Fiche de révision : Introduction à la critique historique

📋 Plan du Cours

  1. Naissance de l’histoire savante en Grèce
  2. Traces du souci du passé avant l’histoire
  3. Temps cyclique et temps linéaire
  4. Rupture monothéiste et vision linéaire du temps
  5. Renaissance et règles de la critique historique
  6. Typologie des sources et supports du passé
  7. Critique de la restitution et critique textuelle
  8. Critique externe et critique interne des sources
  9. Herméneutique et critique d’interprétation
  10. Demande sociale et rôle public de l’historien

📖 1. Naissance de l’histoire savante en Grèce

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hérodote : Hérodote : auteur grec associé à l’émergence d’une histoire fondée sur l’enquête et à l’apparition du terme « histor ».
  • Histor : Histor : mot grec lié à l’enquêteur, qui renvoie à une démarche de recherche plutôt qu’à la simple récitation.
  • Historie : Historie : terme grec désignant l’enquête, qui marque le passage vers une pratique de connaissance du passé.
  • Mythe : Mythe : récit culturel intemporel qui transmet un message symbolique et structure la vie collective sur plusieurs générations.
  • Légende : Légende : récit fondé sur un fait déformé, amplifié pour produire un sens surnaturel voulu par son auteur.

📝 Points essentiels

  • L’histoire savante apparaît en Grèce au Ve siècle av. J.-C., avec Hérodote comme figure centrale.
  • Le terme « histor » renvoie à l’enquêteur, et « historie » à l’enquête, ce qui signale une nouvelle manière d’aborder le passé.
  • Avant cette histoire savante, il existe un souci du passé, mais pas encore une discipline avec démarche critique au sens strict.
  • Les sociétés d’écriture biaisent notre accès au passé, sans prouver que les sociétés orales n’avaient aucune histoire.
  • Les annales (listes d’événements), les généalogies (légitimation par un passé lointain) et les codes juridiques (références rituelles au passé) montrent un passé mobilisé sans critique historique.
  • Les textes religieux présentent le passé comme porteur du message religieux plutôt que comme objet rationnel à vérifier par des critères historiques.

💡 Astuce mémo

Repère chronologique : « Ve siècle = enquête (historie) » ; avant = traces (annales, généalogies, lois, récits) sans critique.

📖 2. Traces du souci du passé avant l’histoire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Politique grecque : Ensemble des pratiques de gouvernance de la cité, où la démocratie sert aussi à construire une idée de destin commun.
  • Histoire : Démarche de connaissance du passé née avec l’enquête, visant à transmettre la mémoire des actions marquantes.
  • Klèos : Notion de gloire attachée aux héros, transmise par des récits poétiques.
  • Histoire explicative : Approche du passé qui cherche à comprendre les événements par leurs causes humaines plutôt que par des volontés divines.
  • Contrat de lecture : Principe selon lequel l’auteur signale au lecteur la part de fiction pour cadrer la réception du récit.

📝 Points essentiels

  • La démocratie n’est pas seulement un pouvoir exercé par les citoyens : elle porte aussi une idée de continuité et de transmission collective.
  • Le terme histoire est relié à l’enquêteur, et l’enquête devient possible parce que la fonction d’enquête existe dans la pratique, même si le mot est récent.
  • Hérodote est présenté comme un auteur qui met en place un premier acte de l’histoire en traitant des guerres médiques au pluriel (cahiers).
  • Les guerres médiques opposent des cités grecques à l’empire perse sur la période 490-479 av. J.-C., et Hérodote naît en 485 et meurt en 425.
  • Hérodote choisit un sujet proche de son époque, ce qui lui permet de trouver des témoins et de réduire l’absence d’archives.
  • Même avec une volonté d’objectivité, Hérodote conserve une marque subjective liée à sa sensibilité et à son point de vue grec sur l’issue des guerres.

💡 Astuce mémo

Klèos = gloire des héros, donc l’histoire naît pour ne pas laisser tomber dans l’oubli.

