Fiche de révision : France et Angleterre au Moyen Âge

Plan du Cours

  1. Liens culturels entre les royaumes
  2. Démographie et frontières des royaumes
  3. Renforcement de la monarchie française
  4. Monarchie et institutions anglaises
  5. Crise démographique et économique
  6. La crise religieuse du XIVe siècle
  7. La succession française de 1328
  8. La Guyenne, enjeu de souveraineté
  9. Les tensions avant la guerre

Repères chronologiques

  1. 1066La bataille de Hastings marque le début de la présence de rois d’origine française en Angleterre.
  2. 1215La Magna Carta limite le pouvoir du roi Jean sans Terre et protège les droits des barons, des hommes libres et des guerriers.
  3. 1240Le Grand Conseil anglais prend le nom de Parlement.
  4. 1275 et 1287Les statuts de Westminster et de Gloucester renforcent la justice royale anglaise.
  5. 1349Le roi de France achète le Dauphiné et le confie à son fils pour l’initier à la gestion d’un territoire, origine de l’appellation « dauphin » pour le futur roi.

1. Liens culturels entre les royaumes

Points essentiels

  • Les élites anglaises partagent la langue française, tandis que les paysans parlent anglais ; avant la guerre, le haut clergé anglais étudie en France faute d’université de théologie en Angleterre.

  • L’art gothique français est repris en Angleterre, notamment à l’abbaye de Westminster, lieu de couronnement des rois et reines d’Angleterre.

2. Démographie et frontières des royaumes

Notions clés & Définitions

  • Domaine royal : Territoire directement dirigé par le roi ; au XIVe siècle, il représente les deux tiers du royaume.
  • Mouvance : Territoires où le roi exerce seulement sa suzeraineté sur des ducs, barons, seigneurs et princes.

★ À maîtriser

  • Au début du XVIe siècle, la France compte environ 16 millions d’habitants dans ses frontières de l’époque, contre 5 millions en Angleterre.

Compléments

  • Au début du XVIe siècle, environ 200 000 habitants vivent à Paris et 70 000 à Londres.

  • La frontière orientale française dite des quatre fleuves suit :

    • l’Escaut
    • la Meuse
    • le Rhône
    • la Saône
  • Les apanages sont des fiefs accordés aux fils cadets pour les dédommager ; s’ils ne sont pas transmis, ils retournent au domaine royal.

  • Le Pays de Galles et la côte est de l’Irlande autour de Dublin sont intégrés ou soumis à l’Angleterre depuis 1283, tandis que l’Écosse reste indépendante et s’allie à la France contre l’Angleterre.

📌 Le roi d’Angleterre est vassal de la Guyenne sous la suzeraineté du roi de France et doit lui rendre hommage.

3. Renforcement de la monarchie française

★ À maîtriser

  • Le sacre à Reims et l’onction d’huile présentent le roi de France comme élu de Dieu et légitiment son pouvoir.

  • Les juristes français affirment la supériorité du roi face au pape et à l’empereur germanique par la formule « Le roi de France est empereur en son royaume », attribuée à une bulle pontificale de 1202.

  • L’administration royale française compte 28 baillis dans le Nord et 10 sénéchaux dans le Sud, chargés d’administrer la loi au nom du roi dans des territoires fixes.

Compléments

  • Le roi de France revendique vers 1300 le titre de « roi très chrétien » et affirme que la France n’a jamais connu d’hérésie.

  • Philippe IV le Bel obtient la canonisation de saint Louis en 1297 ; Saint-Denis était déjà une nécropole royale avant cette canonisation.

  • Le roi de France renforce son autorité judiciaire en devenant juge suprême, dont les décisions en matière de haute justice sont incontestables.

  • Les baillis et les sénéchaux sont des officiers royaux institués par Philippe II Auguste à la fin du XIIe siècle et ont initialement des fonctions militaires.

  • L’administration centrale française comprend des conseils de la famille royale et des conseillers issus de dix grands vassaux, ainsi qu’une chancellerie dirigée par le chancelier et un connétable secondé par deux maréchaux.

