Fiche de révision : Crises politiques et ligues

Plan du Cours

  1. Une dépression tardive et durable
  2. La crise économique et ses fractures sociales
  3. La politique de déflation de Laval
  4. La prééminence du pouvoir législatif
  5. Instabilité politique et radicalisation
  6. Fondements de l’antiparlementarisme
  7. Ligues d’extrême droite
  8. Affaire Stavisky et crise politique
  9. La réforme de l’État après la crise
  10. Formation et programme du Front populaire
  11. Victoire électorale et gouvernement Blum
  12. Grèves et mobilisations ouvrières
  13. Réformes sociales et culturelles
  14. Oppositions politiques et patronales
  15. Presse d’extrême droite et affaire Salengro
  16. Antisémitisme et attaques contre Blum
  17. Échec économique du Front populaire
  18. Désagrégation politique et crise des années 1930

Repères chronologiques

  1. 9 février 1934Le PCF et la CGTU organisent une contre-manifestation antifasciste, durement réprimée par la police, qui fait 6 morts parmi les militants communistes.
  2. 12 février 1934La SFIO et la CGT organisent à Paris et en province une manifestation qui rassemble plus de 250 000 personnes.
  3. 14 juillet 1935Une manifestation antifasciste du Front populaire rassemble plus de 500 000 personnes à Paris.
  4. avril-mai 1936Le Front populaire obtient une majorité grâce à l’addition des voix des partis de gauche et à la stratégie de désistement.
  5. mai 1936Un mouvement de grèves s’étend rapidement à l’ensemble de l’industrie française.
  6. 6 juin 1936Léon Blum annonce les grandes réformes sociales envisagées par son gouvernement.
  7. septembre 1936Le gouvernement dévalue le franc malgré l’engagement du programme du Front populaire de ne pas le faire.
  8. 17 novembre 1936Épuisé et déshonoré par la campagne menée contre lui malgré son innocence votée par la Chambre des députés, Roger Salengro se suicide.
  9. 16 mars 1937Une fusillade à Clichy, lors d’une contre-manifestation ouvrière face à une réunion du Parti social français, fait 6 morts et 300 blessés.
  10. juin 1937Le Front populaire commence à se désagréger dans les faits, malgré sa survie théorique jusqu’à l’arrivée de Daladier au pouvoir en avril 1938.

1. Une dépression tardive et durable

★ À maîtriser

  • En 1929-1930, la France semble relativement préservée : sa production industrielle reste stable, son commerce extérieur se porte assez bien et le chômage demeure limité, contrairement à celui de plusieurs pays européens.

  • Depuis les travaux d’Alfred Sauvy (1898-1990), le début de la crise en France est généralement situé en 1931, lorsque la production commence à reculer.

  • La dépression française dure plus longtemps que celle de plusieurs autres économies, où la reprise commence dès 1935 ; une première reprise française s’amorce en 1936, mais reste fragile.

  • La moindre intégration de l’économie française au marché mondial, liée aux PME tournées vers le marché intérieur et protégées par les douanes, retarde d’abord la transmission de la crise ; ensuite, les stocks d’exportation freinent l’investissement, tandis que la dévaluation de la livre sterling rend les produits français trop chers tant que le franc reste fort.

Compléments

  • En 1929, la production française comprend 55 millions de tonnes de charbon, 10 millions de tonnes d’acier, 51 millions de tonnes de minerai de fer et 254 000 véhicules ; la France est alors au premier rang mondial pour le minerai de fer et au deuxième pour les véhicules, derrière les États-Unis.

  • Dans certaines branches, notamment l’automobile et le textile, la production aurait fléchi dès 1930, voire avant 1929, et ces secteurs ont dû être soutenus par l’État.

Astuce mémo

France d’abord préservée, puis durablement enlisée

2. La crise économique et ses fractures sociales

★ À maîtriser

  • Le chômage, résiduel en 1930, apparaît en 1931 et atteint environ 400 000 chômeurs en 1935, mais ces chiffres ne comptabilisent que les demandeurs d’emploi secourus, faute d’assurance chômage.

