★ À maîtriser
📌 Au début du XIVe siècle, le royaume de France est un emboîtement de fidélités et de territoires aux autonomies diverses, et non un État délimité par des frontières linéaires modernes.
📌 Les historiens qui voient dans le règne de Philippe le Bel la matrice de l’État moderne insistent sur la fiscalité permanente, la justice royale unifiée et l’administration, tandis que Bernard Guenée et Julien Théry jugent anachronique l’emploi du terme « État » pour un pouvoir sans administration centrale fixe.
Compléments
Vers 1328, le domaine royal direct couvre environ 200 000 km², les grands fiefs environ 150 000 km², la Guyenne anglaise environ 60 000 km² et les terres d’Empire de Provence, du Dauphiné et du Comtat Venaissin environ 50 000 km².
Le Dauphiné est cédé à la couronne en 1349 par le dauphin Humbert II, tandis que la Provence reste terre d’Empire sous suzeraineté angevine jusqu’au XVe siècle.
Boris Bove et Julien Théry emploient le terme « État princier » pour désigner une principauté ayant développé ses propres systèmes de gouvernance fiscaux, administratifs et judiciaires.
La Guyenne relève du roi de France par l’hommage, mais appartient au roi d’Angleterre.
★ À maîtriser
Les estimations de la population du royaume vers 1328 vont d’environ 15 à 20 millions d’habitants, avec une fourchette récente consensuelle de 17 à 19 millions.
L’État des paroisses et des feux sert de base aux estimations démographiques médiévales, mais le rapport entre feux et habitants est une convention généralement fixée entre 4,5 et 5 personnes par feu.
Vers 1328, la population française est majoritairement rurale, à hauteur de 90 à 95 %, tandis que Paris compte selon les estimations hautes 200 000 à 250 000 habitants.
📌 Dans les campagnes densément peuplées de Flandre, de Normandie et de la région parisienne, la saturation des terres agricoles contribue à la crise malthusienne, définie comme un effondrement démographique provoqué par une population trop nombreuse au regard des ressources disponibles.
📌 Pour Guy Bois, la crise du féodalisme résulte d’un écart croissant entre population et production agricole, et la peste en révèle la fragilité plutôt qu’elle n’en constitue la cause première.
Compléments
Saturation des terres → fragilité des récoltes → aggravation de la crise.
★ À maîtriser
Entre 1347 et 1352, la mortalité estimée atteint 30 à 50 % dans le royaume de France, 40 à 50 % à Paris et dans les grandes villes, environ 30 à 40 % dans les campagnes normandes et jusqu’à 50 à 60 % dans certains diocèses pour le clergé.
La population du royaume, estimée à 17-19 millions vers 1328, tombe à environ 10-12 millions vers 1400, soit une perte nette estimée de 35 à 45 % en moins de trois générations.
📌 La thèse exogéniste de Biraben interprète la peste comme un choc biologique extérieur frappant une société jusque-là viable, tandis que l’approche malthusienne ou structuraliste de Guy Bois la considère comme l’accélérateur d’une crise déjà engagée par la saturation des terres et la baisse des rendements.
Compléments
Jean-Noël Biraben estime à environ 50 % la mortalité française sur l’ensemble du cycle pesteux de 1347 à 1400, tout en soulignant que les variations locales imposent de manier ce chiffre avec prudence. - Les hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranées, 1975
Les récurrences pesteuses mentionnées sont :
📌 Le débat néo-marxiste associé à Robert Brenner attribue les trajectoires régionales de sortie de crise aux rapports sociaux de production, notamment au statut des paysans et à leur rapport de force face aux seigneurs, plutôt qu’à la seule démographie ou à la seule épidémie.
★ À maîtriser
📌 Les légistes royaux affirment que « le roi de France ne reconnaît aucun supérieur dans le temporel », formule citée par Jean de Paris en 1302 dans De potestate regia et papali.
La Curia regis se différencie en :
La Grande Chambre du Parlement rend la justice, la Chambre des Enquêtes mène les enquêtes des procès et les Requêtes du Palais reçoivent les requêtes des justiciables.
📌 Les ressources du domaine royal ne suffisent plus à couvrir les besoins de la royauté lorsque l’expansion de l’État et les guerres augmentent ses dépenses.
Au début du XIVe siècle, le domaine royal rapporte entre 400 000 et 600 000 livres par an, tandis que l’Hôtel du roi coûte entre 100 000 et 200 000 livres par an et que la campagne de Flandre coûte plus de 460 000 livres.
Philippe le Bel lève des décimes sur les églises pendant 24 ans ; cette taxe concerne les clercs et permet théoriquement le départ à la croisade.
Les prélèvements royaux se multiplient pendant le règne de Philippe le Bel et sont critiqués par la noblesse et le clergé, mais sont assez bien acceptés dans le contexte d’une idéologie politique renforçant la légitimité royale.
Compléments
📌 La citation « Le XIVe siècle est bien, dans l’histoire de l’Occident médiévale, le siècle des catastrophes » est attribuée à Jean Favier dans La Guerre de Cent Ans (1980), mais cette lecture catastrophiste est nuancée par les continuités régionales et la résilience de certaines économies rurales.
À la fin du XIIIe siècle, le réseau des officiers royaux comprend environ 35 à 40 bailliages dans le Nord et le Centre et des sénéchaussées dans le Midi, notamment en Languedoc, à Beaucaire et à Carcassonne.
Les enquêteurs royaux sont envoyés périodiquement pour contrôler les baillis, recueillir les plaintes des sujets et contribuer au contrôle de l’administration locale.
Sous Philippe V, les assemblées consultatives sont convoquées chaque année et leur pratique s’ancre dans la vie politique du XIVe siècle.
📌 Les coutumiers rédigés à partir de la fin du XIIe siècle mettent les coutumes par écrit, sont souvent d’initiative privée et sont fortement influencés par le droit romain.
📌 En 1303, une ordonnance déclare définitifs les jugements rendus par le Parlement.
Guerres coûteuses → prélèvements royaux
★ À maîtriser
Le sacre à Reims consacre le roi par l’onction de l’huile de la Sainte Ampoule, selon une tradition rattachée au baptême de Clovis.
Le toucher des écrouelles est un rituel par lequel le roi est réputé guérir ses sujets par imposition des mains ; il est attesté dès le règne de Saint Louis et systématisé sous ses successeurs.
La romanité du pouvoir capétien s’appuie sur le maintien du droit romain écrit dans le Midi, utilisé par les légistes royaux pour asseoir l’autorité du prince, notamment par la formule « ce qui plaît au prince a force de loi ».
Les Capétiens se proclament « empereurs en leur royaume », rejetant ainsi la tutelle impériale germanique et revendiquant leur souveraineté dans le royaume de France.
Compléments
Marc Bloch étudie la thaumaturgie royale dans Les Rois thaumaturges, qui rattache la légitimité du roi à une grâce surnaturelle le distinguant des autres princes chrétiens, y compris l’empereur.
La romanité institutionnelle et culturelle se manifeste par l’organisation des diocèses de l’Église sur le modèle des anciennes cités gallo-romaines et par l’usage du latin comme langue du savoir et de l’administration jusqu’en 1539.
Sacre religieux et souveraineté juridique fondent deux légitimités distinctes
★ À maîtriser
📌 Avant Philippe le Bel, le roi est davantage conçu comme un suzerain féodal, qui gouverne ses propres vassaux sans droit sur les vassaux de ses vassaux, tandis que la nouvelle théorie le présente comme un souverain étendant son pouvoir au-delà de ses seigneuries directes.
Compléments
À partir de 1297, Philippe le Bel demande la canonisation de Louis IX afin d’exalter la dynastie capétienne et de s’inscrire dans la continuité de son grand-père.
Philippe le Bel fait figurer son image sur une monnaie, sans être le premier roi à le faire, ce qui permet une diffusion plus large de la représentation royale.
Dans ses actes, Philippe le Bel se donne la titulature de « roi très chrétien » afin de rappeler le caractère religieux du pouvoir royal.
Gilles de Rome écrit sur la souveraineté du roi dans Li livres du gouvernement des rois.
Le suzerain gouverne ses vassaux ; le souverain étend son autorité au-delà de ses seigneuries
★ À maîtriser
À la demande de Philippe VI, la Faculté de médecine de Paris rédige en octobre 1348 le Compendium de epidemia, qui attribue l’épidémie à une conjonction astrale et à des exhalaisons corrompues de l’air.
Parmi les productions littéraires évoquant la peste figurent le Décaméron de Boccace, le Journal d’un bourgeois de Paris et les chroniques de Jean Froissart, qui évoquent le contexte plus tardivement.
Compléments
Le Compendium de epidemia situe la conjonction de Saturne, Jupiter et Mars dans le signe du Verseau au 20 mars 1345.
