Fiche de révision : Fondements et débats de l’éthique

Plan du Cours

  1. Éthique, morale et relativisme
  2. Légalité, justice et nature
  3. Principisme et principes biomédicaux
  4. Extension du champ éthique
  5. Éthique minimale et maximaliste
  6. Bien, devoir et utilité
  7. Conscience, consensus et exigence
  8. Préoccupations éthiques entrelacées
  9. Éthique, dilemmes et évolution

1. Éthique, morale et relativisme

★ À maîtriser

📌 Une autre distinction présente la morale comme un énoncé de valeurs et l’éthique comme une réflexion sur ces valeurs.

Compléments

📌 L’éthique peut viser le meilleur tandis que la morale cherche à résister au mal, selon une première distinction.

  • Le cours pose la question de savoir si la raison mobilisée pour peser les arguments est universelle.

Astuce mémo

La morale énonce des valeurs ; l’éthique les interroge.

2. Légalité, justice et nature

★ À maîtriser

  • Dans le Gorgias, Calliclès oppose la loi conventionnelle, qui réprime la supériorité, à la loi de nature, selon laquelle le plus puissant doit l’emporter sur le plus faible. - Platon

  • Rousseau affirme que le plus fort ne reste pas maître s’il ne transforme pas sa force en droit et l’obéissance en devoir. - Contrat social

  • Une loi votée peut contrevenir à l’éthique et être examinée par la conscience.

  • Dans Antigone de Sophocle, la tragédie met en question la possibilité que des lois ou des décisions publiques soient injustes.

Compléments

  • Dans le Gorgias, Calliclès soutient que les faibles et le grand nombre fabriquent les lois en vue de leur intérêt et pour contenir les plus forts. - Platon

Astuce mémo

La loi établie peut contredire la loi naturelle.

3. Principisme et principes biomédicaux

★ À maîtriser

  • Le principisme biomédical mobilise quatre principes :
    • respect de l’autonomie
    • non-malfaisance
    • bienfaisance
    • justice

Compléments

📌 La critique du principisme lui reproche de retrouver dans les théories morales les principes qu’il avait préalablement posés, ce qui peut constituer une pétition de principes. - K. Danner Clouser & Bernard Gert, A Critique of Principlism, 1990

  • Tom Beauchamp et James Childress publient Principles of Biomedical Ethics en 1979.

  • Les cinq théories morales examinées sont :

    • l’utilitarisme
    • le kantisme
    • l’individualisme libéral
    • le communautarisme
    • l’éthique de la sollicitude

4. Extension du champ éthique

★ À maîtriser

📌 L’éthique anthropocentrée limite la considération éthique aux êtres humains.

📌 L’éthique pathocentrée inclut les êtres capables de souffrir, notamment les humains et les animaux.

Compléments

📌 L’éthique biocentrée étend la considération éthique à tous les êtres vivants.

📌 L’éthique écocentrée étend la considération éthique à l’environnement, tandis que l’éthique géocentrée considère la Terre elle-même comme un être à préserver.

Astuce mémo

De l’humain à la souffrance, au vivant, à l’environnement, puis à la Terre.

5. Éthique minimale et maximaliste

★ À maîtriser

📌 Pour l’éthique minimale défendue par Ogien, l’exigence morale consiste essentiellement à ne pas nuire à autrui et s’arrête où commence la vie privée. - Ruwen Ogien, L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, 2007

  • L’éthique minimale repose sur trois principes : (Ruwen Ogien, 2007) :
    • l’indifférence morale du rapport à soi-même
    • la non-nuisance à autrui
    • l’égale considération de chacun

Compléments

📌 Le cours critique l’idée que les actes privés soient sans effet sur autrui, car les actes façonnent les habitudes et le rapport à soi n’est pas réellement dissociable du rapport aux autres.

  • Ogien estime que les plaisirs solitaires et les pratiques sexuelles entre adultes consentants relèvent de la vie privée sur laquelle l’éthique minimale n’a pas à intervenir. - R. Ogien, L’Ethique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes, 2007

Astuce mémo

Ogien limite l’éthique à la non-nuisance ; le maximalisme étend ses exigences.

6. Bien, devoir et utilité

Notions clés & Définitions

  • Bien objectif : Aristote, Éthique à Nicomaque - Extrinsèque et objectif, et la fin bonne attire vers elle les moyens objectivement bons.
  • Impératif catégorique : Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785 - Commande absolument et inconditionnellement, tandis que les impératifs hypothétiques prescrivent sous condition, comme les règles de l’habileté et les conseils de la prudence.

★ À maîtriser

📌 L’utilitarisme juge bonnes les actions qui accroissent le bonheur et mauvaises celles qui produisent le contraire du bonheur, défini comme plaisir et absence de douleur. - J.S. Mill, Utilitarianism, 1861

  • Kant formule l’impératif catégorique notamment ainsi : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle ». - Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785

  • Pour Mill, l’idéal utilitariste est la plus grande somme de bonheur totalisée, et non le plus grand bonheur de l’agent lui-même. - Utilitarianism, 1861

Compléments

📌 Chez Kant, agir par pur devoir relève de la liberté, tandis que céder aux causes sensibles ou aux intérêts relève de la contrainte. - Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785

📌 L’addition des plaisirs et des peines, et plus encore l’agrégation des préférences individuelles, ne vont pas de soi.

