QCM : Écoféminisme et entraide — 17 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle thèse Bernard Mandeville défend-il dans La Fable des abeilles publiée en 1714 ?

La concurrence économique détruit nécessairement toute harmonie sociale
La richesse publique dépend principalement du retrait des individus
La morale vertueuse garantit la prospérité durable de la société
Les vices individuels peuvent contribuer à la prospérité collective

Les vices individuels peuvent contribuer à la prospérité collective

Explication

Mandeville soutient que l’égoïsme, l’orgueil et d’autres vices individuels peuvent produire la prospérité sociale. La morale vertueuse constitue au contraire, dans son exemple de la ruche, une cause de misère.

2. Que signifie la loi invisible du marché chez Adam Smith dans La Richesse des nations ?

La somme des intérêts individuels peut produire une harmonie publique
La richesse nationale résulte principalement du sacrifice des intérêts privés
L’harmonie publique apparaît lorsque les échanges cessent d’être concurrentiels
La prospérité collective exige que l’État fixe les intérêts de chacun

La somme des intérêts individuels peut produire une harmonie publique

Explication

Chez Adam Smith, la loi invisible du marché désigne la transformation des intérêts individuels en une forme d’harmonie publique. L’idée ne repose pas sur la suppression des intérêts privés, mais sur leur articulation par les échanges.

3. Quel mécanisme la sélection de parentèle cherche-t-elle à expliquer ?

L’aide préférentielle apportée à des individus génétiquement proches
La justification scientifique de hiérarchies sociales entre populations
Le développement de dispositions génétiques sous l’effet de la culture
La coopération entre inconnus dépourvus de liens génétiques

L’aide préférentielle apportée à des individus génétiquement proches

Explication

La sélection de parentèle explique que l’aide puisse être orientée vers des organismes partageant un patrimoine génétique proche, ce qui favorise la transmission de gènes apparentés. Elle ne rend pas compte de toute l’entraide humaine, notamment celle qui concerne des inconnus.

4. Comment l’épigénétique renouvelle-t-elle l’opposition entre l’inné et l’acquis ?

Elle remplace l’hérédité biologique par une transmission exclusivement culturelle
Elle montre que l’environnement peut actualiser certaines dispositions génétiques
Elle affirme que les différences individuelles proviennent principalement de mutations nouvelles
Elle établit que les dispositions génétiques déterminent les comportements indépendamment du milieu

Elle montre que l’environnement peut actualiser certaines dispositions génétiques

Explication

L’épigénétique montre que certaines dispositions génétiques s’actualisent selon l’environnement naturel, social ou culturel. Cette perspective dépasse donc l’opposition rigide entre une origine innée et une origine acquise.

5. Quelle définition correspond à l’entraide comme relation du vivant ?

Une dépendance entre espèces sans intervention de comportements coopératifs
Un sacrifice imposé à chaque individu au profit de la collectivité
Une compétition accrue entre organismes pour l’accès aux ressources
Un soutien réciproque entre individus plutôt qu’un affrontement

Un soutien réciproque entre individus plutôt qu’un affrontement

Explication

L’entraide désigne une relation fondée sur le soutien réciproque entre les êtres vivants. Elle s’oppose ainsi à une conception qui ferait de l’affrontement entre individus le principe central des relations du vivant.

6. Selon Kropotkine, quel rôle l’entraide joue-t-elle dans l’évolution des populations ?

Elle remplace l’adaptation à l’espace par une lutte entre espèces différentes
Elle favorise l’adaptation, le progrès collectif et le recul de la concurrence interne
Elle conduit les populations à privilégier l’isolement plutôt que les relations collectives
Elle intensifie la concurrence interne et ralentit l’adaptation des populations

Elle favorise l’adaptation, le progrès collectif et le recul de la concurrence interne

Explication

Pour Kropotkine, les populations s’adaptent à leur espace et progressent grâce à l’entraide, qui réduit la concurrence interne. La compétition interne est présentée comme exceptionnelle et régressive, non comme le moteur principal du progrès.

7. Quelle association entre une forme d’entraide naturelle et sa définition est correcte ?

La coopération correspond à une interdépendance entre espèces différentes
L’altruisme désigne l’action coordonnée de plusieurs individus sans sacrifice
La coopération implique le sacrifice de certains individus pour le groupe
Le mutualisme relie des espèces différentes par une interdépendance

Le mutualisme relie des espèces différentes par une interdépendance

Explication

Le mutualisme correspond à une interdépendance entre espèces différentes. La coopération désigne plutôt une action coordonnée de plusieurs individus, tandis que l’altruisme implique le sacrifice de certains pour la survie du groupe.

8. Pourquoi Pablo Servigne qualifie-t-il l’être humain d’« espèce ultrasociale » ?

Parce qu’il coopère avec des groupes réduits dont tous les membres se connaissent
Parce qu’il réserve principalement son aide aux membres de sa famille biologique
Parce qu’il peut coopérer avec des millions d’inconnus sans proximité génétique
Parce qu’il organise ses groupes sociaux autour d’une compétition interne permanente

Parce qu’il peut coopérer avec des millions d’inconnus sans proximité génétique

Explication

Servigne parle d’une espèce ultrasociale parce que les humains peuvent coopérer dans des groupes de millions de personnes qui ne se connaissent pas et ne partagent pas nécessairement de proximité génétique. Cette capacité dépasse donc l’entraide fondée sur la seule parenté biologique.

9. Quelle conception de la féminité Simone de Beauvoir défend-elle dans Le Deuxième sexe, publié en 1949 ?

Une disposition biologique héritée dès la naissance
Une fonction sociale déterminée par la maternité
Une identité spirituelle indépendante de la société
Une construction culturelle acquise au cours de la vie

Une construction culturelle acquise au cours de la vie

Explication

Simone de Beauvoir présente la féminité comme une construction culturelle et sociale, et non comme une essence biologique. La conception d’une disposition héritée dès la naissance correspond plutôt aux thèses essentialistes qu’elle remet en cause.

10. Que désigne le « système mâle » chez Françoise d’Eaubonne ?

La séparation historique entre les luttes féministes et les luttes écologistes
L’organisation sociale fondée sur l’autogouvernement des communautés
L’origine commune de la surpopulation et de la destruction de la Terre
La protection politique des espaces naturels contre l’activité industrielle

L’origine commune de la surpopulation et de la destruction de la Terre

Explication

Chez Françoise d’Eaubonne, le système mâle relie la domination des femmes à l’exploitation de la Terre, notamment à travers la surpopulation et la destruction environnementale. La séparation entre féminisme et écologie contredit précisément cette analyse commune des dominations.

11. Quelle représentation conjointe de la nature, des femmes et de l’homme s’est développée avec la révolution scientifique des XVIIe et XVIIIe siècles ?

La nature et les femmes étaient associées à des réalités à maîtriser, tandis que l’homme était lié à la capacité spirituelle.
La nature et les femmes étaient considérées comme des communautés sociales, tandis que l’homme était lié à la vie matérielle.
La nature et l’homme étaient associés à des réalités à protéger, tandis que les femmes étaient liées à la capacité spirituelle.
La nature et les femmes étaient associées à la capacité spirituelle, tandis que l’homme était lié aux réalités matérielles.

La nature et les femmes étaient associées à des réalités à maîtriser, tandis que l’homme était lié à la capacité spirituelle.

Explication

La révolution scientifique a rapproché symboliquement la nature et les femmes en les présentant comme des réalités à contrôler, alors que l’homme était associé à l’esprit. Les autres propositions inversent ou remplacent ces associations historiques.

12. Pourquoi l’écoféminisme considère-t-il les combats féministe et écologiste comme indissociables ?

Parce que la défense de la nature repose sur la souveraineté de l’État et l’émancipation sur la propriété individuelle.
Parce que la nature est féminisée pour être exploitée et les femmes naturalisées pour être assignées à la maternité.
Parce que les femmes administrent les espaces naturels et la nature détermine directement leur rôle politique.
Parce que l’exploitation industrielle concerne les hommes et la maternité concerne des choix privés distincts.

Parce que la nature est féminisée pour être exploitée et les femmes naturalisées pour être assignées à la maternité.

Explication

L’écoféminisme établit un parallèle entre la naturalisation des femmes, qui facilite leur assignation à la maternité, et la féminisation de la nature, qui légitime son exploitation. Les autres réponses séparent ces mécanismes ou les remplacent par des principes qui ne fondent pas l’indissociabilité des luttes.

13. Que signifie l’éthique du partenariat chez Carolyn Merchant ?

Une relation positive entre les communautés humaines et la nature, fondée sur l’autogouvernement plutôt que sur la souveraineté de l’État.
Une hiérarchie entre les communautés humaines et une nature considérée comme extérieure au social.
Une gestion industrielle des ressources naturelles destinée à renforcer l’autonomie économique des États.
Une relation de protection de la nature vierge, organisée par l’intervention souveraine de l’État.

