QCM : Bioéthique et ressources éthiques (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel changement caractérise les débats médicaux des années 1960 face aux nouvelles techniques médicales ?

La remise en cause du paternalisme médical au nom de l’autonomie, dans un contexte de revendications individuelles et de questionnement sur les limites des techniques.
La priorité donnée aux règles juridiques pour fixer les limites des techniques sans débat sur l’autonomie des patients.
Le rejet des innovations médicales au profit du rétablissement des pratiques médicales traditionnelles.
Le renforcement de l’autorité médicale afin de soustraire les décisions de soin aux revendications sociales.

La remise en cause du paternalisme médical au nom de l’autonomie, dans un contexte de revendications individuelles et de questionnement sur les limites des techniques.

Explication

Les revendications de liberté et d’égalité contestent les autorités, tandis que l’autonomie remet en cause le paternalisme médical et que les innovations soulèvent des questions de limites. Le renforcement de l’autorité médicale décrit le mouvement inverse de cette contestation.

2. Quel principe majeur le Code de Nuremberg de 1947 énonce-t-il pour l’expérimentation humaine ?

La priorité des bénéfices collectifs sur la décision individuelle du participant.
La responsabilité du médecin de choisir la participation à la place du sujet.
Le consentement du sujet participant à l’expérimentation.
L’autorisation préalable d’un juge pour chaque protocole de recherche.

Le consentement du sujet participant à l’expérimentation.

Explication

Le Code de Nuremberg énonce dix principes encadrant l’expérimentation humaine, notamment le consentement du sujet. Une décision prise par le médecin à la place du participant contredit précisément ce rôle du consentement.

3. Quelle composition correspond à l’approche pluridisciplinaire de la bioéthique ?

Elle rassemble des spécialistes de philosophie et de psychologie pour traiter les questions sans expertise biologique.
Elle réunit principalement des médecins et des biologistes, auxquels les juristes apportent un avis sur les normes.
Elle associe spécialités médicales et biologiques, disciplines juridiques et sciences humaines comme la philosophie ou la sociologie.
Elle s’appuie sur les sciences humaines et le droit, tandis que les disciplines médicales restent en dehors de l’analyse.

Elle associe spécialités médicales et biologiques, disciplines juridiques et sciences humaines comme la philosophie ou la sociologie.

Explication

La bioéthique associe des disciplines médicales et biologiques, le droit et diverses sciences humaines. Une approche centrée sur les seuls professionnels de santé, même complétée par des juristes, ne rend pas compte de cette pluralité disciplinaire.

4. Quelle distinction caractérise la bioéthique par rapport au bio-droit et à la bio-politique ?

Elle fixe des règles juridiques contraignantes pour organiser les pratiques liées aux sciences de la vie.
Elle cherche un consensus par la discussion tout en préservant la liberté de penser et la diversité des croyances.
Elle établit une doctrine commune destinée à remplacer la diversité des croyances dans les débats.
Elle détermine les choix politiques concernant l’opportunité de légiférer sur les sciences de la vie.

Elle cherche un consensus par la discussion tout en préservant la liberté de penser et la diversité des croyances.

Explication

La bioéthique vise la discussion et la recherche d’un consensus sans supprimer la liberté de penser ni la diversité des croyances. L’établissement de règles contraignantes relève plutôt du bio-droit, et non de cette démarche de discussion.

5. Qu’est-ce qu’un dilemme bioéthique selon Axel Kahn ?

Une décision médicale où l’absence de consentement rend toutes les options déontologiquement irrecevables.
Une situation où une règle juridique précise impose une solution malgré le désaccord des personnes concernées.
Une situation où plusieurs solutions, acceptables selon des rationalités différentes mais contradictoires, ne trouvent pas leur réponse dans la loi ou les codes déontologiques.
Un conflit entre une innovation biomédicale et les connaissances scientifiques disponibles pour l’évaluer.

Une situation où plusieurs solutions, acceptables selon des rationalités différentes mais contradictoires, ne trouvent pas leur réponse dans la loi ou les codes déontologiques.

Explication

Un dilemme bioéthique oppose plusieurs solutions défendables selon des rationalités différentes, sans que la loi ou les codes de déontologie fournissent la réponse. Un conflit portant sur les connaissances scientifiques relève plutôt d’une incertitude factuelle que de cette définition.

