★ À maîtriser
📌 L’interprétation d’une phrase dépend à la fois du sens de ses parties et des règles grammaticales qui les combinent : les mêmes mots peuvent ainsi décrire des situations différentes selon leur organisation, comme dans « Mon rat a mangé mon serpent » et « Mon serpent a mangé mon rat ».
La sémantique lexicale étudie le sens des lexèmes, la sémantique de la phrase le sens encodé dans une phrase et la sémantique du discours le sens de suites de phrases ou d’unités plus grandes.
La compositionnalité explique comment une capacité de stockage finie — un nombre fini de morphèmes et de règles grammaticales — permet de comprendre et de produire un nombre illimité de sens.
Compléments
★ À maîtriser
📌 Une métaphore conventionnalisée est généralement plus transparente et moins rigide qu’une expression idiomatique : elle peut tolérer des substitutions ou des modifications sans perdre sa lecture non littérale.
📌 Avec un adjectif intersectif, « X est un Nom Adjectif » entraîne que X est à la fois un Nom et Adjectif ; avec un adjectif subsectif, X est systématiquement un Nom, mais pas nécessairement Adjectif ; avec un adjectif non intersectif, ces deux inférences ne sont pas toutes deux systématiques.
Compléments
Les clichés sont souvent employés comme des conventions sociales liées à une situation, sans que leur vérité littérale soit nécessairement examinée ; leur interprétation dépend davantage du contexte que celle des expressions idiomatiques. - Cruse, 2000
La zone active désigne la partie d’un objet pertinente pour lui attribuer une propriété : le bleu d’un vélo peut concerner son cadre, tandis que la couleur des yeux peut concerner l’iris ou la sclère selon la couleur décrite. - Ronald Langacker
L’idiome se fige, le cliché dépend du contexte
★ À maîtriser
📌 La métaphore transpose une terminologie d’un domaine source vers un domaine cible en s’appuyant sur une similarité, tandis que la métonymie exploite une relation de contiguïté, par exemple le contenant pour le contenu ou le lieu pour l’institution. - Lakoff & Johnson, 1980
Compléments
Polysémie : sens liés ; homonymie : sens sans lien
★ À maîtriser
📌 L’homonymie associe par hasard un même signifiant à deux mots différents, tandis que la polysémie relie plusieurs sens d’un même mot.
La polysémie est productive : les locuteurs peuvent interpréter des combinaisons nouvelles, comme « commencer un tchat », sans qu’un verbe dédié existe.
Le cours distingue six alternances nominales productives :
Compléments
Homonymie : signifiant commun par hasard ; polysémie : sens reliés
★ À maîtriser
Pustejovsky (1995) propose le lexique génératif pour expliquer les lectures polysémiques régulières par des informations lexicales et leur combinaison avec le contexte.
La structure qualia décrit une entité selon quatre dimensions :
Compléments
Dans le lexique génératif, le gâteau est un artefact dont le but est d’être mangé et dont la création consiste à le préparer, tandis que le roman a pour but d’être lu et est créé par l’écriture.
La lecture de but ou de création dépend du nom : les objets comestibles élaborés comme les crêpes favorisent les lectures préparer et manger, alors que la pomme ne favorise pas la lecture préparer.
Les prédicats « bon » et « mauvais » s’interprètent relativement au but associé au nom, ce qui permet notamment d’évaluer un lecteur électronique selon sa capacité à rendre le texte lisible.
C-D-B-O : Composition, Distinction, But, Origine
★ À maîtriser
📌 Le lexique génératif explique « Je suis garé en bas » en attribuant à « tu » ou « je » une interprétation liée au véhicule, tandis que le transfert du prédicat maintient l’individu comme argument et transforme le prédicat en relation avec le véhicule qu’il possède ou utilise.
Compléments
Dans « Je suis garé en bas et particulièrement bien nettoyé aujourd’hui », la lecture obtenue attribue les deux prédications au locuteur, ce qui appuie l’analyse par transfert du prédicat.
Le lexique génératif évite de lister une infinité de lectures, mais conserve une forme d’énumération des types possibles et ne rend pas compte de tous les changements d’interprétation, comme « Tu es garé en bas ? ».
Lexique génératif : l’argument change de type ; transfert : la prédication change
★ À maîtriser
📌 L’aspect lexical, ou Aktionsart, est encodé au niveau du groupe verbal ou de la sémantique lexicale du verbe, tandis que l’aspect grammatical, ou aspect de point de vue, est encodé au niveau du temps grammatical.
Compléments
Lexical : contenu du verbe ; grammatical : point de vue porté par le temps
★ À maîtriser
📌 Pour Comrie (1976: 5), le temps grammatical relie le temps de la situation à un autre moment, tandis que l’aspect concerne la constitution temporelle interne de cette situation.
Compléments
Lexical : constitution interne ; grammatical : point de vue du temps verbal
★ À maîtriser
📌 La classification de Smith (1991), inspirée de Vendler (1957), distingue les états permanents et transitoires, ainsi que les événements ponctuels téliques ou atéliques et les événements duratifs téliques ou atéliques.
📌 Sur la phase centrale d’un événement, « en X temps » convient aux événements téliques et « pendant X temps » aux événements atéliques.
Compléments
📌 Les événements duratifs acceptent « arrêter de » sur une seule occurrence, tandis que les événements ponctuels ne l’acceptent pas sur une seule occurrence, comme dans « arrêter de tousser ».