4. Monarchie et institutions anglaises

★ À maîtriser

  • Au XIVe siècle, le Parlement anglais comprend la Chambre des Lords, composée d’évêques, de riches abbés et de magnats, et la Chambre des Communes, composée de deux chevaliers par comté et de bourgeois des principales villes.

  • Les impôts sont votés par le Parlement anglais, ce qui limite le pouvoir du roi.

Compléments

  • Le roi d’Angleterre est sacré à Westminster sur le trône d’Édouard le Confesseur et se voit attribuer un pouvoir de guérison.

  • L’administration anglaise s’appuie sur les sheriffs dans les comtés pour l’armée, la justice et l’impôt, sur des juges itinérants et sur les clercs de l’Échiquier, qui tiennent les Pipe Rolls.

Astuce mémo

En France, le roi concentre l’autorité ; en Angleterre, le Parlement vote les impôts.

5. Crise démographique et économique

Notions clés & Définitions

  • Disette : Manque de nourriture qui ne va pas jusqu’à entraîner la mort.

★ À maîtriser

  • La population européenne passe de 69 millions en 1300 à 40 millions en 1440 ; celle de la France passe de 20 à 14 millions et celle de l’Angleterre de 5 à 2 millions.

  • La peste arrive à Marseille en 1347 depuis le comptoir génois de Caffa, en Crimée, sur la mer Noire.

  • La peste provoque en moyenne la mort de 30 à 35 % de la population et recule en 1352-1353 ; elle réapparaît tous les 6 à 13 ans, avec une dernière occurrence mentionnée à Marseille en 1721.

  • Les effets économiques de la guerre comprennent le pillage des villages et des villes et la hausse des impôts destinés à financer la guerre, qui accroît la misère et réduit l’argent disponible pour vivre.

Compléments

  • La peste bubonique peut être mortelle dans 80 % des cas sans traitement, avec une mort possible sous six jours et une transmission par les piqûres de puces infectées, tandis que la peste pulmonaire est presque toujours mortelle sans traitement et rapidement transmissible par voie respiratoire.

  • Les mesures prophylactiques contre la peste comprennent le confinement dans les villes et l’enterrement des corps à distance.

  • Les famines sont liées aux mauvaises récoltes, attribuées aux conditions météorologiques, qui sont mentionnées pour un tiers des récoltes au XVIe siècle et un quart au XIIe siècle.

  • 🔄 La baisse de la natalité entraîne : la diminution du nombre de paysans, la réduction des terres cultivées, l’extension des friches et la présence des loups

  • La rareté des ouvriers agricoles fait augmenter les salaires, tandis que les propriétaires réduisent les taxes pour attirer des paysans.

6. La crise religieuse du XIVe siècle

★ À maîtriser

  • L’art macabre invite à mépriser le monde terrestre au profit de l’au-delà et du paradis éternel promis aux fidèles pieux.

  • La papauté siège à Avignon de 1309 à 1378, après avoir quitté Rome.

  • Le Grand Schisme d’Occident, de 1378 à 1417, divise la papauté entre des obédiences concurrentes à Avignon et à Rome, auxquelles s’ajoute l’obédience de Pise en 1409.

Compléments

  • Les morts non accompagnés spirituellement pendant la peste alimentent la peur de la mort et des enfers.

  • Les rites funéraires s’allongent et des flagellants et des pénitents apparaissent comme interprétations religieuses de la mort.

  • L’Arts de mourir, la Danse macabre de l’abbaye de la Chaise-Dieu et le tombeau du cardinal LaGrange témoignent de la préoccupation pour la mort.

  • À Avignon, 70 % de la Curie et deux tiers des cardinaux sont français, et sous Jean XXII, de 1316 à 1334, 33 % des bénéfices majeurs et 54 % des bénéfices mineurs sont attribués à des prélats français.

  • En 1409, le concile de Pise élit Alexandre V, ajoutant un troisième pape aux deux prétendants existants.

  • Le concile de Constance, réuni de 1414 à 1417 à l’initiative de l’empereur, dépose les trois papes et élit Martin V.

