★ À maîtriser
La guerre de Trente Ans est une série de conflits enchevêtrés qui se déroule de 1618 à 1648 et se mêle notamment à la guerre de Quatre-Vingts Ans et au conflit entre la France et l’Espagne.
La guerre, d’une grande brutalité, entraîne une forte mortalité, probablement souvent surévaluée, à laquelle contribuent aussi les maladies, particulièrement dans les territoires allemands.
Jacques Callot représente dans ses eaux-fortes la brutalité de la guerre, où les soldats sont à la fois acteurs et victimes des violences. - Les Misères et Malheurs de la guerre
Compléments
La durée de la guerre est estimée à plus de 50 ans « tout compris » lorsque l’on considère les conflits imbriqués qui la précèdent et la prolongent.
L’Europe compte alors environ 70 millions d’habitants, et seule une personne sur deux atteint l’âge adulte.
L’espérance de vie des personnes atteignant l’âge adulte se situe entre 45 et 50 ans.
Selon Norbert Elias, la guerre contribuerait à l’émergence d’un « processus de civilisation ».
L’expression « vivre sur le pays » désigne le recours des armées aux ressources des territoires où elles opèrent.
Dans Les Aventures de Simplicissimus l’Allemand (1668), Jacob von Grimmelshausen met en scène un paysan naïf sur fond d’exactions commises par les soldats pendant la guerre de Trente Ans.
Callot refuse une commande de Louis XIII parce qu’il ne veut pas faire la promotion du roi de France.
Les eaux-fortes de Callot peuvent être interprétées comme une dénonciation moraliste des excès de violence et comme une apologie d’une violence souveraine rationnellement organisée. - Jacques Callot, Les Misères et Malheurs de la guerre
La guerre nourrit la guerre : les armées vivent sur le pays.
★ À maîtriser
La centralisation du pouvoir par les rois et l’empereur génère des tensions, notamment autour des taxes imposées.
Le protestantisme canalise certaines tensions, se présente comme favorable à l’ordre mais opposé à l’Empire, et rallie des élites.
Compléments
Après l’effondrement de l’Empire romain en 476, l’empire carolingien émerge en 800 avant de s’effondrer entre 887 et 888.
Au début de l’époque moderne, l’Europe ne domine pas encore le monde, notamment face aux empires mongol et ottoman.
La puissance ottomane n’est pas absolue, car les Ottomans doivent tenir compte des Égyptiens et surtout des Perses, ce qui les incite à stabiliser leur front occidental.
Les conflits entre barons, les conquêtes liées à la Reconquista et aux croisades et l’extension du domaine féodal contribuent à l’émergence d’États absolus.
Les tensions sociales prennent régulièrement une forme religieuse, notamment dans les révoltes paysannes et les mouvements dits sectaires.
La centralisation royale renforce l’État, mais nourrit les contestations.
★ À maîtriser
Au XVIe siècle, l’empire des Habsbourg s’étend de l’Espagne à l’Italie, à l’Allemagne et aux Provinces-Unies, ainsi qu’à des possessions coloniales.
L’Espagne soutient des révoltes protestantes pour affaiblir la France, tandis que la France tente une alliance de revers avec l’Empire ottoman.
La paix d’Augsbourg de 1555 établit que chaque prince choisit la religion de son territoire selon le principe « cujus regio, ejus religio ».
Compléments
Les Provinces-Unies, puissance économique et rivale coloniale, sont traversées par un conflit entre protestants et oligarchie commerçante, tandis que leur développement dans la Baltique inquiète leurs rivaux.
Après l’abdication de Charles Quint, l’empire des Habsbourg est partagé entre une branche espagnole et une branche autrichienne.
Les possessions ultramarines des Habsbourg comprennent :
La colonisation commence avec l’exportation du système d’exploitation des serfs, assimilés ici aux esclaves, dans les colonies sucrières.
Les conflits opposent notamment les Habsbourg à la France, aux Provinces-Unies et à l’Angleterre, et se déploient dans les régions allemandes autour du protestantisme.
★ À maîtriser
Compléments
Les Habsbourg veulent poursuivre la guerre contre les Ottomans et ont besoin de recettes fiscales pour la financer.
La Bohême dispose notamment de :
La controverse porte sur le droit des protestants à construire des temples, que les autorités contestent et dont elles font raser certains.
Les deux gouverneurs survivent à la défenestration, et les chrétiens interprètent leur survie comme un miracle confirmant la légitimité de la lutte.
La révolte bohémienne est un conflit local, mais certains princes allemands, notamment ceux du Palatinat, y voient l’occasion d’affaiblir les Habsbourg et d’accroître l’autonomie de l’Allemagne vis-à-vis de l’Empire.
Les milices bohémiennes reçoivent le soutien de la Moravie, de la Silésie et de princes allemands, mais la majorité des combattants ne vient pas de Bohême.
Les armées protestantes avancent jusqu’aux portes de Vienne avant que les forces des Habsbourg, renforcées par un financement espagnol et des mercenaires allemands, wallons et italiens, ne les repoussent.
Après la défaite bohémienne, les Habsbourg répriment les familles nobles insurgées par la confiscation de leurs terres et l’imposition de taxes, tandis que les populations subissent les violences des soldats et une épuration.
Après leur victoire, les Habsbourg interviennent dans les territoires allemands, notamment au Palatinat, ce qui étend la guerre.
La guerre de Trente Ans se déplace de la Bohême vers l’Allemagne, notamment le Palatinat protestant.
Défenestration de Prague → avancée protestante → Montagne-Blanche.
Les Habsbourg estiment que la trêve profite aux Hollandais, qui commercent avec la Baltique et cherchent à créer une Compagnie des Indes occidentales sous l’impulsion de Maurice de Nassau, ou Maurice d’Orange. - Maurice de Nassau ou Maurice d’Orange
Les Espagnols craignent une alliance hollando-anglaise et le renforcement des Hollandais dans les colonies, notamment en Amérique.
La dépendance financière des Habsbourg d’Autriche à l’or espagnol des Amériques les conduit à s’impliquer dans la guerre contre les Hollandais.
Les protestants ne parviennent pas à former une grande coalition contre les Habsbourg, car l’Angleterre ne s’implique pas et connaît des troubles internes.
La France se méfie des Provinces-Unies et n’intervient pas immédiatement, notamment en raison de troubles internes.
L’Espagne veut maintenir le « chemin de ronde » entre Bruxelles et l’Italie.
Un corridor terrestre espagnol contourne la France et relie Bruxelles à l’Italie.
Entre 1625 et 1634, l’épisode baltique prolonge des conflits opposant la Suède, la Russie, la Pologne et le Danemark, antérieurs à la guerre de Trente Ans.
La Suède protestante monte en puissance dans la région et se libère de la tutelle royale polonaise catholique.
★ À maîtriser
Christian IV, roi protestant du Danemark, intervient dans le nord de l’Allemagne en invoquant les actions catholiques dans le Palatinat et ses troupes sont finalement défaites après quelques succès.
Gustave-Adolphe de Suède reprend la lutte protestante en Allemagne et reçoit des subsides français.
La Suède cherche surtout à s’imposer face aux Polonais, mais les subsides français la maintiennent dans les régions allemandes afin d’affaiblir l’Empire des Habsbourg.
Compléments
Les Suédois pénètrent profondément en Allemagne et bénéficient du soutien russe, la Russie étant un partenaire économique important.
La Suède ne remporte pas de victoire décisive et ne parvient pas à vaincre simultanément dans la Baltique et en Allemagne.
Christian IV intervient contre l’hégémonie suédoise ; Gustave-Adolphe reprend la lutte en Allemagne
★ À maîtriser
Les Habsbourg encerclent la France par :
La France soutient tardivement les Provinces-Unies et la Suède, profite de l’affaiblissement des Hollandais et des Impériaux, et adopte une diplomatie plus tolérante envers les protestants.
En guerre ouverte, la France vise surtout la branche espagnole des Habsbourg, mais mène aussi des opérations dans le nord de l’Italie, puis en Lorraine et en Franche-Comté.
Compléments
La France combat déjà l’Espagne de 1595 à 1598, puis la paix de Vervins est signée sans mettre fin aux tensions entre les deux États.
La France évite d’envenimer son conflit avec l’Angleterre lors de l’affaire de La Rochelle et entretient des contacts avec les Ottomans.
L’implication française est tardive et se situe entre 1628 et 1635, avant l’entrée en guerre ouverte contre les Habsbourg.
La menace française sur Breisach met en danger la route espagnole et l’accès entre les territoires français et allemands.
L’encerclement habsbourgeois → le soutien français aux adversaires des Habsbourg
★ À maîtriser
Vers 1640, les belligérants commencent à envisager un compromis.
Les coûts de la guerre pèsent sur les finances et les taxes et contribuent à des crises socio-économiques en Europe.
Les négociations de paix commencent à Münster et Osnabrück en 1643 à l’initiative française et suédoise, se poursuivent pendant plusieurs années alors que la guerre continue, puis aboutissent à des traités distincts.
Les traités de Münster concernent l’Espagne et les Provinces-Unies, puis le Saint-Empire et la France, tandis que le traité d’Osnabrück concerne le Saint-Empire et la Suède.
Les traités issus des négociations visent à pacifier l’Allemagne, tandis que la guerre entre la France et l’Espagne continue jusqu’en 1659.
Compléments
Les troubles et tensions concernent : l’Espagne, notamment la Catalogne et le Pays basque, le Portugal, l’Italie du Nord, la Franche-Comté, la Sicile, les Pays-Bas
La Fronde éclate en France en 1648.
La guerre civile anglaise se déroule de 1642 à 1651.
Les Provinces-Unies se renforcent économiquement, notamment parce que l’Espagne perd pied dans ses colonies, mais leur richesse est concentrée dans une oligarchie face à des masses de pauvres.
Certains États allemands protestants s’alignent sur l’Empire des Habsbourg en réaction aux dégâts de la guerre, qui n’est donc plus uniquement religieuse.
Les catholiques et les protestants refusent de siéger au même endroit, ce qui conduit à tenir les négociations à Münster et à Osnabrück, dans le nord-ouest de l’Allemagne actuelle.
Le congrès réunit 16 États, 140 principautés ou villes d’Empire et 38 principautés ou villes observatrices.
Les pamphlets et la presse témoignent du rôle de l’opinion publique dans le ballet diplomatique de la fin de la guerre de Trente Ans.
★ À maîtriser
📌 L’ordre issu du conflit renforce la France et les Provinces-Unies et permet aux États allemands d’entretenir des relations diplomatiques, sans créer un État allemand unifié.
Le respect des souverainetés contribue à l’émergence du principe d’équilibre des puissances, qui n’implique pas l’égalité entre les États.
L’équilibre des puissances empêche un État de s’imposer totalement aux autres, sans exclure une prédominance hégémonique ni les coalitions des faibles contre un hégémon.
Après le conflit, l’influence de la religion sur la diplomatie diminue et le principe « cujus regio, ejus religio » s’étend, chaque souverain choisissant sa religion.
Compléments
Les grands empires souffrent souvent d’un manque de cohésion lié à leur étendue, tandis que les cités-États et les principautés sont souvent trop petites pour disposer de marchés étendus et d’une forte puissance militaire.
L’Empire des Habsbourg persiste après le conflit, et l’Empire des Romanov émerge au XVIIIe siècle en semi-périphérie.
La reconnaissance entre chrétiens s’étend aux catholiques et aux protestants, mais ne s’applique pas de la même manière aux colonies.
Le système westphalien repose surtout sur l’émergence d’États gouvernés par des souverains absolus, mais ses entités restent de type médiéval et sa nouveauté ne doit pas être exagérée. - Gerard Terboch, La signature du traité de paix de Münster, 1648
La monarchie héréditaire comprend les Bourbon en France et les Stuart en Angleterre et en Écosse, tandis que l’accès au pouvoir peut aussi dépendre d’élections, d’intrigues et d’interventions extérieures.
Les républiques citées sont : les Provinces-Unies, gouvernées par les États généraux et les riches marchands d’Amsterdam, Venise, gouvernée par une oligarchie marchande, Gênes, Genève, les cantons suisses, marqués par une oligarchie et une dépendance à l’Empire
Le principe d’équilibre figure dans la pensée politique et les traités au moins depuis le XVIe siècle, notamment chez Jean Bodin (1529-1596), Francis Bacon (1561-1626), Sully (1559-1641) et Richelieu (1585-1642).
Le pouvoir papal diminue et les nominations des souverains deviennent formelles, tandis que le pouvoir politique reste majoritairement aux mains des rois malgré le développement de la bourgeoisie marchande, notamment en Angleterre et aux Provinces-Unies.
Le droit de la guerre se développe avec une tentative relative d’humanisation, mais Grotius juge légitimes la mise à mort des prisonniers, le pillage et la dévastation des villes.
Le principe de neutralité commence à être reconnu parmi les composantes de l’ordre westphalien. - Gerard Terboch, La signature du traité de paix de Münster, 1648
Souveraineté des États, mais pas égalité entre eux
★ À maîtriser
Les conséquences territoriales comprennent l’indépendance de la Suisse et celle des Provinces-Unies, ainsi que l’extension de la France en Alsace, en Lorraine et en Italie.
Les entités allemandes de l’Empire peuvent nouer des liens diplomatiques sans qu’un État allemand unifié soit créé.
Compléments
La Suède reçoit la Poméranie occidentale, située dans l’actuelle région de Pologne.
355 cités allemandes disparaissent en tant qu’entités distinctes.
