QCM : Histoire, mémoires et justice — 37 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle proposition décrit correctement les persécutions subies par les Tsiganes pendant la période nazie ?

Ils sont internés au titre de leur nationalité et épargnés par les politiques raciales
Ils sont poursuivis pour résistance armée et regroupés dans des camps de prisonniers de guerre
Ils subissent notamment des internements, des déportations, des stérilisations et des gazages
Ils sont principalement déplacés comme travailleurs et protégés contre les expériences médicales

Ils subissent notamment des internements, des déportations, des stérilisations et des gazages

Explication

Les Tsiganes subissent une persécution multiforme comprenant notamment les discriminations, les internements, les déportations, les expériences médicales, les stérilisations et les gazages. Leur persécution vise leur appartenance supposée, tandis que l’internement français invoque officiellement le motif de « nomade ».

2. Quelle distinction fondamentale oppose la Cour internationale de Justice à la Cour pénale internationale ?

La CIJ enquête sur les crimes, tandis que la CPI conseille les gouvernements
La CIJ condamne les organisations, tandis que la CPI arbitre les frontières
La CIJ juge des individus, tandis que la CPI règle des différends entre États
La CIJ règle des différends entre États, tandis que la CPI juge des individus

La CIJ règle des différends entre États, tandis que la CPI juge des individus

Explication

La CIJ traite les différends opposant des États, alors que la CPI juge des personnes accusées des crimes les plus graves. Confondre leurs compétences revient donc à attribuer à la CIJ le jugement direct d’individus.

3. Dans quel ordre Henri Rousso décrit-il les cycles mémoriels de Vichy ?

Occultation, reconnaissance, liquidation de la crise, puis retour du refoulé accompagné par la concurrence des mémoires.
Retour du refoulé, liquidation de la crise, hypermnésie, puis occultation des débats liés aux mémoires.
Reconnaissance, débats, occultation, puis liquidation de la crise avant le retour des mémoires concurrentes.
Liquidation de la crise, occultation, retour du refoulé avec débats, puis reconnaissance marquée par l’hypermnésie et la concurrence des mémoires.

Liquidation de la crise, occultation, retour du refoulé avec débats, puis reconnaissance marquée par l’hypermnésie et la concurrence des mémoires.

Explication

Le modèle de Rousso suit une succession allant de la liquidation de la crise à l’occultation, puis au retour du refoulé et enfin à la reconnaissance. L’occultation correspond à un effacement, tandis que l’hypermnésie désigne un excès de mémoire et appartient à la phase de reconnaissance.

4. Pourquoi Auschwitz constitue-t-il à la fois un lieu de mémoire juive et polonaise ?

Il est le plus grand cimetière juif, avec environ un million de morts, et compte aussi 75 000 morts polonais
Il commémore environ un million de victimes de toutes origines sans distinguer les groupes nationaux
Il rassemble environ 75 000 morts juifs et un million de morts polonais dans un même cimetière national
Il abrite les sépultures de 75 000 victimes juives et de 25 000 victimes polonaises identifiées

Il est le plus grand cimetière juif, avec environ un million de morts, et compte aussi 75 000 morts polonais

Explication

Auschwitz est associé à environ un million de morts juifs et à 75 000 morts polonais, ce qui lui confère une dimension mémorielle à la fois juive et polonaise. Le réduire à une mémoire nationale unique efface cette double réalité.

5. Quelle chronologie correspond au procès et à l’exécution d’Adolf Eichmann ?

Il est condamné en Israël en 1961 puis pendu en 1962
Il est jugé à Nuremberg en 1945 puis exécuté en 1946
Il est jugé en Allemagne en 1948 puis exécuté en 1950
Il est condamné en France en 1961 puis extradé en 1962

Il est condamné en Israël en 1961 puis pendu en 1962

Explication

Adolf Eichmann est condamné en Israël en 1961 et pendu en 1962 pour son rôle dans l’organisation de la solution finale. Nuremberg, dès 1945-1946, concerne les principaux responsables nazis et non le procès Eichmann.

