★ À maîtriser
La paix durable ne se réduit pas à la cessation des hostilités : elle doit prendre en compte les enjeux du conflit et la manière dont il s’est déroulé.
Une guerre civile, même internationalisée, ne se règle pas comme une guerre entre États, car elle suppose que les acteurs locaux acceptent une projection sur l’avenir politique du pays déchiré.
Pour Clausewitz, la tactique est la théorie de l’emploi des forces au combat, tandis que la stratégie est la théorie de l’emploi des combats en vue de la décision finale.
Clausewitz distingue la guerre absolue, essence théorique de la guerre, de la guerre réelle, où les adversaires interagissent dans le brouillard et les frictions, sous l’effet du hasard et des circonstances.
Clausewitz formule trois propositions fondamentales :
Dans la pensée de Clausewitz, la guerre est, avec la diplomatie, un moyen pour les États d’atteindre des objectifs de politique extérieure.
Compléments
La résolution d’un conflit dépend notamment de sa durée, de l’accumulation des violences et des désirs de vengeance, du nombre d’acteurs internationaux impliqués et du poids des enjeux territoriaux ou maritimes.
L’étude du thème relie les mutations et les permanences des conflits armés à la construction de la paix, au multilatéralisme et à l’action diplomatique.
Dans De la Guerre, œuvre inachevée publiée après la mort de Clausewitz par son épouse en 1832 et 1835, la pensée de l’auteur évolue au fil d’une quinzaine d’années.
Guerre absolue théorique ≠ guerre réelle soumise aux frictions
★ À maîtriser
📌 La diplomatie ne se limite ni à l’élaboration de traités ni à la représentation des États par leurs ambassadeurs : elle comprend aussi la négociation et les relations entretenues dans les organisations internationales.
Compléments
Le mot « diplomatie » apparaît en 1790-1791 pour désigner la science des rapports et des intérêts de puissance à puissance, selon la définition donnée par l’Académie française en 1798.
La diplomatie moderne s’appuie notamment sur la mise en place, aux XVe et XVIe siècles, d’ambassadeurs permanents résidant dans les autres États.
La tension entre conflit et coopération structure aussi les négociations diplomatiques.
★ À maîtriser
Une grille d’analyse des conflits contemporains peut examiner :
La définition d’une guerre contemporaine repose davantage sur la façon dont les acteurs évaluent les rapports de force territoriaux, militaires, politiques et sociaux que sur une typologie rigide des conflits.
Compléments
La guerre contre la drogue au Mexique oppose un État à des organisations criminelles internationales.
La guerre du Donbass associe un conflit entre États à un conflit à l’intérieur d’un État.
La guerre dans le Sahara et le Sahel oppose un groupe terroriste à des États en difficulté et à une coalition dirigée par une puissance occidentale.
Les acteurs peuvent choisir une logique d’affrontement intense, de guérilla ou de guerre d’usure, ou privilégier le règlement du conflit, ces logiques pouvant se combiner.
★ À maîtriser
📌 Dans le monde contemporain, les guerres civiles et les conflits intraétatiques augmentent tandis que la guerre interétatique tend à s’effacer, sans disparaître.
L’analyse géopolitique des guerres consiste à :
L’axe sur la dimension politique de la guerre interroge la capacité des États à encadrer les conflits, alors que leur source est davantage intraétatique, que des acteurs non étatiques interviennent et que les organisations internationales participent davantage aux tentatives de résolution.
Compléments
Après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’URSS, les pouvoirs faibles se multiplient et la crise d’États-nations instables s’accentue, avec la résurgence ou l’émergence de nationalismes.
Les conflits contemporains peuvent davantage reposer sur des logiques de criminalité organisée ou des enjeux idéologiques que sur celles de la guerre classique.
Fin de la guerre froide → multiplication des conflits intraétatiques et des pouvoirs faibles
★ À maîtriser
Au livre I de Vom Krieg, Clausewitz écrit que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens », le terme « politique » désignant alors la politique extérieure.
La guerre de Sept Ans, de 1756 à 1763, oppose notamment un axe prusso-britannique à un axe franco-autrichien et comprend des affrontements en Europe, en Amérique du Nord et dans les Indes.
📌 Clausewitz distingue la tactique, qui est l’art de mener les combats, de la stratégie, qui est l’art d’agencer les combats en vue de la victoire.
