QCM : Cinéma expérimental et abstraction (46 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue principalement le cinéma expérimental du cinéma industriel ?

Il organise ses films autour des attentes habituelles du marché cinématographique.
Il repose sur des récits standardisés destinés aux circuits commerciaux dominants.
Il se développe en dehors des secteurs industriels et des circuits classiques de distribution.
Il privilégie des productions conçues pour une classification narrative immédiate.

Il se développe en dehors des secteurs industriels et des circuits classiques de distribution.

Explication

Le cinéma expérimental est produit en marge de l’industrie et présente souvent des formes difficiles à classer ou à diffuser. Le cinéma industriel, en revanche, s’appuie davantage sur des circuits commerciaux et des formes narratives reconnaissables.

2. Quelle opposition caractérise le mieux le cinéma industriel et le cinéma expérimental ?

Le premier recherche des formes inédites, tandis que le second refuse toute expérimentation visuelle.
Le premier explore les outils cinématographiques, tandis que le second stabilise les conventions narratives.
Le premier abandonne la représentation, tandis que le second renforce les modèles narratifs industriels.
Le premier privilégie récit et représentation, tandis que le second explore les possibilités formelles du cinéma.

Le premier privilégie récit et représentation, tandis que le second explore les possibilités formelles du cinéma.

Explication

Le cinéma industriel fonctionne principalement selon une logique représentative et narrative, alors que le cinéma expérimental étudie les potentialités formelles des outils cinématographiques. L’expérimentation ne se réduit donc pas à une nouvelle manière de raconter une histoire.

3. Que désigne le régime de visibilité chez Michel Foucault dans Surveiller et punir ?

La sélection commerciale des images destinées à circuler dans les médias et les institutions.
L’ensemble des conditions qui déterminent ce qui peut être vu, montré et pensé dans une société.
Le dispositif technique permettant d’enregistrer avec précision les comportements observés.
La hiérarchie des genres cinématographiques établissant les œuvres les plus visibles dans les salles.

L’ensemble des conditions qui déterminent ce qui peut être vu, montré et pensé dans une société.

Explication

Chez Foucault, le régime de visibilité désigne les conditions sociales qui rendent certaines choses visibles, montrables et pensables. Il ne correspond donc ni à un classement des genres ni à un simple dispositif d’enregistrement.

4. Comment un film d’avant-garde renouvelle-t-il les conventions cinématographiques ?

Il limite l’innovation sonore pour préserver les habitudes de représentation du cinéma dominant.
Il remplace l’expérimentation formelle par une organisation narrative plus stable et prévisible.
Il reprend les conventions industrielles afin de rendre l’image et le son immédiatement familiers.
Il rompt avec les traditions établies en recherchant des accords visuels et auditifs inédits.

Il rompt avec les traditions établies en recherchant des accords visuels et auditifs inédits.

Explication

Le film d’avant-garde renouvelle l’image et le son afin de produire des relations visuelles et auditives inédites. Le recours à des conventions stabilisées correspond davantage au fonctionnement du cinéma industriel.

5. Quelle attitude le cinéma d’avant-garde peut-il adopter envers les codes du cinéma industriel ?

Il les remplace par des règles fixes destinées à organiser toutes les productions d’avant-garde.
Il doit les respecter pour rester expérimental tout en conservant une structure narrative reconnue.
Il les condamne au nom d’une opposition politique obligatoire à toute institution culturelle.
Il peut les refuser, les critiquer ou les détourner sans être nécessairement anti-système.

Il peut les refuser, les critiquer ou les détourner sans être nécessairement anti-système.

Explication

Le cinéma d’avant-garde peut traiter les conventions industrielles de manière critique ou les détourner, mais cette attitude ne l’engage pas forcément dans une position anti-système. L’expérimentation formelle et l’opposition politique ne sont donc pas équivalentes.

6. Pourquoi un micro-récit des premiers spectacles cinématographiques ne constitue-t-il pas nécessairement une fiction complète ?

