Fiche de révision : Introduction à la psychologie cognitive

Plan du Cours

  1. Psychologie générale et champ d’étude
  2. De la philosophie à la science
  3. Psychophysique et psychologie expérimentale
  4. Faux souvenirs et mémoire malléable
  5. Mémoire multiple et amnésie
  6. Architecture cognitive et traitement de l’information
  7. Mémoire sensorielle
  8. Chunking et expertise aux échecs
  9. Mémoire de travail et modèle de Baddeley
  10. Applications de la mémoire de travail

1. Psychologie générale et champ d’étude

Notions clés & Définitions

  • Psychologie générale : Domaine transversal de la psychologie qui synthétise des résultats de plusieurs branches pour proposer des modèles et des lois générales du comportement humain.
  • Pôle normal : Orientation de la psychologie générale centrée sur l’étude du fonctionnement typique, notamment des processus comme la mémoire, l’apprentissage et l’attention.
  • Paradigme : Cadre dominant d’un champ de connaissance qui regroupe à la fois une vision théorique et une façon de faire des recherches pendant une période donnée.
  • Behaviorisme : Courant qui fonde la psychologie scientifique sur l’étude du comportement observable en reliant entrée stimulus et sortie réponse, en considérant les processus mentaux comme inaccessibles directement.
  • Cognitivisme : Approche qui étudie les processus internes en « ouvrant la boîte noire » pour comprendre comment l’information transformée aboutit au comportement.

Points essentiels

  • La psychologie générale vise à élaborer des synthèses et des modèles coordonnant les résultats de plusieurs branches de la psychologie.
  • Elle cherche à établir des lois générales du comportement valables pour tout être humain, quelles que soient ses appartenances socio-culturelles.
  • Ses méthodes reposent sur l’observation d’individus et l’expérimentation en groupe pour construire des théories du comportement.
  • Les débuts « philosophie de l’âme » reposaient sur l’introspection, sans mesures objectives vérifiables ni possibilité de comparer rigoureusement les résultats.
  • En 1879, Wundt crée à Leipzig le premier laboratoire de psychologie pour décomposer la conscience en éléments et rendre la démarche plus expérimentale.
  • Au 20e siècle, le behaviorisme (Watson) impose l’étude du comportement observable et le cognitivisme (dès 1955) cherche à expliquer les processus internes reliant l’entrée à la réponse.

Astuce mémo

Tronc commun → lois universelles ; puis « boîte noire » : behaviorisme fermé, cognitivisme ouvert.

2. De la philosophie à la science

Notions clés & Définitions

  • Psychologie philosophie : La psychologie philosophie désigne une approche centrée sur l’âme et l’introspection, visant à comprendre des manifestations mentales sans mesures objectives solides.
  • Psychophysique : La psychophysique relie quantitativement un stimulus physique à la sensation consciente qu’il produit, pour étudier les sensations de façon mesurable.
  • Laboratoire de Leipzig : Le laboratoire de psychologie de Leipzig est l’un des premiers dispositifs institutionnels qui formalise l’étude expérimentale de la conscience au XIXe siècle.

Points essentiels

  • La psychologie philosophie repose sur l’introspection et manque de preuves observables, ce qui limite la vérification et la comparaison des résultats.
  • Wolff introduit au XVIIIe siècle le terme pour désigner l’étude des manifestations de l’âme.
  • Fechner (1801-1887) fonde la psychophysique et utilise l’idée de seuil auditif pour relier intensité physique et conscience de la sensation.
  • Wundt (1832-1920) crée en 1879 à Leipzig un premier laboratoire et vise à décomposer la conscience en éléments comme sensation et perception élémentaire.
  • Watson fonde le behaviorisme au début du XXe siècle avec une vision stimulus→réponse, en traitant le cerveau comme une boîte noire où les processus sont inobservables.
  • Au cognitivisme (à partir de 1955), le stimulus et la réponse deviennent des outils pour inférer des processus internes de traitement de l’information.

Astuce mémo

Boîte noire : behaviorisme = Stimulus→Réponse (processus mentaux non observables) ; cognitivisme = on ouvre la boîte en étudiant le traitement interne.

3. Psychophysique et psychologie expérimentale

Notions clés & Définitions

  • Boîte noire mentale : La boîte noire désigne l’idée que les processus de pensée ne sont pas observables directement, donc le psychologue infère leur existence à partir de ce qui est observable.
  • Paradigme cognitiviste : Le cognitivisme est un courant centré sur la cognition qui cherche à expliquer comment l’information transformée en interne produit le comportement.
  • Théorie des essais et erreurs : La théorie des essais et erreurs décrit l’apprentissage par répétition de conduites jusqu’à l’apparition de réponses plus efficaces et récompensées.
  • Phobie conditionnée : La phobie conditionnée est une peur acquise quand un signal neutre devient associé à un événement aversif suivi d’une réponse émotionnelle.