  • Chez Aristote, l’action bonne unit la vérité de la règle et la droiture du désir pratique. - Éthique à Nicomaque

  • Chez Aristote, le bonheur est à la fois individuel et collectif, et la fin de l’éthique est la politique. - Éthique à Nicomaque

  • Une autre formulation kantienne commande de traiter l’humanité, en soi-même et en autrui, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen. - Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785

  • Mill distingue la qualité des plaisirs et soutient que les personnes ayant l’expérience des deux plaisirs permettent d’en apprécier la préférence qualitative. - Utilitarianism, 1861

Astuce mémo

Aristote vise le bien, Kant le devoir, l’utilitarisme les conséquences.

7. Conscience, consensus et exigence

★ À maîtriser

📌 Les défenseurs de la conscience fondent le jugement moral sur une instance intérieure, tandis que les défenseurs du consensus privilégient la discussion entre interlocuteurs aux avis différents.

📌 Un consensus peut être amoral ou immoral et ne possède pas, à lui seul, une valeur éthique.

Compléments

  • Rousseau présente la conscience comme un principe inné de justice et de vertu permettant de juger les actions comme bonnes ou mauvaises. - Emile ou de l’Education, 1762

  • Les critiques de la conscience la jugent subjective ou illusoire et rappellent que des bourreaux peuvent agir au nom de leur conscience. - Nietzsche

  • Pour Engelhardt, la bioéthique permet de résoudre pratiquement les controverses autrement que par la force, et le pluralisme des opinions favorise une discussion approfondie.

  • Le cours cite la politique chinoise de l’enfant unique et la non-reconnaissance d’autres enfants comme exemple de consensus pouvant être gravement immoral.

Astuce mémo

La conscience juge intérieurement ; le consensus se construit dans la discussion.

8. Préoccupations éthiques entrelacées

Notions clés & Définitions

  • Préoccupations entrelacées : Hilary Putnam, Ethics without ontology, 2005 - Un système de préoccupations qui se soutiennent mutuellement tout en restant partiellement en tension et qui portent sur l’allégement des souffrances, indépendamment de la classe ou du genre de la personne qui souffre.

Points essentiels

  • Putnam associe à Levinas l’obligation immédiate d’agir lorsqu’on est confronté à la souffrance d’un semblable.

  • Putnam associe à Kant l’universalité de l’éthique dans le souci de soulager la souffrance et de promouvoir le bien-être de toute personne.

  • Putnam présente la question aristotélicienne comme celle de la vie humaine la plus admirable et rappelle que l’eudaimonia est une activité de l’âme conforme à la vertu dans une vie complète. - Aristote

  • Putnam compare l’éthique à une table à plusieurs pieds : elle peut chanceler sur un sol irrégulier, mais elle est difficile à renverser. - Hilary Putnam, Ethics without ontology, 2005

Astuce mémo

Une table à plusieurs pieds représente des préoccupations qui se soutiennent sans supprimer leurs tensions.

9. Éthique, dilemmes et évolution

★ À maîtriser

📌 Le déontologisme juge l’action à partir du devoir, tandis que le conséquentialisme la juge en fonction de ses conséquences et de l’utilité obtenue.

  • Le cours conclut que l’analyse des critères éthiques ne suffit pas à expliquer l’origine de l’impératif éthique ni l’urgence qui pousse à agir.

  • Dans le dilemme de l’aiguillage, le conséquentialiste dirige le train vers une personne plutôt que cinq, tandis que le déontologiste refuse d’actionner l’aiguillage et d’assumer la mort de cette personne.

  • Dans le dilemme du passant poussé sur la voie, le conséquentialiste peut sacrifier une personne pour en sauver cinq, tandis que le déontologiste refuse de commettre un meurtre pour les sauver.

Compléments

📌 Si l’éthique est considérée comme un produit de la sélection naturelle, elle peut être comprise comme adaptée à la vie sociale plutôt que comme vraie ou fausse.

  • Dans les deux dilemmes étudiés par Joshua Greene, 90 % des personnes interrogées choisissent l’aiguillage qui réduit le nombre de morts, mais 90 % refusent de pousser le passant pour sauver cinq personnes. - An fMRI investigation of emotional engagement in moral judgement, 2001

  • Joshua Greene relie les réponses déontologiques à des schémas psychologiques conduits majoritairement par l’émotion et les réponses conséquentialistes à des schémas conduits majoritairement par la cognition. - An fMRI investigation of emotional engagement in moral judgement, 2001

  • Une hypothèse évolutionniste présente l’éthique comme un produit de la sélection naturelle qui aurait favorisé l’adaptation à la vie en commun. - Ruse, Une défense de l’éthique évolutionniste, 1991

Astuce mémo

Le devoir refuse certains actes ; le conséquentialisme compare leurs résultats.

Tableaux de synthèse

Trois critères de l’action éthique

CritèreFondementVisée
Bien chez AristoteBien objectif et désir droitBonheur individuel et collectif
Devoir chez KantLoi morale universalisableAgir librement par devoir
Utilité chez MillConséquences sur le bonheurPlus grande somme de bonheur totalisé

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Fondements et débats de l’éthique avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction oppose la morale à l’éthique dans leur rapport aux valeurs ?

2. Lorsqu’on pèse des arguments éthiques, quelle question se pose à propos de la raison mobilisée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Fondements et débats de l’éthique avec 62 flashcards interactives.

Dans une autre distinction, que présente la morale ?

Un énoncé de valeurs.

Dans une autre distinction, que présente l’éthique ?

Une réflexion sur les valeurs.

Dans quelle œuvre de Sophocle la possibilité de lois injustes est-elle mise en question ?

Antigone.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches