QCM : Histoire et définition du jazz (16 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un auditeur compare une improvisation de Marilyn Crispell à un enregistrement de 1923 de King Oliver et de son Creole Jazz Band. Quelle conclusion cette comparaison illustre-t-elle sur le jazz ?

L’étiquette recouvre des musiques qui peuvent être très différentes
L’étiquette exige un même trait musical dans chaque œuvre
L’étiquette s’applique aux musiques enregistrées dans les années 1920
L’étiquette désigne un style musical relativement homogène

L’étiquette recouvre des musiques qui peuvent être très différentes

Explication

Le terme jazz s’applique à des musiques aussi différentes que ces deux exemples, sans reposer sur une nature musicale homogène. L’homogénéité confond le jazz avec des genres plus uniformes, le trait commun invente un critère nécessaire et la restriction chronologique réduit à tort la catégorie à une époque.

2. Une maison de disques classe un album dans la catégorie jazz alors que ses caractéristiques musicales ne suffisent pas à trancher. Quel facteur explique le mieux cette attribution ?

La présence d’une propriété musicale commune et déterminante
Le jugement des auditeurs pris indépendamment du secteur
L’application d’une définition officielle fixée par des institutions
Les décisions des acteurs qui diffusent et commentent la musique

Les décisions des acteurs qui diffusent et commentent la musique

Explication

L’attribution de l’étiquette dépend souvent davantage des critiques, journalistes, maisons de disques et propriétaires de clubs que des propriétés musicales elles-mêmes. La propriété décisive inverse cette relation, le jugement isolé des auditeurs remplace les acteurs cités et la définition officielle suppose une réglementation qui n’est pas le facteur décrit.

3. Une chercheuse étudie un roman publié dans les années 1920 où « jazz » ne désigne pas de musique, mais des relations intimes. Quel sens du mot rencontre-t-elle ?

Un terme désignant une activité musicale
Un synonyme d’enthousiasme
Un synonyme de rapports sexuels
Un terme désignant une danse sociale

Un synonyme de rapports sexuels

Explication

Dans les œuvres littéraires des années 1920, jazz apparaît comme synonyme de rapports sexuels, avec un usage oral vraisemblablement plus ancien. L’enthousiasme correspond à un autre sens cité, tandis que les réponses musicale et dansante confondent ce contexte avec des usages associés à la musique.

4. Quelle proposition rend compte de la chronologie de l’usage sexuel du mot « jazz » ?

L’usage littéraire des années 1920 aurait désigné la musique
L’usage oral aurait précédé son apparition littéraire dans les années 1920
L’usage oral et l’usage littéraire seraient apparus simultanément dans les années 1920
L’usage oral aurait commencé après ses apparitions littéraires des années 1920

L’usage oral aurait précédé son apparition littéraire dans les années 1920

Explication

Le sens sexuel apparaît dans des œuvres littéraires des années 1920, mais il aurait existé dans la culture orale au moins depuis le début du siècle. L’apparition littéraire ne marque donc pas nécessairement l’origine orale; la chronologie inverse la retarde, et les deux autres propositions changent le sens ou supposent une apparition simultanée.

5. Où la première apparition écrite du mot « jazz » se trouve-t-elle probablement, et que peut-on conclure sur son étymologie ?

Dans des journaux de New York, avec une origine musicale démontrée
Dans des journaux de San Francisco, sans étymologie certaine
Dans des journaux de Chicago, avec une origine linguistique établie
Dans des journaux de La Nouvelle-Orléans, avec une étymologie certaine

Dans des journaux de San Francisco, sans étymologie certaine

Explication

Les premières apparitions écrites sont probablement repérables dans la presse de San Francisco, mais les attestations ne permettent pas de fixer l’origine du mot. Les autres réponses confondent hypothèse et preuve ou attribuent l’attestation à une autre ville.

6. Un historien trouve le mot « jazz » dans un article de presse de 1913, puis dans un article de 1915 qui parle de musique : quelle conclusion est justifiée ?