L’explication savante fondée sur la conjonction astrale et les exhalaisons corrompues de l’air demeure dominante jusqu’au XIXe siècle.
Saint Sébastien et saint Roch sont représentés comme des protecteurs contre la peste.
À partir de la fin du XIVe siècle, le culte de saint Sébastien et de saint Roch, invoqués comme protecteurs contre la peste, se diffuse massivement en Europe.
Au cours du XVe siècle, des magistratures sanitaires permanentes, les Uffici di Sanità, sont créées à Venise, Milan et Florence.
Les mesures d’isolement sont inefficaces contre le mécanisme réel de transmission de la peste, qui demeure alors inconnu.
Carlo Cipolla présente les magistratures sanitaires permanentes comme les prémices d’une administration sanitaire moderne.
Les mesures sanitaires témoignent d’une rationalisation croissante de la gestion administrative du risque épidémique et constituent un jalon de la construction de l’État moderne et de ses instruments de contrôle des populations.
★ À maîtriser
📌 Samuel Cohn Junior conteste dans « The Black Death Transformed » (2002) la thèse bactériologique classique en relevant des incohérences entre la peste médiévale et la peste moderne observée en Inde et à Hong Kong à la fin du XIXe siècle.
📌 Jean-Noël Biraben a longtemps défendu une mortalité européenne de 30 à 45 %, tandis qu’Ole Benedictow a proposé un taux moyen proche de 60 % dans The Black Death 1346-1353 : The Complete History (2004), à partir d’une réévaluation des sources anglaises et scandinaves.
📌 Guy Bois présente la peste comme un facteur aggravant et révélateur d’une crise structurelle féodale déjà engagée depuis la fin du XIIIe siècle, tandis que David Herlihy y voit une rupture radicale qui débloque des transformations économiques et sociales.
Compléments
📌 Le débat sur la transmission oppose le rôle de la voie pulmonaire interhumaine à celui du cycle classique rat-puce, sans que la confirmation génétique du bacille tranche leur importance relative.
📌 Stuart Borsch souligne les variations régionales de la mortalité et conteste qu’un taux unique puisse être généralisé à partir d’un petit nombre de cas régionaux documentés. - The Black Death in Egypt and England, 2005
Michael Postan théorise la crise malthusienne du surpeuplement agraire comme un élément de la crise structurelle antérieure à la peste noire.
David Herlihy associe la rupture provoquée par la peste à la mécanisation agricole, à la recomposition de la structure familiale et à la hausse du niveau de vie des survivants. - The Black Death and the Transformation of the West, 1997
La peste comme catalyseur d’une crise ancienne ou comme rupture fondatrice
★ À maîtriser
Compléments
📌 La victoire de L’Écluse permet à Édouard III de poursuivre sa campagne pour le trône de France, mais ne lui procure pas d’avantage supplémentaire dans le rapport de force global.
★ À maîtriser
Le 26 août 1346, l’armée française attaque à Crécy après une longue marche, sans s’être reposée ni organisée.
À Crécy, les arbalétriers génois épuisés et privés de leurs pavois reculent sous les flèches anglaises, puis les chevaliers français les piétinent et lancent des charges répétées contre la position anglaise.
À Crécy, les archers anglais infligent de lourdes pertes aux chevaux français et la ligne anglaise d’hommes d’armes combat à pied, tandis que les Français se retirent en désordre à la nuit.
📌 Les explications de Crécy associent la puissance de l’arc long et l’indiscipline de la chevalerie française au rôle du commandement, de l’organisation tactique, du terrain et de l’expérience anglaise des campagnes écossaises.
📌 La défaite tactique française à Crécy ne signifie pas que la victoire anglaise ait été une victoire stratégique décisive, ni que la chevalerie ait immédiatement perdu sa valeur militaire.
Compléments
📌 À Crécy, les pertes anglaises sont évaluées de quelques dizaines à quelques centaines d’hommes, tandis que les pertes françaises sont très lourdes.
Quelques sources mentionnent des bombardes dans l’armée anglaise à Crécy, mais leur effet est jugé très limité et leur rôle reste discuté par les historiens.
Andrew Ayton et Philip Preston soulignent dans The Battle of Crécy, 1346 (2005) le rôle du commandement, de l’organisation tactique et de l’état de l’armée anglaise, bien payée, expérimentée et adaptée à la défensive.
Clifford Rogers décrit Crécy comme une « révolution de l’infanterie » rendant les charges de cavalerie vulnérables aux troupes bien disposées, une thèse qui demeure discutée.
