Fiche de révision : Introduction à la critique littéraire

Plan du Cours

  1. Méthode du commentaire littéraire
  2. Figures de style
  3. Registres littéraires
  4. Mouvements littéraires
  5. Théâtre et analyse de scène
  6. Poésie : formes, rimes et rythme
  7. Temps verbaux du récit et du discours
  8. Points de vue narratifs
  9. Discours rapporté

1. Méthode du commentaire littéraire

Notions clés & Définitions

  • Commentaire littéraire : Écriture d’analyse qui montre comment le texte construit son propos, son discours et produit des effets sur le lecteur.
  • Problématique : Question directrice qui encadre l’analyse et fait le lien entre le passage étudié et les choix d’écriture de l’auteur.
  • Procédés littéraires : Moyens d’écriture repérables dans le texte qui servent à organiser le sens et à fabriquer des effets (lexique, syntaxe, rythme, point de vue).
  • Annonce de plan : Phrase qui annonce l’organisation du commentaire en reprenant les idées directrices et les arguments annoncés ensuite.

Points essentiels

  • La méthode commence par une lecture répétée du texte pour identifier genre, auteur, siècle et contexte.
  • L’analyse doit relever lexique, syntaxe, ponctuation, rythme et champs lexicaux, en justifiant par des éléments précis du texte.
  • Le développement s’organise en plusieurs paragraphes avec idée directrice puis arguments A), B) et éventuellement C).
  • La conclusion fait un bilan en répondant à la problématique et propose une ouverture sur une autre œuvre ou un thème plus large.

2. Figures de style

Notions clés & Définitions

  • Comparaison : Figure qui rapproche deux éléments à l’aide d’un outil de comparaison (comme, tel que).
  • Métaphore : Figure qui établit un rapport entre deux éléments sans outil de comparaison, comme une identification directe.
  • Anaphore : Répétition d’un même mot ou groupe de mots au début de phrases ou de vers.
  • Antithèse : Figure qui met en regard deux termes ou expressions de sens opposés.
  • Oxymore : Association de deux éléments de sens contradictoire dans un même groupe syntaxique.

Points essentiels

  • La personnification attribue des traits humains à un objet ou à un animal (par exemple, un vent « hurle »).
  • L’hyperbole exagère volontairement une idée pour la rendre plus frappante (par exemple, « mort de rire »).
  • L’allégorie fait d’une image ou d’un personnage le symbole d’une idée abstraite (par exemple, la colombe de la paix).
  • L’allitération répète un même son consonne, tandis que l’assonance répète une même voyelle.

3. Registres littéraires

Notions clés & Définitions

  • Registre comique : Registre visant à faire rire et divertir grâce à des procédés comme jeux de mots, répétitions, accumulations ou ironie.
  • Registre tragique : Registre qui suscite terreur et pitié en présentant souvent des situations sans issue, associées à la mort et à la fatalité.
  • Registre épique : Registre qui cherche à provoquer admiration et enthousiasme via des procédés de récit héroïque et d’exaltation.
  • Registre lyrique : Registre centré sur l’expression des émotions, fréquent en poésie et porté par le lexique du sentiment et la ponctuation forte.
  • Registre dramatique : Registre fondé sur l’enchaînement de péripéties et rebondissements, souvent associé au théâtre.

Points essentiels

  • Dans un même texte, plusieurs registres peuvent coexister et aucun n’est exclusivement lié à un genre littéraire.
  • Le registre ironique fait entendre le contraire de ce qui est dit pour produire un effet de rire ou de critique.
  • Le registre pathétique privilégie des émotions tristes et fortes liées à la compassion, notamment en roman et poésie.
  • Le registre épique utilise par exemple anaphores, hyperbole, gradation et accumulation pour amplifier l’impression d’ampleur.

4. Mouvements littéraires

Notions clés & Définitions

  • Humanisme : Courant de pensée né à la Renaissance qui place l’être humain, sa dignité, sa liberté et son intelligence au centre de la réflexion.
  • Baroque : Mouvement artistique et culturel de la fin du XVIe siècle visant à provoquer des émotions fortes et à impressionner.
  • Classicisme : Mouvement artistique et littéraire du XVIIe siècle qui vise à plaire et instruire par une image maîtrisée de l’homme et de la société.
  • Lumière : Mouvement intellectuel du XVIIIe siècle qui cherche à faire progresser la société grâce à la raison, au savoir et à la liberté.
  • Réalisme : Mouvement du XIXe siècle qui cherche à représenter la réalité de façon fidèle et précise.