Parce qu’il dépend d’une continuité chromatique qui structure l’action représentée.
Parce qu’il repose sur une diégèse développée et une identification complète des spectateurs.
Parce qu’il transforme toute observation temporelle en récit organisé autour de personnages.
Parce qu’il peut enregistrer le passage du temps sans réunir diégèse et identification.

Parce qu’il peut enregistrer le passage du temps sans réunir diégèse et identification.

Explication

Les premiers films pouvaient suggérer un micro-récit lié à l’enregistrement du temps sans construire une fiction dotée d’une diégèse et de mécanismes d’identification. Un récit minimal ne possède donc pas forcément tous les paramètres fictionnels.

7. Comment la couleur était-elle généralement produite dans le cinéma des premiers temps ?

Elle était enregistrée par une pellicule couleur assurant une continuité chromatique entre les plans.
Elle était peinte au pinceau sur chaque photogramme par des ouvrières coloristes, avec une fonction décorative.
Elle était appliquée uniformément à chaque scène pour maintenir une palette stable pendant le récit.
Elle était ajoutée par un procédé standardisé afin de guider la compréhension narrative des spectateurs.

Elle était peinte au pinceau sur chaque photogramme par des ouvrières coloristes, avec une fonction décorative.

Explication

La couleur des premiers films était appliquée manuellement sur chaque photogramme et remplissait surtout une fonction décorative. Cette pratique ne garantissait pas une continuité chromatique comparable à celle des usages narratifs ultérieurs.

8. Que produit la cinématographisation du corps selon Dick Tomasovic ?

Elle transforme le mouvement corporel en formes plastiques rythmiques et transitoires.
Elle convertit la danse en une suite de gestes narratifs destinés à caractériser les personnages.
Elle reproduit les formes naturelles du corps avec une fidélité comparable à celle d’un enregistrement.
Elle fixe le mouvement dans des poses stables afin de préserver l’apparence anatomique du corps.

Elle transforme le mouvement corporel en formes plastiques rythmiques et transitoires.

Explication

La cinématographisation transforme le mouvement corporel en formes plastiques, rythmiques et transitoires. Elle ne consiste donc pas principalement à imiter fidèlement les formes naturelles ni à organiser le corps selon une fonction narrative.

9. Quelles opérations formelles structurent le donné dans le travail d’abstraction ?

Simplification, généralisation, sélection et schématisation
Documentation, perspective, description et reconstitution
Accumulation, duplication, improvisation et projection
Imitation, narration, dramatisation et personnification

Simplification, généralisation, sélection et schématisation

Explication

L’abstraction structure le donné par simplification, généralisation, sélection et schématisation, associées respectivement à l’idéation, la conceptualisation, la classification et la modélisation. La narration et la personnification relèvent plutôt d’une organisation figurative ou narrative.

10. Quelle transformation l’abstraction picturale cherche-t-elle à accomplir vers 1910 ?

Remplacer les couleurs par des surfaces uniformes dépourvues de composition
Réserver la peinture aux récits historiques et aux figures reconnaissables
Renforcer l’imitation du monde visible par une observation plus précise
Libérer la peinture du sujet au profit de formes et de couleurs autonomes

Libérer la peinture du sujet au profit de formes et de couleurs autonomes

Explication

Vers 1910, l’abstraction picturale cherche à affranchir la peinture du sujet figuratif afin d’accorder une autonomie à la forme et à la couleur. L’imitation du monde visible correspond à une orientation différente, précisément remise en cause par cette démarche.

11. Qu’est-ce qui caractérise la cinépeinture par rapport à un film narratif ?

Elle raconte une intrigue au moyen de personnages et de décors reconnaissables
Elle fixe des compositions picturales sans exploiter le mouvement cinématographique
Elle met en mouvement des formes et des couleurs sans logique narrative
Elle reproduit des événements du monde phénoménal selon un ordre chronologique

Elle met en mouvement des formes et des couleurs sans logique narrative

Explication

La cinépeinture utilise le cinéma comme un art dynamique et indépendant des phénomènes pour animer formes et couleurs sans récit. Un film narratif, à l’inverse, organise généralement ses images autour d’une intrigue.