Clifford J. Rogers affirme dans « The Military Revolutions of the Hundred Years’ War » (Journal of Military History, 57, 1993) que les changements militaires les plus décisifs ont eu lieu pendant la guerre de Cent Ans plutôt qu’après 1500.
David Fiasson résume dans Crécy 1346. La bataille des cinq rois (2022) la bataille comme « une bataille meurtrière pour les Français […] définie par ses morts » et invite à distinguer défaite tactique et conséquences stratégiques.
Crécy oppose les charges françaises à une défense anglaise préparée.
★ À maîtriser
Le siège anglais de Calais dure du 4 septembre 1346 au 3 août 1347, soit onze mois, et mobilise plus de 30 000 personnes selon les comptes de la Couronne.
Après sa prise, Calais devient une base anglaise permanente et reste anglaise jusqu’en 1558.
Compléments
Calais capitule lorsque la faim et l’absence de secours rendent la résistance impossible ; selon Froissart, Édouard III épargne les habitants en échange de la reddition de six bourgeois.
La Grande Peste tue généralement entre un tiers et la moitié de la population des zones touchées ; Ole Benedictow propose, dans une réévaluation controversée, une mortalité de 50 à 60 % pour l’Europe entière.
En Angleterre, le Statute of Labourers de 1351 tente de bloquer la hausse des salaires provoquée par la raréfaction de la main-d’œuvre après la peste.
La trêve de Calais conclue en 1347 est prolongée à plusieurs reprises jusqu’en 1355, car la peste ralentit fortement la guerre.
La peste décime la population → la guerre ralentit et la trêve se prolonge.
★ À maîtriser
Le 19 septembre 1356, près de Maupertuis, les Anglais, Gascons et alliés, estimés entre 6 000 et 7 000 hommes, affrontent entre 11 000 et 16 000 Français.
À Poitiers, Jean II est capturé avec de nombreux nobles ; c’est la première fois qu’un roi de France est fait prisonnier par l’ennemi.
Le traité de Brétigny est signé le 8 mai 1360 et ratifié à Calais en octobre ; Édouard III renonce au titre de roi de France et reçoit en pleine souveraineté des territoires représentant environ un tiers du royaume.
Charles V devient roi en 1364 et pérennise les aides, le fouage établi en 1363 et la gabelle afin de financer l’État et l’armée.
La stratégie française consiste à :
Le 23 novembre 1407, Jean sans Peur fait assassiner Louis d’Orléans à Paris, déclenchant la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs.
Le 25 octobre 1415, à Azincourt, les archers anglais placés sur les ailes et protégés par des pieux brisent les charges françaises sur un terrain boueux et étroit.
Compléments
À Poitiers, le roi Jean II fait combattre à pied la plupart de ses hommes d’armes et conserve une petite cavalerie chargée de disperser les archers, mais cette charge échoue.
Les États généraux réunis de 1356 à 1358 exigent des réformes en échange de subsides, et la Grande Ordonnance de 1357 place le roi sous leur tutelle.
En mai-juin 1358, la Jacquerie soulève des paysans du Beauvaisis et de l’Île-de-France contre les nobles, avant d’être écrasée à Mello par Charles le Mauvais.
La rançon de Jean II est fixée à 3 millions d’écus d’or ; sa levée conduit à l’établissement d’un impôt permanent appelé les aides et à la frappe du franc, dont la valeur est fixée à une livre tournois.
À la mort de Charles V en 1380, les Anglais ne tiennent plus que Calais, Bordeaux, Bayonne et quelques places, après une stratégie française privilégiant l’usure plutôt que les batailles rangées.
Le 13 août 1415, Henri V débarque près de Harfleur avec une armée estimée à 10 000-12 000 hommes, dont les quatre cinquièmes sont des archers.
★ À maîtriser
📌 Le massacre des prisonniers contredit l’usage chevaleresque qui prévoit la libération des nobles captifs contre rançon, tandis que les Anglais le défendent par la nécessité militaire.
Compléments
Anne Curry interprète l’ordre de tuer les prisonniers comme une décision de circonstance.
John Keegan examine le massacre des prisonniers à la lumière de la psychologie du combat dans The Face of Battle (1976).
Rançon chevaleresque contre nécessité militaire invoquée
★ À maîtriser
📌 François Autrand souligne que Charles V, qui n’a pas mené de batailles, fonde son succès sur la rationalité de son gouvernement plutôt que sur les victoires militaires. - Charles V le Sage, 1994
Charles V souffre d’une affection de la main gauche qui l’empêche de tenir la lance et de porter l’épée au combat.
Pour compenser son incapacité à exercer les fonctions guerrières traditionnelles, Charles V construit une légitimité de roi sage, conseillé par des juristes et des théologiens et gouvernant par la raison et la loi.
Compléments
📌 Le débat historiographique oppose la mise en valeur par Françoise Autrand de la cohérence du redressement royal à la prudence d’Alain Boureau, qui invite à ne pas traiter les symboles politiques comme des preuves automatiques de modernité.
📌 La notion d’« État moderne » est pertinente pour désigner une évolution progressive des pouvoirs publics, mais pas une rupture achevée avec la monarchie médiévale.
Charles V naît le 21 janvier 1338 au château de Vincennes, fils aîné de Jean II le Bon et de Bonne de Luxembourg.
La mère de Charles V, Bonne de Luxembourg, meurt de la peste noire en 1349, alors qu’il a onze ans.
📌 Colette Beaune présente le corps du roi comme une institution politique et relie l’infirmité de Charles V à la construction d’une image de roi intellectuel légitimé par la sagesse, la justice et la culture. - Naissance de la nation France, 1985
Sans épée au combat, Charles V légitime son pouvoir par la sagesse et la loi
★ À maîtriser
La Librairie royale de Charles V, installée dans la tour de la Fauconnerie du Louvre, compte environ 917 manuscrits à sa mort en 1380.
Charles V fait traduire en français des œuvres latines, notamment la Politique et l’Éthique d’Aristote par Nicole Oresme et Tite-Live par Pierre Bersuire.
📌 La stratégie de reconquête de Charles V évite les batailles rangées et privilégie les sièges, le harcèlement, l’épuisement économique de l’ennemi et les alliances étrangères.
Compléments
Les domaines représentés dans la Librairie royale comprennent :
La Librairie royale est dispersée sous Charles VI, puis une partie de ses manuscrits est vendue à Jean de Berry et une autre est acquise par le duc de Bedford pour l’Angleterre en 1425.
Les Anglais conservent :
La fiscalité réformée de Charles V finance la reconquête sans provoquer de banqueroute.
★ À maîtriser
Charles V s’entoure de juristes, théologiens, financiers et administrateurs formés à l’Université de Paris, constituant un gouvernement de lettrés.
La flotte castillane alliée détruit la flotte anglaise à La Rochelle en 1372, privant l’Angleterre de la maîtrise de la Manche pendant dix ans.
Compléments
Charles V conclut une alliance avec Pierre IV d’Aragon en 1373 afin d’exercer une pression sur la Guyenne par le sud.
La visite de l’empereur Charles IV de Luxembourg à Paris en janvier 1378 met en scène le prestige de la cour de Charles V.
★ À maîtriser
Le 16 septembre 1380, Charles V aurait ordonné la suppression de la taille, impôt direct payé par les roturiers.
Charles VI, âgé de 11 ans lors de son accession en 1380, hérite d’un royaume redressé mais fragile.
Les aides et la gabelle rétablies après 1382 contribuent au socle fiscal que Charles VII codifie avec la taille permanente en 1439.
Compléments
Après la suppression des aides par le Conseil de régence en novembre 1380, les revenus royaux chutent d’environ 1 000 000 à 400 000 livres.
Charles V meurt à 42 ans le 16 septembre 1380 après seize années de règne, de 1364 à 1380.
La suppression de la taille → l’effondrement des revenus royaux.
Trois débats historiographiques
| Débat | Position 1 | Position 2 |
|---|---|---|
| Identification biologique | Cohn conteste la thèse classique | L’ADN confirme Yersinia pestis, mais la transmission reste discutée |
| Mortalité | Biraben : 30 à 45 % | Benedictow : taux proche de 60 % ; Borsch insiste sur les écarts régionaux |
| Portée historique | Lecture continuiste : catalyseur d’une crise antérieure | Lecture disruptive : rupture économique et sociale |
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Qu’apporte le mariage de Philippe IV avec Jeanne de Navarre en 1284 ?
La Champagne entre dans la mouvance royale.
Quelle relation institutionnelle lie la Guyenne au roi de France au début du XIVe siècle ?
Le roi d’Angleterre la tient comme vassal du roi de France.
Quelle fourchette consensuelle récente estime la population du royaume vers 1328 ?
De 17 à 19 millions d’habitants.
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