolutisme
La suzeraineté
La souveraineté

La suzeraineté

Explication

La suzeraineté place le roi au sommet de la hiérarchie des seigneurs, tandis que la souveraineté désigne l’indépendance du pouvoir royal. La souveraineté renvoie donc à une notion apparue plus tard, et l’État monarchique comme l’absolutisme désignent d’autres réalités.

30. Un royaume possède une administration étendue, lève des impôts permanents, frappe sa propre monnaie et exerce une autorité judiciaire. Quelle forme de pouvoir ces caractéristiques décrivent-elles ?

Un gouvernement absolutiste
Une suzeraineté féodale
Une souveraineté extérieure
Un État monarchique

Un État monarchique

Explication

L’État monarchique se caractérise par une administration étendue, des impôts permanents, une monnaie propre et une autorité judiciaire. La suzeraineté décrit une hiérarchie seigneuriale, la souveraineté l’indépendance du pouvoir et l’absolutisme la détention théorique du pouvoir par le gouvernant seul.

31. Quelle définition correspond à l’absolutisme comme forme de gouvernement ?

Le pouvoir royal est indépendant des puissances extérieures et intérieures
L’administration royale perçoit des impôts et exerce la justice
Le gouvernant détient théoriquement seul le pouvoir
Le roi se situe au sommet de la hiérarchie des seigneurs

Le gouvernant détient théoriquement seul le pouvoir

Explication

L’absolutisme désigne une forme de gouvernement où le gouvernant détient théoriquement seul le pouvoir. Le sommet de la hiérarchie relève de la suzeraineté, l’indépendance relève de la souveraineté, et les institutions administratives caractérisent l’État monarchique.

32. Quel auteur définit dans *Les six livres de la république* la souveraineté comme la puissance de commander et de contraindre sans être commandé ni contraint par quiconque sur terre ?

Un monarchomaque
François Ier
Bossuet
Jean Bodin

Jean Bodin

Explication

Jean Bodin formule cette définition de la souveraineté dans *Les six livres de la république*. Bossuet défend le droit divin du roi, les monarchomaques contestent les fondements du pouvoir royal et François Ier est associé au Concordat de Bologne.

33. Un souverain doit désigner un haut administrateur, trancher une affaire en dernier ressort, accorder une grâce et décider d’une guerre. Ces décisions relèvent-elles de ses pouvoirs propres ?

Oui, mais elles relèvent des lois fondamentales du royaume
Oui, elles font partie des prérogatives du souverain
Non, elles sont transmises au peuple par les monarchomaques
Non, elles relèvent du droit divin plutôt que du roi

Oui, elles font partie des prérogatives du souverain

Explication

La nomination des hauts administrateurs, la justice en dernier ressort, le droit de grâce et la décision de guerre et de paix sont des pouvoirs propres au souverain. Les règles de succession sont des lois fondamentales, tandis que le droit divin encadre le roi sans constituer cette liste de prérogatives.

34. Un roi affirme qu’il n’a de comptes à rendre à aucune autorité humaine. Quelle limite à son pouvoir demeure néanmoins selon la conception du droit divin ?

Il doit céder la couronne à l’aîné, quelle que soit sa religion
Il doit se conformer à la religion chrétienne et ne répond qu’à Dieu
Il doit suivre les décisions du peuple et peut être révoqué par lui
Il doit obtenir l’autorisation du pape pour exercer ses pouvoirs temporels

Il doit se conformer à la religion chrétienne et ne répond qu’à Dieu

Explication

Le roi est soumis au droit divin, doit se conformer à la religion chrétienne et ne rend compte qu’à Dieu. La responsabilité devant le peuple correspond aux monarchomaques, tandis que l’hérédité et la primogéniture sont des règles distinctes de succession.

35. À la mort d’un roi, un conseiller propose de choisir comme successeur le fils de sa fille aînée, bien qu’un fils cadet du roi soit vivant. Quel principe des lois fondamentales s’oppose directement à cette proposition ?

La catholicité, qui réserve la couronne à un membre du clergé
L’indisponibilité, qui laisse au roi le choix de son successeur
La masculinité, qui exclut la transmission par les femmes
La primogéniture, qui favorise l’aîné de la génération suivante

La masculinité, qui exclut la transmission par les femmes

Explication

La règle de masculinité exclut la transmission de la vocation à la couronne par les femmes, ce qui écarte le fils de la fille du roi. La primogéniture ne supprime pas cette règle, et l’indisponibilité interdit au roi de choisir librement son successeur.

36. Dans un débat, un penseur soutient que Dieu remet le pouvoir au peuple, qui le transmet au roi et peut le lui retirer s’il ne respecte pas le bien commun. Comment cette position se distingue-t-elle de celle de Bossuet ?

Elle correspond aux monarchomaques, tandis que Bossuet fait recevoir directement le pouvoir du roi de Dieu
Elle correspond aux lois fondamentales, tandis que Bossuet fait dépendre le roi du bien commun
Elle correspond à Bossuet, tandis que les monarchomaques font recevoir directement le pouvoir du roi de Dieu
Elle correspond au gallicanisme, tandis que Bossuet fait transmettre le pouvoir royal par le pape

Elle correspond aux monarchomaques, tandis que Bossuet fait recevoir directement le pouvoir du roi de Dieu

Explication

Les monarchomaques font du peuple l’intermédiaire entre Dieu et le roi et lui reconnaissent la possibilité de retirer le pouvoir au nom du bien commun. Bossuet défend au contraire une transmission directe du pouvoir de Dieu au roi.

37. Quelle idée la formule de Loysel « Si veut le roi si veut la loi » exprime-t-elle au sujet de la loi royale ?

Elle exprime la volonté du conseil et manifeste l’intérêt général du royaume.
Elle exprime la volonté du roi et manifeste l’intérêt général du royaume.
Elle exprime l’accord des parlements et manifeste l’intérêt général du royaume.
Elle exprime une décision individuelle du roi sans portée pour le royaume.

Elle exprime la volonté du roi et manifeste l’intérêt général du royaume.

Explication

La loi royale est présentée à la fois comme l’expression de la volonté du roi et comme une manifestation de l’intérêt général du royaume. L’accord des parlements, la portée individuelle et l’attribution au conseil ne correspondent pas à cette formule.

38. Un acte royal non ouvert au public nomme un administrateur et produit un effet individuel. De quel type d’acte s’agit-il ?

Une lettre close
Une lettre patente
Une ordonnance
Une déclaration royale

Une lettre close

Explication

Les lettres closes ne sont pas ouvertes au public et ont un effet individuel, comme la nomination d’un administrateur. Les lettres patentes rendent les décisions publiques, les ordonnances traitent diverses matières et les déclarations précisent souvent un autre texte.

39. Une loi royale a été scellée et envoyée à un parlement, qui l’enregistre le 12 mai. À partir de quelle date entre-t-elle en vigueur dans le ressort de ce parlement ?

À la date de son envoi au parlement concerné
À la date de son scellement par la chancellerie
À une date unique fixée pour tous les ressorts
Le 12 mai, date de son enregistrement dans ce ressort

Le 12 mai, date de son enregistrement dans ce ressort

Explication

Après le scellement par la chancellerie, la loi est envoyée aux parlements et entre en vigueur dans chaque ressort à la date de son enregistrement. Le scellement et l’envoi sont des étapes antérieures, tandis que les dates peuvent différer selon les parlements.

40. Un roi estime qu’une juridiction inférieure a rendu une décision qu’il faut réexaminer. Quelle prérogative peut-il exercer ?

Transmettre l’affaire au parlement pour un appel ordinaire
Casser la décision ou évoquer l’affaire pour la juger ou la renvoyer
Déléguer l’affaire aux juridictions royales sans intervenir lui-même
Enregistrer la décision comme une loi dans le ressort du parlement

Casser la décision ou évoquer l’affaire pour la juger ou la renvoyer

Explication

Le roi peut casser une décision d’une juridiction inférieure ou évoquer une affaire afin de la juger lui-même ou de la renvoyer à d’autres juges. L’enregistrement concerne les lois, et l’appel ordinaire ne décrit pas cette prérogative royale.

41. Le budget de l’État atteint 228 millions de livres au début du XVIIIe siècle. Quelle évolution par rapport au milieu du XVIIe siècle cela révèle-t-il ?

Il a plus que doublé, passant de 100 à 228 millions de livres.
Il est passé de 228 à 100 millions de livres.
Il a atteint 630 millions de livres au début du XVIIIe siècle.
Il a augmenté de 20 à 100 millions de livres.