  • Plusieurs groupes échappent au recensement du chômage : les travailleurs étrangers licenciés qui repartent, les femmes renvoyées au foyer, les jeunes, les personnes âgées, les personnes qui cessent de chercher un emploi

  • La production industrielle française chute d’environ un tiers, et la crise touche les ouvriers, les artisans, les commerces, les fonctionnaires et les campagnes.

  • En 1931, environ 2,5 millions d’étrangers vivent en France, sur une population d’environ 42 millions d’habitants ; au moins 300 000 étrangers sont expulsés de France durant la période évoquée.

📌 La loi d’août 1932 destinée à protéger la main-d’œuvre nationale fixe des quotas d’étrangers dans chaque secteur et institue une préférence nationale dans l’emploi.

  • Les dirigeants considèrent d’abord la crise comme un phénomène extérieur et estiment que les structures économiques françaises n’en sont pas la cause, ce qui retarde leur réaction.

📌 Les gouvernements traitent les effets de la crise sans réformer les structures économiques qui, selon eux, n’en sont pas responsables.

  • L’instabilité ministérielle empêche les politiques de lutte contre la crise de s’inscrire dans la durée : 23 gouvernements se succèdent de 1929 à 1940.

Compléments

  • En 1895 est créée la CGT, Confédération Générale du Travail, fédération nationale indépendante qui défend les travailleurs et l’amélioration de leurs conditions de travail, avec la lutte des classes au cœur de ses priorités.

  • Face aux pertes d’emploi, l’activité et la combativité ouvrières ralentissent ; les syndicats reprennent davantage leurs activités vers 1933-1934, tandis que des chômeurs participent à des marches de la faim.

  • La crise agricole fait s’effondrer les revenus des agriculteurs alors que leurs charges restent importantes, et les tensions sociales s’exacerbent notamment autour du sentiment d’abandon des paysans, des pertes de revenus des chômeurs, du maintien de l’emploi des fonctionnaires et de l’accusation visant les étrangers de prendre le travail des Français.

  • En août 1934, après une grève dans les mines, des travailleurs polonais, leurs femmes et leurs enfants sont expulsés de France.

  • Sous André Tardieu, président du Conseil de décembre 1929 à juin 1932, la France poursuit des dépenses de grands travaux et augmente les revenus des fonctionnaires ainsi que les pensions des anciens combattants, sans préparer l’économie à la crise.

  • Sous la IIIe République, le régime parlementaire donne davantage de pouvoir au Parlement, détenteur du pouvoir législatif, qu’au président, détenteur du pouvoir exécutif.

  • Les mesures adoptées comprennent : le protectionnisme, le maintien des prix agricoles pour lutter contre la surproduction, l’interdiction de créer des entreprises dans certains domaines pour limiter la concurrence, la limitation de l’immigration

Astuce mémo

Crise économique → chômage et tensions sociales

3. La politique de déflation de Laval

Notions clés & Définitions

  • Déflation : La déflation est une politique visant à rendre l’économie compétitive par la baisse des prix, des dépenses et des revenus, sans recourir à la dévaluation.

★ À maîtriser

  • Président du Conseil en 1935 et 1936, Laval choisit la déflation et refuse la dévaluation ainsi qu’une hausse de la fiscalité par une contribution exceptionnelle des plus hauts revenus.

  • La baisse des revenus fait reculer le pouvoir d’achat, rend la déflation impopulaire et nourrit une colère dirigée contre les gouvernements, l’État, les élites et finalement la République, transformant la crise économique en crise sociale.

Compléments

  • La politique de Laval réduit les salaires des fonctionnaires et les prix du loyer, du pain, de l’énergie, de l’électricité et du charbon, tout en prévoyant le reclassement des chômeurs.

  • Vers 1935, une amélioration économique timide apparaît, mais les difficultés persistent et les revenus continuent de baisser.