Clausewitz distingue trois facteurs :
Pour Clausewitz, Frédéric II et Napoléon recherchent la bataille décisive, qualifiée de « centre de gravité de la guerre ».
La rapidité de marche permet à Frédéric II et à Napoléon de battre plusieurs adversaires séparément avec une seule armée, au moyen d’une succession de batailles décisives.
Clausewitz affirme que la destruction directe des forces armées adverses doit primer sur toute autre considération et loue Frédéric II d’avoir poursuivi les armées vaincues.
Compléments
Lossau présente la guerre comme le moyen extrême des États pour obtenir par la force ce qui ne peut l’être par des moyens pacifiques.
Clausewitz cherche à faire comprendre à l’homme d’État les conditions du bon emploi de la guerre comme instrument politique, selon Éric Weill.
La Prusse de Frédéric II, forte de 5 millions d’habitants, affronte des coalisés regroupant 90 millions d’habitants pendant la guerre de Sept Ans.
Frédéric II remporte trois victoires :
La mort de la tsarine Élisabeth de Russie, le 5 janvier 1762, et son remplacement par le prussophile Pierre III sauvent Frédéric II d’une situation difficile.
Frédéric II écrase les Autrichiens à Burkersdorf le 21 juillet 1762.
Napoléon Bonaparte remporte 77 des 86 batailles qu’il livre au cours des guerres napoléoniennes.
📌 Clausewitz souligne la supériorité de la défensive sur l’offensive, illustrée par la stratégie défensive de Frédéric II à partir de 1761 et par l’enlisement de Napoléon en Espagne puis sa retraite en Russie.
Guerre absolue : modèle théorique ; guerre réelle : conflits concrets
★ À maîtriser
La guerre irrégulière comprend notamment : (Hubert Krolikowski) :
À la différence de la guerre régulière, la guerre irrégulière ne s’articule pas autour de la bataille.
Al-Qaida privilégie le terrorisme et la guérilla, tandis que Daech mène aussi une guerre de conquête et une guerre défensive pour protéger le territoire de son « État islamique ».
Al-Qaida vise à lutter contre l’influence américaine et à constituer des émirats pouvant choisir un jour de reconnaître un califat, tandis que Daech cherche à édifier un « État du califat islamique » auquel tous les musulmans devraient faire allégeance.
Al-Qaida ne recherche pas nécessairement la bataille décisive et disperse ses actions, tandis que Daech livre la bataille de Mossoul en 2014 pour constituer son califat autoproclamé puis la bataille de Mossoul de 2016 à 2017 pour y mettre fin.
La victoire définitive et le règlement du conflit sont difficiles à atteindre pour les États menacés par Al-Qaida et Daech, malgré leur rôle dans l’organisation des ripostes et des coalitions.
📌 Les guerres menées par Al-Qaida et Daech s’écartent du modèle de Clausewitz par le refus de la régulation internationale, leur asymétrie, la distinction possible entre logique militaire et politique et une territorialisation bouleversée.
Compléments
Le terme « terrorisme » désigne d’abord, pendant la phase radicale de la Révolution française, une politique d’État destinée à semer l’effroi parmi les adversaires réels ou supposés du régime.
Avant 1914, les attentats terroristes visent surtout des responsables politiques et poursuivent immédiatement une finalité politique, les autres victimes étant des victimes collatérales.
La guerre irrégulière, théorisée au XVIIIe siècle sous le nom de « petite guerre », est une réalité ancienne à laquelle des unités spéciales des armées étaient affectées.
En Espagne, Napoléon se heurte à la guérilla, une nouvelle forme de guerre irrégulière dont le nom apparaît alors.
Al-Qaida associe le déclenchement de la guerre à l’invasion soviétique de l’Afghanistan puis à la présence militaire américaine en Arabie saoudite pendant la guerre du Golfe.
Daech associe le déclenchement de la guerre à l’intervention américaine de 2003 en Irak puis à la prise du pouvoir par les chiites.
📌 La mobilité des groupes et la défensive sur de vastes territoires accidentés favorisent la guérilla d’Al-Qaida, tandis que les frappes aériennes contre Daech montrent leurs limites et que les opérations au sol restent importantes.
Al-Qaida privilégie le réseau terroriste ; Daech vise aussi un territoire étatique
★ À maîtriser
La paix d’Augsbourg de 1555 impose le principe cujus regio, ejus religio, selon lequel la religion du prince détermine celle de son territoire.
