Fiche de révision : Critique linguistique des propriétés sémantiques et syntaxiques

Plan du Cours

  1. Accéder au sens par paraphrase et métalangage
  2. Référent, sens et sémantique formelle
  3. Opposition massif et comptable en français
  4. Conversion massif vers comptable : conditionnement
  5. Conversion comptable vers massif : massifs pluriels
  6. Noms d’action et critères d’identification Nact
  7. Durativité, ancrage et repérage des noms d’action
  8. Dynamicité nominale et verbes supports
  9. Télique et atélique : propriétés et diagnostics
  10. Adjectifs gradables, échelles et zeugme
  11. Antonymie et oppositions directionnelles
  12. Adjectifs non gradables, relatifs et absolus

1. Accéder au sens par paraphrase et métalangage

Notions clés & Définitions

  • Paraphrase : La paraphrase est une reformulation qui vise à conserver le même contenu sémantique tout en changeant les mots.
  • Circularité : La circularité est un raisonnement où le sens est établi à partir d’autres mots dont la signification dépend du premier.
  • Métalangage : Le métalangage est un système de termes et de règles conçu pour parler du sens sans retomber dans des définitions en boucle.
  • Accès au sens : L’accès au sens désigne la méthode qui relie des expressions linguistiques à leur interprétation.
  • Référent : Le référent est la chose désignée par une expression, c’est-à-dire ce qui est pointé dans la situation de discours.

Points essentiels

  • L’accès au sens par paraphrase consiste à approcher l’interprétation en remplaçant une expression par une autre équivalente.
  • Une paraphrase n’est pertinente pour l’analyse que si elle conserve l’identité de contenu, pas seulement la ressemblance de forme.
  • La circularité apparaît quand on tente de définir le sens d’un mot uniquement via d’autres mots dont le sens dépend de ce mot.
  • Sortir de la circularité exige un niveau de description distinct, où l’on parle du sens avec des outils qui ne forment pas de boucle.
  • Le métalangage sert de cadre pour caractériser le sens de façon contrôlée, afin que les paraphrases ne soient pas la seule justification.
  • Le sens ne se confond pas avec le référent : le référent est observable, tandis que le sens correspond à l’interprétation linguistique.

Astuce mémo

Paraphrase = même contenu avec d’autres mots ; Circularité = sens défini par sens ; Métalangage = langage pour parler du sens et casser la boucle.

2. Référent, sens et sémantique formelle

Notions clés & Définitions

  • Référent : Le référent est l’entité du monde (ou de la situation) que le mot désigne et qui peut être observée.
  • Sens : Le sens est la façon dont une expression signifie, indépendamment de l’objet concret qu’elle renvoie.
  • Métalangage : Un métalangage est un langage spécialisé utilisé pour décrire la sémantique d’une langue sans être confondu avec elle.
  • Sémantique formelle : La sémantique formelle décrit le sens à l’aide d’outils logiques et de notations proches de la logique des prédicats.
  • Lecture générique : La lecture générique présente un nom comme représentant une catégorie ou un type, sans viser des individus précis.

Points essentiels

  • Le sens ne se confond pas avec le référent : le référent est observable, alors que le sens est une propriété sémantique non directement observable.
  • Le sens se récupère indirectement via des paraphrases, notamment celles utilisées dans les dictionnaires monolingues.
  • La circularité apparaît quand la définition d’un mot renvoie à d’autres mots qui renvoient à lui sans ancrage extérieur.
  • Un métalangage sert à éviter la circularité en décrivant le sens avec un langage différent de celui étudié.
  • La sémantique formelle utilise des notations de prédicats, par exemple T(x)T(x) pour exprimer « xx est une table ».
  • Des métalangages possibles incluent la logique formelle, les statistiques/probabilités, la sémantique cognitive, les approches décompositionnelles et NSM (Natural Semantic Metalanguage).

Astuce mémo

Référent = “ça pointe”, Sens = “ça se décrit” ; pour sortir du cercle, on change de langage (métalangage) et on paraphrase.

