QCM : Aspect verbal et composition (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans « X est un médecin compétent », quelle inférence distingue un adjectif subsectif d’un adjectif non intersectif ?

X appartient systématiquement à la catégorie des médecins, mais pas nécessairement à celle des personnes compétentes.
X n’appartient systématiquement ni à la catégorie des médecins ni à celle des personnes compétentes.
X appartient systématiquement aux catégories des médecins et des personnes compétentes.
X appartient systématiquement à la catégorie des personnes compétentes, mais pas à celle des médecins.

X appartient systématiquement à la catégorie des médecins, mais pas nécessairement à celle des personnes compétentes.

Explication

Un adjectif subsectif garantit que X relève du nom, ici « médecin », sans garantir que l’adjectif s’applique indépendamment à X. Un adjectif non intersectif ne rend pas systématiques les deux inférences, contrairement à ce que propose l’option qui attribue les deux catégories.

2. Comment la compositionnalité permet-elle aux locuteurs de comprendre et de produire un nombre illimité de sens ?

Elle s’appuie sur un lexique qui contient un sens distinct pour chaque phrase possible.
Elle combine un nombre fini de morphèmes et de règles grammaticales de façons variées.
Elle permet de mémoriser chaque phrase nouvelle avant de pouvoir la comprendre.
Elle attribue aux phrases leur sens à partir des suites de phrases qui les suivent.

Elle combine un nombre fini de morphèmes et de règles grammaticales de façons variées.

Explication

Un inventaire fini de morphèmes et de règles peut servir à construire et à interpréter une variété illimitée de sens. Mémoriser chaque phrase séparément ne rendrait pas compte de cette capacité productive.

3. Que stipule le principe de compositionnalité, également appelé principe de Frege ?

Le sens d’une expression complexe dépend surtout de la situation dans laquelle elle est prononcée.
Le sens d’une expression complexe est fixé par ses mots, indépendamment de leur organisation grammaticale.
Le sens d’une expression complexe se déduit des suites de phrases qui l’entourent.
Le sens d’une expression complexe dépend du sens de ses parties et des règles qui les combinent.

Le sens d’une expression complexe dépend du sens de ses parties et des règles qui les combinent.

Explication

Le principe de compositionnalité attribue le sens d’une expression complexe à ses parties et aux règles qui les combinent. La situation d’énonciation peut influer sur l’interprétation, mais elle ne constitue pas le principe de Frege.

4. Qu’est-ce qui caractérise une expression idiomatique ?

Son sens global est difficile à prévoir à partir de ses mots, et sa forme est généralement rigide.
Son interprétation non littérale reste transparente, même lorsque ses mots sont remplacés.
Son sens global résulte directement de ses mots, et sa forme accepte facilement des modifications.
Son sens dépend principalement de l’ordre des phrases qui l’entourent.

Son sens global est difficile à prévoir à partir de ses mots, et sa forme est généralement rigide.

Explication

Le sens d’une expression idiomatique est peu prévisible à partir des sens de ses parties, et elle présente généralement une certaine rigidité syntaxique. Une interprétation transparente qui tolère facilement des modifications caractérise plutôt une métaphore conventionnalisée.

5. Qu’est-ce qui distingue la polysémie de l’homonymie ?

La polysémie concerne des mots appartenant à des langues différentes, tandis que l’homonymie concerne des variantes grammaticales d’un même mot.
La polysémie relie plusieurs sens d’un même mot, tandis que l’homonymie associe des sens sans lien partageant un signifiant par hasard.
La polysémie désigne un usage figuré ponctuel, tandis que l’homonymie désigne toute relation de contiguïté entre deux sens.
La polysémie associe des mots de formes différentes, tandis que l’homonymie relie des sens dérivés par métaphore.

La polysémie relie plusieurs sens d’un même mot, tandis que l’homonymie associe des sens sans lien partageant un signifiant par hasard.

Explication

La polysémie correspond à plusieurs sens apparentés d’un même mot, alors que les sens homonymes ne sont pas dérivés les uns des autres. La métaphore peut contribuer à créer un sens polysémique, mais elle ne définit pas l’homonymie.

6. Quel exemple illustre l’interprétation nouvelle que permet la productivité de la polysémie avec le verbe « commencer » ?

« Commencer un roman », compris comme le préparer ou le manger
« Commencer un gâteau », compris comme le lire ou l’écrire
« Commencer un tchat », compris sans verbe spécialisé pour cette activité
« Commencer une bière », compris comme lancer sa fabrication

« Commencer un tchat », compris sans verbe spécialisé pour cette activité

Explication

La productivité de la polysémie permet aux locuteurs d’interpréter une combinaison nouvelle comme « commencer un tchat » sans qu’un verbe dédié existe. Les autres exemples illustrent des lectures dépendantes du complément, mais ne sont pas l’exemple de combinaison nouvelle mentionné.