La guerre prend une dimension européenne avec l’intervention des Espagnols et des Danois, puis de la Suède à partir de 1631 et de la France ouvertement à partir de 1635.
Compléments
Le Saint-Empire romain germanique se présente comme l’héritier de l’Empire carolingien depuis la Restauratio imperii d’Otton Ier en 962, et revendique ainsi une succession de l’Empire romain d’Occident.
Dans le Saint-Empire, l’Empereur est élu par les princes-électeurs, mais depuis 1438 il est toujours un Habsbourg.
Devenu roi de Bohême en 1617, Ferdinand II cherche à y rétablir le catholicisme, ce qui contribue au soulèvement des nobles de Bohême en 1618.
La France, bien que catholique, intervient contre les Habsbourg, qui la prennent en tenaille entre l’Espagne et l’Autriche, et son intervention ouvre un affrontement franco-espagnol.
La fracture religieuse déstabilise l’Empire ; les rivalités dynastiques élargissent le conflit
★ À maîtriser
La longueur de la guerre de Trente Ans, les ravages causés par le pillage des armées et l’endettement des belligérants conduisent à l’ouverture de négociations de paix.
Les représentants de l’empereur négocient séparément avec les puissances protestantes et catholiques à Münster et à Osnabrück, deux villes neutralisées alors que les combats continuent.
Les négociations de Westphalie aboutissent à deux traités principaux signés le 24 octobre 1648 : le traité d’Osnabrück entre l’empereur et la Suède, et le traité de Münster entre l’empereur, la France et ses alliés impériaux.
Compléments
Les délégations des négociations de Westphalie sont nombreuses, avec 420 Français, 155 Suédois et 147 Espagnols.
Parmi les négociateurs, 40 % ont une formation universitaire, généralement juridique, et 40 % possèdent une expérience diplomatique.
Les négociations sont ralenties par :
★ À maîtriser
La Suède obtient la partie occidentale de la Poméranie, tandis que le Brandebourg en reçoit la partie orientale.
La France reçoit les droits des Habsbourg sur la Décapole d’Alsace, dont Mulhouse ne fait plus partie, ainsi que la ville de Brisach en pleine souveraineté.
Compléments
Les évêchés de Brême et de Verden sont sécularisés et attribués à la Suède.
La France acquiert officiellement les territoires suivants :
Les gains français gênent les communications terrestres entre les Pays-Bas du Sud et l’Espagne par l’Italie du Nord vers la Méditerranée.
★ À maîtriser
📌 Les États de l’Empire peuvent conclure des alliances, sauf contre l’empereur ou pour remettre en cause la paix de Westphalie.
📌 L’empereur ne peut pas intervenir dans le gouvernement intérieur des États de l’Empire.
Compléments
Le calvinisme est reconnu dans l’Empire, où protestants et catholiques peuvent coexister au sein de certains États.
La Diète, qui représente traditionnellement les États de l’Empire, est associée à l’empereur pour les grandes décisions politiques.
Les projets d’une monarchie catholique unissant la chrétienté occidentale sont abandonnés ; le Saint-Empire ne sera pas catholique et les Habsbourg renoncent aux Provinces-Unies et aux cantons suisses, dont l’indépendance est reconnue.
Les États signataires sont collectivement garants de la paix de Westphalie.
Les congressistes sont influencés par Hugo de Groot, dit Grotius, auteur du Droit de la guerre et de la paix, paru en 1625.
L’équilibre entre États souverains vise à contenir toute puissance hégémonique.
★ À maîtriser
Kofi Annan est secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006 et reçoit le prix Nobel de la paix en 2001.
En 2004, Kofi Annan reconnaît les insuffisances de la politique onusienne face au génocide des Tutsi.
Le principe de la « responsabilité de protéger », retenu comme une sorte de droit d’ingérence humanitaire, est associé à l’action de Kofi Annan. - Chloé Maurel
Compléments
Kofi Annan devient fonctionnaire à l’Organisation mondiale de la Santé à l’âge de 24 ans.
Kofi Annan travaille à l’ONU depuis de nombreuses années lorsqu’il en devient secrétaire général et cherche à moderniser son fonctionnement administratif.
À partir de 1993, Kofi Annan est sous-secrétaire général chargé du département des opérations de maintien de la paix auprès de Boutros Boutros-Ghali.