3. Opposition massif et comptable en français

Notions clés & Définitions

  • Nom massif : Un nom massif désigne une substance envisagée comme un tout, ce qui limite sa compatibilité avec la quantification par numéraux.
  • Nom comptable : Un nom comptable renvoie à des entités comptables, ce qui rend l’emploi avec des numéraux naturel.
  • Lecture massive : Une lecture massive traite le nom comme une matière non dénombrable, souvent compatible avec des déterminants comme du/de la.
  • Lecture comptable : Une lecture comptable traite le nom comme des unités dénombrables, souvent compatible avec le/la/les et les démonstratifs.
  • Conditionnement : Le conditionnement est un agencement qui prépare une matière pour un usage précis, et peut déclencher une lecture comptable.

Points essentiels

  • Un nom massif est typiquement singulier et accepte du/de la (ex. de l’eau, de la farine), tandis qu’un nom comptable accepte facilement un numéral (ex. trois farines, trois tables).
  • Certains noms sont polysémiques : le contexte peut faire basculer du massif au comptable (ex. du sable vs trois sables ; du pain vs trois pains).
  • Les déterminants définis (le, la, les) et démonstratifs (ce, cette, ces) favorisent une lecture comptable, alors que l’article partitif (du, de la, de l’) favorise une lecture massive.
  • Les déterminants numéraux (un, deux, trois, cent, mille) et l’indéfini (un, une, des) orientent fortement vers une lecture comptable, mais peuvent produire des effets de sens avec des noms massifs.
  • Le passage massif → comptable peut être déclenché par des “machines” sémantiques : la machine du multiplicateur (pluriel par multiplication d’individus) et la machine du trieur/conditionneur (tri ou conditionnement en “s
  • Ellipse du nom de quantité : hypothèse selon laquelle une étape intermédiaire implicite (un nom de quantité) expliquerait la conversion massif → comptable.

Astuce mémo

Massif = matière en bloc ; Comptable = unités à compter (du/de la → bloc, un/trois → unités).

4. Conversion massif vers comptable : conditionnement

Notions clés & Définitions

  • Conditionnement : Le conditionnement est l’agencement d’un massif avec un contenant ou un support qui fixe un usage déterminé.
  • Ellipse : L’ellipse est une analyse où une étape intermédiaire est supposée absente, rendant la conversion directe sans maillon explicite.
  • Genre grammatical : Le genre grammatical est la propriété qui impose des accords et des formes (masculin/féminin) qui peuvent révéler ou exclure une étape intermédiaire.
  • Conversion massif → comptable : La conversion massif → comptable est un changement de lecture où un massif est interprété comme un objet comptable via un contexte approprié.

Points essentiels

  • Exemple de conditionnement : « Du Ricard » peut être interprété comme « un verre de Ricard », où le massif est associé à un contenant comptable.
  • Contre-exemple visé : si l’ellipse était vraie, « Du Ricard » → « un verre de Ricard » devrait passer par une étape intermédiaire correspondant à un nom de quantité « Ricard ».
  • Test par le genre : on dit « une Suze » et non « un Suze », ce qui empêche l’existence d’une étape intermédiaire de type « verre » au niveau de l’ellipse.
  • Comparaison : « Un bateau à vapeur » → « un (nom) vapeur » ne reproduit pas le même comportement que la conversion massif → comptable.
  • Cas « immeuble » : selon l’objet mis dans la machine, la sortie peut être des matériaux (gravats/décombres), montrant que la conversion n’est pas une simple étape de type contenant/usage.

Astuce mémo

Conditionnement = contenant/usage (verre) ; ellipse = étape cachée (nom de quantité) ; test genre : Ricard (un) vs Suze (une) ⇒ pas d’étape cachée.

5. Conversion comptable vers massif : massifs pluriels

Notions clés & Définitions

  • Massif pluriel : Un massif pluriel est un nom massif qui admet une lecture à valeur plurielle, souvent compatible avec des quantifications comme « beaucoup de N ».
  • Lecture plurielle : Une lecture plurielle est l’interprétation où un massif renvoie à plusieurs entités ou occurrences malgré sa forme massive.
  • Prédicat collectif : Un prédicat collectif est un verbe ou groupe verbal qui décrit une action regroupant plusieurs participants, et qui peut sélectionner une lecture collective.
  • Compatibilité atélique : La compatibilité atélique correspond à l’accord entre des verbes atéliques et des propriétés de massifs, via des notions comme divisibilité et cumulativité.
  • Compatibilité télique : La compatibilité télique correspond à l’accord entre des verbes téliques et des propriétés des noms comptables, via une référence atomique et une non-cumulativité.