12. Comment le contrepoint visuel organise-t-il des formes abstraites ?

Par des correspondances rythmiques et des interactions graphiques entre lignes et surfaces
Par la représentation descriptive d’un objet identifiable dans un espace cohérent
Par l’enchaînement d’actions destiné à construire une intrigue compréhensible
Par la restitution fidèle des couleurs et des proportions d’un paysage observé

Par des correspondances rythmiques et des interactions graphiques entre lignes et surfaces

Explication

Le contrepoint visuel établit des relations rythmiques et des interactions graphiques entre lignes et surfaces abstraites. Il ne dépend donc pas du sens figuratif fourni par la représentation d’un objet identifiable.

13. Comment Hans Richter construit-il visuellement Rythmus 21 ?

Avec des formes naturelles dessinées sur pellicule puis transformées par des effets de perspective
Avec des paysages filmés en extérieur dont les changements de lumière produisent le mouvement
Avec des figures humaines colorées évoluant dans un décor narratif selon une intrigue progressive
Avec des rectangles et des carrés blancs se déplaçant sur un fond noir selon des rythmes déterminés

Avec des rectangles et des carrés blancs se déplaçant sur un fond noir selon des rythmes déterminés

Explication

Rythmus 21 repose sur le déplacement de rectangles et de carrés blancs sur un fond noir selon des rythmes déterminés. L’œuvre ne construit pas son mouvement à partir de personnages, de paysages ou d’une intrigue.

14. Quelle fonction le noir assume-t-il dans Symphonie Diagonale ?

Il constitue une pause rythmique et une matière dynamique qui module les lignes blanches
Il sert de décor stable destiné à situer des objets reconnaissables dans l’espace
Il remplace les lignes blanches afin de rendre la composition visuellement immobile
Il fonctionne comme une couleur narrative indiquant les actions successives des personnages

Il constitue une pause rythmique et une matière dynamique qui module les lignes blanches

Explication

Dans Symphonie Diagonale, le noir agit à la fois comme pause rythmique et comme espace dynamique qui révèle, efface et module les lignes blanches. Il n’est donc pas un simple décor stable ni un indicateur narratif.

15. Comment le cinéma pur se distingue-t-il du cinéma narratif ?

Il renforce l’intrigue afin d’organiser les images autour d’une progression dramatique
Il brise les contraintes de l’intrigue pour privilégier une expérience cinématographique abstraite
Il remplace les images abstraites par des scènes documentaires liées à des événements réels
Il utilise des personnages récurrents pour donner une continuité psychologique au film

Il brise les contraintes de l’intrigue pour privilégier une expérience cinématographique abstraite

Explication

Le cinéma pur se révolte contre l’organisation narrative en rompant avec les contraintes de l’intrigue au profit d’une expérience abstraite. Le cinéma narratif, au contraire, s’appuie sur l’intrigue pour structurer le déroulement du film.

16. Quelle distinction Kracauer établit-il entre cinéma abstrait et spécificité cinématographique ?

Le cinéma abstrait privilégie des formes artificielles, tandis que la caméra révèle de vrais éléments matériels
Le cinéma abstrait restitue des éléments matériels réels, tandis que la caméra construit des formes géométriques artificielles
Le cinéma abstrait organise des intrigues réalistes, tandis que la caméra transforme ces récits en compositions musicales
Le cinéma abstrait dépend de décors naturels, tandis que la caméra privilégie des couleurs indépendantes de toute matière

Le cinéma abstrait privilégie des formes artificielles, tandis que la caméra révèle de vrais éléments matériels

Explication

Selon Kracauer, l’abstraction privilégie des éléments artificiels et géométriques, alors que la spécificité du cinéma tient à la capacité de la caméra à rendre visibles des éléments matériels réels. La deuxième proposition inverse précisément cette distinction.

