Fiche de révision : Histoire du genre à Rome

Plan du Cours

  1. Genre et historiographie
  2. Genre et sociétés antiques
  3. Nature et théorie des humeurs
  4. Grandir et entrer dans le genre
  5. Statuts juridiques et modèles genrés
  6. Virilité et pudeur romaines
  7. Transgressions des frontières de genre
  8. Corps et apparence sexués
  9. Vêtements et statuts sociaux
  10. Famille et autorité paternelle
  11. Mariage et assouplissements juridiques
  12. Sexualité, mariage et adultère

1. Genre et historiographie

★ À maîtriser

📌 Le sexe désigne les caractéristiques biologiques et anatomiques, tandis que le genre désigne les modèles culturels de comportements féminins et masculins.

  • La formule de Simone de Beauvoir, « on ne naît pas femme, on le devient », exprime l’idée que la féminité se construit. - deuxième sexe

📌 L’histoire du genre prolonge l’histoire des femmes en étudiant les rapports entre femmes et hommes ainsi que les modèles culturels qui leur assignent des rôles.

Compléments

  • Les études de genre, d’abord développées aux États-Unis notamment par des militantes féministes, acquièrent une reconnaissance scientifique en France au début des années 2000.

Astuce mémo

Sexe biologique, genre culturel

2. Genre et sociétés antiques

★ À maîtriser

📌 Les sociétés antiques appliquent des doubles standards, notamment sexuels : les hommes peuvent avoir plusieurs partenaires, tandis que les femmes doivent se limiter à leur mari.

  • Dans le modèle romain décrit par le cours, les esclaves échappent aux rôles de genre attendus des personnes libres : une esclave peut subir les partenaires imposés par son maître et un esclave peut être passif sexuellement.

Compléments

  • Les sources antiques sont souvent écrites par des hommes, ce qui complique l’histoire des femmes mais permet d’étudier les modèles de genre auxquels les deux sexes sont censés adhérer.

  • Les études de genre sont présentées comme plus répandues en histoire grecque qu’en histoire romaine.

3. Nature et théorie des humeurs

Notions clés & Définitions

  • Théorie des humeurs : La théorie des humeurs, attribuée à Hippocrate, explique la santé par l’équilibre du sang, de la bile, de l’atrabile et du flegme, qualifiés selon le chaud, le froid, l’humide et le sec.

★ À maîtriser

  • La pensée romaine reprend une hiérarchie grecque inspirée d’Aristote, selon laquelle la femme est naturellement plus faible et incomplète, tandis que l’homme représente la perfection.

📌 Les Romains reconnaissent aux femmes des qualités morales comparables à celles des hommes, mais estiment que leur faiblesse physique limite leur exercice à la sphère domestique plutôt qu’à la sphère publique.

📌 Selon la conception romaine rapportée dans le cours, le corps masculin est chaud et sec, tandis que le corps féminin est froid et humide.

Compléments

  • Les Romains nomment infirmidas la faiblesse physique et psychologique qu’ils attribuent aux femmes, et associent cette représentation à des normes comme l’interdiction de se battre et le rôle de pleureuse aux funérailles.

Astuce mémo

Corps froid et humide → faiblesse féminine selon les Romains

4. Grandir et entrer dans le genre

★ À maîtriser

  • À Rome, l’entrée dans les rôles de genre se déroule différemment pour les filles et les garçons, après une enfance décrite comme relativement androgyne.

  • Le mariage, vers 14 ou 15 ans, marque pour les filles le passage à l’âge adulte : la future épouse abandonne ses jouets au temple de Vénus et remplace la toge par la stola.

  • Pour les garçons, le passage à l’âge adulte comprend le port de la toge virile à 16 ans, l’accès au vote à 17 ans et le mariage vers 25 à 30 ans.

Compléments

  • Les rites de purification et de nomination ont lieu après l’acceptation de l’enfant par le père, au septième jour pour un garçon et au huitième jour pour une fille.

  • Les filles et les garçons portent les mêmes vêtements durant l’enfance et peuvent fréquenter l’école primaire, puis l’école secondaire, où les filles sont moins nombreuses parce qu’elles se marient à cet âge.

