Fiche de révision : Bioéthique et ressources éthiques

Plan du Cours

  1. Émergence et naissance de la bioéthique
  2. Méthodes et institutions bioéthiques
  3. Débats sur la fonction bioéthique
  4. Bioéthique et pouvoir politique
  5. Relativisme, loi et principes moraux
  6. Extension du champ de l’éthique
  7. Bien, devoir et utilité
  8. Conscience et consensus éthique
  9. Limites éthiques du consensus
  10. Éthique comme préoccupations entrelacées
  11. Dilemmes et évolution de l’éthique
  12. Pitié et amour de soi chez Rousseau
  13. Visage et responsabilité chez Levinas
  14. Cri, cœur et impératif éthique

Repères chronologiques

  1. Ve siècle avant J.-C.le Serment d’Hippocrate énonce des engagements fondamentaux de l’éthique médicale
  2. 9 février 1983un décret du président de la République crée le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE)
  3. 20 décembre 1988la loi Huriet-Sérusclat n° 88-1138 protège les personnes participant à la recherche biomédicale
  4. 4 janvier 2012un arrêté porte sur la constitution, la composition et le fonctionnement des espaces de réflexion éthique régionaux et interrégionaux

1. Émergence et naissance de la bioéthique

★ À maîtriser

  • L’éthique médicale se réclame du Serment d’Hippocrate, qui engage le médecin à soigner le malade quelles que soient ses origines, à respecter le secret, la discrétion et la fidélité, et à ne pas nuire ni pratiquer l’avortement ou l’euthanasie.

  • Le Code de Nuremberg de 1947 énonce dix principes pour l’expérimentation humaine, notamment le consentement du sujet.

  • Potter van Rensselaer publie Bioethics : Bridge to the future en 1971 et souhaite utiliser la biologie pour améliorer la qualité de la vie.

  • Dans les années 1960, les revendications de droits individuels, d’égalité et de liberté sexuelle contestent les autorités ; le paternalisme médical est remis en cause au nom de l’autonomie, tandis que les techniques médicales nouvelles soulèvent la question de leurs limites éthiques et sociales.

Compléments

  • La Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948 est reliée par l’AMM et l’OMS à la tradition hippocratique et reprend le Code de Nuremberg de 1947.

  • The Institute of Society, Ethic and the Life Sciences est fondé en 1969 par Willard Gaylin et Daniel Callahan, devient le Hastings Center et publie Hastings Center Report à partir de 1973.

  • The Joseph and Rose Kennedy Institute for the Study of Human Reproduction and Bioethics est fondé en 1971 et publie l’Encyclopedia of Bioethics à partir de 1977, présentant la bioéthique comme un champ dépassant l’éthique des seuls médecins.

Astuce mémo

Les droits individuels et les techniques nouvelles mettent en crise le paternalisme médical → la bioéthique émerge.

2. Méthodes et institutions bioéthiques

★ À maîtriser

📌 La bioéthique se distingue du bio-droit et de la bio-politique : elle recherche un consensus tout en préservant la liberté de penser et la diversité des croyances. - G. Hottois, Qu’est-ce que la bioéthique ?, 2004

  • La bioéthique associe :

    • des spécialités médicales et biologiques
    • des disciplines juridiques
    • la philosophie
    • l’anthropologie
    • la sociologie
    • la psychologie
    • la psychiatrie
    • la psychanalyse
  • Les principales étapes françaises de la bioéthique comprennent la loi sur l’IVG du 17 janvier 1975, les premières lois de bioéthique de 1994 révisables tous les cinq ans, leurs révisions de 2004 et 2011, le décret de révision de 2013, les États généraux de 2018, l’examen du projet de loi en 2020 et l’annulation en 2024 de l’examen de la loi sur la fin de vie après la dissolution de l’Assemblée nationale.

  • L’analyse des enjeux éthiques ouvre la discussion, qui peut conduire à des recommandations élaborées par étude contextualisée des cas et de leurs conséquences, ou par recherche de normes générales susceptibles d’obtenir un large consensus.

Compléments

  • La bioéthique prend la forme de discours et de pratiques, notamment des études de cas, des revues, des rapports, l’enseignement universitaire et la participation à des comités d’éthique qui rendent des avis.

  • À sa création, le CCNE compte 40 membres : cinq nommés par le président de la République, 15 par les ministères ou organismes concernés et une vingtaine par des organismes de recherche.

