★ À maîtriser
📌 Être une bonne personne relève de la valeur morale, tandis qu’être un bon chirurgien, un bon joueur ou un grand homme peut relever de l’efficacité, de la réussite ou du prestige.
Compléments
📌 Le devoir moral se distingue du devoir juridique ou civique : aider une personne dans le besoin peut être moralement requis sans être imposé par la loi.
📌 La morale ne se réduit pas aux mœurs : certaines coutumes peuvent guider l’action morale, mais le devoir moral peut aussi exiger de les enfreindre.
★ À maîtriser
📌 Le bonheur se distingue de la joie et du plaisir, qui sont des sentiments agréables passagers et personnels, tandis qu’il désigne un état stable et universellement recherché.
Compléments
📌 La diversité des moyens par lesquels les individus cherchent le bonheur ne prouve pas que le bonheur lui-même diffère d’une personne à l’autre.
Joie et plaisir passent ; le bonheur vise un état durable
★ À maîtriser
📌 Pour Aristote, les actions humaines sont orientées vers des fins, et certaines activités sont des moyens poursuivis en vue d’une fin distincte. - Éthique à Nicomaque
Aristote identifie le bonheur au souverain bien, une fin parfaite choisie pour elle-même plutôt qu’en vue d’un autre bien. - Éthique à Nicomaque
Pour Aristote, le bien humain consiste dans une activité de l’âme conforme à la vertu, menée au cours d’une vie accomplie jusqu’à son terme. - Éthique à Nicomaque
Compléments
📌 Chez Aristote, la souffrance n’est pas mauvaise simplement parce qu’elle déplaît, mais parce qu’elle peut placer l’individu dans des dispositions contraires à la vertu. - Éthique à Nicomaque
Aristote distingue trois formes de vie :
Aristote présente le juste milieu comme un optimal situé entre deux excès et propre à la fonction de chaque chose. - Éthique à Nicomaque
Fonction humaine accomplie par la raison et la vertu → bonheur
★ À maîtriser
📌 Selon Illouz, la conception individualiste du bonheur transforme l’existence en performance personnelle et fait de chacun le responsable de son propre malheur. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
Eva Illouz critique dans Happycratie (2018) les injonctions à être soi-même et à devenir la meilleure version de soi-même pour atteindre le bonheur.
Pour Illouz, être quelqu’un de bien consiste à viser un accomplissement universel valable pour soi et pour les autres, ce qui peut exiger des efforts douloureux et des changements politiques et économiques majeurs. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
Compléments
Illouz conteste l’idée que l’expérience individuelle soit plus concrète qu’un accomplissement collectif, car les sentiments, les idées, les principes et les désirs individuels peuvent être construits socialement. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
Illouz souligne que tenir toute satisfaction individuelle pour équivalente risque de légitimer la quête du bonheur de chacun au détriment des autres et de laisser les rapports de force régler leurs conflits. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
La théorie des 40 % évoquée par Illouz attribue 50 % du bonheur à des facteurs génétiques et 10 % à des facteurs sociaux et économiques. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
Selon Illouz, faire dépendre le bonheur de la seule responsabilité individuelle peut disqualifier la souffrance, décourager la remise en question de l’ordre établi et accroître la culpabilité personnelle. - Eva Illouz, Happycratie, 2018
Bonheur-performance individuel ≠ accomplissement partagé
★ À maîtriser
📌 Mill soutient que certains mécontentements sont préférables à certains contentements, car tous les contentements ne correspondent pas à des vies également désirables. - John Stuart Mill, L’utilitarisme, 1861
John Stuart Mill distingue le bonheur du contentement dans L’utilitarisme (1861).
Mill résume sa thèse en affirmant qu’il vaut mieux être un homme insatisfait qu’un porc satisfait et Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait. - John Stuart Mill, L’utilitarisme, 1861
Compléments
📌 Pour Mill, renoncer à un contentement facile et choisir une insatisfaction liée à des objectifs difficiles ne revient pas à renoncer au bonheur. - John Stuart Mill, L’utilitarisme, 1861
Socrate insatisfait plutôt qu’un imbécile satisfait
★ À maîtriser
📌 Un être doué de facultés supérieures demande davantage pour être heureux et peut souffrir plus profondément qu’un être de type inférieur, sans que sa préférence pour une vie supérieure signifie qu’il sacrifie son bonheur.
Compléments
Socrate insatisfait plutôt que l’imbécile satisfait
📌 Selon le principe d’utilité de John Stuart Mill, une action est moralement bonne dans la mesure où elle tend à promouvoir le bonheur, et mauvaise dans la mesure où elle tend à produire son contraire. - L’utilitarisme, 1861
📌 Le critère utilitariste est la plus grande somme de bonheur au total, et non le plus grand bonheur de l’agent lui-même. - John Stuart Mill, L’utilitarisme, 1861
La morale universelle rend possible le bonheur de tous
★ À maîtriser
📌 Dans le Gorgias de Platon, Socrate défend une vie consacrée au devoir et à l’examen de soi, tandis que Calliclès défend une vie consistant à se faire plaisir.
📌 Calliclès soutient que suivre ses désirs permet d’obtenir le bonheur, tandis que Socrate objecte que le désir naît du manque et entretient la souffrance en se renouvelant après chaque satisfaction.
Compléments
📌 Calliclès soutient que supprimer le manque reviendrait à mener une existence de pierre ou de cadavre, tandis que Socrate estime que la poursuite de tout plaisir peut mener à une vie animale et indigne.
Dans Extrêmement fort et incroyablement près (2005), Jonathan Safran Foer formule l’idée qu’on ne peut se protéger du malheur sans se protéger en même temps du bonheur.
Socrate compare la satisfaction des désirs à l’effort pour remplir un tonneau percé, car chaque désir satisfait est remplacé par un nouveau désir.
Le tonneau percé de Socrate figure le désir qui se renouvelle
★ À maîtriser
📌 Face à l’éternel retour, la détresse révèle le rejet de sa vie au profit d’un arrière-monde espéré, tandis que l’approbation suppose d’aimer suffisamment sa vie pour vouloir la revivre à l’identique. - Friedrich NIETZSCHE, Le gai savoir, 1882
Compléments
L’arrière-monde fuit la vie présente ; l’éternel retour la confirme
★ À maîtriser
📌 Dans Le monde comme volonté et comme représentation (1818), Arthur Schopenhauer soutient que le bonheur n’est pas un état positif mais l’absence momentanée de malheur.
Schopenhauer résume le mouvement de la vie par l’image d’un pendule qui oscille de la souffrance à l’ennui. - Arthur SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Selon Schopenhauer, le désir naît d’un manque qui provoque la souffrance, sa satisfaction apporte un soulagement temporaire, puis un nouveau désir apparaît et ramène à la souffrance. - Arthur SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Compléments
📌 Lorsque tout désir est momentanément satisfait, l’absence de nouveau projet conduit à l’ennui plutôt qu’à une joie véritable, selon Schopenhauer. - Arthur SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Désir, souffrance, satisfaction, ennui, puis nouveau désir
★ À maîtriser
Les états heureux que Schopenhauer cite sont :
Pour Schopenhauer, seule la faculté de souffrir peut s’accroître, tandis que l’aptitude à se réjouir diminue à mesure que les jouissances deviennent habituelles. - Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Compléments
Schopenhauer soutient que le temps paraît plus lent dans les moments pénibles et plus rapide dans les moments agréables ; l’ennui rend le temps perceptible, contrairement aux instants agréables. - Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Chez Schopenhauer, la possession accroît la mesure des besoins et la disparition d’un plaisir devenu habituel produit une impression douloureuse. - Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Douleur ressentie, absence de douleur inaperçue
📌 Dans le texte de Schopenhauer, le suicide n’est pas une négation de la volonté : il en est une affirmation énergique, car celui qui se tue préférerait vivre si la vie était telle qu’il la désire. - Arthur SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, 1818
Renoncer à l’individualisation → accéder à la paix
★ À maîtriser
📌 Dans L’énergie spirituelle (1919), Bergson distingue le plaisir, artifice naturel destiné à conserver la vie, de la joie, signe que la vie a réussi et remporté une victoire. - Henri BERGSON
📌 Chez Bergson, le bonheur et le plaisir relèvent de la satisfaction et de la conservation, tandis que la joie relève du dépassement et de la création inattendue. - L’énergie spirituelle, 1919
Compléments
Bergson illustre la joie créatrice par : la mère qui voit grandir son enfant, l’entrepreneur dont l’entreprise prospère, le scientifique qui fait une découverte significative, l’artiste qui crée une œuvre
Bergson distingue dans la vie un mouvement ascendant de création, de nouveauté et de multiplicité, et un mouvement descendant de stabilisation, d’immobilité et d’unité.
Bergson rapproche le bonheur du mouvement descendant de conservation et la joie du mouvement ascendant de dépassement créateur.
Bergson présente la création de soi par soi comme une forme de création humaine qui peut se poursuivre à tout moment chez tous les hommes.
Le bonheur conserve ; la joie dépasse et crée
Bonheur et joie chez Bergson
| Dimension | Bonheur | Joie |
|---|---|---|
| Dynamique | Conservation et stabilisation | Dépassement et création |
| Rapport à l’attente | Satisfaction de ce qui était attendu | Expérience de l’inattendu |
| Signe | État de satisfaction durable | Réussite créatrice de la vie |
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De quoi relève le fait d’être une bonne personne ?
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