QCM : Fondements et enjeux de la bioéthique — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition rend le mieux compte de la bioéthique ?

Une théorie philosophique consacrée aux rapports entre médecins et patients
Une réflexion médicale sur les obligations professionnelles liées aux soins
Une réflexion éthique sur le vivant, considéré comme objet et comme sujet de l’éthique
Une réglementation juridique des recherches portant sur les organismes vivants

Une réflexion éthique sur le vivant, considéré comme objet et comme sujet de l’éthique

Explication

La bioéthique examine le vivant à la fois comme objet de réflexion éthique et comme sujet pouvant contribuer à déterminer l’éthique qui lui convient. La réflexion médicale se concentre plus spécifiquement sur les usages et les valeurs liés à la pratique des soins.

2. Quelle distinction décrit correctement deux conceptions possibles de la bioéthique ?

Elle peut être une science biologique appliquée aux humains ou une morale réservée aux médecins
Elle peut être une éthique appliquée au vivant ou une éthique commune confrontée à ses problèmes
Elle peut être une réflexion sur les patients ou une théorie consacrée aux technologies médicales
Elle peut être une éthique juridique des recherches ou une déontologie propre aux laboratoires

Elle peut être une éthique appliquée au vivant ou une éthique commune confrontée à ses problèmes

Explication

La bioéthique peut être comprise comme une éthique spéciale appliquée au vivant ou comme une éthique commune mise à l’épreuve par les problèmes du vivant. L’éthique spéciale se distingue de l’éthique commune par son domaine d’application, et non par son caractère juridique ou biologique.

3. À quoi l’éthique médicale est-elle historiquement rattachée ?

À l’Encyclopedia of Bioethics, qui formule les premières obligations des médecins
Au Hastings Center Report, qui établit les règles anciennes de la profession médicale
Au Serment d’Hippocrate, qui associe la pratique médicale à des usages et à des valeurs
Au Code de Nuremberg, qui définit les devoirs généraux de toute relation de soin

Au Serment d’Hippocrate, qui associe la pratique médicale à des usages et à des valeurs

Explication

L’éthique médicale est une réflexion fondée sur les usages et les valeurs, historiquement liée au Serment d’Hippocrate. Le Code de Nuremberg concerne principalement l’expérimentation humaine, et non l’origine historique générale de l’éthique médicale.

4. Quel engagement caractérise le Serment d’Hippocrate ?

Définir les devoirs des médecins à partir d’une réflexion commune sur tous les êtres vivants
Soigner le malade sans distinction d’origine tout en respectant le secret et la vie humaine
Évaluer les innovations biomédicales selon leurs conséquences sociales et leurs limites éthiques
Obtenir le consentement du sujet avant toute expérimentation menée sur l’être humain

Soigner le malade sans distinction d’origine tout en respectant le secret et la vie humaine

Explication

Le Serment d’Hippocrate engage notamment le médecin à soigner le malade quelles que soient ses origines, en respectant le secret, la discrétion, la fidélité et la vie humaine. L’exigence du consentement dans l’expérimentation humaine relève du Code de Nuremberg.

5. Quel principe le Code de Nuremberg de 1947 exige-t-il dans l’expérimentation humaine ?

Le respect de la vie humaine dans la relation thérapeutique
La confidentialité des échanges entre le médecin et le patient
La fidélité du médecin envers chaque personne soignée
Le consentement du sujet participant à l’expérimentation

Le consentement du sujet participant à l’expérimentation

Explication

Le Code de Nuremberg exige notamment que l’expérimentation humaine respecte le consentement du sujet. La confidentialité, la fidélité et le respect de la vie humaine sont associés aux devoirs médicaux et à la relation de soin.

6. Quel ensemble de transformations explique l’émergence de la bioéthique contemporaine ?

Le renforcement du paternalisme médical, la priorité donnée aux autorités et l’essor des traitements traditionnels
La disparition des revendications individuelles, la stabilité des pratiques médicales et l’absence d’innovations biomédicales
La contestation des autorités, la remise en cause du paternalisme et les limites posées aux innovations biomédicales
La séparation entre médecine et société, la réduction des droits individuels et la priorité accordée aux institutions

La contestation des autorités, la remise en cause du paternalisme et les limites posées aux innovations biomédicales

Explication

La bioéthique émerge lorsque les droits individuels et l’égalité contestent les autorités, que l’autonomie remet en cause le paternalisme médical et que les innovations biomédicales soulèvent des questions de limites. Les autres propositions inversent ou écartent ces transformations sociales et médicales.

7. Quelle proposition associe correctement Potter van Rensselaer à son apport en bioéthique ?

En 1947, il rédige le Code de Nuremberg et impose le consentement dans toute relation de soin
En 1977, il publie l’Encyclopedia of Bioethics et définit la bioéthique comme une éthique réservée aux médecins
En 1969, il fonde le Hastings Center et lance une revue consacrée aux rapports entre société et sciences de la vie
En 1971, il publie Bioethics: Bridge to the Future et propose de mobiliser la biologie pour améliorer la qualité de la vie

En 1971, il publie Bioethics: Bridge to the Future et propose de mobiliser la biologie pour améliorer la qualité de la vie

Explication

Potter van Rensselaer publie en 1971 Bioethics: Bridge to the Future et défend l’utilisation de la biologie pour améliorer la qualité de la vie. La fondation du Hastings Center et la publication de l’Encyclopedia of Bioethics correspondent à d’autres acteurs et institutions.

8. Quel rôle le Joseph and Rose Kennedy Institute joue-t-il dans l’institutionnalisation de la bioéthique ?

Fondé en 1971, il publie dès 1977 l’Encyclopedia of Bioethics, qui élargit le champ au-delà des devoirs médicaux
Fondé en 1947, il rédige le Code de Nuremberg, qui encadre le consentement dans les recherches humaines
Fondé en 1971, il publie Bioethics: Bridge to the Future, ouvrage proposant une nouvelle relation entre biologie et qualité de vie
Fondé en 1969, il publie dès 1973 Hastings Center Report, revue consacrée aux sciences de la vie

Fondé en 1971, il publie dès 1977 l’Encyclopedia of Bioethics, qui élargit le champ au-delà des devoirs médicaux

Explication

L’institut, fondé en 1971, publie à partir de 1977 l’Encyclopedia of Bioethics, qui présente la bioéthique comme un champ dépassant l’éthique des seuls médecins. Hastings Center Report relève du Hastings Center, tandis que Bioethics: Bridge to the Future est associé à Potter van Rensselaer.

9. Quel exemple décrit le mieux la pluridisciplinarité en bioéthique ?

Réunir des valeurs divergentes dans une discussion collective sur un problème de société
Élaborer directement une règle juridique applicable à toutes les situations médicales
Associer médecine, biologie, droit et sciences humaines pour examiner un problème complexe
Rechercher un accord entre participants en écartant les désaccords persistants

Associer médecine, biologie, droit et sciences humaines pour examiner un problème complexe

Explication

La pluridisciplinarité confronte les apports de plusieurs disciplines pour analyser la complexité des problèmes bioéthiques. Le pluralisme désigne plutôt la coexistence de valeurs différentes, et non la combinaison de spécialités.

10. Que signifie le pluralisme des valeurs en bioéthique ?

La combinaison de disciplines médicales, juridiques et sociales pour étudier un même problème
La prise en compte de valeurs différentes et parfois conflictuelles dans une discussion ouverte
La transformation d’une recommandation éthique en règle juridique immédiatement applicable
La recherche d’un accord général permettant de mettre fin aux divergences entre participants

La prise en compte de valeurs différentes et parfois conflictuelles dans une discussion ouverte

Explication

Le pluralisme reconnaît que plusieurs valeurs peuvent entrer en conflit et prévoit leur examen dans un espace de discussion collective. Il ne se confond pas avec le consensus, qui correspond à l’accord recherché entre les participants.

11. Comment l’analyse des enjeux éthiques peut-elle conduire à une recommandation ?

En appliquant une règle juridique existante sans examiner le contexte ni les effets possibles
En étudiant les cas et leurs conséquences ou en recherchant des normes générales largement acceptables
En demandant à une seule discipline de déterminer la conduite appropriée pour chaque situation
En privilégiant une valeur unique afin de résoudre rapidement toute opposition entre participants

En étudiant les cas et leurs conséquences ou en recherchant des normes générales largement acceptables

Explication

L’analyse peut partir d’une étude contextualisée des cas et de leurs conséquences, ou rechercher des normes générales susceptibles de recueillir un large consensus. Elle ne consiste donc pas à appliquer mécaniquement une règle sans tenir compte du contexte.

12. Quelle distinction caractérise le mieux la bioéthique par rapport au bio-droit et à la bio-politique ?

Elle recherche un consensus tout en préservant la liberté de penser et la diversité des croyances
Elle impose une conception commune du bien afin d’unifier les décisions collectives
Elle édicte directement des règles juridiques pour organiser les pratiques biomédicales
Elle décide des domaines scientifiques qui doivent faire l’objet d’une nouvelle législation

Elle recherche un consensus tout en préservant la liberté de penser et la diversité des croyances

Explication

Selon G. Hottois, la bioéthique cherche un consensus sans supprimer la liberté de penser ni la diversité des croyances. Le bio-droit édicte des règles juridiques, tandis que la bio-politique intervient dans la décision de légiférer.

13. Quel événement juridique français a créé le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé ?

Le décret du 9 février 1983, qui prévoyait alors quarante membres
La loi du 17 janvier 1975, qui portait sur l’interruption volontaire de grossesse
La première loi de bioéthique de 1994, qui organisait la révision du cadre national
La loi Huriet-Sérusclat du 20 décembre 1988, qui protégeait les participants aux recherches

Le décret du 9 février 1983, qui prévoyait alors quarante membres

Explication

Le décret du 9 février 1983 a créé le CCNE, composé à cette époque de quarante membres. La loi Huriet-Sérusclat concerne plutôt la protection des personnes participant à la recherche biomédicale.

14. Quel était l’objectif principal de la loi Huriet-Sérusclat du 20 décembre 1988 ?

Étendre la PMA à des critères non médicaux dans le cadre d’un projet gouvernemental
Créer le CCNE afin de rendre des avis éthiques consultatifs sur les sciences de la vie
Protéger les personnes participant à la recherche biomédicale grâce aux comités compétents
Organiser les États généraux destinés à préparer la révision des lois de bioéthique

Protéger les personnes participant à la recherche biomédicale grâce aux comités compétents

Explication

La loi Huriet-Sérusclat n° 88-1138 a renforcé la protection des participants à la recherche biomédicale et conduit à la création des CCPPRB, devenus les comités de protection des personnes. Le CCNE, lui, rend des avis éthiques consultatifs.

15. Quelle succession correspond aux principales étapes récentes de l’évolution législative de la bioéthique en France ?

Loi de 1975, décret de 1983, loi de 1988, lois de 1994, puis suppression des révisions ultérieures
Lois de 1994, révision de 2004, révision de 2011, décret de 2013, États généraux de 2018 et examen en 2020
Lois de 1994, États généraux de 2004, décret de 2011, révision de 2013 et loi finale de 2018
Loi de 1988, révision de 1994, projet de 2004, États généraux de 2011 et décret définitif de 2020

Lois de 1994, révision de 2004, révision de 2011, décret de 2013, États généraux de 2018 et examen en 2020

Explication

La chronologie comprend les premières lois de 1994, leur révision en 2004, une seconde révision en 2011, un décret en 2013, les États généraux de 2018 et l’examen d’un projet en 2020. Les États généraux constituent une étape préparatoire, et non une loi de bioéthique.

16. Quelle fonction Dominique Lecourt attribue-t-il à la bioéthique ?

Une fonction de classement moral permettant de retenir une valeur commune pour chaque société
Une fonction d’invention normative et de protection, au-delà de la formulation d’interdits
Une fonction de décision politique visant à déterminer les domaines nécessitant une législation
Une fonction de validation technique destinée à mesurer l’efficacité des innovations biomédicales

Une fonction d’invention normative et de protection, au-delà de la formulation d’interdits

Explication

Pour Dominique Lecourt, la bioéthique doit inventer des normes et protéger les personnes, plutôt que se limiter à interdire. Cette conception se distingue d’une approche réduite au contrôle ou à la prohibition des innovations.

17. Dans quel cas Dominique Lecourt estime-t-il qu’une technologie nouvelle doit être encadrée ?

Lorsqu’elle devient un instrument de domination ou d’asservissement, notamment envers des populations vulnérables
Lorsqu’elle produit des résultats incertains malgré une application destinée à améliorer la santé collective
Lorsqu’elle appartient à un domaine scientifique récent dont les usages sociaux restent encore discutés
Lorsqu’elle modifie les pratiques médicales existantes sans entraîner de transformation des rapports humains

Lorsqu’elle devient un instrument de domination ou d’asservissement, notamment envers des populations vulnérables

Explication

Lecourt demande un encadrement lorsque la technologie sert à dominer ou asservir des êtres humains, particulièrement les populations vulnérables. La nouveauté ou l’incertitude scientifique ne suffit pas, à elle seule, à caractériser cette situation.

18. Selon Axel Kahn, quand un problème constitue-t-il un dilemme bioéthique ?

Lorsqu’une innovation offre plusieurs usages possibles dont les bénéfices peuvent être évalués expérimentalement
Lorsqu’un désaccord oppose une opinion scientifique établie à une préférence personnelle sans conséquence collective
Lorsqu’il admet plusieurs solutions rationnelles mais contradictoires qu’aucune loi ni déontologie ne départage
Lorsqu’une loi impose une solution claire mais que son application technique soulève quelques difficultés pratiques

Lorsqu’il admet plusieurs solutions rationnelles mais contradictoires qu’aucune loi ni déontologie ne départage

Explication

Un dilemme bioéthique apparaît lorsque plusieurs solutions rationnelles s’opposent et qu’aucun code déontologique ni aucune loi ne permet de trancher. Un problème déjà réglé par une règle juridique ne présente pas la même tension éthique.

19. Selon Axel Kahn, quelle application d’une innovation peut être considérée comme éthique ?

Celle qui contribue à préserver et épanouir autrui, surtout lorsqu’il est fragile ou menacé
Celle qui améliore la performance d’un groupe en utilisant d’autres individus comme moyens d’action
Celle qui favorise une avancée technique en acceptant de stigmatiser les personnes jugées moins adaptées
Celle qui accélère la recherche même si elle accroît la dépendance de certaines personnes vulnérables

Celle qui contribue à préserver et épanouir autrui, surtout lorsqu’il est fragile ou menacé

Explication

Pour Axel Kahn, une innovation est éthique lorsqu’elle contribue à la préservation et à l’épanouissement d’autrui, en particulier des personnes fragiles ou menacées. Une technique qui assujettit, stigmatise ou instrumentalise des personnes ne constitue pas un progrès humain au sens éthique.

20. En 1983, quelle répartition décrit le mieux la composition du CCNE et l’origine de ses nominations ?

40 membres, dont 10 nommés par le président, 10 par des ministères et 20 par des associations d’usagers
30 membres, dont 5 nommés par le président, 15 par les tribunaux et 10 par des organismes de recherche
40 membres, dont 20 nommés par le président, 5 par des ministères et 15 par des organismes religieux
40 membres, dont 5 nommés par le président, 15 par des ministères ou organismes concernés et environ 20 par la recherche

40 membres, dont 5 nommés par le président, 15 par des ministères ou organismes concernés et environ 20 par la recherche

Explication

En 1983, le CCNE réunissait 40 membres selon une répartition associant la présidence, des ministères ou organismes impliqués et des organismes de recherche. Son caractère consultatif ne supprimait donc pas l’intervention des autorités de nomination dans sa composition.

21. Quelle catégorie de membres du CCNE représente directement les usagers dans la composition actuelle décrite ?

Les six représentants d’associations
Les six personnalités représentant des familles philosophiques et religieuses
Les neuf personnalités issues de la recherche et de la santé
Les neuf personnalités qualifiées

Les six représentants d’associations

Explication

Les six représentants d’associations ont pour fonction de représenter les usagers au sein du CCNE. Les personnalités qualifiées et scientifiques relèvent, elles, de nominations par des autorités institutionnelles.

22. Pourquoi l’indépendance du CCNE peut-elle être mise en question malgré son rôle consultatif ?

Parce que toutes ses personnalités sont nommées par le pouvoir politique et que l’exécutif a lié certaines lois à ses avis
Parce que ses membres sont élus par les associations et que le Parlement impose leurs conclusions aux ministères
Parce que ses avis sont rendus par des magistrats et que les tribunaux contrôlent directement les lois sociétales
Parce que ses personnalités scientifiques sont choisies par les laboratoires et que les chercheurs votent les textes législatifs

Parce que toutes ses personnalités sont nommées par le pouvoir politique et que l’exécutif a lié certaines lois à ses avis

Explication

La dépendance potentielle tient à la nomination politique de l’ensemble des personnalités et au fait que l’exécutif a conditionné certaines lois sociétales à une réponse du CCNE. Le rôle consultatif décrit la nature de ses avis, mais ne suffit pas à écarter les interrogations sur son autonomie institutionnelle.

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Qu'est-ce que la bioéthique ?

Une réflexion éthique portant sur le vivant.

Comment la bioéthique interroge-t-elle le vivant ?

Comme objet et sujet de l'éthique.

Comment peut-on concevoir la bioéthique ?

Comme éthique spéciale ou éthique commune.

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