  • La soustraction d’obédience consiste à ne plus reconnaître de vrai pape et à nommer des évêques sans lui, favorisant l’autonomie de l’Église de France appelée gallicanisme.

Astuce mémo

Avignon et Rome se disputent la légitimité pontificale.

7. La succession française de 1328

★ À maîtriser

  • La crise de succession de 1328 constitue le motif officiel de la guerre de Cent Ans.

  • Les prétendants à la succession mentionnés sont : Philippe VI de Valois, petit-fils de Philippe III le Hardi, Édouard III, fils d’Isabelle et petit-fils de Philippe IV le Bel, la descendance issue des femmes, écartée par la règle successorale dite loi salique

Compléments

  • La loi salique successorale, élaborée au cours du XVe siècle, est présentée comme interdisant aux femmes de France d’hériter ou de transmettre la Couronne, et son nom est rattaché à un code pénal des Francs saliens.

  • En 1329, Édouard III rend hommage au roi de France pour la Guyenne, puis renonce en 1331 à ses droits sur la Couronne de France.

8. La Guyenne, enjeu de souveraineté

★ À maîtriser

📌 En Guyenne, le roi d’Angleterre est vassal du roi de France et les décisions judiciaires locales peuvent faire l’objet d’un appel devant la cour de Paris, qui peut les révoquer.

  • La défaite anglaise à Saint-Sardos et la non-rétrocession de toute l’Aquitaine servent ensuite de prétexte anglais au déclenchement de la guerre de Cent Ans.

Compléments

  • La Guyenne, région anglaise d’environ 400 000 habitants, est sous contrôle anglais depuis le milieu du XIIe siècle.

  • En 1152, Aliénor d’Aquitaine épouse Henri II Plantagenêt, faisant passer l’Aquitaine sous souveraineté anglaise.

  • En 1324, la France et l’Angleterre s’affrontent lors de la guerre de Saint-Sardos, qui se solde par une défaite anglaise.

  • Le conflit de Saint-Sardos est lié à la volonté française d’affirmer sa mainmise sur l’Aquitaine, fief du roi de France détenu par le roi d’Angleterre.

Astuce mémo

La vassalité anglaise en Guyenne → conflit de souveraineté.

9. Les tensions avant la guerre

★ À maîtriser

  • Le 24 mai 1337, Philippe VI confisque la Guyenne, puis Édouard III revendique la Couronne de France en octobre 1337 et renie son hommage pour la Guyenne et le Ponthieu.

Compléments

  • En 1295, l’Écosse devient alliée de la France, tandis que Robert Bruce résiste à la soumission à l’Angleterre lors de la bataille de Bannockburn.

  • En 1332, les Anglais imposent Édouard Balliol sur le trône d’Écosse alors que l’héritier David n’a que sept ans et se réfugie en France.

  • La Flandre est une province du royaume de France dont l’industrie drapière dépend notamment de la laine anglaise.

  • Robert d’Artois, écarté de l’héritage du comté d’Artois au profit de sa tante Mahaut et insatisfait de sa compensation, revendique le comté sans succès.

  • Après avoir utilisé des documents falsifiés en 1329, Robert d’Artois voit ses biens confisqués par Philippe VI en 1332 et s’exile auprès d’Édouard III.

  • En 1336, Édouard III accorde à Robert d’Artois des terres et de l’argent, ce qui provoque la colère de Philippe VI, qui exige sa livraison.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur France et Angleterre au Moyen Âge avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Avant la guerre, un étudiant anglais issu du haut clergé cherche une formation en théologie, tandis qu’un paysan anglais ne connaît pas le français. Quelle situation culturelle explique ces deux faits ?

2. Un édifice anglais destiné aux cérémonies de couronnement présente des formes gothiques inspirées de l’art français. Quel édifice correspond à cette situation ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de France et Angleterre au Moyen Âge avec 10 flashcards interactives.

Combien d’habitants la France compte-t-elle au début du XVIe siècle ?

Environ 16 millions.

Quelle langue les élites anglaises partagent-elles au Moyen Âge ?

Le français.

Quel édifice anglais reprend l’art gothique français et sert au couronnement royal ?

L’abbaye de Westminster.

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