Le lien avec la musique est déjà établi par l’article de 1913
Le lien avec la musique est attesté en 1915, pas par la seule occurrence de 1913
Le lien avec la musique n’apparaît qu’après les années 1920
L’article de 1915 établit l’origine étymologique du mot

Le lien avec la musique est attesté en 1915, pas par la seule occurrence de 1913

Explication

La presse relie le terme à la musique dès 1915, alors que l’occurrence de 1913 ne suffit pas à établir ce lien. Les autres réponses confondent l’usage du mot avec son sens musical, retardent l’attestation ou déduisent à tort une étymologie.

7. Dans les années 1920, un journaliste afro-américain décrit la musique de Louis Armstrong comme du blues ou du ragtime, tandis qu’un artiste blanc est présenté comme une vedette du jazz : quelle interprétation correspond à cet usage de l’époque ?

Les musiciens afro-américains employaient blues ou ragtime, tandis que la presse excluait les artistes blancs du jazz
Les musiciens afro-américains pouvaient parler de blues ou de ragtime, tandis que le jazz désignait aussi des artistes blancs
Les musiciens blancs parlaient de blues ou de ragtime, tandis que les artistes afro-américains étaient les vedettes du jazz
Les musiciens afro-américains se désignaient comme jazz, tandis que la presse réservait le terme aux artistes blancs

Les musiciens afro-américains pouvaient parler de blues ou de ragtime, tandis que le jazz désignait aussi des artistes blancs

Explication

Dans les années 1920, des artistes afro-américains comme Armstrong pouvaient nommer leur musique blues ou ragtime, alors que la presse appliquait aussi le terme jazz à des artistes blancs. Les autres réponses inversent ou effacent cette différence d’usage.

8. Une chronique des années 1920 appelle Paul Whiteman « roi du jazz », mais rapporte que Louis Armstrong parle de blues : quelle conclusion convient le mieux ?

La presse réservait l’expression jazz aux musiciens afro-américains qui rejetaient le blues
L’appellation jazz prouve que Whiteman et Armstrong employaient le même terme musical
Le mot blues indique que la presse ne pouvait pas classer Armstrong dans le jazz
La presse pouvait appeler jazz un artiste blanc dont l’étiquette musicale différait de celle d’Armstrong

La presse pouvait appeler jazz un artiste blanc dont l’étiquette musicale différait de celle d’Armstrong

Explication

La presse blanche présentait Paul Whiteman comme une figure du jazz, tandis qu’Armstrong pouvait décrire sa musique comme du blues. Les autres réponses confondent l’étiquette médiatique avec le vocabulaire des artistes ou imposent une incompatibilité entre ces désignations.

9. Dans les débats esthétiques des années 1940, quelle opposition caractérisait les arguments des défenseurs du jazz ancien et ceux du swing ?

Le jazz ancien était défendu pour son caractère instrumental, le swing pour son caractère vocal.
Le jazz ancien était défendu pour son authenticité populaire et sa puissance émotionnelle, le swing pour sa complexité et son exigence technique.
Le jazz ancien était défendu pour sa complexité technique, le swing pour son authenticité populaire et sa puissance émotionnelle.
Le jazz ancien était défendu pour sa progressivité et son exigence technique, le swing pour son caractère populaire.

Le jazz ancien était défendu pour son authenticité populaire et sa puissance émotionnelle, le swing pour sa complexité et son exigence technique.

Explication

Les défenseurs du jazz ancien insistaient sur l’authenticité, l’émotion et le caractère populaire, tandis que les partisans du swing valorisaient la complexité, la progressivité et la technique. Inverser ces qualités confond les deux camps; leur attribuer des critères vocaux ou instrumentaux détourne le débat décrit.

10. Une critique des années 1940 loue une musique pour sa complexité, sa progressivité et son exigence technique. À quel courant esthétique associe-t-elle ces qualités ?

À la musique populaire.
À la musique vocale.
Au jazz ancien.
Au swing.

Au swing.

Explication

Dans cette controverse, la complexité, la progressivité et l’exigence technique sont les arguments employés en faveur du swing. Le jazz ancien est plutôt associé à l’authenticité populaire et à la puissance émotionnelle; le caractère vocal n’est pas le critère en jeu.

11. Que désigne l’expression « third stream » dans l’évolution du jazz ?

Une musique soigneusement composée et influencée par des tonalités et des concepts de la musique classique européenne.
Une musique improvisée sans composition soigneusement élaborée.
Une révolution musicale fondée sur les innovations du bebop.
Une musique composée selon des tonalités et des concepts issus du blues traditionnel.

