Fiche de révision : Critique de la modernité artistique et politique

Plan du Cours

  1. Objectifs du cours et évaluation
  2. Esthétique et logique de la sensibilité
  3. Philosophie de l'art et création
  4. Partage du sensible et politique
  5. Modernité comme notion stratifiée
  6. Universalisme de l'art et musées
  7. Figure de l'artiste moderne
  8. Pluralité des temps modernes
  9. Époque moderne et critique coloniale

1. Objectifs du cours et évaluation

Notions clés & Définitions

  • Réflexion critique sur la modernité : Compétence attendue consistant à construire une argumentation problématisée sur la modernité, appuyée sur des concepts et des références précises.
  • Épreuve écrite de 3 heures : Modalité de l’examen où l’étudiant répond à une question au choix, en mobilisant des références philosophiques, théoriques et artistiques précises.
  • Recueil de textes du CM : Corpus commun servant de socle de connaissances pour les textes étudiés en philosophie de l’art pendant le semestre.

Points essentiels

  • La copie de 3 heures comporte une question au choix parmi 3, à problématiser et étayer par des références philosophiques, théoriques et artistiques précises.
  • L’étudiant doit parfois mobiliser un extrait de texte associé à la question.
  • Le semestre s’appuie sur un recueil de textes du CM, des diaporamas déposés sur l’EPI avec œuvres et références théoriques, et deux ouvrages étudiés intégralement.
  • Deux ouvrages intégralement étudiés sont Baudelaire Le peintre de vie moderne (1863) et Benjamin L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (version 1939).

Astuce mémo

Épreuve = 3 heures + 1 question au choix + références précises + extrait parfois.

2. Esthétique et logique de la sensibilité

Notions clés & Définitions

  • Esthétique : Science de la connaissance sensible, pensée comme un savoir portant sur la sensibilité plutôt que sur le raisonnement strictement conceptuel.
  • Aesthetica : Notion associée à la théorie de la connaissance sensible, avec des dimensions comme la logique de la beauté du penser et l’analogon de la raison.
  • Connaissance sensible : Type de connaissance centré sur les capacités sensibles de l’humain, mobilisant perceptions, affects et sentiments.

Points essentiels

  • Chez Baumgarten, l’esthétique est définie comme une science de la connaissance sensible.
  • Le sensibilité ne se réduit pas aux cinq sens, elle inclut aussi des affects et des sentiments.
  • Heidegger rapproche l’esthétique de la logique en affirmant qu’elle doit produire sur la sensibilité la même fonction que la logique sur la pensée.

Astuce mémo

Esthétique = logique du sentir (comme la logique agit sur la pensée).

3. Philosophie de l'art et création

Notions clés & Définitions

  • Philosophie sur : Position où l’on traite la philosophie comme un discours qui réfléchirait à partir d’un autre objet, sans laisser l’art en déterminer les conditions.
  • Philosophie à partir de l’art : Position où la philosophie tire son origine et ses problèmes de la production artistique, et pense à partir de ce “dehors”.},{

Points essentiels

  • Deleuze critique l’idée que l’art serait une possession de la philosophie lorsqu’il traite la philosophie comme une puissance réfléchissante.
  • Chez Deleuze, l’art apparaît comme le dehors de la philosophie, c’est-à-dire l’impensé qui pousse à faire de la philosophie aujourd’hui.
  • La philosophie au sens du génitif objectif se dit comme une philosophie qui s’origine de l’art et pense à partir de l’art.

Astuce mémo

Sur = possession réflexive ; à partir de = origine dans l’art.

4. Partage du sensible et politique

Notions clés & Définitions

  • Partage du sensible : Architecture des manières de voir et de dire qui détermine qui a compétence pour voir, et ce qui fait enjeu politique comme expérience.
  • Esthétisation de la politique : Expression visée comme une lecture où la politique serait captée par l’art, associée à l’âge des masses chez Benjamin.
  • Système des formes a priori : Cadre de formes préalables qui fixe ce qui se donne à ressentir, et donc découpe temps, espaces, visible et invisible.

Points essentiels

  • Rancière distingue une esthétique de base liée à la politique de l’esthétisation de la politique propre à l’âge des masses.
  • L’esthétique politique, chez Rancière, se comprend comme un système de formes a priori qui organise visible et invisible, parole et bruit.
  • La politique porte sur ce qu’on voit et sur ce qu’on peut en dire, ainsi que sur la compétence pour voir et la qualité pour dire.

Astuce mémo

Partage du sensible = qui voit, qui parle, et quels temps/espaces comptent.