Une relation positive entre les communautés humaines et la nature, fondée sur l’autogouvernement plutôt que sur la souveraineté de l’État.

Explication

L’éthique du partenariat décrit une relation positive entre les communautés humaines et la nature, indépendante de la souveraineté étatique. La protection classique de la Wilderness s’appuie davantage sur l’intervention de l’État et maintient une séparation entre nature et société.

14. Quelle distinction oppose le plus précisément la Wilderness à la conception écoféministe de la nature ?

La Wilderness privilégie l’autogouvernement communautaire, tandis que l’écoféminisme confie la nature à la souveraineté de l’État.
La Wilderness sépare la nature du social, tandis que l’écoféminisme l’intègre aux rapports sociaux et aux problèmes quotidiens.
La Wilderness associe la nature aux rapports sociaux, tandis que l’écoféminisme la réserve aux espaces vierges et éloignés.
La Wilderness relie la nature à la maternité, tandis que l’écoféminisme la définit comme une réalité indépendante des sociétés.

La Wilderness sépare la nature du social, tandis que l’écoféminisme l’intègre aux rapports sociaux et aux problèmes quotidiens.

Explication

La Wilderness imagine une nature vierge séparée de la société, alors que l’écoféminisme la conçoit comme une communauté de vie prise dans les relations sociales et les difficultés ordinaires. Les autres propositions inversent cette distinction ou attribuent à ces notions des caractéristiques qui ne les définissent pas.

15. Comment l’essentialisme stratégique permet-il de soutenir une action politique ?

Il refuse toute identité commune afin de préserver les individus des catégories politiques imposées.
Il mobilise provisoirement une identité collective tout en reconnaissant qu’elle n’est pas une essence naturelle fixe.
Il remplace les revendications collectives par une analyse générale des structures sociales abstraites.
Il affirme durablement qu’une identité collective exprime une nature commune présente chez tous ses membres.

Il mobilise provisoirement une identité collective tout en reconnaissant qu’elle n’est pas une essence naturelle fixe.

Explication

L’essentialisme stratégique utilise une identité commune comme instrument temporaire de mobilisation sans la considérer comme une réalité naturelle permanente. L’essentialisme classique, au contraire, présente cette identité comme une essence fixe et durable.

16. Pourquoi Gayatri Spivak estime-t-elle que les luttes sociales peuvent recourir à des identités collectives ?

Parce que les luttes sociales doivent abandonner les catégories communes pour éviter toute forme d’essentialisation.
Parce que la déconstruction établit que les identités collectives sont naturellement stables et politiquement nécessaires.
Parce que l’action politique devient plus efficace lorsque les différences individuelles sont reconnues comme biologiquement déterminées.
Parce qu’une identité commune peut mobiliser l’action politique, même si la déconstruction critique les identités fixes.

Parce qu’une identité commune peut mobiliser l’action politique, même si la déconstruction critique les identités fixes.

Explication

Spivak souligne la tension entre la critique théorique des identités fixes et le besoin pratique d’une identité mobilisatrice dans les luttes sociales. L’idée que la déconstruction valide des identités naturellement stables inverse précisément son rôle critique.

17. Quel risque l’anti-essentialisme peut-il présenter pour l’action collective ?

En imposant une identité collective unique, il peut empêcher les individus de contester les catégories héritées.
En libérant des catégories imposées, il peut aussi rendre la mobilisation difficile lorsqu’aucune identité commune ne subsiste.
En séparant les individus de leurs expériences sociales, il peut transformer les luttes communes en revendications strictement institutionnelles.
En renforçant les identités naturelles, il peut conduire les groupes sociaux à défendre une hiérarchie biologique permanente.

En libérant des catégories imposées, il peut aussi rendre la mobilisation difficile lorsqu’aucune identité commune ne subsiste.

Explication

L’anti-essentialisme peut émanciper les individus des catégories imposées, mais l’absence d’identité commune peut compliquer la coordination d’une lutte collective. L’option qui décrit une identité naturelle renforcée correspond plutôt à l’essentialisme classique qu’à l’anti-essentialisme.

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Que soutient Bernard Mandeville dans La Fable des abeilles (1714) ?

Les vices individuels peuvent assurer la prospérité de la société.

Quel auteur a écrit La Fable des abeilles en 1714 ?

Bernard Mandeville.

Que désigne la loi invisible du marché chez Adam Smith ?

La somme des intérêts individuels produit l’harmonie publique.

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