Astuce mémo

Naissance, enfance, puis rites différenciés

5. Statuts juridiques et modèles genrés

★ À maîtriser

📌 Les esclaves ne sont pas soumis aux modèles genrés des personnes libres, car le droit romain les considère comme des choses plutôt que comme des personnes autonomes.

📌 La virtus, ou courage, et la gravitas, ou maîtrise de soi, sont des qualités viriles particulièrement exigées des hommes aristocrates.

Compléments

  • Selon le cours, un esclave affranchi devient citoyen et son rôle genré change avec son statut juridique.

📌 Le terme matrone désigne dans l’idéal les femmes mariées de l’aristocratie, tandis que les femmes affranchies ne sont pas rangées dans cette catégorie.

Astuce mémo

Esclave, affranchi, aristocrate : des rôles différents

6. Virilité et pudeur romaines

Notions clés & Définitions

  • Virtus : La virtus désigne d’abord le courage militaire, l’énergie et la fermeté d’âme attendus des hommes romains, notamment à la guerre.
  • Pudicitia : La pudicitia désigne la pudeur féminine, associée à la chasteté, à la décence des gestes et de la tenue, ainsi qu’à une consommation modérée de vin.

★ À maîtriser

  • Valère Maxime affirme vers 30 de notre ère que des esclaves bien entraînés peuvent être aussi bons soldats que les citoyens, ce qui illustre le rôle de l’éducation dans l’acquisition de la virtus.

Compléments

  • À la fin de la République, le concept de virtus s’élargit au contrôle de soi, au sens de la justice et à la prudence.

📌 Les femmes sont tenues à la pudeur parce qu’elles sont représentées comme vulnérables aux agressions sexuelles, alors que cette vertu est jugée inutile pour les hommes réputés non vulnérables.

Astuce mémo

Virtus masculine, pudicitia féminine

7. Transgressions des frontières de genre

★ À maîtriser

📌 Les conceptions romaines de la pudeur hésitent entre une logique de la honte, où le corps souillé compte indépendamment de l’intention, et une logique de la faute, où compte l’intention de la femme.

  • Dans le récit de Tite-Live, Lucrèce, violée par le fils du roi, affirme ne pas avoir consenti, puis se suicide ; son histoire déclenche la révolution qui met fin à la royauté. - Tite live, 27 av n.e

Compléments

  • À l’époque classique romaine, les violeurs sont punis et la violence est davantage sanctionnée que l’absence de consentement considérée isolément dans le récit du cours.

📌 La pudeur concerne aussi les adolescents masculins, tandis que les femmes esclaves en sont exclues dans le modèle romain décrit, parce qu’elles sont traitées comme la propriété de leur maître.

  • Les femmes qui manifestent une virtus exceptionnelle peuvent être admirées, comme Fannia, dont le courage est donné en exemple aux hommes.

Astuce mémo

Femme virile admirée, homme efféminé blâmé

8. Corps et apparence sexués

★ À maîtriser

📌 L’idéal masculin valorise un corps athlétique, exercé notamment au Champ de Mars, tandis que le modèle féminin valorise un corps non sportif et considéré comme mou.

  • À Rome, le corps masculin doit rester propre et naturel sans parure, tandis que la beauté féminine passe par la parure et le maquillage, dont certains produits au plomb sont toxiques.

Compléments

📌 L’idéal masculin valorise un teint hâlé et une pilosité modérée, tandis que la pâleur et la peau lisse sont associées à la beauté féminine.

Astuce mémo

Corps masculin athlétique, corps féminin paré

9. Vêtements et statuts sociaux

Notions clés & Définitions

  • Toge : La toge est un vêtement de laine en demi-cercle, porté en couvrant le bras gauche et en laissant le bras droit dégagé ; elle symbolise la citoyenneté masculine.

★ À maîtriser

📌 La stola, longue jusqu’aux pieds, et la palla, manteau pouvant envelopper le corps et couvrir la tête, composent la tenue de la matrone mariée.