6. Quelle évolution juridique se produit entre 1964 et 1968 concernant les crimes contre l’humanité ?

La France applique une prescription spéciale en 1964, puis l’ONU l’abroge en 1968
La France reconnaît leur amnistie en 1964, puis l’ONU limite les poursuites en 1968
La France établit leur imprescriptibilité en 1964, puis l’ONU adopte la même mesure en 1968
La France crée un tribunal en 1964, puis l’ONU prononce les condamnations en 1968

La France établit leur imprescriptibilité en 1964, puis l’ONU adopte la même mesure en 1968

Explication

Le droit français établit l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité en 1964, avant l’adoption de la même mesure par l’ONU en 1968. Les autres réponses inversent ou modifient la portée de cette évolution juridique.

7. Quelle caractéristique définit le crime contre l’humanité dans le cadre établi à Nuremberg ?

Une infraction diplomatique dirigée contre les représentants d’un État.
Un crime de masse visant des populations civiles et intégré au droit international.
Une intention de détruire un groupe protégé selon son origine ou sa religion.
Une atteinte aux biens culturels commise pendant une opération militaire.

Un crime de masse visant des populations civiles et intégré au droit international.

Explication

Le crime contre l’humanité désigne un crime de masse dirigé contre des populations civiles et entre dans le droit international à Nuremberg. L’intention de détruire un groupe protégé constitue plutôt l’élément distinctif du génocide.

8. Que prévoit la loi Gayssot de 1990 concernant le négationnisme ?

Elle interdit les recherches universitaires portant sur les crimes contre l’humanité.
Elle organise un tribunal international chargé de juger les crimes de guerre.
Elle crée une commission historique destinée à réinterpréter les génocides.
Elle ouvre sa pénalisation dans le cadre général de la lutte contre le racisme.

Elle ouvre sa pénalisation dans le cadre général de la lutte contre le racisme.

Explication

La loi Gayssot de 1990 introduit la pénalisation du négationnisme dans une politique générale de lutte contre le racisme. Elle ne crée ni tribunal international ni commission chargée de réécrire l’histoire.

9. Quelle définition du génocide l’ONU reconnaît-elle en 1948 ?

L’intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux.
Toute attaque collective causant de nombreuses victimes sans intention particulière.
La destruction des traces culturelles d’un peuple par le pillage et la censure.
Toute persécution politique exercée contre une population civile pendant une guerre.

L’intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Explication

En 1948, l’ONU reconnaît juridiquement le génocide comme l’intention de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Le nombre de victimes ou le contexte de guerre ne suffit donc pas à établir cette qualification.

10. Selon Pascal Ory, sur quel terrain l’historien doit-il se placer lorsqu’il étudie le passé ?

Sur le terrain de la connaissance, en évitant de se confondre avec un policier, un juge ou un moraliste.
Sur le terrain de la justice, afin de condamner les responsables identifiés par les archives.
Sur le terrain de la morale, afin de hiérarchiser les comportements selon les valeurs présentes.
Sur le terrain de la police, afin d’établir les culpabilités individuelles à partir des témoignages.

Sur le terrain de la connaissance, en évitant de se confondre avec un policier, un juge ou un moraliste.

Explication

Pascal Ory rappelle que l’historien vise la connaissance et n’est ni policier, ni juge, ni moraliste. Les fonctions de condamnation, de jugement moral ou d’établissement des culpabilités appartiennent à d’autres domaines.

11. Quelle donnée décrit les déportations de Juifs de France vers Auschwitz ?

74 trains partent de France et environ 76 000 Juifs de France ne reviennent pas
74 trains partent de France et environ 36 000 Juifs de France ne reviennent pas
76 trains partent de France et environ 74 000 Juifs de France rentrent après la guerre
46 trains partent de France et environ 76 000 Juifs de France sont libérés

74 trains partent de France et environ 76 000 Juifs de France ne reviennent pas

Explication

Soixante-quatorze trains partent de France vers Auschwitz, et 76 000 Juifs de France ne reviennent pas de déportation. Les autres réponses modifient soit le nombre de trains, soit celui des victimes, soit l’issue de la déportation.