Points essentiels

  • La psychologie expérimentale limite l’étude objective aux éléments vérifiables que sont le stimulus (entrée) et le comportement (sortie), car les pensées restent inobservables directement.
  • Thorndike (1874-1949) étudie l’apprentissage par essais et erreurs via une boîte problème avec chats, où les réponses inefficaces sont éliminées et les progrès suivent des courbes mesurables.
  • L’apprentissage chez Thorndike est renforcé par une récompense (nourriture) lorsque le sujet trouve la solution (sortir de la boîte et atteindre le bon choix).
  • Dans l’expérience humaine rapportée, l’exposition à un bruit violent associé à une porte provoque chez un bébé une peur conditionnée, qui apparaît ensuite face au nouvel élément associé (le rat).
  • Le cognitivisme (à partir de 1955, jusqu’à aujourd’hui) rompt avec la boîte noire en visant la compréhension des processus internes entre stimulus et réponse, notamment parce qu’un même stimulus peut produire des réponses différentes selon le traitement cognitif.
  • Le modèle de traitement de l’information formalise des systèmes via une représentation par boîte et flèches, et Newell et Simon proposent une première formalisation en 1972.

Astuce mémo

Behaviorisme : S→R visible ; Cognitivisme : S→(boîte interne)→R explicatif.

4. Faux souvenirs et mémoire malléable

Notions clés & Définitions

  • Mémoire pathologique : La mémoire pathologique regroupe les données issues de troubles et lésions qui révèlent comment la mémoire fonctionne normalement.
  • Courbe de l’oubli d’Ebbinghaus : La courbe de l’oubli d’Ebbinghaus décrit la chute rapide de la rétention après un apprentissage de syllabes sans sens.
  • Indices de récupération : Les indices de récupération sont des informations qui facilitent l’accès aux souvenirs déjà stockés en guidant la recherche.
  • Mémoire reconstruite : La mémoire reconstruite correspond à l’idée que les souvenirs se reconstituent à partir de croyances et de valeurs plutôt qu’ils ne reflètent une copie exacte.
  • Faux souvenirs : Les faux souvenirs sont des recollections perçues comme vraies alors qu’elles ont été modifiées, souvent par des questions ou une influence ultérieure.

Points essentiels

  • Après 1 heure, Ebbinghaus observe environ 50% d’oubli, puis environ 80% après 1 mois lors de l’apprentissage de syllabes sans sens.
  • L’oubli n’implique pas forcément un effacement total : il provient souvent d’un échec de récupération, la trace pouvant rester présente mais inaccessible sans indices.
  • Dans l’étude de Bahrick et al. (1975), la reconnaissance des camarades via photos reste élevée jusqu’à 48 ans après la promo, avec un effet majeur des indices visuels.
  • Dans les travaux de Loftus, des questions biaisées peuvent faire changer des détails (ex. une voiture verte rappelée comme bleue) et des souvenirs peuvent être déformés par des événements ultérieurs.
  • Decision state v. Henderson (Cour suprême du New Jersey, 2011) instaure de nouvelles règles pour les témoignages oculaires en s’appuyant sur la faillibilité de la mémoire.

Astuce mémo

Biais de couleur (Loftus) + Photo qui accroche (Bahrick) + Oubli = parfois accès bloqué (indices) : la mémoire se reconstruit.

5. Mémoire multiple et amnésie

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme (MCT) : Système de mémoire à capacité limitée qui maintient l’information pendant quelques secondes pour des opérations en cours.
  • Mémoire à long terme (MLT) : Système de mémoire à grande capacité qui stocke durablement des informations et s’oublie beaucoup plus lentement que la MCT.
  • Double dissociation : Résultat clinique où deux troubles mnésiques opposés montrent que deux systèmes (MCT vs MLT) peuvent fonctionner indépendamment.
  • Amnésie antérograde : Trouble de la mémoire où les nouvelles informations ne sont pas correctement stockées après la lésion, malgré une mémoire antérieure plus préservée.

Points essentiels

  • La tâche de Brown (1958) et Peterson & Peterson (1959) montre qu’avec une tâche concurrente, l’autorépétition disparaît et l’information en MCT s’efface rapidement en quelques secondes.
  • Dans la courbe de position sérielle, l’effet de primauté correspond surtout à la MLT, tandis que l’effet de récence est fortement réduit quand une tâche de calcul perturbe la MCT sur 10 à 30 s.
  • L’argument de Glanzer & Cunitz (1966) soutient la dissociation fonctionnelle MLT/MCT en montrant que primauté persiste alors que récence diminue après distraction.
  • Le patient H.M. (Brenda Milner) présente une amnésie antérograde massive et une amnésie rétrograde partielle avec une MCT préservée, par exemple une récence conservée.
  • Le patient K.F. (Shallice et Warrington) présente une MCT altérée (récence absente, empan digital réduit) avec une MLT préservée, par exemple une primauté normale.

Astuce mémo

Primauté → MLT, récence → MCT.

6. Architecture cognitive et traitement de l’information

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme : Mémoire temporaire de capacité limitée, utilisée pour garder l’information un court instant avant sa disparition progressive.
  • Mémoire de travail : Système actif à capacité limitée qui maintient et manipule temporairement l’information pour des tâches comme compréhension et résolution de problème.
  • Administrateur central : Système de supervision de la mémoire de travail qui coordonne l’attention, planifie l’action et répartit les ressources entre sous-systèmes.
  • Boucle phonologique : Sous-système spécialisé de la mémoire de travail qui maintient et manipule l’information verbale via une auto-répétition subvocale.
  • Calepin visuo-spatial : Sous-système spécialisé de la mémoire de travail qui maintient et manipule l’information visuelle et spatiale pour l’imagerie mentale et l’orientation.

Points essentiels

  • La mémoire à court terme fonctionne pendant environ 20 secondes et le matériel disparaît si l’autorépétition est interrompue, comme pour des numéros ou des cotes oubliés.
  • L’étude de Waugh et Norman (1965) conclut que l’interférence est la cause majeure de l’oubli en mémoire à court terme, ce qui justifie de structurer les apprentissages pour limiter l’interférence.
  • La mémoire de travail est organisée en composants avec supervision par un administrateur central et deux systèmes esclaves, boucle phonologique et calepin visuo-spatial.
  • Dans l’étude de Baddeley (1992) sur une tâche de reproduction d’échiquier, le blocage verbal a peu d’effet alors que le blocage visuo-spatial et exécutif réduit la performance.
  • Baddeley (2000) ajoute un tampon épisodique comme 4e composant pour stocker temporairement et fusionner des informations multimodales en une représentation unifiée.

Astuce mémo

AC = Attention + Coordination ; Voix (boucle phonologique) ; Vision/Position (calepin) ; Épisode = tampon unificateur.

7. Mémoire sensorielle

8. Chunking et expertise aux échecs

9. Mémoire de travail et modèle de Baddeley

10. Applications de la mémoire de travail

Notions clés & Définitions

  • Témoignages oculaires : Les témoignages oculaires sont des déclarations basées sur ce que la personne a perçu, pouvant être affectées par la faillibilité de la mémoire.
  • Eye-tracking : L’eye-tracking est une méthode qui enregistre où et quand une personne regarde pour relier l’attention aux performances.
  • Réponse électrodermale : La réponse électrodermale mesure les variations physiologiques liées à l’activation, utile pour suivre l’état pendant une tâche.
  • NASA-TLX : Le NASA-TLX est un questionnaire qui évalue la charge mentale afin de comparer des apprentissages ou des tâches.
  • Réalité Virtuelle Adaptative : La réalité virtuelle adaptative modifie le scénario en temps réel à partir des données de l’utilisateur et de son état cognitif.

Points essentiels

  • La recherche sur la mémoire sert à proposer des règles pour les témoignages oculaires en tenant compte de leur faillibilité.
  • Dans l’entraînement multimédia, la réalité virtuelle est associée à des temps d’exécution plus bas, moins d’erreurs et une meilleure rétention, tout en pouvant parfois ne pas montrer de différence selon la tâche.
  • L’apprentissage multimédia est évalué via des mesures comportementales (courbe d’apprentissage) et psychophysiologiques (eye-tracking, réponse électrodermale).
  • Le NASA-TLX est utilisé pour obtenir des mesures subjectives de charge mentale afin de compléter les données comportementales.
  • La réalité virtuelle adaptative collecte des données (comportementales et physiologiques), modélise l’utilisateur, puis ajuste la difficulté et le parcours en temps réel.

Astuce mémo

Eye = regard, Galv = stress, TLX = charge, RVA = adapte en temps réel.