4. La prééminence du pouvoir législatif

★ À maîtriser

  • Le Parlement de la IIIe République est bicaméral et se compose de la Chambre des députés et du Sénat.

  • La Chambre des députés et le Sénat partagent l’initiative et le vote des lois, mais le Sénat peut bloquer les initiatives adoptées par les députés et ne peut pas être dissous.

  • Le pouvoir exécutif est bicéphale : le président de la République et le président du Conseil en sont les deux figures principales.

📌 Bien que nommé par le président de la République, le président du Conseil ne peut gouverner qu’avec la confiance des deux chambres du Parlement.

Compléments

  • Les députés sont élus pour quatre ans au suffrage universel masculin.

  • Le Sénat refuse de débattre des propositions de suffrage universel féminin présentées à plusieurs reprises à partir de 1919.

  • Le président de la République, élu par les deux chambres réunies pour sept ans et rééligible sans limite, nomme le président du Conseil et joue principalement un rôle d’arbitre.

📌 Le président de la République n’est pas responsable devant la représentation nationale, sauf en cas de haute trahison.

Astuce mémo

Un président arbitre, un gouvernement dépendant des chambres

5. Instabilité politique et radicalisation

★ À maîtriser

  • De la fin des années 1920 à la fin des années 1930, des blocages politiques répétés conduisent à la crise de 1934.

  • La radicalisation politique s’accompagne d’antisémitisme et de xénophobie, tandis que les ligues d’extrême droite contestent le parlementarisme et la République.

Compléments

  • Dans les années 1930, les séances de la Chambre des députés deviennent tumultueuses et les discours politiques se radicalisent.

Astuce mémo

Blocages politiques → crise de 1934 et radicalisation

6. Fondements de l’antiparlementarisme

★ À maîtriser

📌 Les opposants à la République parlementaire envisagent soit un retour de la monarchie, soit des régimes autoritaires plus ou moins inspirés du fascisme.

  • Les adversaires du régime dénoncent son impuissance face à la crise et les scandales de corruption, qui contribuent à le faire paraître faible et corrompu.

Compléments

  • Les mouvements d’extrême droite recrutent parmi les mécontents, notamment les ouvriers, les paysans et les anciens combattants, et réclament un régime fort.

  • Charles Maurras est un idéologue royaliste et antisémite de l’extrême droite, associé à l’Action française.

7. Ligues d’extrême droite

★ À maîtriser

  • L’Action française, née en 1898, est la ligue la plus ancienne et la plus influente ; Charles Maurras en devient le principal théoricien royaliste.

  • Maurras associe nationalisme et royalisme, présente les événements depuis 1789 comme une déchéance de la France et relie celle-ci à la déchristianisation.

  • Les Croix de Feu, fondées en 1927 comme organisation d’anciens combattants, deviennent un mouvement politique nationaliste dirigé par le colonel François de La Rocque.

  • Les Croix de Feu, mouvement de masse hostile au parlementarisme, sont dissoutes par le Front populaire en 1936 puis deviennent le Parti social français.

Compléments

  • Le quotidien L’Action française paraît de 1908 à 1944 et est dirigé par Maurras dans la présentation générale du mouvement.

  • Les Camelots du roi forment le service d’ordre et de protection de l’Action française et sont actifs de 1908 à 1936.

  • Le Parti social français compte plus d’un million d’adhérents à la veille de la guerre et adopte le slogan « Travail, Famille, Patrie ».

  • Les Jeunesses patriotes, fondées en 1932, sont dirigées par Pierre Taittinger.

  • La Solidarité française, fondée en 1933 et dirigée par Jean Renaud, s’inspire du fascisme italien et défend des positions xénophobes et réactionnaires.

  • Le Francisme, dirigé par Marcel Bucard, s’inspire directement du fascisme italien, dont il imite notamment la tenue et le salut.

📌 Certains historiens estiment qu’il n’existe pas de mouvement fasciste de masse en France, car seules les Croix de Feu et l’Action française sont décrites comme très populaires.

  • Le fascisme à la française est présenté comme ayant conduit à Vichy et à son corpus idéologique, la Révolution nationale.

8. Affaire Stavisky et crise politique

★ À maîtriser

  • L’affaire Stavisky constitue le point de départ de la journée du 6 février 1934 et provoque le rapprochement jusque-là impensable des gauches.

  • Le scandale Stavisky entraîne la démission du président du Conseil et le retour de Daladier à la tête du gouvernement.

  • Le jour de l’investiture de Daladier, les ligues d’extrême droite se rassemblent place de la Concorde et la manifestation réunit 30 000 personnes.

  • Les émeutes font 16 morts parmi les manifestants et plus de 1 600 blessés parmi les forces de l’ordre.

Compléments

  • Stavisky, escroc lié aux milieux politiques, à la presse et à la justice, réussit à faire ajourner son procès 19 fois.

  • En 1933, l’affaire éclate après que des députés, des sénateurs et des ministres ont été mêlés aux escroqueries de Stavisky.

  • Après avoir fui, Stavisky est retrouvé mort d’une balle dans la tête, dans ce qui est présenté comme un suicide.

  • La presse de droite et d’extrême droite utilise les liens politiques de Stavisky pour dénoncer la corruption des ministres et de la République.

  • La presse d’extrême droite exploite les origines juives et ukrainiennes de Stavisky pour alimenter la contestation antisémite.

  • Le préfet de police Jean Chiappe, jugé trop proche des ligues d’extrême droite, est écarté de ses fonctions le 3 février 1934.

  • Des journaux antisémites d’extrême droite, notamment « Je suis partout » et « Action française », relaient l’affaire et contribuent à radicaliser le débat politique.

  • Pour la première fois sous la Troisième République, un gouvernement tombe sous la pression de la rue.

9. La réforme de l’État après la crise

★ À maîtriser

  • Après février 1934, le régime paraît affaibli et incapable de proposer des réformes ou de gérer la crise.

Compléments

  • Des intellectuels interprètent la crise comme une crise de civilisation et un malaise social profond, plutôt que comme une simple crise conjoncturelle.

  • Face à l’impuissance des vieux partis, une réforme de l’État reposant sur le renforcement de l’exécutif apparaît nécessaire.

  • Les tentatives politiques menées après le 6 février 1934 échouent et contribuent à renforcer la radicalité.

Astuce mémo

Crise de civilisation → demande d’un exécutif renforcé

10. Formation et programme du Front populaire

★ À maîtriser

  • Depuis le congrès de Tours de 1920, le PCF et la SFIO sont séparés : le PCF adopte une orientation révolutionnaire tandis que la SFIO conserve une orientation socialiste.

  • Le slogan « pain, paix, liberté » associe la lutte contre le fascisme à des revendications sociales dans un contexte de crise et de chômage.

  • Le programme prévoit plusieurs mesures économiques :

    • de grands travaux
    • un fonds national de chômage
    • des retraites pour les personnes âgées
    • la réduction du temps de travail
    • des aides au monde agricole
  • Le mot d’ordre « liberté » recouvre :

    • la lutte contre le fascisme
    • la dissolution des ligues
    • la protection des libertés syndicales
    • la défense de l’école laïque

📌 Le Front populaire n’est pas un parti doté d’un programme unique, mais une stratégie de désistement électoral : chaque parti fait campagne au premier tour, puis les candidats les moins populaires se désistent au second tour.

Compléments

  • Les manifestations de février 1934 amorcent un front uni antifasciste et un processus lent d’échanges, de négociations et de stratégies unitaires entre les partis de gauche.

  • Un feu vert de Moscou autorise le PCF à s’engager dans l’union des gauches et contribue à le faire accepter comme partenaire par les socialistes.

  • Le programme du Front populaire associe le mot d’ordre « paix » à la nationalisation de l’industrie de la défense et à une prise de conscience des menaces pesant sur la paix en 1935 et 1936.

  • Dès 1933, Hitler relance l’industrie militaire et la remilitarisation de l’Allemagne, ainsi que le réarmement interdit par le traité de Versailles.

Astuce mémo

6 février → 9 février → 12 février

11. Victoire électorale et gouvernement Blum

★ À maîtriser

📌 Le soutien sans participation signifie que les communistes soutiennent le gouvernement sans y entrer et s’engagent à ne pas le renverser.

Compléments

  • Léon Blum devient président du Conseil parce que la SFIO est le parti le plus important parmi les partis de gauche du Front populaire.

  • L’unité électorale de la gauche repose sur le combat contre l’extrême droite, mais cette opposition commune ne suffit pas à établir un programme commun de gouvernement.

12. Grèves et mobilisations ouvrières

★ À maîtriser

  • Les grèves de mai-juin 1936 mobilisent plusieurs millions de grévistes et s’accompagnent d’occupations d’usines.

Compléments

  • Les occupations d’usines sont parfois interprétées comme révolutionnaires, mais les grèves sont décrites comme spontanées et les syndicats cherchent à les encadrer sans en faire un mouvement révolutionnaire.

  • Les grèves sont qualifiées de « grèves joyeuses » parce qu’elles sont vécues dans l’espoir d’un changement profond plutôt que dans une ambiance d’agressivité.

Astuce mémo

Occupations d’usines, mais grèves joyeuses plutôt que révolutionnaires

13. Réformes sociales et culturelles

★ À maîtriser

  • Les accords de Matignon des 7-8 juin 1936 prévoient notamment des hausses de salaires, des conventions collectives et l’élection de délégués ouvriers dans les entreprises.

📌 La semaine de 40 heures est instaurée avec maintien du salaire afin d’inciter les chefs d’entreprise à embaucher davantage d’ouvriers.

  • Les congés payés instaurés par le Front populaire sont les premiers en France.

Compléments

  • Les accords de Matignon s’accompagnent d’un engagement des syndicats, dont la CGT, à mettre fin au mouvement ouvrier.

  • Le gouvernement crée l’Office du blé pour réguler le marché agricole.

  • Le programme culturel associe : l’accès de tous à la culture, le développement du sport, le relèvement de l’âge légal de fin de scolarité

14. Oppositions politiques et patronales

★ À maîtriser

  • Après la dissolution des ligues en juin 1936, d’anciens membres des ligues contribuent à la formation de nouveaux partis de droite, notamment le Parti social français et le Parti populaire français.

📌 Le Parti social français se présente comme un parti conservateur destiné notamment aux classes moyennes, tandis que le Parti populaire français de Jacques Doriot est décrit comme frôlant le fascisme.

  • Le patronat et les milieux d’affaires s’opposent aux mesures du Front populaire, qu’ils jugent susceptibles d’alourdir les charges des entreprises et d’affaiblir l’économie française.

Compléments

  • Le Parti populaire français est anticommuniste et défend une révolution nationaliste, xénophobe et autoritaire.

  • Le Parti populaire français reçoit des fonds italiens et adopte des symboles de chef et de parti tels qu’un drapeau, un insigne et un salut.

Astuce mémo

Le PSF reste conservateur, tandis que le PPF frôle le fascisme

15. Presse d’extrême droite et affaire Salengro

★ À maîtriser

  • La presse d’extrême droite attaque violemment le Front populaire dans les années 1930, notamment en accusant Roger Salengro, ministre de l’Intérieur du gouvernement Blum, d’avoir déserté en 1915.

Compléments

  • Roger Salengro avait été fait prisonnier en allant chercher les papiers personnels d’un camarade mort au combat, et une enquête du conseil de guerre l’avait acquitté en janvier 1916.