17. Comment une forme peut-elle en générer une autre dans l’abstraction ?

Par une transformation plastique qui modifie formes, couleurs ou positions dans le champ
Par l’ajout d’un dialogue qui explique progressivement le sens de la composition
Par la conservation des mêmes contours tandis que seul le décor change autour d’eux
Par la reproduction fidèle d’un objet stable sans transformation de sa structure

Par une transformation plastique qui modifie formes, couleurs ou positions dans le champ

Explication

Dans l’abstraction, une forme en engendre une autre grâce à des transformations plastiques, comme l’intégration ou la désintégration, ainsi que la modification des couleurs et des positions. Une reproduction stable d’un objet ne décrit pas ce processus de génération formelle.

18. Qu’est-ce qui caractérise l’abstraction générative dans l’animation de formes ?

Une forme en engendre une autre dans un processus transitoire
Une composition juxtapose des figures sans transformation
Une image reproduit fidèlement un objet reconnaissable
Une forme fixe demeure identique pendant toute la séquence

Une forme en engendre une autre dans un processus transitoire

Explication

L’abstraction générative repose sur la naissance d’une forme à partir d’une autre, selon un processus évanescent et transitoire. Elle ne correspond donc pas à une représentation fixe qui resterait inchangée pendant la séquence.

19. Quel objectif Walter Ruttmann poursuit-il en passant de l’animation géométrique à la musicalité filmique ?

Formaliser l’esprit de la musique par les moyens du film
Traduire visuellement les paroles d’une œuvre chantée
Reproduire le fonctionnement d’un orchestre par des décors
Utiliser la musique comme simple accompagnement des images

Formaliser l’esprit de la musique par les moyens du film

Explication

Ruttmann cherche à formaliser l’esprit de la musique en faisant évoluer l’animation géométrique vers une véritable musicalité filmique. Cette démarche dépasse l’usage de la musique comme simple accompagnement sonore.

20. Comment la musique visuelle produit-elle une expérience analogue à la musique ?

Elle remplace les mouvements par une succession de tableaux fixes
Elle associe des images narratives à une musique préenregistrée
Elle illustre chaque son par une image reconnaissable
Elle organise formes, couleurs et mouvements dans le temps

Elle organise formes, couleurs et mouvements dans le temps

Explication

La musique visuelle combine les formes, les couleurs et les mouvements dans une organisation temporelle qui rappelle la musique. Elle ne se réduit pas à illustrer directement chaque son par une image.

21. Comment Norman McLaren obtient-il un son synthétique à partir d’une bande sonore optique ?

Il filme des instruments et convertit leurs mouvements en sons
Il place des objets devant l’objectif pendant la prise de vue
Il dessine ou grave des motifs directement sur la bande
Il enregistre un orchestre puis synchronise sa piste sonore

Il dessine ou grave des motifs directement sur la bande

Explication

McLaren produit le son synthétique en dessinant, gravant ou imprimant photographiquement des motifs sur la bande sonore optique. Il ne s’agit donc pas d’un accompagnement musical enregistré séparément.

22. Que cherche Mary Ellen Bute à offrir aux spectateurs dans ses films abstraits ?

Une reproduction visuelle des instruments entendus
Une combinaison de formes qui suit la structure musicale
Une succession d’images narratives liée aux paroles
Une composition fixe destinée à accompagner la projection

Une combinaison de formes qui suit la structure musicale

Explication

Bute veut proposer aux yeux une combinaison de formes visuelles déployée selon le développement thématique et les cadences rythmiques de la musique. Son approche ne consiste pas à reproduire les instruments ni à construire une narration illustrée.

23. Comment Len Lye conçoit-il le rapport entre les images et la musique dans A Colour Box ?

Il traduit directement chaque élément musical par une forme correspondante
Il abandonne tout rapport temporel entre les images et la musique
Il fait coïncider chaque image avec un événement sonore prévisible
Il maintient la synchronisation tout en développant un contrepoint visuel

Il maintient la synchronisation tout en développant un contrepoint visuel

Explication

Dans A Colour Box, Lye garde les images en phase avec la musique tout en évitant de rendre leur danse prévisible grâce au contrepoint visuel. Cette méthode se distingue d’une traduction directe ou d’une correspondance mécanique entre sons et images.