Points essentiels

  • Lumière et humanisme mettent l’accent sur la raison et l’intelligence, tandis que le romantisme met davantage en avant sentiments et imagination.
  • Le naturalisme prolonge le réalisme et insiste sur les difficultés du peuple et sur des aspects durs de la société.
  • Le symbolisme privilégie la suggestion des idées et des émotions plutôt que leur présentation directe.
  • L’absurde dépeint un monde sans logique ni véritable sens au XXe siècle, associé à des auteurs comme Beckett et Ionesco.

5. Théâtre et analyse de scène

Notions clés & Définitions

  • Scène d’exposition : Début d’une pièce qui présente la situation de départ et les personnages principaux afin d’informer le public.
  • Nœud de l’intrigue : Problème posé dès l’exposition qui devient source de tension dramatique dans la suite de la pièce.
  • Didascalie : Indication scénique précisant décor, déplacements, gestes, mimiques et sentiments des personnages.
  • Stichomythie : Alternance rapide de répliques très courtes entre deux personnages.
  • Coup de théâtre : Brusque changement de déroulement de l’action provoquant un effet de surprise.

Points essentiels

  • Une scène se structure classiquement avec exposition, nœud, péripétie, crise et dénouement.
  • Pour analyser la scène, on commence par situer lieu/temps, personnages présents, informations connues, liens et attentes du spectateur.
  • L’axe principal d’analyse proposé est le dialogue : qui parle à qui, répartition et longueur des répliques, équilibre ou non.
  • On observe aussi didascalies (gestes, déplacements, entrées/sorties, ton, apartés) puis on évalue le rapport de force et son évolution.

6. Poésie : formes, rimes et rythme

Notions clés & Définitions

  • Alexandrin : Vers de 12 syllabes utilisé comme forme de référence en poésie.
  • Strophe : Ensemble de vers formant une unité poétique, comme le distique, le tercet ou le quatrain.
  • Sonnet : Poème composé de 2 quatrains et de 2 tercets.
  • Rimes croisées : Schéma de rimes organisé selon ABAB.
  • Césure : Pause au milieu d’un alexandrin qui découpe le vers en deux segments.

Points essentiels

  • Les formes de strophes citées incluent distique (2 vers), tercet (3), quatrain (4), quintil (5) et sizain (6).
  • Les schémas de rimes donnés sont rimes plates AABB, rimes croisées ABAB et rimes embrassées ABBA.
  • La richesse des rimes se distingue en pauvres (1 son commun), suffisantes (2 sons) et riches (3 sons ou plus).
  • L’enjambement fait continuer la phrase d’un vers au suivant, tandis que le rejet isole une partie très courte au vers suivant.

7. Temps verbaux du récit et du discours

Notions clés & Définitions

  • Imparfait : Temps qui sert principalement d’arrière-plan pour décrire un décor, des personnages, ou des actions répétées dans le passé.
  • Passé simple : Temps qui sert de premier plan dans le récit, mettant en avant des actions brèves et la succession d’événements à l’écrit.
  • Présent d’énonciation : Présent qui place l’action au moment où l’on parle, comme « aujourd’hui » dans le dialogue.
  • Présent de vérité générale : Présent qui exprime une vérité valable en tout temps, présenté comme universelle.
  • Passé composé : Temps composé formé avec avoir ou être au présent et participe passé, marquant une action passée achevée.

Points essentiels

  • L’imparfait possède les marqueurs -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient et ralentit le récit tout en aidant à visualiser la scène.
  • Le passé simple apparaît surtout à l’écrit et fait avancer l’histoire par dynamisme et succession rapide d’événements.
  • Le futur antérieur exprime des actions achevées dans l’avenir, souvent avec une idée d’hypothèse.
  • Le conditionnel et le subjonctif (présent du subjonctif) servent à exprimer notamment hypothèses, souhaits, obligation ou doute selon le contexte décrit.

8. Points de vue narratifs

Notions clés & Définitions

  • Point de vue interne : Vision où le narrateur se met à la place d’un personnage et raconte ce qu’il voit, ressent et pense, avec la même quantité d’informations que lui.
  • Point de vue externe : Vision qui se limite aux actions observables sans accès aux pensées des personnages, en racontant comme vu « de l’extérieur ».
  • Point de vue omniscient : Vision où le narrateur sait tout sur les personnages et les événements, y compris pensées, passé et futur.

Points essentiels

  • En point de vue interne, le lecteur s’identifie davantage au personnage et les émotions sont plus fortes.
  • En point de vue externe, l’absence de pensées augmente souvent le suspense ou l’effet de mystère.
  • En point de vue omniscient, l’histoire est comprise dans son ensemble grâce à une connaissance que le personnage n’a pas.

