QCM : Croire est-il irrationnel (16 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Au sens strict, que signifie croire une proposition ?

La tenir pour vraie sans disposer de fondements suffisants pour l’affirmer.
La tenir pour vraie après avoir établi qu’elle est nécessairement démontrée.
La tenir pour fausse faute d’avoir recueilli des données pertinentes.
Suspendre tout jugement jusqu’à disposer d’une preuve définitive.

La tenir pour vraie sans disposer de fondements suffisants pour l’affirmer.

Explication

Au sens strict, la croyance consiste à tenir une proposition pour vraie sans être suffisamment fondé à l’affirmer. La suspendre jusqu’à une preuve définitive décrit une attitude différente et ne rend pas compte de cette définition.

2. Une personne refuse toute croyance en attendant une certitude complète, même lorsque des données utiles sont disponibles. Quel risque cette attitude comporte-t-elle ?

Elle peut rendre toute proposition vraie indépendamment des éléments observés.
Elle peut garantir que ses décisions reposent sur des raisons suffisantes.
Elle peut l’empêcher de réagir aux données dont elle dispose.
Elle peut transformer une croyance contingente en connaissance nécessairement vraie.

Elle peut l’empêcher de réagir aux données dont elle dispose.

Explication

Refuser toute croyance peut empêcher une personne de réagir aux données disponibles. Cela ne garantit pas que ses décisions reposent sur des raisons suffisantes, puisque le refus de croire peut au contraire bloquer toute réaction.

3. Quelle distinction Aristote établit-il entre connaissance et croyance quant à la vérité ?

La connaissance est nécessairement vraie, tandis que la croyance peut être fausse.
La connaissance dépend des raisons, tandis que la croyance dépend uniquement des perceptions.
La croyance est nécessairement vraie, tandis que la connaissance peut être fausse.
La connaissance et la croyance sont vraies avec le même degré de contingence.

La connaissance est nécessairement vraie, tandis que la croyance peut être fausse.

Explication

Pour Aristote, la connaissance est nécessairement vraie, alors que la croyance n’est vraie que de façon contingente et peut donc être fausse. La proposition selon laquelle la croyance serait nécessairement vraie inverse précisément cette distinction.

4. Dans l’exemple de Gettier, pourquoi le jugement vrai de Smith ne constitue-t-il pas une connaissance ?

Il ne possède aucune justification, puisque son collègue n’utilise pas réellement la voiture observée.
Sa justification est incomplète : la raison qui rend le jugement vrai diffère de celle sur laquelle il s’appuie.
Sa conclusion est vraie parce que la raison sur laquelle il s’appuie établit directement cette vérité.
Son jugement est faux, même si les éléments dont il dispose lui donnent l’impression qu’il est vrai.

Sa justification est incomplète : la raison qui rend le jugement vrai diffère de celle sur laquelle il s’appuie.

Explication

Le jugement de Smith est vrai et justifié, mais la raison qui le rend vrai n’est pas celle sur laquelle il s’appuie, ce qui rend sa justification incomplète. Dire que son jugement est faux confond la fausseté de sa croyance sur un collègue avec la vérité de la proposition générale considérée.

5. Qu’est-ce qui caractérise la rationalité dans l’enchaînement des pensées ?

Retenir une conclusion dès qu’elle concorde avec une perception isolée.
S’appuyer sur un ensemble suffisant de raisons pour relier les pensées.
S’appuyer sur une conviction initiale, même lorsque les raisons manquent.
Enchaîner les pensées selon leur ordre d’apparition, sans les justifier.

S’appuyer sur un ensemble suffisant de raisons pour relier les pensées.

Explication

La rationalité consiste à enchaîner ses pensées en s’appuyant sur un ensemble suffisant de raisons. Une conviction initiale dépourvue de raisons ne satisfait pas cette exigence.

6. Comment Platon nomme-t-il les thèses admises sans justification qui rendent la démonstration possible ?

Des conclusions qui résultent d’une démonstration déjà achevée.
Des réfutations qui écartent les thèses dépourvues de preuve.
Des hypothèses qui servent de point de départ à la démonstration.
Des principes dont la vérité découle d’une preuve antérieure.

Des hypothèses qui servent de point de départ à la démonstration.

Explication

Platon appelle « hypothèses » les thèses admises sans justification qui permettent de rendre possible la démonstration. Les conclusions, au contraire, sont ce que la démonstration cherche à établir.

7. Que se passe-t-il si l’on exige que chaque thèse d’une démonstration soit prouvée par d’autres thèses ?

La démonstration s’achève dès que la première thèse est remplacée par une conclusion.
Chaque thèse devient une hypothèse admise après avoir été prouvée par la suivante.
La démonstration progresse sans point de départ jusqu’à établir une première thèse.
La justification régresse à l’infini et aucune démonstration ne peut commencer.

La justification régresse à l’infini et aucune démonstration ne peut commencer.

Explication

Exiger une preuve pour chaque thèse entraîne une régression infinie, de sorte qu’aucune démonstration ne peut commencer. L’idée qu’une telle chaîne établirait une première thèse confond une progression sans commencement avec une démonstration effective.

8. Pourquoi la croyance est-elle une condition de possibilité de l’exercice rationnel de la pensée ?

Parce que toute croyance fournit à elle seule une démonstration complète de sa conclusion.
Parce que la croyance dispense de relier une conclusion aux raisons qui la soutiennent.
Parce que refuser toute thèse non prouvée empêcherait de juger vraie une quelconque conclusion.
Parce que toute conclusion rationnelle est nécessairement vraie dès qu’elle est admise.

Parce que refuser toute thèse non prouvée empêcherait de juger vraie une quelconque conclusion.

Explication

Si l’on refuse toute thèse qui n’a pas déjà été prouvée, on ne peut poser les points de départ nécessaires pour juger vraie une conclusion. La croyance ne dispense pas pour autant de relier une conclusion aux raisons qui la soutiennent.

9. Pourquoi, selon Tocqueville, les êtres humains doivent-ils parfois adopter des croyances sans les vérifier avant d’agir ?

Vérifier chaque croyance avant d’agir risquerait de retarder la satisfaction de leurs besoins.
Vérifier chaque croyance avant d’agir empêcherait de distinguer les opinions des connaissances.
Adopter des croyances sans vérification permettrait de supprimer toute incertitude sur le monde.
Adopter des croyances sans vérification garantirait que leurs décisions seraient toujours correctes.

Vérifier chaque croyance avant d’agir risquerait de retarder la satisfaction de leurs besoins.

Explication

Tocqueville souligne que la vie impose d’agir à temps pour satisfaire ses besoins, ce qu’une vérification préalable de toutes les croyances empêcherait. La suppression de toute incertitude n’est pas le motif avancé : le problème est le temps nécessaire pour vérifier avant d’agir.

10. Près d’une réserve d’essence, une personne doit décider si elle peut utiliser du feu, mais ne peut pas vérifier elle-même les risques. Sur quoi peut-elle raisonnablement s’appuyer ?

Sur des connaissances rapportées par des personnes plus fiables et expérimentées.
Sur une intuition personnelle confirmée par l’absence d’accident dans le passé.
Sur l’avis de personnes sans expérience, dès lors qu’elles partagent son inquiétude.
Sur une décision prise au hasard, puisque la vérification personnelle est impossible.

Sur des connaissances rapportées par des personnes plus fiables et expérimentées.

Explication

Dans une situation dangereuse, il est possible de s’appuyer sur les connaissances transmises par des personnes plus fiables et expérimentées. L’absence d’accident passé ne constitue pas une vérification des risques liés au feu près de l’essence.

11. Dans le Ménon de Platon, qu’est-ce qui distingue une connaissance d’une croyance vraie obtenue par hasard ?

La connaissance est une croyance vraie que plusieurs personnes partagent, plutôt qu’une opinion individuelle.
La connaissance conduit à une action utile, tandis qu’une croyance vraie reste sans conséquence pratique.
La connaissance repose sur une méthode permettant d’atteindre le vrai, plutôt que sur une réussite fortuite.
La connaissance est une croyance obtenue par l’expérience, tandis qu’une croyance vraie vient d’une déduction.

La connaissance repose sur une méthode permettant d’atteindre le vrai, plutôt que sur une réussite fortuite.

Explication

Une croyance vraie obtenue par hasard ne constitue pas une connaissance méthodiquement fondée ; une méthode qui permet d’atteindre le vrai rend possible la connaissance de cette vérité. Le fait que plusieurs personnes partagent une croyance ne suffit pas à lui donner ce fondement méthodique.

12. Dans l’exemple de la route de Larissa du Ménon, pourquoi le voyageur qui conjecture correctement peut-il être un aussi bon guide que celui qui connaît la route ?

Parce que le voyageur qui connaît la route peut vérifier toutes les croyances des autres.
Parce que la conjecture correcte démontre que le voyageur connaît la route.
Parce que la conjecture correcte fournit une méthode générale pour trouver le vrai.
Parce que tous deux peuvent conduire les voyageurs à destination.

Parce que tous deux peuvent conduire les voyageurs à destination.

Explication

Dans cet exemple, les deux guides sont également efficaces pour conduire les voyageurs à destination, que l’un connaisse la route ou que l’autre la conjecture correctement. Cette utilité pratique ne démontre pas que la conjecture du second constitue une connaissance méthodiquement fondée.

13. Quelle caractéristique définit un axiome dans une théorie ?

C’est une conjecture provisoire, encore sans démonstration, qui remplace les formules de base.
C’est une hypothèse arbitraire, admise sans preuve, qui ne sert qu’à limiter une théorie.
C’est une connaissance élémentaire, tenue pour vraie sans démonstration, qui sert à établir d’autres formules.
C’est une formule complexe, tenue pour vraie après démonstration, qui résume les autres résultats.

C’est une connaissance élémentaire, tenue pour vraie sans démonstration, qui sert à établir d’autres formules.

Explication

Un axiome est une connaissance élémentaire admise comme vraie sans démonstration et appartenant au vocabulaire de base d’une théorie, à partir de laquelle d’autres formules peuvent être obtenues. Une formule démontrée n’est pas un axiome pour cette seule raison : elle relève plutôt des résultats établis dans la théorie.

14. Quelle position Aristote défend-il au sujet des fondements de la démonstration ?

Ce sont des formules complexes, établies à partir d’autres résultats démontrés.
Ce sont des hypothèses choisies librement, puis acceptées pour faciliter les preuves.
Ce sont des connaissances élémentaires nécessaires, et non des choix arbitraires.
Ce sont des conjectures utiles, qui restent provisoires tant qu’elles ne sont pas prouvées.

Ce sont des connaissances élémentaires nécessaires, et non des choix arbitraires.

Explication

Pour Aristote, les fondements de la démonstration sont des connaissances élémentaires nécessaires. Les considérer comme des hypothèses choisies arbitrairement confond ces fondements avec de simples choix conventionnels.

15. Quelle distinction oppose les sens strict et large du verbe « croire » ?

Au sens strict, croire revient à douter d’une proposition ; au sens large, cela désigne le fait de vérifier sa vérité par une preuve.
Au sens strict, croire signifie connaître une proposition démontrée ; au sens large, cela désigne une adhésion dépourvue de preuve suffisante.
Au sens strict, croire consiste à adhérer à une proposition connue ; au sens large, cela désigne une opinion sans preuve suffisante.
Au sens strict, croire consiste à tenir une proposition pour vraie sans preuve suffisante ; au sens large, cela désigne l’adhésion à une proposition et inclut la connaissance.

Au sens strict, croire consiste à tenir une proposition pour vraie sans preuve suffisante ; au sens large, cela désigne l’adhésion à une proposition et inclut la connaissance.

Explication

Le sens strict implique une preuve insuffisante, alors que le sens large couvre l’adhésion à une proposition, y compris lorsqu’il s’agit de savoir. Confondre les deux sens conduit à exclure à tort la connaissance du croire au sens large.

16. Une proposition constitue une connaissance : quelle attitude est rationnelle au sens large du verbe « croire » ?

Y adhérer, puisque le croire au sens large inclut la connaissance.
Suspendre son jugement, puisque croire au sens large exclut les propositions établies.
La rejeter, puisque seule une croyance sans preuve peut être rationnelle.
La tenir pour probable, puisque la connaissance reste distincte de l’adhésion.

Y adhérer, puisque le croire au sens large inclut la connaissance.

Explication

Au sens large, croire signifie adhérer à une proposition et englobe donc le fait de connaître ; y adhérer est rationnel. Suspendre son jugement n’est pas la conduite indiquée lorsqu’une proposition constitue une connaissance.

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Que signifie croire au sens strict ?

Tenir une proposition pour vraie sans être suffisamment fondé à l’affirmer.

Quel risque comporte le refus de toute croyance ?

Il peut empêcher de réagir aux données disponibles.

Quel philosophe distingue la vérité nécessaire de la connaissance de la vérité contingente de la croyance ?

Aristote.

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