Repères chronologiques

DateÉvénement
428-348 av JCPlaton : mémoire comme réminiscences
1801-1887Fechner : psychophysique et seuil auditif
1879Wundt crée à Leipzig un premier laboratoire de psychologie
1832-1920Wundt : fondateur de la psychologie scientifique
1874-1949Thorndike : apprentissage par essais et erreurs
1960Sperling (mémoire iconique)
1955Cognitivisme : rupture avec le behaviorisme
1968Atkinson & Shiffrin : modèle MCT/MCL vers MLT
1972Newell et Simon : formalisation du système de traitement de l’information
1975Bahrick et al. : reconnaissance élevée jusqu’à 48 ans

Tableaux de synthèse

Behaviorisme vs cognitivisme

ParadigmeObjet d’étudeMécanisme
BehaviorismeComportements observablesBoîte noire : Stimulus→Réponse
CognitivismeProcessus internes de traitementBoîte noire ouverte : Stimulus→(traitement)→Réponse
Cognitivisme (informatique)Système de traitement de l’informationModèle encode-stocker-récupérer

Mémoire à court terme vs mémoire à long terme

SystèmeDurée/capacitéRôle clé
MCTQuelques secondes, capacité limitéeEffacement rapide sans autorépétition
MLTCapacité durable/quasi illimitéeStockage durable : rappel plus lent à perdre
Courbe de position sériellePrimauté vs récence différenciéesDissociation fonctionnelle MLT/MCT

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre mémoire iconique (≈200/300 ms) et mémoire échoïque (≈2 secondes).
  2. Croire que l’oubli = effacement total : il peut venir d’un échec de récupération (indices).
  3. Mélanger processus : primauté = MLT (souvent), récence = MCT (souvent), et oublier la dissociation.
  4. Penser que le behaviorisme étudie les processus mentaux directement : il les considère inobservables (boîte noire).
  5. Inverser conditionnement classique et opérant : classique = association réflexe, opérant = sélection d’une réponse par conséquence.
  6. Confondre mémoire déclarative et non déclarative : déclarative = consciente/verbalisable, non déclarative = implicite.
  7. Croire que la mémoire de travail est passive : elle maintient et manipule sous supervision (administrateur central).

Checklist Examen

  1. Définir la psychologie générale (tronc commun), son but (synthèse/modèles) et sa recherche de lois valables pour tous les humains.
  2. Expliquer le passage « psychologie philosophie » vers « psychologie scientifique » : limites de l’introspection et introduction de la mesure/expérimentation.
  3. Citer Fechner (psychophysique) et décrire l’idée de seuil auditif reliant stimulus physique et sensation consciente.
  4. Citer Wundt (1879, Leipzig) et expliquer l’objectif de décomposer la conscience en éléments avec introspection expérimentale.
  5. Décrire le paradigme behavioriste : étude du comportement observable, métaphore de la boîte noire, et logique Stimulus→Réponse.
  6. Expliquer l’apprentissage par essais et erreurs (Thorndike) : boîte problème, élimination des réponses inefficaces, rôle de la récompense.
  7. Décrire la logique cognitiviste : ouverture de la boîte noire pour inférer les processus internes entre stimulus et réponse.
  8. Rappeler Ebbinghaus (courbe de l’oubli) et le rôle des indices de récupération (sémantiques/lexicaux/visuels).
  9. Expliquer pourquoi les souvenirs peuvent être déformés (mémoire reconstruite, faux souvenirs, questions biaisées).
  10. Expliquer la dissociation MCT/MLT (primauté/récence) et donner l’idée des amnésies antérograde et des profils H.M. vs K.F.
  11. Décrire l’architecture de la mémoire (Atkinson & Shiffrin 1968) et la durée de vie des traces sensorielles (iconique vs échoïque).
  12. Décrire MdT (Baddeley & Hitch) : administrateur central + boucle phonologique + calepin visuo-spatial, puis la mise à jour (tampon épisodique) et comment elle se teste (blocages).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la psychologie cognitive avec 20 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel est l’objectif principal de la psychologie générale ?

2. Dans l’opposition entre behaviorisme et cognitivisme, quelle affirmation décrit le mieux le cognitivisme ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la psychologie cognitive avec 20 flashcards interactives.

Psychologie générale — définition ?

Synthèse des résultats pour lois universelles

Champ d’étude — objectif ?

Modèles et lois du comportement humain

Paradigme — rôle ?

Cadre théorique et méthode de recherche

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches