Fiche de révision : Institutions et droit romains

Plan du Cours

  1. Naissance et crise de la République romaine
  2. Organes de la République romaine
  3. Principat et dominat impériaux
  4. Sources du droit républicain
  5. Sources du droit sous l’Empire
  6. Compilation juridique de Justinien
  7. Lois personnelles et royaumes francs
  8. Unité carolingienne et morcellement juridique
  9. Formation et rédaction des coutumes
  10. Coutumes et relations familiales
  11. Le coutumier de Clermont-en-Beauvaisis
  12. Coutumes médiévales et droit privé
  13. Renaissance des droits savants
  14. Influence des droits savants
  15. Législation royale et coutumes
  16. Réformation et droit commun coutumier
  17. Jurisprudence sous l’Ancien Régime
  18. Fondements philosophiques du légicentrisme

Repères chronologiques

  1. 509 av. J.-C.La chute de la royauté et l’exil de Tarquin marquent le début de la République romaine.
  2. 450 av. J.-C.Les comices approuvent la loi des XII Tables, première loi votée par le peuple romain, rédigée après que les décemvirs ont été chargés de mettre le droit par écrit en 454 av. J.-C.
  3. 27 av. J.-C.Octave s’empare du pouvoir, reçoit le titre d’Auguste et fonde l’Empire.
  4. 130L’empereur Hadrien donne une rédaction définitive à l’édit du préteur, appelé dès lors édit perpétuel, et met fin à son rôle créateur de droit.
  5. 292Apparaissent les codes Hermogénien et Grégorien, compilations privées de constitutions impériales qui ne font pas foi devant les tribunaux.
  6. 313Constantin reconnaît la religion chrétienne par l’édit de Milan, qui fait du christianisme un contrepoids au pouvoir absolu de l’empereur.
  7. 395À la mort de Théodose, le partage de l’Empire romain entre ses parties orientale et occidentale devient définitif.
  8. 426Théodose II promulgue la loi des citations, qui reconnaît l’autorité de Gaius, Papinien, Paul, Ulpien et Modestin et permet de faire valoir l’opinion concordante des cinq devant le juge.
  9. 438Théodose II promulgue le Code Théodosien, premier code officiel romain, qui rassemble les constitutions impériales depuis Constantin en 16 livres et reste applicable en Occident jusqu’à la chute de l’Empire.
  10. 843Le traité de Verdun partage l’Empire carolingien entre la Francie occidentale, la Francie orientale et le territoire central de Lothaire.

1. Naissance et crise de la République romaine

Notions clés & Définitions

  • Tribuns de la plèbe : Magistrats obtenus par les plébéiens en 494 av. J.-C. pour les protéger contre les excès de pouvoir des magistrats patriciens.

★ À maîtriser

  • À l’origine, les familles patriciennes gouvernent la République par le Sénat et écartent les plébéiens du pouvoir.

  • La crise républicaine s’explique par : l’inadaptation des institutions à un vaste empire, les élections annuelles incessantes, la disparition progressive de la classe moyenne, qui intensifie les luttes sociales

Compléments

  • Au Ier siècle av. J.-C., des dictatures inconstitutionnelles durent plus de six mois et sont instaurées alors que Rome n’est pas menacée militairement.

Astuce mémo

Consuls patriciens au pouvoir, tribuns plébéiens protecteurs

2. Organes de la République romaine

★ À maîtriser

  • La République romaine repose sur trois organes constitutionnels :

    • le Sénat
    • les assemblées populaires
    • les magistrats
  • Le Sénat exerce son auctoritas en : approuvant les projets de loi avant leur présentation aux assemblées, se prononçant sur les listes de magistrats à élire, traitant les questions de politique étrangère

📌 Les comices réunissent patriciens et plébéiens, mais leur vote est inégalitaire car les citoyens les plus riches y disposent de la majorité des voix ; les assemblées de la plèbe ne réunissent que les plébéiens et sont plus égalitaires.

  • Les comices votent les lois et élisent les magistrats, tandis que les assemblées de la plèbe élisent les tribuns et votent les plébiscites.

  • Les magistrats supérieurs comprennent : les consuls, chargés des affaires politiques et militaires, les préteurs, chargés de rendre la justice, les censeurs, élus tous les cinq ans pour 18 mois, qui désignent les sénateurs et recensent les citoyens

Compléments

  • À la fin du IVe siècle av. J.-C., le Sénat s’ouvre à l’élite plébéienne, après avoir été réservé aux chefs des familles patriciennes.

  • Les magistrats inférieurs, édiles et questeurs, disposent de la potestas mais pas de l’imperium ; les édiles s’occupent des affaires municipales, des marchés et du ravitaillement, tandis que les questeurs gèrent les affaires financières de Rome.

3. Principat et dominat impériaux

Notions clés & Définitions

  • Principat : Régime dans lequel l’empereur se présente comme le premier du peuple, du Sénat et des magistrats.
  • Dominat : Régime du Bas-Empire dans lequel l’empereur est le Dominus, c’est-à-dire le maître absolu, et exerce un pouvoir de nature sacrée.

★ À maîtriser

📌 Le principat maintient en apparence les institutions républicaines, mais devient progressivement monarchique lorsque les assemblées cessent de se réunir et que les empereurs influencent les élections ou désignent les magistrats.

  • Le princeps dispose : de l’auctoritas, de la puissance tribunitienne permanente, de l’imperium proconsulaire dans toutes les provinces pendant toute la durée de son règne

  • En 212, Caracalla, empereur de la dynastie des Sévères, accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire.

  • Le principat connaît : une crise militaire liée aux tentatives germaniques d’entrée dans l’Empire, une crise politique marquée par la succession rapide d’empereurs, une crise économique caractérisée par la raréfaction des échanges et l’appauvrissement de la classe moyenne

  • Sous le dominat, l’empereur : est la seule autorité créatrice du droit, se trouve au sommet de la hiérarchie judiciaire et reçoit les appels des décisions des gouverneurs, est le chef de la religion romaine et porte le titre de Pontife Maximus

Compléments

  • Les quatre dynasties du principat sont :

    • les Julio-Claudiens
    • les Flaviens
    • les Antonins
    • les Sévères
  • Pour administrer et défendre l’Empire, Dioclétien nomme un second empereur, puis chacun des deux empereurs se dote d’un adjoint, formant ainsi la tétrarchie à quatre dirigeants.

Astuce mémo

Princeps, premier parmi les institutions ; Dominus, maître absolu

4. Sources du droit républicain

Notions clés & Définitions

  • Droit civil : Droit propre à la cité romaine et à ses citoyens, fondé principalement sur la loi et, dans une moindre mesure, sur la coutume.
  • Mos majorum : Usages des ancêtres qui formaient le droit oral et coutumier romain.
  • Coutume : Cicéron définit la coutume comme le droit rendu obligatoire par un long espace de temps, par la volonté de tous et sans intervention de la loi.

★ À maîtriser

  • La loi des XII Tables met par écrit les coutumes les plus importantes, notamment en droit pénal, agricole et successoral, sans constituer un code complet du droit civil.

📌 Lorsqu’un citoyen invoque une action prévue par la loi des XII Tables et en remplit les conditions, le magistrat doit organiser un procès, ce qui met fin à l’arbitraire judiciaire.

  • 🔄 L’élaboration des lois ordinaires suit quatre étapes :

    1. les magistrats supérieurs préparent le projet
    2. le Sénat l’approuve par sénatus-consulte
    3. les comices le votent
    4. les magistrats l’exécutent et le publient sur le forum
  • Dans les comices, les citoyens sont répartis selon leur richesse entre 192 centuries, chacune disposant d’une voix, et les 98 centuries de la première classe, les plus riches, détiennent à elles seules la majorité des voix.

Compléments

📌 Les Romains distinguent le fas, ce que les dieux permettent, du nefas, ce que les dieux interdisent, puis séparent le fas du jus, c’est-à-dire le droit.

  • Durant les cinq siècles de la République, les assemblées populaires votent 800 lois, dont seulement 24 portent sur le droit privé.

Astuce mémo

Coutume orale → XII Tables écrites → actions prétoriennes

5. Sources du droit sous l’Empire

★ À maîtriser

  • Au début du Haut-Empire, les sources républicaines subsistent, mais les assemblées populaires cessent d’être réunies à partir de 98 apr. J.-C., mettant fin au vote des lois populaires.

  • Les cinq jurisconsultes classiques sont :

    • Gaius
    • Papinien
    • Paul
    • Ulpien
    • Modestin
  • Gaius distingue : le droit public, le droit privé, composé du droit des personnes, du droit des choses, du droit des actions

  • Ulpien distingue : le droit naturel, commun à tous les êtres vivants, le droit des gens, qui régit les relations entre États, le droit civil, propre à chaque cité

  • Les constitutions impériales comprennent : les édits, prescriptions générales applicables dans tout l’Empire, les décrets, jugements rendus par l’empereur dans son conseil, les mandats, instructions administratives adressées aux fonctionnaires, les rescrits, réponses à des questions juridiques ou administratives

  • La compilation de Justinien comprend :

    • le Code
    • le Digeste
    • les Institutes
    • les Novelles
  • Le Code de Justinien, promulgué en 529 puis en 534, rassemble les constitutions impériales postérieures au Code Théodosien en 12 livres organisés en titres et classés chronologiquement.

  • Promulgué en 533, le Digeste rassemble des extraits des œuvres de 38 jurisconsultes, notamment Gaius, Papinien et Ulpien, en 50 livres dont le plan reprend celui de l’édit du préteur.

Compléments

  • Dans les provinces conquises, la coutume conserve une place importante sous le Haut-Empire, tandis qu’elle ne joue plus qu’un rôle modeste dans le droit civil romain.

  • Les jurisconsultes classiques rédigent : des Responsa, recueils de consultations juridiques, des Disputationes, recueils de questions juridiques controversées, des Institutes, manuels d’enseignement, des Digestes, ouvrages de synthèse entre droit civil et droit prétorien

  • Le cours relie au droit naturel : l’obligation de tenir la parole donnée, à l’origine du droit des contrats, l’obligation de réparer le dommage causé à autrui, à l’origine du droit de la responsabilité, l’union de l’homme et de la femme en vue de la procréation, à l’origine du mariage

  • Gaius affirme au milieu du IIe siècle que la constitution impériale a valeur de loi, et Ulpien déclare au début du IIIe siècle que ce qui plaît au prince a force de loi.

Astuce mémo

Pluralité des sources au Haut-Empire → loi impériale unique au Bas-Empire

6. Compilation juridique de Justinien

★ À maîtriser

  • La compilation comprend quatre éléments :

    • le Code
    • le Digeste
    • les Institutes
    • les Novelles
  • Le Code de Justinien, promulgué en 529 puis en 534, rassemble les constitutions impériales publiées depuis le Code Théodosien et est organisé en douze livres.

  • Le Digeste, promulgué en 533, rassemble des extraits des œuvres de 38 jurisconsultes, notamment Gailius, Papinien et Ulpien, et comprend 50 livres.

  • Publiées dans l’Empire d’Orient, les compilations de Justinien servent de base au droit byzantin et ne sont redécouvertes en Europe occidentale qu’à la fin du XIe siècle, où elles contribuent à une renaissance juridique.

Compléments

  • Le plan distingue :

    • les personnes
    • les choses
    • les actions
  • Les Novelles regroupent les constitutions promulguées après le Code de 534, pendant les 30 dernières années du règne de Justinien.

7. Lois personnelles et royaumes francs

Notions clés & Définitions

  • Ancien droit : Ensemble des règles juridiques applicables sur le territoire français depuis la fin de l’Antiquité jusqu’à la Révolution française.

★ À maîtriser

📌 Sous le système de la personnalité des lois, chaque population applique sa loi d’origine : les Gallo-Romains le droit romain et les Germains leur droit germanique.

📌 En cas de conflit entre les lois personnelles, le juge applique généralement la loi du défendeur, sauf notamment pour les litiges de propriété, soumis à la loi personnelle du propriétaire, et les litiges contractuels, soumis au droit romain.

  • Le Bréviaire d’Alaric, publié en 506 par Alaric II, simplifie le droit romain en reprenant notamment le Code Théodosien et la doctrine classique, accompagnés de commentaires.

  • Les principales lois germaniques écrites sont : le Code d’Éric des Wisigoths, promulgué en 476, la loi Gombette des Burgondes, promulguée vers 502, la loi Salique des Francs, promulguée entre 507 et 511

📌 La loi Salique organise principalement des compositions pécuniaires : le coupable indemnise sa victime et le paiement interdit à celle-ci de se venger.

Compléments

  • Le Moyen Âge comprend :
    • le Haut Moyen Âge
    • le Moyen Âge central
    • le Bas Moyen Âge

Astuce mémo

Gallo-romains : droit romain ; Germains : loi d’origine

8. Unité carolingienne et morcellement juridique

Notions clés & Définitions

  • Capitulaires : Règles obligatoires énoncées par l’empereur et divisées en chapitres afin d’unifier la législation.
  • Ministerium regis : Devoir du souverain de protéger son peuple et de le guider vers le salut.

★ À maîtriser

  • Charlemagne est couronné empereur par le pape Léon III pendant la nuit de Noël de l’an 800 et entend restaurer l’Empire romain d’Occident.

📌 Certains capitulaires complètent une loi personnelle et ne concernent qu’un peuple, tandis que les capitulaires autonomes s’appliquent à toute la population de l’Empire.

  • La division politique de l’Empire entraîne l’autonomie progressive des principautés et des seigneuries, puis le morcellement juridique et la formation de coutumes locales au début du XIe siècle.

Compléments

  • L’admonitio generalis de Charlemagne, édictée en 789, demande aux prêtres de former les enfants et prévoit des écoles où l’on apprend à lire, écrire et chanter.

Astuce mémo

Division de l’Empire → morcellement du droit

9. Formation et rédaction des coutumes

Notions clés & Définitions

  • Seigneurie : Collectivité politique médiévale comprenant un territoire organisé autour d’un château, une population et un gouvernement exercé par un seigneur.

★ À maîtriser

  • Les franchises sont des libertés inscrites dans une charte qui fixe notamment les impôts et limite les corvées et les incapacités imposées aux habitants.

  • Les coutumes privées naissent d’accords conclus entre familles nobles, puis leurs solutions se diffusent dans la société et deviennent obligatoires à force d’être répétées.

  • La coutume médiévale est un droit territorial, oral, formé par la répétition dans la durée et fondé sur le consentement de la population.

📌 Dans le Midi, les coutumes rédigées officiellement font foi en justice sans devoir être prouvées, tandis que les coutumiers du Nord sont des recueils privés qui ne dispensent pas de prouver la coutume au procès.

Compléments

📌 La société médiévale distingue les ordres définis par leur fonction — oratores, bellatores et laboratores — et les corps définis par une activité ou une implantation, comme les corporations, les universités et les villes.

  • La coutume d’Arles est rédigée en 1162, celle de Montpellier en 1204 et le Coutumier de Clermont-en-Beauvaisis date de 1283.

Astuce mémo

Midi : rédaction officielle ; Nord : coutumiers officieux

10. Coutumes et relations familiales

Points essentiels

📌 Le droit romain classique sépare les biens des époux, tandis que le droit coutumier permet la communauté des biens acquis depuis le mariage.

📌 En droit coutumier, la veuve peut disposer d’un douaire correspondant à un usufruit sur le quart de la succession de son mari défunt.

Astuce mémo

Séparation romaine des biens ≠ communauté coutumière

11. Le coutumier de Clermont-en-Beauvaisis

Points essentiels

  • En 1283, le Coutumier de Clermont-en-Beauvaisis retranscrit la coutume locale, la commente, rassemble la jurisprudence seigneuriale et compare le droit coutumier au droit romain.

12. Coutumes médiévales et droit privé

Notions clés & Définitions

  • Propriétés simultanées : Système coutumier médiéval dans lequel plusieurs personnes détenaient des droits différents sur une même terre, comme le seigneur et celui qui l’exploitait.

★ À maîtriser

  • À Rome, les époux n’avaient aucun bien en commun, tandis que les coutumes faisaient appartenir aux deux époux les biens acquis depuis le mariage.

  • La réserve héréditaire coutumière garantissait aux héritiers une part importante des immeubles familiaux et empêchait le chef de famille de déshériter ou de désavantager librement un enfant.

  • En droit romain et en droit français moderne, une terre ne pouvait avoir qu’un seul propriétaire, tandis que le droit coutumier médiéval admettait plusieurs propriétaires sur un même bien immobilier.

Compléments

  • Le droit de propriété réunit trois attributs :
    • L’usus permet d’utiliser le bien.
    • Le fructus permet d’en percevoir les fruits.
    • L’abusus permet d’en disposer.

Astuce mémo

À Rome, propriété exclusive et séparation des biens ; dans les coutumes, solidarités et propriétés simultanées.

13. Renaissance des droits savants

★ À maîtriser

📌 Les glossateurs expliquaient la compilation de Justinien par des gloses attachées aux mots du texte, tandis que les commentateurs interprétaient plus librement le texte, en recherchaient l’esprit et regroupaient les règles par thèmes.

📌 À partir de la fin du XIIIe siècle, le Midi de la France était principalement régi par le droit romain et formait des pays de droit écrit, tandis que le Nord relevait principalement du droit coutumier et formait des pays de coutumes.

Compléments

  • La Grande Glose d’Accurse, publiée entre 1227 et 1230, synthétisait les gloses et éliminait leurs contradictions.

  • Irnerius enseigna le droit romain à Bologne dans le premier quart du XIIe siècle et est présenté comme à l’origine de la première université de droit en Europe depuis la chute de l’Empire romain.

  • Les quatre docteurs de Bologne étaient :

    • Martimus
    • Bulgarius
    • Jacobus
    • Hugo
  • Les juristes d’Orléans Jacques de Révigny et Pierre de Belleperche développèrent la méthode du commentaire dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

  • Bartole (1314-1357), disciple de Cynus, poussa la méthode du commentaire à son apogée et traita largement la compilation de Justinien comme un réservoir de concepts juridiques.

Astuce mémo

La glose suit la lettre ; le commentaire recherche l’esprit et adapte les textes.

14. Influence des droits savants

★ À maîtriser

  • Le droit canonique comprenait des règles tirées de la Bible, des écrits des Pères de l’Église, des décrétales pontificales et des canons conciliaires.

  • Réalisé entre 1130 et 1150 par le moine Gratien, le Décret de Gratien rassemble des règles canoniques, notamment des canons conciliaires et des décrétales pontificales, et cherche à résoudre leurs contradictions.

  • En 1234, les Décrétales de Grégoire IX, réalisées par saint Raimond de Penafort, regroupent les décrétales publiées depuis le Décret de Gratien en cinq livres consacrés à l’organisation judiciaire de l’Église, à la procédure, à la discipline du clergé, au mariage et au droit pénal.

  • Pour former un mariage, le droit romain classique exigeait le consentement des époux et l’autorisation du père de famille, le droit germanique privilégiait l’union charnelle, tandis que le droit canonique ne requérait que le consentement des époux.

  • Selon le droit canonique, le mariage formé est indissoluble et le lien ne cesse qu’à la mort de l’un des époux, contrairement aux droits romain et germanique qui admettaient le divorce ou la répudiation.

  • Les droits savants médiévaux font dépendre l’analyse de la faute pénale de l’intention du coupable, contrairement aux sociétés anciennes décrites dans le cours, qui ne jugeaient que l’acte matériel.

  • Les romanistes concevaient principalement la peine comme dissuasive, tandis que les canonistes la concevaient comme une pénitence médicinale destinée au repentir et à la guérison du coupable.

Compléments

  • À la fin du XIIIe siècle paraît le Sexte, recueil complémentaire aux cinq livres des Décrétales de Grégoire IX ; en 1317, le pape Clément V publie un nouveau recueil de décrétales.

  • Les quatre contrats consensuels redécouverts étaient :

    • La vente
    • La location
    • Le mandat
    • Le contrat de société

Astuce mémo

Romanistes : peine dissuasive ; canonistes : peine médicinale.

15. Législation royale et coutumes

★ À maîtriser

  • En 1155, Louis VII promulgua une ordonnance établissant une paix de dix ans dans le royaume, avec l’accord unanime des barons.

📌 Selon Beaumanoir, en temps de paix le roi ne pouvait pas légiférer seul en droit privé ; en temps de guerre, il pouvait légiférer après délibération avec son conseil, dans l’intérêt général et conformément à la raison.

📌 Le roi, gardien des coutumes, devait veiller à leur application et ne pouvait les supprimer que si elles étaient irrationnelles, auquel cas elles étaient qualifiées de mauvaises coutumes.

  • Promulguée en 1539 par François Ier, l’ordonnance de Villers-Cotterêts imposa le français dans les jugements et les actes juridiques et prescrivit aux curés de tenir des registres de baptêmes et de décès.

  • 🔄 La rédaction officielle des coutumes suivait trois étapes :

    1. Une commission de juristes locaux et royaux préparait un projet.
    2. Les États provinciaux examinaient le projet.
    3. Les articles acceptés étaient promulgués et les articles refusés étaient tranchés par le parlement local.

Compléments

  • Au XIIIe siècle, l’approbation de la majorité des barons suffisait à rendre une ordonnance royale applicable dans tout le royaume, y compris sur le territoire des barons qui l’avaient désapprouvée.

  • Promulguée en 1579 par Henri III, l’ordonnance de Blois rendit applicables les règles du concile de Trente exigeant que le consentement des époux soit reçu publiquement par le curé afin de prouver le mariage.

  • Les ordonnances civile de 1667 et criminelle de 1670 réglementaient les procédures sans modifier le fond du droit privé coutumier et influencèrent respectivement les codifications napoléoniennes de la procédure civile de 1806 et de l’instruction criminelle de 1808.

  • Les ordonnances du commerce de 1673 et de la Marine de 1681 traitaient du fond du droit et s’inspiraient d’usages internationaux plutôt que des coutumes françaises ; elles inspirèrent ensuite le code de commerce de 1807.

  • Sous Louis XV, le chancelier d’Aguesseau fit promulguer l’ordonnance sur les donations de 1731 et celle sur les testaments de 1735, qui unifièrent le droit des donations et simplifièrent celui des testaments.

  • En 1454, l’ordonnance de Montils-lès-Tours prescrivit la rédaction officielle des coutumes, mais resta d’abord sans effets notables. - Charles VII

  • En 1498, l’ordonnance d’Amboise relança la rédaction officielle des coutumes, dont la plupart furent rédigées dans le Nord de la France au début du XVIe siècle.

Astuce mémo

Rédaction officielle, réformation, puis tentatives d’unification.

16. Réformation et droit commun coutumier

Notions clés & Définitions

  • Droit commun coutumier : Droit subsidiaire fondé sur les principes communs aux coutumes et applicable lorsque la coutume locale est silencieuse.

★ À maîtriser

  • La réformation des coutumes, menée à la fin du XVIe siècle, vise à supprimer les règles archaïques et à réduire les différences les plus marquées entre coutumes voisines.

Compléments

  • Après la réformation, le nombre de coutumes du Nord de la France passe de plusieurs centaines à une soixantaine.

  • La nouvelle coutume de Paris, promulguée en 1580, est considérée comme une sorte de petit Code civil.

  • L’édit de Saint-Germain-en-Laye de 1679, pris par Louis XIV, décide l’enseignement du droit français à l’Université.

  • Au XVIIIe siècle, Joseph Potier enseigne le droit français à l’Université d’Orléans et ses travaux inspirent directement le Code civil.

Astuce mémo

Comparer les coutumes → supprimer les règles archaïques et harmoniser les coutumes voisines.

17. Jurisprudence sous l’Ancien Régime

★ À maîtriser

  • Sous l’Ancien Régime, les juges royaux peuvent interpréter les coutumes et les ordonnances royales imprécises, ainsi qu’écarter les coutumes jugées irrationnelles.

📌 Une ordonnance royale ne devient applicable dans le ressort d’un Parlement qu’après son enregistrement par celui-ci.

📌 L’« arbitraire » des juges d’Ancien Régime désigne notamment leur liberté de tenir compte des circonstances atténuantes pour choisir la peine, plutôt qu’un pouvoir sans aucune règle.

Compléments

  • À la fin de l’Ancien Régime, la France compte 13 Parlements, chacun ayant sa propre jurisprudence.

  • Les recueils d’arrêts sont des œuvres privées, incomplètes et constituées de simples résumés, et la France ne connaît pas de système du précédent comparable au droit anglo-saxon.

Astuce mémo

Arbitraire ne signifie pas peine sans motif : il désigne surtout la liberté d’adapter la peine aux circonstances.

