QCM : Conscience et inconscient (41 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle évolution caractérise le sens du mot « conscience » à partir du XVIIe siècle ?

Il désigne aussi la connaissance que l’esprit a de ses opérations et de ses expériences.
Il désigne la faculté de distinguer les perceptions vraies des perceptions trompeuses.
Il désigne désormais la capacité de mesurer les conséquences sociales de ses actes.
Il désigne principalement le souvenir des règles morales apprises pendant l’enfance.

Il désigne aussi la connaissance que l’esprit a de ses opérations et de ses expériences.

Explication

À partir du XVIIe siècle, le terme désigne également la connaissance par l’esprit de ses propres opérations et expériences. La distinction des perceptions vraies et trompeuses ne constitue pas le changement de sens indiqué ici.

2. Une personne observe ses propres pensées et prend conscience de son état intérieur : vers quelle forme de conscience son attention est-elle tournée ?

Vers la conscience perceptive, qui enregistre les mouvements du corps dans l’espace.
Vers la conscience morale, qui évalue le bien et le mal dans les conduites.
Vers la conscience réflexive, qui porte sur soi et sur l’intériorité.
Vers la conscience tournée vers le monde, qui porte sur les autres et les objets.

Vers la conscience réflexive, qui porte sur soi et sur l’intériorité.

Explication

L’attention portée à ses pensées et à son intériorité relève de la conscience réflexive et de la conscience de soi. La conscience tournée vers le monde concerne plutôt les objets extérieurs et les autres.

3. Quel ensemble de phénomènes peut être désigné par le terme « inconscient » ?

Des jugements moraux, des connaissances acquises par raisonnement ou des intentions pleinement formulées.
Des souvenirs volontairement écartés, des décisions réfléchies ou des perceptions clairement identifiées.
Des fonctions vitales non conscientes, des causes ignorées de nos actes ou des contenus psychiques non conscients.
Des mouvements corporels observables, des événements extérieurs ou des pensées rapportées à autrui.

Des fonctions vitales non conscientes, des causes ignorées de nos actes ou des contenus psychiques non conscients.

Explication

Le terme peut désigner les fonctions vitales échappant à la conscience, les causes ignorées de nos actions ou des contenus psychiques non conscients. Les jugements moraux et les connaissances explicitement raisonnées ne correspondent pas à cet ensemble de sens.

4. Dans la théorie du refoulement, que fait le Moi face à un contenu qui menace l’intégrité psychique de l’individu ?

Il le convertit en fonction vitale chargée de protéger l’organisme.
Il le rend plus accessible à la conscience afin que l’individu l’examine.
Il le relègue dans l’Inconscient au moyen d’un mécanisme de défense.
Il le transforme en jugement moral pour permettre à l’individu de l’évaluer.

Il le relègue dans l’Inconscient au moyen d’un mécanisme de défense.

Explication

Le refoulement est un mécanisme de défense par lequel le Moi relègue dans l’Inconscient des contenus menaçant l’intégrité psychique. Rendre le contenu plus accessible à la conscience décrit le mouvement inverse de cette mise à l’écart.

5. Pourquoi Descartes met-il en doute ses croyances et ses perceptions dans les Méditations métaphysiques ?

Pour remplacer toute recherche rationnelle par l’autorité des livres anciens.
Pour établir que les perceptions sensibles fournissent la première vérité certaine.
Pour rechercher une vérité indépendante des sens, des maîtres et des livres.
Pour démontrer que les connaissances transmises par les maîtres sont toujours fausses.

Pour rechercher une vérité indépendante des sens, des maîtres et des livres.

Explication

Le doute permet à Descartes de chercher une vérité qui ne dépende ni des sens, ni des maîtres, ni des livres. Il ne s’agit pas de déclarer fausses toutes les connaissances transmises, mais de les examiner afin de trouver un fondement certain.

6. Quelle vérité le cogito établit-il en premier dans la recherche cartésienne ?

L’existence du corps, prouvée par la certitude des perceptions sensibles.
L’existence du monde extérieur, garantie par la confiance dans les sens.
L’existence du sujet qui pense, exprimée par « je pense donc je suis ».
L’union de l’âme et du corps, déduite de la présence des passions.