  • La loi Huriet-Sérusclat entraîne la création des premiers CCPPRB, devenus les comités de protection des personnes (CPP), composés de 16 représentants des professions médicales et de huit représentants des professions non médicales.

3. Débats sur la fonction bioéthique

Notions clés & Définitions

  • Dilemme bioéthique : AXEL KAHN, Bioéthique et liberté, 2004 - Un dilemme bioéthique apparaît lorsque plusieurs solutions sont possibles, acceptables selon des rationalités différentes mais contradictoires, et que la réponse ne se trouve pas dans les codes de déontologie ou dans la loi.

★ À maîtriser

📌 Dominique Lecourt défend une bioéthique qui associe invention normative et protection : elle doit exploiter les possibilités biomédicales utiles au bien commun et empêcher leur usage pour dominer ou asservir autrui. - Bioéthique et liberté, 2004

📌 Selon Axel Kahn, une innovation est éthique si son application peut contribuer à la préservation et à l’épanouissement d’autrui ; l’utiliser pour assujettir, stigmatiser ou instrumentaliser autrui est contraire à l’éthique. - Bioéthique et liberté, 2004

  • Pour Axel Kahn, la bioéthique est une morale de l’action qui impose de décider et d’expliciter les valeurs justifiant le choix. - Bioéthique et liberté, 2004

Compléments

📌 Axel Kahn affirme que le progrès technique ne garantit pas le progrès humain. - Bioéthique et liberté, 2004

  • Pour Dominique Lecourt, les applications de la recherche doivent être encadrées lorsqu’elles donnent aux innovations un sens inhumain contraire à l’humanisme qu’il défend. - Bioéthique et liberté, 2004

Astuce mémo

Lecourt insiste sur l’invention et la protection ; Kahn sur le dilemme et la décision.

4. Bioéthique et pouvoir politique

★ À maîtriser

  • La composition décrite du CCNE comprend : neuf personnalités qualifiées, neuf personnalités des secteurs de la recherche et de la santé, six représentants d’associations, six représentants de familles philosophiques et religieuses, une personnalité nommée par le vice-président du Conseil d’État, une personnalité nommée par le premier président de la Cour de cassation

  • Les membres du CCNE sont nommés par des autorités politiques ou des organismes désignés, ce qui soulève la question de l’indépendance du comité.

  • Le cours conclut qu’en France une réflexion éthique institutionnelle indépendante du pouvoir politique reste largement à construire.

Compléments

  • Le CCNE comptait 40 membres à sa création en 1983, tandis que sa composition actuelle comprend des personnalités qualifiées, des représentants de la recherche et de la santé, des associations, des familles philosophiques et religieuses, ainsi que des personnalités nommées par le Conseil d’État et la Cour de cassation.

  • Le pouvoir exécutif a explicitement conditionné le vote de certaines lois sociétales, notamment sur l’extension de la PMA et l’euthanasie, à la réponse du CCNE.

5. Relativisme, loi et principes moraux

★ À maîtriser

📌 Trois définitions de l’éthique et de la morale sont proposées : l’éthique vise le meilleur tandis que la morale résiste au mal ; la morale énonce des valeurs tandis que l’éthique réfléchit sur elles ; ou les deux relèvent d’une évaluation rationnelle des arguments.

📌 L’exemple d’Antigone montre qu’une loi votée ou une décision publique peut être injuste et contrevenir à l’éthique, car les lois sont examinées par la conscience.

  • Le principisme de Beauchamp et Childress retient quatre principes (Tom Beauchamp et James Childress, 1979) :
    • respect de l’autonomie
    • non-malfaisance
    • bienfaisance
    • justice

Compléments

  • Dans le Gorgias, Platon présente la thèse de Calliclès selon laquelle les lois sont faites par les faibles et le grand nombre pour contenir les forts, alors que la nature ferait du pouvoir du plus fort le droit véritable.

  • Rousseau soutient que le plus fort ne reste pas toujours maître s’il ne transforme pas sa force en droit et l’obéissance en devoir. - Contrat social

  • Les cinq théories morales examinées sont (Tom Beauchamp et James Childress, 1979) :

    • l’utilitarisme
    • le kantisme
    • l’individualisme libéral
    • le communautarisme
    • l’éthique de la sollicitude
  • Le texte critique le principisme de Beauchamp et Childress comme une possible pétition de principes, puisqu’il pourrait retrouver dans les théories morales les principes qu’il a préalablement postulés.

6. Extension du champ de l’éthique

★ À maîtriser

📌 L’éthique anthropocentrée limite la considération morale aux êtres humains, l’éthique pathocentrée l’étend aux êtres capables de souffrir, l’éthique biocentrée à tous les êtres vivants, l’éthique écocentrée à l’environnement et l’éthique géocentrée à la Terre elle-même.

📌 L’éthique minimaliste de Ruwen Ogien repose sur l’indifférence morale du rapport à soi-même, la non-nuisance à autrui et l’égale considération de chacun, et s’arrête essentiellement à ne pas nuire à autrui. - L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, 2007

Compléments

  • Ruwen Ogien reproche à l’éthique maximaliste de devenir une police morale et défend une éthique minimale laissant libres les pratiques privées entre adultes consentants. - L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, 2007

  • La critique de l’éthique minimaliste soutient que les actes dits privés façonnent les personnes et leurs habitudes, et que le rapport à soi n’est pas réellement séparable du rapport aux autres.

7. Bien, devoir et utilité

★ À maîtriser

  • Pour Aristote, le bien est objectif et extrinsèque : il attire l’action, et reconnaître le bien permet de s’orienter vers les moyens bons qui conduisent à lui. - Ethique à Nicomaque

  • Pour Aristote, la vertu morale est une disposition au choix, et un choix bon exige une règle vraie et un désir droit portant sur le même objet. - Ethique à Nicomaque

  • Kant fonde l’objectivité de la morale sur le devoir universalisable plutôt que sur le bonheur, devenu subjectif dans le contexte des renversements cosmologiques évoqués.

  • L’impératif catégorique commande de manière absolue et inconditionnée, tandis que les impératifs hypothétiques prescrivent conditionnellement des règles d’habileté ou des conseils de prudence. - Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785

  • Kant formule l’impératif catégorique comme l’exigence d’agir selon une maxime universalisable et de traiter l’humanité toujours comme une fin, jamais simplement comme un moyen. - Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785

  • Bentham et Mill associent l’action bonne à l’accroissement du bonheur, conçu comme plaisir et absence de douleur, mais Mill distingue des plaisirs de qualités différentes et recommande de s’en remettre aux personnes d’expérience pour les comparer. - Utilitarianism, 1861

  • L’utilitarisme vise la plus grande somme de bonheur totalisée, mais l’addition des plaisirs et des peines ou l’agrégation des préférences ne vont pas de soi et la satisfaction d’une majorité n’efface pas le mécontentement d’une minorité.

Compléments

  • Dans la perspective aristotélicienne présentée, le bien et le bonheur conduisent de l’éthique à la politique et s’inscrivent dans une cosmologie où l’action vise à imiter l’invariabilité céleste.

  • Pour Kant, agir par pur devoir revient à agir librement et par bonne volonté, et la loi morale révèle la liberté du sujet. - Critique de la raison pratique

Astuce mémo

Aristote ancre le bien dans une fin objective ; Kant fonde la morale sur le devoir universalisable.

8. Conscience et consensus éthique

★ À maîtriser

📌 La conscience et le consensus sont deux voies proposées pour déterminer les critères de l’exigence éthique : la première repose sur un jugement intérieur, tandis que le second se construit par la discussion entre interlocuteurs aux avis différents.

Compléments

  • Rousseau présente la conscience comme un principe intérieur inné et objectif de justice et de vertu permettant de juger les actions bonnes ou mauvaises. - Emile ou de l’Education, 1762

  • Les critiques de la conscience la considèrent comme une illusion, une instance subjective ou un instrument possible d’assujettissement, et rappellent que des bourreaux peuvent tuer au nom de leur conscience.

  • Pour Engelhardt, la bioéthique permet de résoudre pratiquement les controverses autrement que par la force.

  • Le consensus du CCNE a retardé de six ans la dénonciation du problème de santé publique du sang contaminé, illustrant qu’un consensus peut errer.

Astuce mémo

La conscience juge intérieurement ; le consensus se construit par la discussion.

9. Limites éthiques du consensus

★ À maîtriser

📌 Le consensus ne possède pas en lui-même de valeur éthique : il peut être amoral lorsqu’il recherche systématiquement un compromis avec les puissances économiques ou accompagne les techniques existantes, et immoral dans certains cas.

  • Les discussions et résolutions bioéthiques peuvent être utiles, mais prétendre qu’elles épuisent toute l’éthique expose la société à des risques totalitaires et suicidaires.

Compléments

📌 Le fait que la conscience puisse errer par fanatisme, laxisme ou mauvais usage ne signifie pas qu’elle soit nécessairement mauvaise.

  • La politique chinoise de l’enfant unique est citée comme exemple de consensus gravement immoral, notamment en raison de la non-reconnaissance des autres enfants nés.

Astuce mémo

Consensus social ≠ exigence éthique

10. Éthique comme préoccupations entrelacées

Notions clés & Définitions

  • Préoccupations entrelacées : Ethics without ontology, 2005 - Les préoccupations entrelacées sont, selon Hilary Putnam, un système de préoccupations éthiques qui se soutiennent mutuellement tout en étant partiellement en tension et qui visent à alléger les souffrances sans distinction de classe ou de genre.

★ À maîtriser

  • Putnam associe à Levinas l’obligation immédiate d’agir lorsqu’on est confronté à la souffrance d’un semblable. - Ethics without ontology, 2005

  • Putnam associe à Kant l’idée que l’éthique est universelle et concerne le soulagement de la souffrance ou le bien-être positif de toute personne. - Ethics without ontology, 2005

  • Putnam associe à Aristote la question de la vie humaine admirable et définit l’épanouissement humain comme une activité de l’âme conforme à la vertu dans une vie complète. - Ethics without ontology, 2005

Compléments

  • Le poids de la table constitue un critère supplémentaire de solidité : une table très légère est facile à renverser, quel que soit son nombre de pieds.

  • Putnam compare l’éthique à une table à nombreux pieds : elle peut chanceler sur un sol irrégulier, mais elle est difficile à renverser. - Ethics without ontology, 2005

Astuce mémo

Une table à nombreux pieds, solide mais qui chancelle sur un sol irrégulier

11. Dilemmes et évolution de l’éthique

★ À maîtriser

📌 Le déontologisme juge l’action selon le devoir, tandis que le conséquentialisme privilégie la maximisation de l’utilité en fonction des conséquences.

  • Dans le dilemme de l’aiguillage, le conséquentialiste détourne le train vers une personne pour éviter la mort de cinq personnes, tandis que le déontologiste refuse d’actionner l’aiguillage car il deviendrait responsable de cette mort.

  • Dans le dilemme du passant, le conséquentialiste peut précipiter une personne sur la voie pour sauver cinq personnes, tandis que le déontologiste refuse de commettre ce meurtre même pour en sauver cinq.

Compléments

📌 Si l’éthique est seulement un produit adapté à la vie en société, elle n’est alors ni vraie ni fausse, et l’évolution de l’être humain n’implique pas nécessairement celle de l’éthique.

  • Dans l’enquête rapportée, 90 % des personnes interrogées choisissent d’aiguiller le train vers la voie où se trouve une seule personne.

  • Dans l’enquête rapportée, 90 % des personnes interrogées refusent de précipiter le passant sur la voie pour sauver cinq personnes.

  • Joshua Greene soutient que les réponses déontologiques sont majoritairement associées à des schémas psychologiques conduits par l’émotion, tandis que le calcul conséquentialiste est associé à la cognition. - An fMRI investigation of emotional engagement in moral judgement, 2001

  • Selon l’éthique évolutionniste présentée par Ruse, l’éthique pourrait être un produit de la sélection naturelle favorisant l’adaptation à la vie en société et les comportements grégaires. - Une défense de l’éthique évolutionniste, 1991

Astuce mémo

Aiguiller le train détourne un danger ; pousser le passant commet directement un meurtre

12. Pitié et amour de soi chez Rousseau

Notions clés & Définitions

  • Pitié : Discours sur l’origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755 - La pitié est, chez Rousseau, un principe de l’âme antérieur à la raison qui inspire une répugnance à voir souffrir ou périr un être sensible, en particulier un semblable.

★ À maîtriser

📌 Chez Rousseau, l’amour de soi pousse naturellement à se préférer soi-même, tandis que la pitié suscite une aversion pour la souffrance d’autrui et modère l’égoïsme naturel. - Discours sur l’origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755

📌 La pitié peut fonder la sociabilité, mais son identification à autrui reste conditionnée par l’amour de soi et étend l’ego plutôt que de rencontrer véritablement l’autre.