12. Quelle caractéristique correspond à la Cour internationale de Justice ?

Créée par l’ONU en 1998, elle siège à Rome et délivre des mandats contre des individus
Créée par l’ONU en 2002, elle siège à Genève et poursuit les responsables politiques
Créée par l’ONU en 1945, elle siège à La Haye et exerce des compétences contentieuse et consultative
Créée par le Conseil de l’Europe en 1945, elle siège à Strasbourg et juge les crimes de guerre

Créée par l’ONU en 1945, elle siège à La Haye et exerce des compétences contentieuse et consultative

Explication

La CIJ a été créée en 1945 par l’ONU, se trouve à La Haye et possède des compétences contentieuse et consultative. La délivrance de mandats contre des personnes relève plutôt de la CPI.

13. Quelle affirmation rend compte de la reconnaissance tardive de la mémoire du génocide tsigane ?

Aucun témoin tsigane n’est appelé à Nuremberg, mais la reconnaissance intervient d’abord en France en 1982
Des témoins tsiganes interviennent à Nuremberg, puis la reconnaissance est proclamée simultanément en 1982
Des témoins tsiganes interviennent à Nuremberg, puis la reconnaissance intervient en France en 1982 et en Allemagne en 2016
Aucun témoin tsigane n’est appelé à Nuremberg, et la reconnaissance intervient en Allemagne en 1982 puis en France en 2016

Aucun témoin tsigane n’est appelé à Nuremberg, et la reconnaissance intervient en Allemagne en 1982 puis en France en 2016

Explication

Aucun témoin tsigane n’est appelé au tribunal de Nuremberg, et leur mémoire est reconnue tardivement, notamment en Allemagne en 1982 puis en France en 2016. Les autres réponses attribuent à tort une présence à Nuremberg ou inversent les dates et les pays.

14. Que signifie le devoir de mémoire ?

Une politique publique par laquelle l’État fixe une interprétation officielle de certains faits historiques.
Une méthode historique consistant à confronter des sources pour établir une interprétation critique des événements.
Une succession de phases mémorielles caractérisant l’évolution du souvenir d’un événement collectif.
Une obligation morale de se souvenir du passé afin d’en tirer des leçons pour le présent.

Une obligation morale de se souvenir du passé afin d’en tirer des leçons pour le présent.

Explication

Le devoir de mémoire est une injonction morale à se souvenir des événements passés pour guider la réflexion présente, notion associée à l’appel de Primo Levi. La confrontation des sources relève de la méthode historique, tandis que les deux autres formulations renvoient aux lois mémorielles ou aux cycles mémoriels.

15. Quelle distinction caractérise le mieux les camps d’extermination par rapport aux camps de concentration dans les génocides étudiés ?

Les camps d’extermination accueillent les réfugiés, tandis que les camps de concentration organisent leur évacuation
Les camps d’extermination sont conçus pour tuer, tandis que les camps de concentration servent à détenir et exploiter
Les camps d’extermination jugent les prisonniers, tandis que les camps de concentration assurent leur réinstallation
Les camps d’extermination servent à détenir, tandis que les camps de concentration sont conçus pour tuer

Les camps d’extermination sont conçus pour tuer, tandis que les camps de concentration servent à détenir et exploiter

Explication

Les camps d’extermination sont des lieux organisés pour la mise à mort, alors que les camps de concentration ont une fonction de détention et d’exploitation. D’autres formes de persécution ont aussi existé, comme les ghettos, les fusillades et les marches de la mort.

16. Qui mobilise les forces engagées dans la rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 ?

Des unités allemandes venues arrêter les familles dans les quartiers parisiens
Des groupes de résistants chargés de transférer les personnes vers les camps
350 policiers et gendarmes français placés sous l’autorité de leurs chefs
Des fonctionnaires civils non armés agissant sans encadrement hiérarchique

350 policiers et gendarmes français placés sous l’autorité de leurs chefs

Explication

La rafle du Vel d’Hiv mobilise 350 policiers et gendarmes français sous l’autorité de leurs chefs. La déportation s’inscrit toutefois dans la politique nazie, ce qui distingue l’action des agents français de l’organisation générale de la déportation.

17. Pourquoi un souvenir personnel ou collectif peut-il donner une représentation déformée d’un événement ?

Parce qu’il repose sur une distance critique qui écarte les réactions émotionnelles du témoin.
Parce qu’il résulte d’une enquête méthodique destinée à replacer les faits dans leur contexte.
Parce qu’il est établi par la confrontation systématique de documents de provenances différentes.
Parce qu’il est vécu affectivement et peut être sélectionné ou modifié par les sentiments.

Parce qu’il est vécu affectivement et peut être sélectionné ou modifié par les sentiments.

Explication

La mémoire est un ressenti affectif qui sélectionne certains éléments et peut être faussé par les sentiments. La confrontation méthodique des documents caractérise plutôt le travail de l’historien.

18. Quelle orientation dominait lors de la création du musée d’Auschwitz en 1947 ?

Une mémoire internationale consacrée d’abord aux victimes civiles de toutes les guerres européennes
Une mémoire exclusivement juive centrée sur la spécificité du génocide dès l’ouverture du musée
Une mémoire soviétique mettant principalement en avant la victoire militaire contre l’Allemagne
Une mémoire polonaise et antifasciste présentant le martyre de la nation polonaise et d’autres nations

Une mémoire polonaise et antifasciste présentant le martyre de la nation polonaise et d’autres nations

Explication

Créé en 1947, le musée présente d’abord Auschwitz comme un lieu du martyre de la nation polonaise et des autres nations, dans une perspective polonaise et antifasciste. La spécificité du génocide des Juifs y est davantage mise en avant plus tard.

19. Dans quel cas parle-t-on de négationnisme plutôt que de révision de l’interprétation historique ?

Lorsqu’une personne nie l’existence prouvée d’un événement criminel.
Lorsqu’un chercheur compare plusieurs interprétations d’un événement documenté.
Lorsqu’une étude nuance les conséquences politiques d’un événement ancien.
Lorsqu’un historien réévalue le rôle d’un acteur à partir de nouvelles archives.

Lorsqu’une personne nie l’existence prouvée d’un événement criminel.

Explication

Nier un fait historique solidement établi relève du négationnisme, tandis que discuter son interprétation appartient au travail historique. La comparaison d’interprétations reste donc distincte d’une négation des faits.

20. Quels chefs d’accusation sont retenus à Nuremberg alors que le génocide n’en fait pas encore partie ?

Les crimes politiques, les déplacements forcés et les destructions environnementales.
Les crimes coloniaux, les persécutions religieuses et les agressions diplomatiques.
Les crimes contre l’humanité, les crimes contre la paix et les crimes de guerre.
Les génocides, les crimes économiques et les atteintes au patrimoine culturel.

Les crimes contre l’humanité, les crimes contre la paix et les crimes de guerre.

Explication

Nuremberg juge les crimes contre l’humanité, les crimes contre la paix et les crimes de guerre. Le génocide n’est pas encore retenu comme chef d’accusation autonome lors de ce procès, même si les faits jugés comprennent des persécutions de masse.

21. Quelle distinction caractérise le négationnisme par rapport à une démarche historique révisionniste ?

Le négationnisme nie la réalité des faits établis, tandis que le révisionnisme peut discuter leur interprétation.
Le négationnisme corrige les datations, tandis que le révisionnisme conteste les frontières nationales.
Le négationnisme concerne les guerres, tandis que le révisionnisme concerne les persécutions religieuses.
Le négationnisme étudie les témoignages, tandis que le révisionnisme supprime les archives disponibles.

Le négationnisme nie la réalité des faits établis, tandis que le révisionnisme peut discuter leur interprétation.

Explication

Le négationnisme remet en cause la réalité de crimes établis, alors que le révisionnisme peut réexaminer leur interprétation historique. Confondre cette démarche avec une simple correction d’interprétation revient à méconnaître la spécificité du négationnisme.

22. Comment l’historien construit-il une connaissance critique du passé ?

Il confronte des sources de provenances diverses et replace les faits dans leur contexte.
Il transforme les jugements moraux sur le passé en conclusions historiques générales.
Il privilégie les récits émotionnels afin de préserver la sensibilité des témoins.
Il rassemble des souvenirs personnels et les accepte comme représentatifs d’une époque.

Il confronte des sources de provenances diverses et replace les faits dans leur contexte.

Explication

L’histoire confronte des sources variées et contextualise les faits pour construire une connaissance critique du passé. Les souvenirs personnels peuvent être utilisés, mais ils ne suffisent pas à établir une conclusion historique.

23. Quelle distinction caractérise le mieux la mémoire et l’histoire ?

La mémoire produit une connaissance méthodique, tandis que l’histoire conserve les souvenirs collectifs sans les discuter.
La mémoire établit un contexte vérifiable, tandis que l’histoire privilégie les émotions liées aux événements.
La mémoire est affective et sélective, tandis que l’histoire repose sur une démarche critique fondée sur des sources.
La mémoire confronte des sources diverses, tandis que l’histoire exprime un ressenti personnel face au passé.

La mémoire est affective et sélective, tandis que l’histoire repose sur une démarche critique fondée sur des sources.

Explication

La mémoire repose sur un souvenir subjectif et affectif, alors que l’histoire cherche à produire une connaissance critique grâce à une méthode et à la confrontation des sources. L’idée selon laquelle l’histoire privilégierait l’émotion inverse précisément cette distinction.

24. Quelle conception Henri Rousso propose-t-il du rapport entre mémoire et recherche historique ?

La mémoire est un objet d’étude, et l’évolution du regard social sur le passé peut renouveler les recherches historiques.
La mémoire concerne les témoins, tandis que les historiens travaillent sur des faits indépendants des débats de société.
La mémoire relève de la morale, et son étude détourne les historiens de l’analyse critique des événements passés.
La mémoire constitue une vérité définitive, et les historiens doivent adapter leurs conclusions à cette interprétation collective.

La mémoire est un objet d’étude, et l’évolution du regard social sur le passé peut renouveler les recherches historiques.

Explication

Pour Henri Rousso, la mémoire elle-même devient un objet d’étude et les transformations du regard social peuvent conduire à renouveler les recherches. Cela ne signifie pas que la mémoire fournisse une vérité définitive ou qu’elle échappe à l’analyse critique.

25. Quel élément définit spécifiquement un génocide ?

L’exercice de violences politiques visant des adversaires dans un contexte de guerre.
La destruction de monuments et de langues constituant le patrimoine d’un peuple.
La commission d’un crime de masse contre des populations civiles sans critère de groupe.
L’intention organisée de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

L’intention organisée de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux.

Explication

Le génocide se caractérise par l’intention organisée de détruire un groupe protégé en raison de son appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse. Un crime de masse contre des civils peut relever du crime contre l’humanité sans comporter cette intention spécifique.

26. Pourquoi les souffrances des Juifs et des Tsiganes sont-elles souvent assimilées à celles des autres survivants en 1945 ?

Parce que la notion juridique de génocide n’est pas encore appliquée à leurs souffrances
Parce que leurs témoignages sont immédiatement réunis dans des procès spécifiques
Parce que les tribunaux ont déjà reconnu leur persécution comme un crime imprescriptible
Parce que les autorités distinguent clairement leurs expériences de celles des autres victimes

Parce que la notion juridique de génocide n’est pas encore appliquée à leurs souffrances

Explication

En 1945, le terme de génocide n’est pas encore appliqué aux souffrances des Juifs et des Tsiganes, ce qui les fait souvent considérer comme des survivants de guerre parmi d’autres. La reconnaissance juridique du génocide intervient en 1948, et non dès les premiers témoignages.