📖 3. Temps cyclique et temps linéaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Temps cyclique : Vision du temps où l’on repasse par des formes semblables, ce qui réduit l’angoisse liée à l’irréversibilité.
  • Temps linéaire : Vision du temps comme une trajectoire unique, orientée par un début et une fin, donc moins rassurante que le retour.
  • Providentialisme : Courant d’interprétation où l’histoire suit un plan divin, et où les événements prennent sens par l’intervention de Dieu.
  • Parousie : Retour attendu du Christ sur la terre, qui sert de repère dans une histoire pensée avec une fin des temps.
  • Sécularisation du temps linéaire : Transformation de la vision linéaire où le sens de l’histoire n’est plus garanti par Dieu mais par des moteurs profanes comme le progrès.

📝 Points essentiels

  • La vision linéaire est jugée moins rassurante car elle ne permet pas de postposer l’issue en comptant sur des retours identiques.
  • La vision linéaire valorise la différence : on ne repasse pas au même endroit du temps, mais elle introduit aussi début et fin.
  • Si début et fin existent, l’histoire suppose un sens et une direction attribués à un moteur du temps, présenté comme Dieu.
  • L’historiographie médiévale se développe vite avec une lecture providentialiste : suivre le sens évite la catastrophe et comprendre les désirs divins guide l’action.
  • Le christianisme combine une structure linéaire (Ancien/Nouveau Testament, césure par Jésus) avec une réintroduction du rassurant via l’attente de la Parousie.
  • Chaque époque interprète sa situation à partir de signes annonçant la fin des temps, ce qui consolide une histoire sur la longue durée et un plan divin.

💡 Astuce mémo

Cyclique = rassure par le retour ; Linéaire = inquiète par la flèche (début→fin) donc Dieu donne le sens, puis la flèche devient Progrès.

📖 4. Rupture monothéiste et vision linéaire du temps

🔑 Notions clés & Définitions

  • Photographie : Technique de capture du réel qui crée une rupture temporelle en produisant une trace datée et réutilisable.
  • Sources matérielles : Catégorie de traces du passé constituées d’objets, monuments, paysages ou supports physiques conservés.
  • Sources orales : Ensemble de témoignages transmis par la parole, dont la survie dépend souvent de l’enregistrement et de la mémoire collective.
  • Sources écrites : Traces produites par l’écriture, dont la rareté et la conservation dépendent du support et des conditions matérielles.
  • Archives : Lieux et ensembles organisés pour conserver, trier et rendre accessibles des documents produits par des individus ou des institutions.

📝 Points essentiels

  • La photographie introduit un avant/après en fixant un événement, mais au XIXe siècle le débat porte sur la mise en scène.
  • Les premières images photographiées sont accidentelles et liées à des contraintes techniques, puis la guerre devient un terrain de documentation.
  • La guerre de Crimée est présentée comme la première guerre photographiée, mais les images disponibles montrent surtout des soldats et des camps.
  • La guerre de Sécession (1861-1865) laisse des documents grâce à des photographes qui individualisent les soldats et laissent un espace au dos pour écrire aux familles.
  • La première bataille photographiée en action est associée à la bataille de Sedan (guerre franco-allemande de 1870), avec des unités vues de loin.
  • Les sources matérielles regroupent des objets et monuments, et leur conservation permet aussi des découvertes et des usages ultérieurs (ex : emprunts).

💡 Astuce mémo

Photographie = trace datée ; guerre = passage de la scène posée à l’action captée.

📖 5. Renaissance et règles de la critique historique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Critique de restitution : La critique de restitution vise à retrouver la version la plus proche de l’original à partir des copies disponibles.
  • Critique textuelle : La critique textuelle étudie les copies et leurs variations pour remonter au texte le plus fiable possible.
  • Recensio : La recensio désigne l’étape qui consiste à choisir entre plusieurs copies pour établir le texte.
  • Emendatio : L’emendatio correspond à la correction d’une faute repérée, mais seulement dans des conditions strictement délimitées.
  • Stemma codicum : Le stemma codicum est la généalogie des copies, utilisée pour repérer la filiation et la copie la plus fiable.