16. Antisémitisme et attaques contre Blum

★ À maîtriser

  • L’élection de Léon Blum, premier président du Conseil juif, provoque une intensification des attaques antisémites, dans un contexte marqué par l’arrivée de réfugiés juifs d’Allemagne depuis 1933 et par la xénophobie.

  • Le 6 juin 1936, jour de l’investiture de Blum, Xavier Vallat affirme à la Chambre qu’il vaut mieux gouverner avec quelqu’un dont les origines sont enracinées dans le sol français qu’avec un « talmudiste subtil ».

Compléments

  • Pierre Gaxotte décrit Léon Blum comme incarnant « le mal » et « la mort » dans une attaque antisémite.

  • La concurrence de la radio pousse la presse à rechercher des titres plus accrocheurs pour augmenter les ventes, stratégie qui contribue à la diffusion de l’antisémitisme.

17. Échec économique du Front populaire

★ À maîtriser

  • L’absence de reprise se traduit par une stagnation ou un recul de la production industrielle, un chômage élevé, une baisse des exportations et un commerce extérieur déficitaire.

  • L’inflation reste élevée et compense les hausses de salaires issues des accords de Matignon, estimées à 15–16 %.

Compléments

  • Les recettes de l’État sont insuffisantes tandis que ses dépenses augmentent avec le réarmement, et des investisseurs retirent des capitaux de France.

  • À partir de l’automne 1936, les réformes les plus coûteuses sont suspendues, puis les retraites et les grands travaux sont reportés ou réduits dès 1937.

  • Les désaccords sur les mesures ajournées divisent les communistes, les socialistes et les radicaux au sein de la majorité du Front populaire.

Astuce mémo

Absence de reprise → dévaluation et réformes ajournées

18. Désagrégation politique et crise des années 1930

★ À maîtriser

  • La France connaît trois crises imbriquées :
    • une crise économique longue sans reprise
    • une crise sociale qui se retourne contre les Juifs et les étrangers
    • une crise politique qui met la République en accusation

Compléments

  • Après la fusillade de Clichy, la SFIO et la CGT imputent la responsabilité au gouvernement et à la police, et la CGT appelle à la grève contre la répression du gouvernement Blum.

  • L’antifascisme, qui cimentait la gauche, s’effrite après la fusillade de Clichy.

  • La Cagoule bascule dans le terrorisme et aggrave les tensions politiques dans un contexte de montée vers la guerre et des accords de Munich.

  • Marc Bloch, dans L’Étrange Défaite, cherche les causes de l’effondrement de 1940 dans les faiblesses de la société française et de ses élites, et non uniquement dans des facteurs militaires ou dans le Front populaire.

  • De février à avril 1942, le procès de Riom accuse Léon Blum et Édouard Daladier d’avoir mal préparé le pays à la guerre.

  • La propagande de Vichy présente le Front populaire comme responsable de la défaite, tandis que Maurras qualifie Vichy de « divine surprise ». - Mauras

Tableaux de synthèse

Partis issus des ligues

PartiOrientationÉlectorat ou traits
Parti social françaisDroite conservatriceVise notamment les classes moyennes
Parti populaire françaisFrôle le fascismeNationaliste, xénophobe, autoritaire et anticommuniste

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Crises politiques et ligues avec 55 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. En 1929-1930, quel ensemble d’indices explique que la France ait semblé relativement épargnée par la crise ?

2. Quel repère Alfred Sauvy a-t-il contribué à retenir pour situer le début de la crise en France ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Crises politiques et ligues avec 94 flashcards interactives.

Comment évoluent la production industrielle, le commerce extérieur et le chômage en France en 1929-1930 ?

La production reste stable, le commerce extérieur se porte assez bien et le chômage demeure limité.

Quel historien situe généralement le début de la crise française en 1931 ?

Alfred Sauvy, 1898-1990.

Comment la moindre intégration de l’économie française retarde-t-elle la transmission de la crise ?

Elle la retarde d’abord grâce aux PME tournées vers le marché intérieur et protégées par les douanes.

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