L’existence du sujet qui pense, exprimée par « je pense donc je suis ».

Explication

Le cogito établit comme première vérité indubitable que le sujet existe lorsqu’il pense. La certitude de l’existence du corps ou du monde extérieur n’est pas ce que formule cette première vérité.

7. Dans la deuxième Méditation, que désigne le « je » dont Descartes affirme l’existence ?

L’individu vivant dans son ensemble, défini par l’union de l’âme, du corps et des passions.
Le corps humain considéré comme substance pensante, indépendamment de toute activité mentale.
La personne sociale, formée par ses souvenirs, ses relations et son histoire corporelle.
L’âme en tant que chose qui pense, plutôt que l’être vivant composé d’une âme et d’un corps.

L’âme en tant que chose qui pense, plutôt que l’être vivant composé d’une âme et d’un corps.

Explication

Dans la deuxième Méditation, le « je » désigne l’âme considérée comme chose pensante. L’homme vivant, qui unit une âme et un corps, est une notion plus large que ce « je » recherché dans cette méditation.

8. Comment Descartes articule-t-il la distinction entre l’âme et le corps avec l’existence de l’homme vivant ?

L’âme et le corps sont distincts, et leur union dans l’homme vivant n’est qu’une apparence trompeuse.
L’âme et le corps sont des substances distinctes, mais ils sont substantiellement unis dans l’homme vivant.
L’âme dépend du corps pour penser, tandis que le corps dépend de l’âme pour exister.
L’âme et le corps sont une seule substance, dont les différences proviennent des perceptions sensibles.

L’âme et le corps sont des substances distinctes, mais ils sont substantiellement unis dans l’homme vivant.

Explication

Descartes distingue l’âme et le corps comme substances tout en reconnaissant leur union substantielle dans l’homme vivant. Les traiter comme une seule substance efface précisément la distinction qu’il maintient.

9. Quelle différence Malebranche établit-il entre la connaissance par idées et la connaissance de soi par conscience ?

La connaissance par idées, rendue possible par l’entendement divin, donne accès aux vérités, tandis que la conscience de soi livre des sentiments obscurs et mutilés.
La connaissance par idées livre des sentiments obscurs, tandis que la conscience de soi donne accès aux vérités par l’entendement divin.
La connaissance par idées porte sur les états intérieurs, tandis que la conscience de soi révèle les vérités abstraites.
La connaissance par idées dépend des perceptions corporelles, tandis que la conscience de soi repose sur des démonstrations rationnelles.

La connaissance par idées, rendue possible par l’entendement divin, donne accès aux vérités, tandis que la conscience de soi livre des sentiments obscurs et mutilés.

Explication

Pour Malebranche, les idées permettent une connaissance rationnelle rendue possible par l’entendement divin, alors que la conscience de soi ne donne que des sentiments obscurs et mutilés. Inverser ces rôles attribue à la conscience une clarté et un accès aux vérités que Malebranche réserve à la connaissance par idées.

10. Une personne cherche à connaître sa propre nature en s’appuyant sur ce qu’elle éprouve intérieurement : quelle limite Malebranche associe-t-il à cette démarche ?

La conscience de soi permet une connaissance rationnelle complète, tandis que les idées ne portent que sur les corps.
La conscience de soi rend accessibles les vérités abstraites, tandis que l’expérience intérieure ne concerne que les passions.
La conscience de soi ne fournit que des sentiments obscurs et mutilés, contrairement à la connaissance rationnelle par idées.
La conscience de soi donne des idées claires des vérités, tandis que l’entendement divin fournit des impressions confuses.

La conscience de soi ne fournit que des sentiments obscurs et mutilés, contrairement à la connaissance rationnelle par idées.

Explication

Malebranche juge que la conscience de soi ne procure que des sentiments obscurs et mutilés, ce qui limite la connaissance de soi par cette voie. La connaissance rationnelle des vérités relève plutôt des idées rendues possibles par l’entendement divin.