24. Quel procédé Norman McLaren emploie-t-il dans Blinkity Blank pour faire apparaître et disparaître les figures colorées ?

Il superpose des images filmées avec des fondus continus
Il peint des décors transparents puis les éclaire progressivement
Il photographie des objets réels devant un écran uniformément éclairé
Il grave des figures sur une pellicule noire et utilise des intermittences de noir

Il grave des figures sur une pellicule noire et utilise des intermittences de noir

Explication

Dans Blinkity Blank, McLaren grave directement des figures autonomes sur une pellicule noire et recourt à des intermittences de noir pour régler leur apparition. Le procédé repose donc sur l’intervention directe sur la pellicule et sur le clignotement visuel.

25. Quelle conception du cinéma définit le cinéma pur ?

Un art autonome fondé sur les puissances visuelles, rythmiques et plastiques de l’image
Un spectacle combinant principalement dialogues, décors et interprétation scénique
Une technique destinée à reproduire fidèlement la réalité observable
Un art qui adapte des œuvres littéraires avec les conventions du théâtre

Un art autonome fondé sur les puissances visuelles, rythmiques et plastiques de l’image

Explication

Le cinéma pur conçoit le cinéma comme un art autonome qui privilégie les forces visuelles, rythmiques et plastiques de l’image. Il cherche ainsi à se dégager des modèles littéraires, théâtraux et picturaux.

26. Quel événement Riccioto Canudo associe-t-il à la reconnaissance du cinéma comme septième art ?

La réalisation de L’Assassinat du duc de Guise en 1908
L’organisation des premières conférences consacrées au cinéma abstrait
La publication du Manifeste des sept arts en 1923
La création des premiers ciné-clubs français dans les années 1920

La publication du Manifeste des sept arts en 1923

Explication

Dans le Manifeste des sept arts publié en 1923, Riccioto Canudo consacre le cinéma au rang de septième art. Cette reconnaissance distingue le cinéma d’une conception limitée à l’industrie ou à la simple reproduction du réel.

27. Comment les cinéastes purs cherchent-ils l’abstraction à partir de la réalité visible ?

Ils la remplacent par des récits théâtraux joués devant des décors réalistes
Ils la réduisent à des effets sonores indépendants des formes observées
Ils la transfigurent ou la réorganisent pour créer une expérience renouvelée
Ils la reproduisent avec précision afin de préserver son apparence immédiate

Ils la transfigurent ou la réorganisent pour créer une expérience renouvelée

Explication

Les cinéastes purs extraient l’abstraction du visible en transfigurant la réalité pour étudier des phénomènes ou en la réorganisant afin de produire une expérience poético-sensible nouvelle. Leur objectif n’est donc pas de conserver intacte l’apparence immédiate du réel.

28. Comment Jean Epstein définit-il la photogénie au cinéma ?

Une fidélité technique obtenue par une photographie nette
Une qualité morale accrue par la reproduction cinématographique
Une organisation narrative destinée à renforcer l’émotion
Une beauté visuelle présente avant toute prise de vue

Une qualité morale accrue par la reproduction cinématographique

Explication

Pour Jean Epstein, la photogénie désigne l’accroissement de la qualité morale des choses, des êtres et des âmes par leur reproduction cinématographique. Elle ne se réduit donc pas à une beauté photographique préalable à la prise de vue.

29. Quel effet le ralenti et l’accéléré produisent-ils selon Jean Epstein ?

Ils rendent le monde fluide en rompant le temps commun
Ils stabilisent la durée en respectant le rythme quotidien
Ils rapprochent la perception filmique d’une observation scientifique
Ils remplacent les images par une narration plus explicative

Ils rendent le monde fluide en rompant le temps commun

Explication

Le ralenti et l’accéléré détruisent le temps commun et rendent le monde fluide, ce qui permet au film de reproduire la temporalité multitemporelle du rêve. Ils ne cherchent donc pas à préserver une durée quotidienne stable.