Kofi Annan est nommé secrétaire général après le veto de l’administration Clinton à la candidature de Boutros Boutros-Ghali pour un second mandat.
★ À maîtriser
Les États-Unis refusent de signer le traité fondateur de la Cour pénale internationale et de s’y associer.
L’ONU ne parvient pas à empêcher la seconde guerre du Golfe, et l’OTAN, plutôt que l’ONU, règle finalement la situation de l’ex-Yougoslavie.
Le mandat de Kofi Annan correspond à une relance nette des interventions de l’ONU, associant de plus en plus concrètement les pays en développement.
Compléments
Le rapport Nous les peuples (2000) met en place les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
La Cour pénale internationale est créée en 1998.
Le « pacte mondial » de 2000 associe des multinationales à l’action de l’ONU et traduit une volonté d’ouverture à la société civile.
Le projet d’élargissement du Conseil de sécurité échoue et le rapport de 2000 sur la création d’unités d’intervention permanentes ne reçoit pas de suite.
La tension demeure entre les partisans d’une association volontaire des multinationales aux objectifs de développement et ceux qui refusent cette participation ou souhaitent contrôler leurs actions.
Kofi Annan affirme que « les États-Unis ont besoin de l’ONU et l’ONU a besoin des États-Unis », mais l’adhésion américaine au multilatéralisme demeure conditionnelle.
Madeleine Albright résume la position américaine par la formule « multilatéraux quand nous le pouvons, unilatéraux quand nous le devons ».
Parmi les succès des interventions de l’ONU figurent : l’accompagnement du Timor oriental vers l’indépendance, la médiation entre l’Éthiopie et l’Érythrée, l’intervention en Sierra Leone, l’intervention au Liberia
L’ONU agit au nom du multilatéralisme, mais l’adhésion américaine reste conditionnelle.
★ À maîtriser
De 1948 à 1979, le conflit israélo-arabe évolue vers le conflit israélo-palestinien, tandis que les tentatives de règlement par la confrontation montrent leurs impasses.
La conscience nationale palestinienne s’affirme dans les années 1960, notamment avec la charte de l’OLP en 1964, puis se renforce après la guerre des Six-Jours avec une stratégie d’attentats et d’internationalisation du conflit.
Compléments
La création de l’État d’Israël pose la question du règlement d’un conflit territorial de trente ans et de la répartition des populations juives et arabes dans le contexte de la fin du mandat britannique et de l’après-Seconde Guerre mondiale.
Après 1948, les Palestiniens sont déplacés et la question des réfugiés palestiniens devient un enjeu durable du conflit.
Le sionisme israélien vise à faire accepter l’État d’Israël par les Britanniques et la communauté internationale, y compris par le recours à la violence, notamment aux attentats et aux organisations militaires.
Les victoires israéliennes face aux pays arabes renforcent le nouvel État en lui donnant l’avantage dans le rapport de force.
Le panarabisme refuse l’existence d’Israël et englobe les Palestiniens au-dessus des nationalismes des pays arabes déjà indépendants, notamment l’Égypte, la Jordanie et l’Irak.
L’échec du projet panarabe après 1967 favorise la mise en avant des logiques nationales, illustrée notamment par la Jordanie et Septembre noir.
L’ONU tente plusieurs règlements, notamment avec le plan de partage de 1947-1948 et les résolutions suivant la guerre des Six-Jours, mais son image d’impuissance demeure face aux logiques locales et aux tensions entre puissances.
Pendant la guerre froide, les États-Unis soutiennent Israël tandis que l’URSS soutient des pays arabes comme l’Égypte de Nasser et la Syrie.
En 1977, la visite d’Anouar el-Sadate à la Knesset annonce le basculement de l’Égypte, le traité de paix avec Israël et l’ouverture d’une nouvelle période du conflit.
Conflit israélo-arabe → affirmation du nationalisme palestinien → négociations de paix.
★ À maîtriser
📌 La Jordanie et l’Égypte acceptent de négocier avec Israël, contrairement à la Syrie et au Liban, qui rejettent cette évolution.
Compléments
Sous les gouvernements travaillistes, Israël cherche, sous patronage américain, un compromis avec les Palestiniens, tandis que la droite israélienne conteste fortement cette orientation.
Le Hamas développe une logique plus radicale et ses attentats pèsent sur les négociations, notamment sur le retour des réfugiés palestiniens.
L’Arabie saoudite affirme sa puissance régionale en jouant un rôle d’intermédiaire, alors que les États arabes se retirent des négociations sur le conflit.