11. Qu’est-ce qui fonde l’identité personnelle selon Locke ?

La permanence d’une âme identique à travers les changements
La stabilité des particules matérielles qui composent l’individu
La continuité du corps depuis la naissance jusqu’à la mort
La conscience de soi prolongée dans le temps par la mémoire

La conscience de soi prolongée dans le temps par la mémoire

Explication

Pour Locke, la mémoire étend la conscience de soi dans le temps et fonde ainsi l’identité personnelle, sans exiger un corps ou une âme inchangés. La permanence de l’âme est une explication concurrente, mais elle ne constitue pas le fondement lockéen.

12. Quelle différence Locke établit-il entre l’identité d’une chose matérielle et celle d’un être vivant ?

La chose conserve son identité par sa fonction, tandis que le vivant la conserve par la permanence de son âme.
La chose conserve son identité par sa matière, tandis que le vivant la conserve par la continuité de sa vie.
La chose conserve son identité par la mémoire, tandis que le vivant la conserve par la stabilité de ses particules.
La chose conserve son identité par sa forme, tandis que le vivant la conserve par la conscience de soi.

La chose conserve son identité par sa matière, tandis que le vivant la conserve par la continuité de sa vie.

Explication

Locke rattache l’identité d’une chose à la permanence notable de sa matière et de sa composition, et celle d’un vivant à la continuité de sa vie jusqu’à la mort. La permanence de l’âme ne constitue pas le critère qu’il donne pour l’identité d’un vivant.

13. Que découvre Hume lorsqu’il examine son moi dans le Traité de la nature humaine ?

Il ne rencontre que des perceptions particulières, et non un moi permanent.
Il rencontre une âme permanente qui demeure identique derrière les perceptions.
Il rencontre une conscience continue qui relie toutes les perceptions en un moi stable.
Il rencontre un corps matériel dont la permanence explique l’unité du moi.

Il ne rencontre que des perceptions particulières, et non un moi permanent.

Explication

Hume affirme que l’examen intérieur ne révèle que des perceptions particulières et aucun moi permanent. L’idée d’une conscience continue unifiant les perceptions ne correspond pas à ce constat.

14. Dans la première topique de Freud, qu’est-ce qui distingue le préconscient de l’inconscient ?

Les contenus préconscients relèvent du corps, tandis que les contenus inconscients relèvent de la mémoire.
Les contenus préconscients peuvent devenir conscients, tandis que les contenus inconscients sont étrangers à la conscience.
Les contenus préconscients restent étrangers à la conscience, tandis que les contenus inconscients peuvent y devenir conscients.
Les contenus préconscients sont des pulsions, tandis que les contenus inconscients sont des règles morales intériorisées.

Les contenus préconscients peuvent devenir conscients, tandis que les contenus inconscients sont étrangers à la conscience.

Explication

Dans la première topique, les contenus préconscients peuvent accéder à la conscience, alors que l’inconscient lui est hétérogène. Inverser ces deux propriétés confond précisément les deux instances.

15. Quelle instance psychique freudienne porte la fonction morale issue de l’intériorisation de l’autorité et des interdits parentaux ?

Le préconscient, dont les contenus peuvent devenir conscients.
Le Surmoi, qui exerce une fonction morale intériorisée.
Le Ça, qui regroupe les pulsions inconscientes.
Le Moi, qui constitue le siège de la vie consciente.

Le Surmoi, qui exerce une fonction morale intériorisée.

Explication

Dans la seconde topique, le Surmoi porte l’instance morale formée par l’intériorisation de l’autorité et des interdits parentaux. Le Ça regroupe les pulsions inconscientes, mais n’exerce pas cette fonction morale.

16. Quel rôle le Moi joue-t-il, selon Freud, face aux représentations qui menacent son unité ?

Il les refoule inconsciemment afin de préserver sa cohésion.
Il les convertit en pulsions inconscientes au service de la satisfaction.
Il les transforme en règles morales en les attribuant à l’autorité parentale.
Il les rend conscientes afin de les intégrer à son récit personnel.

Il les refoule inconsciemment afin de préserver sa cohésion.

Explication

Freud attribue au Moi le refoulement inconscient des représentations qui menacent son unité et sa cohésion. Les transformer en règles morales relève plutôt de la fonction du Surmoi.