Il a plus que doublé, passant de 100 à 228 millions de livres.

Explication

Le budget passe de 100 millions de livres au milieu du XVIIe siècle à 228 millions au début du XVIIIe siècle, soit plus du double. Les montants de 20 et 630 millions correspondent respectivement au début du XVIIe siècle et à la veille de la Révolution.

42. Dans un royaume où les privilégiés bénéficient de nombreuses exemptions fiscales, quelle conséquence touche le rendement de l’impôt et la répartition de la charge ?

Le rendement fiscal est renforcé et le tiers état supporte l’essentiel de la charge.
Le rendement fiscal est affaibli et les emprunts supportent l’essentiel de la charge.
Le rendement fiscal est affaibli et le tiers état supporte l’essentiel de la charge.
Le rendement fiscal est affaibli et les privilégiés supportent l’essentiel de la charge.

Le rendement fiscal est affaibli et le tiers état supporte l’essentiel de la charge.

Explication

Les exemptions des privilégiés diminuent le rendement fiscal, tandis que la majorité de la charge repose sur le tiers état. L’exemption ne renforce pas les recettes et ne déplace pas la charge principale vers les privilégiés ou les emprunts.

43. À la veille de la Révolution française, un budget de 400 millions de livres est étudié. Quel montant approximatif correspond au service de la dette, qui en représente environ la moitié ?

Environ 200 millions de livres
Environ 100 millions de livres
Environ 40 millions de livres
Environ 400 millions de livres

Environ 200 millions de livres

Explication

Le service de la dette représente environ 50 % du budget : la moitié de 400 millions est 200 millions. Les montants de 100, 400 et 40 millions correspondent respectivement au quart, à la totalité et au dixième.

44. Lorsqu’ils contestent une nouvelle loi fiscale, sur quel principe les parlements peuvent-ils s’appuyer en se présentant comme gardiens des lois fondamentales ?

Tout nouvel impôt doit être approuvé par les parlements du royaume.
Les magistrats doivent être nommés par les états généraux.
Le roi peut fixer tout nouvel impôt sans approbation.
Tout nouvel impôt doit être approuvé par les états généraux.

Tout nouvel impôt doit être approuvé par les états généraux.

Explication

Les parlements se réclament notamment de la nécessité de faire approuver tout nouvel impôt par les états généraux. Leur revendication ne donne pas aux parlements eux-mêmes le pouvoir d’approuver les impôts; elle ne porte pas non plus sur la nomination des magistrats ni sur une liberté fiscale royale.

45. Quelle caractéristique décrit le mieux les Lumières en Europe ?

Un courant homogène centré en France pendant toute sa durée
Un mouvement limité au XVIIe siècle et à ses premières décennies
Un mouvement hétérogène dont le centre change au fil du temps
Une école européenne unifiée autour d’un centre permanent

Un mouvement hétérogène dont le centre change au fil du temps

Explication

Les Lumières forment un mouvement hétérogène qui s’étend du milieu du XVIIe au XVIIIe siècle, et son centre varie selon les périodes. Le courant français réduit la diversité géographique, le XVIIe siècle seul raccourcit la période et le centre permanent nie son déplacement.

46. Une philosophe étudie une institution politique en comparant des observations, en formulant des raisonnements logiques et en utilisant des outils mathématiques. Quelle démarche applique-t-elle ?

Le recours aux croyances religieuses pour expliquer l’organisation sociale
La limitation des méthodes scientifiques aux phénomènes naturels
L’extension à la société des méthodes d’examen de la nature
L’application à la politique des seules traditions institutionnelles

L’extension à la société des méthodes d’examen de la nature

Explication

Les penseurs des Lumières étendent à la société et à la politique l’examen de la nature fondé sur l’expérimentation, la logique et les mathématiques. Limiter ces méthodes à la nature manque leur extension, tandis que tradition et autorité religieuse ne correspondent pas à cette démarche.

47. Dans une société marquée par plusieurs confessions qui revendiquent chacune la vérité, quel principe les penseurs des Lumières cherchent-ils comme règle commune de conduite ?

La doctrine de la confession religieuse majoritaire
La juxtaposition des croyances sans règle commune
La raison, indépendante des croyances particulières
La tradition politique issue des guerres de religion

La raison, indépendante des croyances particulières

Explication

La pluralité religieuse rend nécessaire une règle de conduite commune qui ne dépende pas des croyances de chacun : les penseurs la cherchent dans la raison. La confession majoritaire réintroduirait une croyance particulière, et la juxtaposition ou la tradition ne fournit pas le principe rationnel commun recherché.

48. Quelle formule résume le changement intellectuel en France entre 1680 et 1715 attribué à P. Hazard ?

En 1680, la France pense comme Bossuet ; en 1715, comme Locke
En 1680, la France pense comme Locke ; en 1715, comme Voltaire
En 1680, la France pense comme Voltaire ; en 1715, comme Bossuet
En 1680, la France pense comme Bossuet ; en 1715, comme Voltaire

En 1680, la France pense comme Bossuet ; en 1715, comme Voltaire

Explication

P. Hazard oppose la France qui pense comme Bossuet en 1680 à celle qui pense comme Voltaire en 1715, pour marquer un changement intellectuel. Inverser les deux noms renverse sa formule, tandis que Locke ne remplace aucun des deux dans cette attribution.

49. Une personne affirme que, chez Locke, son travail lui permet d’étendre à une récolte la propriété dont elle dispose déjà sur son corps. Quelle idée justifie cette affirmation ?

La propriété naît d’abord de la subsistance garantie par autrui
La propriété découle d’un accès égal aux ressources naturelles
La propriété du corps s’étend par le travail
La propriété personnelle dépend d’une concession de l’État

La propriété du corps s’étend par le travail

Explication

Pour Locke, l’homme est propriétaire de son corps et étend cette propriété par son travail. La subsistance collective et l’égalité d’accès aux ressources renvoient à Morelly, tandis que l’idée d’une concession étatique contredit le caractère naturel de ce droit chez Locke.

50. Une communauté politique est créée par une convention entre des personnes et envisage ensuite de modifier ses institutions. Quelle conception du contrat social rend cette réforme possible ?

Une loi naturelle qui rend l’État antérieur aux hommes
Un accord fondateur qui institue une société réformable
Un mandat immuable par lequel le peuple délègue son pouvoir
Une institution innée qui ne peut être transformée par convention

Un accord fondateur qui institue une société réformable

Explication

Le contrat social est une convention par laquelle les hommes forment la société ou l’État ; ceux-ci sont donc des créations humaines et peuvent être réformés. L’origine naturelle ou innée nie cette convention, et la conception d’un mandat immuable ne définit pas le contrat social.

51. Des gouvernants portent atteinte aux droits naturels qu’ils devaient protéger, notamment à la propriété. Quelle conséquence découle du contrat social selon Locke ?

Leur pouvoir demeure légitime malgré l’atteinte aux droits
La souveraineté populaire fonde directement leur remplacement
La violation appelle une réforme sans renversement possible
Leur violation du contrat autorise leur renversement

Leur violation du contrat autorise leur renversement

Explication

Chez Locke, le contrat social vise à garantir les droits naturels ; si les gouvernants le violent, leur renversement est autorisé. L’idée d’un pouvoir maintenu malgré la violation nie cette conséquence, et la souveraineté populaire est ici une confusion avec Rousseau.

52. Dans une cité inspirée par Rousseau, les citoyens participent à l’édiction des lois, puis y obéissent. Qui reste souverain selon ce modèle ?

Le législateur, qui détient la souveraineté après le vote des lois
Le peuple, qui édicte les lois auxquelles les citoyens obéissent
Le monarque, qui impose les lois auxquelles les citoyens obéissent
Le gouvernant, qui reçoit un mandat pour édicter les lois

Le peuple, qui édicte les lois auxquelles les citoyens obéissent

Explication

Pour Rousseau, le peuple demeure souverain en édictant les lois, et chaque citoyen obéit à une loi à laquelle il a participé. Le monarque ou le gouvernant comme souverain sépare le pouvoir des citoyens, et le législateur ne se substitue pas au peuple souverain.

53. Quel penseur formule la théorie de la séparation des pouvoirs dans le Traité du gouvernement civil, ensuite popularisée en France par Montesquieu ?

John Locke
Voltaire
Montesquieu
Jean-Jacques Rousseau

John Locke

Explication

John Locke théorise la séparation des pouvoirs dans le Traité du gouvernement civil, puis Montesquieu popularise cette idée en France. Attribuer l’origine à Montesquieu confond théorisation et popularisation ; Rousseau et Voltaire ne sont pas les auteurs désignés ici.