Normalisation entre États arabes, mais face-à-face toujours conflictuel entre Israël et les Palestiniens
★ À maîtriser
L’ONU soutient une solution à deux États, condamne la colonisation et participe au processus de paix, mais laisse l’initiative au gouvernement américain; les demandes d’inscription de la Palestine à l’ONU restent bloquées.
En 1978, les accords de Camp David scellent la paix entre l’Égypte et Israël et permettent la récupération du Sinaï, tout en provoquant de fortes tensions dans le reste du monde arabe.
En 1987, l’Intifada se déclenche et le Hamas publie son premier communiqué à Gaza.
En 1988, le Conseil national palestinien proclame l’indépendance de l’État de Palestine et reconnaît l’État d’Israël.
En 1993, les accords d’Oslo sont signés.
En 2000, le sommet de Camp David II échoue et la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des Mosquées déclenche la deuxième Intifada.
Depuis 2001, l’absence de règlement maintient un statu quo favorable à Israël, tandis que les puissances étrangères ont une influence plus limitée et que les puissances régionales affirment leurs logiques.
Les gouvernements Sharon puis Netanyahou durcissent la politique israélienne par des réponses militaires aux attentats, des offensives à Gaza et au Liban, la colonisation, la construction d’un mur en Cisjordanie et des acquisitions foncières dans la partie arabe de Jérusalem.
📌 Les Palestiniens sont politiquement divisés entre le Fatah, basé en Cisjordanie, et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ce qui affaiblit leur capacité à être entendus comme interlocuteurs.
📌 Le conflit se déploie aux échelles locale, régionale et mondiale, mais se concentre de plus en plus sur un face-à-face asymétrique entre Israël et les Palestiniens.
La petite taille du territoire palestinien, son partage, les colons et les réfugiés rendent les concessions nécessaires à une paix durable particulièrement difficiles et entretiennent un statu quo favorable au plus puissant.
La mort de Rabin brise une dynamique de paix que ses successeurs ne relancent pas réellement, mais les questions de sécurité israélienne, les divisions et faiblesses palestiniennes, le retour des réfugiés et les contraintes territoriales contribuent aussi au blocage.
Compléments
La domination américaine dans l’organisation de la paix s’affirme avec le déclin de l’URSS et le rapprochement de l’Égypte avec Israël après Camp David.
En 1994, l’Autorité palestinienne est créée.
En 1995, Yitzhak Rabin est assassiné.
Le retrait israélien de Gaza et les discussions sur certaines zones ne mettent pas fin au refus d’un État palestinien, sous la pression des colons et dans une société israélienne centrée sur la sécurité.
Concessions difficiles → statu quo favorable à l’acteur en position de force
★ À maîtriser
Saddam Hussein envahit le Koweït pour obtenir par la force ce qu’il estime dû à l’Irak après l’effort de guerre contre l’Iran.
La première guerre du Golfe est un conflit interétatique opposant un agresseur identifié à des puissances réunies pour préserver les équilibres régionaux, dans un contexte où le blocage de l’ONU lié à la guerre froide a pris fin.
Un consensus international permet une intervention rapide de l’ONU sous commandement américain, que le président américain présente comme un modèle de nouvel ordre mondial fondé sur la paix et les valeurs démocratiques.
📌 L’image d’une guerre propre symbolisée par les « frappes chirurgicales » contraste avec un Irak ravagé, dont les infrastructures sont détruites et où la population ne peut vivre correctement, voire survivre.
Compléments
Après dix ans de guerre contre l’Iran, Saddam Hussein estime que l’Irak mérite une aide à la reconstruction des États-Unis et de l’Arabie saoudite, notamment par une hausse des cours du pétrole, mais ces pays ne veulent pas que l’Irak devienne trop puissant.
Saddam Hussein pense que l’effondrement de l’URSS empêchera une réaction internationale à l’invasion du Koweït.
« Guerre propre » affichée, pays ravagé et régime maintenu
★ À maîtriser
📌 L’ONU propose de flécher les revenus pétroliers vers des projets bénéficiant à la population, tandis que les États-Unis imposent la formule « pétrole contre nourriture », où l’ONU gère directement ces revenus pour écarter le gouvernement irakien.
Le rejet de la formule « pétrole contre nourriture » par Saddam Hussein bloque le règlement et aggrave la situation de la population irakienne, utilisée par le régime comme arme politique contre les États-Unis et comme argument pour se présenter en victime.