Le principe de liberté de navigation est accepté après les revendications du Portugal et de l’Espagne, contestées par d’autres entités politiques depuis le XVe siècle.
Hugo de Groot, également appelé Grotius, écrit Mare Liberum en 1609 pour défendre la liberté de navigation. - Hugo de Groot / Grotius
★ À maîtriser
Les Provinces-Unies se développent notamment grâce à leur intégration dans les réseaux commerciaux portugais et espagnols, puis deviennent une puissance navale contestant la domination du Portugal et de l’Espagne.
À la fin de la guerre de Trente Ans, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne sont perdantes, la France est modérément avantagée, l’Angleterre s’est renforcée et les Provinces-Unies sont devenues une puissance.
📌 Les Navigation Acts limitent fortement le droit des navires hollandais de transporter des marchandises en Angleterre ou anglaises.
Compléments
La West-Indische Compagnie (WIC) joue un rôle d’intermédiaire commercial et de vendeur davantage que de producteur, tandis que la France et l’Angleterre contestent l’hégémonie néerlandaise.
L’Angleterre connaît des conflits entre le souverain, l’aristocratie et la haute bourgeoisie, ainsi qu’une guerre civile opposant catholiques et protestants, tout en développant sa puissance navale, ses comptoirs et le commerce triangulaire des esclaves.
La Première Guerre anglo-néerlandaise se déroule de 1652 à 1654.
La Deuxième Guerre anglo-néerlandaise se déroule de 1665 à 1667.
La Guerre de Hollande menace les Provinces-Unies de la part de la France de 1672 à 1678.
Les Provinces-Unies et l’Angleterre sont surtout des thalassocraties qui installent des comptoirs plutôt que de chercher à conquérir de vastes territoires.
Le commerce des esclaves se développe à partir du XVIe siècle et est notamment pratiqué par les Provinces-Unies et l’Angleterre. - Marcus Rediker, A bord du négrier, 2013
A. Bihr qualifie de « court siècle néerlandais » la période de montée en puissance des Provinces-Unies.
Les Navigation Acts → les guerres anglo-néerlandaises
★ À maîtriser
Les cinq guerres de la France sous Louis XIV sont :
La première phase des guerres de Louis XIV est plutôt offensive jusqu’en 1678, puis la seconde est plutôt défensive ; la France se renforce au prix de lourdes pertes humaines et financières.
Compléments
Les guerres de la France sous Louis XIV se déroulent en Espagne, en Italie, en Allemagne et dans les Pays-Bas, et opposent la France à presque toutes les autres puissances européennes, souvent coalisées.
Les autres puissances craignent une hégémonie française sur le continent et la formation d’un bloc franco-espagnol ou d’un empire français.
Les guerres françaises sont limitées mais meurtrières et visent notamment à unifier et rationaliser le territoire français par des gains territoriaux progressifs.
★ À maîtriser
Une coalition comprenant les Habsbourg, les Polonais et le pape l’emporte contre les Ottomans, provoquant le reflux ottoman après le siège de Vienne en 1683 et le traité de Karlowitz en 1699.
La Suède, la Russie et la Pologne sont en conflit dans le Nord, et la montée en puissance de la Russie à la fin du XVIIe siècle suscite la méfiance de la France et de l’Angleterre.
Compléments
L’Empire ottoman étend son territoire en Europe et en Afrique du Nord, mais la menace perse limite cette expansion ; sa politique religieuse en Europe est tolérante et s’appuie sur des alliances locales.
En 1683, Vienne entreprend une expansion territoriale vers le sud-est de l’Europe.
Après le reflux ottoman, les Habsbourg orientent leur mission vers l’Est plutôt que vers l’Ouest.
Les confins orientaux sont défendus par des paysans-mercenaires et forment une vaste zone tampon allant de l’Adriatique à l’Ukraine, d’une profondeur de 30 à 1 000 km.
Reflux ottoman au Sud-Est ; montée en puissance russe au Nord
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1. Un villageois reçoit une menace de rançon assortie d’une lettre de protection en cas de paiement. Concernant les violences de la guerre de Trente Ans, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :
2. Quel rôle le protestantisme joue-t-il dans les tensions qui contribuent aux origines européennes du conflit ?
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Entre quelles années se déroule principalement la guerre de Trente Ans ?
De 1618 à 1648.
Comment le protestantisme se présente-t-il face à l’ordre et à l’Empire ?
Il se présente comme favorable à l’ordre, mais opposé à l’Empire.
Quelle durée est attribuée à la guerre de Trente Ans « tout compris » ?
Plus de 50 ans.
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