7. Quel rôle la structure qualia joue-t-elle dans le lexique génératif ?

Elle décrit les liens historiques entre les formes d’un mot et ses différents sens.
Elle organise les informations sur la composition, la distinction, le but et l’origine d’une entité.
Elle détermine les rôles des participants et l’ordre temporel des événements exprimés.
Elle classe les noms selon leur fréquence, leur genre grammatical, leur nombre et leur registre.

Elle organise les informations sur la composition, la distinction, le but et l’origine d’une entité.

Explication

La structure qualia fournit quatre dimensions pour caractériser une entité : sa composition, ce qui la distingue, sa fonction ou son but, et la manière dont elle a été créée. La description des liens historiques entre formes et sens concerne plutôt l’évolution lexicale, et non ces dimensions descriptives.

8. Dans « Je suis garé en bas », comment le transfert du prédicat analyse-t-il l’énoncé ?

Il maintient le locuteur comme argument et relie le prédicat au véhicule qu’il possède ou utilise.
Il attribue au locuteur une propriété résultant d’un événement antérieur de stationnement.
Il remplace le locuteur par le véhicule comme argument du prédicat « être garé ».
Il sélectionne un type lexical associé au locuteur et compatible avec le prédicat.

Il maintient le locuteur comme argument et relie le prédicat au véhicule qu’il possède ou utilise.

Explication

Le transfert du prédicat conserve l’individu comme argument, mais interprète la prédication par rapport au véhicule qu’il possède ou utilise. L’analyse par changement de type lexical, plausible ici, correspond plutôt au lexique génératif.

9. En quoi l’aspect lexical diffère-t-il de l’aspect grammatical ?

L’aspect lexical concerne le point de vue du locuteur, tandis que l’aspect grammatical dépend des propriétés du nom sujet.
L’aspect lexical indique si une phrase est passée ou future, tandis que l’aspect grammatical précise le type de participant.
L’aspect lexical relève du sens du verbe ou du groupe verbal, tandis que l’aspect grammatical est porté par le temps verbal.
L’aspect lexical situe une situation par rapport à un moment, tandis que l’aspect grammatical décrit son déroulement interne.

L’aspect lexical relève du sens du verbe ou du groupe verbal, tandis que l’aspect grammatical est porté par le temps verbal.

Explication

L’aspect lexical, aussi appelé Aktionsart, est associé au contenu du verbe ou du groupe verbal, alors que l’aspect grammatical correspond au point de vue exprimé par le temps grammatical. La localisation d’une situation par rapport à un autre moment caractérise le temps grammatical, et non l’aspect lexical.

10. À quel linguiste attribue-t-on la définition de l’aspect comme constitution temporelle interne d’une situation ?

David Dowty
Bernard Comrie
Zeno Vendler
Carlota Smith

Bernard Comrie

Explication

Bernard Comrie formule cette définition dans son ouvrage de 1976 sur l’aspect. Carlota Smith est plutôt associée à une classification des classes aspectuelles et des points de vue perfectif et imperfectif.

11. Pourquoi l’expression « en dix minutes » permet-elle de caractériser un événement télique, contrairement à « pendant dix minutes », qui convient à un événement atélique ?

Parce qu’un événement télique dépend d’un point de vue imperfectif, alors qu’un événement atélique dépend d’un point de vue perfectif.
Parce qu’un événement télique comporte un terme pouvant être atteint, alors qu’un événement atélique n’a pas de borne finale inhérente.
Parce qu’un événement télique décrit un état durable, alors qu’un événement atélique introduit un changement ponctuel.
Parce qu’un événement télique se déroule sans durée, alors qu’un événement atélique comprend nécessairement une phase préparatoire.

Parce qu’un événement télique comporte un terme pouvant être atteint, alors qu’un événement atélique n’a pas de borne finale inhérente.

Explication

L’expression « en dix minutes » mesure le temps nécessaire pour atteindre le terme d’un événement télique, tandis que « pendant dix minutes » indique une durée sans terme intrinsèque pour un événement atélique. La distinction ne porte pas sur un contraste entre état durable et changement ponctuel, mais sur la présence ou l’absence d’une borne finale.

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Que distingue la sémantique lexicale de la sémantique phrastique et discursive ?

La sémantique lexicale étudie les lexèmes, la sémantique phrastique les phrases et la sémantique discursive les suites de phrases ou unités plus grandes.

Quel auteur est associé au principe de compositionnalité ?

Frege.

Selon Cruse (2000), qu’est-ce qu’un constituant sémantique ?

Un élément remplaçable par un élément de même classe grammaticale, produisant des contrastes de sens qui se reproduisent dans un autre contexte.

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