📝 Points essentiels

  • La critique de restitution (aussi appelée critique textuelle) s’appuie sur la philologie pour trier les copies et approcher la vérité du texte perdu.
  • La critique textuelle tient compte du copiste : les erreurs de recopie et les ajouts peuvent modifier le contenu.
  • La recensio est l’acte de choisir entre plusieurs copies, tandis que l’emendatio corrige une faute repérée dans des circonstances très circonscrites.
  • Le stemma codicum aide à juger la fiabilité : la meilleure copie n’est pas forcément la plus proche dans le temps, mais celle avec le moins d’intermédiaires.
  • La lectio (lecture) privilégie, en cas de divergence, la leçon la moins fréquente, car la tendance à simplifier éloigne de l’original.
  • Les corrections doivent être signalées au lecteur via une note ou un apparat critique, et la mention sic (entre parenthèses) signale une faute conservée telle quelle.

💡 Astuce mémo

Recensio = choisir, Emendatio = corriger (mais encadré), Stemma = arbre des copies, Lectio = la leçon la moins fréquente.

📖 6. Typologie des sources et supports du passé

🔑 Notions clés & Définitions

  • Documents écrits : Les documents écrits sont des traces matérielles où l’information est transmise par le langage, mais pas uniquement par l’écriture.
  • Faussaire : Un faussaire est une personne qui fabrique ou remanie des traces du passé pour les faire passer pour authentiques.
  • Homonymie : L’homonymie est la difficulté d’identifier un auteur quand plusieurs personnes portent le même nom ou des noms proches.
  • Terminologie de datation : La terminologie de datation regroupe les bornes chronologiques utilisées quand une date précise manque dans le document.
  • Critique interne : La critique interne est l’analyse du contenu d’un document pour juger ce que l’auteur dit réellement et la fiabilité de son message.

📝 Points essentiels

  • Tous les supports ne sont pas écrits : des faux peuvent devenir des indices historiques, car ils révèlent aussi la crédulité et les pratiques de leur époque.
  • Le cas Vrain-Lucas (années 1860) illustre une falsification d’autographes : la supercherie est découverte après publication de documents faux dans des comptes rendus, menant à une condamnation.
  • L’identification de l’auteur peut échouer à cause de l’homonymie et des changements de nom fréquents, notamment via pseudonymes, anagrammes ou signatures trompeuses.
  • La datation pose des problèmes de calendriers : dans l’Antiquité, la date peut dépendre du règne du souverain, et le calendrier chrétien s’organise à partir d’un repère (comput) qui ne se généralise qu’assez tard.
  • Quand la date manque, on utilise des bornes : le terminus post-quem fixe la date après laquelle le document a dû être rédigé, et le terminus ante-quem la date avant laquelle il a dû l’être.
  • Exemple de terminus post-quem : un carnet mentionnant Napoléon permet d’affirmer une rédaction après 1804, car Napoléon est empereur à partir de cette date (selon l’exemple donné).

💡 Astuce mémo

Faux → indices + crédulité ; Date → bornes (post-quem/ante-quem) ; Auteur → homonymie + masques (noms/signatures).

📖 7. Critique de la restitution et critique textuelle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Critique externe : La critique externe vérifie l’origine et les conditions de production d’une source pour juger sa fiabilité avant d’en tirer du sens.
  • Critique d’interprétation : L’herméneutique, ou critique d’interprétation, cherche la signification globale des sources pour construire une narration explicative du passé.
  • Concordisme : Le concordisme est une méthode qui cherche à faire converger des témoignages contradictoires en reconstituant ce qui peut être compatible.
  • Argument du silence : L’argument du silence infère qu’un fait n’a pas eu lieu faute de traces, sous des conditions strictes sur la connaissance et la conservation des sources.
  • Certitude historico-critique : La certitude historico-critique désigne une connaissance morale et indirecte fondée sur des traces et un acte de confiance envers des témoins ou des sources.

📝 Points essentiels

  • Pour un témoin, la proximité temporelle augmente la pertinence des détails, car le temps déforme et rend certains détails suspects.
  • Ne pas compter les témoins : il faut peser leur contexte, leurs intérêts et leur position, car le plus grand nombre peut être trompeur.
  • En cas de contradictions, on pratique le concordisme pour reconstruire une cohérence possible plutôt que d’additionner des récits.
  • Le doute doit rester raisonnable : le doute systématique peut devenir stérile et servir des usages idéologiques déviationnistes.
  • L’argument du silence n’est recevable que si l’on a lu toutes les sources pertinentes et si les contemporains pouvaient connaître l’événement malgré les masquages de pouvoir.
  • L’argument du silence suppose aussi que les contemporains avaient conscience de l’événement et disposaient du matériel pour l’observer ; sinon, l’absence de trace ne prouve rien sur le fait lui-même.

💡 Astuce mémo

Proximité = détails ; Nombre ≠ vérité ; Silence = conditions ; Doute = mesure.

📖 8. Critique externe et critique interne des sources

🔑 Notions clés & Définitions

  • Critique externe : La critique externe vérifie l’authenticité et l’origine matérielle d’une source avant d’en tirer un contenu historique.
  • Critique interne : La critique interne analyse le contenu d’une source pour juger sa cohérence, ses intentions et sa signification dans son contexte.
  • Causalité historique : La causalité historique désigne l’enchaînement complexe de causes proches et lointaines qui explique un événement sans jamais garantir une causalité exhaustive.
  • Recherche du sens en histoire : La recherche du sens en histoire consiste à reconstruire l’orientation et la signification que les contemporains donnaient aux faits, sans projeter ses propres valeurs.
  • Théorie du soupçon : La théorie du soupçon affirme que les discours et sources visibles peuvent masquer des moteurs profonds, souvent liés à des structures sous-jacentes.

📝 Points essentiels

  • Les contemporains ont un avantage de recul limité, ce qui rend les « signes avant-coureurs » identifiables surtout après coup.
  • Les événements ne se répètent pas et les événements à venir ne portent pas de signes directement lisibles, ce qui complique l’identification des causes.
  • En histoire, l’explication causale est nécessaire mais forcément imparfaite et parcellaire, donc il faut choisir et hiérarchiser des causes.
  • Les causes les plus proches peuvent être les plus superficielles, d’où l’intérêt de se méfier d’une causalité « évidente » et intuitive.
  • La signification du passé doit être celle des contemporains, pas l’exportation de sa sensibilité actuelle vers le passé.
  • Le concept étudié doit « faire sens » dans l’époque : par exemple, l’adolescence n’est pas une catégorie pertinente au Moyen Âge selon l’exemple donné.

💡 Astuce mémo

Après coup = signes ; Causes = tri + hiérarchie ; Sens = contemporains (pas soi).

📖 9. Herméneutique et critique d’interprétation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Inconscient : Notion psychanalytique selon laquelle des motivations et intentions sont conditionnées par un niveau non accessible directement sans démarche d’interprétation.
  • Inconscient collectif : Notion décrivant l’existence d’un inconscient partagé par un groupe, qui influence normes et comportements sans que les individus en aient conscience.
  • Structuralisme : Méthode scientifique qui analyse un objet en termes de structures, en cherchant comment elles organisent les relations et les comportements.
  • Histoire des mentalités : Approche historique centrée sur les mentalités, présentée comme une forme de dépassement de l’histoire sociale.
  • Théories du soupçon : Ensemble d’approches critiques qui soupçonnent que les discours et les sources cachent des déterminations, nécessitant une critique interprétative.

📝 Points essentiels

  • Freud relie l’accès à l’inconscient à une démarche chez l’individu, ce qui rend centrale la question de l’interprétation en histoire.
  • L’idée d’inconscient collectif a inspiré des lectures idéologiques, pouvant catégoriser des individus et enfermer des groupes dans des normes invisibles pour eux.
  • La propagande efficace est décrite comme disproportionnée et fondée sur des stéréotypes ou aprioris déjà présents, plutôt que sur une vision de l’humain comme « bétail ».
  • Le structuralisme est présenté comme une méthode transdisciplinaire, appliquée notamment par Lévi-Strauss à l’organisation des sociétés via des apports de la linguistique.
  • Les historiens des mentalités évoluent vers l’histoire des représentations, centrée sur la façon dont les individus codent et interprètent leur monde.
  • L’interprétation historique est dite dépendre de marqueurs et codes qui échappent à l’observateur, ce qui justifie une exploration des territoires liés aux théories du soupçon.

💡 Astuce mémo

Inconscient→collectif→structures→représentations : on passe du sujet à ce qui organise ses codes.

📖 10. Demande sociale et rôle public de l’historien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Demande sociale : La demande sociale désigne des attentes d’individus et de groupes qui interrogent le présent et sollicitent le passé pour comprendre ou juger.
  • Histoire : L’histoire est une connaissance du passé produite par la critique historique, qui laisse des traces sous forme de sources et dépend des motivations du chercheur.
  • Mémoire : La mémoire est la présence du passé dans le présent, qui façonne nos représentations du vrai, du monde et de l’identité, sans nécessiter l’intervention des historiens.
  • Présentisme : Le présentisme est une attitude où seul le présent est considéré comme porteur de vérité, tandis que l’avenir devient un horizon incertain ou utopique.
  • Tribunal comme expert : Le tribunal comme expert correspond à l’invitation d’historiens non comme témoins, mais pour éclairer un contexte à partir de connaissances historiques.

📝 Points essentiels

  • La demande sociale confronte les historiens à des défis et génère des attentes qui dépassent le cadre strictement académique.
  • Histoire et mémoire se distinguent par leur sens de circulation : l’histoire reconstruit le passé à partir du présent, tandis que la mémoire fait venir le passé vers nous.
  • La critique historique vise une approche prudente du passé en évitant des références propres au présent (culture, mentalités) pour tendre vers une neutralité relative.
  • La mémoire est liée à l’identité et peut être mobilisée quand une identité est revendiquée, à la fois au niveau individuel et collectif.
  • La demande sociale est rattachée à l’évolution de l’historiographie : après l’ébranlement du positivisme, des approches socio-économiques et de longue durée se développent.
  • Les Annales sont fondées en 1929 par Bloch et Febvre, puis leur titre évolue après la Seconde Guerre mondiale vers Annales économies, sociétés, civilisations (avec un pluriel initial).

💡 Astuce mémo

Demande sociale = présent qui appelle le passé ; histoire = flèche vers le passé ; mémoire = flèche vers le présent.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
Ve siècle av. J.-C.Naissance de l’histoire savante en Grèce (enquête/historie) avec Hérodote comme figure centrale
490-479 av. J.-C.Guerres médiques : cités grecques contre l’empire perse
1929Fondation des Annales par Bloch et Febvre
1789Basculement français : centralisation des archives et publicité/sauvegarde du peuple
26 maiExamen (26 mai de 9h à 12h)

📊 Tableaux de synthèse

Critique externe vs critique interne

TypeButExemple d’enjeu
Critique externeVérifier authenticité/provenance d’une sourceOrigine/auteur : document apocryphe vs document provenant bien de qui il prétend
Critique interneÉvaluer crédibilité/véracité du contenuContenu : un document faux peut avoir un contenu vrai, et inversement

Critique de restitution : étapes et opérations

ÉtapeNomCe que l’on fait
Choix des copiesrecensioChoisir entre plusieurs copies pour établir le texte
CorrectionemendatioCorriger une faute repérée seulement dans des conditions strictement délimitées
Arbre des copiesstemma codicumÉtablir la généalogie des copies pour juger la fiabilité
Lecture en cas de divergencelectioPrivilégier la leçon la moins fréquente (tendance à simplifier)