5. Modernité comme notion stratifiée

Notions clés & Définitions

  • Modernité : Notion complexe posée comme montage de temporalités et de pratiques hétérogènes, avec des tensions et superpositions internes.
  • Montage de temporalités : Façon d’articuler plusieurs temps en conflits, chevauchements et raccords, pour produire des œuvres relevant du présent et de l’avenir.
  • Déconstruction de la modernité : Procédure qui vise à déconstruire une conception simplifiée de la modernité en montrant ses stratifications et contradictions.

Points essentiels

  • Une conception simpliste associe souvent la modernité à une rupture nette, une temporalité orientée vers le futur, des valeurs progressives universelles, et un art-patrimoine célébré par le musée.
  • Le cours vise à problématiser cette vision simpliste en montrant les stratifications, superpositions et tensions qui constituent la modernité.
  • Rancière affirme qu’il n’y a pas un mais des temps modernes, selon des manières parfois contradictoires d’agencer temporalités de l’art et de la politique.

Astuce mémo

Modernité = montage contradictoire de temps, pas ligne unique vers le futur.

6. Universalisme de l'art et musées

Notions clés & Définitions

  • Universalisme de l’art : Idée selon laquelle l’art vaudrait universellement, notamment via la circulation et la conservation des œuvres, et qui se heurte à des tensions historiques.
  • Patrimoine universel : Notion issue de la conservation et de la mise en commun des objets, produisant émotions individuelles et collectives.
  • Capital symbolique : Puissance attribuée aux musées qui génère reconnaissance et valeur, questionnée quant à sa répartition réelle et juste.

Points essentiels

  • Quatremère de Quincy critique la politique de conquêtes artistiques du Directoire en soulignant le lien entre un objet d’art et son contexte d’origine en 1796.
  • Byron s’insurge en 1812 contre le transfert de frises du Parthénon d’Athènes par Lord Elgin en évoquant un climat nordique abominable.
  • Hugo, en 1861, dénonce par une lettre devenue célèbre un crime commis contre la civilisation chinoise lors du sac du Palais d’été.
  • Savoy interroge l’universalité du patrimoine : que deviennent les lieux et les personnes lorsque le capital symbolique produit par les musées n’est pas partagé ?

Astuce mémo

Universalité du musée : valeur récupérée, mais contexte et “dépossédés” ignorés ?

7. Figure de l'artiste moderne

Notions clés & Définitions

  • Artiste moderne : Figure moderne idéalisée comme individu séparé d’une tradition, présentée comme libre et capable de créer en avance sur la société.
  • Stéréotype du dandy et du flâneur : Figure sociale de l’artiste moderne décrite comme charmeuse mais stéréotypée, associée à un profil social particulier dans l’imaginaire du cours.
  • Mode de subjectivation moderne : Façon dont la modernité articule la formation d’un sujet, ici déployée via l’artiste comme paradigme supposé.

Points essentiels

  • Le cours critique l’idéalisation d’un artiste libre, en contact avec l’absolu et en avance sur l’académie comme sur le peuple.
  • Le stéréotype mentionne un artiste homme blanc, bourgeois appauvri ou aristocrate non conventionnel, figure à la fois séduisante et simplifiée.
  • L’objectif du cours est aussi de déconstruire l’idée d’artiste comme mode de subjectivation propre à l’art et à la modernité.

Astuce mémo

L’artiste moderne est un “paradigme” qui se fabrique autant par un imaginaire que par des œuvres.

8. Pluralité des temps modernes

Notions clés & Définitions

  • Entrelacement des temporalités : Mise en relation de temps en conflits, combinant continuités, coupures, raccords et reprises pour répondre aux exigences du présent et de l’avenir.
  • Montage de temps : Assemblage permettant de lancer un diagnostic ou un appel sur la modernité, plutôt qu’un récit unique de celle-ci.
  • Conflits de temporalités : Tensions internes entre formes de temps qui expliquent paradoxes et contradictions des discours sur la modernité.

Points essentiels

  • Rancière formule que son livre ne propose ni diagnostic simple ni appel à embrasser le temps, mais interroge quel montage de temps permet de poser diagnostic ou appel.
  • La modernité confronte des contradictions et paradoxes qui viennent du fait qu’il existe plusieurs façons d’agencer les temporalités de la politique et de l’art moderne.
  • Rancière associe la production d’œuvres à l’enchevêtrement de temporalités et à des conflits entre temps de l’art en mouvement.

Astuce mémo

Pluralité = plusieurs agencements de temps, donc plusieurs “modernités” possibles.

9. Époque moderne et critique coloniale

Notions clés & Définitions

  • Colonialité du pouvoir : Notion mobilisée pour expliquer que des idéaux européens d’émancipation peuvent s’appuyer sur des mécanismes coloniaux opposés à leurs promesses.
  • Théorie postcoloniale : Approche qui remet en cause les récits européens jugés sélectifs et flatteurs sur la modernité et ses effets globaux.
  • Critique décoloniale des Lumières : Lecture contestant la suprématie de l’épistémè des Lumières européennes et la hiérarchie savoir/Occident versus Orient et tradition.

Points essentiels

  • Pour des théoriciens postcoloniaux, la naissance de la modernité occidentale est située en 1492, associée au début du capitalisme international et de la globalisation.
  • Une perspective décoloniale critique les Lumières comme accélération planétaire de la colonialité du pouvoir, en contestant la suprématie de l’épistémè européenne.
  • Le cours rappelle des repères de l’époque moderne : 1453 pour la chute de l’Empire Romain d’Orient (prise de Constantinople) et 1492 pour l’arrivée de Christophe Colomb dans les Amériques.
  • La fin indiquée comme repère de passage vers l’époque contemporaine est 1789, avec la Révolution française.

Astuce mémo

Modernité occidentale : 1492 (globalisation) ; Lumières : accélération de la colonialité.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1863Baudelaire publie Le peintre de vie moderne.
1939Benjamin : L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (version 1939).
1796Quatremère de Quincy s’attaque aux conquêtes artistiques du Directoire en Italie.
1812Byron s’insurge contre le transfert des frises du Parthénon par Lord Elgin.
1861Victor Hugo dénonce un crime contre la civilisation chinoise lors du sac du Palais d’été.
1453Chute de l’Empire Romain d’Orient : prise de Constantinople.
1492Arrivée de Christophe Colomb dans les Amériques.
1789Révolution française, début de l’époque contemporaine.

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre la réduction de l’esthétique à la seule perception : la sensibilité inclut aussi affects et sentiments.
  2. Inverser la logique du génitif : “philosophie sur” n’est pas “philosophie à partir de” l’art chez Deleuze.
  3. Réduire le “partage du sensible” à une esthétique de l’art : il s’agit d’un découpage social de voir et dire qui structure la politique.
  4. Croire qu’il n’y a qu’une seule modernité : Rancière défend la pluralité des temps modernes avec agencements parfois contradictoires.
  5. Assimiler universalité de l’art à simple bienfait muséal : le cours met en question la dépossession et la répartition du capital symbolique.
  6. Prendre la figure de l’artiste moderne comme description neutre : le cours insiste sur l’idéalisation et le stéréotype à déconstruire.
  7. Confondre époque moderne et modernité : l’un suit une périodisation historique, l’autre est une notion stratifiée et problématisée.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi l’épreuve exige des références précises (philosophiques, théoriques et artistiques) et comment la question est formulée (choix parmi 3).
  2. Mobiliser l’idée que la sensibilité dépasse les cinq sens en incluant affects et sentiments, pour définir l’esthétique comme connaissance sensible.
  3. Décrire la thèse reliant esthétique et logique : l’esthétique doit agir sur la sensibilité comme la logique agit sur la pensée.
  4. Formuler la différence entre philosophie sur et philosophie à partir de l’art à partir des positions de Deleuze.
  5. Expliquer ce que signifie l’esthétique politique chez Rancière : formes a priori, découpage visible/invisible, parole/bruit, compétence pour voir et qualité pour dire.
  6. Présenter la critique de la conception simpliste de la modernité (rupture nette, futur linéaire, valeurs universelles, musée comme patrimoine universel) et l’objectif de la problématisation.
  7. Citer et relier au débat sur l’universalisme : 1796 (Quatremère), 1812 (Byron) et 1861 (Hugo) avec leur critique des transferts/dépossessions.
  8. Expliquer comment Savoy articule patrimoine universel, contexte d’origine et question de la justice envers les dépossédés.
  9. Décrire l’idéalisation et le stéréotype de l’artiste moderne (artiste libre séparé d’une tradition, stéréotype dandy/flâneur et profil social mentionné) et l’objectif de déconstruction.
  10. Expliquer la pluralité des temps modernes via l’idée qu’il n’y a pas un mais des agencements de temporalités, avec entrelacement et conflits.
  11. Donner des repères historiques de l’époque moderne (1453, 1492, 1789) et relier la critique coloniale à la naissance de la modernité en 1492 et à la critique décoloniale des Lumières.

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1. Comment est formulée la modalité de l’épreuve écrite de fin de semestre ?

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Réflexion critique sur la modernité — objectif ?

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Épreuve écrite — durée ?

3 heures.

Recueil de textes — rôle ?

Fonder les connaissances du cours.

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