27. Quels génocides désignent respectivement les termes « Shoah » et « Porajmos » dans l’usage français ?

La Shoah désigne les déportations politiques, tandis que le Porajmos désigne les persécutions religieuses
La Shoah désigne le génocide des Tsiganes, tandis que le Porajmos désigne celui des Juifs
La Shoah désigne les massacres militaires, tandis que le Porajmos désigne les déplacements forcés
La Shoah désigne le génocide des Juifs, tandis que le Porajmos désigne celui des Tsiganes

La Shoah désigne le génocide des Juifs, tandis que le Porajmos désigne celui des Tsiganes

Explication

En France, la Shoah désigne le génocide des Juifs d’Europe et le Porajmos celui des Tsiganes. L’inversion de ces deux termes constitue la confusion principale à éviter.

28. Comment l’historien doit-il utiliser le témoignage d’un témoin ?

Comme une opinion personnelle, sans valeur historique dès lors qu’elle comporte une dimension affective.
Comme un récit secondaire, car les documents écrits sont toujours plus fiables que les paroles recueillies.
Comme une preuve complète, car la présence du témoin garantit une restitution exacte de l’événement.
Comme une source utile, mais à confronter avec d’autres documents en raison des oublis et imprécisions possibles.

Comme une source utile, mais à confronter avec d’autres documents en raison des oublis et imprécisions possibles.

Explication

Le témoignage constitue une source historique, mais la mémoire du témoin peut comporter des oublis et des imprécisions, ce qui justifie la confrontation avec d’autres documents. Il n’est donc ni une preuve isolée suffisante ni un récit dépourvu de valeur.

29. Que sont les lois mémorielles ?

Des lois qui organisent les étapes successives par lesquelles une société oublie puis redécouvre un événement historique.
Des lois qui transforment toute obligation morale de se souvenir en méthode scientifique de recherche historique.
Des lois par lesquelles l’État établit un point de vue officiel sur certains événements historiques, notamment en réponse à des demandes de reconnaissance.
Des lois qui imposent aux historiens de confronter les témoignages avant de publier une interprétation du passé.

Des lois par lesquelles l’État établit un point de vue officiel sur certains événements historiques, notamment en réponse à des demandes de reconnaissance.

Explication

Les lois mémorielles fixent un point de vue officiel de l’État sur certains événements et peuvent répondre à des demandes de reconnaissance. Elles ne décrivent ni les cycles de la mémoire ni la méthode de confrontation des sources.

30. Quel enchaînement présente correctement la création et l’entrée en fonction de la Cour pénale internationale ?

Créée en 2002, elle entre en fonction en 2005 selon le statut de La Haye
Créée en 1998, elle entre en fonction en 2002 selon le statut de Rome
Créée en 1945, elle entre en fonction en 1946 selon la Charte de l’ONU
Créée en 1991, elle entre en fonction en 1995 selon le traité de Maastricht

Créée en 1998, elle entre en fonction en 2002 selon le statut de Rome

Explication

La CPI est instituée en 1998, commence son activité en 2002 et est régie par le statut de Rome. Les autres enchaînements mélangent ses dates, son fondement juridique et ceux d’autres institutions.

31. Que reconnaît Jacques Chirac dans son discours du 16 juillet 1995 ?

La responsabilité de l’État et de policiers français dans la rafle du Vel d’Hiv et la déportation des Juifs de France
La responsabilité des seuls groupes collaborationnistes privés dans les arrestations de Juifs
La responsabilité des autorités allemandes dans une rafle organisée sans participation française
La responsabilité des résistants français dans la décision de déporter les Juifs

La responsabilité de l’État et de policiers français dans la rafle du Vel d’Hiv et la déportation des Juifs de France

Explication

Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’État français et de policiers français dans la rafle du Vel d’Hiv et la déportation des Juifs de France. Cette déclaration rompt avec le récit résistancialiste, qui minimisait cette responsabilité.

32. Quelle comparaison rend compte de la proportion des populations juive et tsigane disparues pendant le génocide ?

Environ 54 à 64 % de la population juive européenne ont disparu, contre 25 % de la population tsigane
Environ 40 % de la population juive européenne ont disparu, contre 50 % de la population tsigane
Environ 75 % de la population juive européenne ont disparu, contre 10 % de la population tsigane
Environ 25 % de la population juive européenne ont disparu, contre 54 à 64 % de la population tsigane

Environ 54 à 64 % de la population juive européenne ont disparu, contre 25 % de la population tsigane

Explication

Le génocide a fait disparaître entre 54 et 64 % de la population juive européenne, contre 25 % de la population tsigane. Les autres pourcentages ne correspondent pas aux proportions établies pour ces deux populations.