54. Un historien compare les règles de plusieurs sociétés et constate qu’elles diffèrent selon les lieux. Quelle interprétation correspond à la thèse de Montesquieu dans De l’esprit des lois ?

Les législations découlent de principes abstraits qui valent de façon identique partout.
Les législations reflètent principalement les choix personnels des dirigeants en place.
Les législations correspondent aux besoins des peuples et peuvent varier selon les sociétés.
Les législations varient surtout selon la répartition des pouvoirs entre institutions.

Les législations correspondent aux besoins des peuples et peuvent varier selon les sociétés.

Explication

Montesquieu compare les législations et soutient qu’elles répondent aux besoins des peuples, ce qui explique leur variation selon les lieux et les sociétés. Les principes uniformes effacent cette diversité, les seuls choix des dirigeants réduisent son explication, et la répartition institutionnelle renvoie à un autre aspect de sa pensée.

55. Une personne estime être libre parce qu’elle peut agir dans les limites fixées par les lois et qu’elle se sent en sûreté. Quelle conception de la liberté politique exprime-t-elle ?

La possibilité de participer aux élections, indépendamment de la sûreté individuelle.
La possibilité d’être protégé matériellement, même si les lois limitent toute action.
La possibilité de faire ce que les lois permettent, liée à la sûreté ressentie.
La possibilité d’agir sans lois, quels que soient les effets sur autrui.

La possibilité de faire ce que les lois permettent, liée à la sûreté ressentie.

Explication

Pour Montesquieu, la liberté politique consiste à pouvoir faire ce que les lois permettent et dépend de la sûreté ressentie par chacun. L’absence de lois confond liberté et arbitraire, le vote ne définit pas cette notion, et la protection matérielle ne suffit pas à en rendre compte.

56. Dans un régime fictif, une institution peut empêcher une autre d’abuser de ses prérogatives. Quelle organisation des pouvoirs s’accorde avec la solution de Montesquieu ?

Distinguer l’exécutif, le législatif et le judiciaire afin que le pouvoir arrête le pouvoir.
Distinguer l’exécutif, le législatif et le pouvoir fédératif chargé des relations extérieures.
Réunir l’exécutif, le législatif et le judiciaire sous une même autorité centrale.
Distinguer les trois fonctions sans leur permettre de se limiter mutuellement.

Distinguer l’exécutif, le législatif et le judiciaire afin que le pouvoir arrête le pouvoir.

Explication

Montesquieu distingue les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et veut que le pouvoir arrête le pouvoir pour prévenir les abus. Leur réunion sous une seule autorité favorise la concentration, l’absence de contrôle écarte les contrepoids, et le pouvoir fédératif appartient à la distinction proposée par Locke.

57. Un projet économique veut confier la conduite de la production agricole aux personnes qui cultivent effectivement les terres. Quel groupe correspond aux exploitants privilégiés par les physiocrates ?

Les négociants qui organisent le commerce extérieur.
Les cultivateurs qui exploitent les terres.
Les artisans réunis dans les corporations de métier.
Les seigneurs qui détiennent des titres fonciers.

Les cultivateurs qui exploitent les terres.

Explication

Les physiocrates placent l’agriculture au centre de l’économie et jugent les cultivateurs les mieux placés pour favoriser la prospérité. Les seigneurs sont précisément à distinguer des exploitants, les corporations concernent les métiers, et le commerce n’est pas le secteur placé au centre de leur conception.

58. Un gouvernement souhaite appliquer le programme commercial des physiocrates. Quelle mesure associerait correctement leurs principales revendications ?

Maintenir les tarifs douaniers et supprimer les corporations de métier.
Abolir les tarifs douaniers et conserver les monopoles des corporations.
Restreindre les échanges et renforcer l’encadrement corporatif des métiers.
Libéraliser le commerce, abolir les tarifs douaniers et supprimer les corporations.

Libéraliser le commerce, abolir les tarifs douaniers et supprimer les corporations.

Explication

Les physiocrates défendent la liberté du commerce, l’abolition des tarifs douaniers et la suppression des corporations, considérées comme des corps de métier monopolistiques. Maintenir les tarifs omet une revendication, préserver les monopoles contredit la suppression des corporations, et renforcer les restrictions s’oppose à leur programme.