★ À maîtriser
Un syntagme nominal est cumulatif si l’addition de deux référents qui le satisfont le satisfait encore, et quantisé si aucun référent qu’il décrit ne peut être une sous-partie stricte d’un autre référent qu’il décrit.
Un thème incrémental permet de mesurer la progression de l’événement par sa propre modification monotone, comme la crêpe qui diminue dans « manger une crêpe » ou la maison qui se construit dans « construire une maison ». - Dowty, 1991
Dans le modèle de Verkuyl, un verbe [+add to] produit un événement, un verbe [–add to] produit un état, et une phrase est terminative ou télique si le verbe est [+add to] et tous ses arguments sont [+sqa].
Selon Verkuyl (1972, 1993, 1999), le type d’aspect lexical peut dépendre des arguments du verbe : « manger le sandwich » est un accomplissement, mais « manger des sandwichs » est une activité.
Compléments
📌 Un syntagme nominal [+sqa] dénote une quantité spécifiée, comme « trois poires », tandis qu’un syntagme nominal [–sqa] dénote une quantité non spécifiée, comme « des poires ». - Verkuyl, 1972
Thème incrémental mesurable → progression de l’événement
★ À maîtriser
📌 Avec « ouvrir la fenêtre de nouveau », la lecture restitutive porte sur l’état résultant et n’exige pas un événement antérieur d’ouverture, tandis que la lecture répétitive porte sur l’événement et exige une ouverture antérieure.
📌 Dans l’analyse de Dowty (1979), un achèvement correspond à become(état) ou cause(become(état)), une activité à do, et un accomplissement à do(cause(become(état))), tandis que l’état est traité comme primitif.
Compléments
📌 Un anticausatif comme « la fenêtre s’est ouverte » n’exprime pas de cause externe et n’accepte pas de complément en « par », tandis que son alternant transitif comme « Cunégonde a ouvert la fenêtre » peut comporter une cause.
État → become ; activité → do ; accomplissement → do-cause-become
★ À maîtriser
📌 L’aspect grammatical provient du temps grammatical et peut modifier les propriétés de l’aspect lexical, auquel il est généralement représenté comme supérieur dans la structure.
📌 Selon Smith (1991), l’aspect perfectif rend visible l’éventualité entière, y compris ses bornes initiale et finale, tandis que l’aspect imperfectif ne rend visible qu’une partie interne sans montrer ces bornes.
Compléments
L’aspect perfectif peut coercer un état en achèvement, comme dans « Pierre a connu Cunégonde », qui reçoit une lecture d’entrée dans l’état de connaissance.
« Jean se noyait, mais il ne s’est pas noyé » n’est pas contradictoire, contrairement à « Jean se noya, mais il ne s’est pas noyé », qui l’est.
L’objectif perfectif cadre l’événement entier ; l’imperfectif en laisse les bornes hors champ
★ À maîtriser
📌 L’aspect perfectif présente globalement une éventualité, en rendant visibles son point initial et son point final. - Smith
📌 L’aspect imperfectif présente les phases internes d’une situation sans rendre visibles son début ni sa fin. - Smith
Compléments
Perfectif : l’événement entier ; imperfectif : seulement son déroulement interne
★ À maîtriser
📌 L’aspect résultatif rend visible l’état subséquent d’un événement et peut être exprimé par certaines utilisations du passé composé, du plus-que-parfait et du futur antérieur.
Compléments
📌 Dans l’usage résultatif, le passé composé ou le plus-que-parfait explique un état présent ou situé au point de référence, plutôt que de s’intégrer à une séquence d’actions passées.
Perfectif transforme parfois l’état en achèvement ; résultatif montre l’état qui suit l’événement
★ À maîtriser
📌 Dans un récit, les temps imperfectifs fournissent généralement des informations d’arrière-plan, tandis que les temps perfectifs fournissent des informations de premier plan.
Compléments
Perfectif au premier plan, imparfait en arrière-plan
★ À maîtriser
📌 Les temps relatifs purs reposent uniquement sur une localisation temporelle anaphorique, tandis que les temps absolu-relatifs combinent localisation déictique et anaphorique. - Comrie, Tense, 1985
Compléments
| Type | Inférence vers le nom | Inférence vers l’adjectif |
|---|---|---|
| Intersectif | Systématique | Systématique |
| Subsectif | Systématique | Non systématique |
| Non intersectif | Non systématique | Non systématique |
| Aspect | Partie visible | Effet discursif |
|---|---|---|
| Perfectif | Éventualité entière, bornes incluses | Tend à faire avancer le récit |
| Imperfectif | Phases internes, sans début ni fin visibles | Tend à fournir l’arrière-plan |
| Résultatif | État subséquent de l’événement | Explique un état au point de référence |
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1. Dans « X est un médecin compétent », quelle inférence distingue un adjectif subsectif d’un adjectif non intersectif ?
2. Comment la compositionnalité permet-elle aux locuteurs de comprendre et de produire un nombre illimité de sens ?
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Que distingue la sémantique lexicale de la sémantique phrastique et discursive ?
La sémantique lexicale étudie les lexèmes, la sémantique phrastique les phrases et la sémantique discursive les suites de phrases ou unités plus grandes.
Quel auteur est associé au principe de compositionnalité ?
Frege.
Selon Cruse (2000), qu’est-ce qu’un constituant sémantique ?
Un élément remplaçable par un élément de même classe grammaticale, produisant des contrastes de sens qui se reproduisent dans un autre contexte.
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