17. Quelle distinction Leibniz établit-il entre perception et aperception ?

La perception est une excitation trop faible, tandis que l’aperception est un événement trop grand pour être conçu.
La perception est un instinct de conservation, tandis que l’aperception est un instinct lié à la transmission de la vie.
La perception est une idée consciente, tandis que l’aperception est une sensation qui échappe à la conscience.
La perception est l’acte de percevoir, tandis que l’aperception consiste à s’apercevoir que l’on perçoit.

La perception est l’acte de percevoir, tandis que l’aperception consiste à s’apercevoir que l’on perçoit.

Explication

Chez Leibniz, l’aperception désigne la conscience que l’on a de percevoir, par distinction avec la perception elle-même. Une perception peut échapper à l’aperception, notamment lorsqu’elle est petite ou habituelle.

18. À quoi correspond le vouloir-vivre chez Schopenhauer ?

À une force morale qui limite les instincts et organise la vie en société.
À la conjonction de l’instinct de conservation et de l’instinct sexuel, au service de la vie et de sa transmission.
À l’effort conscient de chaque individu pour échapper à toute souffrance.
À une force impersonnelle de la Nature, distincte des instincts individuels.

À la conjonction de l’instinct de conservation et de l’instinct sexuel, au service de la vie et de sa transmission.

Explication

Schopenhauer définit le vouloir-vivre par la combinaison des instincts de conservation et sexuel, qui servent la vie et sa transmission. La force impersonnelle de la Nature renvoie à la Volonté, notion qu’il distingue des vouloirs individuels.

19. Comment Nietzsche explique-t-il le développement de la conscience dans Le Gai Savoir ?

Comme un instinct biologique destiné à préserver l’individu et à transmettre la vie.
Comme un réseau de liens entre les hommes, développé par leurs besoins d’aide, de protection et de communication.
Comme le résultat de l’intériorisation des interdits transmis par l’autorité parentale.
Comme l’expression d’une faculté individuelle indépendante des relations sociales.

Comme un réseau de liens entre les hommes, développé par leurs besoins d’aide, de protection et de communication.

Explication

Nietzsche présente la conscience comme un réseau de liens entre les hommes, développé sous l’effet de besoins sociaux tels que l’aide, la protection et la communication. L’intériorisation des interdits parentaux relève de l’explication freudienne du Surmoi, non de cette analyse.

20. Quelle distinction Kant établit-il entre le moi empirique et le moi transcendantal ?

Le moi empirique unifie les expériences, tandis que le moi transcendantal rassemble leurs contenus variables.
Le moi empirique est une structure universelle vide, tandis que le moi transcendantal correspond aux souvenirs personnels.
Le moi empirique rassemble des expériences variables, tandis que le moi transcendantal les unifie comme structure sans contenu.
Le moi empirique et le moi transcendantal sont deux contenus d’expérience qui varient avec les perceptions.

Le moi empirique rassemble des expériences variables, tandis que le moi transcendantal les unifie comme structure sans contenu.

Explication

Le moi empirique comprend des contenus d’expérience variables, alors que le moi transcendantal est la structure universelle qui les unifie. Confondre le moi transcendantal avec les contenus variables attribue à la forme unificatrice le rôle du moi empirique.

21. Pourquoi Kant affirme-t-il que le « je pense » doit pouvoir accompagner toutes les représentations ?

Parce que cette unité rend possible la constitution du moi empirique à partir des représentations.
Parce que cette formule prouve que le moi empirique possède un contenu identique et immuable.
Parce que cette unité supprime la différence entre les représentations et leurs objets extérieurs.
Parce que cette formule transforme chaque représentation en souvenir autobiographique durable.

Parce que cette unité rend possible la constitution du moi empirique à partir des représentations.

Explication

Pour Kant, la possibilité d’accompagner toutes les représentations par le « je pense » est une condition préalable à la constitution du moi empirique. En faire une preuve d’un contenu personnel immuable confond l’unité des représentations avec leur contenu variable.

22. Comment William James caractérise-t-il l’expérience pure ?

Comme un récit de soi qui organise les souvenirs pour assurer la continuité de l’identité personnelle.
Comme une structure universelle vide qui unifie les expériences sans comporter de contenu propre.
Comme un champ indivis dont le sujet et l’objet sont des produits dérivés, sans dualisme intrinsèque.
Comme une succession de perceptions séparées où un sujet fixe représente des objets indépendants.

Comme un champ indivis dont le sujet et l’objet sont des produits dérivés, sans dualisme intrinsèque.

Explication

L’expérience pure est, chez James, un champ indivis dont le sujet et l’objet émergent comme des produits dérivés. La décrire comme une succession d’actes d’un sujet face à des objets rétablit précisément le dualisme intrinsèque qu’il écarte.

23. Quelle différence oppose l’identité personnelle de Locke à l’identité narrative de Ricœur ?

Locke fonde l’identité sur les projets futurs, tandis que Ricœur la fonde sur un moi substantiel et immuable.
Locke et Ricœur expliquent tous deux l’identité par une structure universelle dépourvue de contenu expérientiel.
Locke fonde l’identité personnelle sur la mémoire, tandis que Ricœur met l’accent sur le récit de soi qui organise les souvenirs.
Locke fonde l’identité personnelle sur le récit de soi, tandis que Ricœur la ramène à la mémoire des expériences passées.

Locke fonde l’identité personnelle sur la mémoire, tandis que Ricœur met l’accent sur le récit de soi qui organise les souvenirs.

Explication

Locke associe l’identité personnelle à la mémoire, alors que Ricœur souligne le travail narratif qui sélectionne et organise les souvenirs, avec l’aide de l’imagination. Attribuer le récit à Locke inverse la distinction entre les deux approches.

24. Dans la distinction de Sartre, quel mode d’être caractérise le pour-soi par rapport à l’en-soi ?

Le pour-soi est une structure universelle et vide qui unifie toutes les représentations.
Le pour-soi est le mode d’être de la conscience, qui ne coïncide pas simplement avec ce qu’elle est.
Le pour-soi désigne une classe sociale qui a pris conscience de ses intérêts communs.
Le pour-soi est le mode d’être des choses, identiques à elles-mêmes dans leur existence.

Le pour-soi est le mode d’être de la conscience, qui ne coïncide pas simplement avec ce qu’elle est.

Explication

Le pour-soi désigne la conscience, qui n’est pas simplement identique à ce qu’elle est, contrairement à l’en-soi des choses. Attribuer au pour-soi l’identité à soi-même caractéristique de l’en-soi inverse la distinction sartrienne.

25. Une personne regarde un arbre et dirige son attention vers lui : quelle propriété de la conscience cette situation illustre-t-elle ?

L’identité narrative, car la conscience organise des souvenirs en un récit de soi.
L’intentionnalité, car la conscience vise un objet et est conscience de quelque chose.
L’unité transcendantale, car le « je pense » accompagne chaque représentation.
L’incarnation, car toute perception manifeste un corps-sujet plutôt qu’un objet visé.

L’intentionnalité, car la conscience vise un objet et est conscience de quelque chose.

Explication

L’intentionnalité est la propriété par laquelle la conscience est toujours conscience de quelque chose et vise un objet. L’incarnation concerne le rôle du corps-sujet dans la conscience, mais ne définit pas cette visée de l’objet.

26. Comment Sartre oppose-t-il sa conception de l’homme à l’idée qu’il serait défini par son passé ?

L’homme se définit par les conditions sociales communes à sa classe, indépendamment de ses projets.
L’homme se définit par les souvenirs de son passé, qui déterminent son identité avant ses choix.
L’homme se définit par une essence universelle qui fixe ses possibilités avant son existence.
L’homme se définit par ses choix et ses projets tournés vers l’avenir, sans essence préalable.

L’homme se définit par ses choix et ses projets tournés vers l’avenir, sans essence préalable.

Explication

Pour Sartre, l’homme n’a pas d’essence préalable et se définit en choisissant, comme projet orienté vers l’avenir. Le définir par ses souvenirs passés reprend une conception associée à Locke plutôt que la thèse sartrienne.

27. Des personnes partagent les mêmes conditions de vie et le même statut économique, mais n’ont pas encore pris conscience de leurs intérêts communs : comment les caractériser ?

Comme une foule, car tout groupe partageant des conditions de vie agit au-delà de ses individualités.
Comme une classe pour soi, car leur condition commune suffit à établir une conscience de classe.
Comme une conscience de classe, car des conditions comparables supposent l’affranchissement idéologique.
Comme une classe en soi, car elles partagent une condition sociale sans avoir pris conscience de leurs intérêts.

Comme une classe en soi, car elles partagent une condition sociale sans avoir pris conscience de leurs intérêts.

Explication

La classe en soi réunit des personnes qui partagent un statut économico-social et des conditions de vie comparables, sans que cela implique une prise de conscience de leurs intérêts. La classe pour soi suppose précisément cette prise de conscience, qui n’est pas établie dans la situation.

28. Qu’est-ce qui caractérise la conscience de classe selon Lukács ?

Le partage de conditions économiques comparables, même sans prise de conscience collective des intérêts de classe.
La somme des perceptions individuelles des membres d’un groupe, sans rôle des luttes sociales ou politiques.
La reconnaissance par un individu de son passé mémorisé, qui fonde son identité personnelle.
La prise de conscience collective des intérêts véritables d’une classe, construite dans les luttes et liée à l’affranchissement de l’idéologie dominante.

La prise de conscience collective des intérêts véritables d’une classe, construite dans les luttes et liée à l’affranchissement de l’idéologie dominante.

Explication

La conscience de classe est une prise de conscience collective des intérêts véritables, qui se construit dans les luttes sociales et politiques et suppose l’affranchissement de l’idéologie dominante. Le simple partage de conditions économiques décrit une classe en soi, pas encore une conscience de classe.

29. Quelle thèse distingue la conception cartésienne de la conscience de celle de Leibniz ?

La conscience résulte du refoulement pour Descartes, tandis que Leibniz la rapporte à la mémoire.
La conscience naît de l’image du miroir pour Descartes, tandis que Leibniz la rapporte à l’identité.
La conscience accompagne les efforts d’attention pour Descartes, tandis que Leibniz la rapporte à la vie.
Toute pensée est consciente pour Descartes, tandis que Leibniz admet des perceptions inconscientes.

Toute pensée est consciente pour Descartes, tandis que Leibniz admet des perceptions inconscientes.

Explication

Descartes considère la conscience comme coextensive à la pensée, alors que Leibniz reconnaît des perceptions inconscientes. La thèse selon laquelle la conscience apparaît avec l’effort d’attention relève de Bergson, non de Descartes.

30. Comment les petites perceptions décrites par Leibniz peuvent-elles contribuer à une perception consciente ?

Leur identification à une image produit une perception consciente, comme l’enfant reconnaît son reflet.
Leur refoulement produit une perception consciente, comme un souvenir oublié devient un rêve.
Leur accumulation produit une perception consciente, comme les bruits des vagues forment celui de la mer.
Leur intensification par l’attention produit une perception consciente, comme un organisme choisit une action.

Leur accumulation produit une perception consciente, comme les bruits des vagues forment celui de la mer.

Explication

Les petites perceptions sont inconscientes et leur accumulation peut former une perception consciente, à l’image des bruits des vagues composant le bruit de la mer. Le refoulement et le retour d’un contenu à la conscience relèvent ici de la théorie freudienne, et non de l’explication de Leibniz.

31. Dans quelle situation Bergson situe-t-il l’éveil de la conscience, qu’il tient pour coextensive à la vie ?

Lorsque l’ampleur d’un événement empêche l’esprit de le concevoir.
Lorsque le refoulement cesse et qu’un traumatisme remonte à la conscience.
Lorsque des perceptions inconscientes s’accumulent jusqu’à former une sensation.
Lorsque l’organisme doit fournir un effort d’attention afin de choisir.

Lorsque l’organisme doit fournir un effort d’attention afin de choisir.

Explication

Pour Bergson, la conscience s’éveille lorsque l’organisme doit mobiliser son attention pour choisir, bien qu’elle soit coextensive à la vie. L’accumulation de perceptions inconscientes décrit plutôt le mécanisme des petites perceptions chez Leibniz.