Points essentiels

  • Un massif peut recevoir une lecture plurielle même si sa forme est massive, par exemple avec « beaucoup d’immeubles ».
  • Les massifs pluriels existent (comme « épinards ») et montrent une affinité structurelle avec le pluriel.
  • Massif et pluriel acceptent des prédicats collectifs du type se rassembler, contrairement à des formes où la lecture collective n’est pas obtenue.
  • La correspondance visée relie verbes atéliques et propriétés des massifs, et verbes téliques et propriétés des comptables.
  • Cette correspondance s’appuie sur la référence atomique, la divisibilité et la cumulativité pour faire matcher le bon type de prédicat aspectuel.

Astuce mémo

Massif/Pluriel : même « collectif » (se rassembler) ; Atélique : divisible et cumulable ; Télique : atomique et non cumulable.

6. Noms d’action et critères d’identification Nact

Notions clés & Définitions

  • Nom d’action : Nom d’action : nom qui décrit un événement situé dans le temps et qui se prête à des tests de dynamicité.
  • Dynamicité verbale : Dynamicité verbale : propriété testée par la compatibilité avec « il est en train de + V », typique des verbes d’action.
  • Action durative : Action durative : action dont la durée peut s’étendre sur une période, compatible avec une mesure de temps longue.
  • Action non durative : Action non durative : action ponctuelle, compatible avec une durée très brève et difficile à profiler comme un processus long.
  • Action culminante : Action culminante : action orientée vers un point d’aboutissement, où l’« arrêt » implique l’existence de l’événement.

Points essentiels

  • Le diagnostic temporel « lors/pendant/durant/au cours de/après/avant/dès/depuis + N » sert à repérer les Nact en les ancrant dans une occurrence temporelle.
  • Le test « il est en train de + V » donne une lecture dynamique pour des verbes d’action (courir, travailler) mais échoue avec des verbes non dynamiques (aimer, savoir, connaître).
  • Le critère duratif oppose les formes compatibles avec une durée longue (durative) à celles compatibles seulement avec une durée brève (non durative).
  • Le critère culminatif oppose les actions orientées vers un point final (télique) à celles sans point final net (atélique).
  • Le paradoxe imperfectif : « X a été interrompu » présuppose l’existence de X pour une dispute/discussion, mais pas pour un accouchement.
  • Dans le bilan, les noms non occurrentiels (massif) sont nécessairement non culminatifs (atélique). Dans le bilan, les noms non duratifs (ponctuels) sont nécessairement culminatifs (télique).

Astuce mémo

Nact = Morphologie (suffixe) + Temps (repère/durée) + Aspect (dynamique) ; Duratif = « ça dure », culminatif = « ça aboutit » ; interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement.

7. Durativité, ancrage et repérage des noms d’action

Notions clés & Définitions

  • Culminatif : Le culminatif décrit une lecture où l’action mène à un aboutissement, donc “ça aboutit” plutôt que “ça dure”.
  • Paradoxe imperfectif : Le paradoxe imperfectif relie l’aspect non borné à une interprétation d’existence en cas d’interruption, mais pas pour certains événements comme l’accouchement.
  • Dynamicité nominale : La dynamicité nominale est la capacité d’un nom à s’associer à des verbes supports pour recevoir une lecture d’action ou d’événement.
  • Verbes supports actionnels : Les verbes supports actionnels servent à construire une lecture événementielle d’un nom, typiquement avec des tournures du type faire/accomplir/effecuer/procéder + nom.
  • Verbes supports événementiels : Les verbes supports événementiels permettent d’indiquer que le nom renvoie à un événement, via des tournures comme avoir lieu ou se produire + nom.

Points essentiels

  • Un nom dynamique passe des tests action/événement avec des verbes supports, tandis qu’un nom statique échoue à ces tests.
  • Pour repérer la dynamique nominale, on emploie des verbes supports actionnels comme faire, accomplir, effectuer et procéder + nom.
  • Pour repérer la dynamique nominale, on emploie des verbes supports événementiels comme avoir lieu et se produire + nom.
  • Le test de stativité consiste à vérifier si le nom accepte des emplois décrivant un état ou une expérience statique, ce qui signale qu’il ne dénote pas une action.
  • Le contraste “domaine verbal” oppose une lecture en cours (être en train) à des formes qui ne conviennent pas à certains verbes (ex. aimer vs courir).
  • Dans l’exemple “visite”, le nom est conclu comme monosémique avec une lecture action car il ne passe pas le test de stativité.

Astuce mémo

Action/événement = verbes supports (faire/accomplir/effecuer/procéder ; avoir lieu/se produire) ; statique = échec du test de stativité.

8. Dynamicité nominale et verbes supports

Notions clés & Définitions

  • Zeugme : Figure de coordination qui associe des éléments de sens différents dans une même construction, souvent avec un effet de surprise ou d’humour.
  • Adjectif relationnel : Adjectif qui relie un nom à un domaine ou à une notion (plutôt qu’à une propriété mesurable) et fixe ainsi un type de rapport.
  • Adjectif qualificatif : Adjectif qui attribue une propriété ou une qualité à un ensemble d’entités, en décrivant un trait.
  • Propriété scalaire : Propriété exprimable sur une échelle de degrés ordonnés, où l’on peut comparer des niveaux.
  • Gradabilité : Capacité d’exprimer une propriété à plusieurs degrés, notamment via des formes de comparaison et de superlativité.

Points essentiels

  • Un zeugme peut coordonner un adjectif relationnel et un adjectif qualificatif même si leurs types de sens ne se rangent pas au même niveau.
  • La circularité apparaît quand on définit une propriété uniquement par des synonymes (qualité, trait, caractéristique) sans critère distinctif.
  • Une analyse linguistique traite les propriétés comme des qualités portées par des adjectifs, pas comme une simple liste de mots équivalents.
  • Les propriétés sont souvent, mais pas toujours, scalaires/gradables et souvent, mais pas toujours, liées à une relation d’antonymie.
  • Une échelle correspond à un ensemble de degrés, avec une dimension et une relation d’ordre entre ces degrés.

Astuce mémo

Zeugme = « réunion de sens incompatibles » : relationnel + qualificatif = souvent drôle.

9. Télique et atélique : propriétés et diagnostics

Notions clés & Définitions

  • Polarité adjectivale : La polarité adjectivale est une propriété qui classe un terme adjectival comme positif ou négatif dans une opposition, indépendamment de sa polarité naturelle.
  • Antonymes complémentaires : Les antonymes complémentaires forment une opposition où la présence de X implique l’absence de X non présent, et réciproquement.
  • Antonymes contraires : Les antonymes contraires s’opposent par implication unilatérale, sans garantir qu’un état non X corresponde à l’état X opposé.
  • Antonymes converses : Les antonymes converses sont définis par une relation à deux places dont la converse s’obtient en échangeant les arguments.
  • Adjectifs non gradables : Les adjectifs non gradables ne se prêtent pas à une échelle de degrés car ils ne distinguent que deux valeurs, sans standard intermédiaire.

Points essentiels

  • Les opposés peuvent avoir des distributions proches tout en restant sémantiquement opposés.
  • La proximité s’observe aussi dans des erreurs de parole où le mot visé est remplacé par son opposé.
  • Antonymes complémentaires : X présent ⇔ X non absent, et X non présent ⇔ X absent.
  • Antonymes contraires : X chaud ⇒ X non froid, mais X non chaud n’implique pas X froid (état intermédiaire possible).
  • Antonymes converses : si R(x,y) est une relation à deux places, alors R(x,y)=R’(y,x) pour sa converse.
  • Antonymes directionnels : monter/descendre s’organisent via une orientation sur une échelle (ex. échelle et sens).

Astuce mémo

Complémentaire = double implication (présent↔absent) ; Contraire = implication seulement d’un côté (chaud→non froid).