6. Quelles autorités sont mentionnées comme ayant nommé des membres du CCNE, soulevant la question de son indépendance ?

Des autorités politiques ou des organismes désignés
Des associations de patients et des syndicats médicaux
Des tribunaux régionaux et des ordres professionnels
Des universités et des sociétés pharmaceutiques

Des autorités politiques ou des organismes désignés

Explication

Les membres du CCNE sont nommés par des autorités politiques ou des organismes désignés, ce qui suscite des interrogations sur l’indépendance du comité. La présence de représentants associatifs dans sa composition ne signifie pas que les associations nomment l’ensemble de ses membres.

7. Quel rôle la conscience joue-t-elle face à une loi votée ou à une décision publique ?

Elle évalue une loi uniquement selon les conséquences qu’elle produit sur le bonheur collectif.
Elle permet d’examiner si la loi ou la décision est juste et conforme à l’éthique.
Elle confirme la légitimité morale de toute décision adoptée par les pouvoirs publics.
Elle remplace les principes moraux par les règles établies par la majorité politique.

Elle permet d’examiner si la loi ou la décision est juste et conforme à l’éthique.

Explication

L’exemple d’Antigone montre que la conscience peut juger une loi ou une décision publique injuste et contraire à l’éthique. L’adoption d’une loi par les pouvoirs publics ne garantit donc pas, à elle seule, sa justesse morale.

8. À quelle période Ruwen Ogien publie-t-il son ouvrage défendant une éthique minimaliste centrée sur la non-nuisance à autrui ?

En 1983, lors de la création du Comité consultatif national d’éthique.
En 1979, avec son ouvrage consacré aux quatre principes moraux.
En 2007, avec *L’Éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes*.
En 2012, à l’occasion de l’arrêté sur les espaces de réflexion éthique.

En 2007, avec *L’Éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes*.

Explication

Ruwen Ogien expose son éthique minimaliste dans *L’Éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes*, publié en 2007. L’année 1979 renvoie à la formulation du principisme par Beauchamp et Childress, et non à l’ouvrage d’Ogien.

9. En quoi l’impératif catégorique de Kant diffère-t-il d’un impératif hypothétique ?

Il s’appuie sur une règle vraie et un désir droit, tandis que l’impératif hypothétique repose sur une fin objective.
Il vise le bonheur collectif, tandis que l’impératif hypothétique protège le devoir individuel.
Il commande de façon inconditionnée, tandis que l’impératif hypothétique dépend d’une fin ou d’un objectif.
Il prescrit des conseils de prudence, tandis que l’impératif hypothétique exige une maxime universalisable.

Il commande de façon inconditionnée, tandis que l’impératif hypothétique dépend d’une fin ou d’un objectif.

Explication

L’impératif catégorique s’impose sans condition, alors que les impératifs hypothétiques prescrivent des moyens en fonction d’une fin, par habileté ou prudence. L’idée de viser le bonheur collectif ne caractérise pas la distinction kantienne entre ces deux formes d’impératif.

10. À quel philosophe Rousseau attribue-t-il l’idée que la conscience est un principe intérieur inné de justice et de vertu permettant de juger les actions ?

À Aristote, dans *Éthique à Nicomaque*.
À Engelhardt, dans ses travaux de bioéthique.
À Kant, dans *Fondements de la métaphysique des mœurs*.
À Rousseau, dans *Émile ou De l’éducation*.

À Rousseau, dans *Émile ou De l’éducation*.

Explication

Rousseau présente la conscience comme un principe intérieur inné et objectif qui permet de discerner le bien et le mal. Kant fonde plutôt l’objectivité morale sur le devoir universalisable, sans être crédité ici de cette conception de la conscience.

11. Quelles conséquences peut entraîner l’idée que les délibérations bioéthiques et leurs résolutions épuisent toute l’éthique ?

Elle transforme les controverses morales en règles juridiques stables.
Elle garantit que les décisions respectent les convictions individuelles.
Elle expose la société à des risques totalitaires et suicidaires.
Elle empêche les techniques existantes d’influencer les décisions collectives.

Elle expose la société à des risques totalitaires et suicidaires.

Explication

Réduire toute l’éthique aux discussions et résolutions bioéthiques peut faire disparaître d’autres exigences morales et exposer la société à des dérives totalitaires ou suicidaires. La délibération peut être utile, mais elle ne garantit pas à elle seule le respect des convictions individuelles.

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Quel engagement fondamental le Serment d’Hippocrate impose-t-il au médecin envers le malade ?

Le soigner quelles que soient ses origines.

Quelles disciplines la bioéthique associe-t-elle ?

Des spécialités médicales et biologiques, le droit et les sciences humaines.

Quelle référence attribue à la bioéthique la recherche du consensus préservant liberté de pensée et diversité des croyances ?

G. Hottois, *Qu’est-ce que la bioéthique ?*, 2004.

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