30. Que désigne le terme « cinégraphisme » forgé par Marcel L’Herbier ?

Une théorie privilégiant les dialogues afin de préciser l’action filmée
Une méthode de cinéma fondée sur l’organisation progressive de l’intrigue
Une conception du cinéma fondée sur l’image et le dessin en mouvement
Une technique de montage destinée à reproduire le déroulement d’un récit

Une conception du cinéma fondée sur l’image et le dessin en mouvement

Explication

Le cinégraphisme accorde la prééminence à l’image et au dessin en mouvement plutôt qu’au récit. Il se distingue ainsi d’une conception qui ferait de l’organisation de l’intrigue le principe directeur du film.

31. Sur quoi Germaine Dulac fonde-t-elle l’émotion dans son idée d’un cinéma pur ?

Sur la clarté du récit et la continuité des actions montrées
Sur les vibrations visuelles, la durée et les rapports entre les images
Sur la psychologie des personnages et la progression de leurs conflits
Sur la fidélité documentaire des gestes et des décors représentés

Sur les vibrations visuelles, la durée et les rapports entre les images

Explication

Germaine Dulac conçoit l’émotion comme le résultat de vibrations visuelles, de la longueur des images, ainsi que de leurs oppositions et accords. Le personnage n’est donc pas l’unique origine de l’émotion cinématographique.

32. Comment Stan Brakhage réalise-t-il Motlight en 1963 ?

En assemblant des plans documentaires tournés dans un atelier éclairé
En projetant des photographies de plantes sur des décors progressivement agrandis
En plaçant des éléments naturels entre deux bandes de pellicule exposées à la lumière
En filmant des insectes avec une caméra mobile dans un paysage nocturne

En plaçant des éléments naturels entre deux bandes de pellicule exposées à la lumière

Explication

Motlight est réalisé sans caméra, grâce à des feuilles, des brins d’herbe et des ailes de papillons placés entre deux bandes de pellicule puis brûlés par la lumière. L’œuvre ne repose donc pas sur une prise de vue traditionnelle d’insectes.

33. Quelle conception de la vision Motlight met-elle en jeu ?

Une observation distante où le regard identifie les êtres avec précision
Une expérience organique et haptique où voir revient à toucher
Une perception narrative où chaque forme reçoit une fonction dramatique
Une vision panoramique où l’espace est maîtrisé par un point de vue stable

Une expérience organique et haptique où voir revient à toucher

Explication

Motlight fait de la vue une expérience organique et haptique, résumée par l’idée que voir revient à toucher. Cette conception s’oppose à un regard qui surplombe le vivant pour le nommer et le désigner.

34. Quelle structure visuelle caractérise Wavelength de Michael Snow ?

Un zoom avant très lent de cinq minutes allant du loft vers une photo de vagues
Une succession rapide de plans montrant plusieurs paysages marins depuis des points de vue différents
Un montage alterné reliant des personnages du loft à des images de vagues filmées en mer
Une caméra immobile observant un loft sans modification de l’échelle du cadre

Un zoom avant très lent de cinq minutes allant du loft vers une photo de vagues

Explication

Wavelength consiste en un plan-séquence formé par un zoom avant très lent, qui conduit d’une vue grand angle du loft à une photographie de vagues. Le film ne repose donc pas sur une succession de plans montée de façon classique.

35. Comment Motlight inverse-t-il le rapport entre la vision et le vivant ?

La vision devient indépendante des matières biologiques utilisées dans le film
Le vivant est organisé par un regard qui identifie chaque forme avec précision
Le regard transforme les insectes en personnages définis par une intrigue
La vision est déterminée par le vivant plutôt que par un regard qui le nomme

La vision est déterminée par le vivant plutôt que par un regard qui le nomme

Explication

En décomposant l’insecte et la vue elle-même, Motlight fait dépendre la vision du vivant. Cette logique s’oppose à un regard qui surplomberait les êtres pour les nommer et les désigner.