18. Fondements philosophiques du légicentrisme

Notions clés & Définitions

  • Légicentrisme : Doctrine qui fait de la loi la source essentielle, voire exclusive, du droit et subordonne les autres sources à celle-ci.

Points essentiels

📌 La philosophie du droit naturel classique tient la société pour naturelle, tandis que la philosophie moderne la conçoit comme une création issue d’un pacte social entre individus.

  • Guillaume d’Occam, franciscain du XIVe siècle et fondateur du nominalisme, considère que seuls existent des individus isolés et uniques, les notions générales étant des concepts humains.

📌 Pour la philosophie du droit naturel classique, la loi positive doit traduire la loi naturelle, tandis que Guillaume d’Occam conçoit la loi comme un ordre du souverain capable de créer le droit.

📌 Selon Hobbes, les individus cèdent tous leurs droits à un souverain unique chargé d’assurer leur sécurité, tandis que Locke veut que le gouvernement respecte les droits naturels des citoyens. - Thomas Hobbes, LÉVIATHAN, 1651

  • Pour Locke, les droits naturels comprennent notamment le droit à la vie, à la liberté et à la propriété, et les citoyens peuvent résister à un gouvernement qui porte atteinte à leurs libertés. - John Locke, les deux traités du gouvernement civil, 1690

📌 Rousseau justifie la démocratie en fondant le contrat social sur la remise des droits naturels à l’État en échange de droits politiques égaux pour tous. - du contrat social, 1762

📌 Rousseau défend une démocratie directe, tandis que Sieyès considère que la souveraineté nationale s’exerce par l’intermédiaire des députés représentants de la nation. - Qu’est-ce que le tiers-État ?

  • La Déclaration énonce quatre droits naturels :

    • la liberté
    • la propriété
    • la sûreté
    • la résistance à l’oppression
  • La sûreté, développée aux articles 7, 8 et 9 de la DDHC, comprend notamment la présomption d’innocence et la légalité des délits et des peines.

📌 Selon l’article 6 de la DDHC, la loi est l’expression de la volonté générale.

📌 À partir de la Révolution, le juge ne peut ni interpréter ni compléter une loi obscure ou lacunaire et doit demander au législateur d’en préciser le sens par le référé législatif.

  • La commission réunit quatre juristes :

    • Tronchet, spécialiste du droit coutumier
    • Bigot de Préameneu, spécialiste du droit coutumier
    • Maleville, spécialiste du droit romain
    • Portalis, spécialiste du droit romain
  • La rédaction du Code civil passe par la préparation de l’avant-projet par quatre juristes, sa consultation auprès des tribunaux, sa rédaction définitive au Conseil d’État, sa discussion au Tribunat et son vote au Corps législatif, puis sa promulgation le 21 mars 1804.

  • Le Code civil de 1804 comprend un titre préliminaire et trois livres consacrés respectivement aux personnes et à la famille, à la propriété, puis aux modes d’acquisition de la propriété, notamment les obligations et les successions.

📌 Le droit de la famille du Code civil conserve du droit révolutionnaire le mariage civil, le divorce et le partage successoral en principe égalitaire, mais reprend de l’ancien droit la formation du mariage par le seul consentement des époux et encadre plus strictement le divorce.

Astuce mémo

Occam fait de la société une création par pacte ; le droit naturel classique la tenait pour naturelle.

Tableaux de synthèse

Rédaction des coutumes selon les régions

RégionForme de rédactionEffet en justice
MidiOfficielle, promulguée par une autorité publiqueLa coutume fait foi sans devoir être prouvée
NordOfficieuse, recueillie dans des coutumiers privésLa coutume doit encore être prouvée au procès

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Institutions et droit romains avec 63 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel événement marque le début de la République romaine en 509 av. J.-C. ?

2. Au début de la République romaine, comment le pouvoir est-il organisé au profit des patriciens ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Institutions et droit romains avec 86 flashcards interactives.

En quelle année la chute de la royauté et l’exil de Tarquin marquent-ils le début de la République romaine ?

En 509 av. J.-C.

Qui gouverne initialement la République romaine par le Sénat ?

Les familles patriciennes.

Quel groupe est écarté du pouvoir au début de la République romaine ?

Les plébéiens.

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