59. Dans une affaire où une personne est accusée d’avoir offensé Dieu, quelle distinction Voltaire établit-il entre religion et droit ?

La religion sanctionne les troubles à l’ordre public, tandis que le droit protège les croyances.
La religion et le droit sanctionnent ensemble toute offense faite à Dieu.
Le droit sanctionne l’offense à Dieu, tandis que la religion règle les troubles à l’ordre public.
La religion concerne l’offense à Dieu, tandis que le droit sanctionne le trouble à l’ordre public.

La religion concerne l’offense à Dieu, tandis que le droit sanctionne le trouble à l’ordre public.

Explication

Pour Voltaire, les offenses contre Dieu relèvent de la religion, tandis que le droit doit viser le trouble à l’ordre public. Confondre croyance et trouble public déplace le motif de sanction ; confier au droit l’offense religieuse inverse sa distinction ; attribuer à la religion la sanction des troubles publics inverse aussi les domaines.

60. Un réformateur veut que les peines préviennent les crimes et servent la société, sans devenir un spectacle destiné à satisfaire la vengeance. Quelle conception de la justice pénale reprend-il ?

Une justice visant la publicité des supplices et l’intimidation par la cruauté.
Une justice visant la vengeance sociale et l’exemplarité du spectacle pénal.
Une justice visant la rétribution du coupable et la satisfaction des victimes.
Une justice visant l’utilité commune, la prévention et la dissuasion des crimes.

Une justice visant l’utilité commune, la prévention et la dissuasion des crimes.

Explication

Beccaria assigne à la justice pénale l’utilité commune, notamment par la prévention et la dissuasion, plutôt que la vengeance ou le spectacle. La vengeance sociale confond l’utilité avec la rétribution ; le spectacle public reprend précisément la finalité qu’il rejette ; la cruauté ne constitue pas son principe de réforme.

61. Un juge reçoit une affaire dont la loi ne prévoit ni le délit ni la peine. Quelle conduite respecte le principe de légalité défendu par Beccaria ?

Créer une peine proportionnée en fonction de son appréciation de l’affaire.
Ne pas inventer de peine et s’en tenir aux sanctions prévues par la loi.
Suivre la coutume judiciaire même si aucune loi ne fixe la peine.
Appliquer par analogie la peine prévue pour un délit voisin.

Ne pas inventer de peine et s’en tenir aux sanctions prévues par la loi.

Explication

Le principe de légalité exige que délits et peines soient prévus par la loi, et que le juge applique celle-ci afin de limiter l’arbitraire. Créer une peine réintroduit l’appréciation du juge ; l’analogie étend une peine non prévue pour ce délit ; la coutume ne remplace pas la loi pénale.

62. Quelle combinaison d’arguments Beccaria oppose-t-il à la peine de mort ?

Elle n’empêche pas définitivement les crimes, peut tuer un innocent et habitue à la cruauté.
Elle prévient les récidives, mais peut frapper un innocent et réduire la cruauté collective.
Elle ne dissuade pas les crimes, mais l’erreur judiciaire reste sans effet sur sa légitimité.
Elle supprime durablement les crimes, protège contre l’erreur et renforce la modération sociale.

Elle n’empêche pas définitivement les crimes, peut tuer un innocent et habitue à la cruauté.

Explication

Beccaria critique la peine de mort parce qu’elle ne fait pas définitivement cesser les crimes, expose à l’exécution d’un innocent et habitue la société à la cruauté. La suppression durable des crimes lui attribue une efficacité qu’il nie ; la réduction de la cruauté inverse son argument ; minimiser l’erreur judiciaire néglige un motif central de son opposition.

63. En septembre 1774, Turgot cherche à libéraliser le commerce des céréales dans le royaume. Quelle mesure prend-il ?

Autoriser la circulation intérieure des céréales et l’importation de céréales étrangères.
Autoriser les importations étrangères tout en contrôlant les échanges entre provinces.
Réserver la circulation intérieure aux céréales du royaume et interdire les importations.
Interdire les importations étrangères et fixer les prix des céréales dans le royaume.

Autoriser la circulation intérieure des céréales et l’importation de céréales étrangères.

Explication

En septembre 1774, Turgot autorise à la fois la libre circulation des céréales dans le royaume et leur importation depuis l’étranger. Réserver le commerce intérieur aux céréales nationales supprime la liberté visée ; autoriser les importations tout en contrôlant la circulation intérieure omet l’autre volet ; interdire les importations contredit la mesure.

64. Pour favoriser la liberté d’entreprendre et du commerce, quelle mesure Turgot fait-il adopter par l’édit de février 1776 ?

La création d’un impôt foncier unique payé par tous les ordres.
La suppression des douanes et tarifs sur les céréales.
La suppression des assemblées administratives provinciales.
La suppression des corporations.

La suppression des corporations.

Explication

L’édit de février 1776 supprime les corporations afin de favoriser la liberté d’entreprendre et du commerce. Les assemblées administratives relèvent d’un autre projet ; la suppression des tarifs céréaliers concerne la circulation des grains ; l’impôt foncier unique appartient également au projet de réforme administrative et fiscale.

65. Un projet de réforme de Turgot prévoit des assemblées dont les représentants sont choisis selon la propriété foncière, sans distinction de privilèges. Quel dispositif fiscal accompagne ce projet ?

Un impôt foncier unique, payé en nature par les seuls propriétaires nobles.
Un impôt sur les échanges, payé en argent par les membres des corporations.
Un impôt foncier unique, payé en argent par tous les ordres.
Plusieurs impôts fonciers, payés en argent selon les privilèges de chaque ordre.

Un impôt foncier unique, payé en argent par tous les ordres.

Explication

Le projet prévoit un impôt foncier unique payé en argent par tous les ordres, en cohérence avec des représentants élus selon la propriété foncière sans privilèges. La pluralité d’impôts contredit l’impôt unique ; réserver la charge aux nobles rétablit une distinction de privilèges ; l’impôt sur les échanges et les corporations ne correspond pas au dispositif.

66. Au XVe siècle, un royaume rend permanent un impôt créé en 1439 afin de financer l’armée pendant la guerre de Cent Ans. Quel groupe en supporte notamment le paiement, contrairement aux nobles et au clergé ?

Les roturiers
Les communautés chargées des corvées
Le clergé
Les nobles

Les roturiers

Explication

La taille royale, rendue permanente en 1439 pour financer l’armée, est notamment payée par les roturiers, tandis que les nobles et le clergé en sont exemptés. L’exemption des nobles et celle du clergé inversent cette distinction, tandis que les corvées relèvent d’un impôt en nature.

67. Dans le contexte de l’affaire Calas, quel auteur dénonce le fanatisme religieux et l’intolérance judiciaire dans le Traité sur la tolérance ?

Montesquieu
Le chevalier de La Barre
Jean Calas
Voltaire

Voltaire

Explication

Voltaire prend parti dans l’affaire Calas et dénonce le fanatisme religieux ainsi que l’intolérance judiciaire dans le Traité sur la tolérance. Montesquieu est un autre philosophe des Lumières, tandis que Jean Calas et le chevalier de La Barre sont associés à des affaires judiciaires, non à l’auteur de l’ouvrage.

68. En 1785, un marchand français souhaite commercer librement dans les territoires situés au-delà du cap de Bonne-Espérance. Quelle conséquence a pour lui la mesure prise par Calonne ?

Il doit faire passer ces échanges par la compagnie des Indes, qui détient le monopole français dans cette zone.
Il peut poursuivre librement ces échanges, car la compagnie ne contrôle que le commerce européen.
Il peut poursuivre librement ces échanges, car Calonne a supprimé la compagnie des Indes.
Il doit faire passer ces échanges par la compagnie des Indes, dont le monopole concerne les ports européens.

Il doit faire passer ces échanges par la compagnie des Indes, qui détient le monopole français dans cette zone.

Explication

La compagnie des Indes recréée par Calonne reçoit le monopole du commerce français au-delà du cap de Bonne-Espérance, ce qui met fin à la liberté commerciale dans cette zone. L’option fondée sur la liberté commerciale nie ce monopole, celle qui le limite aux ports européens déplace la zone concernée, et celle qui évoque la suppression contredit la recréation de la compagnie.

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Qu’est-ce qu’une institution ?

Une forme d’organisation sociale conçue pour durer au-delà de la vie de ses créateurs ou de ses destinataires.

Qu’est-ce qu’un État de droit ?

Un régime où l’État et le pouvoir politique sont soumis au droit.

Jusqu’à quelle année s’étend la période étudiée de l’Ancien Régime ?

Jusqu’en 1789.

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