36. Que signifie la formule « voir c’est toucher » dans l’effet haptique ?

La vision organise les objets selon leur fonction dans un récit
La vision remplace les sensations corporelles par une interprétation mentale
La vision est conçue comme une expérience qui engage le toucher
La vision devient une analyse distante des contours et des surfaces

La vision est conçue comme une expérience qui engage le toucher

Explication

L’effet haptique associe directement la vision au toucher, selon la formule « voir c’est toucher ». Il ne s’agit donc pas d’une perception distante réduite à l’identification intellectuelle des formes.

37. Quel dispositif produit la vision déshumanisée de l’espace dans Wavelenght de Michael Snow ?

Un très long zoom avant accompagné d’un signal sinusoïdal croissant
Un panoramique circulaire organisant les événements selon leur importance
Un montage alterné reliant les personnages à leurs actions
Une caméra portée suivant attentivement les déplacements dans le loft

Un très long zoom avant accompagné d’un signal sinusoïdal croissant

Explication

Le film associe un zoom avant de cinq minutes à un signal sinusoïdal qui s’amplifie, tandis que la caméra demeure indifférente aux événements. Le montage alterné et la caméra attentive décriraient au contraire un regard humain orienté vers l’action.

38. Dans Wavelenght, quel effet produit la progression continue du zoom sur les événements représentés ?

Elle relie les événements par des raccords spatiaux de plus en plus précis
Elle interrompt les événements pour privilégier les réactions des personnages
Elle laisse les événements coexister sans les organiser en récit
Elle transforme les événements en une intrigue progressivement clarifiée

Elle laisse les événements coexister sans les organiser en récit

Explication

Le zoom avance continûment alors que les personnages et les transformations visuelles se succèdent, sans que ces éléments deviennent une action narrative organisée. Une intrigue clarifiée ou des raccords spatiaux précis supposeraient une construction narrative que le dispositif évite.

39. Comment la caméra de La région centrale produit-elle des mouvements non humains et décorporéisés ?

Elle avance sur un rail selon une trajectoire rectiligne et prévisible
Elle est fixée à un bras articulé qui décrit des circuits illogiques
Elle reste immobile face à un paysage dont la lumière se transforme
Elle est portée à l’épaule et suit les déplacements d’un personnage

Elle est fixée à un bras articulé qui décrit des circuits illogiques

Explication

Le bras articulé permet à la caméra de suivre des circuits illogiques et d’agir comme un instrument de mobilité absolue. Une caméra portée ou guidée par une trajectoire prévisible maintiendrait des repères corporels et spatiaux plus familiers.

40. Sur quel aspect du cinéma les films de Louise Bourque concentrent-ils leur travail ?

Sur le contenu narratif des images sans modification de leur support
Sur la matérialité de la pellicule et ses transformations physiques
Sur la continuité du récit obtenue par un montage de plans intacts
Sur la reconstitution documentaire des lieux associés aux images trouvées

Sur la matérialité de la pellicule et ses transformations physiques

Explication

Bourque travaille directement la pellicule par des manipulations tactiles, des développements manuels, la tireuse optique et la décomposition photochimique. Réduire son approche au contenu des images négligerait précisément le support matériel qu’elle transforme.

41. Que découvre Louise Bourque lorsqu’elle déterre les chutes de pellicule enfouies cinq ans auparavant ?

Les images ont été remplacées par des fragments provenant du jardin familial
Les bobines ont conservé leur état initial grâce à la protection du sol
Les bords de la pellicule se sont décomposés sous l’effet de l’enfouissement
La pellicule s’est réorganisée en séquences lisibles après son développement

Les bords de la pellicule se sont décomposés sous l’effet de l’enfouissement

Explication

Après leur enfouissement en 1996 et leur exhumation cinq ans plus tard, les chutes présentent une décomposition sur les bords. L’enfouissement n’a donc pas assuré leur conservation, même s’il constituait l’opération initiale.