10. Adjectifs gradables, échelles et zeugme

Notions clés & Définitions

  • Adjectifs gradables : Adjectifs dont on peut exprimer des degrés via des comparatifs, superlatifs ou adverbes de degré.
  • Adjectifs non gradables : Adjectifs dont la lecture ne permet pas une échelle continue, mais seulement une opposition à deux degrés.
  • Adjectifs absolus : Adjectifs dont le standard maximal est fixé et ne dépend pas du contexte, ce qui limite l’usage naturel des degrés.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le standard varie selon le nom recteur ou le contexte, ce qui rend possibles des degrés partiels.
  • Coercition : Phénomène où un élément (souvent un adverbe de degré) force l’adjectif à changer de lecture, par exemple d’absolu vers relatif.

Points essentiels

  • Les comparatifs et superlatifs sont défectueux avec des adjectifs sans échelle de degrés, comme dans des formes du type « plus marié que » ou « le plus marié ».
  • Les adjectifs non gradables se comportent comme une échelle à deux degrés seulement, sans zone intermédiaire.
  • Dans une lecture absolue, la comparaison se fait à partir d’un standard fixe (ex. plein/vide), alors que dans une lecture relative le standard glisse avec le nom recteur (ex. grand/petit).
  • Test de description définie relatif : la description vise l’élément au standard le plus haut du contexte (ex. « la bouteille la plus grande »).
  • Test de description définie absolu : la description peut viser l’extrême opposé sur l’échelle (ex. « la bouteille la plus vide » / « la moins pleine »).
  • Certaines lectures donnent un standard fixe (adjectif absolu), tandis que d’autres donnent un standard variable selon le nom recteur ou le contexte (adjectif relatif).

Astuce mémo

Non gradable = 2 cases (oui/non) ; relatif = standard variable (glisse avec le nom) ; absolu = standard fixé (extrême repérable).

11. Antonymie et oppositions directionnelles

Notions clés & Définitions

  • Standard fixe : Un standard fixe est une échelle où l’opposition correspond à un degré stable, donc proche de l’absolu (tout ou presque).
  • Standard variable : Un standard variable est une échelle où le degré dépend du contexte, donc l’opposition est relative au lieu ou à la situation.
  • Gradabilité : La gradabilité est la possibilité de décrire un état par des degrés intermédiaires plutôt que par un choix binaire.
  • Atélique : Un verbe atélique décrit une situation sans visée de culmination, typiquement compatible avec une lecture non bornée.
  • Télique : Un verbe télique décrit une situation orientée vers une culmination, typiquement compatible avec une lecture bornée.

Points essentiels

  • « Chemise sèche » peut viser un standard fixe, tandis que « climat sec » dépend fortement du lieu donc relève d’un standard variable.
  • Allumé/éteint pour une lampe est non gradable : on décrit l’état par tout ou rien, pas par « légèrement » ou « à moitié ».
  • Droit/tordu suit une échelle graduable : « complètement droit » correspond au total, « légèrement/très tordu » au partiel, et « à moitié tordu » ne se confond pas avec « moitié de la barre droite ».
  • Habillé/nu et plein/vide sont plus faciles car l’adjectif porte sur une surface ou une quantité méréologique (couverture du corps, volume de liquide).
  • Astuce mémo : Absolu = standard fixe (tout ou presque) ; Relatif = standard qui bouge (selon le contexte).
  • Tableau massif/comptable vs atélique/télique (verbes) : la correspondance utile est que l’atélique s’associe à une référence atomique non vérifiée, tandis que la télique s’associe à une référence atomique vérifiée (façon

Astuce mémo

Absolu fixe → tout ou presque ; Relatif bouge → dépend du contexte.

12. Adjectifs non gradables, relatifs et absolus

Notions clés & Définitions

  • Adjectifs non gradables : Adjectifs qui ne se combinent pas avec des degrés et refusent la modification par des adverbes de gradation.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le sens dépend d’un contexte de comparaison, ce qui rend la lecture “plus/moins X” interprétative.
  • Adjectifs absolus : Adjectifs qui décrivent une propriété sans échelle comparative, même si la phrase peut contenir des superlatifs.
  • Polarité adjectivale : Propriété sémantique qui détermine la compatibilité d’un adjectif avec des environnements de négation ou d’orientation (positif/négatif).

