Fiche de révision : Critique linguistique des propriétés sémantiques et syntaxiques

📋 Plan du Cours

  1. Accéder au sens par paraphrase et métalangage
  2. Référent, sens et sémantique formelle
  3. Opposition massif et comptable en français
  4. Conversion massif vers comptable : conditionnement
  5. Conversion comptable vers massif : massifs pluriels
  6. Noms d’action et critères d’identification Nact
  7. Durativité, ancrage et repérage des noms d’action
  8. Dynamicité nominale et verbes supports
  9. Télique et atélique : propriétés et diagnostics
  10. Adjectifs gradables, échelles et zeugme
  11. Antonymie et oppositions directionnelles
  12. Adjectifs non gradables, relatifs et absolus

📖 1. Accéder au sens par paraphrase et métalangage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Paraphrase : La paraphrase est une reformulation qui vise à conserver le même contenu sémantique tout en changeant les mots.
  • Circularité : La circularité est un raisonnement où le sens est établi à partir d’autres mots dont la signification dépend du premier.
  • Métalangage : Le métalangage est un système de termes et de règles conçu pour parler du sens sans retomber dans des définitions en boucle.
  • Accès au sens : L’accès au sens désigne la méthode qui relie des expressions linguistiques à leur interprétation.
  • Référent : Le référent est la chose désignée par une expression, c’est-à-dire ce qui est pointé dans la situation de discours.

📝 Points essentiels

  • L’accès au sens par paraphrase consiste à approcher l’interprétation en remplaçant une expression par une autre équivalente.
  • Une paraphrase n’est pertinente pour l’analyse que si elle conserve l’identité de contenu, pas seulement la ressemblance de forme.
  • La circularité apparaît quand on tente de définir le sens d’un mot uniquement via d’autres mots dont le sens dépend de ce mot.
  • Sortir de la circularité exige un niveau de description distinct, où l’on parle du sens avec des outils qui ne forment pas de boucle.
  • Le métalangage sert de cadre pour caractériser le sens de façon contrôlée, afin que les paraphrases ne soient pas la seule justification.
  • Le sens ne se confond pas avec le référent : le référent est observable, tandis que le sens correspond à l’interprétation linguistique.

💡 Astuce mémo

Paraphrase = même contenu avec d’autres mots ; Circularité = sens défini par sens ; Métalangage = langage pour parler du sens et casser la boucle.

📖 2. Référent, sens et sémantique formelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Référent : Le référent est l’entité du monde (ou de la situation) que le mot désigne et qui peut être observée.
  • Sens : Le sens est la façon dont une expression signifie, indépendamment de l’objet concret qu’elle renvoie.
  • Métalangage : Un métalangage est un langage spécialisé utilisé pour décrire la sémantique d’une langue sans être confondu avec elle.
  • Sémantique formelle : La sémantique formelle décrit le sens à l’aide d’outils logiques et de notations proches de la logique des prédicats.
  • Lecture générique : La lecture générique présente un nom comme représentant une catégorie ou un type, sans viser des individus précis.

📝 Points essentiels

  • Le sens ne se confond pas avec le référent : le référent est observable, alors que le sens est une propriété sémantique non directement observable.
  • Le sens se récupère indirectement via des paraphrases, notamment celles utilisées dans les dictionnaires monolingues.
  • La circularité apparaît quand la définition d’un mot renvoie à d’autres mots qui renvoient à lui sans ancrage extérieur.
  • Un métalangage sert à éviter la circularité en décrivant le sens avec un langage différent de celui étudié.
  • La sémantique formelle utilise des notations de prédicats, par exemple T(x)T(x) pour exprimer « xx est une table ».
  • Des métalangages possibles incluent la logique formelle, les statistiques/probabilités, la sémantique cognitive, les approches décompositionnelles et NSM (Natural Semantic Metalanguage).

💡 Astuce mémo

Référent = “ça pointe”, Sens = “ça se décrit” ; pour sortir du cercle, on change de langage (métalangage) et on paraphrase.