32. Quel est l’objectif de la cure analytique face à des désirs ou souvenirs inconscients selon Freud ?

Apprendre à croire réellement les connaissances afin de diminuer la passivité collective.
Transformer des perceptions inconscientes en sensations conscientes par leur accumulation progressive.
Faire remonter à la conscience le complexe ou le traumatisme à l’origine de la souffrance psychique.
Mobiliser l’attention de l’organisme pour qu’il puisse choisir une conduite adaptée.

Faire remonter à la conscience le complexe ou le traumatisme à l’origine de la souffrance psychique.

Explication

Freud attribue l’inconscience de certains désirs et souvenirs au refoulement, et la cure vise à ramener à la conscience le complexe ou le traumatisme à l’origine de la souffrance. L’accumulation de perceptions inconscientes constitue une explication associée à Leibniz, et non l’objectif de la cure analytique.

33. Quelle objection l’évêque Butler oppose-t-il à l’idée que la conscience constitue l’identité personnelle ?

La conscience de l’identité la présuppose, comme la connaissance présuppose la vérité sans la constituer.
La conscience de l’identité la produit, comme la connaissance produit la vérité en la découvrant.
La mémoire de l’identité la remplace, comme le souvenir d’un événement remplace l’événement passé.
La conscience de l’identité la partage, comme une perception commune relie plusieurs personnes.

La conscience de l’identité la présuppose, comme la connaissance présuppose la vérité sans la constituer.

Explication

Butler soutient que la conscience de l’identité personnelle suppose déjà cette identité et ne peut donc pas la constituer, de même que connaître la vérité ne la crée pas. L’idée que la conscience produit l’identité inverse précisément cette objection.

34. Que montre l’exemple de l’officier devenu général imaginé par Thomas Reid ?

Une personne acquiert son identité personnelle au moment où elle prend un étendard.
Une personne ne peut se rappeler un épisode intermédiaire sans se rappeler l’événement le plus ancien.
Une personne conserve nécessairement le souvenir de chaque événement marquant de sa vie.
Une personne peut perdre le souvenir d’un épisode antérieur tout en se souvenant d’un épisode intermédiaire.

Une personne peut perdre le souvenir d’un épisode antérieur tout en se souvenant d’un épisode intermédiaire.

Explication

Dans l’exemple de Reid, le général se souvient de l’étendard, mais a perdu le souvenir du fouet subi à l’école. Cela montre que le souvenir d’un épisode intermédiaire peut subsister alors que celui d’un épisode plus ancien a disparu.

35. Que manifeste, selon Kant, le passage de l’enfant à l’emploi du mot « je » ?

L’identification à une image extérieure qui devient la matrice primordiale du moi.
Le passage du simple sentiment de soi à la pensée de soi, par la reconnaissance d’un principe d’unité.
L’apparition d’une mémoire autobiographique qui établit l’identité personnelle.
La disparition du sentiment de soi au profit d’une conscience produite par le langage.

Le passage du simple sentiment de soi à la pensée de soi, par la reconnaissance d’un principe d’unité.

Explication

Pour Kant, lorsque l’enfant commence à dire « je », il passe du sentiment de soi à la pensée de soi et reconnaît un principe d’unité déjà présent dans son aperception transcendantale. L’identification à l’image spéculaire comme matrice du « je » est la thèse associée à Lacan.

36. Que désigne le stade du miroir dans la conception de Lacan ?

L’identification par laquelle l’enfant assume son image spéculaire, formant une matrice primordiale du « je ».
La période où l’enfant commence à parler de lui-même à la troisième personne.
La reconnaissance d’un principe d’unité déjà présent dans l’aperception transcendantale de l’enfant.
Le moment où l’enfant remplace son sentiment de soi par l’emploi du pronom « je ».

L’identification par laquelle l’enfant assume son image spéculaire, formant une matrice primordiale du « je ».

Explication

Pour Lacan, le stade du miroir est l’identification par laquelle l’enfant assume son image spéculaire, ce qui forme une matrice primordiale du « je ». La reconnaissance d’un principe d’unité dans l’aperception transcendantale correspond à la conception de Kant.