Points essentiels

  • Les adjectifs non gradables échouent aux tests de gradation (par ex. avec très/complètement/légèrement) et ne supportent pas une lecture en degrés.
  • Ne pas confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” se lit différemment de “la bouteille la plus grande” car le premier ne repose pas sur une comparaison d’échelle.
  • Les tests de compatibilité avec adverbes de degré servent à classer sur une échelle gradable/non gradable et à vérifier la lecture relative/absolue.
  • La polarité aide à distinguer des adjectifs dont la distribution change selon le contexte (notamment avec la négation).
  • Un adjectif “relatif” s’évalue par rapport à un ensemble de comparaison, tandis qu’un “absolu” vise un état/propriété sans dépendre d’une échelle contextuelle.

Astuce mémo

Relatif = “comparaison”, Absolu = “état sans échelle” (vide ≠ grand).

Tableaux de synthèse

Massif/comptable et atélique/télique (verbes)

DistinctionAtéliqueTélique
Référence atomiquenon vérifiéevérifiée (faible)
Divisibilitévérifiéenon vérifiée
Cumulativitévérifiéenon vérifiée
Exemples (verbes)courirdécider qqch ; trouver la solution

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre sens et référent : le référent est observable, le sens n’est accessible qu’indirectement via paraphrases et outils de description.
  2. Croire qu’une paraphrase suffit à définir le sens : sans métalangage, on retombe vite dans une circularité (table→meuble→objet→…).
  3. Penser que la télicité dépend du COD comptable : en réalité, pour manger, c’est la cumulativité du COD qui module télique vs atélique.
  4. Confondre “diviser” et “interrompre” : l’interruption sert au diagnostic télique/atélique, pas à la divisibilité.
  5. Dire que “trouver” est télique parce que le complément est comptable : la télicité s’impose au GV complet, pas comme un simple effet du COD.
  6. Pour les adjectifs, confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” ne se lit pas comme “la bouteille la plus grande”.
  7. Croire que “très” fonctionne avec tous les adjectifs : avec non gradables ou fermés, les tests échouent sauf coercition.

Checklist Examen

  1. Expliquer comment la substitution paraphrastique donne un accès indirect au sens, et pourquoi elle devient circulaire sans métalangage.
  2. Définir métalangage et citer au moins 3 types d’outils possibles (ex. logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, approches décompositionnelles, NSM).
  3. Rappeler la différence sens vs référent, puis expliquer comment la circularité apparaît dans des définitions en chaîne (ex. table→meuble→objet…).
  4. Définir nom massif vs nom comptable en français à partir des déterminants et des tests (partitif du/de la vs numéral trois, etc.), et donner un exemple de polysémie (sable/pain).
  5. Décrire la conversion massif→comptable via conditionnement, puis résumer l’argument contre l’ellipse avec le test de genre (Ricard : un ; Suze : une).
  6. Rappeler l’ellipse du nom de quantité comme hypothèse, et comparer avec une ellipse attestée (bateau à vapeur→vapeur) qui ne reproduit pas le même comportement.
  7. Expliquer la conversion comptable→massif par massifs à valeur plurielle et massifs pluriels, et relier à référence atomique, divisibilité et cumulativité.
  8. Donner les critères d’identification des Nact : morphologique (suffixes), temporel (durativité/ancrage/repérage) et aspectuel (dynamicité), avec au moins un test pour chaque.
  9. Distinguer duratif vs non duratif et culminant vs non culminant, puis utiliser le paradoxe imperfectif (interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement).
  10. Expliquer la dynamicité nominale avec verbes supports actionnels vs événementiels, et appliquer le test de stativité (échec pour noms statiques).
  11. Relier télique/atélique (domaine verbal) à massif/comptable (domaine nominal) via la correspondance des propriétés (référence atomique, divisibilité, cumulativité).
  12. Distinguer adjectifs gradables/non gradables, relatifs/absolus, et total/partiel, en justifiant par les tests (description définie, compatibilité avec très/complètement/légèrement/à moitié, et comportement des comparais/
  13. superlatifs).]}]}}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}

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1. Dans quel cas parle-t-on de circularité dans une définition du sens ?

2. Dans l’analyse du conditionnement, que représente le plus souvent la lecture de type « un verre de Ricard » ?

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Paraphrase — rôle ?

Approcher le sens en reformulant sans boucle.

Référent — définition ?

L’entité désignée par une expression dans la situation.

Opposition massif vs comptable ?

Massif désigne une matière, comptable une unité dénombrable.

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