33. Quel changement mémoriel s’affirme au musée d’Auschwitz après 1991 ?

Après la chute du communisme, le musée se concentre principalement sur les institutions judiciaires internationales
Après la chute du communisme, le musée abandonne la mémoire juive au profit des seules victimes polonaises
Après la chute du communisme, le musée cesse de présenter Auschwitz comme un lieu de persécution et de meurtre
Après la chute du communisme, le musée met davantage en avant le destin spécifique des Juifs assassinés à Auschwitz-Birkenau

Après la chute du communisme, le musée met davantage en avant le destin spécifique des Juifs assassinés à Auschwitz-Birkenau

Explication

Après 1991, la chute du communisme favorise une mise en avant accrue du destin spécifique des Juifs européens assassinés à Auschwitz-Birkenau. Cette évolution ne supprime pas la dimension polonaise du lieu, mais rééquilibre la présentation mémorielle.

34. Quel juriste est à l’origine du mot « génocide » et défendait la protection juridique des groupes ethniques ou religieux ?

Raphaël Lemkin
Henri Rousso
Robert Faurisson
Hersch Lauterpacht

Raphaël Lemkin

Explication

Raphaël Lemkin a forgé le terme « génocide » et souhaitait que le droit international protège les groupes ethniques ou religieux. Hersch Lauterpacht est associé à une approche centrée davantage sur la protection de l’individu.

35. Que désigne le « travail de mémoire » chez Paul Ricoeur ?

Un effort de réflexion historique sur les faits et les usages du passé, plutôt qu’une injonction morale automatique à se souvenir.
Une obligation morale de commémorer chaque événement afin de transmettre une interprétation commune aux générations futures.
Une démarche judiciaire visant à établir les responsabilités individuelles grâce aux récits des témoins.
Une sélection des souvenirs collectifs destinée à remplacer l’étude critique des faits par la reconnaissance des victimes.

Un effort de réflexion historique sur les faits et les usages du passé, plutôt qu’une injonction morale automatique à se souvenir.

Explication

Paul Ricoeur définit le travail de mémoire comme une réflexion sur les faits et les usages du passé, ce qui suppose une démarche critique. Il le distingue d’une injonction morale automatique et des fonctions judiciaires.

36. Quelle période correspond au procès des principaux responsables nazis devant le Tribunal pénal international de Nuremberg ?

De 1955 à 1956
De 1945 à 1946
De 1933 à 1939
De 1948 à 1950

De 1945 à 1946

Explication

Le Tribunal pénal international de Nuremberg juge les principaux responsables nazis de 1945 à 1946. Les responsables subalternes relèvent ensuite d’autres procédures judiciaires, ce qui distingue leur situation de celle des hauts dirigeants.

37. Quel effet le procès Eichmann produit-il sur la place des victimes dans la justice et la mémoire ?

La concordance des récits encourage les victimes à parler et renforce le statut du témoin
La confrontation des récits réduit la valeur juridique des témoignages individuels
La comparution des victimes transforme leur récit en décision judiciaire définitive
La procédure privilégie les documents administratifs et écarte la parole des survivants

La concordance des récits encourage les victimes à parler et renforce le statut du témoin

Explication

Le procès Eichmann accorde une nouvelle importance aux témoignages : leur concordance libère la parole des victimes et transforme le statut du témoin. Il ne réduit donc pas la valeur des récits individuels et ne remplace pas le jugement par les témoignages.

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Qu'est-ce qui distingue la mémoire de l'histoire ?

La mémoire est affective et subjective, l'histoire est critique et méthodique.

Comment l'histoire produit-elle une connaissance critique du passé ?

En confrontant des sources diverses et en replaçant les faits dans leur contexte.

Qu'est-ce que la mémoire dans le contexte d'un événement ?

Un ressenti personnel ou collectif vécu affectivement.

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