42. Quelle double signification le visage retrouvé dans la pellicule décomposée prend-il dans Self Portrait Post Mortem ?

Il devient à la fois une preuve documentaire et un souvenir familial intact
Il devient à la fois une image abstraite et une scène de retour au foyer
Il devient à la fois une image de mort et un autoportrait de renaissance
Il devient à la fois une figure héroïque et un portrait d’autrui

Il devient à la fois une image de mort et un autoportrait de renaissance

Explication

La décomposition de la pellicule associe le visage à une image de mort, tandis que sa réapparition construit un autoportrait de renaissance. Un souvenir intact ne rendrait pas compte de cette tension entre destruction matérielle et renaissance.

43. Quelle caractéristique définit principalement la symphonie urbaine ?

Elle reconstitue l’histoire d’une ville par des témoignages chronologiques
Elle suit le destin d’un individu dans plusieurs lieux au fil d’une journée
Elle porte le portrait d’une ville sur une journée selon un montage musical
Elle décrit un événement urbain à travers une intrigue centrée sur quelques personnages

Elle porte le portrait d’une ville sur une journée selon un montage musical

Explication

La symphonie urbaine prend une ville comme sujet principal, en exaltant son rythme au cours d’une journée et en adoptant une écriture musicale du montage. Un film centré sur un individu ou sur une intrigue de personnages ne correspond pas à cette définition.

44. Quelle affirmation décrit correctement le genre de la symphonie urbaine ?

Il se limite à des récits de fiction consacrés à la vie citadine
Il peut être documentaire, fictionnel ou expérimental selon l’œuvre
Il repose sur des œuvres documentaires excluant toute mise en scène
Il rassemble des films expérimentaux dépourvus de référence à une ville

Il peut être documentaire, fictionnel ou expérimental selon l’œuvre

Explication

La symphonie urbaine regroupe des œuvres de statuts variés, notamment documentaires, fictionnelles ou expérimentales, dès lors qu’elles organisent le portrait rythmique d’une ville. La réduire au documentaire strict confond une tendance fréquente du genre avec sa définition générale.

45. Pourquoi Manhatta, réalisé en 1922 par Charles Sheeler et Paul Strand, occupe-t-il une place importante dans la symphonie urbaine ?

Il documente la construction d’un monument new-yorkais au moyen d’archives officielles
Il propose la première fiction américaine centrée sur une famille vivant à New York
Il inaugure un cycle de films sonores consacrés aux quartiers industriels de Manhattan
Il constitue un emblème du genre et est parfois considéré comme le premier film avant-gardiste américain

Il constitue un emblème du genre et est parfois considéré comme le premier film avant-gardiste américain

Explication

Manhatta est présenté comme un emblème de la symphonie urbaine et peut être considéré comme le premier film avant-gardiste américain. Cette importance tient à sa forme et à sa place historique, non à une fiction familiale ou à un programme d’archives officielles.

46. Comment Manhatta représente-t-il principalement la relation entre la ville et la présence humaine ?

Il montre des habitants autonomes qui transforment librement l’organisation de la ville
Il suit un protagoniste dont le parcours révèle progressivement les quartiers de Manhattan
Il alterne des portraits rapprochés afin de donner une identité singulière à chaque habitant
Il privilégie les formes urbaines et réduit les individus à des foules ou à des travailleurs

Il privilégie les formes urbaines et réduit les individus à des foules ou à des travailleurs

Explication

Le film privilégie les plongées, les panoramiques ascendants, les façades et les surfaces géométriques, tandis que les humains apparaissent comme des foules ou des travailleurs subordonnés à l’urbanisme. Un parcours individuel ou des portraits autonomes placeraient au contraire l’expérience humaine au centre.

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Qu'est-ce que le cinéma expérimental ?

Des films hors du cinéma industriel, difficiles à classer.

Quelle logique caractérise le cinéma industriel ?

Une logique représentative et narrative.

Que fait le cinéma expérimental par rapport au récit ?

Il explore les formes hors des contraintes du récit et de la représentation.

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