Compléments

  • Le port de la toge exige de contrôler les mouvements et contribue ainsi à afficher la gravitas du citoyen.

  • La palla ne constitue pas un voile au sens strict, même si un pan peut être placé sur la tête ; les tresses dites vitae sont présentées comme un signe distinctif des matrones.

Astuce mémo

La toge encadre le citoyen, la palla enveloppe la matrone

10. Famille et autorité paternelle

Notions clés & Définitions

  • Patria potestas : La patria potestas est le pouvoir du père sur ses enfants, qui peut se prolonger même lorsqu’ils sont adultes et s’étendre sur trois générations.

★ À maîtriser

📌 La famille romaine est patriarcale, car le père détient le pouvoir, et patrilinéaire, car le nom et l’héritage se transmettent par la ligne masculine.

  • Les enfants, filles comme garçons, sont sous l’autorité du père, qui peut en théorie les frapper, les vendre ou les tuer, et dont ils doivent obtenir l’autorisation pour se marier.

Compléments

📌 À la mort du père, ses fils deviennent des pères de famille à égalité, tandis que ses filles non mariées passent sous la tutelle d’un agnat pour leurs démarches juridiques.

11. Mariage et assouplissements juridiques

★ À maîtriser

📌 Dans le mariage cum manu, le père transmet son pouvoir au mari et l’épouse devient juridiquement comme une fille de celui-ci.

📌 Dans le mariage sine manu, l’épouse reste dans la famille de son père, tandis que son mari n’exerce pas de pouvoir juridique sur elle.

  • À la fin de la République, le divorce devient plus simple dans le mariage sine manu, et Auguste libère de la tutelle agnatique les femmes ayant eu trois grossesses, mesure ensuite étendue à toutes les femmes par Claude.

Compléments

  • L’émancipation d’un enfant exige que son père le vende trois fois et que l’acquéreur l’affranchisse après chaque vente, procédure qui libère l’enfant de la puissance paternelle.

Astuce mémo

Cum manu : pouvoir marital ; sine manu : pouvoir paternel

12. Sexualité, mariage et adultère

★ À maîtriser

📌 Le double standard sexuel autorise aux hommes des partenaires parmi les prostituées, les esclaves et les affranchies, tandis que les femmes libres doivent rester fidèles à leur mari.

📌 Dans le modèle romain décrit, la distinction sexuelle repose sur les rôles actif et passif plutôt que sur les catégories modernes d’hétérosexualité, et l’homme romain doit tenir le rôle actif.

  • À la fin de la République, l’adultère est souvent traité comme une affaire privée, tandis qu’Auguste en organise la répression publique par une procédure devant un consul pouvant entraîner le bannissement dans une île.

Compléments

  • Le mariage romain est officiellement associé à la procréation, mais la baisse de natalité parmi les élites conduit le cours à nuancer l’idée que les couples n’avaient de rapports que pour concevoir des enfants.

  • Sous l’Empire, la multiplication des procès pour adultère montre que les lois d’Auguste n’ont pas supprimé cette pratique, même si le cours signale moins d’exemples au IIe siècle.

Astuce mémo

Double standard, sexualité conjugale, lois augustéennes

Tableaux de synthèse

Modèles de mariage romain

Type de mariagePouvoir sur l’épouseAppartenance familialeHéritage du mari
Cum manuLe mari exerce le pouvoir transmis par le pèreFamille du mariL’épouse hérite de son mari
Sine manuLe mari n’exerce pas de pouvoir juridiqueFamille du pèreL’épouse n’hérite pas de son mari

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Histoire du genre à Rome avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la distinction entre sexe et genre :

2. L’histoire du genre se caractérise par les démarches suivantes :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Histoire du genre à Rome avec 10 flashcards interactives.

Que désigne le sexe dans la distinction entre sexe et genre ?

Les caractéristiques biologiques et anatomiques.

Quelle formule de Simone de Beauvoir exprime la construction de la féminité ?

« On ne naît pas femme, on le devient. »

Dans le modèle romain du cours, à quoi les esclaves échappent-ils ?

Aux rôles de genre attendus des personnes libres.

Voir les flashcards →

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