Une musique soigneusement composée et influencée par des tonalités et des concepts de la musique classique européenne.

Explication

Le third stream désigne une musique soigneusement composée et infléchie par des tonalités et des concepts issus de la musique classique européenne. Le bebop constitue une évolution distincte; l’improvisation sans composition soignée et la substitution du blues aux influences classiques déforment cette définition.

12. Un ensemble de jazz crée une œuvre soigneusement composée en intégrant des tonalités et des concepts de la musique classique européenne. Quel terme correspond à cette démarche ?

L’improvisation libre.
Le blues traditionnel.
Le bebop.
Le third stream.

Le third stream.

Explication

L’association d’une composition soigneusement élaborée à des tonalités et des concepts de la musique classique européenne caractérise le third stream. Le bebop est une révolution distincte, tandis que l’improvisation libre et les influences du blues ne rendent pas compte de cette définition.

13. À une personne qui lui demande de définir le jazz, quelle réponse Louis Armstrong donne-t-il pour éviter de cataloguer cette musique ?

« Le jazz doit être défini par ses frontières historiques. »
« Le jazz est une musique fondée sur l’improvisation. »
« Le jazz se reconnaît à ses cuivres et à ses rythmes. »
« Si vous le demandez, vous ne le saurez jamais. »

« Si vous le demandez, vous ne le saurez jamais. »

Explication

Armstrong répond par une formule qui esquive la définition et illustre la réticence de certains musiciens à cataloguer leur musique. Les autres réponses proposent des critères sonores ou une délimitation critique, au lieu de son refus de définir.

14. Un critique cherche à fixer les limites du jazz, tandis qu’un musicien répond à une demande de définition par une formule énigmatique. Quelle attitude cette réponse illustre-t-elle ?

Une contribution directe à la délimitation critique.
Une réticence à cataloguer la musique jouée.
Une volonté de fixer les frontières du jazz.
Une adhésion à une définition sonore précise.

Une réticence à cataloguer la musique jouée.

Explication

La réponse énigmatique d’Armstrong illustre la réticence de certains musiciens à cataloguer leur musique, à l’opposé des démarches qui en fixent les limites. Les distracteurs confondent cette attitude avec la définition précise, la catégorisation ou la contribution au discours critique.

15. Une programmation réunit plusieurs musiques aux styles différents, mais qui partagent assez de points communs pour être présentées comme une tradition cohérente. Quelle fonction du mot « jazz » cette programmation met-elle en évidence ?

Désigner une tendance passagère sans continuité historique.
Désigner des musiques apparentées au sein d’une tradition cohérente.
Nommer un style sonore unique partagé à l’identique.
Rassembler des musiques sans points communs entre elles.

Désigner des musiques apparentées au sein d’une tradition cohérente.

Explication

Le mot « jazz » reste durable parce qu’il permet de désigner des musiques ayant suffisamment de points communs pour former une tradition cohérente. L’option du style unique confond parenté et identité sonore, tandis que les autres écartent soit les points communs, soit la durabilité du terme.

16. Quelle conception John Szwed donne-t-il du « jazz » lorsqu’il décrit un domaine qui dépasse la musique ?

Un genre sonore défini par des caractéristiques musicales communes.
Un ensemble de textes écrits sans influences ni codes symboliques.
Un discours culturel fait d’influences, de textes et de codes symboliques.
Une histoire des musiciens sans liens avec d’autres domaines culturels.

Un discours culturel fait d’influences, de textes et de codes symboliques.

Explication

Pour Szwed, le jazz dépasse la musique et devient un domaine de discussion, un système d’influences et un ensemble de textes et de codes symboliques. Les distracteurs le restreignent à un genre sonore, à l’histoire des musiciens ou aux seuls textes écrits.

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Pourquoi le jazz ne se reconnaît-il pas par une nature musicale homogène ?

Le terme s’applique à des musiques très différentes.

Quelles musiques illustrent la diversité de ce que le terme « jazz » désigne ?

L’improvisation de Marilyn Crispell et un enregistrement de 1923 de King Oliver et de son Creole Jazz Band.

De quoi dépend souvent davantage l’attribution de l’étiquette « jazz » que des propriétés musicales ?

Des critiques, des journalistes, des maisons de disques et des propriétaires de clubs.

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