Compléments

  • Rousseau présente comme formes de pitié appliquée :

    • la générosité
    • la clémence
    • l’humanité
  • La pitié devient active lorsque l’imagination permet de se mettre à la place d’autrui qui souffre ; sans cette mise en jeu, elle peut rester inactive. - Rousseau, Emile ou de l’Education, 1762

Astuce mémo

L’amour de soi préserve le sujet ; la pitié le tourne vers la souffrance d’autrui

13. Visage et responsabilité chez Levinas

Notions clés & Définitions

  • Visage : E. Levinas, Ethique et infini, 1982 - Le visage est, chez Levinas, l’expression unique et vulnérable d’autrui, qui ne peut être enfermé dans un contexte ou saisi comme un contenu de pensée.

★ À maîtriser

📌 Chez Levinas, la pauvreté et la vulnérabilité du visage commandent immédiatement de ne pas tuer et d’agir pour répondre à l’appel d’autrui. - E. Levinas, Ethique et infini, 1982

Compléments

📌 Chez Levinas, l’exigence éthique d’interdire le meurtre n’est pas une nécessité ontologique, car elle ne rend pas le meurtre impossible. - E. Levinas, Ethique et infini, 1982

📌 Levinas oppose le visage vulnérable à la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, où l’affrontement et la peur déterminent leur relation.

  • Chez Levinas, le visage ouvre un accès à l’idée de l’Infini, qui n’est pas un savoir mais un Désir. - E. Levinas, Ethique et infini, 1982

Astuce mémo

Un visage vulnérable qui commande sans pouvoir être enfermé dans le regard

14. Cri, cœur et impératif éthique

★ À maîtriser

  • Platon distingue trois instances de l’âme :

    • le nous, l’esprit fait pour commander
    • le thumos, le cœur et la colère qui s’enflamment et prennent parti
    • les epithumiai, les désirs pluriels et renaissants
  • Le cri « Au secours » rappelle la dépendance fondamentale des humains, leur fragilité commune face à la mort et l’appel à la solidarité et au secours mutuel.

  • Le cri révèle que le cœur de l’impératif éthique est de servir de manière intelligente, respectueuse et active.

  • Le cœur rappelle aux instances bioéthiques de prendre en compte le véritable bien des personnes les plus malades et les plus démunies, au-delà des avancées scientifiques ou des pressions de groupes sociaux.

Compléments

  • Un appel au secours n’est pas un contrat, mais un appel à donner gratuitement, comme la vie reçue gratuitement.

  • Le commandement éthique ne peut pas prendre une forme bureaucratique, car il doit rester attentif aux appels de détresse et au bien des personnes vulnérables.

  • Dans l’âme, le bon ordre prévaut lorsque le nous et le thumos tiennent les epithumiai en respect ; lorsque les désirs s’allient au thumos, l’esprit ne peut plus commander.

  • Dans la République, Platon raconte que Léontios lutte contre son désir de regarder des cadavres, puis cède à ce désir et s’écrie : « Tenez, malheureux, jouissez de ce beau spectacle ».

Astuce mémo

Le cri révèle la fragilité commune → le cœur rappelle l’obligation de secourir

Tableaux de synthèse

Dilemmes du train

SituationChoix conséquentialisteChoix déontologiste
AiguillageDétourner le train vers une personne pour en sauver cinqNe pas actionner l’aiguillage et ne pas causer directement la mort
PassantPousser une personne pour sauver cinqRefuser de commettre un meurtre

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Bioéthique et ressources éthiques avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel changement caractérise les débats médicaux des années 1960 face aux nouvelles techniques médicales ?

2. Quel principe majeur le Code de Nuremberg de 1947 énonce-t-il pour l’expérimentation humaine ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Bioéthique et ressources éthiques avec 10 flashcards interactives.

Quel engagement fondamental le Serment d’Hippocrate impose-t-il au médecin envers le malade ?

Le soigner quelles que soient ses origines.

Quelles disciplines la bioéthique associe-t-elle ?

Des spécialités médicales et biologiques, le droit et les sciences humaines.

Quelle référence attribue à la bioéthique la recherche du consensus préservant liberté de pensée et diversité des croyances ?

G. Hottois, *Qu’est-ce que la bioéthique ?*, 2004.

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