9. Discours rapporté

Notions clés & Définitions

  • Discours direct : Forme où les paroles sont reproduites telles qu’elles auraient été prononcées, avec marques typographiques et système propre des personnes.
  • Discours indirect : Forme où le narrateur rapporte les paroles via une subordonnée introduite par un verbe de parole.
  • Discours indirect libre : Forme intermédiaire qui mêle les effets du direct et de l’indirect sans guillemets ni subordination obligatoire.

Points essentiels

  • Le discours direct emploie guillemets ou tirets, pas de subordination, et peut garder des repères de temps/lieu du dialogue comme ici, maintenant ou demain.
  • Le discours indirect transforme les repères et les temps (par exemple présent → imparfait, futur → conditionnel, passé composé → plus-que-parfait) et utilise une subordonnée avec que/si/de.
  • Le discours indirect libre ne nécessite pas toujours de verbe introducteur ni de subordination et rapproche le lecteur des pensées ou émotions du personnage.

Repères chronologiques

DateÉvénement
XVIeNaissance de l’humanisme (Renaissance)
XVIIe siècleDéveloppement du classicisme en France
XVIIIe siècleEssor du mouvement des Lumières

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre parabole et métaphore : la parabole n’est pas donnée ici, tandis que la métaphore remplace directement un élément par un autre sans outil de comparaison.
  2. Mélanger rimes croisées et rimes embrassées : croisées suivent ABAB, embrassées suivent ABBA.
  3. Oublier que l’imparfait sert d’arrière-plan et ralentit le récit, tandis que le passé simple met en avant et fait progresser l’action.
  4. Prendre le discours direct pour le discours indirect : les guillemets/tirets et l’absence de subordination caractérisent le direct.
  5. Croire que le registre est lié à un seul genre littéraire : un même texte peut mêler plusieurs registres.
  6. Se tromper de point de vue : le point de vue externe n’accède pas aux pensées, contrairement au point de vue interne ou omniscient.

Checklist Examen

  1. Sais situer un extrait en indiquant genre, auteur, siècle et contexte, puis dégager thème, registre, tonalité et enjeux.
  2. Savoir reformuler une problématique qui oriente toute l’analyse du passage.
  3. Construire une introduction avec accroche, présentation de l’œuvre et de l’extrait, résumé, problématique et annonce du plan.
  4. Dans chaque paragraphe du développement, annoncer l’idée directrice puis l’argument A), B) (et C) si présent, avec exemples et interprétation.
  5. Montrer comment le texte produit des effets en relevant procédés : lexique, syntaxe, ponctuation, rythme et structure.
  6. Reconnaître et définir comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, allégorie, euphémisme et anaphore.
  7. Reconnaître et définir antithèse, oxymore, périphrase, métonymie, énumération, gradation, allitération et assonance.
  8. Identifier un registre et justifier avec ses effets et procédés : comique, tragique, épique, ironique, lyrique, pathétique ou dramatique.
  9. Connaître les mouvements littéraires listés et leurs repères : humanisme (XVIe), baroque (fin XVIe), classicisme (XVIIe), Lumières (XVIIIe), romantisme (XIXe), réalisme/naturalisme (fin XIXe), symbolisme/surréalisme (fin XIXe/XXe), existentialisme/absurde (XXe).
  10. En théâtre, restituer une scène dans le schéma : exposition, nœud, péripétie, crise, dénouement, et relier l’analyse à l’enjeu dramatique.
  11. Définir le vocabulaire théâtral utile : réplique, stichomythie, tirade, tirade, didascalie, coup de théâtre, aparté/apostrophe si demandé, monologue et quiproquo.
  12. En poésie, maîtriser vers (alexandrin/décasyllabe/octosyllabe), strophes (distique/tercet/quatrain…), sonnet, rimes (plates/croisées/embrassées) et richesses (pauvres/suffisantes/riches).
  13. En poésie, savoir distinguer césure, enjambement et rejet, et reconnaître allitération et assonance.
  14. En grammaire, associer imparfait (arrière-plan), passé simple (premier plan), présents du discours (énonciation, vérité générale, habitude, narration), et temps composés/conditionnel/subjonctif avec leurs valeurs décrites.

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1. Quel élément correspond le mieux à une problématique dans un commentaire littéraire ?

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Méthode du commentaire littéraire — étape ?

Lecture attentive, analyse, développement, conclusion.

Problématique — rôle ?

Encadre l’analyse et relie passage et auteur.

Procédés littéraires — définition ?

Outils d’écriture pour organiser le sens et effets.

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