Au début des années 2000, Saddam Hussein semble politiquement renforcé alors que l’Irak reste très affaibli; après les attentats du 11 septembre 2001, un consensus se forme aux États-Unis pour une nouvelle intervention.
En 2003, les États-Unis interviennent seuls, de façon unilatérale, pour solder les questions restées en suspens, notamment en invoquant les armes de destruction massive, alors que leur disparition est présentée comme une réussite du règlement antérieur.
Compléments
Le maintien de Saddam Hussein conduit les États-Unis à chercher à reconstruire l’Irak sans renforcer son régime, en permettant la commercialisation du pétrole et en encadrant l’usage de ses revenus.
En mai 1996, Madeleine Albright défend à l’émission 60 Minutes le prix humain des restrictions en déclarant : « Je pense que c’est un choix très difficile, mais le prix – nous pensons que le prix en vaut la peine ».
Le règlement de la guerre divise de plus en plus l’ONU et les puissances, notamment parce que les pays du Moyen-Orient, la France et la Russie s’éloignent de la vision américaine.
George W. Bush met fin à la vision multilatérale développée par son père douze ans auparavant en choisissant une intervention qui divise profondément la communauté internationale.
Blocage après 1991 → consensus américain pour une nouvelle intervention
★ À maîtriser
La campagne militaire de 2003 débute le 19 mars, Bagdad tombe le 9 avril et la guerre est considérée comme terminée le 1er mai.
Après la campagne militaire, les États-Unis restent en Irak comme force occupante jusqu’en 2004, puis soutiennent le nouveau gouvernement dans un contexte de guerre civile jusqu’en 2011.
Le rejet de l’autorité américaine par des groupes d’insurgés fait basculer l’Irak dans une guerre asymétrique, tandis que les scandales, notamment celui de la prison d’Abou Ghraib, dégradent fortement l’image des États-Unis.
À partir de 2006, des groupes sunnites refusent la victoire électorale des chiites, majoritaires dans le pays et jusque-là écartés du pouvoir, dans un contexte de déliquescence de l’État irakien et de montée des logiques confessionnelles.
La guerre civile irakienne s’étend notamment avec la question kurde et la naissance de l’État islamique d’Irak, qui devient Daech et s’impose dans la région en 2013-2014, favorisé par le retrait américain et le chaos de la guerre civile syrienne.
Compléments
La coalition associe un discours de construction d’un Irak démocratique à une méconnaissance de la réalité du pays, ce qui contribue à l’échec de son projet politique.
Les conflits de l’après-guerre froide deviennent plus instables et complexes, tandis que les grandes puissances peinent à comprendre les réalités nouvelles et voient leur influence remise en cause.
Chute de Bagdad → occupation → guerre civile → Daech
Al-Qaida et Daech
| Dimension | Al-Qaida | Daech |
|---|---|---|
| Modes de guerre | Terrorisme et guérilla | Terrorisme, guérilla, conquête et défense |
| Projet politique | Lutter contre l’influence américaine et constituer des émirats | Édifier un État du califat islamique |
| Bataille décisive | Actions disséminées, sans recherche nécessaire de bataille | Bataille de Mossoul en 2014, puis en 2016-2017 |
| Déclenchement invoqué | Invasion soviétique puis présence américaine en Arabie saoudite | Intervention américaine en Irak en 2003 puis prise de pouvoir par les chiites |
Teste tes connaissances sur Conflits au Moyen-Orient avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Après une guerre, les combats cessent, mais les causes du conflit et les violences qui l’ont marqué restent sans réponse. Que faudrait-il ajouter pour construire une paix durable ?
2. Quelle distinction Clausewitz établit-il entre la guerre absolue et la guerre réelle ?
Mémorisez les concepts clés de Conflits au Moyen-Orient avec 10 flashcards interactives.
Quels enjeux une paix durable doit-elle prendre en compte au-delà de la cessation des hostilités ?
Les enjeux du conflit et la manière dont il s’est déroulé.
Qu’est-ce qui conditionne l’acceptation d’une projection politique future dans une guerre civile internationalisée ?
L’acceptation de cette projection par les acteurs locaux.
Quelle définition l’Académie française donne-t-elle à la « diplomatie » en 1798 ?
La science des rapports et des intérêts de puissance à puissance.
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