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre histoire (connaissance produite par critique) et passé-réalité (ce que les hommes ont fait) : on ne peut pas “raconter” le passé directement, seulement via des traces.
  2. Croire que la critique historique est un simple “tri” des sources : c’est une procédure avec étapes (collecte, critique, interprétation/narration) qui peut s’interrompre.
  3. Penser que plus il y a de témoins, plus c’est vrai : le cours insiste sur “ne pas les compter mais les peser” et sur la proximité temporelle.
  4. Utiliser l’argument du silence sans conditions : il faut avoir lu toutes les sources pertinentes et vérifier que les contemporains pouvaient connaître/observer l’événement.
  5. Prendre la causalité “évidente” ou rétrospective : croire qu’un événement antérieur “explique” forcément l’autre est un piège (illusion de la rétrospective).
  6. Confondre critique d’interprétation et critique textuelle : l’herméneutique vise la signification globale pour produire une narration explicative, pas la restitution d’un texte perdu.
  7. Croire que les théories du soupçon remplacent la critique : elles peuvent aller plus loin, mais risquent l’hypercritique, l’importation de grilles uniques et la violence faite aux documents.

✅ Checklist Examen

  1. Définir la critique historique comme procédure et distinguer ses étapes : collecte des traces, opérations critiques, puis interprétation/narration.
  2. Expliquer pourquoi l’histoire savante naît en Grèce au Ve siècle av. J.-C. avec Hérodote, et relier “histor” à l’enquêteur et “historie” à l’enquête.
  3. Lister les supports du souci du passé avant l’histoire connaissance (annales, généalogies, codes juridiques, textes religieux, récit littéraire, mythes, légendes) et dire en quoi ils ne relèvent pas encore d’une démarche
  4. Présenter les deux visions du temps (cyclique vs linéaire) et montrer comment le passage au monothéisme modifie l’historiographie (providentialisme, début/fin, Parousie).
  5. Expliquer comment la photographie et les guerres transforment la trace du passé (avant/après, débat sur mise en scène, exemples de Crimée/Sécession/Sedan).
  6. Maîtriser la critique de restitution : recenser/choisir les copies (recensio), reconstruire la filiation (stemma codicum), lire en cas de divergence (lectio), et corriger seulement sous conditions (emendatio) avec signal
  7. Savoir distinguer critique externe (authenticité/provenance) et critique interne (crédibilité/véracité du contenu), avec l’idée que faux et vrai peuvent coexister selon le plan évalué.
  8. Décrire les opérations de la critique interne : interprétation (contexte/langue/culture), compétence, sincérité (y compris faux souvenirs), exactitude, puis la comparaison des témoignages (proximité, peser plutôt que
  9. Expliquer l’argument du silence et ses conditions de recevabilité (sources lues, contemporains informés et capables d’observer, absence de preuve ne prouve pas n’importe quoi).
  10. Présenter la logique des certitudes historico-critiques (morales) et leurs degrés (possible, probabilité, vraisemblable) en lien avec l’acte de confiance envers des traces.
  11. Exposer l’herméneutique : produire une histoire explicative par causalité et signification, en évitant les pièges (causes innombrables, illusion de la rétrospective, projection de son sens).
  12. Conclure sur la demande sociale : distinguer histoire et mémoire (sens de circulation), rappeler le présentisme, et expliquer le rôle public de l’historien (tribunal/expertise, commissions, commémorations) et ses risques
  13. Produits : keyDates uniquement si au moins 3 dates apparaissent textuellement dans le contenu source ; sinon tableau vide. comparisonTables 0 à 2. pitfalls 5 à 7. examChecklist 8 à 12 items.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Introduction à la critique historique avec 20 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel terme grec désigne l’enquêteur et marque l’apparition d’une histoire fondée sur la recherche ?

2. À quelle période l’histoire savante apparaît-elle en Grèce avec Hérodote comme figure centrale ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la critique historique avec 20 flashcards interactives.

Naissance de l’histoire en Grèce

Au Ve siècle av. J.-C., avec Hérodote.

Enquêteur grec — rôle ?

Chercher la connaissance critique du passé.

Historie — signification ?

Enquête ou recherche du passé.

Voir les flashcards →

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