📖 3. Opposition massif et comptable en français

🔑 Notions clés & Définitions

  • Nom massif : Un nom massif désigne une substance envisagée comme un tout, ce qui limite sa compatibilité avec la quantification par numéraux.
  • Nom comptable : Un nom comptable renvoie à des entités comptables, ce qui rend l’emploi avec des numéraux naturel.
  • Lecture massive : Une lecture massive traite le nom comme une matière non dénombrable, souvent compatible avec des déterminants comme du/de la.
  • Lecture comptable : Une lecture comptable traite le nom comme des unités dénombrables, souvent compatible avec le/la/les et les démonstratifs.
  • Conditionnement : Le conditionnement est un agencement qui prépare une matière pour un usage précis, et peut déclencher une lecture comptable.

📝 Points essentiels

  • Un nom massif est typiquement singulier et accepte du/de la (ex. de l’eau, de la farine), tandis qu’un nom comptable accepte facilement un numéral (ex. trois farines, trois tables).
  • Certains noms sont polysémiques : le contexte peut faire basculer du massif au comptable (ex. du sable vs trois sables ; du pain vs trois pains).
  • Les déterminants définis (le, la, les) et démonstratifs (ce, cette, ces) favorisent une lecture comptable, alors que l’article partitif (du, de la, de l’) favorise une lecture massive.
  • Les déterminants numéraux (un, deux, trois, cent, mille) et l’indéfini (un, une, des) orientent fortement vers une lecture comptable, mais peuvent produire des effets de sens avec des noms massifs.
  • Le passage massif → comptable peut être déclenché par des “machines” sémantiques : la machine du multiplicateur (pluriel par multiplication d’individus) et la machine du trieur/conditionneur (tri ou conditionnement en “s
  • Ellipse du nom de quantité : hypothèse selon laquelle une étape intermédiaire implicite (un nom de quantité) expliquerait la conversion massif → comptable.

💡 Astuce mémo

Massif = matière en bloc ; Comptable = unités à compter (du/de la → bloc, un/trois → unités).

📖 4. Conversion massif vers comptable : conditionnement

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conditionnement : Le conditionnement est l’agencement d’un massif avec un contenant ou un support qui fixe un usage déterminé.
  • Ellipse : L’ellipse est une analyse où une étape intermédiaire est supposée absente, rendant la conversion directe sans maillon explicite.
  • Genre grammatical : Le genre grammatical est la propriété qui impose des accords et des formes (masculin/féminin) qui peuvent révéler ou exclure une étape intermédiaire.
  • Conversion massif → comptable : La conversion massif → comptable est un changement de lecture où un massif est interprété comme un objet comptable via un contexte approprié.

📝 Points essentiels

  • Exemple de conditionnement : « Du Ricard » peut être interprété comme « un verre de Ricard », où le massif est associé à un contenant comptable.
  • Contre-exemple visé : si l’ellipse était vraie, « Du Ricard » → « un verre de Ricard » devrait passer par une étape intermédiaire correspondant à un nom de quantité « Ricard ».
  • Test par le genre : on dit « une Suze » et non « un Suze », ce qui empêche l’existence d’une étape intermédiaire de type « verre » au niveau de l’ellipse.
  • Comparaison : « Un bateau à vapeur » → « un (nom) vapeur » ne reproduit pas le même comportement que la conversion massif → comptable.
  • Cas « immeuble » : selon l’objet mis dans la machine, la sortie peut être des matériaux (gravats/décombres), montrant que la conversion n’est pas une simple étape de type contenant/usage.

💡 Astuce mémo

Conditionnement = contenant/usage (verre) ; ellipse = étape cachée (nom de quantité) ; test genre : Ricard (un) vs Suze (une) ⇒ pas d’étape cachée.

📖 5. Conversion comptable vers massif : massifs pluriels

🔑 Notions clés & Définitions

  • Massif pluriel : Un massif pluriel est un nom massif qui admet une lecture à valeur plurielle, souvent compatible avec des quantifications comme « beaucoup de N ».
  • Lecture plurielle : Une lecture plurielle est l’interprétation où un massif renvoie à plusieurs entités ou occurrences malgré sa forme massive.
  • Prédicat collectif : Un prédicat collectif est un verbe ou groupe verbal qui décrit une action regroupant plusieurs participants, et qui peut sélectionner une lecture collective.
  • Compatibilité atélique : La compatibilité atélique correspond à l’accord entre des verbes atéliques et des propriétés de massifs, via des notions comme divisibilité et cumulativité.
  • Compatibilité télique : La compatibilité télique correspond à l’accord entre des verbes téliques et des propriétés des noms comptables, via une référence atomique et une non-cumulativité.

📝 Points essentiels

  • Un massif peut recevoir une lecture plurielle même si sa forme est massive, par exemple avec « beaucoup d’immeubles ».
  • Les massifs pluriels existent (comme « épinards ») et montrent une affinité structurelle avec le pluriel.
  • Massif et pluriel acceptent des prédicats collectifs du type se rassembler, contrairement à des formes où la lecture collective n’est pas obtenue.
  • La correspondance visée relie verbes atéliques et propriétés des massifs, et verbes téliques et propriétés des comptables.
  • Cette correspondance s’appuie sur la référence atomique, la divisibilité et la cumulativité pour faire matcher le bon type de prédicat aspectuel.

💡 Astuce mémo

Massif/Pluriel : même « collectif » (se rassembler) ; Atélique : divisible et cumulable ; Télique : atomique et non cumulable.

📖 6. Noms d’action et critères d’identification Nact

🔑 Notions clés & Définitions

  • Nom d’action : Nom d’action : nom qui décrit un événement situé dans le temps et qui se prête à des tests de dynamicité.
  • Dynamicité verbale : Dynamicité verbale : propriété testée par la compatibilité avec « il est en train de + V », typique des verbes d’action.
  • Action durative : Action durative : action dont la durée peut s’étendre sur une période, compatible avec une mesure de temps longue.
  • Action non durative : Action non durative : action ponctuelle, compatible avec une durée très brève et difficile à profiler comme un processus long.
  • Action culminante : Action culminante : action orientée vers un point d’aboutissement, où l’« arrêt » implique l’existence de l’événement.

📝 Points essentiels

  • Le diagnostic temporel « lors/pendant/durant/au cours de/après/avant/dès/depuis + N » sert à repérer les Nact en les ancrant dans une occurrence temporelle.
  • Le test « il est en train de + V » donne une lecture dynamique pour des verbes d’action (courir, travailler) mais échoue avec des verbes non dynamiques (aimer, savoir, connaître).
  • Le critère duratif oppose les formes compatibles avec une durée longue (durative) à celles compatibles seulement avec une durée brève (non durative).
  • Le critère culminatif oppose les actions orientées vers un point final (télique) à celles sans point final net (atélique).
  • Le paradoxe imperfectif : « X a été interrompu » présuppose l’existence de X pour une dispute/discussion, mais pas pour un accouchement.
  • Dans le bilan, les noms non occurrentiels (massif) sont nécessairement non culminatifs (atélique). Dans le bilan, les noms non duratifs (ponctuels) sont nécessairement culminatifs (télique).

💡 Astuce mémo

Nact = Morphologie (suffixe) + Temps (repère/durée) + Aspect (dynamique) ; Duratif = « ça dure », culminatif = « ça aboutit » ; interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement.

📖 7. Durativité, ancrage et repérage des noms d’action

🔑 Notions clés & Définitions

  • Culminatif : Le culminatif décrit une lecture où l’action mène à un aboutissement, donc “ça aboutit” plutôt que “ça dure”.
  • Paradoxe imperfectif : Le paradoxe imperfectif relie l’aspect non borné à une interprétation d’existence en cas d’interruption, mais pas pour certains événements comme l’accouchement.
  • Dynamicité nominale : La dynamicité nominale est la capacité d’un nom à s’associer à des verbes supports pour recevoir une lecture d’action ou d’événement.
  • Verbes supports actionnels : Les verbes supports actionnels servent à construire une lecture événementielle d’un nom, typiquement avec des tournures du type faire/accomplir/effecuer/procéder + nom.
  • Verbes supports événementiels : Les verbes supports événementiels permettent d’indiquer que le nom renvoie à un événement, via des tournures comme avoir lieu ou se produire + nom.

📝 Points essentiels

  • Un nom dynamique passe des tests action/événement avec des verbes supports, tandis qu’un nom statique échoue à ces tests.
  • Pour repérer la dynamique nominale, on emploie des verbes supports actionnels comme faire, accomplir, effectuer et procéder + nom.
  • Pour repérer la dynamique nominale, on emploie des verbes supports événementiels comme avoir lieu et se produire + nom.
  • Le test de stativité consiste à vérifier si le nom accepte des emplois décrivant un état ou une expérience statique, ce qui signale qu’il ne dénote pas une action.
  • Le contraste “domaine verbal” oppose une lecture en cours (être en train) à des formes qui ne conviennent pas à certains verbes (ex. aimer vs courir).
  • Dans l’exemple “visite”, le nom est conclu comme monosémique avec une lecture action car il ne passe pas le test de stativité.

💡 Astuce mémo

Action/événement = verbes supports (faire/accomplir/effecuer/procéder ; avoir lieu/se produire) ; statique = échec du test de stativité.

📖 8. Dynamicité nominale et verbes supports

🔑 Notions clés & Définitions

  • Zeugme : Figure de coordination qui associe des éléments de sens différents dans une même construction, souvent avec un effet de surprise ou d’humour.
  • Adjectif relationnel : Adjectif qui relie un nom à un domaine ou à une notion (plutôt qu’à une propriété mesurable) et fixe ainsi un type de rapport.
  • Adjectif qualificatif : Adjectif qui attribue une propriété ou une qualité à un ensemble d’entités, en décrivant un trait.
  • Propriété scalaire : Propriété exprimable sur une échelle de degrés ordonnés, où l’on peut comparer des niveaux.
  • Gradabilité : Capacité d’exprimer une propriété à plusieurs degrés, notamment via des formes de comparaison et de superlativité.

📝 Points essentiels

  • Un zeugme peut coordonner un adjectif relationnel et un adjectif qualificatif même si leurs types de sens ne se rangent pas au même niveau.
  • La circularité apparaît quand on définit une propriété uniquement par des synonymes (qualité, trait, caractéristique) sans critère distinctif.
  • Une analyse linguistique traite les propriétés comme des qualités portées par des adjectifs, pas comme une simple liste de mots équivalents.
  • Les propriétés sont souvent, mais pas toujours, scalaires/gradables et souvent, mais pas toujours, liées à une relation d’antonymie.
  • Une échelle correspond à un ensemble de degrés, avec une dimension et une relation d’ordre entre ces degrés.

💡 Astuce mémo

Zeugme = « réunion de sens incompatibles » : relationnel + qualificatif = souvent drôle.

📖 9. Télique et atélique : propriétés et diagnostics

🔑 Notions clés & Définitions

  • Polarité adjectivale : La polarité adjectivale est une propriété qui classe un terme adjectival comme positif ou négatif dans une opposition, indépendamment de sa polarité naturelle.
  • Antonymes complémentaires : Les antonymes complémentaires forment une opposition où la présence de X implique l’absence de X non présent, et réciproquement.
  • Antonymes contraires : Les antonymes contraires s’opposent par implication unilatérale, sans garantir qu’un état non X corresponde à l’état X opposé.
  • Antonymes converses : Les antonymes converses sont définis par une relation à deux places dont la converse s’obtient en échangeant les arguments.
  • Adjectifs non gradables : Les adjectifs non gradables ne se prêtent pas à une échelle de degrés car ils ne distinguent que deux valeurs, sans standard intermédiaire.

📝 Points essentiels

  • Les opposés peuvent avoir des distributions proches tout en restant sémantiquement opposés.
  • La proximité s’observe aussi dans des erreurs de parole où le mot visé est remplacé par son opposé.
  • Antonymes complémentaires : X présent ⇔ X non absent, et X non présent ⇔ X absent.
  • Antonymes contraires : X chaud ⇒ X non froid, mais X non chaud n’implique pas X froid (état intermédiaire possible).
  • Antonymes converses : si R(x,y) est une relation à deux places, alors R(x,y)=R’(y,x) pour sa converse.
  • Antonymes directionnels : monter/descendre s’organisent via une orientation sur une échelle (ex. échelle et sens).

💡 Astuce mémo

Complémentaire = double implication (présent↔absent) ; Contraire = implication seulement d’un côté (chaud→non froid).

📖 10. Adjectifs gradables, échelles et zeugme

🔑 Notions clés & Définitions

  • Adjectifs gradables : Adjectifs dont on peut exprimer des degrés via des comparatifs, superlatifs ou adverbes de degré.
  • Adjectifs non gradables : Adjectifs dont la lecture ne permet pas une échelle continue, mais seulement une opposition à deux degrés.
  • Adjectifs absolus : Adjectifs dont le standard maximal est fixé et ne dépend pas du contexte, ce qui limite l’usage naturel des degrés.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le standard varie selon le nom recteur ou le contexte, ce qui rend possibles des degrés partiels.
  • Coercition : Phénomène où un élément (souvent un adverbe de degré) force l’adjectif à changer de lecture, par exemple d’absolu vers relatif.

📝 Points essentiels

  • Les comparatifs et superlatifs sont défectueux avec des adjectifs sans échelle de degrés, comme dans des formes du type « plus marié que » ou « le plus marié ».
  • Les adjectifs non gradables se comportent comme une échelle à deux degrés seulement, sans zone intermédiaire.
  • Dans une lecture absolue, la comparaison se fait à partir d’un standard fixe (ex. plein/vide), alors que dans une lecture relative le standard glisse avec le nom recteur (ex. grand/petit).
  • Test de description définie relatif : la description vise l’élément au standard le plus haut du contexte (ex. « la bouteille la plus grande »).
  • Test de description définie absolu : la description peut viser l’extrême opposé sur l’échelle (ex. « la bouteille la plus vide » / « la moins pleine »).
  • Certaines lectures donnent un standard fixe (adjectif absolu), tandis que d’autres donnent un standard variable selon le nom recteur ou le contexte (adjectif relatif).

💡 Astuce mémo

Non gradable = 2 cases (oui/non) ; relatif = standard variable (glisse avec le nom) ; absolu = standard fixé (extrême repérable).

📖 11. Antonymie et oppositions directionnelles

🔑 Notions clés & Définitions

  • Standard fixe : Un standard fixe est une échelle où l’opposition correspond à un degré stable, donc proche de l’absolu (tout ou presque).
  • Standard variable : Un standard variable est une échelle où le degré dépend du contexte, donc l’opposition est relative au lieu ou à la situation.
  • Gradabilité : La gradabilité est la possibilité de décrire un état par des degrés intermédiaires plutôt que par un choix binaire.
  • Atélique : Un verbe atélique décrit une situation sans visée de culmination, typiquement compatible avec une lecture non bornée.
  • Télique : Un verbe télique décrit une situation orientée vers une culmination, typiquement compatible avec une lecture bornée.

📝 Points essentiels

  • « Chemise sèche » peut viser un standard fixe, tandis que « climat sec » dépend fortement du lieu donc relève d’un standard variable.
  • Allumé/éteint pour une lampe est non gradable : on décrit l’état par tout ou rien, pas par « légèrement » ou « à moitié ».
  • Droit/tordu suit une échelle graduable : « complètement droit » correspond au total, « légèrement/très tordu » au partiel, et « à moitié tordu » ne se confond pas avec « moitié de la barre droite ».
  • Habillé/nu et plein/vide sont plus faciles car l’adjectif porte sur une surface ou une quantité méréologique (couverture du corps, volume de liquide).
  • Astuce mémo : Absolu = standard fixe (tout ou presque) ; Relatif = standard qui bouge (selon le contexte).
  • Tableau massif/comptable vs atélique/télique (verbes) : la correspondance utile est que l’atélique s’associe à une référence atomique non vérifiée, tandis que la télique s’associe à une référence atomique vérifiée (façon

💡 Astuce mémo

Absolu fixe → tout ou presque ; Relatif bouge → dépend du contexte.

📖 12. Adjectifs non gradables, relatifs et absolus

🔑 Notions clés & Définitions

  • Adjectifs non gradables : Adjectifs qui ne se combinent pas avec des degrés et refusent la modification par des adverbes de gradation.
  • Adjectifs relatifs : Adjectifs dont le sens dépend d’un contexte de comparaison, ce qui rend la lecture “plus/moins X” interprétative.
  • Adjectifs absolus : Adjectifs qui décrivent une propriété sans échelle comparative, même si la phrase peut contenir des superlatifs.
  • Polarité adjectivale : Propriété sémantique qui détermine la compatibilité d’un adjectif avec des environnements de négation ou d’orientation (positif/négatif).

📝 Points essentiels

  • Les adjectifs non gradables échouent aux tests de gradation (par ex. avec très/complètement/légèrement) et ne supportent pas une lecture en degrés.
  • Ne pas confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” se lit différemment de “la bouteille la plus grande” car le premier ne repose pas sur une comparaison d’échelle.
  • Les tests de compatibilité avec adverbes de degré servent à classer sur une échelle gradable/non gradable et à vérifier la lecture relative/absolue.
  • La polarité aide à distinguer des adjectifs dont la distribution change selon le contexte (notamment avec la négation).
  • Un adjectif “relatif” s’évalue par rapport à un ensemble de comparaison, tandis qu’un “absolu” vise un état/propriété sans dépendre d’une échelle contextuelle.

💡 Astuce mémo

Relatif = “comparaison”, Absolu = “état sans échelle” (vide ≠ grand).

📊 Tableaux de synthèse

Massif/comptable et atélique/télique (verbes)

DistinctionAtéliqueTélique
Référence atomiquenon vérifiéevérifiée (faible)
Divisibilitévérifiéenon vérifiée
Cumulativitévérifiéenon vérifiée
Exemples (verbes)courirdécider qqch ; trouver la solution

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre sens et référent : le référent est observable, le sens n’est accessible qu’indirectement via paraphrases et outils de description.
  2. Croire qu’une paraphrase suffit à définir le sens : sans métalangage, on retombe vite dans une circularité (table→meuble→objet→…).
  3. Penser que la télicité dépend du COD comptable : en réalité, pour manger, c’est la cumulativité du COD qui module télique vs atélique.
  4. Confondre “diviser” et “interrompre” : l’interruption sert au diagnostic télique/atélique, pas à la divisibilité.
  5. Dire que “trouver” est télique parce que le complément est comptable : la télicité s’impose au GV complet, pas comme un simple effet du COD.
  6. Pour les adjectifs, confondre absolu et relatif : “la bouteille la plus vide” ne se lit pas comme “la bouteille la plus grande”.
  7. Croire que “très” fonctionne avec tous les adjectifs : avec non gradables ou fermés, les tests échouent sauf coercition.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer comment la substitution paraphrastique donne un accès indirect au sens, et pourquoi elle devient circulaire sans métalangage.
  2. Définir métalangage et citer au moins 3 types d’outils possibles (ex. logique formelle, statistiques/probabilités, sémantique cognitive, approches décompositionnelles, NSM).
  3. Rappeler la différence sens vs référent, puis expliquer comment la circularité apparaît dans des définitions en chaîne (ex. table→meuble→objet…).
  4. Définir nom massif vs nom comptable en français à partir des déterminants et des tests (partitif du/de la vs numéral trois, etc.), et donner un exemple de polysémie (sable/pain).
  5. Décrire la conversion massif→comptable via conditionnement, puis résumer l’argument contre l’ellipse avec le test de genre (Ricard : un ; Suze : une).
  6. Rappeler l’ellipse du nom de quantité comme hypothèse, et comparer avec une ellipse attestée (bateau à vapeur→vapeur) qui ne reproduit pas le même comportement.
  7. Expliquer la conversion comptable→massif par massifs à valeur plurielle et massifs pluriels, et relier à référence atomique, divisibilité et cumulativité.
  8. Donner les critères d’identification des Nact : morphologique (suffixes), temporel (durativité/ancrage/repérage) et aspectuel (dynamicité), avec au moins un test pour chaque.
  9. Distinguer duratif vs non duratif et culminant vs non culminant, puis utiliser le paradoxe imperfectif (interrompu ⇒ existence pour dispute/discussion, pas pour accouchement).
  10. Expliquer la dynamicité nominale avec verbes supports actionnels vs événementiels, et appliquer le test de stativité (échec pour noms statiques).
  11. Relier télique/atélique (domaine verbal) à massif/comptable (domaine nominal) via la correspondance des propriétés (référence atomique, divisibilité, cumulativité).
  12. Distinguer adjectifs gradables/non gradables, relatifs/absolus, et total/partiel, en justifiant par les tests (description définie, compatibilité avec très/complètement/légèrement/à moitié, et comportement des comparais/
  13. superlatifs).]}]}}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}]}

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Critique linguistique des propriétés sémantiques et syntaxiques avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Dans quel cas parle-t-on de circularité dans une définition du sens ?

2. Dans l’analyse du conditionnement, que représente le plus souvent la lecture de type « un verre de Ricard » ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Critique linguistique des propriétés sémantiques et syntaxiques avec 22 flashcards interactives.

Paraphrase — rôle ?

Approcher le sens en reformulant sans boucle.

Référent — définition ?

L’entité désignée par une expression dans la situation.

Opposition massif vs comptable ?

Massif désigne une matière, comptable une unité dénombrable.

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