37. Selon William James, que peut provoquer l’indifférence totale d’autrui à notre égard ?

La révélation de notre identité personnelle par nos paroles et nos actions
La définition de notre liberté par le regard que nous portons sur nous-mêmes
La pleine conscience de notre valeur, grâce à une reconnaissance explicite
Le doute sur notre existence, accompagné de rage et de désespoir

Le doute sur notre existence, accompagné de rage et de désespoir

Explication

Pour James, l’indifférence d’autrui peut ébranler le sentiment d’exister et susciter rage et désespoir. Chez Hegel, c’est plutôt la reconnaissance qui fonde la pleine conscience de sa valeur.

38. Dans la conception de Hannah Arendt, comment l’identité personnelle unique se révèle-t-elle aux autres ?

Par l’introspection solitaire, qui révèle clairement aux autres qui l’on est
Par la reconnaissance de sa valeur, qui la rend pleinement transparente à soi-même
Par l’apparence physique, qui se manifeste sans action ni parole
Par les actions et les paroles, même si elle demeure probablement cachée à la personne elle-même

Par les actions et les paroles, même si elle demeure probablement cachée à la personne elle-même

Explication

Arendt distingue l’identité personnelle, révélée aux autres par les actions et les paroles, de ce que la personne peut connaître d’elle-même. L’apparence physique se manifeste sans activité, mais elle ne correspond pas à cette révélation de l’identité personnelle.

39. Pourquoi Sartre considère-t-il autrui comme un médiateur indispensable entre moi et moi-même ?

Parce que mon identité et ma liberté se définissent aussi par rapport aux autres
Parce que le regard d’autrui confirme directement que mon existence est réelle
Parce qu’autrui révèle mon identité personnelle par mes paroles, mais pas par mes actes
Parce que la reconnaissance d’autrui fonde à elle seule ma pleine conscience de ma valeur

Parce que mon identité et ma liberté se définissent aussi par rapport aux autres

Explication

Pour Sartre, autrui intervient dans la manière dont je me comprends, puisque mon identité et ma liberté se définissent aussi par rapport aux autres. L’idée que la reconnaissance fonde la pleine conscience de sa valeur renvoie plutôt à Hegel.

40. Selon Sartre, à quel moment un geste maladroit devient-il honteux pour son auteur ?

Lorsqu’il apprend que les témoins approuvent son geste malgré son caractère maladroit
Lorsqu’il se rappelle seul son geste et en évalue les conséquences possibles
Lorsqu’il découvre qu’autrui l’a vu et se saisit tel qu’il apparaît à cet autre
Lorsqu’il décide que le geste révèle une identité personnelle indépendante du regard d’autrui

Lorsqu’il découvre qu’autrui l’a vu et se saisit tel qu’il apparaît à cet autre

Explication

Le geste devient honteux lorsque son auteur découvre le regard d’autrui et se voit tel qu’il apparaît à cet autre. Une réflexion solitaire sur le geste ne constitue pas la structure première de la honte chez Sartre.

41. Que reconnaît-on de soi dans la honte, selon Sartre ?

L’image que l’autre pourrait se faire de nous, sans reconnaître qu’elle nous concerne
La valeur personnelle que notre entourage confirme par des paroles de reconnaissance
Ce que l’on est aux yeux d’autrui, en se reconnaissant comme objet pour lui
L’identité que l’on découvre dans l’introspection, indépendamment du regard extérieur

Ce que l’on est aux yeux d’autrui, en se reconnaissant comme objet pour lui

Explication

Dans la honte, on se reconnaît tel qu’autrui nous voit comme objet. Il ne s’agit donc pas simplement d’imaginer l’image que l’autre pourrait se faire de nous.

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Jusqu’au XVIIe siècle, que désigne principalement la « conscience » ?

La faculté morale de discerner le bien et le mal.

À partir du XVIIe siècle, que désigne aussi la « conscience » ?

La connaissance que l’esprit a de ses opérations et de ses expériences.

Vers quoi la conscience peut-elle être tournée ?

Vers le monde et les autres, ou vers l’intériorité.

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